Revenons une nouvelle fois sur les propos de Laurent Wauquiez, mon nouveau meilleur ami et illustrons à quel point ils pouvaient être inexacts et à quels points ceux qui s’empressent de le soutenir devraient se renseigner avant de parler.
Bon, d’abord expliquons le plus clairement possible ce que représente le graphique ici présent. Il représente le montant des aides accordées par enfants par le système de solidarité de notre beau pays selon le revenu des parents. Ces aides prennent deux formes. La première est celle qui est accusée de soutenir l’assistanat, ce sont les aides directes qui prennent en France des formes très variées (le fameux ça+ça+ça). Effectivement le graphique prend en compte :
AF : Allocations familiales
CF : Complément familial
ARS : Allocation de rentrée scolaire
ASF : Allocation de soutien familial
PAJE : Prestation d’Accueil du Jeune Enfant
Mais la solidarité nationale repose sur un second pilier moins visible et dont les personnes qui dénoncent le premier bénéficie allégrement : le quotient familial, qui veut que l’on paye moins d’impôts quand on a des enfants. Ce principe est tellement ancré dans notre culture fiscale qu’il paraît naturel et incontournable. Il n’en est rien et bon nombre de pays ne connaissent pas ce système. Quoiqu’il en soit que l’on verse directement de l’argent ou que l’on accorde une remise fiscale, cela revient au même, cela accorde du pouvoir d’achat supplémentaire aux ménages.
Sur le graphique, les aides directes apparaissent en blanc, les réductions d’impôts en gris. Ensuite, le graphique décompose la population en percentiles… Pour faire simple, P0-10 correspond aux 10% de la population française qui ont le revenu le plus faible, P10-20 aux 10% qui viennent ensuite et ainsi de suite. Le graphique est assez simple à comprendre, sauf pour les 10% qui gagnent le plus. En effet, le graphique « zoome » et découpe cette tranche de population en sous-tranches. Il faut donc avoir en tête que la partie du graphiques intitulées « classes aisées » n’est pas à la même échelle que le reste. Bon, j’espère que cette fois c’est clair.
Que fait apparaître ce graphique ? Et bien que pour 90% de la population, la solidarité nationale accorde, sous une forme ou une autre, en moyenne la même somme pour chaque enfant (autour de 180 euros par mois). Par contre, pour les 10% les plus aisés, le poids des remises d’impôts dues au quotient familial prend un poids qui dépasse de loin les aides versés directement. Ainsi, la solidarité nationale, au final, offre un apport de pouvoir d’achat supplémentaire de 400 euros en moyenne par enfants aux parents pour le 1% dont le revenu est le plus élevé, soit plus du double que pour les 10% les moins aisés. La solidarité nationale liée à la présence d’enfants dans les ménages n’entraîne donc pas globalement un transfert des classes moyennes vers des supposés oisifs et profiteurs du système, contrairement à ce que certains clament haut et fort, mais engendre globalement un transfert des plus pauvres vers les plus riches.
C’est peu de le dire que de parler d’injustice et on peut se demander si le terme de solidarité peut encore réellement s’appliquer. Si notre pays est gangréné par quelque chose, ce n’est sûrement pas par l’assistanat tel que le définit Laurent Wauquiez. S’il y a un cancer ici, c’est dans cette attitude qui pousse les plus aisés à retourner les classes moyennes contre les plus pauvres pour mieux conserver leurs privilèges.
Pour en savoir plus, rendez vous sur l’excellent site http://www.revolution-fiscale.fr/ dont est tiré ce graphique.

Si ce petit fossé culturel ne rebute pas, la Ballade de l’Impossible se révèle un film terriblement émouvant sur le fond et magnifique dans sa forme. La caméra de Tran Ahn Hung est d’une incroyable élégance et d’une infinie subtilité, nous faisant partager les émotions des personnages de manière sensible. Le film est très crue, parlant beaucoup de sexualité, mais jamais une seule seconde vulgaire. Il explore simplement les sentiments des personnages de manière incroyablement profonde, nous entraînant avec lui dans cette histoire bouleversante. Aucun misérabilisme, aucune émotion facile, mais une exploration sans fard de la manière dont l’âme humaine peut se dissoudre dans la douleur. 



Si Casino est un tel chef d’œuvre, c’est aussi grâce à un trio d’acteurs qui font corps avec leur metteur en scène. Robert de Niro et Joe Pesci se sont faits face dans de nombreux films de Scorsese et leur confrontation est parfaitement rodée. Elle prend ici une dimension supplémentaire dans cette rivalité qui va crescendo vers une fin dramatique qui semble vite inexorable. Le seul léger reproche que l’on pourrait formuler à propos de ce film est d’avoir tenté de nous faire croire que Robert De Niro est un juif embauché par la mafia, alors que, malgré son immense talent d’acteur, il continue de respirer l’Italie par tous les pores !



Le seul aspect où l’on sent planer l’ombre de Kenneth Branagh est sur les rapports entre les personnages. Il y a quelque chose de shakespearien dans ces psychologies torturés par des rapports familiaux, emprunts de jalousie et de rivalité. Sauf que, même si tout ce beau monde porte des costumes qui pourraient être ceux d’une tragédie grecque, cela reste totalement surfait et encore une fois totalement attendu. Cela ne donne pas du tout de profondeur, cela contribue juste à ralentir une intrigue qui n’avait vraiment pas besoin de ça.
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