FANTASTIC MR FOX : Le nouveau tube filmé décalé de Wes Anderson

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fantasticmrfoxafficheUn divertissement familial capable de ravir réellement petits et grands, ce n’est pas si fréquent. Mais c’est le cas de Fantastic Mr Fox, adaptation d’un roman de Roald Dahl, l’auteur de Charlie et la Chocolaterie. Une œuvre lisible à plusieurs degrés, un peu comme un album d’Asterix.

Mr Fox est le meilleur voleur de volaille de toute la région. Mais un jour, alors qu’il réchappe de peu à la capture, il promet à sa femme de se ranger des voitures et devient journaliste. Quelques années plus tard, devenu papa, il semble avoir tenu sa promesse, malgré des fins de mois difficiles. Cependant, la tentation est trop grande et il organise un dernier grand coup chez les trois plus gros fermiers du secteur. Mais ces derniers sont bien décidés à piéger ce renard impertinent.

La trame narrative ne reflète que très peu la richesse de Fantastic Mr Fox. Bien sûr, l’intrigue en elle-même est un peu enfantine. Elle est relativement linéaire, sans réelle ambiguïté, donc relativement facile à suivre pour le plus jeunes. Cependant, elle n’en est pas pour autant simpliste et reste riche en rebondissements. Une vraie histoire, dans laquelle on se laisse facilement prendre.

Mais à côté de ce fil rouge très accessible, Fantastic Mr Fox recèle une vraie subtilité par ses personnages qui sont eux, vraiment fouillés. Le héros, déjà, n’en ai pas vraiment un. Si c’est toujours lui qui prend les choses en main pour sortir ses compagnons de situations difficiles, c’est souvent parce qu’est c’est lui qui les a provoqués. Menteur, égocentrique, tout en étant charmeur et baratineur hors paire. Il est aussi maladroit que rusé, aussi manipulateur qu’attachant. Bref, un personnage loin d’être enfantin, même si sa bouille de renard et la sympathie qu’il dégage charmera petits et grands.

C’est surtout sur les relations entre ces personnages que Mr Fox prend un côté vraiment « adulte ». Les relations familiale, entre parents et enfants et dans le couple, sont ici traitées de manière très subtile, sous couvert d’une histoire dont les protagonistes principaux sont des animaux. En fait, le film nous montre que, sous le maquillage de la politesse et des conventions sociales, nos comportements sont souvent bien plus basiques et animaux que l’on veut bien l’admettre. Le tout est traité avec beaucoup d’humour et c’est là, la vraie force qui fait de ce film un vrai moment de bonheur.

fantasticmrfoxFantastic Mr Fox est un film d’animation qui n’est visuellement pas du tout dans l’air du temps, à l’heure d’Avatar qui gomme la frontière entre le virtuel et la réalité. On est là face à un style visuel « vintage », qui ressemblerait presque à un vieux film d’animation des années 70, réalisé uniquement pour la télévision. J’avoue qu’après avoir vu la bande-annonce 50 fois, j’étais quelque peu sceptique. Mais, au final, cela colle parfaitement avec le côté décalé de ce film et participe largement à sa réussite.

Enfin, le dernier plaisir, et non des moindres, que nous offre Fantastic Mr Fox, c’est celui d’entendre la voix de George Clooney (en VO bien sûr). Pas besoin d’en dire plus… Et quand on sait que le casting vocal rassemble aussi Mery Streep et Bill Murray, on comprendra que ce film ne souffre pas d’une interprétation vocale de seconde zone.

Fantastic Mr Fox est donc un film riche et étonnant. Un OVNI cinématographique qui prend à contre-pied toutes les tendances actuelles du 7ème art. Et ça fait du bien !

Fiche technique :
Production : Allison Abbate, Scott Rudin, Wes Anderson et Jeremy Dawson
Distribution : Twentieth Century Fox
Réalisation : Wes Anderson
Scénario : Wes Anderson, Noah Baumbach, d’après le livre de Roald Dahl
Montage : Andrew Weisblum
Photo : Tristan Oliver
Musique : Alexandre Desplat
Effets spéciaux : Mark Gustafson, Tim Ledbury
Directeur artistique : Francesca Maxwell
Durée : 88 mn

Casting :
George Clooney : Mr Fox
Meryl Streep : Felicity
Bill Murray : Blaireau
Jason Schwartzman : Ash
Michael Gambon : Franklin Bean
Owen Wilson : Coach Skip
Willem Dafoe : Rat

UNE EDUCATION : L’apéro ne suffit pas

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uneeducationafficheLes bons films sont comme les bons repas. L’apéritif nous met l’eau à la bouche, l’entrée nous met en appétit, le plat principal nous rassasie et le dessert laisse la note finale en bouche. Un repas réussi, c’est un équilibre entre ces quatre éléments. Mais, malgré tout, c’est quand même le plat principal et le dessert qui sont décisifs. Dans un film, un début prometteur ne peut vraiment compenser un cœur d’intrigue et un dénouement décevant. C’est exactement ce qui se passe dans Une Education.

