VIVEMENT LA SAINT-PATRICK !

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stvalentinVous l’avez peut-être déjà remarqué, mais des journées dédiées à thème particulier, il y’en a de deux sortes. Celles qui sont relatives à un fléau : les guerres de toute sorte, la misère, le SIDA, le cancer, la lèpre, l’ongle incarné, les mines antipersonnelles, le cheval… Bref tous les trucs à éradiquer. Il y’a également celles qui sont là pour soutenir des personnes qui souffrent d’un handicap : les aveugles, les paraplégiques, les hémiplégiques, les autres plégiques, les sourds, les unijambistes, les femmes…

Alors dans quelle catégorie doit-on ranger la St Valentin ? J’entends déjà tous les contradicteurs habituels qui vont me dire que j’ai oublié une troisième catégorie dans laquelle on peut ranger la fête des mères et la fête des pères. Et bien ceux-là n’ont pas encore eu trois adolescents à la maison. Je suis convaincu que les créateurs de ces deux célébrations ont simplement voulu compenser tous ce que leur affreuse progéniture leur faisait subir le reste de l’année.

Revenons à nos moutons. Ou plutôt à nos amoureux. Enfin, à vrai dire, il n’y a guère de différence entre les deux. Ce que j’adore quand on est célibataire, c’est la manière condescendante dont vous regardent les gens en couple en vous souhaitant « Ne t’inquiète pas, ça t’arrivera aussi… ». Oui, ok, y’a des couples qui font envie, mais y’en a quand même beaucoup qui te rassurent et te font penser que tu es très bien tout seul.

En fait, plus conne est la personne avec qui votre interlocuteur est, plus elle va te souhaiter de connaître le même sort. En effet, au fond, il s’en fout totalement de tes malheurs, il s’en tamponne le coquillard même. Il cherche juste ton approbation. Il y’a chez lui une réelle angoisse qu’il cherche à calmer. Ce qu’il cherche vraiment, c’est que tu lui confirmes qu’il est bien heureux et que, du coup, tu es super jaloux. Vu qu’il pratique la méthode coué pour se convaincre qu’il est avec une personne formidable, il est l’affût du moindre indice pouvant aller dans ce sens, quitte à tendre des perches aussi grosses que son aveuglement. Et comme on peut être célibataire et gentil, on acquiesce. Et si on espère que sa relation dure encore longtemps, ce n’est pas tant qu’on veuille son bonheur, on cherche juste à reculer le plus possible le moment où il viendra nous pleurer sur l’épaule. Et ce jour-là, encore une fois, on fera preuve de compassion, en ne répondant pas « pauvre con(ne), tu as eu exactement ce que tu as cherché, on a tous vu que c’était un(e) enculé(e) » mais « oui, oui, je comprends, ça fait mal et tu ne mérites pas ça ».

Pour illustrer mon propos, je vais juste citer deux anecdotes tirées de mes aventures sur Meetic (oui, oui, promis, j’écrirai un roman là-dessus). Tout d’abord, une fille très sympa, bien que flic, comme quoi ça arrive, qui avait une passion dans la vie : chanter ! Ca transparaissait à travers elle et j’ai quelques titres enregistrés en studio sur mon ordinateur qui me font dire, qu’en plus de ça, elle avait un réel talent. Elle faisait de la scène régulièrement et cela faisait partie intégrante de ce qu’elle était. C’était se façon de s’épanouir, de s’exprimer. Un jour elle m’a raconté qu’elle avait rencontre un type génial, formidable, fantastique, merveilleux… Zou, en six mois, ils se sont mis la bague au doigt. C’est beau non ? Oui enfin je suis tombé de l’arbre le jour où elle m’a dit « il n’aime pas quand je chante, ça me fait rencontrer d’autres gens ». Un type merveilleux qu’elle disait…

L’autre était une jeune fille qui avait envoyé un mail de détresse à tous ses amis, expliquant que son mec s’était barré en vacances au ski avec ses potes, la laissant organiser leur emménagement toute seule, qu’elle avait plein d’emmerdes et qu’il semblait n’en avoir rien à foutre. Bref, un mec top… Et bien un mois après, elle m’annonce tout guillerette qu’elle est.. enceinte !

Bon ok, aucune des deux n’avait inventé l’eau tiède. Donc si l’amour rend con, il faut admettre qu’il y’a parfois un terreau propice. Si on a inventé la St Valentin, c’est bien que l’amoureux de base a besoin d’une date au calendrier pour se rappeler qu’il faut être attentionné au moins une fois par an. Sans cela, le connard ordinaire n’aurait même pas un jour pour rattraper l’autre.

Mais bon, avouons-le, la St Valentin, c’est un truc que l’on fête pour faire plaisir à sa copine. C’est le jour où, en tant qu’homme, on est censé être gentil, imaginatif, attentionné et bien sûr offrir un cadeau à sa chère et tendre. La réciproque est vraie ? Mon oeil ! Si on devait faire une version masculine du 14 février, ce serait la journée « steack et pipe », pas une journée pleine de poésie, de romantisme et de raffinement.

Pourquoi nos copines nous font-elles la gueule si on oublie la St Valentin ? En fait, soit la fille vous en veut tout simplement parce qu’elle n’a pas eu son cadeau, soit cela est une expression du manque de confiance en elle-même, typique de la gente féminine. Et avec l’expérience, il vaut mieux être avec une copine de la première catégorie.

