LES TONTONS FLINGUEURS : Culte national

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lestontonsflingeursafficheUn film comme les Tontons Flingueurs fait partie du patrimoine national au même titre que la Tour Effeil, le Penseur de Rodin ou le Bolero de Ravel. Une œuvre dont la dimension mythique et culte dépasse de loin ses pures qualités cinématographiques. Ce genre chose ne s’explique pas et surtout ne se programme pas. Même si dans le cas de ce film, il est tout de même étroitement associé au nom d’un seul homme. Celui de Michel Audiard.

Fernand Naudin dirige une entreprise de matériel agricole à Montauban. Un de ses amis de retour au Mexique l’appelle à son chevet à Paris. Ce dernier est mourant. Mais c’est aussi un truand à la tête d’une organisation importante. Avant de s’éteindre, il confie ses affaires à Fernand qui avait pourtant raccroché depuis longtemps, à la grande fureur de ses anciens « associés ». Mais Fernand n’hérite pas que d’une organisation criminelle. Il hérite également de l’éducation de la nièce de son ami.

Les Tontons Flingeurs est sûrement le film français pour lequel l’expression « réplique culte » prend le plus son sens. Michel Audiard y tient là le chef d’œuvre de sa carrière, celui qui fait de lui un artiste intemporel dont le nom raisonne encore après sa mort. Allez, faisons nous plaisir avec deux petites pour la route : « Les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît » et « Au 4 coins d’Paris qu’on va l’retrouver éparpillé par petits bouts façon puzzle… » Bref, de grands moments de bonheur dont on ne se lasse pas et qu’on peut se répéter encore et encore avec le même plaisir.

Comme beaucoup de grandes œuvres, les Tontons Flingueurs ne connut pas un succès commercial extraordinaire. 450 000 entrées lors de sa sortie en salle, même pour l’époque, c’était un score tout juste honnête. Mais ce film s’est imposé peu à peu comme un monument du cinéma français. Si une qualité d’une œuvre ce juge sur son succès sur la durée, alors ce film mérite bien son titre de chef-d’œuvre.

lestontonsflingeursMais pour que des dialogues soient réellement savoureux, il faut des acteurs pour les dire. Et quels acteurs ! Lino Ventura tout d’abord qui même s’il fera toujours un peu le même rôle pendant toute sa carrière le fit avec tant de talent que chacun de ses apparitions est un régal. Dans un registre comique cette fois-ci, il est pour beaucoup dans le succès intemporel des Tontons Flingueurs. A ses côtés une ribambelle d’acteurs appartenant à la légende du cinéma français : Bernard Blier, Francis Blanche, Jean Lefebvre (ah s’il avait pu tourner que dans des films de cet acabit…), Claude Rich en jeune premier (et oui, même les vieux acteurs ont été jeunes) et Robert Dalban. Le formidable Robert Dalban, dont le nom ne dit pas grand chose à la plupart des gens, mais qui apparaît dans 221 films entre 1934 et 1986, faisant de lui LE second (voir même souvent troisième) rôle du cinéma français.

Et puis n’oublions pas que Michel Audiard n’est que le dialoguiste des Tontons Flingueurs. Georges Lautner en est le réalisateur. Un des réalisateurs les plus prolifiques de l’histoire du cinéma français, dont la filmographie comporte d’autres perles : les Barbouzes, le Professionnel, Le Guignolo… Mais jamais il ne retrouvera l’étincelle de génie inexplicable qui s’allume dans les Tontons Flingueurs.

Audiard, Lautner et Ventura, un savant équilibre de talents qui nous offre un film inoubliable que l’on n’est pas prêt d’oublier.

Fiche technique :
Réalisation : Georges Lautner
Scénario : Albert Simonin, d’après son roman Grisbi or not grisbi et Georges Lautner (non crédité)
Dialogues : Michel Audiard
Musique : Michel Magne
Décors : Jean Mandaroux et Jacques d’Ovidio
Photographie : Maurice Fellous
Ingénieurs du son : Antoine Archimbaud et Daniel Brisseau
Montage : Michelle David
Producteurs : Alain Poiré (délégué), Robert Sussfeld et Irénée Leriche
Format : Noir et blanc (Laboratoire GTC) – 1,66:1 – Mono (Le Poste parisien) – 35 mm
Genre : comédie, film de gangsters
Durée : 1h46

Casting :
Lino Ventura : Fernand Naudin
Bernard Blier : Raoul Volfoni
Francis Blanche : Maître Folace, le notaire de Louis « le Mexicain »
Sabine Sinjen : Patricia, la fille de Louis « le Mexicain »
Claude Rich : Antoine Delafoy, le petit ami de Patricia
Robert Dalban : Jean, le majordome
Jean Lefebvre : Paul Volfoni, le frère de Raoul
Horst Frank : Théo
Venantino Venantini : Pascal
Mac Ronay : Bastien (doublé par André Weber)
Charles Régnier : Tomate
Pierre Bertin : Adolphe Amédée Delafoy, le père d’Antoine
Jacques Dumesnil : Louis « le Mexicain » 

UNE PETITE VIREE POUR LES FONCTIONNAIRES ?

ericwoerth

ericwoerthVoici donc la nouvelle trouvaille du gouvernement, si on en croit les journaux de ce matin : on va enfin pouvoir virer les fonctionnaires ! Il était temps…

Pour avoir passé un mois à trier des papiers dans une recette des impôts, et surtout pour avoir eu un père qui a eu à gérer des services administratifs et nous faisait le récit de certains spécimens qu’il avait sous ses ordres, je sais que le mythe du fonctionnaire qui n’en fout pas une et qui se plaint quand même tout le temps n’est pas qu’un mythe justement… il existe bel et bien !

