ENTER THE VOID : Overdose

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enterthevoidafficheLe moins que l’on puisse dire, c’est que Gaspard Noé n’est pas vraiment un réalisateur qui cherche à être consensuel. Son premier film, Irréversible, avait déjà suscité débat et polémique. La forme était assez révolutionnaire, le fond était parfois à la limite de l’insoutenable, avec notamment une scène de viol particulièrement dure. Enter The Void reproduit à peu près le même schéma. Une forme remarquablement originale, mais un fond nettement moins convaincant. Et pour un film de 2h30, ça ne pardonne pas.

Oscar vit à Tokyo, où il deale et s’occupe de sa petite sœur, Linda. Mais lors d’une altercation avec la police, il est abattu. Son âme s’élève alors au dessus de son corps. Il pourra alors revivre sa propre expérience et assister aux évènements qui suivront son décès.

Enter The Void, pendant une petite demi-heure, nous permet de suivre les dernières heures d’Oscar en caméra subjective. Il nous fait partager l’altération de sa perception par les drogues qu’il consomme. Une sorte de trip psychédélique cinématographique qui constitue une vraie expérience artistique. Puis, on change de point de vue en épousant le point de vue de son âme qui flotte au-dessus de Tokyo. L’ensemble des évènements seront donc désormais vus du dessus, à part les quelques flash-backs. Là encore, c’est original, perturbant, mais… et c’est un gros mais, un très gros mais, pendant plus de deux heures, c’est carrément pénible.

On ne pourra pas reprocher à Gaspard Noé de ne pas avoir exploité son concept visuel jusqu’au bout. D’un point vue « l’art pour l’art », Enter The Void est un film vraiment exceptionnel, car il est désormais extrêmement rare de pouvoir assister à un spectacle cinématographique aussi radicalement nouveau. Mais voilà, totalement centré sur son idée géniale, il oublie totalement le reste et notamment le spectateur, ce qui est quand même relativement regrettable. Il ne semble jamais être maître de son sujet, allant jusqu’à sombrer dans le ridicule par un des derniers plans du film qui a provoqué l’hilarité de la salle. Et croyez-moi bien que ce n’était pas du tout l’idée du réalisateur !

enterthevoidEnter The Void en oublie donc d’être génial à force de se prendre au se prendre au sérieux. Et encore une fois, la longueur du film rend le tout insupportablement pénible. Tenir jusqu’au bout est extrêmement courageux (ce ne fut pas le cas de tout le monde dans la salle), tant la curiosité du début fait rapidement place à une envie que tout cela se termine enfin. Dans un film qui parle autant de drogue, un mot vient immédiatement à l’esprit pour qualifier la sensation transmise par ce film : overdose. Overdose d’images, de musique, de cette histoire qui n’en finit pas, de lumières, de sons. Overdose de tout en fait.

Enter The Void est particulièrement cru, avec notamment des scènes sexuelles très explicites. Cela ne poserait évidemment pas un problème en soi, si le tout n’était pas à nouveau exploité jusqu’à la nausée. Les dix dernières minutes, notamment, n’en finissent plus de finir, avant de s’achever sur le grand éclat de rire que j’ai évoqué plus haut. Gaspard Noé en fait trop, beaucoup trop, infiniment trop.

Enter The Void est un film unique, un objet cinématographique d’exception. Mais, final, il s’agit surtout d’un film incroyablement prétentieux et surtout vous fait vivre une impression d’ennui aussi exceptionnel que l’expérience visuelle qu’il propose.

Fiche technique :
Production : Wild bunch
Réalisation : Gaspar Noe
Scénario : Gaspar Noe
Montage : Gaspar Noe, Marc Boucrot, Jérôme Pesnel
Photo : Benoit Bebie
Décors : Marc Caro
Distribution : Wild bunch distribution
Musique : Thomas Bangalter
Durée : 165 mn

Casting :
Masato Tanno : Mario
Olly Alexander : Victor
Nathaniel Brown : Oscar
Paz de la Huerta : Linda
Cyril Roy : Alex 

ILS TOUCHENT LE FOND, MAIS CREUSENT ENCORE

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francechineLa France était inquiète pour son Equipe Nationale avant d’attaquer la Coupe du Monde. Elle est désormais intimement persuadée que l’on courre à la catastrophe. La défaite face à la Chine plonge les supporters des Bleus dans une abîme de perplexité. On aimerait encore y croire, mais cela devient impossible, tant l’ensemble des voyants sont au rouge.

