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Après un week-end occupé, mais bien occupé, je peux enfin reprendre ma plume (ou plutôt mon clavier) et je ne pouvais pas ne pas écrire au moins un petit mot sur la belle soirée européenne de samedi dernier. Toulouse et Milan ont réussi leur pari en remportant un titre continental amplement mérité.
J’ai déjà parlé de l’histoire d’amour entre le Stade Toulousain et la Coupe d’Europe dans un billet précédent. Cela se confirme puisqu’il est devenu le premier club français à être quadruple champion d’Europe, tout sport collectif confondu. Je ne pourrai donc plus répéter que Bourges est le club français le plus titré au niveau européen. Guy Novés, à la tête de l’équipe rouge et noire depuis près de 20 ans, vient de se forger un palmarès d’entraîneur à nul autre pareil dans l’histoire du sport français. Et au niveau mondial, seul un Alex Ferguson en football ou un Phil Jackson en basket peuvent lui être comparés (pour les entraîneur en activité).
Certains diront que j’oublie dans cette liste José Mourinho, victorieux de sa deuxième Ligue des Champions. Un titre conquis avec l’Inter de Milan, 6 ans après celui conquis avec Porto. Un personnage que l’on adule parfois, que l’on déteste souvent. Sa morgue, son ego démesuré qui le conduise à s’octroyer lui-même le titre de « the special one », horripilent et agacent. Mais personne ne peut lui enlever son incroyable talent de meneur d’hommes et un sens tactique hors du commun. Il est incontestablement le meilleur entraîneur actuel.
Que lui manque-t-il pour être au même rang que les entraîneurs cités plus haut ? Au-delà du palmarès brut, il n’est jamais resté assez longtemps dans un même club pour devenir un bâtisseur, qui instaure une véritable culture destinée à lui survivre et qui transforme un club bien au-delà du terrain. Cette œuvre, il l’a commencé à Chelsea mais n’a pas pu la poursuivre jusqu’au titre suprême. Et son départ annoncé vers le Real Madrid prouve bien qu’il ne construit pas sa carrière dans cette optique-là, comme si sa propre gloire était vouée à toujours dépasser celle des équipes qu’il entraîne. C’est dans doute là sa plus grande force… mais aussi sa plus grande limite.
S’il est un sujet que j’aborde assez peu ici, parce que je n’y connais pas grand chose, c’est celui de la justice. Et oui, je ne suis pas encore tout à fait un homme politique puisque je renâcle encore à parler de choses pour lesquelles je n’ai aucune compétence particulière. Mais en apprenant la nouvelle de la libération de Véronique Courjault après moins de 4 ans de prison, j’avoue que mon esprit a été quelque peu titillé.
En lisant les commentaires postés sur les articles relatifs à cette affaire, on ne lisait qu’indignation et colère. Bon, le niveau intellectuel moyen des commentaires, ce n’est pas forcément une référence, mais j’avoue que, même moi, je suis désagréablement étonné qu’on puisse sortir si tôt après un triple infanticide. Mais cela m’a amené à me poser une question quand même assez cruciale : ça sert à quoi d’envoyer les gens en prison ?
Une première raison, celle que la droite donnerait, c’est que la punition est dissuasive. C’est une idée qui paraît simple, et qui, comme toutes les idées simples, est partiellement fausse. On sait très bien, et tous les chiffres le prouvent, rendre un système judiciaire plus répressif n’a jamais à lui seul fait baisser la délinquance. Bien sûr, c’est la peur de la sanction qui nous dissuade de certains comportements, comme ne pas payer le parcmètre. Avouons-le, le sens citoyen n’est pas toujours suffisant. Mais cela est guère transposable à la grande délinquance.
La deuxième raison est que l’emprisonnement contribue à la sécurité générale. Déjà parce qu’un criminel en prison ne risque pas de nuire au citoyen innocent. Evidemment, il finira par sortir, mais là on peut espérer qu’il n’aura alors plus envie de recommencer. Mais si l’effet dissuasif à priori est sujet à caution, l’effet à posteriori tient lui de la légende. La prison comme usine à récidive n’est malheureusement pas qu’un mythe.