Dans l’Angleterre des années 60, Jenny est une jeune fille de 16 ans modèle. Première de la classe, elle fait tout pour intégrer la prestigieuse université d’Oxford. Un jour, elle croise David, trentenaire séduisant. Il va la sortir de la petite vie austère dans laquelle la confine ses parents. Ces derniers sont aussi sous le charme. Mais est-il vraiment aussi parfait qu’il en a l’air ?

Le premier tiers de Une Education est, vous l’aurez compris, particulièrement prometteur. Bien sûr, le pitch n’est pas si original que ça, mais le tout est parfaitement réalisé et interprété, et surtout vraiment empli d’humour. Bref, une mise en bouche très prometteuse. On attend la suite avec impatience. On s’attend surtout à être surpris… sauf que l’on ne l’est jamais. Lone Scherfing nous amène exactement là où on pouvait s’y attendre. Il y’a certes le rebondissement qui va bien, mais même là, si on en ignorait les détails, on se doutait bien qu’il allait arriver quelque chose comme ça. Quand au dénouement, il est d’une platitude désespérante. Faire un film pour arriver à une conclusion aussi attendue, ce n’était vraiment pas la peine.

Pourtant, tout est-il à jeter dans Une Education ? Non, car un élément qui aurait presque pu sauver le film. Il y’a malheureusement un presque, mais ça vaut quand même le coup de s’y attarder. En effet, la sympathie qu’inspire la jeune Jenny arriver à maintenir l’intérêt du spectateur juste au-dessus de la ligne rouge. Malgré les défauts de l’intrigue, elle arrive à ne pas non plus plonger le spectateur dans un ennui profond. L’attachement réel que l’on ressent nous fait partager les émotions du personnage. Si le dénouement est décevant, on est quand même soulagé que les mésaventures de la jeune fille prennent fin.

uneeducationL’autre personnage réjouissant est celui du père, interprété par Docteur Octopus… enfin Alfred Molina. Il est l’élément comique de Une Education et il remplit son rôle à la perfection. Si la première partie du film est une vraie réussite, c’est en grande partie grâce à lui. A l’inverse, si Peter Sarsgaard est irréprochable, son rôle est à l’image du film, prometteur, mais qui ne possède finalement pas l’épaisseur qu’on attendait de lui.

Lone Scherfing a donc raté son coup avec Une Education. Sa caméra élégante, un vrai talent dans la direction d’acteur aurait du lui permettre de nous offrir une œuvre humaniste réjouissante comme le cinéma britannique en compte tant. Mais voilà, si le plat était appétissant à la vue, au goût, il est beaucoup trop fade et plat pour rester dans les mémoires.

Une Education est une vraie déception culinaire… euh pardon, cinématographique.

Fiche technique :
Production : BBC Films, Endgame Entertainment
Distribution : Metropolitan Filmexport
Réalisation : Lone Scherfig
Scénario : Nick Hornby, d’après la biographie de Lynn Barber
Montage : Barney Pilling
Photo : John de Borman
Décors : Andrew McAlpine
Musique : Paul Englishby
Costumes : Odile Dicks-Mireaux
Durée : 98 mn

Casting :
Carey Mulligan : Jenny
Olivia Williams : Miss Stubs
Alfred Molina : Jack
Cara Seymour : Marjorie
Peter Sarsgaard : David
Dominic Cooper : Danny
Rosamund Pike : helen
Emma Thompson : la directrice
Sally Hawkins : Sarah

IL N’Y A PAS QUE LE SKI ALPIN ET LE PATINAGE DANS LA VIE

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relaisbiathlondameLa France est donc bien partie pour battre son record de médailles au Jeux Olympiques d’hiver. Encore une pour l’égaler, alors que le relais de combiné nordique est en cours… Et ce malgré les bides totaux du ski alpin et du patinage.

