MON PERE EST FEMME DE MENAGE : …mais on s’en fout un peu en fait…

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monpereestunefemmedemenageafficheParmi les exercices casse-gueules au cinéma, et ils sont nombreux, on trouve faire un film sur l’adolescence. La difficulté est extrêmement élevée et le résultat est souvent très mauvais, pour ne pas dire catastrophique. Entre clichés et bons sentiments (mais si, les ados sont des êtres humains comme nous !), tout cela sombre souvent dans le ridicule. C’était donc avec une certaine appréhension que je suis allé voir Mon Père est une Femme de Ménage. Et j’avais raison d’avoir peur, car j’aurais mieux fait de rester chez moi.

Polo, un adolescent de 16 ans, n’est pas moche, pas trop con et pourrait donc être un ado heureux. Mais voilà, son père est femme de ménage… Et ça, c’est quand même la honte !

Pour mieux se rendre compte d’à quel point Mon Père est une Femme de Ménage n’est qu’un catalogue à poncifs, un seul exemple. Polo, caucasien blanc, a trois grands potes : un noir, un arabe et un juif… Bah voyons, il a choisi ses amis pour qu’ils fassent partie d’un panel représentatif ou quoi ? Bien sûr, tous ces jeunes gens ont bien le droit d’être amis, mais avouez que voilà un hasard heureux, tellement improbable qu’il coupe toute crédibilité au propos, aussi pertinent soit-il.

En fait, Mon Père est un Femme de Ménage est entièrement ampli de détails comme celui-ci. Cela donne un aspect totalement artificiel aux situations. Du coup, tout sonne faux, même quand les clichés n’en sont pas tant que ça. Son pote qui veut faire du rap me rappelle fortement mon neveu, à qui il ne faut surtout pas expliquer que vivre dans une zone pavillonnaire de Montigny-le-Bretonneux et être le fils d’une institutrice et d’un journaliste ne fait pas de lui un cas social de banlieue… Enfin, ça c’est une autre histoire, mais tout ça pour dire, que tous les détails pourraient effectivement être tirés de vrais ados du monde réel, mais leur accumulation rend les personnages totalement inintéressants.

Mais le pire dans Mon Père est une Femme de Ménage est le manque totale de profondeur. Il y avait pourtant de quoi faire un film assez fort. Polo, en effet, souffre de se sentir supérieur au reste de sa famille, par rapport à laquelle il apparaît plus ouvert, infiniment plus curieux, ambitieux et cultivé. Le sujet du fils complexé par ses parents est archi-éculé, l’inverse l’est nettement moins, alors qu’il s’agit l’un d’un vrai sujet. Combien d’enfants sont tirés vers le bas par leur milieu familial et ne peuvent donner vie à leurs ambitions par la simple incompréhension de leurs parents !

monpereestunefemmedemenageMon Père est une Femme de Ménage a malheureusement décidé d’en rester au stade de la comédie sociale légère. Pourquoi pas, mais ce film confond légèreté et superficialité. Lancer une piste de réflexion sans l’explorer ne sert à rien, si ce n’est à frustrer le spectateur qui n’en retirera pas grand chose. Et comme le film n’est pas non plus vraiment drôle, on reste le cul entre deux chaises au bord de l’ennui, avec laquelle on flirte dangereusement tout du long.

Car enfin, Mon Père est une Femme de Ménage pêche aussi dans la forme. Les personnages et les situations auraient pu nous paraître réellement sympathiques, si chaque scène n’était systématiquement légèrement trop longue, ce qui sape constamment le rythme du scénario qui ne décolle donc pas aucun bout. Saphia Azzeddine tourne autour de son propos sans jamais y plonger vraiment et on a parfois l’impression qu’elle cherche à masquer cela par un ou deux tours supplémentaires. Sauf qu’au final, cela ne fait qu’apparaître de manière encore plus criante les nombreuses faiblesses de ce film.