La dernière raison est elle beaucoup moins rationnelle. C’est la punition pour la punition, indépendamment de toute considération quant à son utilité et ses conséquences. Il s’agit là d’une considération éminemment morale et pour laquelle chacun est plus ou moins réceptif. Aucun élément objectif ne permettra de trancher le débat qui se poursuivra tant que les hommes vivront en société.
Maintenir Véronique Courjault poursuivrait quel but ? La dissuasion à priori, c’est évidemment déjà trop tard. Après, personnellement, en tant qu’humble citoyen, je ne me sens pas vraiment dans une plus grande insécurité depuis sa sortie de prison. Reste donc les considérations morales. Et là, le débat est loin d’être tranché… et ne le sera jamais.
Le flic new-yorkais est un sujet cinématographique particulièrement apprécié. Vous me direz celui de Los Angeles, Miami ou Chicago également, mais la Grosse Pomme, c’est un monde à part, une ville qui fait rêver à nulle autre pareille. Et bien dans l’Elite de Brooklyn, ce n’est pas un mais trois flics qui vous sont offerts ! Elle n’est pas belle la vie ?
Eddie n’est plus qu’à une semaine de la retraite et aimerait y arriver au plus vite, pour fuir ce métier qui ne l’anime plus depuis longtemps et l’a fait plonger dans l’alcool. Sal est en train de tourner au ripou, même si c’est pour pouvoir offrir à sa famille un logement décent. Tango, quant à lui, bosse en infiltration depuis plusieurs années. Il n’en peut plus de cette situation et voudrait en sortir au plus vite, même si sa hiérarchie dit encore avoir besoin de lui.
L’Elite de Brooklyn est un film extrêmement classique, aussi bien dans le fond que dans la forme, mais non dénué de qualités. Un polar noir, centré sur le destin et la personnalité de flics qui s’enfoncent peu à peu dans un logique qui les envoie droit dans le mur. Bref un sujet quelque peu raconté mille fois, si ce n’est plus, mais dont on ne se lasse pas quand c’est bien fait. C’est le cas ici et le choix des trois histoires parallèles (qui finissent tout de même par se rejoindre), si, là aussi, ce n’est pas révolutionnaire, cela permet au film d’être particulièrement riche et dense.
L’Elite de Brooklyn est un vrai film noir, dur et parfois violent. Les images sont parfois crues, âmes sensibles s’abstenir. Encore une fois, c’est avant le parcours des trois protagonistes qui est au cœur du scénario. Pas d’action ou de violence gratuites, juste là pour le spectacle. Mais leur parcours croisent des moments de grande violence, qui, eux, sont montrés sans détours. Et vous l’imaginez bien, les trois histoires ne se terminent pas par trois happy ends. Cependant, le film maintient le suspense jusqu’au bout sur le dénouement de chacune d’elles.
L’Elite de Brooklyn est aussi un formidable casting. C’est d’ailleurs dans ce domaine que ce film se détache des productions du même type. Le trio de flics est interprété par Richard Gere, Ethan Hawke et Don Cheadle, avec Wesley Snipes en second rôle. Une affiche de prestige donc, surtout qu’ils font tous étalage de leur grand talent. Bien sûr, ce dernier n’est pas tout à fait égal entre eux. Ethan Hawke est vraiment la grande star de ce film, Richard Gere se contente d’être Richard Gere (ce qui est déjà pas mal… mais je me demande juste quand cet homme va se décider à vieillir ?) et Don Cheadle prouve qu’il peut être à la hauteur dans des rôles plus intéressants que le meilleur ami d’une boîte de conserve volante.
Un mot enfin sur la caméra de Antoine Fuqua, dont la filmographie semblait tirer vers le n’importe quoi depuis ses débuts avec le très réussi Training Day. Il nous offre ici un film de grande qualité, même si la prise de risque artistique et scénaristique est minime. Cependant, il fait preuve d’une vraie maîtrise. Ce qu’il fait, il le fait bien et c’est peut-être mieux comme ça.
L’Elite de Brooklyn est donc un film de grande qualité, dont la seule vraie limite est une légère impression de déjà vu. Mais un tel casting fait assez plaisir à voir pour que cela ne soit pas non plus insurmontable.
