BEGINNERS : Amours vues de loin

beginnersaffiche

beginnersafficheIl n’y a pas d’âge pour apprendre à aimer, à s’ouvrir aux autres, à accepter qui on est vraiment et qui sont les autres. A l’heure où l’espérance de vie s’allonge inexorablement, ce lieu commun est de plus en plus d’actualité. C’est justement le sujet de Beginners. Un film qui aurait pu n’être que beau et touchant, mais qui est malheureusement aussi long et un rien ennuyant.

Oliver s’est enfermé dans une misanthropie qui ressemble de plus en plus à une dépression. Son regard sur l’amour est de plus en plus désabusé. Elevé par des parents qui ne s’aimaient pas, il a accompagné les derniers mois de l’existence de son père, auteur d’un coming-out à 75 ans. Ses amis commencent à redouter de le voir finir ses jours avec son chien… Jusqu’à ce qu’il rencontre Anna, une actrice française au passif familial aussi lourd que le sien.

Beginners est un film débordant d’amour. L’amour entre un homme et une femme, un homme et un homme, un père et son film, un homme et son chien… Un amour source de bonheur, mais aussi de frustration et qui parfois fait aussi peur qu’il est attirant. Bref, voilà un sujet immortel et universel, même si l’homosexualité a été pendant bien longtemps un sujet totalement tabou. On peut cependant se demander ce qu’il peut bien rester à dire sur un thème aussi éculé.

Beginners aurait pu figurer dans le registre des comédies romantiques, si le ton n’était pas aussi empreint d’une certaine gravité. Pourtant, le scénario nous conduira à la même conclusion, à savoir l’amour, c’est beau et cela rend heureux. Le spectateur est donc quelque peu décontenancé face à ce film qui semble un peu la pellicule entre deux chaises. L’émotion est là, le tout est filmé avec beaucoup de tendresse, mais on a du mal à s’y adonner complètement. On reste un peu en retrait de cette belle histoire, touchante mais jamais enthousiasmante. Or, l’amour sans enthousiasme est-il encore de l’amour ? (vous avez quatre heures…)

Du coup, le rythme assez lent du récit plonge parfois le spectateur dans un certain ennui. Non pas qu’il ne trouve pas d’intérêt à l’histoire, mais simplement il ne la vit ni avec son cœur, ni avec ses tripes. Le travail de la réalisation et de montage aurait du faire de Beginners un film faisant vibrer à l’unisson les sentiments des personnages et des spectateurs. Il en fait au final un film aux qualités cinématographiques incontestables, mais qui laisse trop indifférent pour que le spectateur tombe à son tour amoureux.

Des deux histoires d’amour racontés en parallèle, celle d’Oliver et d’Anna et celle du père et de son petit ami, plus jeune que lui de 40 ans, c’est surtout la seconde qui permet à Beginners de présenter un certain intérêt dans son propos. Au moins, cette partie ne ressemble pas à ce que l’on a vu déjà mille fois dans toutes les productions qui nous parlent d’amour. Et dieu sait si elles sont nombreuses.

beginnersBeginners met en scène deux acteurs à propos desquels je suis intarissable dans mes critiques. Mais pas vraiment pour les même raisons. Tout d’abord, mon grand ami Ewan McGregor, sur le dos duquel j’ai cassé du sucre à bien des occasions. Ce film ne nous réconciliera pas, tant son jeu manque de l’étincelle de génie que l’on peut attendre d’une telle star. Sa performance est à l’image du film, du talent, mais pas de magie, ni d’enthousiasme. Par contre, à ses côtés, Mélanie Laurent confirme tout le bien que je pense d’elle depuis bien longtemps. Quel charisme, quelle présence à l’écran ! Elle illumine de sa grâce ce film, qui sans cela aurait définitivement endormi le spectateur.

Beginners n’est pas dénué de qualités. Mais une certaine froideur et un manque de rythme nous laisse malheureusement sur le seuil d’une histoire dans laquelle on aurait aimé rentrer.

Fiche technique :
Production : Olympus Pictures, Parts and Labor
Distribution : MK2 Diffusion, Focus Features
Réalisation : Mike Mills
Scénario : Mike Mills
Montage : Olivier Bugge Coutté
Photo : Kasper Tuxen Andersen
Décors : Coryander Friend
Son : Michael Perfitt, Leslie Shatz
Musique : Roger Neill, Dave Palmer, Brian Reitzell
Maquillage : Veronica Lorenz, Tina Roesler-Kerwin
Durée : 104 mn

Casting :
Ewan McGregor : Oliver
Christopher Plummer : Hal
Melanie Laurent : Anna
Kai Lennox : Elliot
Goran Visnjic : Andy
Mary Page Keller : Georgia

INSIDIOUS : Les 102 minutes où j’ai flippé ma race !

insidiousaffiche

insidiousafficheJe dois l’avouer, je déteste les films d’horreur… C’est pour ça que j’aime bien en voir un de temps en temps. Bah oui, avoir peur et passer la moitié du film à cacher l’écran avec sa main (oui, je sais, je suis un vraie chochotte), pourrait constituer une activité purement désagréable. Mais comme en moi, comme en chaque être humain, il y a un masochiste qui sommeille, j’ai été voir Insidious. Et je n’ai pas été déçu du voyage.

Josh, Renai et leurs trois enfants viennent d’emménager dans une nouvelle maison, qui possède notamment un vieux grenier un peu inquiétant. Leur fils aîné s’y aventure un jour, fait une mauvaise chute visiblement anodine. Mais une fois endormi, il ne se réveille pas et se retrouve plonger dans un coma que les médecins ne s’expliquent pas. Les parents sont bouleversés. Ils le seront encore plus quand de phénomènes de plus en plus inquiétants commencent à se produire dans la maison.

Insidious est un film qui repose sur des ficelles archi-éculées. Une vieille maison, des bruits étranges, une présence qui se fait sentir, une musique qui nous fait comprendre qu’il a sûrement un fantôme dans le placard qu’elle s’apprête à ouvrir. Alors non, Renai, ne l’ouvre pas !!! Aaaaaaaaaaaaah… Ah bah non, finalement il n’y a que des vêtements dedans… Bref, le bon vieux mythe de la maison hantée qui effraie petits et grands depuis longtemps. Mais ce film est la preuve que ça marche encore et encore.

