127 HEURES : Danny Boyle reste au sommet en nous emmenant au fond du trou

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127heuresafficheDanny Boyle avait connu la consécration en 2008 en raflant pas moins de 8 Oscars avec son Slumdog millionnaire (dont celui du meilleur film et du meilleur réalisateur). Il fait désormais parti des cinéastes qui comptent et dont chaque nouvelle œuvre sera attendue et disséquée par tous les cinéphiles. Le revoilà donc avec 127 heures, tiré d’une histoire vraie et qui lui a valu une nouvelle nomination pour l’Oscar du meilleur film. Il ne l’a pas remporté et c’est logique, malgré beaucoup de qualités. Car on compte aussi quelques défauts.

Aron Ralston est un randonneur invétéré, un peu barré et qui a surtout la fâcheuse habitude de partir sans dire à personne où il va. Cela contribue certainement à son sentiment de liberté, mais un beau jour, cela n’a pas été sans lui poser problème. Le jour où il s’est retrouvé au fond d’une crevasse, le bras coincé pas un bloc de pierre, sans moyen de se libérer, ni d’appeler du secours.

Le 7ème art nous avait déjà offert l’année dernière un beau moment de claustrophobie avec Buried, où un homme passait 1h30 enfermé dans un cercueil. Cette fois-l’espace est un peu plus large, mais à peine. Le défi reste cependant le même : comment raconter une histoire maintenant l’intérêt du spectateur de bout en bout sans que le personnage principal ne puisse se déplacer ? Mais voilà un challenge qui n’allait pas faire peur à un cinéaste aussi doué que Danny Boyle.

127 heures nous permet de retrouver toutes les facettes du talent du réalisateur britannique : tout d’abord un sens esthétique évident. Il fait partie avec Daren Aronofsky ou Gaspard Noe de ceux sachant le mieux exprimer des sentiments en jouant sur les couleurs, l’éclairage ou les angles de caméra les plus improbables. Dans ce film, il en joue surtout pour nous montrer comment Aron Ralston alterne les moments de lucidité, où il cherche sérieusement un moyen de s’en sortir, et les périodes où la folie guette. Le décor reste évidemment toujours le même, mais nous est montré à chaque fois de manière très différente, nous faisant partager ainsi avec force les moments d’espoir et de désespoir.

127 est un film visuellement imaginatif, mais aussi visuellement dur par moment. Danny Boyle ne cherche jamais le gore spectaculaire superflu, mais nous montre les choses de manière réaliste. Et vous imaginez bien que pour survivre et s’en sortir, le personnage est parfois réduit à certaines extrémités. On en frissonne parfois, d’autant plus que l’on sait que tout cela a réellement été vécu par le vrai Aron Ralston. D’ailleurs, si cette histoire n’était pas une histoire vraie, elle perdrait certaintement énormément de son intérêt et prêterait même quelque peu à sourire.

127heuresDanny Boyle nous prouve encore sa faculté à utiliser toujours à propos des titres musicaux déjà connus (sans être Kubrick ou Tarantino tout de même). On s’amusera notamment d’entendre résonner « Ca plane pour Moi » de Plastic Bertrand. Mais dans 127 Heures, elle écrase parfois le travail visuel, qui s’apparente du coup par moment plus à clip vidéo qu’à une œuvre cinématographique. C’est sans doute là la plus grande limite de ce film. Danny Boyle en fait parfois un peu trop, manquant de subtilité. Bien sûr filmer un personnage coincé au fond d’une crevasse pendant une bonne heure demande d’y mettre les grands moyens pour maintenir l’attention du spectateur, mais le résultat ressemble parfois à une exercice de style, où la forme prime trop sur le fond. Mais heureusement, les moments où le spectateur est fasciné et partage les émotions du personnage dominent largement.

L’émotion est également largement véhiculée par la performance de James Franco, qui tient là son premier grand rôle. Pourtant le défi était de taille, car rarement un acteur aura eu droit à autant de gros plans dans un seul film. Il se doit d’exprimer tour à tour la surprise, la peur, l’espoir, la folie, le désespoir…, le tout sans pouvoir réellement bouger. Tout passe donc par la voix et les expressions du visage. Et James Franco s’en sort merveilleusement bien.

127 Heures est donc un film racontant remarquablement bien une histoire dont il était difficile d’imaginer qu’on puisse en tirer un film aussi prenant. Danny Boyle confirme ainsi son statut de réalisateur majeur au style affirmé. Peut-être un peu trop parfois…

Fiche technique :
Production : Pathé, Darlow Smithson Productions, Everest Entertainment, Cloud Eight Films, Dune Entertainment III
Distribution : Pathé Distribution
Réalisation : Danny Boyle
Scénario : Danny Boyle, Simon Beaufoy
Montage : Jon Harris
Photo : Enrique Chediak, Anthony Dod Mantle
Son : Glenn Freemantle
Musique : A.R. Rahman
D’après l’oeuvre d’Aron Ralston
Durée : 94 mn

Casting :
James Franco : Aron Ralston
Amber Tamblyn : Megan
Kate Mara : Kristi
Clémence Poésy : Rana

AVANT L’AUBE : Entre noir et blanc

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avantlaubeafficheLa neige est blanche, mais constitue un décor parfait pour les films noirs. Il y a le polar nordique, mais aussi le polar de montagne. Le cinéma français nous a déjà offert cette année, Poupoupidou, mais avec un ton résolument décalé et original. Retour à une ambiance plus classique, mais aussi plus sombre, avec Avant l’Aube. Mais si le premier nous avait très agréablement surpris, le second déçoit, malgré d’incontestables qualités.

