Un film comme les Tontons Flingueurs fait partie du patrimoine national au même titre que la Tour Effeil, le Penseur de Rodin ou le Bolero de Ravel. Une œuvre dont la dimension mythique et culte dépasse de loin ses pures qualités cinématographiques. Ce genre chose ne s’explique pas et surtout ne se programme pas. Même si dans le cas de ce film, il est tout de même étroitement associé au nom d’un seul homme. Celui de Michel Audiard.
Fernand Naudin dirige une entreprise de matériel agricole à Montauban. Un de ses amis de retour au Mexique l’appelle à son chevet à Paris. Ce dernier est mourant. Mais c’est aussi un truand à la tête d’une organisation importante. Avant de s’éteindre, il confie ses affaires à Fernand qui avait pourtant raccroché depuis longtemps, à la grande fureur de ses anciens « associés ». Mais Fernand n’hérite pas que d’une organisation criminelle. Il hérite également de l’éducation de la nièce de son ami.
Les Tontons Flingeurs est sûrement le film français pour lequel l’expression « réplique culte » prend le plus son sens. Michel Audiard y tient là le chef d’œuvre de sa carrière, celui qui fait de lui un artiste intemporel dont le nom raisonne encore après sa mort. Allez, faisons nous plaisir avec deux petites pour la route : « Les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît » et « Au 4 coins d’Paris qu’on va l’retrouver éparpillé par petits bouts façon puzzle… » Bref, de grands moments de bonheur dont on ne se lasse pas et qu’on peut se répéter encore et encore avec le même plaisir.
Comme beaucoup de grandes œuvres, les Tontons Flingueurs ne connut pas un succès commercial extraordinaire. 450 000 entrées lors de sa sortie en salle, même pour l’époque, c’était un score tout juste honnête. Mais ce film s’est imposé peu à peu comme un monument du cinéma français. Si une qualité d’une œuvre ce juge sur son succès sur la durée, alors ce film mérite bien son titre de chef-d’œuvre.
Mais pour que des dialogues soient réellement savoureux, il faut des acteurs pour les dire. Et quels acteurs ! Lino Ventura tout d’abord qui même s’il fera toujours un peu le même rôle pendant toute sa carrière le fit avec tant de talent que chacun de ses apparitions est un régal. Dans un registre comique cette fois-ci, il est pour beaucoup dans le succès intemporel des Tontons Flingueurs. A ses côtés une ribambelle d’acteurs appartenant à la légende du cinéma français : Bernard Blier, Francis Blanche, Jean Lefebvre (ah s’il avait pu tourner que dans des films de cet acabit…), Claude Rich en jeune premier (et oui, même les vieux acteurs ont été jeunes) et Robert Dalban. Le formidable Robert Dalban, dont le nom ne dit pas grand chose à la plupart des gens, mais qui apparaît dans 221 films entre 1934 et 1986, faisant de lui LE second (voir même souvent troisième) rôle du cinéma français.
Et puis n’oublions pas que Michel Audiard n’est que le dialoguiste des Tontons Flingueurs. Georges Lautner en est le réalisateur. Un des réalisateurs les plus prolifiques de l’histoire du cinéma français, dont la filmographie comporte d’autres perles : les Barbouzes, le Professionnel, Le Guignolo… Mais jamais il ne retrouvera l’étincelle de génie inexplicable qui s’allume dans les Tontons Flingueurs.
Audiard, Lautner et Ventura, un savant équilibre de talents qui nous offre un film inoubliable que l’on n’est pas prêt d’oublier.