La réussite d’Insidious est difficile à expliquer, si ce n’est par le talent de James Wan, réalisateur notamment du premier Saw, le seul qui ressemble à quelque chose. Un sens du timing, une porte qui claque au bon moment, la musique qui démarre quand il le faut, la tension qui monte, le truc qui fait peur qui apparaît d’un coup alors qu’on ne s’y attendait plus… Bref encore une fois, rien de révolutionnaire, mais terriblement efficace pour provoquer l’anxiété du spectateur, qui se trouve totalement à la merci du cinéaste. Je ne peux que l’admettre, je n’ai pas arrêté de flipper et d’être tendu comme un string du début à la fin. J’ai déjà largement eu aussi peur au cinéma, mais aussi longtemps, de manière aussi constante, je ne m’en souviens pas…

Et la plus grande force d’Insidious est d’arriver à nous surprendre après une bonne moité de film aussi classique. Dans sa seconde partie, il prend un ton inattendu, mais qui n’apaise que très peu la tension. D’un film de maison hantée, il devient un méli-mélo de tout ce qui peut nous faire peur. Du coup, le spectacle est plus grand-guignolesque, mais je mentirai en vous disant que ça m’a permis de me détendre. Le scénario est sans doute au final infiniment moins intéressant que celui d’un Esther notamment. Il lui manque sûrement de vraies scènes d’anthologie qu’on pourrait se passer encore et encore avec le même effroi. Mais en termes d’intensité sur un peu plus d’une heure et demi, ce film reste inégalable.

On saluera ici la musique composé par Joseph Bishara, qui n’avait pour l’instant travaillé que sur des films d’horreur de 8ème zone. Il s’agit d’un élément indispensable pour créer tension et inquiétude et on ne peut parler de la réussite d’un tel film en oubliant de mentionner sa qualité. Il n’y a pas là non plus un vrai morceau d’anthologie vraiment mémorable, mais sur la durée, la musique remplit toujours son rôle avec brio.

insidiousL’interprétation est par contre plus anodine. Rose Byrne est une sympathique actrice de série (Damages), mais que ce soit ici ou dans X-Men, le Commencement, elle ne brille pas d’un charisme particulier sur grand écran. A ses côtés, Patrick Wilson nous livre une performance solide et professionnelle, à laquelle il nous a habituée lors des dizaines de seconds rôles qu’il a pu interprété.

Insidious est donc un petit bijou de tension et de terreur. Il n’a rien de gore (je ne sais même pas si on voit une seule goutte de sang), mais arrive de la première à la dernière seconde à maintenir une chaire de poule constante chez le spectateur. Et comme il est justement venu chercher cela, il ne peut être que ravi.

Fiche technique :
Production : Jason Blum, Steven Schneider, Oren Peli
Distribution : Wild Bunch
Réalisation : James Wan
Scénario : Leigh Whannell
Montage : James Wan, Kirk Morri
Photo : John R. Leonneti ASC, David M. Brewer
Décors : Aaron Sims
Musique : Joseph Bishara
Effets spéciaux : Bart Dion
Maquillage : Eleanor Sabaduquia
Durée : 102 mn

Casting :
Patrick Wilson : Josh Lambert
Rose Byrne : Renai Lambert
Lyn Shaye : Elise Rainier
Barbara Hershey : Lorraine Lambert
Andrew Astor : Foster Lambert
Angus Sampson : Tucker

OMAR M’A TUER : En quête de vérité

omarmatueraffiche

omarmatuerafficheGrand lecteur de journaux papier ou en ligne, toujours à vérifier ce qui vient de se passer dans le monde, j’ai pourtant un principe, celui de ne pas lire ce qui concerne les faits divers. Ce n’est pas de l’actualité et on ne comprend jamais vraiment pourquoi l’un va attirer l’attention des médias plutôt qu’un autre qui passera totalement inaperçu. Il en est cependant que l’on ne peut pas totalement ignorer. Ce fut le cas notamment de l’affaire Omar Raddad, sujet du dernier film de Roschdy Zem, Omar m’a Tuer.

24 juin 1991, Ghislaine Marchal est retrouvée morte assassinée. Sur la porte de la cave où elle s’est barricadée, elle semble avoir utilisé ses dernières forces pour inscrire avec son sang « Omar m’a Tuer ». Omar, c’est son jardinier, à son service depuis de longues années. Marocain, sachant assez mal parler français, il est arrêté mais ne cesse de clamer son innocence. Il sera condamné après une enquête qui a, volontairement ou non, écarté tous les éléments à décharge. C’est pourquoi, l’écrivain Pierre-Emmanuel Vaugrenard se décide à écrire un livre sous forme de contre-enquête.

Omar m’a Tuer est un film, une reconstitution, non une documentaire. Il prend un parti évident, même si la démarche de Roschdy Zem était très certainement animée de la volonté de rétablir enfin une vérité que la justice semble vouloir nier. Mais comme toute œuvre de fiction, elle n’est certainement pas totalement fidèle à la réalité et ce n’est pas à elle de rendre un verdict… même si objectivement, toute cette affaire est quand même troublante et ce n’est pas nouveau.

Le moins que l’on puisse dire c’est que les faits tels qu’ils sont présentés ici sont vraiment convaincants. Omar m’a Tuer rappelle furieusement le JFK d’Oliver Stone. Un film à thèse, mais qui emporte l’adhésion du spectateur. En plus, le film est court, moins de une heure et demi, va droit au but, se concentre sur le faits et s’il cherche à nous faire découvrir l’homme qu’est Omar Raddad, il ne tombe jamais dans un pathos interminable et lourdingue. Centré autour de son personnage, le film nous le présente en oubliant jamais de faire avancer l’intrigue…même si la fin (pour l’instant provisoire?) est connue.