Le jeune Frédéric est en stage dans un hôtel des Pyrénées. Il n’est pas très bavard et sort de quelques mois de prison pour coups et blessures. Un soir, il indique son chemin à un client, qui est déclaré disparu quelques jours plus tard. Le même soir, il surprend son patron et son fils rentrant à l’hôtel après ce qui semble être un accident de voiture. Le patron prend alors Jérémy sous son aile, lui témoignant une étonnante affection. Mais à quel point est-elle sincère ? N’est-elle pas juste un moyen de s’assurer que certains secrets restent bien gardés ?

Le fil rouge principal de Avant l’Aube est avant tout la relation entre Frédéric et son patron. Une amitié ambiguë et qui donne un caractère malsain à ce qui pourrait être une sorte de conte de fées social. Le tout est traité avec beaucoup d’intelligence et de subtilité et aurait pu à faire de ce film une vraie réussite. Mais cet aspect est insuffisant pour porter le film à lui tout seul. Il a du être enrobé d’éléments nettement moins intéressants.

L’aspect polar classique déjà. Ce n’est vraiment pas la préoccupation première de Rapahel Jacoulot. Si les évènements déclencheurs ne nous sont pas montrés explicitement, aucun suspense n’est maintenu à propos de ce qui s’est réellement passé. Du coup, on guette quand même du coin de l’œil le retournement de situation qui nous ferait comprendre que l’on a été mené en bateau. Il n’en est rien. Encore une fois, l’intérêt de Avant l’Aube est ailleurs, mais dans ce cas pourquoi abuser ainsi des ellipses qui donnent l’impression qu’on nous cache quelque chose, alors qu’ au final, on ne nous cache strictement rien ? Le film aurait fortement gagné en intérêt si, à l’ambiguïté des rapports entre les personnages, s’ajoutait un vrai suspense.

Avant l’Aube souffre également d’un manque d’intérêt des relations des protagonistes principaux avec les personnages secondaires. Le patron et son fils d’un côté, Jérémy et sa petite amie de l’autre. Certes, ces rapports sont là pour illustrer l’évolution de la relation entre l’employé et son patron et ses conséquences. Mais on ne s’attache pas à ces personnages franchement antipathique pour l’un et relativement transparent pour l’autre, alors qu’ils occupent une place importante dans le scénario.

avantlaubePar contre, Avant l’Aube compte un protagoniste secondaire fort réussi en la personne de l’inspectrice de police qui vient mettre son nez là où les autres préfèreraient qu’elle s’abstienne. Malheureusement, comme l’aspect « polar » passe quelque peu au second plan, elle ne prend pas toute la place qu’elle aurait mérité. C’est dommage car voir Sylvie Testud à l’écran est toujours un régal.

Jean-Pierre Bacri tient là un rôle quelque peu à contre-emploi, mais s’en sort avec son habituel talent. Bien sûr, il interprète à nouveau un personnage quelque peu bougon et taciturne, mais dans un contexte, assez sombre, dans lequel on n’a nettement moins l’habitude de le voir évoluer. Il n’est pas là pour créer un effet comique, mais au contraire pour inquiéter et entretenir l’ambiguïté qui émane de la sympathie qu’il témoigne au jeune garçon. Ce dernier est interprété par Vincent Rottiers, un solide espoir du cinéma français, qui signe là une prestation correcte, sans être exceptionnelle.

Avant l’Aube est donc un film inégal. Si le corps du film aurait pu lui permettre d’être un excellent film noir, les à côté souffrent d’un manque d’intérêt trop flagrant pour que le tout soit réellement enthousiasmant.

Fiche technique :
Réalisation : Raphaël Jacoulot
Scénario : Lise Macheboeuf et Raphaël Jacoulot
Production : Dominique Besnehard, Michel Feller
Coproducteur : Nicolas Steil
Image : Benoit Chamaillard (AFC)
Décors : Denis Renault (ADC)
Costumes : Judy Shrewsbury
Maquillage : Fabienne Adam
Coiffure : Céline Van Heddegem
Montage : Mirjam Strugalla
Son : Carlo Thoss, Pia Dumont, Michel Schillings
Musique originale : André Dziezuk
Casting : Christel Baras (ARDA)
1ère assistante réalisateur : Delphine Daull

Casting :
Jean-Pierre Bacri :Jacques Couvreur
Vincent Rottiers :Frédéric Boissier
Ludmila Mikaël : Michèle Couvreur
Sylvie Testud: Sylvie Poncet
Céline Sallette: Julie
Xavier Robic : Paul Couvreur
India Hair : Maud
Pierre-Felix Gravière : Olivier
Marc Brunet: Barthod

GREMLINS : Réveillez l’enfant et le sadique qui est en vous !