Les premières victimes de ce genre de personnage sont… ses collègues qui sont bien obligé de faire le boulot à sa place. Je peux témoigner que ça peut créer de vraies tensions au sein des services. Et puis, soyons honnêtes, des personnes comme cela, il en existe dans toutes les entreprises… simplement elles doivent faire preuve d’un peu plus de subtilité pour se planquer et faire comme si..

De toute façon, tout cela va changer puisque, grâce au magnifique intellectuel qu’est Eric Woerth, l’administration va pouvoir se débarrasser de toutes ces grosses faignasses ! Sauf que… pas du tout…

Ne plus assurer aux fonctionnaires la sécurité de l’emploi en cas d’incompétence ou de refus de travailler pourrait éventuellement se concevoir. A la fois, un fonctionnaire qui est payé à ne rien faire vole de l’argent public et donc l’argent des pauvres dont les services publics forment le seul patrimoine et la seule protection. Evidemment, ça serait une révolution totalement inenvisageable politiquement. Et puis, reste à savoir si cela servirait à grand chose.

Les fonctionnaires sont souvent la cible des critiques du café du commerce, criant leur haine contre ce statut bardé de privilèges. Ce à quoi, on peut répliquer un argument massue et imparable : « bah dans ce cas, pourquoi vous n’avez pas passé le concours ? ». Bah oui, au fait pourquoi ?

Si j’applique cette question à moi-même, la réponse est double. Déjà, même si ma situation actuelle ne me donne pas raison, je n’ai pas du tout envie de suivre la grille salariale de la fonction publique. Je suis bien placé pour savoir qu’on peut bien gagner sa vie en fin de carrière… mais en fin de carrière… et pendant sa retraite. Si possible j’aimerais profiter de mon argent avant cet âge-là !

L’autre élément qui me bloque, c’est le manque de mobilité en termes de métiers exercés. Mon job actuel ne ressemble pas du tout à mon job précédent et j’en suis très heureux… Enfin pas uniquement parce que je n’aimais pas du tout ce dernier. Cette diversité n’est possible que dans le privé, généralement en changeant régulièrement d’entreprises. En France, on devient fonctionnaire d’un ministère et d’un seul… enfin jusqu’à présent.

Certains me trouveront sévère dans mon jugement sur les carrières au sein de l’administration. La carrière de mon père est là pour le prouver… à la différence qu’il a du se soumettre à une mobilité géographique qui aurait pu être très problématique si ma mère avait travaillé. Bref, je n’ai pas cherché à être fonctionnaire tout simplement parce que je trouve que les inconvénients sont supérieurs aux avantages. Je me garde donc bien de leur cracher dessus à tout bout de champs ! 

Mais n’est-il pas dommage que quelqu’un comme moi (je vous laisse juge de mettre ce que vous voulez derrière ce « comme moi ») ne soit pas attiré par une carrière dans l’administration ?  J’aurais pourtant heureux de consacrer ma vie professionnelle à la puissance publique. Enfin, je me rattrape par mes activités d’élu. Une des solutions qui pourraient m’attirer serait un décloisonnement entre les ministères permettant d’effectuer dans l’administration une carrière aussi riche et variée que dans le privé. Bah ce n’est pas ce que propose le gouvernement ? De quoi je me plains encore ?

Certains me trouveront sévère dans mon jugement sur les carrières au sein de l’administration. La carrière de mon père est là pour le prouver… à la différence qu’il a du se soumettre à une mobilité géographique qui aurait pu être très problématique si ma mère avait travaillé. Bref, je n’ai pas cherché à être fonctionnaire tout simplement parce que je trouve que les inconvénients sont supérieurs aux avantages. Je me garde donc bien de leur cracher dessus à tout bout de champs !

Pour avoir envie de mener une carrière entre différents corps d’Etat, il faudrait que je puisse le faire volontairement. Démissionner d’une entreprise pour en changer est un choix personnel dans le cadre d’un plan de carrière que l’on a soi-même établi. C’est très différent de la mobilité interne subie et imposée et qui sert de moyen de chantage envers les employés sous peine de licenciement. C’est un des fléaux meurtriers du management moderne, France Telecom est là pour le prouver. Il y’a des techniques de management qui peuvent mettre du sang sur les mains de ceux qui la pratique…

… Et bien, notre gouvernement n’a rien trouvé de mieux que de chercher à introduire ces mêmes techniques dans la fonction publique. Bref, de rendre les carrières publiques encore moins attractives, sans même parler des drames que cela pourrait entraîner (bon, soyons honnête, y’a encore du chemin avant d’en arriver là). Encore une fois, il nous montre à quel point il se sert d’un soit-disant pragmatisme pour imposer une idéologie socialement funeste et dont l’inefficacité a été maintes fois démontrée par les faits.

Mais pour faire plaisir aux petits copains du CAC 40 et flatter les bas instinct de son électorat, qu’est ce qu’on ne ferait pas ! Et puis, pendant que les salariés du privé sont encouragés à témoigner leur haine envers les fonctionnaires, ils oublient de se révolter contre ceux qui décident de limiter les bas salaires pour payer des dividendes,  qui pompent 50% de ces mêmes salaires sous forme de loyers et qui, pour la peine, ont le droit de bénéficier du bouclier fiscal. Et ça, c’est une des missions pour laquelle notre gouvernement consacre toute son énergie !