Fiche technique Réalisateur : Antoine Fuqua Scénariste : Michael C. Martin Coordinateur des cascades : John Centatiempo Directeur de la photographie : Patrick Murguia Monteuse : Barbara Tulliver Chef décoratrice : Thérèse DePrez Costumière : Juliet Polcsa Compositeur : Marcelo Zarvos 1er assistant réalisateur : Joe Napolitano Ingénieur du son : Joe White
Casting : Richard Gere : Eddie Dugan Don Cheadle : Tango Ethan Hawke : Sal Lili Taylor : Angela Wesley Snipes : Caz Vincent D’Onofrio : Carlo Ellen Barkin : L’agent du FBI Will Patton : Lieutenant Bill Hobarts
Ca y’est, le grand comique Raymond Domenech a mis fin à son sketch hilarant « j’annonce la liste des 23, qui sont en fait 30, avant d’être 24, cinq jours plus tard ». Ah sacré Raymond, toujours le mot pour rire ! Bon, ce n’est pas évident que les 6 couillons du jour aient vraiment goûté le sens de l’humour si particulier de notre sélectionneur adoré.
Une sélection pour une grande compétition, c’est, au moment de son annonce, avant tout une formidable occasion de débats sans fin dans tous les cafés du commerce. Et pour la Coupe du Monde de football, ce sont tous les cafés du commerce de la planète qui s’animent soudain d’expertises très pointues en terme de composition d’équipe. Mais il faut avouer qu’en France, le débat est particulièrement vif car les choix de Domenech ont encore une fois quelque peu surpris.
Bon, si la liste des 30 recelaient quelques éléments qui ont permis à Domenech de faire son intéressant, pour les 24, on revient aux fondamentaux. Bien sûr, le débat se poursuit, tous les choix étant contestables par nature, venant de notre sélectionneur en particulier. Je vais donc, rapidement, participer moi aussi au grand déballage général d’avis super pointus.
Je passerai rapidement sur le cas Marc Planus, qui est là pour faire joli, vu que Gallas semble bien parti pour être apte. Par contre, on peut évidemment s’étonner de l’absence de Escudé et même Mexes, dont les performances en club devraient leur permettre de figurer dans la liste. Mais pour une fois, je vais donner raison à Raymond, puisque on ne peut vraiment pas lui reprocher de ne pas leur avoir donné leur chance à tous les deux. Ce n’est pas de sa faute si leurs performances ont souvent frôlé le catastrophique, une fois le maillot bleu enfilé.
La présence de Valbuena prête aussi à discussion. Personnellement, je ne l’aurais pas pris. Mais voilà, personne ne m’a donné à mon avis à la FFF. Mais il est vrai que son profil assez particulier peut être un élément de complément intéressant. Il ne s’agit pas toujours de prendre les meilleurs, mais aussi d’assurer une cohérence et une diversité suffisante à la sélection pour que l’équipe puisse faire face à toutes les situations. Et le petit Marseillais a déjà brillé en Ligue des Champions, prouvant qu’il savait rester performant quand le niveau général s’élève.
Le dernier choix de cette liste qui fait couler beaucoup d’encre est bien sûr l’absence de Benzema. On ne peut que regretter l’absence d’un joueur d’un tel talent. Bien sûr, sa saison moyenne et son attitude parfois limite n’ont pas joué en sa faveur, mais réclamer sa présence reste tentant. Cependant, il faut ensuite répondre à l’épineuse question : à la place de qui ? Et c’est là qu’on s’aperçoit que choisir, c’est renoncer et que ce n’est pas toujours facile.
Anelka paraît incontournable par sa bonne saison et son caractère souvent décisif en équipe de France. Cissé a doublé tout le monde dans la dernière ligne droite, mais son excellente saison et les promesses offertes par les quelques minutes passées sur le terrain lors du dernier France-Espagne rendent sa présence somme toute logique. Ensuite, on peut éventuellement contester la présence de André-Pierre Gignac, dont la saison fut plutôt laborieuse. Mais il a toujours répondu présent en Equipe de France et fait preuve d’un enthousiasme dont est bien incapable l’avant-centre du Real Madrid.
