
Michael Haller est un des avocats préférés des petits voyous de Los Angeles. Grâce à sa Lincoln Continental, il va de tribunaux en tribunaux, de prison en prison, exercer ses talents et son habilité. Un jour, il est embauché par une riche famille pour défendre le grand fiston, accusé d’agression sexuelle. Une grosse affaire, comme il en a eu rarement à traiter. Mais rapidement, il va s’apercevoir qu’il ne s’agit par contre pas d’une bonne affaire…
La Défense Lincoln se situe dans la longue tradition des films hollywoodiens de procès. Et même si ce genre ne se réinvente que très rarement, il faut bien avouer que, lorsque le résultat est réussi, le plaisir est toujours aussi intense. On a vraiment l’impression que ce système judiciaire a été conçu uniquement pour offrir aux scénaristes une source d’inspiration sans fin. Et comme ce film est l’adaptation d’un roman de Michael Connelly, star du polar, on est là dans le haut du panier de ce genre de production.
La Défense Lincoln est donc archi-classique, mais se donne tous les moyens de réussir. Des personnages très réussis tout d’abord. Là encore, on recycle de vieilles recettes, mais avec beaucoup de goût et de talent. Les protagonistes sont ambiguës dans l’absolu, mais, très vite, sympathie et antipathie vont se focaliser sur certains. Les doutes qui assaillent l’avocat lui donnent une sorte de caution morale (au fond, il n’est pas si pourri que ça et cherche à s’amender), mais le charme avait agi depuis longtemps et, même sans cela, on lui aurait pardonné dans tous les cas.
Le scénario est bien construit, rythmé et recèle quelques surprises. Il n’y a pas d’énormes rebondissements dans la Défense Lincoln, plutôt quelques doutes qui naissent peu à peu, quelques fausses pistes et quelques plans machiavéliques que l’on devine sans très bien les comprendre dans un premier temps. La tension et l’intérêt sont donc maximum tout du long et ne tiennent pas uniquement dans un twist final attendu, comme bien trop de polar de nos jours. Un scénario consistant donc, tel qu’on pouvait l’attendre pour une adaptation d’un maître du genre.

Matthew McConaughey tient là un de ses rares premiers rôles, depuis En Direct sur Ed TV en 1999. Il s’en sort brillamment, rendant crédible un personnage classique certes, mais qui demande beaucoup de classe pour être crédible. En face de lui, Ryan Phillips que l’on avait un peu perdu de vue depuis son interprétation d’un Valmont moderne dans Sexe Intentions. Un retour remarquable dans un rôle ambiguë qui lui va à ravir.
La Défense Lincoln est donc le dernier né d’une longue tradition hollywoodienne. Mais le bébé est vraiment réussi et donne envie de faire perdurer les coutumes.
Fiche technique :
Production : Sidney Kimmel
Distribution : Metropolitan Filmexport
Réalisation : Brad Furman
Scénario : John Romano, d’après le livre de Michael Connelly
Montage : Jeff McEvoy
Photo : Lukas Ettlin
Décors : Charisse Cardenas
Son : Steven A. Morrow, C.A.S
Musique : Gregory Tripi
Effets spéciaux : Dennis Dion
Maquillage : Melanie Hugues-Weaver
Durée : 118 mn
Casting :
Matthew McConaughey : Mick Haller
Marisa Tomei : Maggie McPherson
Ryan Philippe : Louis Roulet
Michael Peña : Jesus martinez
Frances Fischer : Mary Windsor
William H. Macy : Franck Levin