ET DE 3 QUI FONT LA LEGENDE !

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francechampionnedeurope2010handballAlors là, messieurs, bravo ! Chapeau bas ! Félicitations ! Et que sais-je encore ! En devenant championne d’Europe, après avoir été championne du Monde et Olympique, l’Equipe de France de handball est tout simplement  entrée tout droit dans la légende de son sport, du sport français en général et, dans une certaine mesure, celle du sport mondial (même si on fait mieux comme sport universel que le handball).

Le plus impressionnant dans la victoire des Bleus, et même j’ai envie de dire dans leur triple victoire, c’est la maîtrise dont ils ont pu faire preuve. Ils étaient les meilleurs et ils n’ont laissé personne rêver une seule seconde pouvoir leur contester ce titre. Tous les matchs importants se sont joués sur le même scénario, comme une évidence, où l’Equipe de France a joué dix minutes à fond pour creuser un écart rédhibitoire, contre des équipes, elles, à bloc de bout en bout.

Le qualificatif de « machine à gagner », poncif dans le domaine du sport, a rarement pu désigner une équipe française, surtout au niveau mondial. Bien sûr, il y’a eu les Bleus de 1998-2000 en football, mais c’est à peu près tout ! Alors pour une fois, on peut savourer de voir une Equipe de France gagner presque trop facilement les compétitions à laquelle elle participe ! Bien sûr, un jour, le cycle s’arrêtera et la défaite sera à nouveau au rendez-vous. En attendant, pour paraphraser une citation célèbre, on peut affirmer : le handball est un sport qui se joue à 7 et où la France gagne à la fin.

INVICTUS : un rêve ovale

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invictusafficheTous les sports ne sont pas cinémagéniques. Si la boxe l’est (Raging Bull), le football ne l’est pas du tout (A nous la victoire). En fait, plus globalement, les sports de combat se prêtent tout à fait à servir de support à un film, les sports collectifs beaucoup moins. Qu’en est-il du rugby qui est un peu les deux ? On ignorait la réponse avant qu’Invictus, le nouveau film de Clint Eastwood, vienne apporter la réponse. Et la réponse est largement positive.

Nelson Mandela vient d’être élu Président de l’Afrique du Sud. Mais l’apartheid est encore présent dans toutes les têtes et divisent toujours profondément la nation. En sport aussi. Les blancs jouent au rugby, les noirs au football. Il décide alors de se servir de la prochaine Coupe du Monde de rugby organisée dans son pays pour enfin unir son peuple.

Invictus est largement plus un film politique qu’un film de sport. Seule sa dernière demi-heure nous plonge vraiment au cœur du terrain. Mais quelle demi-heure ! Honnêtement, j’ai retrouvé en regardant ce film les émotions que j’ai pu vivre en étant moi-même sur un terrain. Filmé largement en caméra suggestive, certains plans vous feront vivre ce que c’est de foncer tête baissée vers trois armoires à glace qui n’ont qu’une seule idée, celle de vous plaquer violemment au sol. Et ce de manière totalement volontaire ! Mais non, jouer au rugby n’a rien de masochiste…Enfin ce n’est pas le débat ici.

Le pari n’était pas évident à relever. Déjà parce que filmer un sport n’est pas facile, surtout quand on est un réalisateur qui ignore tout de ce dernier. Les anecdotes d’ailleurs ne manquent pas concernant l’étonnement de Clint Eastwood sur l’absence de protection… Ah les Américains… Bref, évidemment quand c’est un génie comme notre cow-boy préféré qui s’y colle, malgré la difficulté du challenge, la réussite est au rendez-vous. Il réussit même le double exploit de rendre passionnant la finale contre la Nouvelle-Zélande, qui avait été en vrai très ennuyeuse à suivre en dehors de l’enjeu, et surtout de faire de Matt Damon un François Pienaar crédible, malgré une légère différence de gabarit entre l’acteur et son modèle.

invictusAlors, évidemment, on pourra regretter que la demi-finale contre la France, qui fut un magnifique moment de rugby, soit tout juste évoquée. Vous ne verrez donc pas dans Invictus Abdelatif Benazzi échouer à 5 centimètres de l’en-but sud-africain, quelques secondes avant le coup de sifflet final. D’un autre côté, cela nous épargne également de revivre l’arbitrage très particulier de Monsieur Bevan. Les plus pointilleux regretteront que soit passé sous silence le mystérieux empoisonnement de l’équipe de Nouvelle-Zélande quelques jours avant la finale…

Vous l’aurez compris, tout dans Invictus est un peu idéalisé. Ce film cherche à faire passer un message qui va bien au-delà du rugby. C’est d’ailleurs la seule image de Nelson Mandela arrivant sur la pelouse avec le maillot de l’Afrique du Sud que la postérité a retenu. Heureusement, en 1998, tout le monde a oublié Jacques Chirac avec son maillot qui le boudine par dessus sa chemise et sa cravate… mais encore une fois, c’est un autre débat. Ce film nous raconte une moment de légende. Comme toutes les légendes, la vérité est forcément un peu déformée et enjolivée. Mais qu’importe si l’histoire est belle et si le message est fort.