Voici quatre ans que l’Equipe de France joue mal. Le problème est surtout qu’elle joue de plus en plus mal et que rien ne semble vouloir la sortir de cette spirale négative. L’émergence de Gourcuff a semble allumé un temps une lueur d’espoir, mais depuis, le meneur de jeu girondin est largement rentré dans le rang. Du coup, on voit mal comment les Bleus pourraient être performant dès vendredi prochain.

Domenech semble se montrer incapable de régler les problèmes qui se posent à lui depuis le déclin définitif des champions du monde de 98. La défense, qui fut très longtemps le point fort de l’Equipe de France, n’en finit plus de tâtonner. Vues les multiples essais en charnière centrale effectués ces deux dernières années, il devient improbable qu’il s’agisse d’un problème de choix de joueurs. On pensait qu’avec le duo Gallas-Abidal, on tenait enfin un axe central solide et expérimenté. Les trois matchs de préparation nous ont montré qu’on avait encore du soucis à se faire à ce niveau là. C’est désespérant et incompréhensible vue la qualité intrinsèque de ces deux joueurs.

Quant à l’animation offensive, là on marche en plein désert. Domenech continue les essais à quelques jours du début de la compétition et parfois on se demande s’il ne fait pas ses choix par tirage au sort. L’entrée de Henry et Gignac devant la Chine apparaissait logique, mais placer l’attaquant de Barcelone dans l’axe et le Toulousain sur le côté a étonné tout le monde. Il ne faut pas avoir un bac+5 en football pour comprendre que ce choix est absurde. On pourra toujours me rétorquer que je ne suis pas sélectionneur, mais on ne peut pas dire que les résultats donnent non plus raison à Raymond.  

Ce n’est pas la première fois qu’ils attaquent une compétition sans vraiment avoir convaincu. C’était déjà le cas en 1998 ou en 2006, pour les résultats que l’on sait. Mais à la différence de ce qui se passe en ce moment, c’est que même sans vraiment bien jouer, ils gagnaient, ou du moins ne perdaient pas. Ils n’ont ni la manière, ni les résultats, alors comment espérer ?

On peut cependant encore le faire et c’est bien là ce qui fait toute la beauté et la popularité du football. Les vérités du jour peuvent être très différentes de celles du lendemain. Si évidemment, il est nettement plus probable que l’Espagne soit champion du Monde que la France, cette possibilité reste envisageable. C’est pour ça que l’on suivre cette Coupe du Monde avec la même passion et la même ferveur ! Alors, malgré tout, encore une fois, allez les Bleus !

PRINCE OF PERSIA : LES SABLES DU TEMPS : Bon comme un bon film

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princeofpersialessablesdutempsaffichePrince of Persia : les Sables du Temps, voilà encore un film que j’ai vraiment failli ne pas aller voir. Déjà parce que les adaptations cinématographiques de jeux vidéos ne sont que très rarement transcendantes et parce que la bande-annonce m’avait fait craindre le pire. Bon, il faut dire que je l’ai vu plusieurs fois en VF et là, effectivement, ça faisait très peur. Mais bon, voilà, Télérama a beaucoup aimé… Oui, je sais, j’en entends déjà hurler tout le mal qu’ils pensent des critiques de ce journal. Certes, quand ils encensent un film moldave tourné en noir et blanc, je me méfie et ne me précipite pas forcément pour le voir. Mais quand ils disent du bien d’un gros blockbuster qui tâche, c’est généralement le signe d’un film plutôt réussi… Et c’est le cas ici.

Dastan est un des trois fils du Roi de Perse. Mais un fils adoptif. Pourtant l’harmonie semble régner dans la famille royale. Le siège d’une ville sacrée, qui est censée abriter des fabriques d’armes vendues aux ennemis de l’Empire va lui permettre de briller. Mais quand son père est mystérieusement assassiné et que tout l’accuse, il est obligé de s’enfuir en compagnie de la princesse locale qui semble surtout intéressée par une dague aux pouvoirs mystérieux.

Que demande-t-on à un film d’aventures qui cherche avant tout à distraire ? Et bien du rythme, de l’action, ainsi que de l’action et du rythme. Et Prince of Persia : les Sables du Temps réunit ses deux éléments. Il est donc pour moi totalement réussi et atteint parfaitement son but. J’ai passé un très bon moment, je ne me suis pas ennuyé une seule seconde et j’ai même été parfois enthousiaste. Que demander de plus, franchement !