En fait, de tous les attaquants de pointe, c’est sans doute Thierry Henry dont on serait tenté de se passer au profit de Benzema. Mais comment toucher au capitaine ? Comment toucher à un homme qui a toujours si souvent sauvé l’Equipe de France de situations périlleuses ? Bien sûr, il a très peu joué ces derniers mois (même si cela ne l’a pas empêché de souvent marqué lorsqu’il était sur le terrain), mais on voit mal les Bleus faire sans lui. Bien sûr, si sa Coupe du Monde se passe mal, nombreux seront ceux pour dire « je l’avais bien dit ! », mais aujourd’hui, ce discours semble surtout totalement hors de propos. Mais il est si commode de brûler ce que l’on a adoré hier.
Bon, finalement, j’ai passé mon article à défendre la sélection de Raymond Domenech. Mais que voulez-vous, il ne peut pas avoir tous les défauts non plus. Il en déjà suffisamment comme cela. Enfin, de toute façon, une seule chose compte : Allez les Bleus !
Il n’y avait déjà plus guère de suspense, et même si ce n’est pas encore tout à fait officiel, on le sait désormais, Laurent Blanc succèdera à Raymond Domenech après la Coupe du Monde en Afrique du Sud. Toute la France du football pousse un soupir de soulagement et se réjouit de cette nouvelle.
La future tâche de l’ancien défenseur des Bleus sera à la fois particulièrement facile… et particulièrement ardue. Succéder à un homme aussi détesté que Raymond Domenech permet de partir plutôt confiant quant à sa propre popularité. De plus, vu le niveau affiché par l’Equipe de France, Laurent Blanc ne pourra qu’améliorer les choses. En termes d’image, les Bleus sont tellement bas, qu’on peut douter qu’ils puissent encore creuser. Leur côté d’amour ne sera donc pas très difficile à améliorer, surtout que le public français ne rêve que de retomber amoureux de son équipe.
Mais d’un autre côté, Laurent Blanc va faire face à un formidable défi. Combien même, l’Equipe de France serait championne du monde en Afrique du Sud, Raymond Domenech n’a rien bâti, ni plan de jeu, ni socle de joueurs sur lesquels s’appuyer sur le long terme. L’émergence de Yoann Gourcuff est une bonne nouvelle, mais Laurent Blanc y aura justement beaucoup plus contribué que l’actuel sélectionneur. Et aussi talentueux soit le jeune Breton, il est encore loin d’avoir l’étoffe pour être la seule pierre angulaire d’un projet de reconstruction de cette ampleur. Bref, recommencer presque à zéro est un formidable défi, mais il est parfois plus facile de construire alors que des fondations solides sont déjà là.
Ne doutons pas que Laurent Blanc saura être la hauteur. Avant cela, il y’a à une Coupe du Monde à jouer et Domenech à supporter pendant encore deux mois. Pour le meilleur, mais peut-être pour le pire…
Film argentin, Oscar du meilleur film étranger, au dépend d’un Prophète notamment, Dans ses Yeux est enfin arrivé en France après avoir séduit la critique du monde entier. Il est d’ailleurs vraiment dommage qu’un tel film ne bénéficie pas de la même couverture médiatique qu’un navet comme Iron Man 2 (sans même parler du Choc des Titans). Pourtant, polar bourré d’humour, de suspense et de romance, ce film séduira un très large public par ses formidables qualités.
Il y’a 25 ans, en 1974, Benjamin Esposito enquêtait sur le meurtre violent d’une jeune fille. Cette affaire l’a hanté toutes ces années et il se décide à en faire un roman. Ce sera l’occasion de se replonger dans les méandres de cette investigation et de retrouver sa collègue d’alors, dont il était follement amoureux.
Dans ses Yeux est un film particulièrement riche, à la frontière entre plusieurs genres, qu’il réunit de la meilleure des façons. Le fil rouge est évidemment l’enquête menée dans le passé, mais qui se poursuit encore partiellement dans le présent. Nous sommes là devant un vrai polar, avec les rebondissements qu’il faut, les fausses pistes et le suspense indispensables à ce genre de production. Juan José Campanella est un scénariste vedette du monde des séries (il est un des auteurs attitré pour Docteur House notamment) et cela se ressent dans cette faculté à dérouler des intrigues parallèles, sans que cela ne nuise jamais à la clarté de la narration.