Mon Père est une Femme de Ménage est une comédie sociale, ni vraiment comédie, ni vraiment sociale. Mais vraiment ratée…

Fiche technique :
Production : Berel Films, La petite Reine, ARP Sélection, TF1 Films production, Lagardère Entertainment
Distribution : ARP Sélection
Réalisation : Saphia Azzeddine
Scénario : Saphia Azzeddine, d’après son roman
Montage : Jennifer Augé
Photo : Jean-Pierre Sauvaire
Décors : Laurent Ott
Costumes : Julia Dagany
Durée : 80 mn

Casting :
François Cluzet : Michel
Jérémie Duvall : Polo
Nanou Garcia : Suzanne
Zlison Wheeler : Alexandra
Aïmen Derriachi : Marwan
Jules Sitruk : Rudy

LA FERME JOSE !

josemourinho

josemourinhoJosé Mourinho est sans doute le meilleur entraîneur au monde. Peut-être même le meilleur de l’histoire. C’est aussi un vrai personnage, unique et inimitable. Une personnalité exceptionnelle qui peut engendrer aussi bien une admiration sans borne, que la haine la plus tenace. Un homme fait pour marquer l’histoire et rester à jamais une légende du football. Mais depuis hier soir, il ferait mieux de la fermer et d’arrêter de se couvrir de ridicule.

Qu’il ose dire que Pep Guardiola devrait avoir honte de la manière dont son équipe l’emporte en Ligue des Champions contre la sienne dépasse de loin toutes les inepties qu’il nous avait livré jusqu’alors. Car si quelqu’un a déshonoré le football hier soir, c’est bien lui et son équipe. Qu’il n’ait pas son pareil pour élaborer des tactiques pour briser le jeu de l’adversaire reste incontestable. Mais cela ne devrait pas l’empêcher de reconnaître que le jeu de Barcelone est tout simplement trop extraordinaire pour pouvoir être brisé ainsi.

Si l’arbitrage portant une lourde responsabilité dans son élimination il y a trois ans avec Chelsea, l’expulsion de Pepe hier soir ne peut souffrir d’aucune contestation. Au pire, elle est sévère, mais en rien scandaleuse, surtout à la vue de l’ensemble de l’œuvre de son équipe. Un tel dénouement apparaît même logique, tant son équipe s’est concentré uniquement à détruire, jamais à construire. Tout mise sur l’agressivité ne peut que se terminer ainsi, car il arrive toujours un moment où un joueur va en perdre le contrôle, la fatigue aidant et la lucidité déclinant.

José Mourinho a fait un choix pour son équipe. Certes, il avait marché lors de la finale de la Coupe du Roi, mais de manière quelque peu miraculeuse. Et les miracles ne se reproduisent rarement deux fois de suite. Tout miser dessus une nouvelle fois était tout simplement suicidaire. Il s’agit là d’une erreur. L’erreur est humaine, mais l’entraîneur portugais, à l’égo surdimensionné (doux euphémisme), ne se considère pas vraiment comme humain, il se considère au-dessus de ça. Il ne admettra jamais sa faute, même si, il n’y a qu’un fautif, lui-même.

L’attitude de José Mourinho est honteuse. Comme l’est le gâchis qu’a représenté le match d’hier soir, transformé pendant plus d’une heure en boucherie ou en concours de labours, quand il aurait du être devant les yeux du monde entier un spectacle formidablement enthousiasmant. Il en a privé tous les amoureux du football et ces derniers ne sont pas près de lui pardonner.

PASSE LE PROBLEME A TON VOISIN !

sarkozyberlusconi

sarkozyberlusconiNicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi ont affiché leur satisfaction après leur rencontre d’hier à Rome. Les tensions entre les deux pays se sont apaisés par le dialogue et des solutions seront trouvés, promis, juré, craché. On se parle, on s’aime bien, on se sert la main et on sourit devant les photographes.

Tout cela ne serait que navrant si le sort de plusieurs dizaines de milliers de personnes n’étaient pas en jeu. Mais sauver les apparences est ce qui compte avant tout en politique, usant pour cela des pires hypocrisies. Car, que les deux dirigeants se soient réunis pour traiter ce problème peut apparaître comme un élément plutôt positif, un pas dans la bonne direction, si tout cela n’était le résultat d’un manque d’anticipation, de gouvernance commune et de dialogue absolument désolant.

La France ne peut pas accueillir toute la Tunisie, voilà le lieu commun qui est servi jusqu’à la nausée quand il s’agit de justifier la fermeture des frontières. Non, effectivement, notre pays ne le peut pas, sauf que personne ne le lui demande. Mais le contrôle de l’immigration est un des sujets où malheureusement le vrai débat objectif est quasiment impossible car s’y expriment alors toutes les idéologies sectaires, qu’elles soient altermondialistes ou franchement nauséabondes.