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gremlinsafficheAh, revoir les films cultes de son enfance-adolescence, après une abstinence d’une quinzaine d’années d’abstinence est toujours un plaisir. Madeleine de Proust quand tu nous tiens ! Après avoir fait l’acquisition du DVD de Ghostbusters il y a un an et demi, je viens tout juste d’acheter celui de Gremlins. On a toujours une petite appréhension, comme le jour où l’on revoit son amoureuse de primaires après l’avoir retrouvé sur Facebook. Mais comme les belles histoires ne peuvent jamais se terminer mal, généralement tout se passe bien.

Randall Peltzer est un inventeur dont les inventions ne fonctionnement que rarement, ce qui nuit évidemment à son compte en banque. Mais il a quand même décidé d’acheter un beau cadeau de Noël pour son fils. Il erre dans Chinatown et tombe sur une vielle boutique, où il trouve un trésor rare : un mogwai, une adorable petite créature au poil doux. Cependant, le propriétaire de la boutique refuse de le lui vendre. Une fois ressorti, Randall est rattrapé par le petit-fils du vendeur qui lui confie finalement le petit animal. Il lui rappelle surtout les trois règles absolues auxquelles il ne faut jamais déroger avec un mogwai : ne jamais l’exposer à la lumière, ne jamais le mettre en contact de l’eau et surtout ne jamais lui donner à manger après minuit.

Alors commençons par ce qui aurait pu fâcher. Naturellement, les effets-spéciaux de 1984 n’étaient pas tout à fait ce qu’ils sont aujourd’hui. Et je n’ai pas réchappé à la réflexion intérieure en revoyant Gremlins, la même que pour Ghostbusters : « Ah, je ne me rappelais pas que c’était si mal fait… ». Mais voilà, ce ne fut vraiment que l’espace d’un quart de huitième de seconde, avant de goûter à la joie de revoir cette bonne bouille de Gizmo. Evidemment, c’est une marionnette, ça se voit comme le nez au milieu de la figure, mais cela lui donne un charme incomparable. Un peu comme le Yoda de la première trilogie Star Wars, qui aura toujours quelque chose que le Yoda bondissant en image de synthèse n’aura jamais. Enfin l’inverse est vrai aussi, mais là n’est pas le débat…

Gremlins a donc le charme de son âge. Et il est incontestable. Peut-être que c’est une question de génération et que mes enfants trouveront bizarre mon attachement à ce vieux film mal fait. Mais à l’époque c’était le top du top (ou presque) et je suis malheureusement assez âgé pour m’en rappeler. Alors oui, cette madeleine vaut largement autant par les souvenirs qu’elle réveille que par ses qualités cinématographiques intrinsèques, mais il n’est pas question d’oublier ces dernières.

gremlinsCar Gremlins c’est aussi, et avant tout, quelques moments d’anthologie. Comment oublier cette scène où une brave ménagère américaine défend avec un courage et une violence rares sa cuisine, envahie par ses hargneuses créatures ? Quelle belle allégorie de la défense des valeurs du rêve américain ? Bien sûr, tout cela est à prendre au second degré car Joe Dante prend un malin plaisir dans ce film à détourner les éléments constitutifs de l’American Way of Life. Ces derniers deviennent les instruments avec lesquels les gremlins s’amusent à torturer ces braves Américains moyens.

Enfin, quand je dis torturer, je tiens quand même à rappeler que Gremlins n’a rien d’un film d’horreur gore. S’il n’est pas à montrer au plus jeunes, il constitue tout de même un divertissement somme toute relativement familial. Les moins âgés prendront tout au premier degré, les adultes apprécieront cette version quelque peu dévoyée de l’esprit de Noël à l’américaine. Les plus petits aimeront les chants de Gizmo, les plus grands les rires sadiques des gremlins.

Si Gremlins a connu un tel succès et est devenu un tel film culte, c’est vraiment grâce à cette ironie jubilatoire. On ne peut s’empêcher d’être quand même au moins autant du côté des gremlins que de ces braves humains à qui il font subir les pires misères. Ah ce qu’on aimerait en avoir un ou deux sous la main, pour les envoyer discrètement chez son patron, son banquier ou sa belle-mère (au choix !). Et puis, si on gardé une pure âme d’enfant, on aimerait toujours pour garder un gentil mogwaï pour soi…

Gremlins est donc une délicieuse madeleine, qui flatte nos souvenirs d’enfance… et nos penchants les plus sadiques !