Dans ses Yeux joue également largement la carte de la comédie. Benjamin Esposito et son compère, Pablo Sandoval, sont deux enquêteurs aussi maladroits qu’acharnés. Il faut dire qu’on n’est loin des Experts, niveau moyens d’investigation, et qu’ils doivent faire face à l’hostilité de leur hiérarchie qui n’a pas guère envie de passer plus de temps que cela sur cette affaire. Du coup, ils font avec les moyens du bord, n’hésitant pas à mentir afin de passer entre les gouttes. Ce film ne bascule du coup jamais vraiment totalement dans le film noir, même quand l’intrigue se fait plus dure.
Dans ses Yeux est enfin une très belle histoire d’amour. On est là face à un mélange des genres délicat qui aurait pu très vite alourdir le film, mais il n’en est rien, je serais même tenté de dire au contraire. Cet aspect contribue, comme l’humour, à contrebalancer la noirceur de l’enquête pour en faire un film parfaitement équilibré. On peut ajouter également une toile de fond politique, puisque l’intrigue se déroule principalement à un époque où l’Argentine était en pleine dictature. Mais il s’agit plus d’un contexte, important certes, qu’un vrai élément constitutif de l’histoire, même si cela contribue évidemment à sa grande richesse.
Si Juan José Campanella est très doué de sa plume, il l’est aussi de sa caméra. La photographie, le montage, la direction d’acteurs, tous ces éléments techniques sont parfaitement maîtrisés pour faire de Dans ses Yeux un film remarquable de ses points de vue là. Là encore, il esquive tous les pièges qui aurait pu le faire sombrer dans une lourdeur qui peut vite venir avec un film qui fait une large part aux flash-backs. Pas de flous artistiques ridiculement pompeux ou de fondus grotesques. La caméra navigue d’une époque à l’autre avec habileté sans jamais perdre les spectateur en route.
Un mot enfin sur les deux acteurs Ricardo Darin et Guillermo Francella, absolument remarquables. L’un est un premier rôle, l’autre un second, mais tous deux arrivent remarquablement à passer d’un genre à l’autre aussi habilement que le scénario. En gardant leur crédibilité aussi bien dans les moments sombres que les moments humoristiques, ils contribuent évidemment à la crédibilité générale du film. Si on ajoute à cela le charme discret de Soledad Villamil, on ne peut que saluer cette distribution, merveilleusement choisie.
Dans ses Yeux est donc un film aux qualités multiples, qui forment un tout encore meilleur que la sommes de ses parties. Bref, un Oscar amplement mérité !
Fiche technique : Production : Tornasol films, Haddock Films, 100 Bares, Canal + Espana Distribution : Pretty Pictures Réalisation : Juan José Campanella Scénario : Juan José Campanella, Eduardo Sacheri (d’après son roman) Montage : Juan José Campanella Photo : Félix monti Décors : Marcelo Pont Musique : Federico Jusid Durée : 129 mn
Casting : Ricardo Darin : Benjamin Esposito Soledad Villamil : Irene Menéndez Hastings Guillermo Francella : Pablo Sandoval Pablo Rago : Ricardo Morales Javier Godino : Isidor Gomez Carla Quevedo : Liliana Coloto
Nourri depuis le berceau aux comics, j’attends toujours avec impatience tous les nouveaux films de super-héros. Mais en fan et en cinéphile exigeant, je regarde toujours d’un œil critique toutes ces adaptations. Le premier volet des aventures de Iron Man m’avait plutôt déçu. J’espérais que le second soit de meilleure facture… C’est raté, la boîte de conserve volante ne s’élève toujours pas très haut.
Tony Stark est devenu une super star dans son rôle d’Iron Man, apportant au monde la paix et la sécurité. Il pavane, cherchant à oublier que son pouvoir a un prix qui l’emmène doucement à une mort certaine. Cette attitude en agace plus d’un et des doutes se font entendre sur sa capacité à assurer seul la mission qu’il s’est donné. Surtout quand un mystérieux personnage surgit avec un équipement proche du sien, alors qu’il avait toujours prétendu que cette technologie était inaccessible à un autre que lui.
