
Suite à la disparition des 5000 hommes de la 9ème légion et la perte de leur emblème, un aigle en or, au Nord de l’Ecosse, l’Empereur Hadrien a décidé d’ériger le mur qui porte son nom pour marquer la frontière de l’Empire et la mettre à l’abri des barbares qui vivent de l’autre côté. Le fils du centurion responsable de ce désastre a décidé de marcher sur les traces de son père et de tenter de restaurer son honneur. Surtout quand il a vent de rumeurs affirmant que l’aigle a été vu au cœur de ces terres hostiles.
L’Aigle de la 9ème Légion propose une version moderne de ce qui faisait le charme des grands films d’aventure d’autre fois. Ces deux hommes en terres inconnues, dont l’un veut restaurer l’honneur de son père, entourés de populations sauvages et hostiles, auraient pu être deux cow-boys cernés par des tribus indiennes il y a quelques décennies. Comme ce genre d’histoires sont désormais considérées comme politiquement incorrectes, on se rabat de nos jours sur les ancêtres des Ecossais. J’ignore si ces derniers apprécieront…
En tout cas, l’Aigle de la 9ème Légion se distingue déjà par un scénario beaucoup plus riche et intelligent que la bande-annonce laissait penser. Rien d’inoubliable, du très classique en fait, mais au moins, on ne s’ennuie pas, car les situations et les péripéties sont variées, à défaut d’être réellement inattendues. La recherche de l’aigle en elle-même n’occupe qu’une partie du film et il se passe bien des choses avant qu’elle ne commence. Si on a un œil sévère, on pourra juger un peu durement une fin aussi improbable que grandiloquente. De mon point de vue, on y retrouve avant tout une certaine naïveté qui faisait le charme d’un cinéma désormais désuet, où le réalisme n’était pas encore la qualité première recherchée.

Les acteurs sont eux-aussi dans cette même veine. Le duo Channing Tatum et Jamie Bell ne restera pas dans les annales des performances dramatiques, mais ils interprètent leur rôle avec assez de conviction et de professionnalisme pour que l’on croit à leur personnage et qu’on s’y attache. On appréciera l’apparition de Kifer Sutherland, toujours aussi rayonnant. Et on poussera un petit cocorico en voyant à l’écran notre Tahar « Un Prophète » Rahim, qui signe une prestation dans la même lignée que le reste de la distribution.
L’Aigle de la 9ème Légion constitue donc un divertissement à l’ancienne, mais réalisé avec les moyens d’aujourd’hui. Il en résulte un spectacle agréable, mais non inoubliable.
Fiche technique :
Titre français : L’Aigle de la Neuvième Légion4
Titre original : The Eagle
Réalisateur : Kevin Macdonald
Scénario : Jeremy Brock3
Musique : Atli Örvarsson, Dave Fleming
Casting : Des Hamilton, Des Hamilton, Jina Jay
Directeur de la photographie : Anthony Dod Mantle
Montage : Justine Wright
Direction artistique : Peter Francis, Neal Callow, Zsuzsa Kismarty-Lechner
Costumes : Michael O’Connor
Superviseurs des effets visuels : John Lockwood, Steve Street
Producteur : Duncan Kenworthy
Co-producteur : Caroline Hewitt
Producteurs exécutifs : Miles Ketley, Charles Moore, Tessa Ross
Production : Focus Features, Film4, Toledo Productions
Langues : anglais, gaélique écossais (pour certains dialogues)
Genre : Péplum
Durée : 114 minutes
Casting :
Channing Tatum : Marcus Aquila
Jamie Bell : Esca
Donald Sutherland : Aquila (oncle de Marcus)
Mark Strong : Guern
Denis O’Hare : Lutorius
Tahar Rahim : le prince phoque
Dakin Matthews : Claudius
Douglas Henshall : Cradoc

