LES PLUS RICHES, CES ASSISTES !

allocationsfamiliales

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Revenons une nouvelle fois sur les propos de Laurent Wauquiez, mon nouveau meilleur ami et illustrons à quel point ils pouvaient être inexacts et à quels points ceux qui s’empressent de le soutenir devraient se renseigner avant de parler.

Bon, d’abord expliquons le plus clairement possible ce que représente le graphique ici présent. Il représente le montant des aides accordées par enfants par le système de solidarité de notre beau pays selon le revenu des parents. Ces aides prennent deux formes. La première est celle qui est accusée de soutenir l’assistanat, ce sont les aides directes qui prennent en France des formes très variées (le fameux ça+ça+ça). Effectivement le graphique prend en compte :

AF : Allocations familiales

CF : Complément familial

ARS : Allocation de rentrée scolaire

ASF : Allocation de soutien familial

PAJE : Prestation d’Accueil du Jeune Enfant

Mais la solidarité nationale repose sur un second pilier moins visible et dont les personnes qui dénoncent le premier bénéficie allégrement : le quotient familial, qui veut que l’on paye moins d’impôts quand on a des enfants. Ce principe est tellement ancré dans notre culture fiscale qu’il paraît naturel et incontournable. Il n’en est rien et bon nombre de pays ne connaissent pas ce système. Quoiqu’il en soit que l’on verse directement de l’argent ou que l’on accorde une remise fiscale, cela revient au même, cela accorde du pouvoir d’achat supplémentaire aux ménages.

Sur le graphique, les aides directes apparaissent en blanc, les réductions d’impôts en gris. Ensuite, le graphique décompose la population en percentiles… Pour faire simple, P0-10 correspond aux 10% de la population française qui ont le revenu le plus faible, P10-20 aux 10% qui viennent ensuite et ainsi de suite. Le graphique est assez simple à comprendre, sauf pour les 10% qui gagnent le plus. En effet, le graphique « zoome » et découpe cette tranche de population en sous-tranches. Il faut donc avoir en tête que la partie du graphiques intitulées « classes aisées » n’est pas à la même échelle que le reste. Bon, j’espère que cette fois c’est clair.

Que fait apparaître ce graphique ? Et bien que pour 90% de la population, la solidarité nationale accorde, sous une forme ou une autre, en moyenne la même somme pour chaque enfant (autour de 180 euros par mois). Par contre, pour les 10% les plus aisés, le poids des remises d’impôts dues au quotient familial prend un poids qui dépasse de loin les aides versés directement. Ainsi, la solidarité nationale, au final, offre un apport de pouvoir d’achat supplémentaire de 400 euros en moyenne par enfants aux parents pour le 1% dont le revenu est le plus élevé, soit plus du double que pour les 10% les moins aisés. La solidarité nationale liée à la présence d’enfants dans les ménages n’entraîne donc pas globalement un transfert des classes moyennes vers des supposés oisifs et profiteurs du système, contrairement à ce que certains clament haut et fort, mais engendre globalement un transfert des plus pauvres vers les plus riches.

C’est peu de le dire que de parler d’injustice et on peut se demander si le terme de solidarité peut encore réellement s’appliquer. Si notre pays est gangréné par quelque chose, ce n’est sûrement pas par l’assistanat tel que le définit Laurent Wauquiez. S’il y a un cancer ici, c’est dans cette attitude qui pousse les plus aisés à retourner les classes moyennes contre les plus pauvres pour mieux conserver leurs privilèges.

Pour en savoir plus, rendez vous sur l’excellent site http://www.revolution-fiscale.fr/ dont est tiré ce graphique.

LA BALLADE DE L’IMPOSSIBLE : Amour impossible ?

laballadedelimpossibleaffiche

laballadedelimpossibleafficheBon pour commencer, mon petit coup de gueule habituel contre les traductions à la con. Je vais ici parler de la Ballade de l’Impossible, un film japonais réalisé par le Vietnamien Tran Anh Hung, dont le titre original est…Norvegian Wood, du nom de la chanson des Beatles, qui joue un rôle dans le film. Pourquoi alors ne s’est-il pas appelé comme ça à sa sortie en France ? La raison semble simple, le titre du roman dont il est tiré avait déjà été « traduit » de cette façon… Mais alors pourquoi avoir changé le titre du livre ? Bref, ce genre de choses m’énerve au plus au point et si je devais soutenir une grande cause futile, ça serait la lutte contre les traductions débiles.

Naoko, Kizuki et Watanabe sont trois adolescents qui traînent souvent ensemble. Les deux premiers forment un couple depuis l’enfance, mais la présence constante de leur ami ne les dérange pas. Cet équilibre va se briser brutalement avec le suicide de Kizuki. Watanabe part alors à Tokyo pour poursuivre ses études. Un jour, il croise par hasard Naoko. Ils commencent alors à se revoir et finiront pas devenir amants. Mais comment s’aimer quand on porte en soi un fantôme omniprésent ?

Vous l’aurez compris, la Ballade de l’Impossible n’est pas la dernière comédie hilarante. Mais ce n’est pas un film sur le deuil ou la mort, mais une magnifique histoire d’amour. Un amour impossible et dramatique, mais à la fois si les amours heureux et routiniers donnaient de bons films, ça se saurait. Nous sommes donc là face à un thème éternel qui continuera encore longtemps à inspirer littérature et cinéma puisqu’il constitue une source inépuisable d’inspiration.

