
Mais de quoi au juste a-t-on sauvé la Grèce ? D’une incapacité à faire face à leurs échéances de remboursement. C’est simple, clair et limpide. Mais ce qui est beaucoup plus étonnant c’est que pour leur permettre d’honorer ses engagements, on leur a… prêté de l’argent ! Cela n’est pas étonnant, cela s’appelle une restructuration de la dette, cela se pratique couramment pour les particuliers surendettés. Quoi de plus normal alors !
On a donc substitué des emprunts à 10% par des emprunts à 3,5% (bon, je simplifie un peu). Mais on peut aller se poser une légitime question : comment peut-on prêter de l’argent à 10% ? On n’est pas si loin des taux usuraires, se situant autour de 20%. Le taux de rémunération d’un emprunt se justifie par le risque pris par le prêteur de ne pas être remboursé. Le problème c’est qu’un taux aussi élevé augmente par lui-même le risque de voir l’emprunteur incapable de faire face aux échéances. De plus, cela rend inenvisageable un prêt sur le long terme et cela fait rentrer l’emprunteur dans un cercle vicieux dont il est quasi impossible de se sortir.
La crise de la dette grecque montre bien à quel point l’autorégulation des marchés financiers est une idée qui n’a aucun fondement. Alors bien sûr, les plus acharnés vous raconteront que si on en est arrivé là, c’est que le gouvernement grecque a menti sur la réalité de sa situation. S’il avait été honnête, les taux qu’on lui proposaient auraient été beaucoup plus élevés bien plus tôt et il n’aurait pu abuser de cette façon d’une capacité d’emprunt qui n’existait pas. Mais un système qui ne fonctionne que si tous les acteurs sont parfaitement honnêtes ne peut tout simplement pas fonctionner.
Pourtant, il existe un outil censé donner aux créanciers l’information sur le risque encouru : les agences de notation. Sauf qu’elles ont prouvé depuis longtemps que leurs avis sont aussi fiables que les prévisions météorologiques. Et là encore, on retombe dans les mêmes travers : un emprunteur mal noté ne se verra proposer que des taux très élevés, multipliant ainsi le risque de ne pouvoir le rembourser. On retrouve donc la notion de prophétie auto-réalisatrice qui explique bulles et crises des marchés financiers. Penser que l’on puisse appuyer tout le système financier mondial sur des piliers aussi fragiles est tout simplement irresponsable.
Reste une question : pourquoi aider la Grèce ? Après tout, c’est de leur faute s’ils en sont là. Ils ont abusé des facilités que leur offrait l’Euro et nuisent aux autres membres sans qu’ils y soient pour rien. Enfin pour rien, ce n’est pas si sûr. Personne n’a forcé la Grèce à emprunter autant, mais ni la France, ni encore moins l’Allemagne n’ont craché sur les intérêts touchés par leurs banques et sur les exportations qui ont pris la direction d’Athènes grâce à l’argent emprunté.
Il n’y a pas de formule magique. On peut philosopher sans fin sur la crise grecque, sur les responsabilités des uns et des autres, sur qui doit payer. Mais l’urgence est surtout de faire le nécessaire pour s’en sortir et surtout de rendre impossible le renouvellement d’un tel scénario. Et pour cela, c’est une Europe politique et un vraie gouvernance économique qu’il faut construire. Mais les choses avancent doucement, très doucement, trop doucement.


Et ce qui demande le plus grand courage lorsque l’on va voir Transformers 3, c’est de se dire que l’on va en prendre pour 2h35 ! Et tenir aussi longtemps avec un scénario aussi ténu, ce n’est pas un mince exploit. Le tout est facilité par un affrontement final extrêmement long, ponctué par un des rares moments de bonheur cinématographique, lorsqu’un Decepticon serpentiforme s’attaque à la destruction d’un building en verre. Cela assouvira tous vos désirs cachés de vandalisme ! 


Un Amour de Jeunesse souffre par contre d’un léger manque de rythme, surtout dans sa première partie. C’est le passage le moins surprenant, du moins si on a lu le synopsis avant d’y aller, et il est vrai qu’il s’étire un peu en longueur. Cela fait craindre un film largement trop contemplatif. Comme évoqué plus haut, la suite est nettement plus riches en évènements, mais il faut admettre que tout cela n’est jamais raconté sur un rythme échevelé. 
En fait, Case Départ se démarque des films d’Eric et Ramzy par le fait que ce soit un vrai film, avec une intrigue, des acteurs qui jouent vraiment la comédie et une réalisation professionnelle. Pas d’impression d’assister à une suite décousue de sketchs et pas de cabotinage sans fin et sans aucun contrôle. Alors, certes, ce film n’est pas un chef d’œuvre, ne justifie peut-être pas le prix exorbitant d’une place de cinéma, mais on ne pourra reprocher aux auteurs de s’être moqué du monde.
Dernier grief, la linéarité du scénario. Avec un tel titre, on s’attend à ce que Switch se termine par un twist final… Et bien non pas du tout… Aucun rebondissement final n’est programmé et le tout se termine de manière abrupte et totalement prévisible. Même l’explication du pourquoi du comment est visible de très loin et arrive avec de gros sabots à clochettes. 
Graphiquement enfin, Chico & Rita possède une vraie personnalité et une réelle originalité. L’animation a un aspect rétro, loin de ce à quoi nous ont habitué les images de synthèse. Du coup, on retrouve le caractère unique que peut avoir un coup de crayon, bien plus qu’une programmation informatique. Le graphisme contribue largement à la sensation d’exotisme et plus largement au charme de ce film. 
Si j’apprécie autant le cinéma coréen, c’est aussi pour les incroyables acteurs qu’il est capable de nous offrir. La palme revient sans contexte à Choi Min-sik, absolument extraordinaire dans son rôle de tueur psychopathe, à côté duquel Hannibal Lecter est un bisounours. Il nous avait déjà époustouflé dans les fabuleux Ivre de Femmes et de Peinture et Old Boy et on peut vraiment le considérer comme un des tous meilleurs acteurs au monde. A ses côtés, au plutôt en face, Lee Byung-Hun, que l’on avait découvert dans le jouissif Le Bon, la Brute et le Cinglé et qui avait gagné de l’argent en jouant dans GI-Joe. Si son personnage est sans doute moins charismatique que son adversaire, il s’en acquitte avec un aplomb et un talent magistraux.
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