Fiche technique :
Réalisation : Joe Dante
Scénario : Chris Columbus
Production : Michael Finnell
Production exécutive : Steven Spielberg, Kathleen Kennedy et Frank Marshall
Musique : Jerry Goldsmith
Photographie : John Hora
Montage : Tina Hirsch
Décors : James H. Spencer
Format : Couleurs – 1.85:1 – Dolby – 35 mm
Durée : 104 minutes
Dates de sortie : États-Unis : 8 juin 1984
France : 5 décembre 1984

Casting :
Zach Galligan : Billy Peltzer
Phoebe Cates : Kate Beringer
Hoyt Axton : Randall Peltzer
Frances Lee McCain : Lynn Peltzer
Polly Holliday : Ruby Deagle
Glynn Turman : Roy Hanson
Dick Miller : Murray Futterman
Scott Brady : Le shérif
Frank

MENAGE A CINQ

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lillelyonRarement le championnat de France nous aura réservé un tel suspense. Bien malin est celui capable de dire dès aujourd’hui qui de Lille, Rennes, Marseille, Paris ou Lyon remportera finalement le titre. Chacun a ses atouts et ses handicaps et tous sont en droit d’espérer. Il reste 13 journées pour les départager et la lutte s’annonce acharnée jusqu’au bout.

Les deux favoris logiques restent les deux Olympiques. Leur seul handicap potentiel pourrait venir dans un parcours en Ligue des Champions qui se prolongerait. Bon, les résultats des matchs aller n’ont pas encore éteint tout espoir, mais il reste quand même plus probable que leur calendrier s’allège d’ici 15 jours. L’expérience et l’effectif jouent pour eux et on sait bien que ce sont des éléments qui font la différence dans la dernière ligne droite.

Rennes et Lille présentent l’avantage de pouvoir se concentrer uniquement sur le championnat. Le club breton semble le moins bien armé, mais force est de constater qu’il est toujours là. Et même de plus en plus présent, puisqu’il a occupé la place de leader l’espace de 24h le week-end dernier. L’absence d’un potentiel offensif d’envergure est largement compensé par un défense de fer. L’attaque n’est pas contre pas le soucis pour le club nordiste qui semblait parti pour s’échapper, avant de connaître un léger ralentissement lors des deux dernières journées. Pour beaucoup, ils restent les favoris, mais leur prochain match à Marseille permettra de voir ce qu’ils ont réellement dans le ventre.

Reste enfin mon club de cœur, le Paris-Saint-Germain qui signe là une saison d’un standing bien supérieur à ce à quoi il nous avait habité ces dernières années. Cependant, malgré mon optimisme débordant, il faut bien admettre qu’il semble cumuler les deux handicaps de ses rivaux. En course dans trois compétitions (championnat, Coupe de France, Europa League), le calendrier des Parisiens s’annonce démentiel lors des prochaines semaines. Il sera étonnant que cela ne se traduise pas par quelques points perdus ici ou là. De plus, surtout depuis le départ de Sessegnon au mercato d’hiver, l’effectif semble désormais un peu juste pour instituer un vrai turn-over. Cependant, l’équipe a toujours fait preuve d’un caractère remarquable depuis le début de saison. Peut-être sera-t-il suffisant pour surmonter tous ces handicaps.

En tout cas, ces 5 équipes apportent aux spectateurs beaucoup de bonheur. Bien sûr, rares sont les matchs de notre championnat à approcher le niveau d’un Arsenal-Barcelone, mais ne boudons pas notre plaisir. Et que le meilleur gagne…surtout si c’est Paris !

QUAND CA CHANGE, RIEN NE CHANGE

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mamhortefeuxNicolas Sarkozy n’avait plus le choix, au risque de traîner n boulet jusqu’en 2012. Et vu le retard qu’il a concédé pour l’instant dans la course électorale, il sait bien, en habile coureur de fond, qu’il ne peut s’embarrasser de ce genre de poids avant de porter son accélération. Il a donc évincé Michèle Alliot-Marie dans une mise en scène médiatique tout à fait déplorable.

Il n’est pas choquant de voir une Ministre des Affaires Etrangères en déplacement officiel et donc en fonction, nier avec force sa démission pourtant déjà acquise. Quelle crédibilité aurait eu sa parole à l’étranger si elle l’avait clamer haut et fort ? N’empêche tout cela renforce cette impression que tout ce cirque n’est qu’affaire d’image et d’apparence. Pour preuve, le départ de MAM, d’après la droite, ne serait pas moral, mais politique. J’adore ce genre de subtilité de langage ridicule qui ne grandit pas son auteur et n’est pas prête de réconcilier le Français moyen avec ses dirigeants.

Beaucoup plus discret médiatiquement a été l’éviction de Brice Hortefeux. Une éviction qui ne dit pas son nom puisqu’il devrait être très prochainement appelé à de hautes fonctions nous dit-on. L’ancien Ministre de l’Intérieur est entré dans la postérité en se faisant condamner deux fois pour des propos tenus alors qu’il était en fonction. Ca s’appelle un délinquant récidiviste et pour un Ministre de l’Intérieur, ça la fout quand même mal. Après, on peut tout de même se poser une légitime question : comment a-t-il pu rester aussi longtemps en poste malgré tout cela ?

A sa place Claude Géant. Un homme qui n’a jamais affronté le suffrage universel, un courtisan de l’ombre. D’autres avant lui ont occupé des postes encore plus prestigieux (Dominique de Villepin pour ne pas le citer). Vous me direz, vu le pouvoir exorbitant que possède cet homme depuis l’arrivée de Sarkozy à la Présidence, au moins, il pourra désormais l’exercer au grand jour. Si la transparence de l’action gouvernementale y gagnera, sa nomination permet surtout de se rendre compte que Sarkozy n’a en rien renoncé à être un omniprésident.