Patrice Leconte avait tout juste de quoi faire un long métrage avec ce scénario. Il l’étire donc un tantinet pour qu’il colle avec le minimum syndical pour une distribution en salle (à la fois, le spectateur n’a pas droit à une réduction si le film est particulièrement court). Mais il le fait avec son talent habituel, sa capacité à mettre en valeur ses acteurs et ses personnages, qui forment toujours l’âme de ses films. Du coup, le charme du début ne s’éteint jamais vraiment et l’on ressort de Voir la Mer avec un large sourire et le cœur plus léger.
Détective Dee : le Mystère de la Flamme Fantôme s’est donné les moyens techniques pour conquérir le monde. Costumes et décors sont splendides et spectaculaires. Le cinéma chinois nous a souvent offert de grandes fresques, n’hésitant pas à mobiliser des centaines ou milliers de figurants. C’est encore le cas ici, donnant à certaines scènes une réelle grandeur. J’apporterais simplement un nouveau petit bémol concernant certains effets spéciaux, qui font un peu datés. A l’heure où quasiment tous les films hollywoodiens frôlent la perfection à ce niveau-là, on devient quelque peu intransigeant à ce niveau-là. Mais bon, ici, rien de bien méchant et rien qui ne vienne vraiment gâcher le grand plaisir procuré par ce film. 
Bon à Tirer repose largement sur le duo des deux maris. Voir ces quasi quarantenaires persuadés de pouvoir brancher toutes les petites minettes de 20 ans dès que leur femme aura tourné le dos constitue le principal ressort comique de ce film… puisque évidemment, tout ne va pas se passer exactement comme prévu. Il y a quelque chose d’un peu pathétique dans leur démarche, mais les Frères Farrelly réussissent, avec beaucoup d’intelligence, à nous les rendre de plus en plus sympathiques au fur et à mesure de l’envolée de leurs illusions. Ils quittent leur statut de mâles obsédés et basiques pour celui… d’êtres humains, ce qui est déjà pas mal.
Moi, Michel G, Milliardaire, Maître du Monde repose essentiellement sur le duo d’acteurs, François-Xavier Demaison et Laurent Laffite. Ils livrent tous deux une prestation correcte, à défaut d’être inoubliable. Leur personnage est à l’image du film : intéressant dans sa découverte, mais qui finit par quelque peu tourner en rond. Du coup, ils sont condamnés aux mêmes mimiques, aux mêmes effets comiques. Ils réussissent néanmoins à rendre leurs personnages assez crédibles et sympathiques pour que l’on prenne plaisir à les suivre tout du long. 
La seule vraie satisfaction de ce film s’appelle Albert Dupontel. Mais est-ce vraiment étonnant pour cet acteur qui confirme à chaque sortie son immense talent et surtout sa polyvalence, longtemps ignoré du fait de son statut d’ex-comique. Il tire la Proie vers le haut et apporte assez de crédibilité à son personnage pour le sauver de la noyade. Surtout que son adversaire, remarquablement interprété par Stéphane Debac, fait quand même bien froid dans le dos par son cynisme et son redoutable pouvoir manipulateur. Par contre, Alice Taglioni, si elle reste une des plus belles actrices de l’hexagone, n’est vraiment pas crédible dans un rôle d’inspectrice de police totalement transparent. 
En tout cas, on ne pourra pas blâmer les acteurs. Jake Gyllenhall s’affirme de films en films comme une valeur très sûre d’Hollywood. Certes, on attend de lui un nouveau grand rôle après Le Secret de Brokeback Mountain, mais il est incontestable qu’il tire tous les films où il apparaît vers le haut, que ce soit du gros film d’action, comme Prince of Persia, ou de la comédie romantique américaine, comme Love, et Autres Drogues. A ses côtés, un très charmant duo composé de Michelle Monaghan et Vera Farmiga. On ne sait pas très bien laquelle on aimerait le plus emmener faire un tour, mais en tout cas, on n’osera les départager d’un point de vue purement cinématographique, tant les deux s’acquittent de leur rôle avec talent. 
Paradoxalement, cette justesse pudique constitue la grande force, mais aussi la principale limite de Rabbit Hole. Si on s’attache aux personnages, il est difficile de partager leur peine, de s’identifier à eux, à moins d’avoir soi-même connu un drame similaire. En ne nous faisant pas partager le drame, en refusant tout voyeurisme, le film crée malgré tout une distance qui nous empêche de rentrer totalement dans cette histoire remarquablement touchante, mais pas bouleversante. Il s’agit là d’un choix, qui se comprend très bien. Et chercher à dépasser ces limites aurait conduit à un autre film, pas forcément plus réussi. 

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