Mais si la Ballade de l’Impossible nous présente des sentiments et des situations extrêmes, il parle au fond de quelque chose qu’à peu près tout le monde a pu expérimenter dans son existence : l’irrésistible attraction exercée par l’amour impossible, celui voué à l’échec d’avance et qui ne pourra que nous conduire à la peine et la souffrance. Cet instinct bizarre qui nous pousse à préférer celui ou celle qui nous fuit et à délaisser celle qui nous attend et nous promet un amour heureux et apaisé. Le thème vraiment central de ce film est bien celui-là et la dramaturgie n’est qu’un support à la réflexion sur ce sujet qui pourra concerner bon nombre d’entre nous.

Reste tout de même le rythme de narration. La Ballade de l’Impossible est un film profondément « asiatique » dans la forme. Il est long, 2h13, et les évènements se déroulent à une vitesse qui n’est pas celle des récits occidentaux. Rappelez-vous les matchs de foot qui duraient 4h30 dans Olive et Tom, et bien c’est exactement la même chose ici. Ce n’est pas qu’il ne se passe rien, simplement les choses se passent lentement. Pour tout dire, une personne a quitté la salle en plein milieu du film et en a entraîné quelques autres à sa suite (j’adore ce genre de phénomène de comportement moutonnier). Bon après, on peut se demander pourquoi ont-ils été voir ce film qui était en fin d’exploitation, s’ils n’étaient visiblement pas très motivés, ni renseignés… Mais c’est une autre question.

laballadedelimpossibleSi ce petit fossé culturel ne rebute pas, la Ballade de l’Impossible se révèle un film terriblement émouvant sur le fond et magnifique dans sa forme. La caméra de Tran Ahn Hung est d’une incroyable élégance et d’une infinie subtilité, nous faisant partager les émotions des personnages de manière sensible. Le film est très crue, parlant beaucoup de sexualité, mais jamais une seule seconde vulgaire. Il explore simplement les sentiments des personnages de manière incroyablement profonde, nous entraînant avec lui dans cette histoire bouleversante. Aucun misérabilisme, aucune émotion facile, mais une exploration sans fard de la manière dont l’âme humaine peut se dissoudre dans la douleur.

Tran Ahn Hung s’appuie sur un formidable casting, qu’il sublime par un merveilleux talent de direction. Dommage que ce réalisateur, qui avait croulé sous les prix il y a 20 ans avec son premier film, l’Odeur de la Papaye Verte, soit si rare. 5 films tout et pour tout dans sa filmographie, dont un superbe Cyclo (enfin paraît-il, il manque malheureusement à ma culture), remake du Voleur des Bicyclettes et Lion d’Or à Venise en 1995. La Ballade l’Impossible confirme qu’il est bien un des réalisateurs le plus talentueux de la planète, même si son œuvre n’est pas la plus accessible qui soit.

La Ballade de l’Impossible fait donc partie de ces films qui peut toucher l’âme humaine, pour peu que l’on sache accepter une forme qui bouscule nos habitudes culturelles.

Fiche technique :
Production : Asmik Ace Entertainment, Fuji Television Network, Toho Company Ltd.
Distribution : Pretty Pictures
Réalisation : Tran Anh Hung
Scénario : Tran Anh Hung, d’après l’oeuvre de Haruki Murakami
Montage : Mario Battistel
Photo : Lee Ping Bing Mark
Décors : Yen-Khe Tran-Nu
Son : Tomoharu Urata
Musique : Jonny Greenwood
Durée : 133 mn

Casting :
Kenichi Matsuyama : Watanabe
Rinko Kikuchi : Naoko
Kiko Mizuhara : Midori
Reika Kirishima : Reiko Ishida
Tetsuji Tamayama : Nagasawa

VIVE L’OL ! VIVE L’EUROPE ! VIVE LES FEMMES !

olchampiondeurope
olchampiondeuropeLa victoire hier soir des Lyonnaises en finale de la Ligue des Champions contre Postdam 2-0 constitue une bonne nouvelle à bien des points de vue. Déjà, pour l’ensemble du sport collectif français qui, sans cela, aurait connu une année vierge au niveau européen, après les défaites d’Arras (basket), Tremblay-en-France (handball) et du Stade Français (rugby) lors de leurs finales respectives. Et encore, ces trois clubs avaient accédé à la dernière marche de la « petite » Coupe d’Europe de leur sport. L’Olympique Lyonnais est lui bel et bien champion d’Europe. Un titre amplement mérité après avoir échoué de si peu la saison dernière.
 
C’est également une bonne nouvelle pour le sport collectif féminin, qui souffre dans notre pays d’un manque criant d’exposition médiatique. Pourtant les résultats sont souvent meilleurs que chez les garçons et dans la plupart des autres pays, un tel déséquilibre n’existe pas. A l’heure où le machisme de la société française fait débat, le peu de notoriété acquise hier soir par le football féminin est un tout petit pas, mais un pas dans la bonne direction. Alors certes, la qualité du spectacle d’hier soir n’était pas sûrement pas tout à fait à la hauteur de celui qui nous attend demain lors de la finale Barcelone-Manchester, mais ces jeunes femmes n’ont rien à envier à leurs homologues masculins en termes de technique et d’engagement physique. La seule grosse différence réside au niveau de la vitesse, ce qui fait ressembler un match de football féminin à un match des années 60. Mais avec la professionnalisation accrue, cet écart devrait régresser.