Enfin, le plus beau pour la fin. La nomination de Gérard Longuet à la Défense. A 65 ans, voilà un come-back assez inattendu pour un homme qui avait du démissionner du gouvernement Balladur suite à sa mise en examen pour le financement de son parti et accessoirement celui de sa villa. Alors certes, il a bénéficié d’un nom-lieu, mais par le double effet de la prescription d’une partie des des faits qui lui étaient reprochés et d’une loi d’amnistie. Bref, un jeune sans casserole, dont la nomination n’a aucune chance d’entretenir le sentiment du « tous pourris »…

Reste tout de même une question qui me turlupine… Qui sur Terre va se dire « Oh, mais si y a Gérard Longuet au gouvernement, je vais finalement revoter pour Sarkozy en 2012 » ? Pas grand monde à mon avis. Cela fait au moins une raison de se réjouir… mais c’est bien la seule.

TRUE GRIT : La vengeance est un plat qui se mange à l’Ouest

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truegritafficheLes frères Coen font partie des réalisateurs que, n’ayons pas peur des mots, j’idolâtre. Je n’ai pas jamais fait le compte, mais ils font partie des cinéastes les plus représentés dans ma liste de films culte que vous pouvez retrouver sur ce site… avec Tim Burton, Stanley Kubrick, Steven Spielberg ou encore Quentin Tarantino. Une de leur grande force réside dans leur capacité à sauter d’un genre cinématographique à l’autre, avec le même bonheur, la même imagination, la même créativité. Il en manquait encore un à leur tableau de chasse, le western. C’est désormais chose faite avec True Grit.

Mattie Ross n’a que quatorze ans, mais sait déjà ce qu’elle veut. Elle est capable de négocier et tenir tête à n’importe quel adulte dans cet Ouest pourtant sauvage. Et ce qu’elle veut vraiment, c’est venger la mort de son père en capturant son meurtrier. Pour cela, elle va embaucher le marshall Rooster Cogburn. L’homme, plus très jeune et plutôt porté sur la boisson, accepte la mission. Lorsqu’elle lui annonce qu’elle va l’accompagner, il refuse. Mais on ne peut rien refuser longtemps à Mattie Ross.

True Grit est sans doute objectivement le meilleur western depuis Impitoyable. Tout y est parfait, à la hauteur du talent des frères Coen. Photographie sublime, personnages originaux et séduisants, sans être une seule seconde lisses, pointe d’ironie très appréciable et un vrai souffle d’aventures. Bref, un film qui refait vivre la légende de l’Ouest, comme à ses plus beaux jours.

Ce film est tellement parfait dans sa forme qu’il est même difficile d’en parler longuement. Mais justement, le seul défaut de True Grit est sans doute sa perfection. On peut trouver que je coupe les cheveux en quatre, mais ce film ne m’a pas enthousiasmé. Rien à voir avec l’état dans lequel je me trouvais à la sortie de The Big Lebowski, Fargo, Intolérable Cruauté ou No Country for Old Men. J’aurais bien du mal à dire clairement pourquoi. Simplement, j’ai parfois eu la sensation d’être devant un impressionnant exercice de style, mais qui ne m’a jamais vraiment surpris ou ému. L’admiration, même la plus profonde, ne suffit pas toujours.

Par contre, avec le recul, je tiens à exprimer mon désaccord avec beaucoup des commentaires que j’ai pu lire avant d’aller voir True Grit, comme quoi les frères Coen réinventait le western. Il ne réinvente rien du tout. Si un film peut se targuer d’une telle performance, c’est Impitoyable. Depuis, le cinéma hollywoodien a repris goût, certes modestement, à ce genre trop longtemps oublié. Open Range, Appaloosa, 3h10 pour Yuma, autant d’excellents films qui n’aurait sûrement pas vu le jour sans le chef d’œuvre de Clint Eastwood. True Grit vient se rajouter à cette liste, sans marquer spécialement un tournant particulier.

Ceci n’est évidemment pas un reproche envers le film en lui-même, qui reste magnifiquement réalisé. True Grit constitue un futur classique à n’en pas douter, même s’il est toujours difficile de savoir ce que le postérité retiendra. Et classique est bien un des mots qui caractérise le plus ce film. La patte des frères Coen est nettement moins présente que dans la plupart de leurs réalisations, si ce n’est cette formidable faculté à diriger les acteurs.

truegritLes retrouvailles entre les frères Coen et Jeff Bridges sont un vrai régal. Ce dernier est juste parfait en vieux baroudeur de l’Ouest. D’ailleurs, il devient l’acteur à embaucher pour jouer les vieux baroudeur, tant il est comme le bon vin et se bonifie avec l’âge. Avec son physique qui sent l’Amérique profond par tous les pores, il incarne son personnage d’une manière remarquable. A ses côtés, Matt Damon est un peu plus pâle. Certes, ce n’a jamais été de toute façon l’acteur le plus expressif d’Hollywood, mais on l’a connu un peu plus charismatique. Mais bon, tout cela reste relatif. Enfin on saluera la performance de la jeune Hailee Steinfeld qui tient tête avec un aplomb incroyable à ses deux aînés. Son personnage a un cran phénoménale (c’est le sens du mot anglais, grit), son interprète en a aussi visiblement à revendre.