La première bonne nouvelle, c’est la réussite du ski nordique, le biathlon en tête. Voici des sports à l’histoire séculaire (pour le combiné nordique notamment) dont la France a été totalement absente pendant des décennies. Les médailles d’or de Fabrice Guy et du relais féminin de biathlon avaient lancé ces disciplines qui depuis ont rapporté bien des titres au sport tricolore. Même le ski de fond aura enfin connu un grand champion, Vincent Vittoz, même s’il finira sa carrière sans médaille olympique. Seul le saut à ski résiste pour l’instant à toute velléité française de compter dans le concert mondial.

La seconde est la présence de la France dans les sports nouveaux. Si les puristes peuvent douter de la valeur sportive de ces disciplines, leur « spectacularité » est indéniable. Elles étoffent surtout un programme olympique d’hiver jusqu’alors limité. Le ski de bosses avait joué les pionniers, avec Edgar Gropsiron en tête de proue, le skicross et Marion Josserand ont assuré la relève.

Ces jeux de Vancouver sont un vrai moment de bonheur sportif qui laissera de très beaux souvenirs à tous les amateurs ! Et il reste encore 5 jours !

L’AUTRE DUMAS : Dans l’ombre d’un géant

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lautredumasafficheAccuser un auteur célèbre d’utiliser un « nègre » est une polémique historique très classique. L’affaire Corneille-Molière est la plus célèbre et possède un site Internet qui lui est intégralement dédié. Moins connu est la polémique autour de la relation entre Alexandre Dumas et Auguste Maquet, officiellement simple collaborateur, mais qui serait l’auteur de pans entiers de l’œuvre du père supposé des Trois Mousquetaires. Ce débat est le point central de l’Autre Dumas, un très bon film français.

Alexandre Dumas et son ombre, Auguste Maquet, débarquent à Trouville pour travailler sur le Vicomte de Bragelonne et l’adaptation au théâtre du Comte de Montecristo. Un jour, la jeune Charlotte entre dans la chambre du maître et prend Maquet pour Dumas. Ce dernier ne résiste pas à la tentation de prendre la place de ce dernier. Elle lui demande de faire le nécessaire pour libérer son père, emprisonné pour complot contre le Roi. Lui en tombera éperdument amoureux.

L’Autre Dumas se distingue par deux qualités principales. La première, c’est son intérêt historico-littéraire. Certes, Alexandre Dumas est particulièrement culte dans ma famille. C’est donc avec une grande curiosité que j’ai été voir ce film. Mais s’il m’a intéressé, c’est surtout parce que j’ignorais tout de cette histoire. Car au final, le film ne prend pas position et ne tranche pas le débat. De toute façon, on ne connaîtra jamais vraiment la vérité.

L’autre grande qualité de ce film est bien sûr son interprétation avec le duo Depardieu-Poelvoorde. Les deux sont vraiment excellents, parfaitement dirigés par Saffy Nebbou. L’acteur belge confirme ici le talent dramatique entraperçu dans Coco avant Chanel. Bien sûr, il est quelque peu éclipsé par Gérard Depardieu, mais c’est aussi le rôle qui veut ça. Il faut aussi féliciter la jeune Mélanie Thierry et surtout la fantastique Dominique Blanc, qui irradie de tout son talent.

lautredumasCes deux éléments suffisent déjà à faire de l’Autre Dumas un spectacle agréable à suivre. Surtout que costumes et décors sont de premier ordre. Reste tout de même ce qui est en fait le cœur de l’intrigue, ce triangle amoureux entre les deux Dumas, le vrai et le faux, et la jeune Charlotte. Là, au fond, l’histoire est plutôt classique et n’a rien d’extraordinaire. Le prétendant inhibé dans l’ombre d’un homme charismatique n’est pas vraiment un thème très original. Mais s’il est traité ici sans génie, il l’est avec assez de talent pour véhiculer une réelle émotion, pour peu qu’on s’identifie quelque peu au personnage.

En dehors de la direction d’acteurs, la réalisation de Saffy Nebbou est propre et sobre, mais manque un peu de peps. Il manque un soupçon de rythme dans la narration pour que l’Autre Dumas prenne une dimension supplémentaire. Si les moyens visuels sont ceux d’un grand film historique, le tout s’apparente quand même plutôt globalement à une production intimiste typiquement tricolore.

