
Oliver s’est enfermé dans une misanthropie qui ressemble de plus en plus à une dépression. Son regard sur l’amour est de plus en plus désabusé. Elevé par des parents qui ne s’aimaient pas, il a accompagné les derniers mois de l’existence de son père, auteur d’un coming-out à 75 ans. Ses amis commencent à redouter de le voir finir ses jours avec son chien… Jusqu’à ce qu’il rencontre Anna, une actrice française au passif familial aussi lourd que le sien.
Beginners est un film débordant d’amour. L’amour entre un homme et une femme, un homme et un homme, un père et son film, un homme et son chien… Un amour source de bonheur, mais aussi de frustration et qui parfois fait aussi peur qu’il est attirant. Bref, voilà un sujet immortel et universel, même si l’homosexualité a été pendant bien longtemps un sujet totalement tabou. On peut cependant se demander ce qu’il peut bien rester à dire sur un thème aussi éculé.
Beginners aurait pu figurer dans le registre des comédies romantiques, si le ton n’était pas aussi empreint d’une certaine gravité. Pourtant, le scénario nous conduira à la même conclusion, à savoir l’amour, c’est beau et cela rend heureux. Le spectateur est donc quelque peu décontenancé face à ce film qui semble un peu la pellicule entre deux chaises. L’émotion est là, le tout est filmé avec beaucoup de tendresse, mais on a du mal à s’y adonner complètement. On reste un peu en retrait de cette belle histoire, touchante mais jamais enthousiasmante. Or, l’amour sans enthousiasme est-il encore de l’amour ? (vous avez quatre heures…)
Du coup, le rythme assez lent du récit plonge parfois le spectateur dans un certain ennui. Non pas qu’il ne trouve pas d’intérêt à l’histoire, mais simplement il ne la vit ni avec son cœur, ni avec ses tripes. Le travail de la réalisation et de montage aurait du faire de Beginners un film faisant vibrer à l’unisson les sentiments des personnages et des spectateurs. Il en fait au final un film aux qualités cinématographiques incontestables, mais qui laisse trop indifférent pour que le spectateur tombe à son tour amoureux.
Des deux histoires d’amour racontés en parallèle, celle d’Oliver et d’Anna et celle du père et de son petit ami, plus jeune que lui de 40 ans, c’est surtout la seconde qui permet à Beginners de présenter un certain intérêt dans son propos. Au moins, cette partie ne ressemble pas à ce que l’on a vu déjà mille fois dans toutes les productions qui nous parlent d’amour. Et dieu sait si elles sont nombreuses.

Beginners n’est pas dénué de qualités. Mais une certaine froideur et un manque de rythme nous laisse malheureusement sur le seuil d’une histoire dans laquelle on aurait aimé rentrer.
Fiche technique :
Production : Olympus Pictures, Parts and Labor
Distribution : MK2 Diffusion, Focus Features
Réalisation : Mike Mills
Scénario : Mike Mills
Montage : Olivier Bugge Coutté
Photo : Kasper Tuxen Andersen
Décors : Coryander Friend
Son : Michael Perfitt, Leslie Shatz
Musique : Roger Neill, Dave Palmer, Brian Reitzell
Maquillage : Veronica Lorenz, Tina Roesler-Kerwin
Durée : 104 mn
Casting :
Ewan McGregor : Oliver
Christopher Plummer : Hal
Melanie Laurent : Anna
Kai Lennox : Elliot
Goran Visnjic : Andy
Mary Page Keller : Georgia

L’interprétation est par contre plus anodine. Rose Byrne est une sympathique actrice de série (Damages), mais que ce soit ici ou dans X-Men, le Commencement, elle ne brille pas d’un charisme particulier sur grand écran. A ses côtés, Patrick Wilson nous livre une performance solide et professionnelle, à laquelle il nous a habituée lors des dizaines de seconds rôles qu’il a pu interprété.
La réussite de Omar m’a Tuer tient aussi de la manière magistrale dont les acteurs sont entrés dans leurs personnages. La ressemblance physique de Sami Bouajila avec Omar Raddad porte la marque des grands acteurs. Il est possible qu’après ce rôle sa carrière prenne une autre ampleur. Il ne faut pas non plus oublier la manière dont Maurice Bénichou arrive à ressembler à Jacques Verges. Par contre, Denis Podalydes ne ressemble qu’à lui-même puisque son personnage n’existe pas dans la réalité, même s’il est largement inspiré de Jean-Marie Rouart qui a écrit un ouvrage similaire à celui que le film prête au dénommé Pierre-Emmanuel Vaugrenard. Enfin, on ne va pas le lui reprocher, car il a prouvé récemment avec la Conquête qu’il savait aussi se transformer physiquement pour un rôle et entrer parfaitement dans la peau d’un homme connu. 
