Certains vont dire que je radote quelque peu (normal à mon âge), puisque je me sers régulièrement de cet argument pour introduire des critiques, mais je vais rappeler une nouvelle fois que le cinéma parvient à rendre magnifique certains sports qui pourtant, dans la réalité, me laissent totalement froid, voire m’insupportent. Le cas le plus emblématique reste la boxe, mais il y en a d’autres. La course automobile par exemple, comme le prouve Le Mans 66 qui nous raconte comment Ford est parvenu à mettre fin à la suprématie de Ferrari aux 24h du Mans, compétition dont je me tamponne le coquillard habituellement. Pourtant, ce film m’aurait presque fait vibrer.
L’art de la narration, quand il s’agit d’une histoire vraie, revient à embellir quelque peu les faits tout en permettant au spectateur d’y croire quand même. Du peu que j’en sais, le scénario flirte avec la trahison des faits et parfois un peu avec la crédibilité. C’est parfois un peu trop beau pour être vrai (ça ne l’est d’ailleurs pas toujours) mais on se surprend à vouloir y croire quand même. Parce que tout cela est raconté avec assez d’intelligence pour embarquer le spectateur à bord et démarrer en trombe. Evidemment, Le Mans 66 repose sur beaucoup de faux suspense (personne n’imagine que ça soit une Ferrari qui gagne à la fin), mais réserve quelques vrais rebondissements aussi.
Le Mans 66 bénéficie d’un casting particulièrement rutilant avec deux des plus grandes stars d’Hollywood à l’affiche. Matt Damon et Christian Bale forment un duo qui justifie presque à lui seul d’aller voir le film. Il ne s’agit sûrement pas là de leur plus grand rôle, pas le plus difficile, mais il possède un charisme à l’écran tel qu’on retient avant tout leur performance. Ce film confirme que James Mangold est un des réalisateurs les plus solides d’Hollywood, sachant allier efficacité et le minimum de personnalité pour être considéré comme un véritable cinéaste. On peut simplement peut-être lui reprocher d’avoir donné une longueur légèrement excessive à son récit, mais sans jamais plongé le spectateur dans l’ennui. Ce n’est pas assez passionnant pour donner envie de s’intéresser aux 24h du Mans dans la vie réelle, mais assez pour passer un bon moment même quand on se contrefout du sport automobile.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique : Production : Chernin Entertainment, 20th Century Fox Distribution : 20th Century Fox France Réalisation : James Mangold Scénario : Jez Butterworth, John-Henry Butterworth, Jason Keller Montage : Andrew Buckland, Michael McCusker, Dirk Westervelt Photo : Phedon Papamichael Décors : François Audouy Musique : Marco Beltrami, Buck Sanders Durée : 152 min
Casting : Matt Damon : Carroll Shelby Christian Bale : Ken Miles Tracy Letts : Henry Ford II Caitrona Balfe : Mollie Miles Josh Lucas : Leo Beebe Jon Bernthal : Lee Iacocca Remo Girone : Enzo Ferrari Noah Jupe : Peter Miles
L’extrémisme religieux, sous une forme ou sous une autre, faisant bien trop souvent la une de l’actualité, il sert de point de départ à bien des films, de genre très diverses. Mais il est vrai que dans la plupart des cas, c’est l’islamisme qui se trouve au cœur des scénarios, le terroriste islamiste ayant remplacé l’espion communiste dans l’imaginaire des scénaristes. Mais l’extrémisme guette toutes les religions, l’actualité l’a souvent prouvé également. Les Eblouis nous plonge dans les dérives sectaires que peut connaître la religion catholique dans certaines communautés qui se referment sur elles-mêmes. Sans être totalement crédible, il parvient tout de même à nous plonger dans une histoire réellement prenante.
Finalement, les Eblouis est plus un polar qu’une réflexion sur les raisons qui peuvent conduire certains à s’abandonner à l’influence d’une secte. On a un peu de mal à croire à la rapidité du processus décrit ici. Du coup, cette part du récit apparaît plutôt comme un moyen pour permettre au reste d’exister, plutôt qu’un sujet en lui même. Le cœur de l’intrigue sera le parcours d’une des filles pour remettre en doute les convictions qu’on veut lui imposer et chercher à sortir du piège qui s’est refermé sur elle et sa famille. C’est cette quête que l’on suit avec beaucoup d’intérêt, porté par une tension narrative réelle qui va crescendo, avec quelques vrais rebondissements. Par cela, il se laisse regarder avec beaucoup de plaisir.