Le grand défaut de Iron Man 2 repose dans le fait qu’il ne s’y passe…rien…ou si peu. Deux scènes d’action, dont une ridicule. Entre elles du blabla, du vide, du vent sans intérêt où Scarlett Johansson erre comme une âme en peine, méritant son titre d’actrice la plus sous-exploitée dans un film. Bref un scénario qui n’a pas du coûter trop d’efforts intellectuels à ses auteurs. Des scénariste sûrement très chèrement payés pour tant de médiocrité.
Le seul moment vraiment remarquable d’Iron Man 2 réside dans la scène de la course automobile, dont on voit de larges extraits dans la bande-annonce. Là, on frôle de s’étouffer de rire, tant tout est ridiculement invraisemblable. Alors qu’un méchant s’amuse avec des fouets électrifiés sur le circuit, tous les concurrents continuent de rouler comme si de rien n’était, tandis que par ailleurs une voiture de ville traverse le circuit à contre-sens. Bon, certains pourront dire que si les films de super-héros étaient réalistes, ça se saurait, mais là, c’est juste pathétique de j’m’en foutisme scénaristique.
On dit souvent que les méchants sont des personnages plus intéressants que les gentils. Pour le coup, dans Iron Man 2, on peut dire que c’est le cas, tant Mickey Rourke se donne en ridicule. Au moins, on n’oubliera pas sa prestation, une des plus mauvaises qu’il n’ait jamais donnée. Le vrai problème est qu’au fond, ce second volet est une sorte de remake du premier épisode, en beaucoup moins riche… Aucune réelle nouveauté, alors que la mythologie Marvel recèle assez de méchants divers et variés pour éviter l’impression de déjà vue. Mais bon encore une fois, ça aurait sûrement du demander trop d’effort.
Après techniquement, il est vrai que le film est impeccable. Mais bon, des films aux effets spéciaux superbes, on en a dix par mois sur nos écrans, il nous en faut désormais plus pour nous émouvoir. Restent alors l’humour de Robert Downey Jr, qui fonctionne tout de même dans cet océan de médiocrité, et le charme de Gwyneth Platrow pour sauver Iron Man 2 du désastre. C’est quand même peu, très peu.
Avant de finir, une petite remarque à l’adresse de tous ceux qui iraient voir ce film quand même après cette critique. Depuis toujours, les films Marvel comporte une scène à la toute fin du générique, alors ne faites pas comme tous ces criminels qui se jettent sur la sortie à la première seconde de ce dernier. Quand même, depuis le temps, les gens devraient quand même l’avoir compris, vu que c’est vraiment systématique. Mais visiblement, Marvel doit surestimer son propre public.
Iron Man est donc un navet qui ne vous plongera pas dans un ennui profond, mais ne vous permettra pas d’échapper à de très longs moments de consternation.
Fiche technique : Production : Marvel Studios Distribution : Paramount Pictures France Réalisation : Jon Favreau Scénario : Justin Theroux, d’après le comic book Marvel de Stan, Don Heck, Larry Lieber, Jack Kirby Lee Montage : Dan Lebental, Richard Pearson Photo : Jonathan Taylor Décors : Lauri Gaffin Son : Mark Ulano Musique : John Debney Effets spéciaux : Ben Snow Maquillage : John Blake Directeur artistique : David Klassen Durée : 128 mn
Casting : Robert Downey Jr : Tony Stark Gwyneth Paltrow : Pepper Potts Don Cheadle : Rhodey Scarlett Johansson : Natalie Rushman Sam Rockwell : Justin Hammer Mickey Rourke : Ivan Vanko Samuel L. Jackson : Nick Fury
Le championnat de France de rugby, ou Top 14, c’est beaucoup plus in de l’appeler comme ça, va donc connaître la même finale que l’année dernière. Pourtant ce n’est en rien le signe d’une compétition routinière et dénuée d’intérêt. Les deux demi-finales qui se sont déroulées ce week-end ont été deux matchs des très haut niveau, pleins de suspense, d’engagement et de qualités techniques. Elles confirment la domination de la compétition hexagonale sur toutes ses consœurs du vieux continent.
