
Ludo est le boute-en-train d’une bande de copains inséparables, qui s’apprêtent à partir comme chaque année en vacances au Cap-Ferret. Mais à la sortie d’une boîte de nuit, il se fait renverser par un camion sur son scooter. Il se retrouve entre la vie et la mort. Alors forcément, la petite bande est bouleversée. Elle choisit néanmoins de partir tout de même au soleil pour quinze jours. Mais ces vacances ne seront définitivement pas comme les autres.
Les Petits Mouchoirs soit on aime, soit on déteste. Basé sur l’émotion, sur l’attachement aux personnages, sur la manière dont on se reconnaît en eux, il peut facilement se transformer en calvaire pour qui resterait de marbre. Un calvaire de plus de 2h30 qui plus est. Tout peut alors sembler surfait, caricatural, ridicule, bref, pénible. Mais ce film peut être surtout tout son contraire.
Pourtant, le premier tiers du film m’a quelque peu fait peur. En effet, les Petits Mouchoirs peinent un peu à démarrer, après une superbe séquence d’ouverture. C’est à ce moment là où le film aurait pu basculer dans l’ennui profond. Mais heureusement, le scénario va crescendo et une heure plus tard, on a tout oublié des craintes initiales. Ce film est peut-être un peu trop long, mais il fait partie de ceux à qui on le pardonne totalement.
Les Petits Mouchoirs est un film de personnages, de copains, comme le cinéma français en compte tant. Mais celui-là se démarque pas une formidable justesse de ton. Il sait être drôle, comme ne pas l’être du tout. Cet équilibre est essentiel dans la réussite de ce film. On s’amuse, on pleure, on rit… mais on n’est pas non plus dans le pays de Candy. De toute façon pour nous maintenir en émoi pendant deux heures et demi, il fallait tout faire pour éviter la monotonie. On retrouve tous les archétypes d’un tel film : le dragueur, le looser amoureux, le travailleur qui ne décompresse pas, le père de famille qui doute… Mais avec des variantes que je ne dévoilerais pas ici. On n’est peut-être pas tant surpris que ça, mais on est charmé par cette bande à laquelle on aimerait tant faire partie.
Parmi les dénouements qui ont fait débat, les Petits Mouchoirs occupe désormais une bonne place. Too much or not too much, là est la question ! Là, encore, c’est un peu le tout ou rien. Soit vous êtes restés totalement impassibles devant tout le reste du film, alors la fin vous donnera surtout envie de vous mettre deux doigts au fond de la gorge pour vous soulager. Soit vous êtes totalement entrés dans l’histoire et avez adopté les personnages, alors préparez vous à un grand moment d’émotion.
Mais si Les Petits Mouchoirs laisse aussi peu indifférent, c’est surtout que Guillaume Canet nous prouve, après son formidable Ne le dis à Personne, qu’il est un grand réalisateur. Il s’est beaucoup investi dans ce film et cela se sent à chaque seconde. Une œuvre personnelle à laquelle il prête sa caméra élégante et sobre. Une œuvre qui vaut dans tous les cas bien plus de respect qu’il n’en a récolté auprès de certains critiques. Encore une fois, on a le droit de ne pas du tout être bouleversé par ce film, mais on a le droit aussi d’admettre que c’est parce que l’histoire ne nous a pas parlé, n’a rien éveillé en nous, sans remettre en cause ses qualités artistiques objectives.
Guillaume Canet est surtout un merveilleux directeur d’acteurs. De toute façon, faire un film reposant autant sur ses personnages implique de mettre les comédiens au cœur de son projet artistique. Si l’un d’eux n’est pas à la hauteur, c’est son personnage qui perd en crédibilité, tout comme ses relations avec les autres et c’est tout l’ensemble qui se retrouve fragilisé. Dans les Petits Mouchoirs, pas de lézarde dans la pyramide, c’est du solide !