Après évidemment, si je développe, je vais forcément devoir pointer toutes les faiblesses de Prince of Persia : les Sables du Temps. Et il n’en manque pas. Dans le désordre, des faiblesses dans le scénario, une réalisation souvent ras des pâquerettes, une direction d’acteurs minimaliste, des dialogues pas toujours transcendants et des clichés à la pelle. Mais bon, voilà, on s’en fout, parce qu’au milieu de tout ça, ça court, ça saute, ça virevolte, ça se bat, ça n’arrête pas ! On n’a donc pas du tout le temps de penser à tous les petits défauts qui constellent ce film.

princeofpersialessablesdutempsEvidemment, tout cela fait de Prince of Persia : Les Sable du Temps un sympathique divertissement, pas un grand film destiné à devenir culte. Mais bon, peut-on vraiment lui en vouloir ? A la fois, un grand film est juste un film plus grand que les autres, donc il faut bien des films juste bien pour qu’il existe. Alors on remerciera tous Mike Newell de ne pas être Stanley Kubrick. Et oui, j’ai l’art de positiver et ce n’est pas le moindre de mes talents !

Enfin, Prince of Persia : Les Sables du Temps peut se laisser voir pour simplement admirer la sublime Gemma Arterton, qui est ici mille fois mieux mise en valeur que dans cette grosse bouse du Choc des Titans (je vous ai déjà dit que j’ai détesté ce film ?). Elle arrive à éclipser la beauté des décors et des effets spéciaux (mais bon, on n’est un peu blasé à ce niveau-là à force) par son charme et sa grâce. Bref, un vrai régal pour les yeux.

Vous l’aurez compris, Prince of Persia : Les Sables du Temps ne m’a pas une seule seconde déçu. Pas un grand film, mais un film qui remplit totalement son rôle de film d’aventures divertissant.

Fiche technique :
Production : Walt Disney Pictures, Jerry Brukheimer films
Distribution : Walt Disney Pictures France
Réalisation : Mike Newell
Scénario : Boaz Yakin, Doug Miro, Carlo Bernard
Montage : Michael Kahn, Martin Walsh, Mick Audsley
Photo : John Seale
Format : 35mm
Décors : Wolf Kroeger
Musique : Harry Gregson-Williams
Effets spéciaux : Trevor Wood
Durée : 116 mn

Casting :
Jake Gyllenhaal : Dastan
Sir Ben Kingsley : Nizam
Gemma Arterton : Tamina
Alfred Molina : le cheikh Amar
Steve Toussaint : Seso
Toby Kebbell : Garsiv 

CACHEZ CETTE AUGMENTATION QUE JE NE SAURAIS VOIR

pv

pvEn France, il y’a trois grands persécutés du porte-monnaie. Evidemment, au premier rang, siège le contribuable. Comme on dit, dans la vie, il y’a deux sortes de gens, ceux qui ont des problèmes d’argent et ceux qui ont des problèmes d’impôts. Les personnes faisant partie de la seconde catégorie n’ont évidemment aucunement conscience de leur chance par rapport à la première. Mais bon, ce n’est pas d’eux dont je vais parler aujourd’hui.

Ensuite viennent les fumeurs. Car en plus de payer chaque paquet de clopes un bras, ils sont obligés, désormais, de frôler la pneumonie tout l’hiver dès qu’ils se retrouvent obligés de sortir pour s’adonner à leur vice. Bientôt, le froid sera un plus grande cause de mortalité chez eux à la place des cancers du poumon. Mais si vous êtes comme moi, un non-fumeur tout heureux de ne plus avoir à jeter ses vêtements dès qu’il sort dans un bar, vous ne pleurerez guère sur leur sort.

Enfin, the last but not the least, les automobilistes ! Et dernière preuve de l’acharnement dont ils sont victimes, le PV pour mauvais stationnement va passer de 11 à 20 euros. Quelle n’est pas leur colère face à cette hausse inconsidérée, qui fait passer les vaches à lait pour des retraités en villégiature ! Cette situation m’inspire deux petites réflexions que je vais me faire un plaisir de partager avec vous.

Tout d’abord, cet épisode montre bien l’intérêt politique de procéder par hausse successive. Le tarif de 11 euros n’avait pas bougé depuis 1985. Or, il n’y a aucune raison qu’il ne suive pas l’inflation, le délit en question ne devenant pas de moins en moins grave au fur et à mesure des années. Cette hausse correspond donc plus à la régularisation d’une situation anormale qui profitait aux automobilistes qu’une véritable hausse. Mais bon, si ce genre de raisonnement est toujours accepté quand il concerne le voisin, l’appliquer à soi-même quand c’est à nous de payer est nettement plus difficile intellectuellement.