Mais pourquoi bon dieu, les filles veulent toujours qu’on leur apporte des preuves qu’on les aime ? Pourquoi, elles ne se demandent pas plutôt si on leur donne ne serait-ce que des indices du contraire ? Pourquoi ne comprennent-elles pas que douter constamment de nos sentiments est la principale raison pour laquelle on finit toujours par avoir enfin de faire l’amour sauvagement à sa secrétaire ? Pourquoi Megan Fox n’est elle jamais dans mon lit ? Ok, la dernière question n’a rien à voir avec le sujet…

Enfin, la St Valentin, c’est important, c’est la pub qui me le dit. Cependant, dès demain, elle va me raconter qu’il faut que je pense déjà à acheter des œufs en chocolat pour Pâques. En fait, je crois que j’ai trouvé ma vocation. Dans la vie, il faut être polyvalent. Alors désormais, je serai boulanger pour l’Epiphanie, crêpier pour la Chandeleur, bijoutier pour la St Valentin, chocolatier pour Pâques, fleuriste pour la Fête des mères, marchand de cravates pour la fête des pères, vendeur de confettis pour le 14 juillet, costumier pour Halloween et bien sûr, marchant de jouets pour Noël ! Si avec ça, je ne travaille pas plus pour gagner plus !

En attendant, la prochaine fois qu’on me demandera, ce que je fais pour la St Valentin, je sais ce que je répondrai : j’attends la St Patrick…

DES PROMESSES A TENIR

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franceirlande3310Il me plaît bien ce XV de France ! Ah bien sûr, il a encore quelque peu tendance à jouer les intermittents du spectacle, mais quand il joue comme cette après-midi, on se dit qu’il peut aller loin. Mettre 33-10 aux Irlandais, sans avoir eu l’air de trop forcé son talent, est une vraie et grande performance, comparable à la belle victoire de l’automne contre l’Afrique du Sud. Après, il faut oublier la prestation contre l’Ecosse du week-end dernier ou la quasi-humiliation subie face aux All Blacks.

Cette équipe possède un certain nombre de qualités très intéressantes. Tout d’abord, une qualité défensive impressionnante. Voilà une culture héritée de l’ère Laporte qui s’était un peu perdu au début de l’ère Lievremont et que l’on est très heureux de voir ressurgir. Et avec elle, le discipline, ce qui fut si longtemps notre grande faiblesse. Si taper sur les arbitres fut pendant de longues décennies le sport favori des supporter du XV tricolore, il faut bien avouer que c’est aussi parce qu’on leur donnait bien des occasions de nous pénaliser.

L’autre qualité qui impressionne, c’est celle de son pack. Ce dernier a broyé celui des Sud-Africains, ce qui n’est pas un exploit à la portée de la première équipe venue. Celui de l’Irlande n’a guère fait mieux et on peut facilement affirmer que nous possédons actuellement la meilleur mêlée fermée au monde. Reste à assurer des libérations plus rapides dans les zones de ruck et on pourra prétendre aux plus grandes ambitions.

Depuis que Marc Lièvremont est à la tête de l’Equipe de France, les essais se sont multipliés à l’arrière. Mais enfin, le XV tricolore semble avoir trouvé ses marques dans ce domaine. Déjà, une charnière est en train d’émerger. Pendant longtemps, François Trinh-Duc fut considéré comme le maillon faible de l’équipe. Sa performance d’aujourd’hui a du rassurer même les plus sceptique. Et l’autre bonne nouvelle, c’est le retour tonitruant de Matthieu Bastareaud qui va vite faire oublier ses mésaventures néo-zélandaises pour s’imposer comme une grande star du rugby français. Rarement, un centre français avait dégagé une telle impression de puissance.

Reste enfin une dernière faiblesse à éliminer : les pertes de balles en touche. Ceci nous renvoie à une des faiblesses historiques du rugby hexagonal, même si nous étions plutôt performants dans de domaine depuis près de 15 ans. Si les qualités dans le jeu de Servat, qui redevient peu à peu le meilleur talonneur du monde, et de Szarzewski sont elles-aussi exceptionnelles, leur technique de lancer reste sans doute à améliorer.

L’Equipe de France de rugby est donc pleine de promesses. Mais nombre d’entre elles l’ont été sans les tenir sur le long terme. Espérons que celle-ci saura porter enfin le XV de France au sommet du monde.

UN GOUVERNEMENT OFF-LINE

loppsi

loppsiNotre cher gouvernement adoré a décidé de renforcer la législation pour lutter contre notamment la pédopornographie sur Internet ! C’est du moins un des prétextes de la nouvelle loi en I, qui répond au doux nom de LOPPSI (qui contient par ailleurs bien d’autres mesures sécuritaires).

Encore une fois, tout cela n’est qu’une vaste fumisterie, un effet d’annonce, qui servira au mieux à fliquer l’internaute de base. Car les solutions techniques pour contourner les nouvelles mesures existent déjà, les rendant totalement inefficaces. Pire, en rendant les pédophiles beaucoup plus prudents et en les poussant vers des outils plus discrets, cela compliquera fortement la vie de ceux qui luttent contre ces réseaux. Bref, encore une fois le délire sécuritaire et répressif du gouvernement va avoir des résultats totalement contraires aux objectifs, mais aura eu le mérite de flatter son électorat haineux.