Le travail de reconstitution est vraiment impressionnant. Évidemment, j’ignore si tous les faits présenté sont véridiques, mais au moins Roschdy Zem n’a pas fait l’impasse sur le travail de recherche et étaye son propos de manière remarquable. Peut-être a-t-il passé certains éléments sous silence, mais encore une fois, il ne faut pas non plus demander trop à une fiction qui porte forcément sa part de subjectivité.

omarmatuerLa réussite de Omar m’a Tuer tient aussi de la manière magistrale dont les acteurs sont entrés dans leurs personnages. La ressemblance physique de Sami Bouajila avec Omar Raddad porte la marque des grands acteurs. Il est possible qu’après ce rôle sa carrière prenne une autre ampleur. Il ne faut pas non plus oublier la manière dont Maurice Bénichou arrive à ressembler à Jacques Verges. Par contre, Denis Podalydes ne ressemble qu’à lui-même puisque son personnage n’existe pas dans la réalité, même s’il est largement inspiré de Jean-Marie Rouart qui a écrit un ouvrage similaire à celui que le film prête au dénommé Pierre-Emmanuel Vaugrenard. Enfin, on ne va pas le lui reprocher, car il a prouvé récemment avec la Conquête qu’il savait aussi se transformer physiquement pour un rôle et entrer parfaitement dans la peau d’un homme connu.

Omar m’a Tuer est donc un film remarquable sur la forme. Sur le fond, il est difficile de ne pas être convaincu par la démonstration, même s’il faut toujours se méfier des vérités qui semblent évidentes. Ce que les enquêteurs n’ont visiblement pas fait…

Fiche technique :
Production : Tessalit Productions, Mars Films, France 2 Cinéma, Hole in one Films
Distribution : Mars Distribution
Réalisation : Roschdy Zem
Scénario : Olivier Gorce, Roschdy Zem
Montage : Monica Coleman
Photo : Jérôme Almeras
Format : 35mm
Décors : François Emmanuelli
Son : Brigitte Taillandier
Musique : Alexandre Azaria
Durée : 85 mn

Casting :
Sami Bouajila : Omar Raddad
Denis Podalydès : Pierre-Emmanuel Vaugrenard
Maurice Benichou : Jacques Vergès
Nozha Khouadra : Latifa
Salomé Stevenin : Maud
Ludovic Berthillot : Enrique

UNE SEPARATION : Regard persan

uneseparationaffiche

uneseparationafficheEtre cinéaste aujourd’hui en Iran n’est pas vraiment une sinécure, surtout si vous voulez décrire avec précision cette société si particulière. Vous pouvez travailler dans la clandestinité, comme Bahman Ghobadi, le réalisateur des Chats Persans, et vous exposer ainsi à la colère des autorités. Vous pouvez aussi essayer de contourner la censure, comme Asghar Farhadi et son film la Séparation, Ours d’Or au dernier festival de Berlin. Un film sur une situation universelle, mais dans un contexte qui l’est heureusement nettement moins.

Nadar refuse de partir hors d’Iran avec sa fille et sa femme, malgré la volonté de cette dernière. En effet, il refuse de quitter son père, atteint de la maladie d’Alzheimer. Alors elle retourne alors vivre chez ses parents, en attendant qu’il accepte le divorce. Il se retrouve alors obligé d’embaucher une aide-soignante et, dans l’urgence, accepte la candidature d’une femme enceinte, qui n’a pas l’accord de son mari. La situation se révèle vite problématique dans une société où les rapports hommes-femmes sont si difficiles. Surtout qu’un incident va définitivement bouleverser cette équilibre précaire.

Une Séparation nous raconte donc une histoire qui aurait pu se produire dans n’importe quel pays. Il nous parle des difficultés liés au divorce, à la garde des enfants, aux personnes âgés et dépendantes. Les humains étant à peu près constitués de la même manière d’un bout à l’autre de la planète, les réactions des protagonistes auraient pu être similaires partout. Le film aurait pu se contenter d’une petite touche d’exotisme qui aurait rendu le tout un peu dépaysant.

Mais Une Séparation est bien plus que cela. C’est une plongée dans le cœur et le quotidien de la société iranienne. Ce n’est pas un film politique, un documentaire ou un pamphlet. Il n’y a aucun parti pris. D’ailleurs quel parti prendre, car il n’y a ni méchants, ni gentils dans cette histoire ? Il n’y a pas des victimes d’un côté, des oppresseurs de l’autre. Il y a simplement des êtres humains tentant de vivre leur vie dans un contexte incroyablement pesant, où non-dits et tabous sont omniprésents. Ce film n’est contre rien, mais montre de manière si simple, si directe ce à quoi peut ressembler le quotidien des Iraniens ordinaires que le message est d’une force incroyable.

Réalisé de manière très épuré, Une Séparation aurait pu ressembler à un mauvais téléfilm, sans la grande intelligence de Asghar Farhadi. On peut trouver incroyable qu’il ait réussi à produire et tourner ce film dans son propre pays. Avec notre regard d’Occidentaux, tant de choses nous sautent aux yeux, nous choquent, nous mettent mal-à-l’aise. Mais que pourrait reprocher un censeur précisément à un film qui ne fait que décrire un quotidien de manière aussi neutre ? Si on ajoute à cela certains détails, comme le fait que les femmes restent voilées à l’écran, même chez elle, on voit bien comment le cinéaste a réussi à contourner ce quoi même le film cherche à nous montrer.

uneseparationAu-delà du fond, on pourra reprocher au réalisateur une forme parfois imparfaitement maîtrisée. Une Séparation est relativement long (un peu plus de deux heures) et il aurait certainement pu être raccourci. Mais il se serait sans doute quelque peu artificialisé. En devenant une œuvre d’art et suivant trop de conventions, il aurait perdu de sa force brute, même si, encore une fois, ce film n’est définitivement pas un documentaire, mais un vrai récit avec son début, ses rebondissements et sa conclusion.

L’ensemble de l’interprétation a été elle-aussi récompensée à Berlin. C’est mérité, tant les acteurs et actrices sont incroyables. Là encore, un jeu hésitant, forcé ou trop cabotin aurait ruiné la force d’un message qui émerge de détails pouvant passer pour anodins. Ils épousent tous parfaitement leurs personnages, comme si c’était leur propre vie qui se retrouvait à l’écran.

