
Michael Aris annonce à son frère qu’il est atteint d’un cancer et n’en a plus pour longtemps. Les derniers jours de sa vie, il ne pourra les passer auprès de son épouse. Car cette dernière est San Suu Kyi, leader de l’opposition birmane et assignée à résidence dans son pays. Une femme qui voue sa vie au combat pour la démocratie. Un combat qui la pousse à tout sacrifier.
The Lady porte assez mal son nom. Ou plutôt, il passe sous silence ce qui constitue une bonne moitié de ce film. Il aurait du plutôt s’appeler The Lady and his husband. En effet, les deux personnages jouent chacun un rôle aussi important l’un que l’autre et leur relation constitue le vrai fil rouge de l’intrigue. On n’est donc pas devant le film avant tout politique auquel on s’attendait, mais aussi face à un pur mélo, combien même le contexte est quant à lui extraordinaire (au sens premier du terme).
The Lady peut décevoir si on n’accepte pas le fait de ne pas assister au spectacle attendu. Mais on peut aussi se laisser prendre dans cette histoire qui fonctionne parfaitement. L’émotion est réelle et arrachera des larmes même aux plus durs à cuire. Et puis, on apprend tout de même beaucoup de choses sur San Suu Kyi, son histoire et son combat. Le portrait est très intime, presque people diront les détracteurs, mais même les grands hommes ont une vie privée. On peut trouver regrettable de faire passer le combat contre la junte birmane au deuxième plan derrière des drames domestiques, mais le film cherche à montrer comment la petite histoire se mêle à la grande, même si c’est cette dernière que la postérité retient.
Si on se laisse totalement prendre par The Lady, il faut bien admettre que faire pleurer avec un cancer n’est pas non plus l’exploit cinématographique du siècle. Dans un autre contexte, on trouverait peut-être ça larmoyant et insupportable. L’émotion est un peu facile. Mais elle est là et bien là, alors on ne peut que saluer le talent de Luc Besson pour avoir su masquer certaines grosses ficelles qu’il emploie. Le cinéma, c’est comme la magie, il y a des trucs qui marchent à tous les coups, du moment qu’ils sont réalisés avec assez d’habileté. Après, on peut toujours jouer a posteriori les « on ne me la fait pas à moi », n’empêche que sur le moment, on y a vu que du feu !

Niveau interprétation, on retiendra la métamorphose de Michelle Yeoh, qui rejoint la longue liste des acteurs mimétiques d’un personnages célèbres. Pas de prothèse ou de maquillage, juste du talent à l’état pur, comme en avait fait preuve Forest Whitaker dans le Dernier Roi d’Ecosse ou Jamie Foxx dans Ray. Mais il ne faut pas oublier David Thewlis, le Remus Lupin de Harry Potter, qui, vous l’aurez compris, n’est pas loin finalement d’occuper le rôle principal. Il contribue lui aussi à tirer le film vers le haut dans un très beau rôle.
The Lady n’est sans doute pas un grand film. Il possède certaines limites qui auraient pu être dans d’autres circonstances totalement rédhibitoires. Mais au final, le film fonctionne parfaitement et le spectateur finit par adhérer. San Suu Kyi méritait peut-être mieux, mais Luc Besson n’a sûrement pas à rougir de ce bel hommage.
Fiche technique :
Production : EuropaCorp, Left Bank Pictures, France 2 Cinéma
Distribution : EuropaCorp distribution
Réalisation : Luc Besson
Scénario : Rebecca Frayn
Montage : Julien Rey
Photo : Thierry Arbogast
Décors : Hugues Tissandier
Son : Ken Yasumoto, Didier Lozahic
Musique : Eric Serra
Costumes : Olivier Bériot
Durée : 127 mn
Casting :
Michelle Yeoh : Aung San Suu Kyi
David Thewlis : Michael Aris, Anthony Aris
Jonathan Raggett : Kim
Jonathan Woodhouse : Alex
Susan Wooldridge : Lucinda
Benedict Wong : Karma
Htun Lin : Général Ne Win