L’Autre Dumas est donc un film globalement réussi, porté par deux grands acteurs. S’il a également quelques limites, aucune d’elles ne gâche réellement le plaisir qu’on éprouve face à cette belle production.

Fiche technique :
Production : Film oblige, UGC Images, K2, France 2 Cinema
Distribution : UGC Distribution
Réalisation : Safy Nebbou
Scénario : Safy Nebbou, Gilles Taurand, d’après la pièce de Cyril Gély et Eric Rouquette
Montage : Bernard Sasia
Photo : Stéphane Fontaine
Décors : Cyril Gomez-Mathieu
Costumes : Karen Müller-Serreau
Durée : 105 mn

Casting :
Gérard Depardieu : Alexandre Dumas
Benoit Poelvoorde : Auguste Maquet
Dominique Blanc : Céleste Scriwaneck
Mélanie Thierry : Charlotte Desrives
Catherine Mouchet : Caroline Maquet
Michel Duchaussoy : Le sous préfet Crémieux
Roger Dumas : Mr. de Saint Omer 

LE HAMBURGER DE LA DISCORDE

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QuickhalalJ’ai quelque peu hésité à écrire ce billet, vu qu’on a déjà beaucoup trop parlé de cette anecdote, qui n’est certainement pas un événement. Mais bon les voix de l’emballement médiatique sont impénétrables et tout le monde a donné son opinion sur la fameuse affaire des Quick qui ne propose plus que la viande halal. Je vais donc faire de même.

Que Quick, en tant qu’entreprise privée, fasse le nécessaire pour attirer une certains clientèle est son droit plein et entier. Aux dernières nouvelles, on a le droit de vendre des produits halal en France, et encore heureux, alors pourquoi pas sous la forme de hamburgers. Certes, le choix a été fait de ne vendre que de la viande halal, mais c’est bien le cas des boucheries halal justement. Alors la plainte pour « discrimination » portée par le maire de Roubaix me semble totalement hors de propos.

Par contre, cette affaire est vraiment regrettable pour ce qui est du rôle « social » d’un tel restaurant. Ceci n’a rien à voir avec le droit, mais simplement avec notre devoir moral de construire, chacun à notre niveau, « un vivre ensemble ». Un Quick, c’est un lieu de rencontre, d’échange et de convivialité notamment pour la jeunesse. On y va rarement seul, mais le plus souvent entre amis. Si le restaurant avait proposé deux types de menu, il aurait contribué à créer un lieu où tous pouvaient se retrouver, sans que personne ne se sente exclu. Le choix qui a été fait contribue au contraire, à créer des barrières et contribue à un « vivre chacun de son côté ».

La connerie n’est pas encore un délit malheureusement. Sinon, effectivement, porter plainte contre Quick aurait été le premier réflexe à avoir.

LA HORDE : Un film de genre bien de chez nous

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lahordeafficheS’il y’a un parent pauvre du cinéma français, c’est bien le film de genre. Il y’a bien eu quelques tentatives, comme Brocéliande ou Haute Tension, mais ça reste toujours un peu cheap. Mais voici donc La Horde, un film de zombie ultra-classique dans la forme et le fond, si ce n’est sa nationalité. Pas de révolution dans le genre, mais beaucoup d’adrénaline.

Un immeuble, des zombies, des survivants…

Voilà pour le scénario. C’est le même depuis La Nuit des Morts-Vivants de Romero en 1968 et on serait presque déçu s’il en était autrement. Donc, il ne fallait pas s’attendre à quoique ce soit à ce niveau-là… Et ça tombe bien, parce qu’on ne trouvera rien de bien intéressant à ce niveau-là. Mais bon, il faut bien un prétexte à tout ça en attendant la boucherie. Cependant qui va voir ce genre de film pour l’intérêt de l’intrigue ?

A côté du scénario, il y’a aussi des dialogues. La Horde joue plutôt la carte d’un mélange entre film noir et humour. Mais bon, malheureusement, Michel Audiard est mort alors il n’y aura rien non plus d’inoubliable à ce niveau. Enfin, là encore, on n’est pas venu au ciné pour écouter les personnages déblatérer. Bon ils le font malgré tout, mais on n’y prête qu’une oreille distraite en attendant que l’action reparte.