Invictus n’est sans doute pas le Clint Eastwood le plus inoubliable, mais c’est un vrai moment beau moment de cinéma… et d’espoir !

Fiche technique :
Production : Spyglass Ent., Revelations Ent., Mace Neufeld, Malpaso
Distribution : Warner Bros Pictures France
Réalisation : Clint Eastwood
Scénario : Anthony Peckham, d’après le livre de John Carlin
Montage : Joel Cpx Gary D. Roach
Photo : Tom Stern
Décors : James J. Murakami
Musique : Kyle Eastwood, Michael Stevens
Costumes : Deborah Cooper
Durée : 132 mn

Casting :
Morgan Freeman : Nelson Mandela
Matt Damon : François Pienaar
Tony Kgoroge : Jason Tshabalala
Patrick Mofokeng : Linga Moonsamy
Matt Stern : Hendrick Booyens

MERCI ROGER !

rogerfedereraustralie2010

rogerfedereraustralie2010Vendredi matin, en suivant la demi-finale de l’Open d’Australie entre Roger Federer et Jo-Wilfried Tsonga, j’étais un peu fâché. Perdre contre le numéro 1 mondial n’a rien de déshonorant, mais le score très sec donnait à penser que le numéro 1 français était tout simplement passé à côté de son match, affichant des lacunes mentales indignes d’un sportif de haut niveau qui ne peut plus brandir l’inexpérience comme excuse. Et puis, ce matin, j’ai vu la finale en direct à la télé…

Bien sûr, le score fut un tout petit peu plus serré. On a même cru un instant que Andy Murray allait réussir à remporter le 3ème set. Mais un instant seulement, car dès qu’il fut en danger, Roger Federer a serré le jeu et remporter les points qu’il fallait pour gagner en 3 sets et s’adjuger ainsi son 16ème titre du Grand Chelem comme à la parade.

Le niveau de jeu produit par Federer ce matin fut tout simplement prodigieux. On ne peut même pas considérer que Murray a fait un mauvais match. Le Suisse était tout simplement intouchable et on peut douter que quiconque aurait pu le battre ce matin. Il est incontestablement le meilleur joueur de l’histoire et nul ne pourra plus lui contester ce titre.

Oui mais Nadal a des soucis physiques… Certes, mais les soucis physiques viennent des fondements de son jeu qui martyrisent trop son corps pour être supportables indéfiniment. Le jeu de Federer  est quant à lui du pur génie car il ne donne pas l’impression d’être le plus rapide, le plus endurant, celui qui cogne ou qui sert le plus fort. Mais il est simplement le plus fort… et de loin !

L’âge avançant, le début d’un vrai déclin ne fait que se rapprocher. Mais il est peut-être encore loin. D’ici là, il aura encore bien des occasions pour nous livrer des moments de pur génie comme celui de ce matin. Des moments rares qui restent graver à jamais dans la mémoire de tous ceux qui savent les apprécier. Alors merci Roger !

LOST IN TRANSLATION : Jamais l’ennui n’a été aussi sublime

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lostintranslationafficheRevoir un film que l’on a pas forcément vraiment aimé au cinéma peut s’assimiler parfois à du masochisme. Mais parfois, une seconde lecture peut vous permettre de mieux apprécier une œuvre qui doit s’apprivoiser. C’est souvent vrai en musique, un peu moins évident pour le cinéma. Quand on m’a offert Lost in Translation, je n’allais évidemment pas dire « oui mais tu sais, je me suis un peu fait chier au ciné ». Je me suis donc même décidé à le regarder. Et bien, si je ne suis toujours pas un grand fan de Sofia Coppola, je dois admettre qu’elle a un sens inné, pour ne pas dire génétique, du cinéma.

Bob Harris, star de cinéma, est au Japon pour le tournage d’une pub pour un whisky. Au même moment, Charlotte a suivi son mari photographe et reste seule à l’hôtel et déambule dans les rues de Tokyo. Les deux sont un peu perdus dans cette cité étrange, où la barrière de la langue est infranchissable. Mais ils vont finir par se trouver et affronter ensemble ce monde inconnu.

Raconter l’histoire de gens qui s’ennuient sans ennuyer le spectateur est le défi que Sofia Coppola tente de relever avec Lost In Translation. Comme vous l’aurez compris, il n’est pas pour moi totalement réussi. Aussi sympathiques soient les deux personnages, aussi attendrissante soit leur amitié qui naît malgré la différence d’âge, aussi dépaysant soit l’univers dans lequel ils sont plongés, il manque à ce film un petit souffle scénaristique pour faire dépasser au spectateur le stade de l’intérêt pour l’entraîner vers celui de l’enthousiasme. Enfin, ce n’est pas forcément un avis partagé par tous puisque ce film a reçu l’Oscar du meilleur scénario.

Le choc des cultures est un thème classique dans le cinéma (cf encore récemment Où sont passés les Morgan ?). Mais Lost In Translation ne cherche pas à en faire un ressort comique. Non que ce film soit dénué d’humour, mais Sofia Coppola s’est avant tout , et presque exclusivement, concentré sur Bob et Charlotte. Leur errance dans Tokyo est en fait révélateur de leur errance dans la vie. Et dans ce monde inconnu et étranger, qui leur fait perdre tous leurs repères, ils vont devoir y faire face sans pouvoir se raccrocher à une routine quotidienne.