Enfin, cette victoire constitue évidemment une bonne nouvelle pour le football féminin, à quelques mois du début de la Coupe du Monde. Une compétition où les filles n’auront guère de mal à faire mieux que les garçons en Afrique du Sud. Si les Bleues semblent encore justes pour jouer le titre, leurs indéniables progrès leur offrent une vraie carte à jouer pour jouer les trouble-fêtes et venir titiller les favorites habituelles : Allemagne, USA, Chine…
 
Espérons que le football féminin français continue dans les prochaines années à nous offrir d’autres belles victoires comme celle-ci. Et peut-être alors que les soirées bière-pizza-foot prendront alors soudain une touche beaucoup plus glamour.

PRIORITE A DROITE

radars

radarsLorsque Laurent Wauquiez compare les Rmistes à un cancer, quelques députés UMP ont quand même laissé entendre du bout des lèvres que les termes employés étaient quelque peu maladroits. Mais bon, pas vraiment d’indignation ou de réaction violente. Mais lorsque le gouvernement propose de supprimer les panneaux avertissant de la présence d’un radar, alors là, c’est le branle-bas de combat, la mobilisation générale, la révolte qui gronde. Des dizaines de parlementaires du parti majoritaire ont ruée dans les brancards pour faire plier le gouvernement.

J’aurais presque envie d’arrêter mon billet ici, tant les faits sont consternants et parlent d’eux-mêmes. Si certains s’engagent en politique pour changer le monde, certains sont là pour des raisons beaucoup plus obscures, et en tout cas beaucoup moins nobles. Ce spectacle lamentable rappelle que si notre beau pays a des raisons d’être fier de ses valeurs et son histoire, il possède aussi des traits dont il n’a pas vraiment à se vanter.

Posséder les routes les plus meurtrières d’Occident n’est vraiment pas un titre de gloire pour la France. Mais le pire reste cette attachement viscéral de nombre de nos concitoyens à la délinquance routière. Rouler vite est un signe de puissance et de virilité dont il est bon de faire étalage à la première occasion. Les policiers et les radars sont des fléaux qui empêchent le bon peuple de l’Hexagone de rouler en paix…

Si les policiers et les radars empêchent une chose, c’est de tuer en paix. Rouler volontairement au-dessus des limitations de vitesse revient à mettre la vie d’autrui en danger en toute connaissance de cause. Lorsqu’un chauffard cause la mort accidentellement, il a simplement moins de chances que tous ceux qui ont eu le même comportement sans incident. Il n’est guère plus coupable que ces derniers, qui argueront toujours que si ils ne leur aient jamais rien arrivé, cela provient de leurs talents de conducteur émérite. Sauf que tuer est un risque auquel s’expose toute personne derrière un volant.

Répéter à l’envie que le gouvernement ne cherche qu’à s’en prendre aux portefeuilles des automobilistes est d’une mauvaise foie morbide et irresponsable. Qu’on le veuille ou non, la politique répressive mise en place ces dernières années a atteint son objectif : celui de faire baisser significativement le nombre de morts sur les routes. Il a fallu certes taper là où cela faisait le plus mal, c’est à dire au porte-monnaie. Mais si cela prouve une chose, c’est que certains préfèrent risquer leur vie et celles des autres que de payer quelques dizaines d’euros. Pour eux la vie à un prix et elle ne vaut pas bien cher.

La remontée de la mortalité routière vient du fait que les automobilistes ont fini par s’habituer aux radars et ont appris à contourner les obstacles qu’ils représentaient à leurs habitudes meurtrières. Face à ce constant, la réaction du gouvernement fut la bonne, on peut même la trouver mesurée. Les radars n’auraient jamais du être annoncés. Un peu comme si la police appelait un meurtrier en cavale pour le prévenir qu’ils viennent l’arrêter d’ici peu. Si cette absurdité prend fin, cela constituera une très bonne nouvelle et, espérons-le, bien des vies préservées.

Les députés UMP qui participent à cette mobilisation sont une honte pour la nation. Par cette action, ils auront un peu du sang de tous les innocents tués sur la route par ceux qu’ils défendent. Un sang qui tâchent les roue de tous ceux incapables de comprendre que respecter le code de la route, c’est respecter la vie.

UN BIEN BEAU CHAMPION

lillechampion

lillechampionIls étaient peu nombreux à être prêts à miser une grosse somme sur un doublé lillois en début de saison. Pourtant, au final, le double triomphe des Dogues ne souffre d’aucune contestation et c’est toute la France du football qui salue unanimement l’équipe de Rudi Garcia. Elle était meilleure que toutes les autres, la voir accéder au titre de champion n’est donc que pure logique.

Mais si on attendait plus Marseille, Lyon ou le PSG, c’est sans doute par manque d’imagination. Car, même si c’est toujours facile a posteriori, tout cela était en fait totalement prévisible. En effet, le LOSC présentait dès l’entame du championnat de trois qualités qui font souvent les champions : une dynamique de progression, une stabilité dans l’effectif et un joueur de grande classe, capable de faire la différence.