… Mais soyons honnêtes. Le Stratège souffre tout de même d’une limite indéniable pour nous, pauvres Français. Il s’agit de baseball, un sport totalement obscur pour nombre d’entre nous. Heureusement grâce à ma Wii, je connais désormais les règles, mais je me souviens aussi d’être déjà tombé sur du baseball à la radio quand j’étais au Québec et d’avoir entendu la retransmission la plus inintéressante qui soit, vu qu’il ne se passe à peu près rien la plupart du temps. Du coup, il manque cette dernière étincelle qui aurait pu donner à ce film une dimension supplémentaire. Si les qualités cinématographiques sont indéniables, il manque un écho à nos propres émotions. Certes, on peut facilement transposer tout cela à un sport qui nous est plus familier, mais cela rend les sentiments plus distants, moins profonds et moins naturels.
Mais le pire dans Or Noir reste la direction d’acteurs. Je ne pouvais pas imaginer qu’Antonio Banderas puisse être aussi mauvais. Et encore, je reste poli pour qualifier cette performance absolument indigne d’un acteur professionnel. C’est tellement surjoué, qu’on se demande si le bel Espagnol ne fait pas exprès pour finir de décrédibiliser ces dialogues ineptes. Cela donne envie de revoir La Piel que Habito, où il était formidable, pour finir de mesurer ce qui sépare désormais un réalisateur comme Pedro Almodovar de Jean-Jacques Annaud. Mark Strong s’en sort un peu mieux, malgré un personnage d’opérette. Quant à Tahar Rahim, il sombre carrément se contentant de nous servir le même air de chien battu pendant plus de deux heures. 
Si le budget de Kaboom ne devait sûrement pas atteindre des sommes astronomiques, ce n’est pas pour autant que la réalisation vaut trente centimes d’euros. Là encore, c’est l’imagination au pouvoir. Gregg Araki pêche parfois peut-être pour le coup un peu par excès, mais cela contribue largement à l’originalité de l’ensemble. Le film est très stylisé visuellement d’autant plus facilement que les personnages ont parfois tendance à abuser de certaines substances ayant un impact certain sur la perception. 
Ensuite graphiquement, l’esprit est là aussi. Mais l’esprit, pas le pinceau d’Hergé. En choisissant le « motion capture », Steven Spielberg a trouvé à mon sens un bon compromis entre la volonté de faire un « vrai film » et de respecter un univers graphique entré dans la légende. De toute façon, un film, même d’animation, ne sera jamais une BD. Si on ne peut l’accepter, alors il ne vaut mieux pas se déplacer dans une salle obscure. En tout cas, on ne peut que se réjouir qu’il ait attendu aussi longtemps pour faire aboutir son projet, car il n’est pas évident que les effets spéciaux d’il y a quinze ans auraient permis d’aboutir à un tel résultat esthétique.
Le tout est filmé par l’extraordinaire caméra de Steven Soderbergh. Il possède un vrai style visuel bien à lui, tout en élégance, avec un vrai sens esthétique et une photographique toujours hyper soignée. On pourrait simplement lui reprocher d’exposer une nouvelle fois un talent dont il a fait preuve déjà à maintes reprises. Contagion est un film très beau cinématographiquement, mais venant de ce réalisateur, sans vraie prise de risque. Enfin de là à dire que l’on se lasse, il y a un gouffre que ne suis pas prêt de franchir. 
L’Ordre et la Morale pêche donc autant par la forme qu’il était courageux par le fond. Au final, on ne peut pas vraiment dire que l’on s’ennuie, malgré quelques longueurs. On reste vraiment intéressé par le sujet et même si la fin est connue, on a très envie de voir jusqu’où le gâchis va aller. Si le but de Mathieu Kassovitz était avant tout de délivrer un message, il a pleinement atteint son but. Si son retour en France, après la réalisation d’une série de navets hollywoodiens, devait signifier une confirmation des espoirs nés au moment de la Haine ou de Un Héros Très Discret, c’est déjà nettement moins réussi.
Il ne faut voir dans Les Intouchables qu’une comédie. Une comédie incroyablement intelligente, qui possède un vrai fond, qui délivre un message fort et percutant, mais une comédie avant tout. Car le film possède par ailleurs certaines limites. Le personnage de Driss notamment passe du statut jeune braqueur de banlieue à celui de bisounours de manière un peu trop immédiate pour être tout à fait crédible. Il manque sûrement d’une certaine ambiguïté, son parcours n’est sans doute pas assez jalonné de doute pour donner à ce film une autre dimension sociale et une profondeur supplémentaire. Mais l’équilibre du scénario en aurait été profondément bouleversé, le film aurait été tout autre et son succès sûrement moindre. Et le message qu’il délivre sûrement moins entendu…

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