Plus généralement, cela montre son incapacité à comprendre ce que Internet a changé dans nos sociétés. Encore une fois, au lieu de prendre les problèmes à leur source, il lutte désespérément pour faire disparaître les symptômes les plus visibles, sans aucune chance de faire disparaître ainsi les dysfonctionnements qui les provoquent. De plus, les plus gros « délinquants » sont ceux qui maîtrisent généralement le mieux l’outil informatique et donc ceux qui mettront d’autant plus facilement en œuvre les moyens qui existeront toujours pour contourner les moyens de répressions.

Un des mérites, ou torts comme l’on veut, d’Internet et du numérique en général est la facilité qu’il offre pour les échanges non marchands. La dématérialisation est évidemment une bénédiction pour l’humanité qui ne sait plus quoi faire de ses déchets. Mais évidemment, dématérialiser c’est détruire toute la sphère marchande qu’il y’avait derrière. Pour un CD, il fallait extraire les matières premières pour les fabriquer dans des usines, il fallait des transporteurs et des magasins pour les vendre. Chaque CD a donc un coût par lui-même et en voler un dans un magasin, c’est faire perdre de l’argent à chacun des maillons de la chaîne.

Copier le fichier MP3 d’un ami se situe dans une toute autre logique. Si je copie un titre pour lequel je n’aurais de toute façon pas dépenser un seul centime, il n’y a qu’un gagnant, moi, et aucun perdant. Le problème vient évidemment quand je fais la même chose pour de la musique pour laquelle j’aurais payé si je n’avais pu faire autrement.

Bien sûr, l’artiste doit être rémunéré. Mais on sait déjà que sauver la sphère marchande qui l’accompagnait précédemment n’est pas la solution. Avoir confié la réflexion sur ce sujet au patron de la FNAC montre bien que le gouvernement n’a absolument pas compris cela.

Pour moi le meilleur exemple de l’absurdité du système actuel est Kamini et son titre Marly-Gaumont. Mis gratuitement en ligne, il rencontra un succès phénoménal. Suite à cela, il décida légitimement de vouloir tirer profit de cette réussite et signa avec une maison de disque. Aussitôt fait, aussitôt la vidéo disparut du site où l’on pouvait la télécharger. C’était évidemment trop tard, elle circulait déjà largement sur n’importe quel réseau peer-to-peer et personne n’aurait jamais payé pour l’acquérir. Pourquoi le consommateur devrait-il rémunérer le patron de la maison de disque pour que Kamini, qui s’est très bien débrouillé sans lui, le soit également ?

Cela peut paraître paradoxal, mais c’est tout simplement la conséquence de la dématérialisation. Tout est à portée de main (ou plutôt de téléchargement) sans que l’on soit limité ni par un budget, ni par la place que prendrait des supports matériels. Renoncer volontairement à cela serait d’une part complètement masochiste, et d’autre part passer à côté d’une chance unique pour l’humanité. Le but de l’art et de la culture n’est-elle pas de se diffuser le plus largement possible ? Mais évidemment, si les artistes ne peuvent plus vivre, il n’y aura plus rien à diffuser.

Personnellement, je n’ai pas de solution miracle à proposer : licence globale, peer-to-peer payant, taxe sur les fournisseurs d’accès, je ne saurais dire quelle est la meilleure solution. Cette dernière est sûrement à inventer. Mais faudrait-il déjà la chercher.

MOTHER : Miss Marple dans un film noir coréen

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motherafficheA la base, je n’avais pas l’intention d’aller voir Mother. Mais, le week-end dernier, lors d’un repas familial pour l’anniversaire de mon frère, on en est venu à parler cinéma… Bon en fait, c’est idiot ce que je dis, vu que l’on parle toujours cinéma et ce, dès l’apéro… Bref, mon père et mon autre frère l’ayant vu, ils ont réussi à me donner envie de faire de même. Du coup, je me suis rendu un mardi soir à l’UGC des Halles, là où il se jouait encore, pour la séance de 22h30… Bref il était le temps de le voir ! Tout cela m’a fait rentrer chez moi à 2h du mat, ce qui a évidemment eu un impact important sur mon état de forme pour le reste de la semaine, et donc ma productivité… Mais est-ce que ce film valait vraiment tous ces efforts consentis ? Et bien maintenons le suspense et réponse après le synopsis.

Do-Joon est ce qu’on appelle un simplet, pour ne pas dire un débile léger. A 28 ans, il vit seul avec sa mère, femme très modeste, avec qui il partage même le lit. Alors quand il est accusé d’un meurtre qu’il n’a visiblement pas commis, cette dernière fera tout pour prouver son innocence.

Pendant une petite demi-heure, je me suis vraiment demandé ce que ma chère famille m’avait envoyé voir. Un film intimiste sur la folie douce ? Un truc bien ennuyeux en tout cas… Et puis peu à peu Mother change complètement de ton pour devenir un film noir, très noir, ce que les premières minutes ne laissent pas du tout deviner. Bon, je sais, j’aurais mieux fait de ne rien vous dire du tout pour vous réserver la même surprise qu’à moi, mais du coup, je ne sais pas ce que j’aurais bien pu raconter sur ce film.