J’avais vraiment espérer que True Grit soit le premier film cinq étoiles de l’année, que grâce à lui, enfin en 2011, je sorte du ciné avec l’envie de sauter partout (rassurez-vous, je ne le fais jamais vraiment pour de vrai, même quand j’en ai très envie). Ce ne sera encore pas pour cette fois. Cependant, ce film est certainement le meilleur qui soit sorti cette année (même si l’Académie des Oscars lui a préféré le Discours d’un Roi).

Fiche technique :
Production : Paramount Pictures, Skydance Prods,Scott Rudin Productions, Mike Zoss Productions
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Ethan & Joel Coen
Scénario : Ethan & Joel Coen, d’après l’oeuvre de Charles Portis
Montage : Ethan Coen
Photo : Roger Deakins
Décors : Jess Gonchor, Nancy Haigh
Musique : Carter Burwell
Directeur artistique : Stefan Dechant, Christina Ann Wilson
Durée : 125 mn

Casting :
Jeff Bridges : Rooster Cogburn
Matt Damon : Laboeuf
Josh Brolin : Tom Chaney
Barry Pepper : Ned Pepper
Hailee Steinfeld : Mattie Ross
Dakin Matthews : Colonel Stonehill

C’EST ENCORE LOIN LA COUPE DU MONDE ?

angleterrefrance

angleterrefranceEvidemment, le refrain de la défaite encourageante, des progrès constatés, des éléments positifs à retenir, tout ça, tout ça, c’est bien beau, mais ça ne retire rien au fait que l’on a perdu face à l’Angleterre, ce qui en soit est déjà désagréable, mais que surtout, il faut bien l’admettre, nous avons été battu par une équipe meilleure que la notre et il n’y a aucune injustice à déplorer. Et ça, c’est vraiment beaucoup plus dur à supporter.

Même si Rougerie avait marqué son essai et même avec un arbitrage plus cohérent sur le mêlées, le XV de France aurait perdu hier après-midi à Twickenham. Le XV de la Rose est bien en avance sur nous sur la route qui mène, dans quelques mois désormais, à la prochaine Coupe du Monde. Alors on peut positiver autant qu’on le voudra sur les progrès, notamment en défense, réalisés par les Bleus, il n’empêche qu’il ne s’agit pas de devenir meilleur dans l’absolu, mais meilleur que les autres pour espérer être champion du Monde.

Malgré tout l’optimiste qui me caractérise, je doute fort que le XV de France puisse enfin remporter le titre suprême à l’automne prochain. Il faut simplement regarder les choses en face, nous n’avons pas une équipe suffisamment compétitive pour cela. On se rapproche de la situation de 1991 qui s’était soldée par une Coupe du Monde très moyenne de la part de l’Equipe de France. Après est-ce la faute du manque de talent des joueurs ou bien la faute à un sélectionneur totalement inexpérimenté ? La réponse n’est pas évidente et la connaître ne changerait plus grand chose, il est trop tard pour changer radicalement de cap.

J’espère évidemment me tromper dans mon analyse. Mais de toute façon, il n’y aucune honte à perdre contre plus fort que soit. C’est d’ailleurs ce que disent tous les perdants…

LARGO WINCH II : Aussi crédible, mais surtout aussi bon qu’une James Bond

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largowinchIIafficheLe premier volet des aventures de Largo Winch m’avait beaucoup séduit. Non pas que c’était le chef d’œuvre du siècle, mais c’était un film d’aventures et d’action extrêmement divertissant, spectaculaire et bien foutu, à un niveau rarement atteint pour une production hexagonale. De plus, les auteurs avaient eu le bon goût de préserver l’esprit original de la bande-dessinée culte dont il est l’adaptation. Il était évident qu’il engendrerait au moins une suite. Exercice toujours délicat, surtout quand le premier volet est un vrai succès.

Largo Winch est désormais bien installé à la tête de l’empire industriel crée par son père, le groupe W. Mais comme il est un peu rebelle, il se décide à tout vendre pour réutiliser les fonds ainsi obtenus pour des œuvres humanitaires. Il sollicite les conseils d’Alexandre Jung, le plus vieil ami de son père, qui le met en garde contre les dangers d’une telle opération, qui ne manquera pas de bouleverser le monde de la finance et lui créer beaucoup d’ennemis. D’ailleurs, quelques minutes après avoir signé son mandat de vente, il voit débarquer sur son yatch une procureur de la Cour Pénale Internationale, Diane Francken.

Largo Winch II, tout comme le premier volet, est bon comme un James Bond. Intrigues, cascades et personnages sont totalement improbables, mais on s’en tamponne le coquillard. On est là pour le spectacle et le divertissement et tous ces éléments se mettent à leur service pour un résultat aussi réussi qu’efficace. De plus, on retrouve les mêmes touches de voyage et d’exotisme qu’une aventure de l’agent 007. Bref, on y trouve exactement ce qu’on est venu y chercher. Et si certains ont été déçus en espérant plus, c’est qu’ils n’ont pas du beaucoup réfléchir avant d’acheter leur billet.