Dans un film, il y’a aussi des acteurs. Mais dans un film de ce genre, rarement de grandes stars. C’est encore le cas ici… Et on comprend pourquoi. Allez soyons pas vaches, les rôles ne se prêtent pas non plus à des performances de premier ordre. Cependant, là aussi on est à la limite du hors-jeu. On notera simplement la réelle personnalité affichée par Claude Perron, étonnante dans un rôle qui change quelque peu de celui qu’elle tenait dans le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain.

Et la réalisation alors ? Et bien, malheureusement, il faut admettre qu’avec la Horde, Yannick Dahan et Benjamin Rocher n’ont pas vraiment rejoint Sam Raimi ou John Carpenter au rang des maîtres du genre. Sans même parler d’un Tarantino… Mais bon, si artistiquement le film n’a définitivement pas d’intérêt, il a le mérite d’être efficace. Très efficace !

lahordeCar si vous allez voir la Horde, c’est pour voir des gens pourchassés par des hordes (d’où le titre) de zombies et les massacrer en nombre. Et pour ça, le film fait fort, très fort, pour le plus grand bonheur du spectateur qui était venu uniquement pour ça. Ces scènes-là sont d’une rare violence et d’une rare intensité. Le film est très crue, assez gore et l’hémoglobine coule à flots de manière plutôt réaliste. Bref, âmes sensibles s’abstenir car c’est très certainement le film de ce genre le plus dur. Pas le plus spectaculaire, mais justement en privilégiant la violence réaliste sur le délire visuel que peut permettre ce genre de film, il donne un ton plutôt original qui déverse des flots d’adrénalines dans les veines des spectateurs.

Peut-être que certains trouveront que la Horde ne trouve pas son ton, entre la noirceur et l’humour et le second degré. En fait, l’humour est souvent, avouons-le, quelque peu involontaire. Il y’a bien sûr un personnage qui se veut clairement comique, mais il n’est pas non plus la plus grande réussite de ce film. De mon côté, j’ai trouvé que ce mélange des genres rendait de ce film très sympathique et le dote d’une certaine personnalité.

Comme tous les films de genre, La Horde est à réserver aux amateurs du genre justement. Mais pour une production française qui s’aventure sur des chemins inhabituels, elle s’en est quand fort bien sortie en se concentrant sur l’essentiel, même si l’accessoire laisse un peu à désirer.

Fiche technique :
Réalisation : Yannick Dahan et Benjamin Rocher
Scénario : Yannick Dahan, Benjamin Rocher, Arnaud Bordas etStéphane Moïssakis
Directeur du casting : Michaël Laguens
Effets spéciaux : Olivier Afonso
1er assistant réalisateur : Paul-Henri Belin
Choregraphe : Alain Figlarz
Directeur de production : Marie-Laure Merriaux
Directeur de la photographie : Julien Meurice
Costumière : Priscilla Van Sprengel
Chef décorateur : Jérémy Streliski
Superviseur des effets visuels : Olivier Junquet

Casting :
Claude Perron : Aurore
Jean-Pierre Martins : Ouessem
Eriq Ebouaney : Adewale
Aurélien Recoing : Jimenez
Doudou Masta : Bola
Antoine Oppenheim : Tony
Jo Prestia : José

UN CHAMPION BIEN DE CHEZ NOUS

brianjoubert

brianjoubertIl y’a quelques jours, je vantais les qualités hors norme de Jason Lamy-Chappuis pour un sportif français. Et bien, cette fois, je vais vous parler d’un champion bien de chez nous, typique jusqu’à la caricature de notre tradition de défaites héroïques, à savoir Brian Joubert.

Après son bide retentissant du programme court, j’avais imaginé rédiger un article très sévère à son égard. En effet, après avoir raté à peu près tous les grands rendez-vous auxquels il a participé durant sa carrière, malgré un potentiel et un talent immenses, il continuait à rejeter avec mépris toutes critiques à son égard, les trouvant injustes et refusant de se remettre une seule seconde en question. Mais voilà, sans doute trop tard dans sa carrière, il vient enfin d’ouvrir les yeux.