Sur le fond, Mother n’est pas si original dans son genre, surtout pour un cinéma coréen qui nous livre régulièrement des polars très sombres. Ce qui est original c’est la plongée de cette vieille dame, un peu naïve et pas du tout préparée à cela dans une enquête qui devient vite assez glauque. Cela amène un mélange d’humour et de malaise, que l’on retrouve souvent dans le cinéma asiatique, mais qui prend vraiment là une dimension supplémentaire. Car Mother est superbement réalisé par Joon-Ho Bon, qui nous avait déjà surpris avec le fascinant The Host, un film d’horreur lui aussi pas du tout comme les autres. Au-delà de ça, ce film a tout du polar classique avec son enquête, ses fausses pistes, ses rebondissements et son dénouement final inattendu.

motherLa réussite de Mother n’aurait pas été complète sans une performance magistrale de Kim Hye-Ja. Dans ce film, on a l’impression qu’elle passe de la caméra d’Eric Rohmer à celle d’Olivier Marshall avec le même bonheur. Elle est aussi surprenante que le scénario et l’évolution qui lui impose. Une vraie numéro d’actrice pour cette femme 69 ans qui tient là le rôle de sa vie assurément. Et cela valait le coup d’attendre !

Pour finir cette critique, je voudrais juste faire un petit aparté sur l’image des policiers dans les films coréens. Même quand ils sont les héros et qu’ils finissent par arrêter les coupables, ils ont toujours ce côté lunaire, dilettante, pour ne pas dire un peu simplet… Et quand ce n’est pas le héros qu’il l’est, c’est son collègue… Bref, c’était une remarque amusante et je ne connais pas assez bien la société coréenne pour savoir si c’est une coïncidence ou si c’est profondément ancré dans l’imaginaire de ce pays.

Mother confirme que le cinéma coréen est un des plus dynamique et des plus imaginatifs au monde. Il confirme aussi qu’il est maître dans l’art du film noir.

Fiche technique :
Production : Barunson, CJ Entertainment
Réalisation : Bong Joon-ho
Scénario : Bong Joon-ho , Park Wun-kyo
Montage : Moon Sae-Kyoung
Photo : Alex Hong Kyung-Pyo
Distribution : Diaphana Films
Musique : Lee Byeong-woo
Directeur artistique : Ryu Seong-hie
Durée : 130 mn

Casting :
Jin Ku : L ami de Do-Joon
Kim Hye-Ja : la mère
Won Bin : Do-joon
Je Mun : Le lieutenant  

SHERLOCK HOLMES : Elémenta…(désolé, on a déjà changé de plan)

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sherlockholmesafficheLe cinéma et la télévision se sont souvent emparés des mythes de la littérature pour les adapter plus ou moins fidèlement. Mais c’est souvent la version audiovisuelle qui devient la version « officielle » dans l’esprit du public, au détriment de la version littéraire. Ces derniers temps, des réalisateurs ont souhaité se réapproprier des mythes pour les réinventer au cinéma sous une forme plus proche de celle imaginée par les auteurs originaux. Cela a été le cas avec le personnage de James Bond dans Casino Royale. C’est désormais le cas de Sherlock Holmes dans le film du même nom.

Sherlock Holmes et son fidèle acolyte, le Docteur James Watson, ont encore devancé la police londonienne en arrêtant Lord Blackwood, auteur de trois meurtres rituels sur des jeunes filles. La veille de son exécution, il demande à parler une dernière fois au célèbre détective et lui annonce que l’affaire est loin d’être terminée et que d’autres morts allaient bientôt suivre.

La célèbre casquette à carreaux qu’arbore Sherlock Holmes dans l’imagerie habituelle n’est en rien une invention de Conan Doyle. C’est donc sans regret que Guy Ritchie s’est débarrassé de cet accessoire pour refaire du détective un mauvais garçon, bagarreur et abusant des substances illicites. C’est comme cela qu’il est décrit dans les romans originaux, ce qui n’aura pas échapper à tous les fans de la Vie Privée de Sherlock Holmes, le film de Billy Wilder.

Cette version de Sherlock Holmes se veut résolument moderne dans sa réalisation. Trop peut-être. On est trop souvent proche du clip vidéo, chaque plan ne dépassant rarement les 2 secondes. Franchement, c’est parfois un peu pénible, fréquemment superflu et surtout beaucoup trop systématique. Bref, une réalisation qui se veut survitaminée et pleine de punch, mais qui peut surtout provoquer migraines et vomissements. Guy Ritchie a sans doute pensé que cela donnait un style visuelle, ça cache surtout une grande médiocrité artistique.

Mais à côté de ça, le scénario de Sherlock Holmes est quant à lui de très bonne facture. De l’action, du suspense, des rebondissements, du mystère et une certaine complexité qui donne un vrai charme à ce film. Il permet surtout de faire naître deux vrais héros à la personnalité distincte, qui échappé aux pièges d’un trop fort manichéisme. Ce personnage de héros-mauvais garçon n’est pas non plus super original, mais il lui donne une vraie personnalité à la fois attachante et compatible avec une certaine noirceur.

sherlockholmesLe vrai petit plus de Sherlock Holmes, ce sont les moments où sont illustrés les raisonnement du détective. Là encore, rien de révolutionnaire, mais cela donne une identité au visuelle au film et surtout relie le personnage avec sa légende. Ici, le passage du roman au film est parfaitement réalisé. Allez, Guy, fais pas la gueule, j’ai été vache tout à l’heure, tu n’es pas si médiocre que ça.