Une Séparation se révèle donc être une formidable histoire sur les rapports humains, à travers laquelle transparait la critique d’une société oppressante et destructrice.

Fiche technique :
Production : Negar Eskandarfar, Asghar Farhadi
Distribution : Memento films distribution
Réalisation : Asghar Farhadi
Scénario : Asghar Farhadi
Montage : Hayedeh Safiyari
Photo : Mahmood Kalari
Décors : Keyvan Moghadam
Durée : 123 mn

Casting :
Sarina Farhadi : Termeh
Sareh Bayat : Razieh
Shahab Hosseini : Hodjat
Peyman Moadi : Nader
Leila Hatami : Simin

KUNG-FU PANDA 2 : Un film qui ne tourne pas autour du Po !

kungfupanda2affiche

kungfupanda2affiche2008 avait été une grande année pour le cinéma d’animation avec la sortie de deux petits chefs-d’œuvre. Tout d’abord, Wall-E, peut-être le plus émouvant de tous, et Kung-Fu Panda, peut-être le plus drôle de tous. Bon, j’ai mis peut-être pour laisser le débat ouvert, mais il n’est pas question de le démarrer ici. Tout cela simplement pour dire que l’amateur d’animation, que je suis, espère pouvoir revivre une année aussi riche. Il fondait donc beaucoup d’espoirs sur 2011, puisqu’elle voyait le retour de Po et ses amis, pour une Kung-Fu Panda 2 très attendu. Evidemment, l’effet de surprise n’est plus là, mais le plaisir est lui presque intact.

Po savoure son titre de Guerrier Dragon. Mais évidemment, cela n’est pas de tout repos. Surtout quand un nouvel ennemi menace la Chine tout entière. Il se lance alors à l’attaque, accompagné bien sûr des « Furious Five » : tigre, serpent, mante, singe et grue. Mais leur adversaire possède une arme qui semble plus forte que toutes les techniques de kung-fu imaginables.

La première et plus grande qualité de Kung-Fu Panda 2 est de n’avoir pas cherché à tout prix à reprendre tous les éléments qui ont fait le succès du premier volet. Po est désormais le Guerrier Dragon, il sait se battre et même si son appétit et une relative maladresse restent des ressorts comiques, ils ne sont pas mis constamment en avant. L’évolution du personnage était l’axe principal du scénario de l’épisode précédent, ce n’est plus le cas. Certes, il cherchera dans cette quête à atteindre un stade supérieur, mais tout cela reste très anecdotique.

Kung-Fu Panda 2 fait ainsi une place beaucoup plus grande, pour ne pas dire exclusive, à l’action. De l’action chargée d’humour certes, mais de l’action quand même. Le méchant est vite identifié et il faut aller le combattre. Cela donne un scénario certes très linéaire, mais qui se révèle au final très efficace. On a envie de voir nos 6 amis en pleine action et on va vite être servi. En face, le méchant est sans doute moins charismatique que dans le premier volet, mais il n’est de toute façon là que pour mettre en valeur les héros. On reste dans un film qui s’adresse à un large public, une trop grande ambigüité des personnages n’est donc pas de mise.

kungfupanda2On passe donc un très agréable moment et l’ennui ne vient jamais une seule seconde pointer le bout de son nez. On rit aussi beaucoup, avec moins d’enthousiasme que dans le premier volet sans doute, mais avec de joie pour ne pas regretter d’être aller voir Kung-Fu Panda 2. On s’amusera aussi beaucoup à reconnaître le casting vocal. Le méchant est doublé par un Gary Oldman qui prend visiblement son rôle très au sérieux. Mais la vraie bonne surprise vient de la présence de Jean-Claude Van Damme, qui, s’il n’a qu’un petit rôle, prouve définitivement qu’il a quand même un vrai sens de l’auto-dérision.

Enfin techniquement, le film est évidemment impeccable. Peut-être trop. Comme souvent chez Dreamworks, Kung-Fu Panda 2 est visuellement relativement lisse. C’est beau, c’est presque parfait, mais ça manque parfois un peu d’une réelle imagination, que l’on retrouve presque toujours à coup sûr chez Pixar, leurs principaux concurrents. La 3D est moyennement exploitée et ce film ne devrait pas convaincre les sceptiques du réel intérêt de cette technique.

Kung-Fu Panda 2 n’est pas la petite perle qu’était le premier volet. Mais il constitue une suite agréable et divertissante, pas indispensable, mais qui ravira les petits et grands enfants.

Fiche technique :
Production : DreamWorks Animation
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Jennifer Yuh
Scénario : Jonathan Aibel, Glenn Berger
Montage : Maryann Brandon, Clare Knight
Décors : Raymond Zibach
Musique : John Powell, Hans Zimmer
Durée : 95 mn

Casting :
Jack Black : Po
Angelina Jolie : Tigresse
Dustin Hoffman : Shifu
Gary Oldman : Shen
Jackie Chan : Singe
Seth Rogen : Mantis
Lucy Liu : Vipère
Michelle Yeoh : la prédictrice
Jean-Claude Van Damme : Maître Croc

LIMITLESS : Plus malin qu’il en a l’air

limitlessaffiche

limitlessafficheIl paraît que nous utilisons moins de 20% du potentiel de notre cerveau. Bon, quand on entend certains, on se dit que parfois ce chiffre est encore bien inférieur. Mais ceci n’est pas le sujet ici. Parlons plutôt du film Limitless, avec le beau Bradley Cooper, qui utilise cette affirmation comme idée de départ d’un scénario qui se révèle au final bien plus réussi que prévu.

Eddie Mora est loser, écrivain raté en mal d’inspiration, qui voit sa petite amie le quitter, fatiguée de lui servir de soutien moral et financier. Alors quand il croise son ancien beau-frère, ancien dealer, prétendument reconverti en commercial pour l’industrie pharmaceutique et que ce dernier lui propose une drogue révolutionnaire capable de booster son intelligence et l’aider à écrire enfin une ligne, il finit par essayer. Le résultat est spectaculaire… mais temporaire. Et quand il cherche à en obtenir plus, il trouve un cadavre, mais finit par dénicher le stock que le assassins recherchaient probablement. Commence alors pour lui une fulgurante ascension. Mais entre les effets secondaires et les convoitises, son rêve flirte vite avec le cauchemar.