Il y a pourtant une donnée qui mérite d’être examiné calmement et à partir de faits. En effet, quel est l’impact réel sur l’immigration des politiques nationales ? Son ampleur est-elle liée à la situation dans le pays de départ ou dans celui du pays d’accueil ? Pourquoi les migrants choisissent-ils une destination plutôt qu’une autre ? Les réponses seraient évidemment complexes et sûrement pas uniquement colorées de noir et de blanc. Mais les quelques études déjà menées montrent clairement que la notion d’appel d’air est un mythe et qu’une politique comme celle que mène notre gouvernement depuis des années est absolument inefficace et extrêmement coûteuse.

Il est vrai que la situation des migrants tunisiens, par son caractère exceptionnel, sortirait de ce cadre. Mais les tensions entre Paris et Rome montrent bien à quel point cette problématique crispe tous les gouvernements. Ces derniers, incapables de concilier résolution des problèmes effectifs et respect de leur socle idéologique, se voilent la face, espérant très fort que les pays voisins géreront l’urgence à leur place. Encore une éclatante démonstration de l’absence totale d’une réelle gouvernance européenne, à la hauteur des avancées réalisées comme celles du traité de Schengen. Chacun tient à son pré carré et se refuse à abandonner la moindre parcelle de pouvoir. Une politique d’immigration à l’échelle européenne n’est malheureusement pas près de voir le jour, alors, que, comme pour bien d’autres sujets, le raisonnement à l’échelle nationale n’a plus de guère de sens.

L’arrivé d’un nombre important de réfugiés tunisiens sur le sol européen n’était pas très difficile à prévoir, et anticiper leur arrivée aurait constitué une démarche simplement raisonnable. On ne pouvait imaginer qu’un pays connaisse de tels bouleversements, sans voir une partie de sa population fuir le chaos, combien même ce dernier prend la forme d’une marche vers la démocratie. C’était vouloir le beurre et l’argent du beurre, faire preuve d’un aveuglement coupable, dont l’Union Européenne est malheureusement plus que coutumière.

La France a tourné le dos avec une célérité déconcertante à son « ami » Ben Ali qu’elle a pourtant soutenu pendant des décennies. On aurait pu espérer qu’elle ne tourne pas le dos à ces 30 000 Tunisiens qui en ont subi pendant si longtemps les conséquences de ce soutien sans failles.

UN POETE CHEZ SILVIO !

tayetaiwo

tayetaiwoCe petit billet ne portera pas sur les talents de chanteur de Taye Taïwo, dont on a déjà largement parlé, de manière totalement ridicule, comme s’il s’agissait d’un crime ou d’une affaire d’état. Non, je veux plutôt revenir sur une information qui me laisse quelque peu circonspect. En effet, le défenseur nigérian serait sur le point de signer au Milan AC…

Je reconnais que ce joueur possède des qualités physiques impressionnantes, une frappe de balle surpuissante et une combativité indéniable. Mais tout de même, malgré une progression constante ces dernières années, il est loin d’être le meilleur arrière latéral de notre championnat. Il a passé une bonne partie de la saison sur le banc des remplaçants et s’il est le héros, pour bien des raisons, de la finale de la Coupe de la Ligue, il serait inimaginable de le voir figurer dans l’équipe type de la saison.

Alors quelle mouche peut bien piquer le futur (c’est quasiment certain désormais) champion d’Italie ? Pourquoi recruter un joueur qui n’est même pas titulaire indiscutable dans un championnat de niveau inférieur ? Bon, ok, j’admets, il est gratuit et en ces temps de prix des transferts délirants, c’est un atout inégalable pour accéder aux meilleures équipes. Mais le fait qu’il soit en fin de contrat ne changera pas grand chose au caractère brouillon de son jeu et sa technique approximative.

Je me trompe peut-être, mais il me semble que ce transfert est une nouvelle preuve que certains joueurs manquent totalement de jugeote et sont prêts à signer dans n’importe quel club, du moment que le salaire suit et que le prestige flatte l’égo. De mon point de vue, Taye Taïwo est surtout bien partie pour cirer le banc milanais et a toutes les chances de disparaître rapidement de la circulation.

J’espère pour lui me tromper. A la fois, Adebayor a bien nominé au Ballon d’Or. Les chèvres du championnat de France se transforment parfois en stars du football à l’étranger.

