
Omar rêve de devenir un vrai jihadiste et de commettre un attentat retentissant au cœur de Londres. Pour cela, il part même dans un camp d’entraînement au Pakistan. Il en reviendra en quatrième vitesse après avoir malencontreusement fait exploser un chef religieux en cherchant à abattre un drone de l’armée américaine. Il ne se décourage pourtant pas, bien que ses complices n’aient rien d’une équipe de choc compétente et efficace.
We are Four Lions est visiblement un film au budget limité, cherchant avant tout à exploiter jusqu’au bout la bonne idée de départ. Faire d’un groupe terroriste un objet de dérision constitue un point de départ assez audacieux. Je ne discuterai pas ici si ce genre de procédé est légitime pour combattre ce genre d’extrémisme. Le rire peut accomplir de grand chose, mais je ne suis pas sûr qu’il faut voir dans ce film autre chose qu’une histoire qui cherche simplement à divertir, même si les auteurs ont sûrement voulu afficher une certaine forme de résistance face à un mouvement qui cherche avant tout à se nourrir de la peur.
We are Four Lions provoque quelques moments de franches rigolades. Mais ce de manière un peu intermittente. C’est vraiment là la plus grande limite de ce film qui restera un objet de curiosité sympathique, mais peut-être pas un film culte. En fait, il pêche surtout au début à la fin. Si la préparation de l’attentat par cinq bras cassés constitue un vrai moment de bravoure, en particulier la manipulation des explosifs, l’introduction et surtout la conclusion restent beaucoup plus brouillonnes. Le dénouement est partagé entre comédie et drame et Christopher Morris semble hésiter entre les deux tons, sans trouver le bon. Du coup, cela donne un résultat assez bancal et le spectateur n’arrive vraiment à rire, ni à être ému ou choqué.
L’humour de We are Four Lions est un mélange de premier et de douzième degré. Certains gags ou situations provoquent de vrais éclats de rire. Mais ils restent relativement peu nombreux au regard du comique de situation qui englobe tout le film. Là encore, Christopher Morris semble avoir un peu de mal à se situer parfois. Il y a donc pour tous les goûts, même si personne ne sera totalement satisfait. Le tout est mis en image par une réalisation qui tient plus du bon téléfilm que du grand 7ème art. Mais bon, dans ce genre de film, ce n’est pas forcément gênant, même si cela contribue à une impression générale que l’idée de base a été exploitée de manière inaboutie.

Cette bande de bras cassés est interprétée par des acteurs qui à défaut d’être géniaux, s’en donnent à cœur-joie. Riz Ahmed tient le haut de l’affiche, déjà parce qu’il interprète le rôle principal, mais aussi parce que son rôle est sans doute le plus subtil et le plus intéressant. Nigel Lindsay interprète l’autre principal élément comique de We are Four Lions et parvient souvent à nous faire rire. De manière générale le casting représente une des grande force de ce film.
We are Four Lions présente donc bien des défauts, mais est d’une originalité assez radicale pour qu’on prenne plaisir à partager un moment avec ces bras cassés du terrorisme.
Fiche technique :
Production : Warp films, Film4, Wild Bunch
Distribution : UFO distribution
Réalisation : Christopher Morris
Scénario : Jesse Armstrong, Sam Bain, Christopher Morris, Simon Blackwell
Montage : Billy Sneddon
Photo : Lol Crawley
Décors : Dick Lunn
Durée : 105 mn
Casting :
Riz Ahmed : Omar
Benedict Cumberbatch : Edmund
Kayvan Novak : Waj
Nigel Lindsay : Barry
Craig Makinson : Matt
Peeya Kalidas : Sophia
Asher Ali : Hassan

2011 fut une année difficile pour les grands réalisateurs américains : Clint Eastwood, les frères Coen, Steven Spielberg, David Cronenberg, Jean-Jacques Annaud sont absents du palmarès malgré des films à l’affiche. Seul Martin Scorcese tire son épingle du jeu avec une formidable déclaration d’amour au cinéma, accueilli froidement par une critique qui a depuis longtemps perdu son âme d’enfant. Y aurait-il une transmission de flambeau à une nouvelle génération qui avait déjà dominé le palmarès 2010 avec Chistopher Nolan (Inception) et David Fincher (The Social Network) ? 2012 permettra peut-être de le savoir définitivement…
En fait, la Délicatesse en ne choisissant pas pleinement le ton de la comédie met lui-même en lumière ses propres limites. François Damiens est largement sous-exploité et Audrey Tautou est incapable d’être au même niveau sur ce plan là. Au final, on assiste donc à un film bancal qui fait plus rire que sourire et qui ne convainc pas par ailleurs. On en ressort avec un léger sentiment de gâchis. Les frères Foekinos ont sûrement cherché à être fidèles à l’œuvre de David, mais ils ont du coup légèrement oublié d’en faire vraiment un film.
A Dangerous Method est d’une forme extrêmement classique. Le sujet était pourtant très « cronenbergien », avec une exploration des faces cachées des personnalités humaines. Mais pris par la dimension historique, le réalisateur n’a pas su nous offrir son habituel regard sur la noirceur des âmes. La photographie reste élégante, la direction d’acteur parfaite, mais cela reste extrêmement lisse et lumineux, loin de l’ambiance sombre et inquiétante de Les Promesses de l’Ombre notamment. Les fans seront donc un peu décontenancés. Le style est peut-être plus accessible que d’habitude, mais il semblerait que le génie du Canadien s’y exprime avec moins d’aisance.

Une seule chose m’a cependant quelque peu déranger dans Le Havre. C’est l’interprétation très particulière d’André Wilms. Ce vieux routier du cinéma français tient là un de ses rares premiers rôles. Il livre une performance décalée qui colle assez bien avec l’esprit du film, mais qui je trouve sonne souvent faux. Du coup, au lieu d’être lunaire, son personnage semble juste interprété par un très mauvais acteur. Ce qui n’est pourtant pas le cas.

Enfin, Oh my God ! présente aussi un petit aspect romance, mais il resgte vraiment cousu de fil blanc. Cependant, comme on s’attache vraiment aux personnages, cela passe comme une lettre à la poste. Cela représente plus un fil rouge narratif support de la comédie qu’un vrai facteur de tension. Rien de bien génial donc, mais rien de bien gênant non plus.

On appréciera tout de même la sensibilité avec laquelle les sœurs Coulin ont traité le propos dans 17 filles. Elle s’attachent vraiment à nous faire ressentir toutes les émotions typiques de l’adolescence. En cela, le film est une vraie réussite. Le contexte est certes exceptionnel, mais au fond, on ne nous fait partager que des sentiments que beaucoup de nous ont ressenti à un moment ou à un autre entre 13 et 18 ans. L’ordinaire et l’extraordinaire se mêlent donc dans ce film qui, s’il laisse parfois perplexe, maintient l’intérêt du spectateur de bout en bout. On peut être, comme moi, absolument pas convaincu, mais sans pour autant s’être ennuyé.
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