Le premier point aurait été beaucoup plus frappant si les Nordistes n’avaient pas bêtement laissé échapper la qualification pour la Ligue des Champions au profit d’Auxerre lors de la dernière journée du précédent championnat. Mais même sans cela, cette équipe a progressivement acquis l’habitude de jouer la première moitié du classement, puis les places européennes. Il était donc logique que cette équipe finisse par se mêler à la lutte pour le titre.

Surtout que cette dynamique positive s’est couplée avec une forte stabilité de l’effectif. C’est là toute la différence entre Lille et Rennes, qui auraient pu poursuivre des trajectoires réellement similaires, si les Bretons ne perdaient régulièrement leurs meilleurs joueurs. Lille au contraire a su garder toutes ses forces vives et se renforcer progressivement. L’arrivée de Sow, en provenance de…Rennes, fut la dernière pièce du puzzle mis en place par Rudi Garcia. Et quel puzzle !

Enfin, le LOSC possède en Eden Hazard le meilleur joueur de notre championnat. Le jeune Belge a connu la même trajectoire que son club, élu deux années de suite meilleur espoir avant de recevoir cette année la récompense suprême lors des trophées UNFP. Un trophée mérité pour un joueur au talent pur de classe mondial. Reste à savoir s’il pourra encore rester longtemps dans le Nord, tant il attise l’appétit de tous les recruteurs européens.

Si ces trois facteurs lui ont permis de se mêler à la course au titre, un dernier élément a au final fait la différence. La qualité et l’apport des remplaçants. Si le trio offensif Sow-Hazard-Gervinho a largement contribué au titre, leurs remplaçants, De Melo-Obraniak-Frau a également joué un rôle majeur. Pour preuve, le but de l’international polonais en finale de la Coupe de France et celui de l’ancien Sochalien à Marseille, pour une victoire au Vélodrome qui se sera révélée décisive.

Enfin, Lille mérite son titre tout simplement parce qu’elle a produit le jeu le plus spectaculaire, le collectif le plus abouti et l’esprit offensif le plus marqué. Les titres ne vont pas toujours à ce type d’équipe, surtout à une époque où on valorise tellement les notions de « block-équipe » ou de « replis défensif ». Alors saluons encore une fois les joueurs de Rudi Garcia et espérons que le champion de France 2011-2012 soit aussi beau.

CASINO : Le chef d’oeuvre de Scorsese

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casinoafficheDans la série des débats futiles, mais totalement indispensables, en voici un qui peut donner lieu à des discussions animées, pour peu que l’assemblée soit composée de cinéphiles avertis : quel est le meilleur film de Martin Scorsese ? Bien sûr, les supporters de Taxi Driver seront nombreux, mais peut-être pas autant que ceux de Raging Bull. Ils auront fort à faire face aux inconditionnels des Affranchis et ceux de Shutter Island. Moins nombreux, mais non moins coriaces, seront les fans de After Hours, Aviator ou Gangs of New York. Mais si jamais je prenais part à ce débat, mon choix serait ferme et définitif. Et il se porterait sur Casino.

Sam Rothstein dirige un des principaux casinos de Las Vegas pour le compte de la mafia de Chicago. Il a la situation bien en main, l’argent coule à flot et permet à tout le monde, y compris les notables locaux, d’y trouver leur compte. Mais l’arrivée dans sa vie de deux personnes va vite venir perturber ce bel édifice. D’un côté, Nicky Santoro, un gangster, ami d’enfance, beaucoup moins discret et subtil que lui. De l’autre, la belle Ginger McKenna, prostituée dont il va tomber fou amoureux.

Si la trilogie du Parrain de Coppola reste le classique des classiques des films sur la mafia, Martin Scorsese, avec la complicité de Robert De Niro, reste le cinéaste qui aura le mieux mis en image ce monde inquiétant et fascinant. Et Casino est son chef d’œuvre. On pourrait dire qu’il ressemble à bien d’autres films, mais c’est l’inverse ! Ce sont les autres longs métrages qui ne sont que de pâles copies… Bon, ok, je m’emballe un peu car cette histoire de montée en puissance puis de chute de truands développe un thème cher au cinéma. Mais lorsque cela est si magnifiquement mis en image, on en redemande !

Comme beaucoup de films de gangsters, Casino repose en grande partie sur ses personnages. En dehors de l’intrigue principale, Scorsese dresse le portrait de protagonistes hauts en couleur, plaçant le spectateur entre admiration, sympathie d’un côté et dégout et inquiétude de l’autre. L’ambiguïté morale du monde de la mafia, un monde où l’on parle sans arrêt d’honneur mais où on n’hésite pas à faire régner la loi du plus fort le plus lâchement du monde, prend ici une dimension rarement atteinte. On en sait pour qui prendre partie et jamais le film n’est même qu’effleuré par un manichéisme qui nous pousserait à excuser les travers de certains personnages.

Casino est une fresque magnifique qui nous plonge de manière incroyablement immersive dans l’envers de l’envers du décor du monde du jeu et de la nuit à Las Vegas. Un film qui voyage du glamour à la plus profonde noirceur en un rien de temps et avec la même force. On sait des le début que la mécanique parfaite décrite au début va finir par s’enrayer et s’écrouler, mais qu’importe, on se laisse porter par cette histoire qui, à travers un casino, pourrait résumer la chute de bien des empires au cours de l’histoire. Le récit reste tout aussi fascinant dans la montée en puissance que dans la longue descente en enfer et jamais le spectateur n’a l’occasion de sortir du film ne serait-ce qu’une seconde.