La présence de deux clubs français en finale de Coupe d’Europe ne doit donc rien au hasard. Et quand on sait que le futur champion d’Europe ne sera donc même pas en finale du championnat de France, on mesure mieux l’hégémonie exercée par les clubs français. Peut-être que cela ne sera plus le cas dès la saison prochaine, mais le modèle économique du Top 14 semble avoir pris une sérieuse longueur d’avance.
Mais le succès du championnat de France, toujours croissant auprès du grand public, s’explique aussi justement par la qualité des matchs qui sont proposés et par le suspense qui règne de bout en bout de la compétition. Plus de spectateurs, plus de recettes, plus de moyens pour recruter des stars internationales, plus de spectacle et, au final, plus de spectateurs. Le rugby français est donc entré dans un cercle vertueux. Et le récent Grand Chelem du XV tricolore nous donne même à penser que l’Equipe de France profite aussi de cette dynamique.
Pourvu que ça dure car ces deux matchs furent un vrai régal et on en redemande !
Je ne sais pas si c’est le printemps qui veut ça, mais la mode est aux comédies romantiques dans le cinéma français. Et aux bonnes comédies romantiques surtout, ce qui est déjà beaucoup plus surprenant, tant ce genre n’a jamais été la tasse de thé des réalisateurs hexagonaux. Après le fantastique Arnacoeur, voici le très sympathique L’Amour c’est mieux à Deux.
Pour Michel, la rencontre parfaite doit être le fruit du hasard. Alors quand il réalise que son pote Vincent a arrangé sa rencontre avec Angèle, il la quitte. Combien de temps mettra-t-il à admettre qu’il l’aime et que c’est la seule chose qui compte ?
Et oui, encore une fois, pour une comédie romantique, j’ai quasiment dévoilé comment le film se termine. Mais à la fois, s’il y’a quelqu’un qui en doute, même une seule seconde, pendant ce film, on peut déjà être sûr que le paradis lui appartiendra bientôt. Là ne réside évidemment pas l’intérêt de L’Amour c’est mieux à Deux. Ce qui motive le spectateur c’est de savoir quel sera le chemin que vont parcourir les deux protagonistes pour être enfin réunis. Ce dernier est riche en rebondissements, parfois un peu artificiels, mais qui maintiennent l’intérêt du spectateur de bout en bout.
En fait, le piment de L’Amour, c’est mieux à Deux réside dans l’énervement que provoque le personnage de Michel chez le spectateur. Quand va-t-il arrêter de déconner pour rendre cette histoire simple et heureuse ? C’est aussi peut-être là sa plus grande limite car on peut très bien ne pas du tout adhérer à cette histoire et la trouver ridicule. Evidemment, ce n’est peut-être pas très épique comme idée, mais gâcher une relation pour une raison objectivement ridicule reste malheureusement un comportement tout de même assez répandu chez nos congénères… voir chez nous-mêmes.
L’Amour, c’est mieux à Deux n’est peut-être pas un chef d’œuvre, mais il parlera peut-être à certaines d’entre vous. J’ai lu une critique très négative sur le jeu de Virginie Efira qui « plisse du nez lorsqu’elle ressent une émotion ». Effectivement, on sent bien la différence net avec Clovis Cornillac, à qui on pourrait presque au contraire reprocher de surjouer. Mais du coup, personnellement, je l’ai trouvée très naturelle, usant réellement de son charme, plus que de son talent d’actrice. Et du coup, on peut croire aisément qu’elle arrive à séduire son partenaire. Alors oui, ce n’est pas du grand cinéma, mais ça fonctionne très bien.
Et puis, la plus grande qualité de l’Amour, c’est mieux à Deux est avant tout d’être drôle. Là encore, on n’a vu mieux, mais il y’a assez de densité pour que l’on s’ennuie pas une seule seconde et que ce film constitue un divertissement tout à fait regardable. Manu Payet est plutôt convaincant en obsédé repenti et nombreux seront les hommes rêvant de maîtriser son si efficace « regard-bite ». Le seul raté, le personnage de Shirley Bousquet, une ex de Caméra-café, dans un rôle de secrétaire cruche et légèrement nymphomane absolument pas maîtrisé, rarement hilarant, mais souvent ridicule.