Je pense que beaucoup d’entres vous, et là je parle aux filles, iront voir ce film pour le duo Robert Downey Jr et Jude Law. Il fonctionne ici à merveille. On pourra seulement regretter que le montage façon clip-vidéo écrase un peu le jeu des acteurs. Si je voulais être méchant, je dirais que c’est triste pour Jude Law, mais peut-être salutaire pour son complice… Mais cet avis n’engage que moi, car sur ce film aucun n’éclipse l’autre.

D’autres s’insurgeront sur le fait que l’intrigue ouvre clairement sur un deuxième épisode. De toute façon, ceux qui connaissent un peu l’univers de Sherlock Holmes n’auront pas trop de doute sur l’indenté de ce mystérieux personnage qui agit dans l’ombre. Mais bon, globalement, ce film est un agréable divertissement et on a plutôt envie d’en reprendre pour un tour. Après, on peut ne pas apprécier de se faire forcer la main, mais bon que voulez-vous, faut bien rentabiliser la franchise…

Sherlock Holmes n’est peut-être pas tout à fait à la hauteur de la légende artistiquement parlant. Mais bon, il peut vous permettre un bon moment de détente et de cinéma.

Fiche technique :
Production : Warner Bros Pictures, Village Roadshow Pictures, Silver Pictures, Wigram Productions
Distribution : Warner Bros Pictures France
Réalisation : Guy Ritchie
Scénario : Michael Robert Johnson, Anthony Peckham, Simon Kinberg, d’après les romans de Sir Arthur Conan Doyle
Montage : James Herbert
Photo : Philippe Rousselot
Format : 35mm
Décors : Sarah Greenwood
Son : James Mather
Musique : Hans Zimmer
Effets spéciaux : Chas Jarrett
Durée : 127 mn

Casting :
Robert Downey Jr : Sherlock Holmes
Jude Law : Docteur Watson
Rachel McAdams : Irene Adler
Mark Strong : Lord Blackwood
Eddie Marsan : Inspecteur Lestrade
Kelly Reilly : Mary Morstan
James Fox : Sir Thomas Rotheram 

LA PRINCESSE ET LA GRENOUILLE : Succulent retour aux sources

laprincesseetlagrenouilleaffiche

laprincesseetlagrenouilleafficheVous êtes allergiques à la 3D ? Vous avez pleuré les 254 fois où vous avez vu Bambi ou le Roi Lion ? Vous considérez que la fin de Ca Cartoon est la pire saloperie qui soit arrivée à l’humanité depuis la peste noire ? Vous aimez quand ça jazze et quand ça swingue ? Vous aimez avoir peur… mais pas trop ? Et bien, si vous avez répondu oui ne serait-ce qu’à une seule question et bien la Princesse et la Grenouille est fait pour vous !

Tania, jeune serveuse de la Nouvelle-Orléans, ne rêve que d’une chose : accomplir le rêve de son père et ouvrir son propre restaurant. Elle est sur le point d’acheter l’endroit qu’elle convoite depuis longtemps, quand une surenchère de dernière minute est proche de ruiner ses espoirs. C’est à ce moment là qu’elle croise une grenouille qui parle… Visiblement c’est un prince, victime d’un sorcier vaudou, qui reprendra forme humaine si elle l’embrasse. D’abord dégoûtée, elle finit par s’y résoudre. Mais l’effet produit n’est pas celui escompté puisque qu’elle est à son tour transformée en batracien.

La Princesse et la Grenouille a été élu film de l’année 2009 par Time Magazine. Bon si je ne souscris pas tout à fait à ce classement particulièrement élogieux, il est incontestable que ce film constitue à la fois un retour aux racines de Disney, sur la forme et surtout sur la qualité. Si on exclut complètement les productions Pixar et assimilées, ce film est largement le meilleur Disney depuis le Roi Lion. Bref, un retour en force pour un géant qu’on croyait définitivement endormi.

Déjà, Disney s’est enfin rappelé que même les enfants ont le droit de pleurer ou d’avoir peur au cinéma. Cela ne les a jamais traumatisé, bien au contraire. Les contes de fée ont toujours été fait pour apprendre à nos chers têtes blondes ce qu’est la vie d’adulte, et on sait bien qu’elle n’est pas toujours rose tous les jours. Bien évidemment, ne comptez pas sur moi pour en dire plus et vous dévoiler le moindre indice sur ce qui pourrait vous faire pleurer dans La Princesse et la Grenouille.