Casino est aussi sans doute l’œuvre la plus aboutie techniquement de Martin Scorsese. Son incroyable sens de la mise en scène, du cadrage et de la photographie se conjugue ici avec une bande-originale sidérante qui reprend tout ce qui s’est fait de mieux musicalement au cours des années 70. Le spectacle est grandiose, d’une perfection intangible qui en fait un très grand film. Rien n’y est vraiment révolutionnaire, mais tout y est mieux que dans les œuvres qui chercheraient à rivaliser.

casinoSi Casino est un tel chef d’œuvre, c’est aussi grâce à un trio d’acteurs qui font corps avec leur metteur en scène. Robert de Niro et Joe Pesci se sont faits face dans de nombreux films de Scorsese et leur confrontation est parfaitement rodée. Elle prend ici une dimension supplémentaire dans cette rivalité qui va crescendo vers une fin dramatique qui semble vite inexorable. Le seul léger reproche que l’on pourrait formuler à propos de ce film est d’avoir tenté de nous faire croire que Robert De Niro est un juif embauché par la mafia, alors que, malgré son immense talent d’acteur, il continue de respirer l’Italie par tous les pores !

Et que dire enfin de la performance de Sharon Stone. Casino est le rôle de sa carrière. Elle y est tour à tour sublime, pathétique, troublante, vénéneuse, pitoyable, irrésistible et détestable. Bref, elle est l’âme de ce film, ce petit plus qui en fait un classique inoubliable et éternel.

Le débat évoqué en introduction n’est évidemment pas clos, surtout que Martin Scorsese est loin d’avoir rangé sa caméra. Il aura de toute façon livré parmi les plus beaux moments de cinéma de l’histoire. Et Casino en fait incontestablement partie.

Fiche technique :
Réalisation : Martin Scorsese
Robert De Niro : Sam ‘Ace’ Rothstein
Sharon Stone : Ginger McKenna/Rothstein
Joe Pesci : Nicky Santoro
James Woods : Lester Diamond
Don Rickles : Billy Sherbert
Alan King : Andy Stone
Kevin Pollak (VF : José Luccioni) : Phillip Green
Pasquale Cajano : Remo Gaggi
L.Q. Jones : Pat Webb
Dick Smothers : Senateur
Frank Vincent : Frank Marino
John Bloom : Don Ward
Catherine Scorsese : Mme Piscano
Nobu Matsuhisa : Ichikawa
Scénario : Martin Scorsese et Nicholas Pileggi, adapté du roman Casino : amour et honneur à Las Vegas de ce dernier
Production : Barbara De Fina (en) et Joseph P. Reidy
Distribution : Universal
Musique : Jean-Sébastien Bach, Otis Redding, Keith Richards, Mick Jagger, Georges Delerue, Maria Graver, Devo, The Animals…
Photographie : Robert Richardson
Montage : Thelma Schoonmaker
Pays d’origine : États-Unis
Format : Couleurs (Technicolor) – 2,35:1 – DTS-Stereo – 35mm
Genre : Drame, gangsters
Durée : 178 minutes

Casting :
Robert De Niro : Sam ‘Ace’ Rothstein
Sharon Stone : Ginger McKenna/Rothstein
Joe Pesci : Nicky Santoro
James Woods : Lester Diamond
Don Rickles : Billy Sherbert
Alan King : Andy Stone
Kevin Pollak : Phillip Green
Pasquale Cajano : Remo Gaggi
L.Q. Jones : Pat Webb
Dick Smothers : Senateur
Frank Vincent : Frank Marino
John Bloom : Don Ward
Catherine Scorsese : Mme Piscano
Nobu Matsuhisa : Ichikawa

L’ART DELICAT DE LA FRUSTRATION

frustration

frustrationHier soir, j’ai regardé les deux épisodes de Desperate Housewives diffusés sur Canal +. C’est mon petit plaisir du jeudi soir qui fait que toute la journée, je me répète : « chouette ce soir, je retourne à Wisteria Lane ». J’avais déjà eu à ce sujet un débat avec deux amies qui trouvaient saugrenues qu’à l’heure du streaming légal ou illégal, on puisse encore regarder une série un jour et à une heure fixe, qui plus est avec plusieurs mois de décalage par rapport à leur date de diffusion initiale outre-Atlantique. Je n’ai pas envie de recommencer ici ce débat, car ce n’est pas le sujet de ce billet. Enfin pas tout à fait…

Quand on est petit, on vous raconte à loisir qu’il faut savoir être patient, que l’on apprécie d’autant plus quelque chose qu’il faut d’effort et de temps pour l’avoir. Le genre de notion qui vous empêche de devenir un enfant pourri gâté, mais que l’on oublie quelque peu en vieillissant. Elle devient un mensonge pour gamin, au même titre que « arrête de faire la grimace, tu vas rester coincé ! ». Avec l’expérience, on apprend surtout que l’on a qu’une vie et qu’il faut mieux profiter des choses dès que l’on peut les avoir. Mais en y repensant, nos parents n’avaient pas si tort que ça.