LA JUSTICE NE PRETE QU’AUX GRANDS

cristianoronaldo

cristianoronaldoLe football a ceci de terrible que la justice n’y triomphe pas toujours, même sans parler de tricherie. Pourtant la compétition, quand elle est loyale, est censée sacrer au final le plus fort, le plus méritant, celui qui a porté au plus haut les valeurs de sacrifice et d’abnégation. Le meilleur est censé y triompher. Mais le ballon rond, s’il n’a pas les rebonds capricieux du ballon ovale, ne roule pas toujours dans la direction que la logique, et j’ai envie de dire la morale sportive, devrait lui imposer.

La finale de la Coupe d’Espagne hier soir en est une nouvelle preuve. La victoire du Real Madrid ne constitue pas une si grande surprise que cela dans l’absolu, même si le FC Barcelone partait tout de même favori. Pourtant, dans le jeu, il n’y a pas eu photo, malgré une première mi-temps où les joueurs de Guardiola ont été complètement étouffés. Car ensuite, leur domination fut totale, signant des mouvements collectifs de toute beauté, dont les Madrilènes semblaient totalement incapables, ancrés dans une organisation défensive dont le seul but était de détruire le beau jeu catalan.

Et il aura suffit d’un éclair de génie pour tout faire basculer en sens contraire. Un éclair signé du joueur qui symbolise si bien cet esprit individuel face à la force collective barcelonaise. Cristiano Ronaldo a marqué ce but qui a tout changé, alors même que son match s’était jusqu’à lors résumé à une série d’actions égoïstes et désespérées, se terminant invariablement par une perte de balle, après laquelle ses coéquipiers étaient priés de courir pour la récupérer.

Injustice est faite a-t-on envie de dire ! Mais la victoire du Real de Madrid n’a rien d’injuste. Elle confirme juste qu’à ce niveau la plus-value d’un talent individuel comme celui du Portugais représente un atout qui peut faire la différence, même quand les circonstances semblent contraires. Mais dans le camps d’en face, les joueurs de cette trempe ne manquent pas non plus. Alors, il ne tient plus qu’à eux de prendre leur revanche en demi-finale de Ligue des Champions.

Et les spectateurs continuent d’en saliver d’avance !

SCREAM 4 : Pas de quoi hurler de joie, mais de peur un peu

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scream4afficheIl y a 15 ans (et oui, ça ne nous rajeunit pas), Wes Craven, le papa de Freddy, nous offrait Scream, un vrai faux film de serial killer, parodie filmée avec le plus grand sérieux et le plus grand talent. Pour des millions de spectateurs, un film culte qui les a fait autant rire que hurler de terreur. Dans les quatre ans qui ont suivi, le film eu droit à deux suites, plutôt réussies et qui semblaient avoir épuisé le sujet… 10 ans plus tard, Scream 4 nous confirme que cela était bien le cas.

Sydney est de retour à Woodsboro pour la sortie de son livre. Un retour qui coïncide avec l’anniversaire des évènements qui ont marqué sa vie à jamais… et le retour manifeste d’un tueur en série arborant le célèbre costume de « Ghostface ». Le cauchemar ne prendra-t-il donc jamais fin ?

Le principe de base des films de la série Scream est toujours le même. Ils suivent les codes des films d’horreur, puisque le tueur s’amuse lui-même à commettre ses crimes selon ces derniers. Cela permet donc de parodier sans se moquer, à faire rire mais sans une seule seconde oublier de nous faire sursauter à tous les coins de caméra. C’était la grande force et la réelle originalité du premier volet, enrichie par les volets suivants qui s’amusaient à démonter les codes des suites qui sont généralement donnés à ce genre de film. Wes Craven en sait quelque chose puisque son personnage de Freddy a donné naissance à près d’une dizaine de longs métrages.

Scream 4 s’attaque quant à lui aux remakes (ou reboots, terme à la mode, dont a justement bénéficié récemment… le Freddy de Wes Craven). L’idée peut sembler logique et susceptible d’apporter une vraie nouveauté. Le problème c’est qu’entre une suite et un remake, il n’y a finalement pas de si grande différence. Du coup, Scream 4 ne renouvelle que très peu les idées exploitées à l’occasion des volets 2 et 3. On ressort assez déçu car le charme de cette saga reposait justement sur cet aspect décalé et parodique, qui est largement éteint ici. La série devient ainsi elle-même victime des travers dont elle s’est toujours moquée.