Techniquement, il n’y a vraiment rien à dire. Il n’y a pas cette impression d’un léger manque de moyens, habituel chez les films d’espionnage français tournés vers l’action, comme Secret Défense par exemple. Et si Gérard Lanvin était plus crédible que Tomer Sisley, on préfèrera tout de même ce personnage de milliardaire philanthrope, n’hésitant jamais à mettre les mains dans le cambouis et asséner quelques baignes au passage. Mais toujours pour la bonne cause of course !

Tomer Sisley confirme ici un vrai talent de comédien. Alors bien sûr, ce n’est pas le rôle de composition du siècle, mais il fait preuve ici d’un charme et d’un charisme incontestables. Et pour un ancien comique, il ne donne jamais l’impression d’en faire trop. Heureusement qu’ils n’ont pas choisi Franck Dubosc à sa place… En face de lui, Sharon Stone ne semble toujours avoir pris une seule ride. Enfin si, peut-être une ou deux, mais ça n’enlève pas grand chose à son sex-appeal. Alors bien sûr, son rôle n’est pas crédible une seule seconde, mais encore une fois, on s’en fout complètement et on se contentera de profiter de son charme et son talent. Saluons également le dernier rôle de Laurent Terzieff, immense acteur, décédé en juillet dernier.

largowinchIILargo Winch II brille aussi dans un domaine où le cinéma français pêche parfois, surtout quand on quitte le domaine de la comédie pure. En effet, les seconds rôle sont ici tous excellents et apportent une vraie plus-value. On saluera notamment Nicolas Vaudé, en domestique maladroit, obligé de jouer les agents secrets. Cela a des parfum d’Indiana Jones, mais des références de cette qualité, on n’a jamais rien contre.

Largo Winch II propose donc un très bon équilibre entre humour et action. Là encore, le parallèle avec James Bond est évident. Même en pleine poursuite, notre milliardaire n’est jamais avare d’un bon mot ou d’une réplique qui fait mouche. C’est aussi la preuve que ce film ne se prend pas vraiment au sérieux sur le fond. Mais cela n’a pas empêché Jerôme Salle de soigner, avec le plus grand sérieux, la forme.

Largo Winch II n’est pas la copie d’un film américain. C’est juste un bon film d’aventures divertissant. Après, ce n’est pas de leurs faute, s’ils sont les meilleurs pour ça à Hollywood. Mais ce film prouve que l’on peut faire aussi bien qu’eux dans ce domaine. Alors pourquoi se priver ?

Fiche technique :
Production : Pan Européenne, Wild Bunch, TF1 films production, Casa productions, LW production, Climax Films
Distribution : Wild Bunch Distribution
Réalisation : Jérôme Salle
Scénario : Jérôme Salle, Julien Rappeneau
Montage : Stan Collet
Photo : Denis Rouden
Décors : Laurent Ott
Son : Marc Engels, Jean-Paul Hurier
Musique : Alexandre Desplat
Costumes : Gabrielle Binder
Durée : 119 mn

Casting :
Tomer Sisley : Largo Winch
Sharon Stone : Diane Francken
Ulrich Tukur : Dwight Cochrane
Mame Nakprasitte : Malunaï
Olivier Barthélémy : Simon Ovronnaz
Laurent Terzieff : Alexandre Jung
Nicolas Vaudé : Gauthier
Nirut Sirichanya : Général Kyaw Min
Clemens Schick : Dragan Lazarevic

JEWISH CONNECTION : De l’ecstasy sous la kippa

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jewishconnectionafficheIl y a eu la French, voici la Jewish Connection. Vous allez me dire, c’est un peu facile comme entrée en matière. Cependant, je ne fais pas mieux que les distributeurs de ce film en France. En effet, son titre original est Holly Rollers. Magie de la traduction… On peut facilement imaginer que leur but était de faire le lien avec le film de William Friedkin. Il est vrai qu’il y a quelques similitudes…

Sam Gold est un jeune juif orthodoxe que sa modeste famille destine à devenir rabbin et cherche à marier. Il se plie à leur volonté sans enthousiasme. Alors quand son voisin Yosef cherche à l’embaucher dans ce qui lui décrit comme de la simple contrebande de médicaments, il se laisse vite convaincre. Il s’agit en fait d’un large trafic d’ecstasy, qui voyage d’Amsterdam à New York. Très vite Sam va commencer à apprécier cette existence tellement différente et tellement plus pleine de liberté.

Jewish Connection a été écrit à partir de faits réels. Il nous décrit donc avec réalisme le milieu assez fermé de la communauté juive orthodoxe de New York. C’est d’ailleurs ici le principal sujet du film, le milieu des trafiquants étant décrits plus succinctement et sans aller au-delà des clichés habituels. Tout repose sur l’écartèlement de Sam entre une vie oppressante et une existence plus exaltante mais qui le coupe de sa famille et des valeurs dans lequel il a toujours grandi. A côté de ça, pas de fusillades ou de poursuites spectaculaires.