Le mot « frustration » est plutôt connotée négativement. Pourtant, quand on y pense, n’est-il pas une des sources de plaisir ? Evidemment, le plaisir en lui-même vient de la levée de cette frustration, plus que de la frustration en elle-même. Sauf que ce plaisir est d’autant plus intense que la frustration a été forte. Bref, là où y’a pas de frustration, y’a pas de plaisir !

Naturellement, quelque fois, elle n’est jamais levée. Selon la situation, cela peut être totalement anodin ou constituer une grande souffrance. Mais sans elle, nous serions infiniment blasés et plus rien n’aurait de saveur. Dans la vie, tout est une question d’équilibre et celui entre frustration et satisfaction est essentiel au bonheur.

Alors ce n’est pas parce que les choses sont à disposition que l’on doit se jeter dessus sans retenue. Il n’y a pas de masochisme de se frustrer volontairement. On ne fait que rajouter un peu de piment à un plat que l’on sait de toute façon savoureux. Il n’a d’autant aucune de raison de s’en priver que l’on sait que l’on pourra lever la frustration de toute façon. Certains peuvent trouver ça quelque peu hypocrites. Mais ce sont souvent les mêmes qui font chauffer leur chocolat chaud au micro-onde. Ils y gagnent du temps, accède plus vite à leur satisfaction, mais oublie le plaisir de sentir l’odeur de lait chaud qui envahit la cuisine et apporte les savoureuses promesses d’un délice chocolaté.

Voilà, pourquoi j’aime attendre le jeudi soir 20h50 pour regarder mes deux épisodes de la semaine de Desperate Housewives. J’aime cette impatience, cette attente, cet envie d’être déjà à cette heure-là sur mon canapé devant la télé. Je peux les savourer pleinement puisque je sais que si je ne suis pas là le jour J à l’heure H, il me suffira de deux clics pour rattraper le retard. Mais pour rien au monde, je ne laisserai ces deux clics tuer cette délicieuse frustration !

Qui n’a jamais été fou de désir pour quelqu’un que se refusait à soi ? Qui n’a jamais connu l’infini plaisir d’arriver enfin à ses fins ? Même l’amour se nourrit de frustration. Bien sûr, il peut en mourir aussi, mais pour rien au monde je n’aimerais avoir toutes les femmes offertes à disposition… Enfin quoique…

DE RETOUR POUR DE BON ?

richardgasquet

richardgasquetRichard Gasquet est depuis que je tiens ce blog un de mes sujets préférés. Il faut dire qu’il est certainement un des sportifs français dont le talent pur est le plus impressionnant. Un potentiel gigantesque malheureusement le plus souvent inexploité tant sa carrière est chaotique, avec des hauts, des bas et surtout des bas.

Si je n’avais pas écrit de billet à son propos depuis bien longtemps, c’est tout simplement qu’il était devenu doucement un acteur secondaire du tennis français, laissant les espoirs de gloire à Tsonga, Simon et Monfils. On s’était habitué à ses résultats médiocres et on espérait plus grand chose pour la fin d’une carrière qui s’annonce tout de même encore relativement longue.

Ses bons résultats de la semaine dernière à Rome, avec notamment une victoire sur Roger Federer, nous ont rappelé qu’il était encore bien vivant. Personnellement, cela m’a fait particulièrement plaisir, tant je continue à croire que, sans un mental défaillant, il lutterait régulièrement avec Nadal et Djokovic (enfin pas depuis 6 mois où personne ne peut lutter contre ce dernier) au sommet du tennis mondial. Il est sans doute trop tard pour cela, même si sa collaboration avec Sébastien Grosjean semble lui avoir fait beaucoup de bien. Mais l’éternel optimiste que je suis continue d’y croire ! Allez Richard !

 

SALAUDS DE PAUVRES OU LE CHOIX QUE JE N’AI JAMAIS EU 2, LE RETOUR !

laurentwauquiez

laurentwauquiezCet article, voilà plus d’une semaine que j’avait l’intention de l’écrire, mais je n’ai malheureusement pas eu le temps de le faire plus tôt. Evidemment, depuis l’actualité a complètement changé de sujet. J’aurais pu laisser tomber et commenter ce qui occupe depuis trois jours les médias du monde entier. Mais honnêtement, vu où en sont les choses, je n’aurais pas grand chose d’intéressant à dire et je n’écris pas ici pour me livrer à de la politique fiction autour d’un fait divers sordide. Je préfère donc continuer à me concentrer sur ce qui, espérons-le très fort désormais, va nous emmener jusqu’à l’élection présidentielle de 2012 : le débat d’idées !

Les propos abjects tenus par Laurent Wauquiez il y a une dizaine de jours m’ont fait me poser cette question existentielle : quel est le jour où j’ai décidé de ne pas être un assisté et j’ai préféré devenir un cadre supérieur ? Evidemment, ce jour n’existe pas car en fait la question n’a pas de sens. Pour la simple et bonne raison que je suis bel et bien un assisté !

Quoi ? Comment ? Pourquoi ? Mais enfin, certains me diront que je travaille, que je cotise et que je paye des impôts ! Je ne suis donc pas un parasite. Mais dans ce cas-là qui l’est ? En effet, premièrement, tout le monde paye des impôts ! La plus grande invention française de l’histoire s’appelle la TVA et son succès est universel et mondial. Elle a ceci de magique qu’elle vous fait payer des impôts quand vous payez votre baguette de pain sans que ne vous en rendiez compte. Pourtant, elle représente près de la moitié des recettes de l’Etat (130,9 milliards sur 271,8), soit 2,5 fois plus que l’impôt sur le revenu (52,2 milliards) payés par les seuls « méritants ».