Au-delà du fond, on pourra reprocher au réalisateur une forme parfois imparfaitement maîtrisée. Une Séparation est relativement long (un peu plus de deux heures) et il aurait certainement pu être raccourci. Mais il se serait sans doute quelque peu artificialisé. En devenant une œuvre d’art et suivant trop de conventions, il aurait perdu de sa force brute, même si, encore une fois, ce film n’est définitivement pas un documentaire, mais un vrai récit avec son début, ses rebondissements et sa conclusion. 
On passe donc un très agréable moment et l’ennui ne vient jamais une seule seconde pointer le bout de son nez. On rit aussi beaucoup, avec moins d’enthousiasme que dans le premier volet sans doute, mais avec de joie pour ne pas regretter d’être aller voir Kung-Fu Panda 2. On s’amusera aussi beaucoup à reconnaître le casting vocal. Le méchant est doublé par un Gary Oldman qui prend visiblement son rôle très au sérieux. Mais la vraie bonne surprise vient de la présence de Jean-Claude Van Damme, qui, s’il n’a qu’un petit rôle, prouve définitivement qu’il a quand même un vrai sens de l’auto-dérision.
Si le spectateur ne décroche jamais vraiment, c’est grâce au beau duo d’acteurs formé par Bradley Cooper et Robert De Niro. Evidemment, on ne présente plus le second et si Limitess ne figurera jamais dans ses plus grands rôles, il y apporte assez de talent et de charisme pour tirer le film vers le haut. Le premier, quant à lui, confirme de films en films qu’il est destiné à devenir une valeur sûre d’Hollywood. Il n’est peut-être pas l’acteur le plus expressif qui soit, mais son charme irradie à l’écran, surtout qu’il sait ne pas en abuser et à jouer tout de même aussi un tantinet la comédie. 
X-Men : le Commencement, sans être du même niveau que les deux premiers Spider-man de Sam Raimi, constitue sans aucun doute une des meilleures productions Marvel. Les films de super-héros reposant forcément beaucoup sur leurs personnages, leur donner de l’intérêt et de l’épaisseur est fondamental. Matthew Vaughn y parvient à la perfection, ce qui permet d’apprécier encore plus pleinement les scènes d’actions spectaculaires et les effets-spéciaux remarquables. Du grand spectacle donc, mais pas que. 
Le style graphique est lui-aussi très personnel. Il correspond à celui de la bande-dessinée (enfin pour le peu de souvenir que j’ai de l’avoir feuilleté). Je n’en suis pas particulièrement fan, mais il colle finalement bien à l’ambiance générale du Chat du Rabbin. Alors, très vite, une fois rentré dans le film, on oublie ses réticences à ce niveau. Restera tout de même un léger regret quant à la qualité de l’animation en elle-même qui n’est pas non plus exceptionnelle. Quant à la 3D… je ne me prononcerai pas, puisque je l’ai vu en 2D, mais j’ai du mal à imaginer ce que le relief pourrait apporter (si ce n’est un euro pour le distributeur).
Pourtant, on sent bien que Very Bad Trip 2 ne déploie pas les moyens d’un film de seconde zone. Beaucoup de talent y est mis en œuvre, mais rien ne peut rattraper le caractère foireux des gags. Pas même la réalisation qui fait souvent preuve d’imagination et d’un vrai sens de la photographie. Todd Philipps sait définitivement manier une caméra et on aimerait bien voir ce que cela pourrait donner s’il se décidait à tourner autre chose que de la bonne grosse comédie qui tâche. Cela sera peut-être pour une prochaine fois, parce que là, pour le coup, ça tâche et ça a du mal à partir au lavage.
Et puis, Pirates des Caraïbes : la Fontaine de Jouvence recèle quelques jolis moments de cinéma. La séquence où surviennent les sirènes est notamment particulièrement réussie, aussi bien sur le contenu que sur la forme. Cela démontre que la franchise a plutôt bénéficié du passage de témoin entre Rob Marshall et Rob Verbinski. On sent la patte d’un vrai réalisateur, même si on sent aussi encore la patte du politiquement correct à la Disney. Cependant, le côté assez troublant, il faut bien l’avouer, de ces créatures de légende apportent un peu de sensualité dans une saga pour l’instant assez chaste.
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