Les Eblouis bénéficie d’un casting de premier ordre. Mais la plus grande star de ce film est la jeune Céleste Brunnquell qui porte vraiment le film sur ses épaules. Pourtant le rôle n’a rien de facile et demandait beaucoup de maturité. Camille Cottin, Eric Caravaca et Jean-Pierre Darroussin mettent tout leur talent au service de leur personnage, mais ne parviennent pas à compenser pleinement leur léger manque de crédibilité. Mais c’est sûr qu’ils l’auraient été encore moins avec des comédiens d’une moindre envergure. Il contribue à faire de ce film une réussite imparfaite, mais qui vaut largement le coup d’être vu.
LA NOTE : 11,5/20
Fiche technique : Réalisation : Sarah Suco Scénario : Sarah Suco et Nicolas Silhol Photographie : Yves Angelo Montage : Catherine Schwartz Musique : Laurent Perez del Mar Son : Cyril Moisson, Guillaume d’Ham, Hervé Buirette Casting : Elsa Pharaon et David Bertrand Décors : Manu de Chauvigny Costumes : Nathalie Raoul Producteur : Dominique Besnehard, Michel Feller et Antoine Le Carpentier Durée : 99 minutes
Casting : Camille Cottin : Christine Lourmel Jean-Pierre Darroussin : le berger Éric Caravaca : Frédéric Lourmel Céleste Brunnquell : Camille Lourmel Laurence Roy : Mamie Daniel Martin : Papi Spencer Bogaert : Boris Benjamin Gauthier : Jean-Marie
Avec la Haine, en 1995, la banlieue a fait une entrée fracassante dans le cinéma français en remportant le César du meilleur film. Près de 25 ans plus tard, aucun des problèmes mis en lumière par ce film n’a vraiment été réglé, bien au contraire. Sinon, il n’y aurait pas eu les Misérables. Un long métrage qui représentera la France dans la course à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère. Un film qui démontre à quel point cette problématique continue d’irradier le cinéma français. Et de plus en plus, ce sont les acteurs des ces quartiers eux-mêmes qui passent derrière la caméra pour en parler. A la vue de ce film, on ne peut que considérer qu’on ferait mieux de les écouter.
La personnalité de Ladj Ly peut être sujette à polémique et certains de ses propos aussi. Mais le grand mérite de Les Misérables est de nous livrer un point de vue tranché presque extrême, mais qui n’est en rien manichéen. Chaque partie prenante à sa part d’ombre et de lumière et le film ne porte aucun jugement définitif sur aucun d’eux. Le film est un constat fort sur la colère et la violence qui menace, en montre les causes, mais sans vraiment dénoncer un coupable unique. Il dénonce par contre avec une incroyable force la situation globale, le système, même si je déteste ce mot, dans lequel tous les protagonistes sont enfermés et qui ne peut conduire qu’à la haine et à l’affrontement. Chaque spectateur se fera sa propre opinion des protagonistes de cette histoire. Il pourra détester, compatir, mépriser, comprendre chacun d’eux selon sa propre sensibilité. Le grand mérite de cette histoire est de laisser ouvert l’esprit du spectateur et la fin est absolument remarquable en la matière.
Ladj Ly joint la qualité de la forme avec la qualité du propos. Sa réalisation suit vraiment la montée de la tension qui vient avec l’intrigue. Si au début, elle semble maîtrisée, mais globalement assez ordinaire, elle finira par nous immerger totalement dans les événements qui viennent conclure cette histoire. Le dernier quart d’heure est une véritable claque cinématographique qui vous fait ressortir de la salle quelque peu (ou même profondément) sonné. Il suffit de voir avec quelle lenteur la salle s’est vidée à la fin du film pour comprendre à quel point les spectateurs restaient dans un état second. Les Misérables restera un des films le plus marquant de cette année qui tire doucement à sa fin. Marquant cinématographiquement, mais aussi parce qu’il nous rappelle brutalement les démons qui rongent notre société.