Au-delà de ça, Scream 4 reste un film efficace et réalisée avec talent. Sans cette impression de déjà-vue, ce film, sans atteindre les sommets du premier volet de la saga, constituerait un joli moment d’ironie cinématographique. Wes Craven continue de savoir créer comme personne chez le spectateur l’angoisse du tueur caché dans le placard susceptible de surgir à tout instant. Un effet basique, mille fois mis en œuvre, mais qui marchent toujours quand il est mis en œuvre avec autant de talent.

scream4Scream 4 laisse un peu moins de place à l’humour que les volets précédents. C’est largement du à l’épuisement du pouvoir parodique que j’ai évoqué plus haut. Les ressorts sont quelque peu épuisés, mais surtout les personnages sont nettement moins réussis que dans les premiers volets. Les survivants sont toujours bien là, mais la nouvelle génération ne leur arrive pas à la cheville, il faut bien l’admettre. Du coup, on a envie que l’on nous débarrasse au plus vite de ces adolescents un peu palots pour se concentrer sur la vieille garde. Mais cette dernière est censée désormais ne jouer que les seconds rôles. Peut-être que je suis trop nostalgique… Cependant à quoi sert de donner un 4ème volet à cette saga, si ce n’est pour satisfaire la nostalgie des fans de la première heure ?

Scream 4 est l’occasion de revoir Neve Campbell à l’écran. Elle n’est pas devenue la grande star qu’elle semblait destinée à devenir. On comprend mieux ici pourquoi. Je suis peut-être un peu méchant, mais on ne peut vraiment pas dire que son jeu soit éblouissant. Dans la série nostalgie, on se réjouit de revoir Courteney Cox, qui, comme tous ses petits camarades de Friends, avait quelque peu disparu (à l’exception peut-être de Jennifer Anniston). Chez la jeune génération, les amateurs de séries seront heureux de retrouver leur cheerleader préférée, en la personne de Hayden Panettiere, vue dans la série Heroes. Bref, rien de très éblouissant dans ce casting, à l’image de ce film : propre mais sans génie.

Faire un Scream 4 n’était donc vraiment pas indispensable. Attendre 10 ans pour le produire pouvait faire espérer qu’ils rassemblent un maximum de bonnes idées accumulées au fin du temps. Il n’en est rien et au-delà du divertissement bien foutu, il n’y a pas grand chose dans ce film, loin d’être digne du premier du nom donc !

Fiche technique :
Production : Dimension Films
Distribution : SND
Réalisation : Wes Craven
Scénario : Kevin Williamson
Montage : Peter McNulty
Photo : Peter Deming
Décors : Helen Britten
Musique : Marco Beltrami
Effets spéciaux : Ron Bolanowski
Directeur artistique : Gerald Sullivan
Durée : 110 mn

Casting :
Emma Roberts : Jill Kessler
Courteney Cox : Gale Weathers
David Arquette : Dwight Dewey Riley
Neve Campbell : Sidney Prescott
Hayden Panettiere : Kirby Reed
Anna Paquin : Rachel
Heather Graham : Casey

UN ECRAN DE FUMEE A 1 000 EUROS

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prime1000eurosCa y est le gouvernement Sarkozy s’attaque aux dividendes abusives ! J’ai moi-même dans ce blog dénoncé le fait que les dividendes versés par les plus grandes entreprises françaises dépassaient depuis plusieurs années leur résultat, situation ubuesque et intenable. Je devrais donc être le premier à me réjouir de cette annonce de cette prime de 1000 euros que devront verser à leurs salariés les entreprises qui nourrissent grassement leurs actionnaires.

Ah quel bel effet d’annonce ! Car plus le projet se précise, plus il se vide de son contenu. Déjà, la prime ne concernerait que les entreprises qui augmentent le montant des dividendes reversés. Ouf, celles qui font n’importe quoi depuis des années déjà n’auront rien à craindre, elle pourront continuer de faire exactement la même chose. Par contre, ceux qui ont, en situation de crise, privilégié le futur de l’entreprise sur le revenu à court terme des actionnaires seront priés de passer à la caisse.

Puis, on apprend que les 1000 euros ne sont qu’un maximum et surtout qu’ils seront exonérés de charges sociales ! Ah bah voilà ! On comprend mieux ! Cette mesure n’est pas du tout destiné à augmenter le pouvoir d’achat des braves travailleurs. Non, il s’agit juste d’un énième moyen donné aux entreprises d’échapper au financement de la sécurité sociale, sans que ça ne se voit pas trop. Et ce seront les mêmes qui, demain, face aux déficits qu’ils auront eux-mêmes creusés, qui expliqueront aux citoyens lambda qu’il faut qu’il fasse un effort, travaille plus longtemps pour financer sa retraite et s’acquitte de franchises médicales toujours plus élevés.