Ensuite, tout ceci est quand même révélateur de la place totalement disproportionnée qu’occupe la bagnole dans nos sociétés. Et depuis que je suis élu local, je m’en suis encore plus rendu compte. Organisez n’importe quelle réunion publique un peu générale et vous aurez au minimum la moitié de ceux qui prendront la parole qui vous parleront de leur problème de stationnement. A croire que la qualité du cadre de vie se mesure uniquement à la facilité avec laquelle on gare sa voiture. C’est affligeant mais c’est comme ça !

Après, on pourra toujours me dire que je ne suis pas forcément non plus un citoyen modèle, puisque je continue à préférer encombrer les rues de mon quartier (qui le sont) plutôt que de payer un abonnement au parking souterrain situé à 300 m de chez moi. Et oui, moi aussi j’ai le portefeuille sensible…

LE TROISIEME HOMME

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robinsoderlingFederer-Nadal ou Nadal-Federer ? Superman ou Batman ? Mais c’est oublier Robin ! Alors celle-là, elle est bonne, comme diraient deux potes à moi ! Avouons-le, on l’espérait tous, on la voulait, on la désirait, mais une nouvelle finale entre les deux inséparables n’aura pas lieu. Et comme l’année dernière, c’est la faute à Robin Soderling. Franchement, qu’est ce que ce maudit Suédois vient contrarier la bonne marche de la planète tennis !

Plus sérieusement, on ne peut remercier Soderling de venir ainsi casser la routine dans laquelle la balle ronde s’était quelque peu enfermée. Evidemment, les affrontements Federer-Nadal nous ont offert des moments de tennis inoubliables. Rarement une rivalité n’aura été aussi forte et surtout avec une telle intensité sur un si long laps de temps. Mais quand la noble incertitude du sport s’efface au profit de scénarios écrits d’avance, l’ennui guette.

Soderling nous aura donc rappelé que ces deux monstres sont humains. Cette année, il aura surtout revalorisé sa performance de l’année précédente, où, pour beaucoup, sa victoire face à Nadal était avant tout du à la méforme de ce dernier. Cette fois-ci, il a prouvé qu’il était bien un grand joueur de terre battue car sa victoire contre Federer a été acquise sur son seul talent. Est-ce que ce sera suffisant pour remporter Roland Garros ? Pas sûr, car Rafael Nadal semble bien décidé à reconquérir son pré carré.

Cependant, les vrais admirateurs de Federer en veulent un peu à Soderling. La victoire de leur idole l’année dernière, même si elle l’a définitivement propulsé au sommet de l’histoire du tennis, était un peu entaché d’un « bah oui mais c’était pas Nadal en face ». Jugement un peu cruel et injuste, mais que l’on ne peut s’empêcher de formuler. Ah si le Suisse avait terrassé l’Espagnol en finale, plus aucun débat ne serait possible !

Mais n’aime-t-on pas le sport justement parce qu’on peut en débattre à l’infini ? Alors pour ça, merci Monsieur Soderling.

FREDDY : LES GRIFFES DE LA NUIT : Sans intérêt

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freddylesgiffesdelanuitafficheAvant on faisait des remakes, c’est à dire qu’on refaisait de vieux films, généralement plusieurs décennies après l’original. Ce n’est pas nouveau, puisqu’un film comme Ben-Hur, avec Charlton Heston, en est un. Vous me direz que ça se pratique encore en prenant l’exemple du Choc des Titans, mais voyez-vous, pour le coup, je préfère oublier. Mais désormais, la mode est au reboot… Là ce n’est simplement un film que l’on refait à neuf, mais une série de films, ou franchise si vous voulez parler comme un pro. La dernière en date est donc la série des Freddy, dont l’originale comportait sept opus. Mais quand on voit la qualité de ce nouveau Freddy : les Griffes de la Nuit, on espère très fort qu’il ne fera pas autant de petits.

Il est déconseillé de dormir quand vous êtes un adolescent et que vous habitez Elm Street. Vos cauchemars seront hantés par un homme au visage brûlé, portant un vieux pull rayé et surtout des ciseaux au bout des doigts. Ca ne serait pas si grave si ce mystérieux personnage n’avait le pouvoir de vous éventrer dans leur sommeil. De quoi en perdre le sommeil.