Bon, ok, les impôts ne sont pas un critère, mais bon je travaille… Enfin, il serait plus judicieux de dire que je suis salarié. Si on considère que travailler signifie être utile et créer de la richesse, pourquoi l’activité d’une mère célibataire, restant à la maison et vivant du RMI et des allocations, n’aurait pas la même valeur que celle d’une femme de ménage qui fait exactement la même chose ? On touche là la limite des indicateurs de richesse comme le PIB qui ne sait comptabiliser que les échanges qui se font sous forme monétaire. Pourtant, quand on connaît le coût pour la collectivité de l’ouverture d’une place de crèche, une mère au foyer enrichit toute la communauté en lui faisant faire des économies. Le travail domestique est un facteur objectif de création de richesses, au même titre que le salariat, mais il est dévalorisé pour la seule raison qu’il rentre difficilement dans les équations des économistes les plus libéraux.

Mais bon, reste l’argument ultime, je cotise ! En entretenant les assistés, je cotise à pertes et c’est injuste… Sauf que dire ça n’a aucun sens puisque par définition cotiser à un système d’assurances se fait à perte pour la majorité des assurés… Sinon, comment payer ceux qui en bénéficient au-delà de leurs cotisations lors « d’accidents » graves. On peut toujours mettre en avant le système bonus-malus des assurances automobiles qui vient contrer ce phénomène… sauf qu’il ne vient que l’atténuer car le système a fondamentalement besoin d’une majorité de cotisants à perte pour fonctionner. Le système assuranciel de la protection sociale est lui pleinement solidaire, même si certains voudraient le remettre en cause.

Bon bah si je cotise à perte, pourquoi je cotise ? Parce qu’il existe une chance que je sois du mauvais côté de la barrière un jour. J’aurais alors besoin de ce système solidaire qui impliquera forcément que d’autres cotisent pour moi à perte. En attendant, je me réjouis plutôt de voir mon argent partir vers d’autres, signe de revenus réguliers et d’une santé de fer.

Il semblerait donc que la frontière entre moi et les personnes dénoncées avec tant de haine par Laurent Wauquiez ne soit pas si nette que ça ! Diantre ! Vais-je devoir moi aussi faire des heures de travail d’intérêt général ? C’est fort possible, car lorsque l’on creuse encore, on s’aperçoit que ma situation est encore pire que ça. En effet, comment suis-je devenu ce cadre qui travaille, cotise et paye des impôts ? J’ai fait des études, pardi ! Après le triptyque primaire-collège-lycée, deux années en classe préparatoire puis grande école, 5 ans pendant lesquelles j’ai coûté plus cher à la collectivité que n’importe quel autre étudiant, coût dont j’ai, ou plutôt mes parents n’ont supporté qu’une infime partie. Tous les contribuables, y compris le RMIste qui achète sa baguette de pain, ont donc mis la main à la poche pour m’offrir la possibilité de gagner confortablement ma vie ! Je ne peux donc que le remercier chaleureusement !

Le contre-argument à ce que je viens de présenter est évidemment que je vais finir par rembourser ma dette à la société par mon travail, mes impôts et mes cotisations, alors que l’éternel RMIste non. Sauf qu’il y a une énorme différence entre lui et moi. C’est que moi, j’ai eu le choix et bizarrement, j’ai choisi de bien gagner ma vie. Et je ne connais personne qui ait fait le choix inverse.

Les propos de Laurent Wauquiez sont symptomatiques d’une certaine droite et de son électorat qui font des pauvres non des victimes, mais des coupables. Une vision de la société qui prédominait au XIXème siècle (relisez Zola à ce propos, il croque certains personnages qui vous rappellerons certains de nos contemporains). Ce genre de discours qui amène certains à développer des concepts aussi funestes que la « responsabilisation des malades »… Vous me rappelez la dernière fois que vous avez fait exprès d’être malade ?

Mais le plus choquant reste l’inexactitude de son discours purement idéologique, qui reposait sur des affirmations tout simplement mensongères. On peut alors se demander ce qui est le plus inquiétant : l’idée qu’un ministre puisse mentir volontairement ou qu’il base ses convictions sur des idées qu’il n’a jamais pris la peine de vérifier ? Mais être imprécis est si facile. Rappelez que le RMI est financé par l’impôt, que tout le monde paye, je le rappelle, et non les cotisations sociales et vous passerez pour un technocrate ennuyeux. Encore une fois les idées trop simples sont souvent de simples prétextes aux idéologies les plus nauséabondes.

Le pompon a été cette idée des travaux d’intérêt général à faire réaliser par les RMIstes. On passera sur le parallèle clair entre pauvreté et délinquance ou sur les arguments de l’UMP sur les difficultés d’organisation (par contre, moralement, il n’y a aucun problème ???). Mais enfin, soit on fait faire des choses inutiles à ces gens et dans ce cas là, on est vraiment dans la sanction, comme le bagnards qui cassaient des cailloux. Soit les tâches qu’on leur demanderait seraient utiles et dans ce cas-là, au lieu d’exploiter les pauvres, il serait plus intelligent de les faire accomplir dans le cadre d’un travail salarié, qui sortirait certains « assistés » de la précarité de manière durable. Du bon sens, dont Laurent Wauquiez semble totalement dénué.