Il y a donc très loin entre les annonces et la réalité. Surtout, que le problème de notre pays ne réside pas dans des salaires trop bas. Quoi qu’on en dise, ils augmentent régulièrement et même parfois plus vite que l’inflation. Non, le problème est dans le sous-emploi, le temps partiel subi et évidemment le chômage. Et contrairement à ce que tous les brillants esprits de droite essayent de nous expliquer, ce n’est pas en baissant les salaires et les charges, ce qui ne crée aucune demande supplémentaire, bien au contraire, que l’on y remédie.

C’est en investissant que l’on développe l’activité des entreprises ! Le pillage actuel organisé par les actionnaires (ou du moins, les plus gros d’entre eux) a surtout contracté les investissements, la recherche, l’innovation. Bref, autant de points de croissance, d’emploi, de progrès qui partent en fumée pour l’enrichissement de quelques uns.

La mesure proposée pour le gouvernement est évidemment un écran de fumée, cherchant à « acheter » la passivité des salariés. Mais, comme quasiment aucun d’en eux ne verra la couleur des 1000 euros, pas sûr qu’ils les remercient en 2012.

Source dessin : http://resistanceinventerre.wordpress.com/

MORNING GLORY : Professionnalisme à outrance

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morninggloryafficheLa fille jeune et sympa qui doit cohabiter avec un vieux grincheux, voilà un ressort comique largement éculé. Cela n’empêche pas certains de vouloir le réutiliser encore et encore. Bon, il est vrai que certaines recettes sont indémodables et leur saveur fait que l’on se moque bien de l’arrière-goût de déjà-vue. Mais dans le cas de Morning Glory, on se dit surtout qu’on aurait mieux fait d’aller dans un autre restaurant.

Becky Fuller est engagée par une chaîne de télévision nationale pour relancer leur « matinale » qui est loin derrière ceux de leurs concurrents en termes d’audience. Elle s’aperçoit vite qu’il s’agit d’un cadeau empoisonné. Mais il lui en faut plus pour la décourager. Pour remonter la pente, elle force Mike Pomeroy, journaliste légendaire, lié contractuellement à la chaîne à coprésenter ce programme très orienté divertissement, qu’il méprise. Il s’agit surtout d’un vieux grincheux que ces anciens collaborateurs considèrent comme un des pires êtres humains au monde…

… mais qui se révèlera tout de même avoir bon fond. Ah diantre, j’ai en partie révélé la fin. J’en suis fort contrit. A la fois, il suffit de voir la bande-annonce pour la connaître. N’attendez aucune surprise, aucun contre-pied et surtout aucune idée politiquement incorrecte. Morning Glory est un film totalement prévisible du début jusqu’à la fin. Certes, une comédie n’a pas forcément besoin de briller de ce point de vue. Mais tout de même, un peu de d’imprévu, ça ne gâte rien.

Par contre, une comédie se doit avant tout d’être drôle. C’est quand même sa vocation première. Morning Glory l’est-il ? Oui et non… Je serais bien sévère en disant que je me suis ennuyé, mais de là à dire que j’ai vraiment ri, il y a un pas que je ne franchirai pas. Quelques éclats oui, mais rien de quoi avoir des crampes aux abdominaux. C’est au mieux amusant, mais même pas cocasse ou ironique. Il s’agit là d’un comique de situation tout ce qu’il y a de plus classique, pour ne pas dire de plus lisse.

Mais le plus énervant avec Morning Glory, c’est de voir des légendes du cinéma comme Harrison Ford et Dian Keaton se faire débaucher pour leur proposer des rôles aussi plats. Ils y mettent pourtant beaucoup de cœur, apportant tout leur talent dans la bataille. Mais il reste totalement sous-exploité et ne leur permet jamais de compenser le manque de relief de leurs personnages respectifs. Harrison Ford fait très bien le vieux grincheux, une fois, deux fois, trois fois… Ok, c’est bon, on a compris, on n’a plus qu’à attendre le moment où il va faire quelque chose de sympa… C’est censé être inattendu, sauf que ça ne l’est pas du tout.

morninggloryEn face de ces deux poids lourds, Rachel McAdams déploie une énergie folle pour rappeler que c’est quand même elle l’actrice principale de Morning Glory. Il est vrai que c’est le personnage qui veut ça, celui d’une productrice hyperactive et passionnée par son job. Mais malgré toute l’amitié que l’on a pour son visage sympathique et son talent très professionnel, elle est loin de posséder le charisme pour tirer le film vers le haut.