L’autre grande force de La Princesse et la Grenouille, c’est sa bande-originale, là encore, la meilleure depuis le Roi Lion. Et comme le film se passe à la Nouvelle-Orléans, le jazz est omniprésent. Et pour notre plus grand bonheur, car les titres sont tous de très grandes qualités. Heureusement, car on chante beaucoup dans ce film. Bref, les amateurs de comédie musicale seront autant ravis que les amateurs d’animation à l’ancienne.

laprincesseetlagrenouillePar contre, La Princesse et la Grenouille possède deux caractéristiques qui le distinguent des autres productions Disney. Déjà, et ce pour la première fois de l’histoire de cette noble institution, le personnage principal est…une noire ! Et une afro-américaine en plus, pas un membre d’une tribu exotique. Ca peut paraître anecdotique, mais ça mérite quand même d’être souligné. Le second est l’esprit très cartoon de ce dessin-animé. Disney ne nous avait jamais habitué aux personnages dont le corps se déforme ou s’aplatit après une chute. Et bien c’est le cas dans certains passages de ce film. Mais comme on n’a malheureusement plus trop l’occasion de voir Bip-bip et le Coyotte à la télé, on ne va pas s’en plaindre.

En fait, ce qui est si séduisant dans la Princesse et la Grenouille, c’est son charme, presque désuet. Il fait renaître un style qu’on pensait appartenir à l’histoire. Alors reste à savoir s’il est fait avant tout pour séduire les nostalgiques des Disney de leur enfance et s’il peut avoir le même attrait pour les plus jeunes nourris à la 3D. Mais bon étant nettement à ranger dans la première catégorie, je me fous un peu de connaître la réponse. J’ai trouvé ce film merveilleux un point c’est tout !

La Princesse et la Grenouille est donc un film comme on pensait ne plus en faire. Mais il prouve que c’est parfois dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes. De succulentes soupes !

Fiche technique :
Production : Walt Disney Animation Studios
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures
Réalisation : Ron Clements, John Musker
Scénario : Ron Clements, John Musker, Rob Edwards, Greg Erb, Jazson Oremland
Décors : James Aaron Finch
Musique : Randy Newman
Directeur artistique : Ian Gooding
Durée : 95 mn

Casting :
Bruno Campos : Le Prince Naveen
Anika Noni Rose : Tiana
Jenifer Lewis : Mama Odie
Jim Cummings : Ray
Keith David : Dr Facilier
Oprah Winfrey : Eudora
Michael-Leon Wooldey : Louis

UNE EXECUTION ORDINAIRE : Un film bien ordinaire

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uneexecutionordinaireafficheParfois, le cinéma français se contente de peu. J’ai malheureusement envie de dire souvent, trop souvent. Mais malgré cela, une bonne partie des critiques crient tout de même au génie. C’est exactement mon sentiment avec Une Exécution Ordinaire, dont les qualités sont indéniables, mais qui manque de souffle cinématographique.

En 1952, Anna est une médecin que beaucoup connaissent pour ses qualités de magnétiseur et sa capacité à soulager la douleur. Mais ce genre de pratique est mal vu du pouvoir et elle est à la merci d’une dénonciation. Un jour, la police vient la chercher. Mais la destination est inattendue puisque c’est au Kremlin qu’on l’emmène, à la demande de Staline en personne. Mais un Staline vieillissant, prêt à tout pour échapper aux douleurs qui l’assaillent. Cependant, un secret absolu est exigé et il n’hésitera pas à demander à Anna les plus grands des sacrifices.

Une Exécution Ordinaire est un vrai faux grand rôle. Bien sûr, André Dussolier est plutôt convainquant en Staline et pas uniquement grâce au travail assez fabuleux de maquillage. Mais voilà, l’ambition réelle qui habite Marc Dugain tourne vite à la caricature. Les réflexions qu’il prête à Staline sur sa condition de dictateur sont censés apporter un éclairage nouveau sur ce personnage historique complexe, mais ressemble parfois à des tirades d’un mauvais space-opera. Je sais que certains ne seront pas du tout d’accord, mais personnellement, c’est un peu l’impression que ça m’a donné.

Et puis, le vrai problème de Une Exécution Ordinaire, c’est que le numéro d’acteur de André Dussolier écrase tellement le film qu’il fait passer au second plan l’histoire d’Anna, alors que c’est en principe le cœur de l’histoire. Il faut savoir qu’à l’origine, le film est tiré d’un livre de Marc Dugain lui-même dont cette histoire n’est qu’une des sept parties. Cet ouvrage retrace l’histoire et l’évolution de la Russie de la mort de Staline à nos jours. Cette mise en perspective des évènements est donc totalement absente et cela retire une large partie de l’intérêt de la dimension politique de ce film. Du coup, cette dernière nuit beaucoup plus à l’intrigue principale qu’elle ne l’enrichit.

Un reproche qu’on ne pourra pas faire à une Exécution Ordinaire est d’avoir bâclé le travail de reconstitution. J’ai déjà évoqué le maquillage, mais les costumes et les décors sont eux-aussi remarquables. Mais à côté de ça, Marc Dugain, pour son premier film, manque un petit peu d’imagination derrière la caméra. La sobriété est parfois une vertu, mais ici, elle contribue à l’impression générale que tout est basé sur la prestation d’André Dussolier pour ce qui est de l’aspect artistique. Pourtant, il n’y aurait rien eu de contradictoire avec un travail plus intéressant de mise en scène.

uneexecutionordinaireLe casting aurait pu être également un atout. En dehors d’André Dussolier, Marina Hands livre ici une performance remarquable, même si on peut la trouver un peu timide dans son expression. Les apparitions de Tom Novembre et Denis Podalydès sont également réjouissantes. Par contre, le choix d’Edouard Baer pour interpréter le mari est pour moi une erreur de casting. Malgré tout son talent et une prestation tout en retenue, il n’arrive pas à nous faire croire qu’il est un physicien russe des années 50. Peut-être parce qu’il est encore trop inconsciemment marqué par son registre habituel pour être vraiment crédible dans des rôles plus sérieux.