LA NOTE : 15/20
Fiche technique : Production : SRAB films, Rectangle productions, Ly Films Réalisation : Ladj Ly Scénario : Giordano Gederlini, Ladj Ly, Alexis Manenti Montage : Flora Volpelière Photo : Julien Poupard Décors : Flora Volpelière Distribution : Le Pacte Musique : Pink noise Durée : 102 min
Casting : Steve Tientcheu : le maire Issa Perica : Issa Jeanne Balibar : la commissaire Alexis Manenti : Chris Djibril Zonga : Gwada Damien Bonnard : Stéphane Al-Hassan Ly : Buzz
Libérée, Délivrée, voici deux mots qui rappellent un terrible cauchemar à bien des parents. Tous ceux qui ont dû voir, revoir, voir et revoir encore et encore la Reine des Neiges. Les adultes n’ayant pas la même faculté que les bambins à supporter la répétition, cette passion dévorante de leurs enfants pour ce dessin-animé a fini en séance de torture à répétition ! Quelle inquiétude face à la sortie de la Reine des Neiges 2. Un Disney qui a la caractéristique de n’être que le deuxième de l’histoire à avoir droit à une suite sur grand écran (je dis bien sur grand écran, pas en DVD) après… ah non trop facile, creusez-vous les méninges. Ceux qui comme moi n’ont pas d’enfants ont par contre été très heureux de retrouver Elsa et Anna pour de nouvelles aventures.
Comme toute suite, la Reine des Neiges 2 ne bénéficie plus d’effet de surprise. C’est toujours la grande limite de l’exercice. Cependant, les premières minutes laissent espérer une vision quelque peu différente des personnages. Plus mature, plus profonde, plus sombre (enfin moins manichéenne en tout cas)… quelque peu différente en tout cas et pour tout dire assez prometteuse. La suite ne sera malheureusement pas tout à fait à la hauteur des promesses du début et on en reste à un récit d’aventure classique, qui ne prend jamais totalement la dimension épique espérée. Il aura manqué un peu d’audace aux scénaristes pour aller au bout de leurs idées. Mais, rendons-leur justice, on est également loin d’un produit bâclé et formaté, voué uniquement à exploiter la crédulité des fans. Le film est porté par une vraie histoire qui donnera du plaisir aux petits et aux grands.
Graphiquement, la Reine des Neiges 2 possède ce style quelque peu impersonnel et froid qui caractérise les Disney. Surtout que cette suite n’apporte rien de bien nouveau côté « cartoon ». Olaf reste le principal vecteur d’humour visuel. Quelques jolis décors viennent agrémenter l’histoire, mais cela manque un tout petit peu d’âme créative. Les chansons sont par contre très réussies et nombreuses, ce qui reste tout de même la principale marque de fabrique des films nés sous le signe de la souris aux oreilles rondes. Au final, le bilan reste plutôt positif et on passe un bon moment. Le duo formé par les deux sœurs fonctionne à merveille et représente le point fort de ce deuxième épisode. A tel point, qu’on n’aurait rien contre le revoir une troisième fois !
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique : Production : Walt Disney Animation Studios Distribution : Walt Disney Company France Réalisation : Chris Buck, Jennifer Lee Scénario : Jennifer Lee, histoire de Chris Buck, Jennifer Lee, Kristen Anderson-Lopez, Robert Lopez, Marc E. Smith Montage : Jeff Draheim Décors : Michael Giaimo, Lisa Keene Musique : Christophe Beck, chansons de Kristen Anderson-Lopez et Robert Lopez Durée : 104 min
Casting : Kristen Bell : Anna Idina Menzel : Elsa Josh Gad : Olaf Jonathan Groff : Kristoff
La question de l’objectivité quand une fiction cherche à récréer des faits réels se pose et peut donner lieu à des débats sans fin. Adopter un point de vue très marqué (ce qui est différent de mentir) peut représenter un choix assumé. Il faut alors le prendre comme tel. C’est exactement dans cet état d’esprit qu’il faut aller voir Adults in the Room, le nouveau film de Costa-Gavras. Le scénario est tiré du livre écrit par Yanis Varoufakis. Les faits rapportés sont donc racontés tels que l’ancien ministère de l’économie grec les voit, avec une subjectivité évidente. Il est le héros de l’histoire, proche du chevalier blanc, nageant au milieu des forces hostiles, pour ne pas dire maléfiques. Cela en fait un très mauvais documentaire… Sauf que ce film n’est pas un documentaire.