Les Petits Mouchoirs marque aussi le retour de Marion Cottillard comme actrice, pour la première fois depuis La Môme. Et oui, dans ce film, elle joue ! Elle ne se contente pas juste d’être Marion Cotillard, ce qui est déjà pas mal soit-dit en passant. Bon, ce n’est pas encore hyper spectaculaire, mais son aura naturelle faisant le reste, sa présence à l’écran illumine le film. Je n’en dirait pas tant de Benoît Magimel… Bon, là, j’avoue c’est un avis assez personnel sur cet acteur avec qui j’ai un peu de mal. Trop froid, trop impersonnel à mon goût. A mon avis, et il est humble, le film aurait gagné à voir Guillaume Canet se mettre lui-même en scène pour se rôle.
Les Petites Mouchoirs est donc pour moi un des meilleurs films français de l’année. C’est une œuvre personnelle qui ne peut qu’enthousiasmer positivement ou négativement. Mais à la fois, n’aimons-nous pas le cinéma pour les enthousiasmes qu’il fait naître en tous. Tous les enthousiasmes.
Fiche technique :
Production : Les productions du Trésor, EuropaCorp, Caneo Films, M6 Films
Distribution : Europacorp distribution
Réalisation : Guillaume Canet
Scénario : Guillaume Canet
Montage : Hervé De Luze
Photo : Christophe Offenstein
Décors : Philippe Chiffre
Durée : 154 mn
Casting :
François Cluzet : Max Cantara
Marion Cotillard : Marie
Benoît Magimel : Vincent Ribaud
Gilles Lellouche : Eric
Jean Dujardin : Ludo
Laurent Lafitte : Antoine
Valérue Bonneton : Véronique Cantara
Pascale Arbillot : Isabelle Ribaud
Anne Marivin : Juliette

Bon, ne croyez pas non plus que Vous Allez Rencontrer un Bel et Sombre Inconnu soit désagréable à suivre. On est face à un bon vaudeville, bien foutu, dirigé de main de maître et aux dialogues de haut niveau. Mais ceux qui connaissent bien l’œuvre de Woody Allen ne pourront être que déçus par un manque totale de surprise. Les autres y trouveront certainement beaucoup plus de plaisir. 
Dernier pilier sur lequel s’appuie l’étonnante réussite de The Social Network, l’interprétation. Car pour débiter autant de dialogues tranchants à la seconde, il faut bien des acteurs capables de les servir avec talent. Le premier d’entre eux est le futur plus jeune Oscar du meilleur acteur de l’histoire, Jesse Eisenberg. Bon, je m’avance peut-être un tantinet, mais je serai quand même prêt à miser quelques euros sur ses chances de remporter la précieuse statuette. Certains trouveront peut-être lassant de récompenser systématiquement des acteurs pour leur talent mimétique, mais il est vrai que la ressemblance avec le vrai Mark Zuckerberg est absolument frappante. Mais surtout, quelle dextérité dans le débit verbal ! Cependant, la performance de Jesse Eisenberg ne se limite pas à une fantastique élocution, mais c’est surtout la profondeur dont il arrive à doter son personnage qui parachève la réussite totale de ce film.
Ce dernier facteur était capital pour la réussite de Trop Loin pour Toi. Car contrairement à la plupart des comédies romantiques, le problème n’est pas de s’avoir s’ils font finir à s’aimer, mais s’ils vont pouvoir continuer à s’aimer. Donc, pour vraiment apprécier l’histoire, il faut avoir envie de les voir poursuivre leur idylle. Et à ce niveau, il faudrait avoir un cœur de pierre pour avoir envie de voir nos tourtereaux se séparer. Le tout fait de ce film un bon film dans sa catégorie. On pourrait presque le qualifier d’original. Mais on pourra surtout féliciter Nanette Burstein pour le dénouement vraiment intelligent.

Captifs n’a par contre rien de très original, surtout au niveau de son dénouement. Film de genre, mais qui ne renouvelle pas le genre. On pourrait s’attendre à un peu plus que ça de la part d’un film français, mais bon, on a aussi droit dans notre pays à produire des films qui se situent entre le brillamment génial et le incroyablement chiant. 



Une des plus grandes erreurs commises par Mister Moumoute est sans doute de s’être lui même mis en scène dans The Town. Pour Gone Baby Gone, il avait choisi de mettre devant la caméra son petit frère, Casey Affleck, et la complicité fraternelle avait apporté à un vrai plus au film. Ici, Ben Affleck a quelque peu tendance à se mettre inutilement en avant et à flirter avec le cabotinage. On regrettera notamment cette scène qui n’a d’autre utilité que nous permettre d’admirer en long, en large et en travers la musculature que Monsieur s’est forgée pour l’occasion. Les dames seront peut-être ravies, les autres trouveront ça un peu ridicule, à défaut de se voir pousser des complexes.
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