Un André Dussolier nous livrant un vrai numéro d’acteurs et un contexte tout de même intéressant ne sont malheureusement pas suffisant pour faire de Une Exécution Ordinaire autre chose qu’un film bien ordinaire.

Fiche technique :
Production : F comme film, Studiocanal, France 3 cinéma
Distribution : StudioCanal
Réalisation : Marc Dugain
Scénario : Marc Dugain d’après son propre livre
Montage : Fabrice Rouaud
Photo : Yves Angelo
Décors : Yves Fournier
Son : Pierre Gamet, Sylvain Malbrant
Durée : 105 mn

Casting :
Marina Hands : Anna
André Dussollier : Staline
Edouard Baer : Vassili
Denis Podalydès : Le concierge
Tom Novembre : Le directeur de l hôpital
Grégory Gadebois : le chef de service 

UN AIR DE DEJA VU…

psglorient

psglorientLes deux premiers articles de ce blogs, datés des 14 et 15 janvier 2007, traitait d’un PSG mal en point, ce qui avait abouti au limogeage de Guy Lacombe et l’arrivé de Paul Le Guen. Et bien, dans leur grande gentillesse, les joueurs parisiens ont décidé de boucler la boucle pour revenir au point de départ. Après tout, la constance est une qualité comme une autre…

Bon, comment en est-on arrivé là ? Ou plutôt revenu là ? Déjà, ce qui fait la beauté du football, c’est tout de même que tout ne tient qu’à un petit rien. Un gardien qui sort le match de sa vie, une expulsion alors que l’on mène au score, un but refusé pour un hors-jeu inexistant et trois victoires se transforment en trois défaites. Si le PSG avait pris 9 points au lieu de 0, on parlerait au contraire d’une équipe en pleine confiance, combien même la qualité de jeu serait à peu près la même.

Mais voilà, c’est bien 0 point qui ont été pris, pas 9. En football, comme ailleurs, la chance cela se provoque. Un tir sur le poteau c’est autant du ressort du manque de bol que de le maladresse. Le parcours de Bordeaux l’année dernière a prouvé qu’un moral à tout épreuve, et accessoirement un fond de jeu, pouvait permettre de renverser systématiquement des situations compromises par des évènements contraires. Et il est évident que le PSG ne possède à ce jour ni l’un, ni l’autre.

Faut-il pour autant désespérer ? Non pas forcément. Le football est une histoire de dynamique et ces dernières peuvent s’inverser brutalement et complètement…ou pas. Mais bon, quand on voit Grenoble mettre un 5-0 à Auxerre, on se dit que le football réserve souvent bien des surprises. C’est pour ça qu’on l’aime… même si rien ne nous assure jamais qu’elles soient bonnes.

IN THE AIR : Waouh !

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intheairafficheIl y’a des films dont on sort en disant simplement « wouah ! ». On est trop sous le choc pour dire autre chose. Il y’a cependant plusieurs sortes de « wouah ! ». Il y’a le « wouah ! » que je qualifierais de purement cinématographique, comme après un Slumdog Millionnaire ou un Avatar, des films qui ont su exploiter la quintessence du cinéma, ce mélange d’un scénario, d’images spectaculaires, de son et de musiques. Mais il y’a aussi le « waouh » que je qualifierais d’émotionnel, comme après un Les Noces Rebelles. Quand un film vous touche au plus profond de vous-même. Ce « wouah ! », on peut aussi le pousser après avoir un livre ou une pièce de théatre. Ce « wouah ! », je l’ai poussé à la fin de In The Air.

Ryan Bingham passe plus de 300 jours par ans en déplacement à travers les Etats-Unis. Son métier : annoncer à des employés leur licenciement et donner des conférences sur la nécessité de ne s’attacher à rien ni personne. Il passe plus de temps dans les avions que dans son appartement. C’est là-haut qu’il se sent chez lui. Mais deux femmes vont bousculer son quotidien : Alex, qui mène la même vie que lui, qu’il rencontre dans un hôtel et avec qui il débute une liaison. Natalie, jeune diplômée qui pense pouvoir révolutionner son travail et qu’il emmène avec lui pour lui faire découvrir la réalité de son métier.

Bon, commençons par l’essentiel… George. Comment ça George qui ? Bah George Clooney, quelle question ! Cet acteur, et j’ai envie de dire cet homme, je ne pensais pas qu’on pouvait l’aimer plus que moi avant de voir In the Air. Bah si, en fait, c’est bien possible. Car on peut l’aimer autant que moi après avoir vu ce film. Parce que dire qu’il est génial dans ce rôle de célibataire solitaire résonne presque comme une insulte à l’extraordinaire talent, à la prodigieuse classe dont il fait preuve ici. Bref, il y’a des rôles, comme ça, dans une carrière d’un acteur, qui semblent avoir été écrit exprès pour lui. Un rôle où l’acteur ne joue plus, se contentant d’être. S’il y’en a qui trouvaient que George Clooney, ce n’était au fond qu’une très belle gueule et quelques grimaces, changeront sans aucun doute d’avis en voyant ce film.