Lost In Translation est en fait un film inclassable et étrange. Il provoque d’ailleurs des réactions aussi contrastées qu’inattendues chez les spectateurs. Il peut y avoir des personnes totalement hermétiques, les sceptiques comme moi et les enthousiastes. Et ces derniers sont parfois ceux chez qui auraient le moins attendu cette réaction. Il s’agit tout simplement d’un film qui peut vous toucher au plus profond de soi et ce de manière très personnelle. Il est donc impossible de savoir à l’avance quelle sera son impact.

lostintranslationMais s’il y’a une chose sur laquelle tout le monde peut s’accorder, c’est que Lost In Translation est un film éblouissant dans sa forme. Le fond peut toucher ou pas, mais la manière dont il est mis en scène est quant à elle splendide. L’ennui n’a jamais été aussi sublime, j’ai envie de dire. La photographie, la musique, le montage, tout concorde pour faire de ce film un moment de grâce esthétique absolue. Les personnages n’ont pas besoin d’exprimer leurs sentiments, ni même de les faire passer par des mimiques théâtrales, car leurs états d’âmes flottent littéralement dans l’air que Sofia Coppola nous fait respirer.

Et que dire du duo d’acteurs, qui tiennent là peut-être leurs plus beaux rôles respectifs. Tout d’abord, honneur aux dames, la « y’a pas de mot pour dire à quelle point elle est belle » Scarlett Johansson. Bien sûr, son physique avantageux contribue largement à la manière dont elle illumine l’écran, amis il n’y a pas que ça. Et en face d’elle Bill Murray… le trop rare Bill Murray, l’immense Bill Murray, le génial Bill Murray. Il est ici éblouissant et nous livre une performance inoubliable.

Lost In Translation est donc de ces films cultes dont le génie échapper à certains. J’avoue être un peu à la frontière entre les deux sentiments. Mais j’invite, avec toute l’autorité qu’il m’est possible d’avoir, d’inviter chacun à se faire sa propre idée (avec VF totalement prohibée).

Fiche technique :
Production : Focus Features, American Zoetrope, Elemental Films
Distribution : Pathé
Réalisation : Sofia Coppola
Scénario : Sofia Coppola
Montage : Sarah Flack
Photo : Lance Acord
Musique : Kevins Shields, Brian Reitzell, Air
Durée : 102 mn

Casting :
Bill Murray : Bb Harris
Scarlett Johansson : Charlotte
Giovanni Ribisi : John
Anna Faris : Kelly

GAINSBOURG : VIE HEROIQUE : Biopic poétique

gainsbourg

gainsbourgLa mode des biopics ne faiblit pas. Pour preuve la sortie de Gainsbourg : Vie héroïque qui, après Coluche, l’histoire d’un mec, fait renaître un homme qui a bercé l’enfance des gens de ma génération. Mais l’homme à la tête de chou a vécu plusieurs vies et le film qui nous intéresse ici ne les traite pas toutes avec le même bonheur.

Le jeune Lucien Ginsburg, dans le Paris occupé, est à la fois juif et a les oreilles décollés. De quoi vous coller quelques complexes. Après la guerre, il tente de vivre de sa peinture mais très vite, le destin le conduira à revenir vers la musique vers laquelle son père, professeur de piano, a toujours essayé de le pousser.

Pour les gens de ma génération, Serge Gainsbourg était un homme capable de dire à Whitney Houston « I want to fuck her » et dont le look ressemblait à celui d’un clochard en fin de vie. Dérangeant, provocateur, lubrique, à la frontière du vieux dégueulasse, il n’en restait pas moins un personnage sympathique. On a oublié qu’il a été avant ça, un vrai artiste de music-hall, ami de Boris Vian et écrivant pour les frères Jacques. Une époque où ce genre n’était pas synonyme de passer chez Patrick Sébastien. Et c’est surtout sur cette époque que le film se concentre et on peut être déçu de ne pas retrouver le Serge Gainsbourg que l’on a connu.

En fait, ce film, où plutôt ce conte comme il est précisé dans le générique, nous raconte surtout comment ce petit garçon a pu devenir « Gainsbarre ». La fin de sa vie est plus évoquée que racontée, et surtout largement édulcorée. On peut y voir peut-être là une forme de respect et de pudeur. Car avouons-le, il a, sur la fin, plus ressemblé à un déchet qu’à un artiste flamboyant. De même on peut préférer Love on the Beat ou No Comment au Poinçonneur des Lilas, mais ils représentent deux étapes différentes d’un même chemin. Gainsbourg : Vie héroïque se concentre surtout sur les premiers kilomètres. On peut le regretter, mais c’est un choix, un peu frustrant certes car il donne l’impression d’une fin quelque peu bâclée.

gainsbourg2Si Gainsbourg : Vie héroïque se définit comme un conte, c’est parce qu’il essaye de traiter les faits de manière poétique. Gainsbourg est hanté par un personnage, sa gueule, qui est une sorte de conscience à l’envers. Non pas qu’elle le pousse forcément vers le vice, mais le pousse à assumer tout ce qu’il est. Son physique d’abord, mais aussi ses envies, ses pulsions, et évidemment son talent. Comme si la création était forcément liée à sa propre auto-destruction. Les dialogues entre les deux entités constituent le cœur de ce film, qui n’est pas donc pas un biopic qui cherche à reconstituer fidèlement la réalité.