Fiche technique :
Réalisation : Georges Lautner
Scénario : Albert Simonin, d’après son roman Grisbi or not grisbi et Georges Lautner (non crédité)
Dialogues : Michel Audiard
Musique : Michel Magne
Décors : Jean Mandaroux et Jacques d’Ovidio
Photographie : Maurice Fellous
Ingénieurs du son : Antoine Archimbaud et Daniel Brisseau
Montage : Michelle David
Producteurs : Alain Poiré (délégué), Robert Sussfeld et Irénée Leriche
Format : Noir et blanc (Laboratoire GTC) – 1,66:1 – Mono (Le Poste parisien) – 35 mm
Genre : comédie, film de gangsters
Durée : 1h46
Casting :
Lino Ventura : Fernand Naudin
Bernard Blier : Raoul Volfoni
Francis Blanche : Maître Folace, le notaire de Louis « le Mexicain »
Sabine Sinjen : Patricia, la fille de Louis « le Mexicain »
Claude Rich : Antoine Delafoy, le petit ami de Patricia
Robert Dalban : Jean, le majordome
Jean Lefebvre : Paul Volfoni, le frère de Raoul
Horst Frank : Théo
Venantino Venantini : Pascal
Mac Ronay : Bastien (doublé par André Weber)
Charles Régnier : Tomate
Pierre Bertin : Adolphe Amédée Delafoy, le père d’Antoine
Jacques Dumesnil : Louis « le Mexicain »



Alors, évidemment, on pourra regretter que la demi-finale contre la France, qui fut un magnifique moment de rugby, soit tout juste évoquée. Vous ne verrez donc pas dans Invictus Abdelatif Benazzi échouer à 5 centimètres de l’en-but sud-africain, quelques secondes avant le coup de sifflet final. D’un autre côté, cela nous épargne également de revivre l’arbitrage très particulier de Monsieur Bevan. Les plus pointilleux regretteront que soit passé sous silence le mystérieux empoisonnement de l’équipe de Nouvelle-Zélande quelques jours avant la finale…

Mais s’il y’a une chose sur laquelle tout le monde peut s’accorder, c’est que Lost In Translation est un film éblouissant dans sa forme. Le fond peut toucher ou pas, mais la manière dont il est mis en scène est quant à elle splendide. L’ennui n’a jamais été aussi sublime, j’ai envie de dire. La photographie, la musique, le montage, tout concorde pour faire de ce film un moment de grâce esthétique absolue. Les personnages n’ont pas besoin d’exprimer leurs sentiments, ni même de les faire passer par des mimiques théâtrales, car leurs états d’âmes flottent littéralement dans l’air que Sofia Coppola nous fait respirer. 
Si Gainsbourg : Vie héroïque se définit comme un conte, c’est parce qu’il essaye de traiter les faits de manière poétique. Gainsbourg est hanté par un personnage, sa gueule, qui est une sorte de conscience à l’envers. Non pas qu’elle le pousse forcément vers le vice, mais le pousse à assumer tout ce qu’il est. Son physique d’abord, mais aussi ses envies, ses pulsions, et évidemment son talent. Comme si la création était forcément liée à sa propre auto-destruction. Les dialogues entre les deux entités constituent le cœur de ce film, qui n’est pas donc pas un biopic qui cherche à reconstituer fidèlement la réalité.
Tout cela est regrettable car on retrouve malgré tout ce qui fait le génie des frères Coen dans A Serious Man. La même ambiance quasi fantastique alors qu’ils mettent en scène des éléments très terre à terre, la même imagination visuelle et les mêmes personnages hauts en couleurs, parfois attachants, parfois inquiétants. Bref, ce film porte leur patte… l’intérêt en moins. Quand on est fan, on est donc particulièrement frustré ! Il y’avait moyen de faire de A Serious Man un excellent film, il aurait juste fallu penser à le doter d’une intrigue. Parfois, ça peut servir…
Bon revenons plus largement à Où sont passés les Morgan ? Le thème du choc des cultures ville-campagne est archi-classique, pour ne pas dire archi-éculé. Quelque part, Avatar, est dans la même veine. Mais bon, ce film a tout de même le bon goût de ne pas faire de jugement sur l’un et sur l’autre des modes de vie et de ne pas nous livrer un « vivre au milieu de nul part, c’est mieux, c’est plus sain et les gens y sont plus sympas ! ». Non, rien de moralisateur ici et c’est sans doute la grande force de ce film, qui aurait été sinon totalement insupportable. Après, le ressort comique, un peu usé donc, est correctement exploité, mais avec rien de nouveau, ni de tout à fait génial.
Dans ce genre de film, tout se joue dans la sympathie que peuvent nous inspirer les personnages. Pour cela, City Island a tout bon et on a presque envie de faire partie de la famille Rizzo, qui, malgré ses faiblesses toutes humaines, est composée de personnages attachants. Bien sûr, les repas de famille sont quelque peu animés, surtout au début du film, mais c’est souvent mieux que de ne rien se dire du tout. L’autre qualité indispensable pour une comédie est le sens du rythme. Et ce film n’en manque pas, ne laissant jamais au spectateur le temps de s’ennuyer. Tout s’enchaîne, non avec frénésie, mais avec assez de peps pour nous entraîner avec un certain enthousiasme.
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