THOR : Le grand blond avec un marteau noir

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thorafficheA le lecture de l’information selon laquelle Kenneth Brannagh allait diriger l’adaptation sur grand écran des aventures de Thor, personnage phare de l’univers Marvel, dans lequel je baigne depuis toujours, j’étais évidemment particulièrement joyeux. Le dieu nordique du tonnerre n’a jamais fait partie de mes super-héros fétiches, mais j’espérais qu’un réalisateur aussi talentueux puisse nous livrer un résultat aussi bon que pour les deux premiers Spiderman. Cela constituait pour moi une vraie attente, surtout que j’ai personnellement trouvé les deux Iron Man très moyens.

Thor est le fougueux et musclé dieu du tonnerre, sur le point de succéder à son père Odin sur le trône du royaume d’Asgard. Mais son couronnement est interrompu par l’irruption de Géants de Glace, ennemis héréditaires de son peuple. Contrairement à l’avis de son père, il part avec ses compagnons punir les intrus au cœur de leur royaume, ce qui est tout proche de provoquer une nouvelle guerre. Suite à l’incident, à la place de couronnement, Thor se voit banni du royaume d’Asgard et envoyé sur Terre.

Allez, n’y allons pas par quatre chemins, Thor est un gros navet. Dans l’histoire des films de super-héros, il est plus proche de Elektra, avec Jennifer Garner que tout le monde, à raison, a depuis longtemps oublié, que Spiderman ou des meilleurs X-Men. On ne sait même pas où commencer pour décrire toutes les faiblesses du film, tant elles sont criantes à tous les points de vue. On peut vraiment déplorer un travail de production aussi faiblard pour un film dans lequel on a mis autant de moyens. Un véritable gâchis.

Commençons par le scénario. Oubliez la notion même de souffle épique dans cette histoire dont l’intérêt reste très limitée. Pourtant, il y a bien une tentative de faire de Thor un film riche et à prendre à plusieurs niveaux. Des batailles, des intrigues, de la romance et même de la comédie, quand notre dieu asgardien doit se faire aux mœurs terrestres. Mais aucun de ces aspects n’apporte une vraie plus-value à l’ensemble. Tout est très attendu, sans imagination, sans épaisseur, sans réelles surprises… Bref sans âme…

Visuellement, il n’y a pas à dire, les effets spéciaux sont techniquement soignés. La cité d’Asgard est bien joli, mais là encore, rien ne vient donné du relief à tout cela. Tout est impersonnel et désespérément dénué de toute fantaisie créatrice. Bref, du travail de techniciens, très doués certes, mais certainement pas d’artistes. Je saluerai tout de même l’excellent travail réalisé sur les costumes, qui sont très fidèles à ceux du comics original, tout ayant réussi à leur donner un aspect relativement moderne. On est très loin de la trahison totale de X-Men de ce point de vue là.

thorLe seul aspect où l’on sent planer l’ombre de Kenneth Branagh est sur les rapports entre les personnages. Il y a quelque chose de shakespearien dans ces psychologies torturés par des rapports familiaux, emprunts de jalousie et de rivalité. Sauf que, même si tout ce beau monde porte des costumes qui pourraient être ceux d’une tragédie grecque, cela reste totalement surfait et encore une fois totalement attendu. Cela ne donne pas du tout de profondeur, cela contribue juste à ralentir une intrigue qui n’avait vraiment pas besoin de ça.

Et que dire du choix de Chris Hemsworth pour incarner le dieu du tonnerre. Non parce que je veux bien admettre que son physique colle parfaitement au personnage et les acteurs dotés d’un tel torse ne courre pas les rues. Mais tout de même, je suis sûr qu’en cherchant bien, on aurait pu en trouver un ou deux du même acabit niveau musculature, mais sachant jouer un minimum la comédie. Heureusement, qu’en face de lui, Tom Hiddelston incarne un Loki, dieu du mensonge, nettement plus convaincant et ambiguë. Natalie Portman et Anthony Hopkins ne démérite pas, mais leur rôle respectif ne pouvait définitivement pas leur permettre de briller.

Au final, Thor est une vraie déception, surtout vu le pédigrée du réalisateur, une adaptation de seconde zone d’un comics pourtant légendaire. Heureusement que le X-Men First Class qui arrive bientôt s’annonce nettement plus prometteur.

Fiche technique :
Production : Paramount Pictures, Marvel Films
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Kenneth Branagh
Scénario : Zack Stentz, Don Payne, Ashley Edward Miller
Montage : Paul Rubell
Photo : Haris Zambarloukos
Décors : Lauri Gaffin
Musique : Patrick Doyle
Effets spéciaux : Ryan Meinerding, Charlie Wen, Wesley Sewell
Directeur artistique : Kasra Farahani, Luke Freeborn, Sean Haworth, A. Todd Holland, Joe Ceballos, Pierre Buffin
Durée : 114 mn

Casting :
Chris Hemsworth : Thor
Natalie Portman : Jane Foster
Anthony Hopkins : Odin
Stellan Skarsgard : Dr. Erik Selvig
Rene Russo : Frigga
Tom Hiddleston : Loki