Limitless tient plus du polar que du film de science-fiction. La drogue révolutionnaire n’est qu’un prétexte et représente simplement une forme nouvelle et originale d’une recette vieille comme le cinéma : un personnage se retrouve en possession d’un objet qu’il n’est pas censé posséder, qui lui apporte beaucoup, mais le met en danger. Et pendant une bonne partie du film tout se déroule comme on pouvait s’y attendre. Le dénouement qui se dessine semble vraiment cousu de fil blanc, et si le spectacle fut tout de même divertissant, on s’attend à en repartir un tantinet déçu. Puis les ultimes secondes nous offrent un rebond inattendu qui change radicalement le regard que l’on peut porter sur ce scénario, plus intelligent qu’il en avait l’air.

Limitless échappe, et c’est tant mieux, à un discours moralisateur lourdingue. On parle de drogue, de succès obtenu en « trichant », il aurait donc été facile de nous livrer une conclusion manichéenne. Il n’en est rien et sans dévoiler la teneur du dénouement, sachez simplement que tout ne se termine pas par « il a été puni, il se repend et trouve finalement le vrai bonheur dans une vie simple et honnête ».

En plus de cela, Limitless est réalisé avec efficacité, à défaut de brio. Neil Burger s’essaye bien à quelques effets « artistiques » originaux, mais franchement, cela n’apporte rien, si ce n’est quelques fois prêter un peu à sourire. L’effort était louable certes, mais le résultat n’apporte pas grand chose. Ca ne gâche pas le plaisir non plus. Mais enfin, cela contribue avec le côté faussement attendu du scénario à laisser le spectateur un rien sceptique pendant une bonne partie du film.

limitlessSi le spectateur ne décroche jamais vraiment, c’est grâce au beau duo d’acteurs formé par Bradley Cooper et Robert De Niro. Evidemment, on ne présente plus le second et si Limitess ne figurera jamais dans ses plus grands rôles, il y apporte assez de talent et de charisme pour tirer le film vers le haut. Le premier, quant à lui, confirme de films en films qu’il est destiné à devenir une valeur sûre d’Hollywood. Il n’est peut-être pas l’acteur le plus expressif qui soit, mais son charme irradie à l’écran, surtout qu’il sait ne pas en abuser et à jouer tout de même aussi un tantinet la comédie.

Limitless est donc un film qui nous laisse sur une assez bonne impression finale pour nous faire totalement oublier qu’on a craint pendant fort longtemps d’être devant d’une production moyenne, si ce n’est médiocre. Il ne révolutionnera certainement pas le 7ème art, mais peut vous permettre néanmoins de passer un bon moment.

Fiche technique :
Production : Gaumont, Relativity Produced, Rogue-Many River / Boy of the Year, Intermedia Film
Distribution : Gaumont Distribution
Réalisation : Neil Burger
Scénario : Leslie Dixon
Montage : Naomi Geraghty
Photo : Jo Wilems
Format : 35mm
Décors : Patrizia Von Brandenstein
Musique : Paul Leonard-Morgan
Durée : 105 mn

Casting :
Bradley Cooper : Eddie Morra
Abbie Cornish : Lindy
Robert De Niro : Van Loon
Anna Friel : Melissa
Andrew Howard : Gennady
Johnny Whitworth : Vernon

X-MEN : LE COMMENCEMENT : Et le mutant fut !

xmenlecommencementaffiche

xmenlecommencementaffichePour introduire cette critique, j’ai d’abord pensé parler des films de super-héros en général, surtout que l’actualité est riche en ce moment à ce niveau-là. Mais comme je fais systématiquement ça pour tous les films de super-héros, je me suis dit que vous, merveilleux lecteurs, méritiez mieux que ça. Alors j’ai envisagé de parler des « prequels », nouvelle mode cinématographique pour scénaristes en mal d’inspiration. Cependant, une telle introduction manquerait elle-aussi sérieusement d’originalité. Du coup, que faire ? J’ai donc décidé finalement d’innover radicalement, en abattant les barrières, en mixant les deux et en vous disant simplement que X-Men : le Commencement est un prequel de super-héros…

Le jeune Charles Xavier sait depuis son plus jeune âge qu’il est différent des autres et doté de pouvoirs télépathiques puissants. Il a vite compris aussi qu’il n’était la seul sur Terre. Pour l’instant, Erik Lehnsherr l’ignore et parcourt le monde pour venger ses parents, morts dans les camps de concentration nazis, grâce à sa maîtrise du magnétisme. Mais le destin des deux hommes vont finir par se croiser, ainsi que celui de nombreux autres « mutants », alors que le monde est au bord d’une guerre nucléaire entre les USA et l’URSS.

Je l’avais dit en conclusion de ma critique sur le très décevant Thor, X-Men : le Commencement était très attendu et les premiers échos très favorables. Ils l’étaient à raison, tant ce film est une réussite. La présence derrière la caméra de Matthew Vaughn, le réalisateur du génialissime Kick-Ass, y est pour beaucoup, même si, on l’a vu avec le Dieu Nordique et son marteau, un grand nom du cinéma n’est pas toujours synonyme de réussite.