Bon, j’avoue qu’en cinéma d’horreur, ma culture a de sévères lacunes… La preuve, je n’ai vu aucun des films originaux mettant en scène le très sexy Freddy Kruger. Je ne ferai donc pas trop de comparaisons. Cependant, je ne peux pas m’empêcher de faire le parallèle avec le remake de Massacre à la Tronçonneuse, sorti en 2003. D’un film à petit budget mais avec beaucoup d’imagination, on fait un film plat et sans intérêt. Tout le charme initial a disparu et par la même occasion l’effroi qui pouvait s’en dégager.

Une des malchances de ce Freddy : les Griffes de la Nuit est d’être sorti quelques mois après le formidable Esther. Si les contextes sont très différents, on est sur le même principe de « il y’a sûrement un truc dangereux derrière la porte…ou pas ». C’est cette incertitude constante qui nous fait trembler et maintient une tension constante. Sauf que dans ce film, il y’a toujours un truc dangereux derrière la porte, à savoir le Freddy en question. Du coup, on se lasse très vite de voir dix fois, vingt fois la même scène dont seul le décor change. Bref, créativité et originalité zéro et un scénario aussi plat que les plaines de la Beauce.

freddylesgriffesdelanuitPeut-être que des yeux vierges d’un tel spectacle seront tout de même impressionné par ce Freddy : les Griffes de la Nuit. Car c’est vrai que c’est techniquement très propre. Les effets spéciaux sont parfaitement réalisés, la mise en scène ne brille pas spécialement par son génie, mais démontre une certaine maîtrise. Quant au casting, là aussi rien à redire et même un petit coup de cœur pour la jeune Rooney Mara, dont la performance est peut-être la seule raison de se réjouir de ce film. Mais mon Dieu que tout cela est lisse…

Se pose donc la question existentielle : à quoi sert ce remake ? A quoi ça sert de refaire ce qui a déjà été fait en cent fois moins bien ? Il y’a bien sûr une histoire de gros sous derrière tout ça. Et vous me direz que j’ai moi-même contribué à donner raison aux producteurs en allant voir leur navet. Bon, je ne peux pas non plus avoir toujours de bonnes idées. La fin du film qui ouvre gros comme une raison sur une suite, je promets de ne pas me faire avoir une seconde fois.

En tout cas, ce Freddy : les Griffes de la Nuit m’aura donner deux bonnes idées : voir enfin l’original et revoir Esther ! Celles-là, elles sont très bonnes !

Fiche technique :
Production : Warner Bros, New Line Cinema, Platinium Dunes
Distribution : Warner Bros Entertainment France
Réalisation : Samuel Bayer
Scénario : Welsey Strick, Eric Haisserer
Montage : Glen Scantlebury
Photo : Jeff Cutter
Format : 35mm
Décors : Patrick Lumb
Musique : Steve Jablonsky
Directeur artistique : Craig Jackson
Durée : 95 mn

Casting :
Katie Cassidy : Kris Fowles
Rooney Mara : Nancy Holbrook
Kyle Gallner : Quentin Smith
Jackie Earle Haley : Freddy Krueger
Thomas Dekker : Dean Russell

CRAZY NIGHT : Une comédie qui fait rire

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crazynightafficheAllez, ne soyez pas timides, avouez-le. Je sais que je vous ai manqués ! Bah oui plus de quinze jours sans ciné pour moi, et donc sans critiques pour vous, ça a semblé être une éternité. Mais bon, hier enfin, j’ai réussi à trouver un moment de libre dans mon emploi du temps de ministre pour me faire une petite soirée ciné. Et pour la débuter en beauté, j’ai été voir Crazy Night, une comédie américaine qui aurai pu ne pas être drôle et qui finalement l’est.

Les Foster forment un couple modèle. Une maison en banlieue, un club de lecture, deux enfants et des sorties romantiques toujours dans le même resto. Bref, ils se font grave chier, mais ne se l’avouent pas vraiment ! Mais quand un couple d’amis décide de se séparer, ils prennent tous les deux conscience qu’il faut réagir. Et bien, direction New York, pour une soirée romantique dans un des restaurants les plus branchés. Mais la soirée en question va vite virer au cauchemar.