Morning Glory à défaut d’être une comédie vraiment drôle, aurait pu être un excellent film de personnages. Mais ces dernières ne quittent jamais les lieux communs dans lesquels le scénario les enferme. Seul petit moment de grâce, celui où les deux présentateurs vedettes commencent à s’insulter avec le sourire le plus professionnel en direct. Mais même là, on reste dans le bien propre sur soi et aucun vent de folie ou de subversion ne se met alors à souffler.

Morning Glory n’es pas la pire comédie qui soit. Mais elle reste tellement sur les sentiers balisés du professionnalisme hollywoodien qu’on préfèrera largement n’importe quel chemin un peu détourné.

Fiche technique :
Réalisation : Roger Michell
Scénario : Aline Brosh McKenna
Producteurs : J.J. Abrams et Bryan Burk
Producteurs exécutifs : Sherryl Clark et Guy Riedel
Producteurs associés : Udi Nedivi et Lindsay Paulson
Musique : David Arnold
Directeur de la photographie : Alwin H. Kuchler
Montage : Daniel Farrell et Nick Moore
Distribution des rôles : Marcia DeBonis et Ellen Lewis
Création des décors : Mark Friedberg
Direction artistique : Alex DiGerlando et Kim Jennings

Casting :
Rachel McAdams : Becky Fuller
Harrison Ford : Mike Pomeroy
Diane Keaton : Colleen Peck
Jeff Goldblum : Jerry Barnes
50 Cent : lui-même
Patrick Wilson : Adam Bennett
John Pankow : Lenny Bergman
Arden Myrin : producteur « Day Break »
Steve Park : météorologue « Channel 9 »
Vanessa Aspillaga : Anna Garcia
Lloyd Banks : lui-même
Liam Ferguson : le producteur de « Day Break News »
Reed Birney : Gouverneur Willis
Jayne Houdyshell : régisseur plateau

L’AGENCE : Les rectificateurs de destin

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lagenceaffichePhilipp K. Dick est un des auteurs les plus adaptés au cinéma, souvent pour le meilleur, parfois pour le pire. En voici une nouvelle preuve, avec l’Agence qui perpétue cette tradition. Si nous sommes très loin de la qualité d’un Blade Runner ou d’un Total Recall, nous sommes tout de même face à un film plutôt réussi qui fonctionne très bien.

David Norris est une star montante de la politique. Jeune et impulsif, il rate de peu l’élection au poste de Sénateur de New York, suite à la publication de photos compromettantes. Peu avant son discours de soir de défaite, il croise Elise qui lui inspirera un discours qui va le relancer. Trois ans après, il la croise à nouveau par hasard et en tombe définitivement amoureux. Mais cette relation est vue d’un très mauvais œil par les superviseurs de « l’Agence », chargés de veiller à ce que l’on accomplisse bien le destin qui nous est promis, et qui vont tout faire pour mettre fin à l’idylle.

Les amours contrariés constituent un excellent sujet d’histoire depuis Tristan et Iseult et Roméo et Juliette. Bon, il n’est pas sûr que l’Agence devienne aussi légendaire. Il reste un film relativement inégal, comportant de bonnes idées, mais aussi quelques moments un peu plus faibles. Heureusement, le final est plutôt réussi et nous laisse globalement sur une bonne impression. Un divertissement entre histoire d’amour, film fantastique et de science-fiction.

L’idée de départ aurait peut-être mérité un traitement plus en profondeur. Mais George Nofli a choisi de se focaliser presque exclusivement sur le couple David-Elise. On aimerait pourtant en savoir un peu plus sur cette mystérieuse Agence, ou du moins de manière moins directe. Le suspense quant à sa nature n’est guère entretenu, ce n’est pas le sujet du film. Cela a sûrement contribué à la préservation du rythme de l’intrigue, mais les amateurs du genre auraient sûrement souhaiter un autre équilibre dans le scénario.

