
Raoul est marié à Solange. Il en est encore terriblement amoureux et se désespère de la voir sombrer dans un état léthargique et dépressif. Pour l’en sortir, il « l’offre » à un inconnu, Stéphane, assis derrière eux au restaurant. Mais rien n’y fait. Les deux hommes, devenus amis, mettent alors tout en œuvre pour redonner le sourire à Solange.
Que Préparez vos Mouchoirs ait été récompensé aux Oscars est doublement étonnant. Déjà parce que ce n’est pas le film de Betrand Blier ayant eu le plus de succès, ni celui qui a le plus marqué les esprits dans notre pays. Les Valseuses, Buffet Froid ou Tenue de Soirée restent ses œuvres ses plus significatives. Enfin, il est vrai que nombre de prix ont été donnés à de nombreux films totalement oubliés aujourd’hui (souvent à tort, parfois à raison).
Mais ce qui est encore plus surprenant, c’est que l’académie des Oscars ait récompensé un film aussi transgressif, à des années lumières d’un puritanisme qui colle pourtant à la peau d’Hollywood. Une telle chose serait totalement inimaginable aujourd’hui et c’est bien dommage. Mais voilà, nous étions encore dans les années 70 et la chape du politiquement correct n’était pas encore tombé sur le monde. Dans un autre style, un producteur accepterait-il encore aujourd’hui de donner vie aux Aventures de Rabbi Jacob ?
Mais revenons plus précisément à Préparez vos Mouchoirs. On y retrouve tout ce qui a fait le succès de Bertrand Blier. Un sens inné de la provocation, de la critique acerbe du conformisme et des bonnes mœurs. On y retrouve encore une fois des personnages bien comme il faut, finissant par se lâcher et trouver ainsi un bonheur et une joie de vivre qui les avaient depuis longtemps abandonnés. Le tout s’accompagne d’un humour parfois noir, souvent décalé et presque toujours subversif. On y retrouve aussi le témoignage de la libération sexuelle survenue dans la décennie précédente et qui s’exprime ici avec force.

Préparez vos Mouchoirs constitue aussi l’occasion de retrouver un des plus extraordinaires duos du cinéma français, Gérard Depardieu et Patrick Dewaere. C’est aussi une nouvelle occasion de regretter que ce dernier soit parti trop tôt, bien trop tôt. Leur complicité à l’écran est nouvelle fois évidente et constitue l’axe principal sur lequel repose le film. Car en face d’eux, Carole Laure est un peu palote. On est loin du trio Miou-Miou, Jeanne Moreau, Isabelle Huppert qui les accompagnait dans les Valseuses. Ceci explique en grande partie la légère différence de qualité entre les deux films.
Préparez vos Mouchoirs reste un grand moment de cinéma transgressif, à une époque où ce dernier avait encore droit de cité, même sur Hollywood Boulevard.
P.S : Pour ceux qui se demandent pourquoi j’ai mis (+2) lors de mon introduction à propos des films français primés aux Oscars, c’est que je compte aussi Z de Costa-Gavras qui a concouru sous le drapeau algérien et La Victoire en Chantant de Jean-Jacques Annaud sous les couleurs ivoiriennes.
Fiche technique :
Réalisateur : Bertrand Blier
Scénario, Adaptation et Dialogue : Bertrand Blier
Photographie : Jean Penzer
Musique : Georges Delerue, ainsi que des oeuvres de Mozart et Schubert
Décors : Eric Moulard
Montage : Claudine Merlin
Son : J.P Ruh
Production : Ariane-Films et CAPAC (France) – Belga Films et SODEC (Belgique)
Pellicule 35mm, couleur par Eastmancolor
Date de sortie : France : 11 janvier 1978
Durée : 1h48
Casting :
Gérard Depardieu : Raoul
Carole Laure : Solange
Patrick Dewaere : Stéphane
Michel Serrault : Le voisin
Eléonore Hirt : Mme Belœil
Jean Rougerie : M. Belœil
Sylvie Joly : La passante
Riton Liebman : Christian Belœil (sous le nom de Riton)
Liliane Rovère : Marthe la serveuse de bar (« Bernadette »)
Michel Beaune : Le médecin dans la rue