Que ceux qui n’ont vu aucun des films de la trilogie initiale se rassurent, ils n’en souffriront pas. Les évènements se situant plusieurs décennies avant, il n’y a évidemment pas d’éléments que l’on est censé connaître avant que ne débute l’intrigue. Après, il est certain qu’une large partie du plaisir que l’on peut éprouver en regardant X-Men : le Commencement réside dans le découverte du passé de personnages familiers. Mais le scénario est assez solide en lui-même pour entrer dans totalement dans cette histoire, qui réécrit l’Histoire, la vraie, la Crise de Cuba en particulier, de manière assez jouissive. Il y a dans ce film une certaine nostalgie des films d’espionnage du temps de la guerre froide. Bref, les jeunes X-Men sont comme des James Bond et le Club des Damnés ressemble fort au SPECTRE. Aux super-pouvoirs près…

Alors évidemment, reste le débat pour l’initié que je suis… Mais si des piles de comics ne s’empilent pas dans votre appartement comme dans le mien, vous serez totalement indifférent au fait que faire de Mystique la sœur adoptive du Professeur Xavier, c’est que…comme dire… Bah tout simplement Mystique n’est pas la sœur adoptive du Professeur Xavier !!! Bon ok, je sens qu’il y a des lecteurs qui décrochent, alors passons… Plus largement, X-Men : le Commencement recèle quand même pas mal de clins d’oeil à l’univers Marvel en général, mais de manière assez discrète pour que les non-initiés n’y voient que du feu. On notera simplement la très courte, mais géniale apparition de Hugh Jackman qui ravira les fans.

xmenlecommencementX-Men : le Commencement, sans être du même niveau que les deux premiers Spider-man de Sam Raimi, constitue sans aucun doute une des meilleures productions Marvel. Les films de super-héros reposant forcément beaucoup sur leurs personnages, leur donner de l’intérêt et de l’épaisseur est fondamental. Matthew Vaughn y parvient à la perfection, ce qui permet d’apprécier encore plus pleinement les scènes d’actions spectaculaires et les effets-spéciaux remarquables. Du grand spectacle donc, mais pas que.

Le casting est aussi un élément déterminant de la réussite de X-Men : le Commencement. Si Kevin Bacon est parfait en grand méchant, mais on pouvait s’y attendre venant d’un tel acteur, la vraie surprise vient du duo formé par James McAvoy et Michael Fassbender. On avait découvert le premier dans l’excellent Wanted. Le second avait impressionné le monde entier par sa performance physique dans Hunger, pour lequel il avait du perdre énormément de poids. Ils arrivent tous deux à donner une grande crédibilité à leur personnage, ce qui n’est jamais facile dans un film de super-héros. Michael Fassbender parvient notamment à parfaitement retranscrire l’ambiguïté de celui qui deviendra Magneto, interprété de manière beaucoup plus manichéenne par Ian McKellen dans la trilogie initiale.

X-Men : le Commencement nous réconcilie donc avec les films de super-héros. Les sorties prochaines, notamment celle de Captain America sera-t-elle réjouissante ?

Fiche technique :
Production : 20th Century Fox, Marvel Enterprises, Bad Hat Harry productions
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Matthew Vaughn
Scénario : Sheldon Turner, Bryan Singer, Zack Stentz, Jane Goldman, Matthew Vaughn
Montage : Eddie Hamilton
Photo : John Mathieson
Son : Simon Hayes
Musique : Henry Jackman
Effets spéciaux : Cinesite (Europe) Ltd.
Maquillage : Nana Fischer
Directeur artistique : Tom Frohling
Durée : 132 mn

Casting :
James McAvoy : Charles Xavier, Professeur X
Michael Fassbender : Erik Lehnsherr, Magneto
Kevin Bacon : Sebastian Shaw
Jennifer Lawrence : Raven Darkholme, Mystique
Rose Byrne : Moira MacTaggert
Nicholas Hoult : Hank McCoy, Le Fauve
Oliver Platt : L’homme en costume noir
Alex Gonzalez : Janos Quested, Riptide
Jason Flemyng : Azazel

LE CHAT DU RABBIN : La tolérance sort toujours de la bouche des félins

lechatdurabbinaffiche

lechatdurabbinafficheLe cinéma d’animation hexagonal n’a jamais brillé par la quantité de productions qui se retrouvent sur nos écrans petits et grands. Mais, par contre, la qualité, l’originalité et l’inattendu sont souvent au rendez-vous. Le Roi et l’Oiseau, les Maîtres du Temps, Kirikou, les Triplettes de Belleville, autant d’œuvres uniques en leur genre, surprenantes et souvent inclassables. Le Chat du Rabbin, adaptation par lui-même de la bande-dessinée de Joann Sfar, se situe dans cette droite lignée.

A Alger, dans les années 20, le rabbin Sfar découvre avec stupéfaction que son chat sait soudainement parler, après avoir mangé son perroquet. Un chat philosophe et impertinent, qui se met dans l’idée de faire sa bar-mitsva. Mais ce qui l’intéresse par dessus tout, c’est de traîner dans les bras de la belle Zlabya, la fille du rabbin.

J’ai été voir le Chat du Rabbin sans avoir jamais lu aucun des albums de la bande-dessinée dont il est tiré. J’ai donc eu sur ce film un œil dénué de tous préjugés ou d’attentes particulières. Et j’avoue avoir été au final plutôt charmé, à défaut de réel enthousiasme, par cet univers plein de poésie et d’humour. J’ai beaucoup aimé cette manière légère d’aborder des thèmes plutôt graves comme l’intolérance, la religion, le racisme et les préjugés. Le film délivre un message particulièrement pertinent et qui passe tout seul, telle une pâtisserie orientale.

Il est vrai que le Chat du Rabbin s’appuie sur une trame narrative un peu légère. L’intrigue en elle-même ne casse pas forcément des briques et n’est pas particulièrement intense. Mais ce film est plus comme un voyage dans un monde dans lequel on a plaisir à flâner et à rencontrer un grand nombre de personnages hauts en couleur que l’on quitte toujours à regret. Cela constitue sans doute la plus grande limite de cette œuvre, tout en lui donnant aussi son originalité et une part de son charme. Joann Sfar est définitivement un artiste anticonformiste, qui s’amuse à détourner les formes d’expression de leur cadre habituel. En cela, ce film est sympathiquement rafraîchissant.

lechatdurabbinLe style graphique est lui-aussi très personnel. Il correspond à celui de la bande-dessinée (enfin pour le peu de souvenir que j’ai de l’avoir feuilleté). Je n’en suis pas particulièrement fan, mais il colle finalement bien à l’ambiance générale du Chat du Rabbin. Alors, très vite, une fois rentré dans le film, on oublie ses réticences à ce niveau. Restera tout de même un léger regret quant à la qualité de l’animation en elle-même qui n’est pas non plus exceptionnelle. Quant à la 3D… je ne me prononcerai pas, puisque je l’ai vu en 2D, mais j’ai du mal à imaginer ce que le relief pourrait apporter (si ce n’est un euro pour le distributeur).