« Toutes les personnes qui pensent que je suis un petit con ont raison » a-t-il déclaré. J’avoue, c’était mon cas et, comme j’aime bien avoir raison, je suis heureux qu’il le confirme lui-même. Bon du coup, j’en éprouve presque de la sympathie. Réaliser d’un coup qu’il est passé à côté d’une vraie grande carrière non pas par la faute à pas de chance mais par sa propre faute, ne doit pas être facile à gérer. Surtout qu’il est trop tard pour rattraper le temps perdu. Si seulement, il avait pu tirer les mêmes leçons de sa déconvenue de Turin…

Rater systématiquement les grands rendez-vous n’est pas vraiment compatible avec le statut de champion. L’histoire du sport est jalonnée de talents immenses qui n’ont jamais su conquérir les récompenses suprêmes auxquels ils aspiraient. Michel Jazy, Raymond Poulidor, Luc Alphand ou Christine Arron (avec une palme spéciale pour elle dont les interviews constituent des moments consternants d’aveuglement et de prétentions imméritées) ont été des sportifs très populaires en France. Des immenses champions, pas sûr…

RETRAITER LES RETRAITES

retraite

retraiteDepuis que je suis tout petit, j’entends parler de la réforme nécessaire de notre système de retraite qui serait menacé de faillite. Cette idée, brandie constamment par la droite et également parfois par la gauche, semble un fait incontestable et établi. Mais comme souvent pour ce genre d’idée, si on prend le temps de réfléchir cinq minutes, ce que nous faisons trop peu souvent, on est quand même en droit de demander si tout cela mérite la certitude qui semble habiter les esprits.

Ah mais oui, j’oublie le baby-boom qui va faire exploser brutalement le nombre de retraités et pour longtemps… Effectivement, les projections démographiques de 1995, pour le premier projet de réforme par le gouvernement Juppé, avançaient des chiffres très inquiétants. Depuis l’INSEE a largement révisé ses prévisions dans un sens favorable sans que cela fasse ciller l’UMP ou le MEDEF. Mais que le poids des retraites dans le PIB va augmenter est un fait incontestable…

Et là encore, il serait bon de ne pas s’arrêter à cette idée visiblement simple et se demander si cela est si grave que ça. Et là, il est bon de regarder un peu en arrière. En 1959, les retraites représentaient 5,4% du PIB. En 2003, 12%… A ma connaissance cette augmentation n’a pas transformé la France en pays du Tiers-Monde. Aucun effondrement de l’économie n’a eu lieu, du moins pas pour cette raison. Si on ne fait rien, en 2040 le poids des retraites représenterait 18,5% du PIB, soit, en fait, une augmentation comparable à celles des décennies précédentes. Au-delà de cette date, ce chiffre devrait se stabiliser.

Il n’y a donc pas d’effondrement du système de retraite de prévu. Au-delà d’une augmentation des taux, c’est surtout un élargissement des assiettes des cotisations, auxquelles échappent encore trop de revenus financiers, qui permettra d’augmenter le part des retraites dans le PIB, ce qu’on a toujours fait, on le répète, sans que cela ne soit plus douloureux qu’avant.

Pour autant, doit-on être foncièrement hostile au recul de l’âge légal de la retraite ? Pour moi, la réponse est non, mais pas du tout pour les raisons mis en avant par le patronat. Et surtout pas du tout avec le même calendrier. L’évolution de la pyramide des âges ne va pas aboutir à la ruine du système par répartition, mais un problème d’organisation de la société. Cette dernière a besoin pour fonctionner d’une population active suffisamment nombreuse. S’il faudra travailler plus longtemps, ce sera pour répondre à un besoin sociétal, non purement financier… mais bon ce genre de raisonnement est intellectuellement hors de portée d’une large partie de la classe politique, sans même parler du MEDEF.

Le MEDEF d’ailleurs parlons-en. Anne Parisot va quand même très loin dans le foutage de gueule. Comment ose-t-elle clamer si fort la nécessité de faire travailler les gens plus longtemps alors qu’elle et ses petits copains s’empresse de foutre à la porte les salariés de plus de 55 ans. Quand ce mal français sera enfin vaincu, on en reparlera. Et ce mal français est avant tout ancré dans la culture du management des patrons des grandes entreprises française qui n’aiment ni les jeunes diplômés, ni les salariés proches de la retraite. Et ainsi, ils privent la société française d’une richesse qui vaut bien tous les points de PIB consacré à payer les retraites.

Le débat qui s’annonce ne pourra aboutir sur une réforme réellement juste et efficace. Trop d’idées préconçues et de mauvaise foi habitent l’ensemble des acteurs présents autour de la table. Le problème, c’est que ces braves gens vont décider de notre avenir à tous ! C’est quand que j’ouvre mon Plan d’Epargne Retraite ?