Le Complexe du Castor brille donc aussi bien par le fond et l’originalité du scénario que par la forme de sa mise en scène. Et au-delà du rythme, il y a une vraie élégance dans la caméra de Jodie Foster. Mais aussi une certaine virtuosité dans la manière dont elle fait de cette marionnette un personnage à part entière. Le choix des cadrages jouent un rôle capital dans la construction de l’intrigue et l’évolution du couple Walter-castor. On aurait pu facilement sombrer dans le ridicule, ou du moins sourire à des moments qui n’auraient pas du s’y prêter. Mais au contraire, on entre totalement dans cette histoire, qui pouvait pourtant nous sembler si improbable à l’origine.
Mais la Conquête reste néanmoins sans complaisance pour ses personnages et il est difficile de dire qu’il les rend plus sympathiques en les rendant plus humains. Au contraire, on plonge en plein cœur du décalage entre leur médiocrité d’hommes et la grandeur qu’ils doivent afficher en public. Ce décalage, s’il est inévitable en politique, donne un air de farce à chacun de leur agissement, alors que c’est le destin même du pays qui se joue. D’ailleurs, la musique est là pour le souligner constamment, avec des airs que l’on attendrait plus sur la piste d’un cirque que dans les salons de l’Elysée. Si on ajoute à cela des répliques sûrement trop bonnes et cinglantes pour être véridiques, ce film nous offre quelques moments d’anthologie délectables, comme le dernier déjeuner de travail entre Domique De Villepin qui vient de prendre la tempête CPE en pleine figure et un Nicolas Sarkozy qui sati pertinemment qu’il n’a plus rien à craindre de lui. Tout cela est étonnamment drôle, même si, parfois, on aimerait penser que tout cela n’est pas vrai.
Reste tout de même cette réalisation épurée qui, elle, n’a jamais varié. Si on est méchant, on dit que ça a le relief d’un téléfilm ou d’un film roumain, si on est gentil, on parle de sobriété au service de l’histoire et des acteurs. Dans tous les cas, le problème est que, si on accroche pas à l’histoire, il ne reste plus grand chose pour satisfaire le spectateur. Et comme ce fut mon cas, ce film ne restera pas pour moi un grand souvenir. 

Car la réalisation de Terrence Mallick tient du miraculeux, sans jamais la moindre fraction d’esbroufe ou de spectaculaire faussement élaboré. Certains plans constituent de pures merveilles, simplement par le positionnement de la caméra. On retiendra notamment celui où Jack s’approche du berceau de son petit frère, où comment la simple vision d’un bébé marchant vers un couffin touche au divin. Comme quoi, il ne faut parfois pas grand-chose, si ce n’est un talent et la force si mystérieuse du génie et de l’inspiration. 
Le casting est un des points forts de Priest. Pas de tête d’affiche spectaculaire, mais un certain nombre de valeurs sûres du cinéma hollywoodien. Paul Bettany plutôt habitué au second rôle tient cette fois le premier. Evidemment, ce n’est pas non plus un grand rôle shakespearien, mais il arrive à donner de la crédibilité à un personnage qui, avec sa croix tatoué sur son front, aurait pu facilement faire rire. Face à lui, Karl Urban est lui aussi convaincant, comme à chacune de ses sorties de plus en plus nombreuses depuis ses débuts en Eomer dans le Seigneur des Anneaux. Maggie Q n’est pas l’actrice du siècle, mais elle apporte une vraie touche de charme à ce monde un peu glauque. Enfin, c’est un vrai plaisir de voir apparaître Brad Dourif, excellent acteur trop peu utilisé, que l’on avait lui aussi découvert dans le Seigneur des Anneaux et surtout dans la série Deadwood. 
Woody Allen confirme son incomparable talent de directeur d’acteur en offrant à Owen Wilson un des rôles les plus intéressants et le plus subtils. L’habitué des grosses comédies qui tâchent trouve ici un personnage qu’il peut incarner sans grimace ou en faire des tonnes. Et il s’en sort parfaitement, arrivant à attirer immédiatement la sympathie du spectateur. En face de lui, Marion Cotillard est égale à elle-même. Certains diront, quoi encore elle ! Mais si on pense ce qu’on veut de la femme qu’elle est, l’actrice dégage un peu plus de charisme à chacun de ses apparitions, devant peu à peu une véritable étoile du cinéma mondial. 
La réalisation est sobre, mais efficace. Comme évoqué plus haut, elle ne cherche pas à rendre la violence séduisante, ni au contraire à insister dessus jusqu’au dégoût. Elle se contente de ce qui est indispensable au déroulement de l’histoire, ce qui colle parfaitement avec le ton relativement sérieux de Animal Kingdom. Je ne qualifierai pas ce film de particulièrement dur, mais par contre, il y a un vrai effort de réalisme. 
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