Le casting vocal est d’un niveau rarement égalé dans notre pays. On voit bien que le succès de Gainsbourg, Vie Héroïque a donné envie à beaucoup de gens de travailler avec Joann Sfar. Le chat est doublé par François Morel, la fille par Hafsia Herzi, mademoiselle « je fais la danse du ventre comme personne ». On trouve aussi au détour des personnages François Damiens, Matthieu Almaric, Jean-Pierre Kalfon et Fellag. Maurice Bénichou en doublant le rabbin tient là un des rôles les plus importants de sa carrière, lui qui peuple le cinéma français de seconds rôles depuis près de 40 ans.

Le Chat du Rabbin ravira sûrement les amateurs de la BD… ou pas. Mais pour les autres, le dépaysement est garanti, assaisonné d’une bonne dose de poésie, pour une ode à la tolérance agréable et impertinente, qui aurait gagné à être porté par une intrigue plus conséquente.

Fiche technique :
Production : Autochenille productions, TF1 Films, UGC, Banjo studio
Distribution : UGC distribution
Réalisation : Joann Sfar, Antoine Delesvaux
Scénario : Joann Sfar, Sandrina Jardel, d’après la BD de Joann Sfar
Montage : Maryline Monthieux
Musique : Olivier Daviaud
Durée : 100 mn

Casting :
François Morel : le chat
Maurice Bénichou : le rabbin
Hafsia Herzi : La fille du rabbin
François Damiens : le reporter
Mathieu Amalric : le prince
Jean-Pierre Kalfon : le Malka des Lions
Fellag : le Cheikh Mohammed Sfar
Marguerite Abouet : l’Africaine
Sava Lolov : le peintre russe

VERY BAD TRIP 2 : Very useless movie

verybadtrip2affiche

verybadtrip2afficheRevoir de nombreuses fois le même film ne me dérange pas le moins du monde… Ayant vu une bonne cinquantaine de fois (sans rire) la trilogie initiale de Star Wars, j’aurais bien du mal à affirmer le contraire. Les très bons films, c’est comme les bonnes recettes de cuisine, on ne s’en lasse pas, même si, d’une fois sur l’autre, rien n’a changé. On prend également parfois plaisir à voir le remake d’un film qu’on a beaucoup aimé, même si la nouvelle version n’égale pas la première. Very Bad Trip 2 ne rentre dans aucune de ces catégories puisqu’il s’agit d’une suite… Sauf que ce deuxième volet est en grande partie identique au premier, à une différence près. Mais une différence de taille…

Stu va se marier en Thaïlande et emmène avec lui Phil, Doug…et Alan, malgré ses réticence. Il veut à tout prix éviter la même mésaventure que lui et ses amis ont connu à Las Vegas, lors de l’enterrement de vie de garçon de Doug. Alors, ça sera une bière sur la plage et c’est tout… sauf qu’ils se réveillent finalement dans un hôtel miteux de Bangkok avec une nouvelle gueule de bois monstrueuse et aucun souvenir de la soirée. Or, le beau frère de Stu a disparu…

Very Bad Trip 2 ressemble comme deux gouttes d’eau au premier volet. Même structure, même point de départ, mêmes situations… Certes, le tigre a été remplacé par un singe facétieux, mais on les voit une nouvelle fois se réveiller avec un animal dont ils ignorent la provenance. La délocalisation en Thaïlande aurait pu être source de nouveautés, mais cet élément est largement sous-exploité et les nuits de Bangkok ne différent guère de celles de Las Vegas…surtout quand y retrouve le personnage de Chow, histoire de ne surtout pas trop dépayser le spectateur.

Mais Very Bad Trip 2 diffère radicalement du premier volet par un élément un tantinet important : il n’est pas drôle… Aucun gag de fonctionne vraiment et de toute façon, ils arrivent au compte goutte. Evidemment l’impression de déjà-vue joue beaucoup, mais il n’y a pas que ça. L’humour de ce film respire autant la médiocrité que celui de son prédécesseur débordait d’énergie, de rythme et de fous rires en cascade. C’est bien simple, je n’ai vraiment ri qu’une fois, à cinq minutes de la fin, quand Alan jette l’ancre d’un bateau qui vient d’atterrir à 20 mètres à l’intérieur des terres. C’est en arrière-plan, ça a sûrement échappé à de nombreux spectateurs, pourtant, ce constitue pour moi le meilleur moment du film. Trois secondes de bonheur pour 100 minutes d’ennui.

verybadtrip2Pourtant, on sent bien que Very Bad Trip 2 ne déploie pas les moyens d’un film de seconde zone. Beaucoup de talent y est mis en œuvre, mais rien ne peut rattraper le caractère foireux des gags. Pas même la réalisation qui fait souvent preuve d’imagination et d’un vrai sens de la photographie. Todd Philipps sait définitivement manier une caméra et on aimerait bien voir ce que cela pourrait donner s’il se décidait à tourner autre chose que de la bonne grosse comédie qui tâche. Cela sera peut-être pour une prochaine fois, parce que là, pour le coup, ça tâche et ça a du mal à partir au lavage.

Le seul réel plaisir de Very Bad Trip 2 est de retrouver la brochette d’acteurs du premier volet. Les jeunes femmes frissonneront à l’idée de revoir le beau Bradley Cooper, dont elles sont toutes amoureuses depuis ses débuts dans la série Alias. Son charme est toujours intact et on ne pourra pas lui reprocher de ne pas tenter d’en faire usage pour tirer le film vers le haut. Zack Galifianakis est toujours impeccable dans son rôle de névrosé incontrôlable. Mais sans l’effet de surprise, son petit numéro fait nettement moins d’effet, malgré l’énergie considérable qu’il déploie. De manière plus générale, la distribution n’y est pour rien dans le naufrage de ce film. A l’impossible, nul n’était tenu.