On est donc dans le domaine du polar, mais Jewish Connection est au moins tout autant un portrait. Mais aucun des deux aspects n’est creusé autant qu’il l’aurait mérité. Il aurait peut-être fallu déséquilibrer l’intrigue au profit de l’un d’entre eux pour en renforcer l’intérêt. Le milieu de la drogue tel qu’il est décrit ressemble à ce que l’on voit dans nombre de films du genre. Les truands sortent en boîte, les truands d’une communauté négocient avec ceux de l’autre communauté, les truands inventent des stratagèmes pour faire passer la drogue en douce. Bref que du classique.

C’est donc réellement dans le portrait de la communauté juive qu’il faut chercher un éclair d’originalité. Cela donne un côté un peu « dépaysant » à Jewish Connection. Le film aurait pu être bien meilleur si cet aspect avait été encore plus privilégié. Il aurait alors fallu veiller à ne pas tomber non plus dans le film sociologique descriptif à l’intrigue minimaliste. Mais encore une fois, le film aurait gagné à un équilibre un peu différent.

jewishconnectionJewish Connection, c’est aussi l’occasion de retrouver Jesse Eisenberg, l’acteur principal de The Social Network. Il tient là un rôle fort différent, même si on y retrouve son côté introverti et pas très causant… sauf quand il parle de ce qui le passionne. Ce coup-ci, ce n’est pas l’informatique, mais les chiffres et les négociations commerciales. Le film repose en grande partie sur ses épaules et s’il ne s’en sort pas trop mal, on est loin de la performance oscarisable.

Jewish Connection est au final un bon film, mais qui aurait sûrement pu être très bon. Sans doute, Kevin Asch aurait du pour cela romancer beaucoup plus cette histoire vraie. Mais pour un premier film, il signe là une œuvre propre et non dénuée d’une certaine élégance dans la réalisation. Un film intéressant, à défaut d’être passionnant. Un film qui parle avant tout de ses personnages et de leur milieu, avant de chercher le spectaculaire et l’action. Une intention louable, mais qui souffre d’une certaine retenue.

Jewish Connection n’est donc pas un film indispensable. Mais un bon film tout de même qui nous fait découvrir un milieu objet de bien des fantasmes.

Fiche technique :
Réalisateur : Kevin Asch
Scénariste : Antonio Macia
Chef décorateur Tommaso Ortino
Costumier : Jacki Roach
Coiffeuse : Laynea Roberts
Maquilleuse : Brenda Bush
Musiques additionnelles (compositeur) : André Anjos
Directeur de la photographie : Ben Kutchins

Casting :
Jesse Eisenberg : Sam Gold
Justin Bartha : Yosef Zimmerman
Ari Graynor : Rachel Apfel
Danny A. Abeckaser : Jackie Solomon
Q-Tip : Ephraim
Mark Ivanir : Mendel Gold
Elizabeth Marvel : Elka Gold
Jason Fuchs : Leon Zimmerman
Hallie Kate Eisenberg : Ruth Gold
Bern Cohen : Rebbe Horowitz

CE SANG QUI ECLABOUSSE

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khadafisarkozyCe que Moubarak et Ben Ali ont eu la lucidité de faire, Muammar Kadhafi s’y refuse. Il est décidé à s’accrocher au pouvoir aussi longtemps que possible, n’hésitant pas à noyer son propre peuple dans le sang. On parle déjà de crime contre l’humanité dans une communauté internationale choquée et révoltée. Pourtant, il n’y a pas si longtemps ce brave homme plantait sa tente dans le jardin de l’Elysée.

Tout serait moins dramatique, on serait tenté d’en rire. L’épisode de la tente de bédouin sous les fenêtres de Nicolas Sarkozy avait déjà couvert de ridicule notre pays. Enfin, ce n’est pas ce que pensait Patrick Ollier, président du groupe France-Libye à l’Assemblée, qui chantait alors les louanges d’un Kadhafi ayant tourné le dos au terrorisme et devant reprendre pleinement sa place dans la communauté internationale. Patrick Ollier qui est, rappelons-le, le compagnon de Michèle Alliot-Marie. Vous savez notre ministre des Affaires Etrangères qui fréquentent de près les proches de Ben Ali. Quand on ajoute à ça, qu’une partie des armes, notamment des avions, ayant servi à la répression du peuple libyen sont françaises, on voit bien que notre pays n’a vraiment pas de quoi être fier.

Mais dans tout ça, il y en a qui doivent avoir le cœur bien gros. Les familles des victimes de l’attentat de Lockerby avaient sûrement déjà du apprécier de voir certains grands de ce monde faire des courbettes devant Kadhafi. Je ne peux même pas imaginer leur amertume et leur dégoût. Mais voilà, ils n’ont pas de pétrole et ils n’achèteront jamais d’avions de chasse. Aujourd’hui, le sang de leurs proches se mêle à ceux des Libyens tombés sous des balles made in France.

Non, vraiment pas de quoi être fier.