Un biopic demande forcément un acteur qui entre dans la peau d’un personnage que tout le monde connaît. C’est toujours un exercice délicat car, du coup, le spectateur est particulièrement exigeant quant à la ressemblance. Si on se moque d’avoir dans un film un Louis XIV qui ne ressemble pas à l’original, pour un homme qu’on a vu si souvent à la télé, c’est plus difficile. Cette fois c’est Eric Elmosnino qui s’y colle. C’est aussi l’occasion pour cet éternel troisième rôle d’enfin occuper le haut de l’affiche. Si on a connu métamorphose plus impressionnante, il épouse parfaitement son personnage… au moins dans la première moitié de sa vie. Car à mesure que Gainsbourg s’enfonce dans une décadence physique, moins la ressemblance est frappante. Cela concoure à l’impression plus mitigée que procure la dernière demi-heure.

Gainsbourg : Vie Héroïque est également marqué par une série d’apparition parfois surprenantes, mais généralement très réussies. On notera notamment un Philippe Katerine excellent en Boris Vian. Mais la révélation vient de Laetitia Casta, formidable en Brigitte Bardot. A telle point qu’elle est beaucoup plus classe et sexy que l’originale à mon humble avis, qui n’engage que moi.

Gainsbourg : Vie Héroïque n’est donc pas le meilleur biopic de l’histoire. Mais il est assez original pour que l’on prenne beaucoup de plaisir à le regarder et avoir une envie soudaine de faire des trous, des petits trous, toujours des petits trous…

Fiche technique :
Production : One World Films, Studio 37, Focus Features, France 2 Cinéma, Lilou films, Xilam films
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : Joann Sfar
Scénario : Joann Sfar
Montage : Maryline Monthieux
Photo : Guillaume Schiffman
Décors : Christian Marti
Son : Daniel Sobrino, Jean Goudier, Cyril Holtz
Musique : Serge Gainsbourg, Olivier Daviaud
Durée : 135 mn

Casting :
Eric Elmosnino : Serge Gainsbourg
Lucy Gordon : Jane Birkin
Laetitia Casta : Brigitte Bardot
Doug Jones : La gueule
Anna Mouglalis : Juliette Gréco
Mylène Jampanoï : Bambou
Sara Forestier : France Gall
Yolane Moreau : Fréhel
Philippe Katerine : Boris Vian

A SERIOUS MAN : La fin d’une idylle ?

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aseriousmanafficheMais que m’arrive-t-il ? Moi qui vivais une histoire d’amour passionnel sans l’ombre d’un nuage. Oh bien sûr, il y’avait bien un petit Ladykillers, un peu plus faible que le reste, mais à peine. Je pensais le bonheur éternel, mais voilà, l’incroyable est arrivé. La première fois, ça ne m’a pas vraiment inquiété, cela fait partie des aléas de la vie. Ca peut arriver comme l’on dit. Mais là, deux fois de suite, je suis inquiet. Est-ce la fin d’un idylle ? Dois-je annoncer qu’après tant de bonheur partagé (ok dans un seul sens, mais quand même), vient se s’achever ma lune de miel avec les frères Coen… Après un Burn After Reading qui ne m’avait pas vraiment fait rire, voici A Serious Man, qui m’a carrément ennuyé…

Larry Gopnik voit sa vie, déjà pas terrible à la base, partir en sucette… Sa femme est sur le point de le quitter… et de le foutre dehors de chez lui. Des lettres anonymes sont envoyés à l’école où il l’enseigne le calomniant alors que sa titularisation est sur le point d’être examinée. Son frère est un débile léger qu’il traîne comme un boulet. Et ses enfants sont des adolescents qui ne ressemblent à rien… Bref, des ados… Il va alors chercher de l’aide et une oreille attentive… Mais y’a-t-il vraiment quelqu’un sur terre qui ait vraiment envie de l’aider ?

A Serious Man ressemble un peu à un remake de La Crise, le film de Coline Serreau. L’histoire d’un homme qui essaye d’exposer ses problèmes aux membres de son entourage, mais chacun d’eux est trop occupé avec ses propres problèmes pour lui prêter la moindre attention. C’est exactement le même ressort dans les deux films, mais si l’un était vraiment drôle et bien senti, le film des frères Coen est juste passablement vain et ennuyeux.

A Serious Man est largement parcouru par le thème de la religion puisque le fil rouge de cette histoire est la rencontre de Larry avec les trois rabbins de sa communauté. Beaucoup d’éléments du film renvoie au judaïsme et il y’a sans doute là une part assez personnelle de la part des frères Coen. Mais c’est malheureusement là le seul élément structurant de cette histoire qui manque dramatiquement de corps et d’épaisseur. Le héros n’est guère plus avancé au début qu’à la fin et on passe le film à se demander où les frères Coen veulent en venir. Malheureusement, la réponse n’arrive jamais.

aseriousmanTout cela est regrettable car on retrouve malgré tout ce qui fait le génie des frères Coen dans A Serious Man. La même ambiance quasi fantastique alors qu’ils mettent en scène des éléments très terre à terre, la même imagination visuelle et les mêmes personnages hauts en couleurs, parfois attachants, parfois inquiétants. Bref, ce film porte leur patte… l’intérêt en moins. Quand on est fan, on est donc particulièrement frustré ! Il y’avait moyen de faire de A Serious Man un excellent film, il aurait juste fallu penser à le doter d’une intrigue. Parfois, ça peut servir…

Du coup, il y’a quelques moments de vrai bonheur cinématographique. Mais le tout forme trop un méli-mélo informe pour qu’on puisse vraiment les apprécier. A Serious Man aurait été réellement un films à sketchs, on aurait pu pardonner une certaine inégalité entre les scènes. Mais là, rien n’a vraiment de sens et du coup, l’intérêt du spectateur est plus que limité. C’est vraiment regrettable car, comme je l’ai dit, ce film est sans doute l’œuvre la plus personnelle des frères Coen.