Dans la série des traductions absurdes, Crazy Night tient une jolie place, puisque le titre original est Date Night… Il ne vaut mieux ne pas chercher à comprendre… Si tant est qu’il y’ait quelque chose à comprendre. Bon, en tout cas, ce film, j’ai longtemps pensé ne pas aller le voir. Ayant vu la bande-annonce 653 fois, je me suis dit que j’avais déjà vu les meilleurs moments du film, comme c’est souvent le cas dans la bande-annonce. C’est au final pas totalement faux, mais pas totalement vrai non plus.

Ce sont au final les bonnes critiques qui m’ont incité à aller voir Crazy Night. Non qu’elles soient dithyrambiques, certaines sont même très mauvaises, à l’inverse personne ne crie au génie. Mais il y’en a un certain nombre qui prennent ce film pour ce qu’il est, un sympathique divertissement, sans aucune profondeur, mais avec assez de consistance pour maintenir les zygomatiques du spectateur en éveil pendant une heure et demi. On n’est loin des sommets dans le genre d’un Very Bad Trip, mais on aurait bien eu tort de s’y attendre.

L’absence de profondeur ne signifie pas forcément que le film ne développe pas certains thèmes en dehors de la comédie. Ici, c’est la vie de couple et la routine qui en découle qui sert de fil conducteur. Comme souvent, c’est la description de quand ça va mal qui fonctionne le mieux. A n’en pas douter, vous reconnaîtrez quelques couples de votre connaissance pendant le premier quart d’heure. Bon si, vous commencez à vous reconnaître vous-même, il est temps d’emmener votre partenaire pour un voyage inattendu ! Plus sérieusement, on a tous connu les affres de la routine et forcément, on ne peut échapper à une légère impression de « ça sent le vécu » qui rend les choses beaucoup plus drôles.

crazynightAprès, le reste du film s’assimile plus à la grosse farce et au premier degré. Mais Crazy Night recèle quelques moments de bravoure délectables, comme une poursuite en voiture qui arrive à être originale, ce qui est loin d’être facile vu le nombre qui ont déjà eu lieu sur grand écran. L’intrigue policière sous-jacente est des plus basiques, mais là n’est vraiment pas l’essentiel. L’essentiel est qu’on rit beaucoup et ça tombe bien, on était venu pour ça.

Crazy Night fonctionne bien, surtout parce que le couple Steve Carell-Tina Fey fonctionne lui aussi à la perfection. Si on ne ressentait aucune tendresse pour eux, le film aurait vite capoté. Evidemment, Steve Carell en fait un peu beaucoup parfois, mais Tina Fey ne s’en laisse pas compter et impose son charme et son talent face aux facéties de son partenaire. Un mot enfin sur la présence à l’écran du beaucoup trop rare Ray Liotta qui interprète là une nouvelle fois un rôle de gangster. Ah qui aurait imaginé après les Affranchis qu’il aurait une carrière si famélique…

Crazy Night n’est donc pas la comédie de l’année, mais un bonne tranche de rire à consommer sans modération.

Fiche technique :
Production : Shawn Levy, 21 Laps, Media Magik
Distribution : Twentieth Century Fox
Réalisation : Shawn Levy
Scénario : Josh Klausner
Montage : Dean Zimmerman
Photo : Dean Semler
Décors : David Gropman
Musique : Christophe Beck
Directeur artistique : Dan Webster
Durée : 88 mn

Casting :
Steve Carell : Phil Foster
Tina Fey : Claire Foster
Mark Wahlberg : Holbrooke
Taraji P. Henson : Detective Arroyo
Jimmi Simpson : Armstrong
James Franco : Taste
William Fichtner : Franck Crenshaw
Kristen Wig : Haley Sullivan
Mark Ruffalo : Brad Sullivan
Ray Liotta : Joe Miletto 

EPEE DE BOIS ET RAQUETTE DE PLOMB

tsongarolandgarros2010

tsongarolandgarros2010Avec l’abandon de Jo-Wilfried Tsonga, le derniers feux tricolores vient de s’éteindre à Roland-Garros. Non, promis, ce billet ne sera pas un festival de calembours foireux, mais une petite réflexion pour comprendre comment on est arrivé à connaître quasiment les pires performances jamais enregistrées pour les joueurs français pendant cette quinzaine. Un fiasco que l’on avait pourtant pas tellement anticipé.

Pourtant, si on regarde les performances individuelles, le seul à s’être vraiment planté est Gaël Monfils. Chacun des autres résultats, que ce soit sur la manière ou la différence de niveau, il n’y avait jamais à crier au scandale. Mais n’est-ce pas justement cela qui est vraiment inquiétant ? N’est-ce pas le symptôme d’un mal beaucoup plus profond qui touche le tennis français ?