LE VENT DU TRIOMPHE

jasonlamychappuis

jasonlamychappuisRépondre présent alors qu’on est très attendu n’a jamais été une spécialité des sportifs français. Les tricolores ont toujours mieux fonctionner dans le registre « exploit sorti de nul part et divine surprise ». Certes, cela s’estompe quelque peu depuis deux décennies depuis que Marie-Josée Perec et David Douillet ont montré la voix. Leur héritier pour ses Jeux Olympiques d’hiver a un nom : Jason Lamy Chappuis.

La course d’hier soir, et surtout ses cinq dernières minutes, furent de ces petits moments de bonheur absolu qui vous rappellent pourquoi vous aimez le sport. Ces instants où vous finissez debout dans votre salon, le cœur qui bat à 100 à l’heure en train de hurler des encouragements à votre poste de télévision, avant de vous mettre à sauter partout.

Jason Lamy Chappuis était incontestablement le plus fort hier et il a fallu des conditions climatiques difficiles lors de son passage au saut à ski pour ménager un peu (beaucoup) le suspense. Tant mieux pour le spectacle, qui fut magnifique, et pour la légende olympique. Si Jason Lamy Chappuis avait mené la course de bout en bout pour triompher sans coup férir, sa médaille d’or n’aurait pas eu la même saveur.

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Jason Lamy Chappuis pourra remercier les bourrasques de vent qui lui auront apporté plus de gloire qu’il n’aurait pu imaginer.

MALHEUREUSEMENT IKEA EST LA

ikeaengreve

ikeaengreveJ’ai des revenus modestes, je démarre dans la vie, mais j’ai besoin de meubler. Heureusement, Ikea est là…

Visiblement, Ikea est une entreprise particulièrement intelligente puisqu’elle vise à élargir sa clientèle avec ses propres salariés… Enfin, à ce train là, ils n’auront même plus de quoi acheter un meuble en kit.

On pensait tous que, si Ikea propose des meubles pas chers, c’était parce qu’ils étaient vendus en kit et que cela engendrait des économies à tous les niveaux. Visiblement, on se trompait car c’est en sous-payant ses employés qu’elle arrive à ce résultat… Ah bah non plus en fait, vue la hausse continue de ses profits, sans que le prix des meubles ne suivent le même chemin. Mais où vont ces profits alors si ce n’est dans la poche des salariés ou celles des clients ?

Dans celles des dirigeants bien sûr ! Ikea, entreprise familiale, certes, mais ça n’empêche pas la famille dirigeante de se comporter comme les derniers des connards d’actionnaires. En fait, tout cela est symbolique du comportement des grandes entreprises au cours de la première décennie du XXIème siècle. Un comportement qui touche à sa fin, espérons-le, mais le combat est loin d’être gagné.

Entre 2000 et 2010, le taux d’investissement des entreprises a stagné, tout comme les salaires et même les profits. Par contre la rémunération des dirigeants et des actionnaires s’est envolée. Comment un tel miracle est-il possible ? Par l’endettement ! C’est évidemment un comportement suicidaire, même si la faiblesse des taux d’intérêt d’avant Crise a permis à l’illusion de perdurer si longtemps.

La Crise est passée par là et il a fallu revenir (un peu) à la réalité. Qui a trinqué ? Les actionnaires bien sûr puisque leur rémunération est censée être proportionnelle aux risques qu’ils prennent…. Sauf qu’évidemment, ça ne s’est absolument pas passé de cette façon. Ce sont les salariés qui ont trinqué, par la stagnation de leur salaire, quant ce n’était pas des licenciements massifs. On touche là un des dysfonctionnements principaux de l’économie actuelle qui scie la branche sur laquelle elle est assise. En détruisant l’économie réelle au profit de l’économie financière, elle réduit la solvabilité des entreprises et des consommateurs, qui forment encore le moteur de base de la machine économique. Le principe de l’argent qui va à l’argent ne peut bien sûr se poursuivre infiniment si les entreprises n’ont plus de clients et que les locataires se retrouvent incapables de payer leur loyer.

Tout cela découle d’une même école de pensée née à Chicago dans les années 70 et dont la traduction politique s’est faite avec Reagan et Thatcher. Une école de pensée qui a nourri les Sarkozy, les Merkel et les Berlusconi… Bref, les dirigeants des principales économies européennes. Le basculement à gauche des Etats-Unis et du Japon peuvent redonner espoir dans des lendemains meilleurs. En attendant, les salariés d’Ikea se battent !