A Serious Man ne peut évidemment à lui seul remettre en cause le génie des frères Coen. Mais bon, j’aimerais infiniment que le dicton « jamais deux sans trois » ne se vérifie pas ce coup-ci.

Fiche technique :
Production : Mike Zoss prod, Relativity Media, Studio Canal, Working Title
Distribution : Studio Canal
Réalisation : Ethan & Joel Coen
Scénario : Ethan & Joel Coen
Montage : Ethan & Joel Coen
Photo : Roger Deakins
Décors : Jess Gonchor
Musique : Carter Burwell
Directeur artistique : Deborah Jensen
Durée : 105 mn

Casting :
Michael Stuhlbarg : Larry Gopnik
Richard Kind : Oncle Arthur
Fred Melamed : Sy Ableman
Sari Lennick : Judith Gopnik
Peter Breitmayer : Mr. Brandt

OU SONT PASSES LES MORGAN ? : Le bonheur d’être abonné !

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ousontpasseslesmorganafficheL’avantage de la carte UGC, c’est que l’on a plus jamais à se dire « Oui, bon, ce n’est pas que ce n’était pas bien, mais enfin 10 euros pour ça… ». C’est un immense avantage car cela permet d’apprécier pleinement sur grand écran les films que l’on peut placer dans la catégorie « ça sera aussi bien à la télé ». C’est le cas de Où sont passés les Morgan ?, une comédie romantico-policière bien sympathique, même si elle ne casse pas trois pattes à un canard.

Meryl et Paul Morgan sont séparés depuis trois mois, suite à une infidélité de ce dernier. Sa femme accepte enfin de dîner avec lui, mais lors de cette soirée, ils vont être les témoins d’un meurtre dont ils ont clairement vu le visage de l’auteur. Pour les protéger, la police les envoie au fin fond du Wyoming. Pour ces deux purs New-yorkais, le choc va être rude.

Où sont passé les Morgan est donc à réserver au détenteur d’une carte d’abonnement ou bien aux fans purs et durs du genre. Et les fans de Hugh Grant alors ?… Mademoiselle, au fond, si vous pouviez arrêter de hurler son prénom en vous tirant les cheveux, ça m’arrangerait et me permettrait de finir tranquillement ma critique. Merci. Alors je disais… Ah oui, Hugh Grant.. Et bien il fait évidemment ici du Hugh Grant. Là, logiquement, j’aurais du poursuivre par « et c’est encore ce qu’il fait de mieux… ». Sauf que justement, c’est un Hugh Grant en petite forme que l’on retrouve ici. Non pas qu’il soit mauvais, ça reste Hugh Grant quand même, mais il n’arrive pas à faire décoller le film par son seul talent, comme il sait si bien le faire d’habitude. Ceci explique en grande partie pourquoi le film en restera au stade de divertissement sympathique.

Oui, alors là, j’entends déjà les protestations féministes m’accusant de la pire misogynie. Et Sarah Jessica Parker alors ? Bon sachez tout d’abord, mesdames, que j’adôôôôôôôôôôôôôre Sex and The City, ce qui fait de moi presque une des vôtres. Mais bon, en toute honnêteté intellectuelle, elle ne boxe quand même pas tout à fait dans la même catégorie que Hugh Grant. Mais au moins, ces fans ne seront eux pas du tout déçu. Un personnage de New-Yorkaise qui étouffe dès qu’elle quitte Manhattan, ça ne vous rappelle rien ?

ousontpasseslesmorganBon revenons plus largement à Où sont passés les Morgan ? Le thème du choc des cultures ville-campagne est archi-classique, pour ne pas dire archi-éculé. Quelque part, Avatar, est dans la même veine. Mais bon, ce film a tout de même le bon goût de ne pas faire de jugement sur l’un et sur l’autre des modes de vie et de ne pas nous livrer un « vivre au milieu de nul part, c’est mieux, c’est plus sain et les gens y sont plus sympas ! ». Non, rien de moralisateur ici et c’est sans doute la grande force de ce film, qui aurait été sinon totalement insupportable. Après, le ressort comique, un peu usé donc, est correctement exploité, mais avec rien de nouveau, ni de tout à fait génial.

Cependant, on ne s’ennuie pas une seule seconde car les personnages restent attachants et on a plaisir à suivre leurs pérégrinations. Et puis, comme dans tous les films du genre, il y’a un ou deux petits moments de magie où le film fonctionne vraiment bien, que ce soit dans l’humour pur ou dans le romantisme. Ces petits instants de bonheur pur nous font oublier le reste, qui de toute façon, sans être désagréable, était fait pour être oublié aussitôt vu. Je mentionnerai notamment le personnage de la secrétaire blonde, mais alors vraiment blonde, interprétée par Kim Shaw, que l’on avait vu dans… rien du tout. Et c’est bien dommage car chacune de ses apparitions provoque un vrai moment d’hilarité !