Pourtant, nous sommes censés être dans une période faste, au moins chez les hommes. La France a ses nouveaux Mousquetaires. Sauf que leurs épées sont en bois… Ok, j’ai dit que j’arrêtais les calembours, mais il est indéniable que notre quatuor, s’il possède un talent comme on en a rarement connu chez nous, il possède également de gros points faibles.

Pour deux d’entre eux, Simon et Tsonga, c’est le corps qui pêche. Ca casse souvent, à tel point que Gilles Simon n’était même pas présent cet année. Jo-Wilfried, qui possède peut-être le potentiel le plus impressionnant, est trop souvent sur le flanc pour s’installer dans le top 5. Le voir abandonner aujourd’hui était un déchirement car rien, à part ça, ne nous empêchait d’imaginer qu’il aille très loin dans ce tournoi.

Pour les deux autres, Monfils et Gasquet, c’est le mental qui fait souvent faux bond. Sur ce blog, j’ai souvent répété tous les espoirs que je place en Richard Gasquet, sûrement le plus talentueux de tous, malgré ses limites physiques. Mais voilà, si les éclairs de génie peuvent encore frapper, la constance dans les résultats ne sont toujours pas là, ce que sa suspension n’a évidemment pas aidé. Mais à ce sujet, il ne peut s’en prendre qu’à sa propre bêtise. Dans ces pages, j’ai aussi souvent rapporté tout le mal que je pense de Gaël Monfils. Ses deux derniers Roland-Garros m’auraient presque fait changer d’avis, mais sa défaite lamentable au deuxième tour cette fois-ci, dans un match qu’il aurait pu gagner les doigts dans le nez, nous rappelle qu’il n’est pas un vrai champion. On ne verra jamais un Nadal ou un Federer commettre une telle faute professionnelle, devant leur propre public qui plus est. Il n’y aucune excuse à lui trouver.

Chez les filles, on le sait, l’époque où Mauresmo et Pierce s’affrontaient au Masters est bien révolue. J’ai écrit un article très élogieux sur Marion Bartoli au moment de sa finale à Wimbledon, mais force est de constater que son ego est nettement plus démesuré que son mental de championne. Pourtant, je reste convaincu que le potentiel est là, mais pas sûr que son mode de fonctionnement si particulier et discutable lui permette jamais de l’exprimer pleinement. Quand à Aravane Rezaï, on peut guère lui reprocher l’emballement médiatique qui a suivi sa victoire à Madrid. Là aussi, un potentiel est là, et on peut, dans son cas, encore espérer qu’il soit pleinement exprimé un jour. Il reste cependant à étoffer un jeu encore très basique.

Le tennis français porte donc en lui beaucoup d’espoir. Mais ce Roland-Garros nous a montré une nouvelle fois que ce sont les plus grands espoirs qui provoquent les plus grandes déceptions.

AU RISQUE DE ME REPETER

hungparliament

hungparliamentOn va dire que je me répète un peu avec ce billet, mais que voulez-vous, l’autre jour j’ai encore bondi de mon canapé en lisant quelque chose que j’ai trouvé particulièrement consternant. Dans un article concernant les récentes élections législatives en Grande-Bretagne, une femme expliquait pourquoi elle avait voté de manière à ce que le Parlement n’ai pas de majorité. Elle disait en substance qu’elle a avait fait cela pour que les hommes politiques de son pays grandissent et apprennent à travailler ensemble… En gros, je souhaite que les citoyens n’expriment aucune préférence et qu’on laisse les parlementaires se débrouiller entre eux.

On est là devant une dérive extrême provoquée par la lâcheté qui semble frapper les citoyens. Faire des choix, prendre des décisions, arbitrer face à des alternatives semblent devenus une sorte de maladie dont chacun cherche à se garder. La responsabilité ne passera pas par moi pourrait être un nouveau slogan de ce mouvement d’abandon qui menace la démocratie dans son plus profond fondement.

Cette dame, très certainement respectable, n’a donc pas l’intention de choisir dans quelle société elle souhaite vivre. Elle préfère subir ces choix, et aussi leurs conséquences pour elle-même et les autres, dont elle se sentira totalement étrangère, en aucun cas responsable, et donc tout à son aise de s’indigner contre tout ce qui, au final, ne lui conviendra pas. C’est pas moi, je n’ai rien fait, je suis une victime, postures tellement plus faciles à tenir qu’être un citoyen responsable qui cherche à être vraiment acteur de la construction collective qui s’appelle la société, dont la démocratie représentative reste, jusqu’à preuve du contraire, le mode de fonctionnement le plus juste.