L’Amour, c’est mieux à Deux est largement deux classes en dessous de l’Arnacoeur. Mais dans un style où Hollywood règne en maître, il apporte une fraîcheur hexagonale réjouissante. Vive le printemps !
Fiche technique : Réalisateur : Dominique Farrugia et Arnaud Lemort Scénario : Arnaud Lemort et Franck Dubosc Photographie : Eric Guichard
Casting : Clovis Cornillac : Michel Virginie Efira : Angèle Manu Payet : Vincent Annelise Hesme : Nathalie Laurence Arne : Claudine Shirley Bousquet : Swan Jonathan Lambert : Ariel Laurent Lafitte: Sylvain Sophie Vouzelaud : Hélène Emmanuel Suarez : Romain
Dans la série des mot-valises qui ne veulent rien dire du tout à force d’être employés à tort et à travers, voici venu le temps de la rigueur. Le mot est sur toutes les lèvres, au bout de toutes les plumes, comme cela se produit périodiquement depuis la fin du gouvernement Mauroy en 1984.
Prenons le Petit Larousse. Rigueur : Caractère, manière d’agir de quelqu’un qui se montre sévère, inflexible. Ou encore : Grande exactitude, exigence intellectuelle. Bref, aucune rapport avec le débat qui a lieu ces derniers jours. Quand un homme politique parle de rigueur, il parle simplement de réduction des dépenses, généralement sociales. Car en politique « l’exigence intellectuelle » n’a pas bonne réputation… Remarquez, ce n’est pas nouveau.
Parmi les rares comiques actuels qui me font rire, on trouve le merveilleux François Fillon. Car quand on l’accuse de mettre en place un plan de rigueur, il répond que pas du tout, car la rigueur, un truc de gauche, ça signifie également augmenter les impôts. Et ça, il n’en évidemment pas question ! Si vous voyez un rapport avec la définition du Petit Larousse, vous m’appelez, parce que personnellement, je n’en vois aucune.
Ah mais c’est parce que je ne suis pas de droite. Car augmenter les impôts, c’est mal ! Augmenter les impôts, c’est faire preuve de négligence intellectuelle ! Bah oui, je suis con parfois…ou pas. De tels propos dans la bouche d’un Premier Ministre relèvent tout de même du navrant, du consternant et malheureusement de l’inquiétant.
Il n’y a évidemment aucune vertu en soi à diminuer les impôts, comme il n’y en a aucune à les augmenter d’ailleurs. Ceci n’est pas une opinion, c’est un fait. Tous les études ayant cherché à trouver un lien entre le niveau d’imposition et la santé économique ont conclu à l’absence de corrélation. Et encore, si on considère que les inégalités ne constituent pas un critère pour juger de la santé d’une économie, car les sociétés où les impôts sont les plus faibles sont celles où les inégalités sont les plus fortes. Mais même là, le lien n’est pas simple qu’il n’y paraît.
Les impôts sont un outil et comme tout outil, leur efficacité dépend évidemment de la manière dont on s’en sert. En matière fiscale, plus que le quantitatif (quel taux ?), c’est le qualitatif qui compte (quelle assiette ?). Mais malheureusement, le débat porte plus souvent sur le premier que sur le second. Se targuer de faire baisser la part des prélèvements obligatoires dans l’économie revient à être satisfait d’avoir chaud parce qu’on vient de brûler la hache avec laquelle on coupait le bois pour le feu.
Proposer une réforme fiscale qui élargirait les assiettes sur lesquelles sont prélevées les ressources de l’Etat pour corriger les injustices les plus criantes constitueraient une politique dont le gouvernement pourrait se vanter. Ce dernier semble ignorer que le taux d’imposition réel des 10% les plus riches n’excède pas 20% (quand la dernière tranche de l’impôt sur le revenu est à 40%). Car voici le paradoxe du système fiscal français : c’est quand vous avez beaucoup d’argent que vous avez les moyens de payer moins d’impôts, par tout un tas d’exonérations qui font la fortune des conseillers en gestion de patrimoine.
Mais François Fillon n’y voit visiblement pas là un manque d’exigence intellectuelle…
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