Voilà, ne vous précipitez pas au cinéma pour aller Où sont passés les Morgan ?. Mais vous aurez le droit, lors de sa diffusion sur le petit écran, de répondre oui à la question « Y’a un truc bien ce soir à la télé ? »

Fiche technique :
Production : Columvia Pictures, Relativity media, Castle Rock, Banter films
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Marc Lawrence
Scénario : Marc Lawrence
Montage : Susan E. Morse
Photo : Florian Ballhaus
Décors : Kevin Thompson
Musique : Theodore Shapiro
Directeur artistique : Steve Carter
Durée : 105 mn

Casting :
Hugh Grant : Paul Morgan
Sarah Jessica Parker : Meryl Morgan
Mary Steenburgen : Emma Wheeler
Sam Elliott : Clay Wheeler
Elisabeth Moss : Jackie Drake
Michael Kelly : Vincent

CITY ISLAND : Je vous ai dit que c’était excellent ?

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cityislandafficheSi j’ai été voir City Island, c’est pour deux raisons. Déjà, l’horaire m’arrangeait bien car collait avec l’heure de fin de Bright Star que j’ai vu juste avant. Mais aussi, parce que j’avais entendu le matin même une critique dithyrambique de la part de Benjamin Gomez, le critique de Ouï FM. Pourtant, on ne peut pas dire que je suive très fidèlement ses avis, vu qu’il passe son temps à faire l’éloge des films sponsorisés par la radio qui l’emploie. Mais bon, pour une fois, son enthousiasme était communicatif et je me suis laissé tenté. Et grand bien m’en a pris !

La famille Rizzo n’est pas vraiment championne du monde dans le domaine de l’honnêteté mutuelle et de la communication. Tout le monde fume en cachette, le père prend des cours de théâtre à l’insu de sa femme, qui du coup, pense qu’il a une liaison. La fille cache à ses parents qu’elle s’est faite virer de la fac et qu’elle exerce le noble métier de strip-teaseuse en attendant. Enfin, le petit dernier cache à tout le monde son addiction pour les obèses. Un jour, le père découvre que son fils illégitime, qui pense que son vrai père est mort, se trouve dans la prison où il est gardien. Il le fait sortir et le ramène dans la famille… sans évidemment expliquer quoi que ce soit à qui que ce soit.

City Island est une comédie humaniste, un peu trash. Voilà, j’ai presque envie d’arrêter ma critique ici, tout est dit, sauf à rajouter qu’elle est vraiment excellente. Mais bon puisqu’il faut développer, sachez aussi qu’elle est enthousiasmante, rafraîchissante, vivifiante, patatifiante… ok, le mot n’existe pas, mais résume bien l’état d’esprit avec lequel on quitte la salle après ce film. Parce que si ce film véhicule des valeurs très positives, du style, la famille c’est formidable, la communication y’a que ça de vrai et il faut suivre ses rêves, et bien il le fait de manière très intelligente.

Déjà les personnages sont loin d’être des américains propres sur eux qui se fondent dans le moule. D’ailleurs, la société américaine bien-pensante en prend un petit coup dans City Island puisque c’est en s’affranchissant de ses standards les plus idiots que les protagonistes accèdent au bonheur ! C’est une sorte de Whatever Works, mais en beaucoup moins bavard ! L’effet produit est à peu près le même, si ce n’est que Raymond De Felita n’est pas tout à fait Woody Allen. Mais il se défend tout de même et nous livre une excellente comédie (mais je crois que je l’ai déjà dit).

cityislandDans ce genre de film, tout se joue dans la sympathie que peuvent nous inspirer les personnages. Pour cela, City Island a tout bon et on a presque envie de faire partie de la famille Rizzo, qui, malgré ses faiblesses toutes humaines, est composée de personnages attachants. Bien sûr, les repas de famille sont quelque peu animés, surtout au début du film, mais c’est souvent mieux que de ne rien se dire du tout. L’autre qualité indispensable pour une comédie est le sens du rythme. Et ce film n’en manque pas, ne laissant jamais au spectateur le temps de s’ennuyer. Tout s’enchaîne, non avec frénésie, mais avec assez de peps pour nous entraîner avec un certain enthousiasme.

City Island, c’est aussi l’occasion de voir le trop rare Andy Garcia à l’écran. Ses premiers rôles se font rares et on peut se rappeler ici qu’il semblait promis il y’a un peu mois de 20 ans à devenir une des plus grandes stars d’Hollywood. L’avion de sa carrière n’a jamais vraiment totalement décollé comme il aurait du. Reste le talent et un immense charisme qui apporte la petite touche supplémentaire qui fait de ce film un vrai bon moment de cinéma.

Je ne sais pas si je vous ai dit mais City Island est une excellente comédie. Alors allez-y !

Fiche technique :
Réalisateur : Raymond de Felitta
Scénariste : Raymond de Felitta
Compositeur : Jan A.P. Kaczmarek
Directeur de la photographie ; Vanja Cernjul
Monteur : David Leonard
Directrice du casting : Sheila Jaffe et Meredith Tucker
Chef décoratrice : Franckie Diago
Directeur de production :Ged Dickersin
Costumier : Tere Duncan

Casting :
Andy Garcia : Vince Rizzo
Julianna Margulies : Joyce Rizzo
Steven Strait : Tony Nardella
Ezra Miller : Vinnie Rizzo
Dominik García-Lorido : Vivian Rizzo
Alan Arkin : Michael Malakov
Emily Mortimer : Molly Charlesworth
Sharon Angela : Tanya
Curtiss Cook : Matt Curniff