L’argument que l’on opposera à mon discours repose sur le fait qu’au final les décisions sont bien prises par les élus, non directement par les citoyens. C’est évidemment là le principe de base de la démocratie représentative, sans doute à la fois sa plus grande force, mais aussi sa plus grand faiblesse. Cependant qui a vraiment le pouvoir ? Les électeurs peuvent par leur vote se débarrasser d’un élu, les élus peuvent plus difficilement se débarrasser des électeurs… Enfin certains ont bien essayé, et parfois réussi. Cela s’appelle la dictature, situation dans la Grande-Bretagne est tout de même très loin.

Après, contre mon argumentation reste le dernier rempart de la sagesse populaire : « tous pourris ! », « droite et gauche, c’est la même chose, de toute façon, ça ne changera rien ! ». Une posture intellectuelle super subtile et pertinente qui considère comme équivalents les trios « 35h-PACS-congé de paternité » et « bouclier fiscal-politique judiciaire répressive-diminution du nombre d’enseignants »… Le jour où je verrai tous ceux qui assènent le mythique « on paye trop d’impôts » se donner la peine de suivre un débat sur la fiscalité plus de 1min30, je souscrirai à ce genre de raisonnement…

Enfin pour en revenir à la brave Anglaise que j’évoquais au début de ce billet, j’avoue avoir été un tantinet sévère. Au moins, elle, elle vote…

ILS NE SONT PLUS PERDUS, MAIS ILS LAISSENT UN VIDE…

lost

lostVoilà, c’est fini… Jack, Kate, Sawyer, Locke et Hurley ne seront plus jamais Lost on the Island. Ca fait un peu bizarre, quand on a passé six ans avec de tels personnages, de se dire qu’ils ne feront plus jamais partis de notre vie. Bon ok, ce n’était qu’une série, mais pas n’importe laquelle. Auparavant, je n’avais ressenti qu’une seule fois cette impression si particulière, le jour de la fin de Friends…

Plus que toute autre série, les six saisons de Lost auront raconté une seule et même histoire en continue. Enfin une seule, c’est vite dit, vu qu’elle s’est toujours caractérisée par ses intrigues parallèles. Le découpage en saisons est ici largement artificiel, même si évidemment chacune d’elle se termine sur un cliffhanger encore plus terribles que d’habitude. C’est cette continuité qui a fait son immense succès car il a toujours laissé le spectateur avec sa frustration et son envie irrésistible de connaître la suite. C’est ce qui fait de cette série une expérience unique dans l’histoire de la narration et une série vraiment à part.

Lost est aussi une des rares séries ayant réussi à rebondir pour repartir de plus belle. Ce n’était pourtant pas évident d’arriver à changer les ressorts narratifs tout en gardant cette continuité. Les scénaristes y sont parvenus alors qu’à la fin de la saison 2, on pouvait vraiment craindre que la série soit vraiment partie pour tourner définitivement en rond. Ce ne fut pas du tout le cas par la suite, pour notre plus grand bonheur.

Tout cela a fait de Lost un vrai compagnon. C’est un peu le cas de toutes les séries, dont on attend fébrilement et avec impatience chaque nouvel épisode. On surveille les dates de sortie, on compte les jours, on hurle à la fin de chaque saison en pensant aux longs mois qui nous sépare de la reprise. Un peu comme les saisons (printemps, été, automne, hiver !!!!), les séries que l’on aime rythment notre vie. Elles constituent aussi un vrai sujet de discussion universel, une vraie culture qui a pris un fantastique essor ces dernières années, même si on oublie souvent que pendant longtemps les œuvres littéraires étaient publiées en premier lieu sous forme de feuilleton. Les séries ont crée leurs propres mythes, leurs propres codes, leurs propres références.

Lost aura largement contribué à cette montée en puissance de la série télévisée comme outil de narration. Son intrigue constitue surtout une des plus incroyables histoires jamais racontées. Bien sûr, sa conclusion (enfin on parle des 15 dernières minutes) n’est peut-être pas tout à fait à la hauteur du reste (cela pourrait constituer un débat à lui seul, mais franchement, j’ai pas la force de l’entamer là, tout de suite). Mais même si les adieux sont décevants, cela n’enlève rien à la légère tristesse d’être arrivé au bout d’une si belle aventure… Et Dieu qu’elle fut belle…