Il est rare qu’un film puisse toucher tout le monde. On est forcément, selon son passé, son parcours, plus ou moins prédisposé à s’identifier, à se sentir concerné par une histoire. Si vous vous êtes marié à 23 ans, n’avez connu qu’une seule femme dans votre vie, que vous êtes casé, rangé et que vous trouvez que c’est le comble du bonheur et ne comprenez pas pourquoi ne fait pas comme vous, alors, oui, peut-être, In the Air peut vous laisser indifférent, au mieux vous amuser. Dans le cas contraire, il y’a des chances que vous ressentiez cette impression si rare et si délicieuse que le film que vous regardez a été écrit exprès pour vous, rien que pour vous. Et si vous êtes une femme… Oui bah là, c’est trop compliqué pour moi…

intheairBon maintenant, je demande à tous ceux qui ont l’intention de voir ce film de sortir de ma critique. Parce que lire ce que je vais raconter serait gâcher le plaisir et ça serait vraiment dommage. Presque un crime. Donc voilà… a y’est, tout ceux qui doivent partir sont partis ? C’est bon, je peux recommencer…1…2…3.. C’est parti ! Alors si In the Air est un film si formidable, c’est aussi parce qu’il ne nous emmène pas du tout là où on s’y attend. Sans rien dévoiler, il y’a un moment dans le film où tout est remis en cause, tout change de perspective. C’est amusant parce qu’il y’a un moment dans le film où je me suis demandé si ça n’allait pas finir comme ça. Et puis, je me suis dit « non, ce n’est pas possible » et je n’y ai plus pensé. Evidemment, si vous devinez à l’avance ce qui va se passer, je pense que l’impact du film tout entier ne sera pas le même. Bref, j’en ai déjà assez dit. Retenez simplement que le scénario de ce film est infiniment plus subtil et surprenant que ce que l’on pouvait penser au premier abord… et ce que la première heure nous fait penser.

In the Air est donc un film magnifique, touchant et intelligent. Il est aussi réellement drôle et pourra séduire un large public. Et certains seront même profondément marqués par ces personnages qui ont forcément un peu de chacun d’entre nous.

Fiche technique :
Production : Paramount pictures, Cold Spring Pictures, DW Studios, Rickshaw prod., Montecito Picture company, Right of Way Films
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Jason Reitman
Scénario : Jason Reitman, Sheldon Turner, d’après le roman de Walter Kirn
Montage : Dana E. Glauberman
Photo : Eric Steelberg
Décors : Steve Saklad
Musique : Rolfe Kent
Costumes : Danny Glicker
Durée : 110 mn

Casting :
George Clooney : Ryan Bingham
Vera Farmiga : Alex
Anna Kendrick : Natalie Keener
Jason Bateman : Craig Gregory
Danny McBride : Jim
Melanie Lynskey : Julie Bingham

UN DSK QUI SURGIT HORS DU FMI…

Dominique-Strauss-Kahn

Dominique-Strauss-KahnAh ça devait bien finir par le titiller… Certes, il est bien payé, il a un boulot sympa, New York n’est pas le pire endroit où vivre… Mais voilà, quand on est un homme politique français de premier plan, même si on essaye de se convaincre du contraire, et bien on veut être PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ! Et DSK comme les autres !

Globalement, un homme politique français soit il est candidat à la Présidence, soit il ne l’est pas… parce qu’il sait qu’il n’a aucune chance, sinon il le serait. On peut entamer ici le débat passionnant sur les vertus et les vices de la Vème République et de la « Présidentalisation » du régime, mais tel n’est pas mon propos ici.

Non, je veux juste dire quelques mots sur le coureur de jupons le plus célèbre depuis Bill Clinton, à savoir Dominique Strauss-Kahn. Les journaux se sont emparés de la question sur une éventuelle candidature de sa part depuis un moment déjà. Sondages, analyses, conjonctures, tout était bon pour étayer le sujet. Mais ça y’est, il l’a avoué des bouts des lèvres, il n’exclut rien. Et quand on n’exclue pas en politique, c’est qu’on y va tout droit !

On sent bien dans les médias une envie de le voir revenir pour devenir le candidat du PS aux prochaines élections présidentielles. Alors que les modalités des primaires ne sont pas encore connues, on n’a l’impression que le choix de la presse est fait. C’est DSK qu’il faut opposer à Sarko en 2012. Ce choc de Titans est alléchant et fera vendre beaucoup de papiers, soyons en sûr. Un duel contre Aubry n’aurais sûrement pas la même saveur.

DSK aurait de réelle chance de s’imposer s’il était désigner candidat du PS. Mais sa situation médiatique ressemble à celle de Ségolène Royale en 2006, lors de la campagne interne. Elle était la meilleure candidate parce qu’on avait décidé qu’elle l’était, donc elle l’était. Bref, on est face à une prophétie auto-réalisatrice et la campagne de 2007 a montré que ce genre de mécanisme de décision possédait quelques limites.

DSK profite de son éloignement de la vie politique française, et du PS, en particulier pour semblée au-dessus de la mêlée politicienne. Mais le système de primaires qui se dessinent, quelque soit la forme qu’elles prendront au final, le forcera à y replonger très vite. Et là, Aubry et d’autres ont encore une petite longueur d’avance…