Tron l’Héritage ne rentrera sûrement pas dans l’histoire du cinéma comme le premier volet. On assiste là à un divertissement de science-fiction techniquement très réussi, mais qui tire toute sa personnalité, toute son originalité d’éléments imaginés il y a près de 30 ans. Joseph Kosinski est passé à côté de quelques choses de grand. Mais confier un tel projet à un réalisateur sans expérience (et donc plus malléable ?) montre bien que l’ambition n’était pas ce qui animait en premier lieu les producteurs. On pouvait pourtant imaginer que quelques grands noms auraient été ravis de prendre le projet en main. 
Qui a Envie d’Etre Aimé ? n’est ni vraiment drôle, ni caustique, ni profond, ni réellement émouvant. Il cherche à ménager la chèvre et le chou et ne trouve jamais un ton qui aurait peut-être été moins juste, mais aurait présenter beaucoup plus d’intérêt. Il y a zéro prise de risque dans ce scénario qui parle pourtant d’un sujet pas franchement sexy. On n’en ressort absolument pas bousculé dans nos convictions qu’elles soient religieuses ou même tout simplement sur notre capacité à réellement communiquer avec les autres. 
Jean-Baptiste Grange et Teddy Tamgho ont parfois fait partie de cette catégorie de champion pas toujours là le jour J. On l’a oublié, mais au milieu de la pluie de titres qui s’est abattue sur l’Equipe de France lors des derniers championnats d’Europe d’athlétisme, notre triple-sauteur avait constitué une vraie déception avec sa médaille de bronze, alors qu’il était archi-favori du concours. Il y a deux ans, aux championnats du Monde de Val d’Isère, on promettait deux titres à Jean-Baptiste Grange et il était reparti sans médaille autour du cou.
Pourtant, entre Fabrice Luchini et moi, ce n’est pas toujours une folle histoire d’amour. Je lui reconnais un talent rare, mais aussi une tendance au cabotinage et à jouer toujours exactement sur le même registre. Mais là, je dois bien l’admettre, il est tout simplement parfait. Il porte le film largement sur ses épaules, lui insufflant une très large part de son énergie comique, mais sans jamais en faire trop ou chercher à tirer inutilement la couverture à lui. Bon, il faut dire que son rôle ressemble par certains côtés (mais pas du tout par d’autres) à son personnage dans Potiche, autre exemple de film social rigolo très réussi.
Le Discours d’un Roi aurait pu être une histoire classique de relation mentor-élève. Mais cette fois-ci, l’élève est un potentiel futur Roi d’Angleterre et le maître un obscur orthophoniste sans référence. Là repose évidemment tout l’intérêt de cette relation contre nature, où les rôles doivent s’inverser dans le secret du cabinet du médecin. Cela enrichit considérablement le propos et constitue un des facteurs clés qui le rendent passionnant. 


Rien à Déclarer, comme beaucoup de comédie, repose sur un duo d’acteurs que tout opposent et qui vont être obligés de cohabiter. C’est sans doute le ressort comique le plus éculé qui soit, mais quand c’est bien fait, on ne s’en lasse pas. Dany Boon et Benoît Poelvoorde, voilà un couple prometteur. Si le cinéma était une compétition, la médaille d’or reviendrait incontestablement à la Belgique. Le rôle déjà à la base est nettement plus intéressant, mais il faut bien admettre que l’essentiel de l’énergie comique de ce film émane d’un Benoît Poelvoorde en pleine forme. Dany Boon apparaît plus comme un faire-valoir. Mais pour sa défense, il s’est écrit un rôle qui ne lui permet que trop rarement de sortir de son rôle habituel de brave gars sympathique. 
Restent des personnages sans grand relief, des rebondissements pas toujours très convaincants (ah il est mort, ah bah non finalement, il a survécu !). Mais l’intérêt de Tron est ailleurs. Hier dans le caractère révolutionnaire et spectaculaire de ses graphismes. Aujourd’hui, par sa mise en perspective avec tout ce qu’il a pu enfanter. Sur le coup, les studios Disney avaient frappé un grand coup, à une époque où leur branche animation avait bien du mal à produire le moindre film de premier plan.
Commentaires récents