C’est d’autant plus dommage que l’Agence tourne un peu en rond pendant le tiers central du film. Une entame prometteuse, un dénouement réussi, mais entre les deux, le film ne fait que dérouler l’idée de base que l’on a pourtant déjà bien comprise. Mais dire que l’on s’ennuie serait un jugement un peu trop sévère. Simplement, on aimerait être un peu plus surpris par une intrigue un peu trop linéaire, surtout que l’on a guère de doute sur la nature heureuse de la conclusion apportée à cette histoire.

lagenceL’Agence reste tout de même globalement un divertissement agréable par l’efficacité de sa réalisation. C’est sans fioriture, mais effectué avec assez de moyens pour que l’emballage soit largement à la hauteur du contenu. Là encore, pas vraiment de surprise, ni d’imagination débridée, mais un professionnalisme tout hollywoodien qui, à défaut d’enthousiasmer, nous permet de rentrer totalement dans cette histoire pourtant improbable.

Mais ce qui fait définitivement la différence et nous permet de pardonner sans état d’âme les faiblesse de ce film, c’est un casting solide. Matt Damon est vraiment devenu un des acteurs de premier plan d’Hollywood et sa seule présence à l’écran est gage d’une interprétation de qualité. Il ne tient pas là le rôle de sa vie, mais fait preuve de son talent et de son charisme habituel. On n’a aucune peine à croire qu’il puisse un jeune politicien populaire. Mais à ses côtés, Emily Blunt ne s’en laisse pas compter et on comprend aisément pourquoi David est prêt à tout pour vivre son amour avec elle. Enfin, Terence Stamp, en vieux routier d’Hollywood, livre une prestation parfaite en agent résolu et manipulateur.

L’Agence n’est donc définitivement pas le film de l’année. Mais il constitue un moment agréable de cinéma, auquel on pardonne aisément ses imperfections.

Fiche technique :
Production : Gambit pictures, Electric Shepherd Productions, Media Rights Capital, Universal Pictures
Distribution : Universal Pictures France
Réalisation : George Nolfi
Scénario : George Nolfi, d’après la nouvelle de Philip K. Dick
Montage : Jay Rabinowitz
Photo : John Toll
Décors : Kevin Thompson
Musique : Thomas Newman
Directeur artistique : Stephen H. Carter
Durée : 107 mn

Casting :
Matt Damon : David Norris
Emily Blunt : Elise Sellas
Terence Stamp : Thompson
Anthony Mackie : Harry
John Slattery : Richardson
Michael Kelly : Charlie Traynor
Anthony Ruivivar : McCrady
Pedro Pascal : Paul DeSanto
Shane McRae : Adrian

LE MONDE DU FOOTBALL A L’HEURE ESPAGNOLE

messironaldo

messironaldoDepuis le double triomphe à l’Euro et lors de la dernière Coupe du Monde de la « Roja », le monde du football parle désormais espagnol. Cela n‘est plus une mode, c’est un engouement. On ne jure plus que par Barcelone et le Real Madrid. Les quatre matchs que vont disputer ces deux clubs l’un contre l’autre en moins d’un mois passionne déjà le monde, comme jamais pour des matchs concernant deux équipes du même pays.

Une telle passion est-elle justifiée ? Si on en croit le premier volet du duel Barca-Real d’hier soir, pas totalement. Un match d’un incroyable niveau technique, mais plutôt fermé, qui a basculé sur deux pénaltys plutôt contestables. On était loin du prodigieux spectacle du match aller. Cependant, cette rencontre était sûrement celle qui recouvrait le moins d’enjeu, le titre étant déjà promis aux joueurs de Guardiola, quand bien même ils auraient perdu hier soir.

Mais si le monde est tourné vers l’Espagne, ce n’est pas que pour les qualités collectives des équipes qui y évoluent. Le football, c’est comme la politique, cela devient vraiment passionnant quand il devient une histoire d’hommes. Il s’agit bien sûr avant tout de l’affrontement entre deux équipes, deux cultures, deux histoires. Mais le duel entre Lionel Messi et Cristiano Ronaldo est la cerise qui rend le gâteau définitivement irrésistible !

Lequel des deux est le meilleur joueur du monde ? Voilà une vraie question existentielle qui anime les débats des amateurs de football partout dans le monde, même si l’Argentin a pris une longueur d’avance depuis deux ans. Et ce qui est merveilleux, c’est qu’il s’annonce sans fin, puisqu’il n’y a aucune façon objective d’y répondre. C’est pour ce genre de discussion interminable et totalement vaine que parler football est une activité si universelle.

Il nous reste encore trois FC Barcelone-Real de Madrid pour alimenter la polémique. On s’en régale d’avance. Avant ceux de l’année prochaine…