Very Bad Trip 2 confirme donc toutes les craintes qu’on pu avoir les cinéphiles au vu de la bande-annonce. Une sorte de remake sans intérêt, sans nouveauté et surtout sans gags drôles.

Fiche technique :
Production : Warner Bros Entertainment, Legendary Pictures, Green Hat Films
Distribution : Warner Bros France
Réalisation : Todd Phillipsa
Scénario : Craig Mazin, Scot Armstrong, Todd Phillips
Montage : Debra Neil-Fisher, Mike Sale
Photo : Lawrence Sher
Format : 35mm
Décors : Bill Brzeski
Musique : Christophe Beck
Directeur artistique : Desma Murphy, Philip Toolin
Durée : 100 mn

Casting :
Zach Galifianakis : Alan
Ed Helms : Stu
Bradley Cooper : Phil
Paul Giamatti : Kingsley
Ken Jeong : Mr. Chow
Justin Bartha : Doug
Mike Tyson : lui-même

PIRATES DE CARAIBES : LA FONTAINE DE JOUVENCE : Joli rebond

piratesdescaraibeslafontainedejouvenceaffiche

piratesdescaraibeslafontainedejouvenceafficheL’éternel débat autour des suites n’est pas près de cesser entre cinéphiles. Il y a les allergiques, ou au contraire ceux qui aiment retrouver encore et toujours les mêmes personnages. Sans doute, la culture « série » qui a réellement émergé à la télévision depuis une quinzaine d’années nous a rendus plus tolérant dans ce domaine. Mais le grand n’est pas le petit écran s’écrieront certains ! Bref, de vraies discussions animées en perspective. Et Pirates des Caraïbes : la Fontaine de Jouvence, le quatrième épisode des aventures du Capitaine Sparrow, a largement alimenté le débat ces dernières semaines. Un film que j’ai été voir en craignant le pire… mais qui finalement se révèle être un vrai nouveau départ pour la franchise.

La Fontaine de Jouvence attire bien des convoitises. Espagnols et Anglais sont sur le coup. Ces derniers essayent même de recruter le célèbre Capitaine Sparrow, qui possède une carte permettant d’y accéder. Mais c’est sans compter l’esprit d’indépendance du célèbre pirate. Un esprit qu’arrivera peut-être à mater la belle Angelica, qu’il a connu jadis dans un couvent espagnol.

La grande et bonne idée, mais peut-être involontaire, de Pirates des Caraïbes : la Fontaine de Jouvence est de s’être débarrassé de plusieurs personnages de la trilogie initiale, notamment ceux interprétés par Keira Knightley et Orlando Bloom. Du coup, cela laisse beaucoup plus de place à de nouveaux protagonistes qui apportent un peu de fraîcheur et dépoussièrent un peu cette franchise, dont les 2ème et 3ème volets avait été sympathiques mais sans plus. A défaut d’être vraiment génial et de pouvoir égaler le premier, ce 4ème volet constitue tout de même un agréable divertissement et une bonne surprise.

Pirates des Caraïbes : la Fontaine de Jouvence a aussi la bonne idée de laisser un peu plus de places aux personnages secondaires que les précédents épisodes. Que les fans de Johnny Depp se rassurent, ses facéties occupent encore une large part de ce volet, mais on apprécie aussi de voir Geoffrey Rush avec un rôle un peu plus consistant que précédemment. On ne regrettera pas non plus le remplacement de Keira Knigthley par Penelope Cruz en tant que touche de charme obligatoire. Au-delà de l’actrice elle-même, c’est surtout le personnage qui est nettement plus intéressant et étoffé que celui de la belle qui se fourre dans le pétrin et qu’il faut aller délivrer.

piratesdescaraibeslafontainedejouvenceEt puis, Pirates des Caraïbes : la Fontaine de Jouvence recèle quelques jolis moments de cinéma. La séquence où surviennent les sirènes est notamment particulièrement réussie, aussi bien sur le contenu que sur la forme. Cela démontre que la franchise a plutôt bénéficié du passage de témoin entre Rob Marshall et Rob Verbinski. On sent la patte d’un vrai réalisateur, même si on sent aussi encore la patte du politiquement correct à la Disney. Cependant, le côté assez troublant, il faut bien l’avouer, de ces créatures de légende apportent un peu de sensualité dans une saga pour l’instant assez chaste.

Le scénario de Pirates des Caraïbes : la Fontaine de Jouvence n’est pas le plus génial qui soit. Il est vrai qu’il n’y a guère de rebondissements. Nous sommes là face à un film d’aventure classique où s’enchaînent un peu linéairement diverses péripéties qui séparent les héros de leur but final. Cependant, il est suffisamment rythmé et apporte assez de variété pour qu’on puisse l’apprécier, sans jamais s’ennuyer une seule seconde. Après, le talent des acteurs fait le reste pour entretenir la flamme qui nous séduit depuis le début de la saga.

Pirates des Caraïbes : la Fontaine de Jouvence ne constitue donc pas encore le film de trop pour cette saga, alors qu’on pouvait sérieusement le craindre. On peut même parler de rebond et on attend à nouveau la suite avec impatience.

Fiche technique :
Production : Walt Disney Pictures, Jerry Bruckheimer Films
Réalisation : Rob Marshall
Scénario : Jay Wolpert, Terry Rossio, Ted Elliott, Stuart Beattie
Montage : David Brenner, Wyatt Smith
Photo : Dariusz Wolski
Décors : Gordon Sim
Distribution : The Walt Disney Company France
Musique : Hans Zimmer
Effets spéciaux : John Frazier
Maquillage : Kim Ayers, Chantal Boom’la, Paul Boyce, Belinda Bryant
Directeur artistique : John Chichester, Robert Cowper, Zack Grobler, Tomas Voth
Durée : 140 mn

Casting :
Geoffrey Rush : Hector Barbossa
Penelope Cruz : Angelica
Johnny Depp : Jack Sparrow
Ian McShane : Barbe noire
Astrid Berges-Frisbey : Syrena
Sam Claflin : Philip
Kevin R. McNally : Joshamee Gibbs