Costa-Gavras reste très certainement le plus grand des réalisateurs de films politiques de l’histoire du 7ème art. D’un point de vue formel Adults in the Room démontre une nouvelle fois son incomparable talent. Sa science de la narration, du rythme et du cadrage parvient à créer une tension narrative particulièrement intense qui fait ressembler ce film à un polar haletant. L’exercice de style est relativement passionnant à suivre et on est emporté par le spectacle, une nouvelle version de David contre Goliath. Le cinéaste grec fait même preuve parfois d’une imagination dans sa réalisation qu’on lui avait rarement connu, notamment une scène finale d’une grande originalité.
La subjectivité citée plus haut peut être pleinement acceptée. Cependant, elle présente tout de même un inconvénient majeur. Si elle peut faire naître une très grande admiration pour Yanis Varoufakis et de l’empathie pour le peuple grec, elle fait naître aussi un petit fond d’antipathie, tant le « héros » se donne le beau rôle sans guère de subtilité. Or dans un propos aussi manichéen, difficile d’être totalement enthousiaste quand le « héros » a autant la grosse tête. La performance de Christos Loulis n’y est strictement pour rien car il est vraiment impeccable dans son interprétation. On saluera quelque jolis seconds rôles, savoureux pour ceux qui connaissent bien la politique. J’ai une tendresse particulière pour Vincent Nemeth, plus vrai que nature en Michel Sapin. Adults in the Room se situe dans la droite lignée du reste de l’œuvre de Costa-Gavras. Il ne restera pas son meilleur film, mais une nouvelle preuve de son talent singulier.
LA NOTE : 12/20
Fiche technique : Production : KG productions, Odeon, France 2 Cinéma, Wild Bunch Distribution : Wild Bunch distribution Réalisation : Costa-Gavras Scénario : Costa-Gavras, Stéphane Osmont, livre de Yanis Varoufakis Montage : Lambis Charalampidis Photo : Yorgos Arvanitis Décors : Spyros Laskaris Musique : Alexandre Desplat Durée : 124 min
La nostalgie est un sentiment puissant et l’on mesure depuis longtemps la faculté de certains à en faire un business florissant. Qui ne paierai pas cher pour retrouver un peu de sa jeunesse ? Personnellement, j’y pense, même si je ne suis pas sûr que me faire faire des implants capillaires seraient la meilleure idée du monde. Nicolas Bedos exploite cette idée pour nous proposer la Belle Epoque, l’histoire d’une société qui, contre une somme quelque peu conséquente, permet à ses clients de revivre une époque et un moment de leur vie. Un point de départ assez malin duquel pouvait partir bien des chemins. Celui choisi est plutôt plaisant, même si on ne croit pas toujours à cette histoire.
La Belle Epoque représente avant tout un film de personnages. L’idée de base ne constitue qu’un prétexte pour donner vie à une belle galerie de protagonistes. Le vrai cœur de la narration réside dans l’évolution des rapports qu’ils entretiennent entre eux. Le ton est plutôt léger et la réflexion sur le rapport au temps n’atteint pas non plus des profondeurs abyssales. C’est là, avec un manque de crédibilité de certains éléments, que réside la limite de ce film, qui ne dépasse ainsi pas le stade du purement distrayant. Ce n’est pas forcément un problème en soi, mais on ne peut s’empêcher de penser que le sujet aurait quand même pu être exploité avec un peu plus d’audace et de parti pris. Ca reste finalement assez superficiel, tout en faisant néanmoins passer un bon moment au spectateur.
Qui dit film de personnages, dit brochette d’actrices et d’acteurs. Celle-ci est particulièrement riche en grands noms du cinéma français. Cependant, c’est au final Dora Tilier qui marque vraiment les esprits, en parvenant à allier une vraie fraîcheur avec une réelle intensité dans son jeu. Les autres sont plus en roue libre et laisse faire leur talent. Après, quand on s’appelle Daniel Auteuil, Guillaume Canet, Fanny Ardent ou Pierre Arditi, cela suffit largement au bonheur du spectateur. Avec ce deuxième film, Nicolas Bedos confirme quelques promesses. Mais il confirme aussi qu’il n’est pas encore un réalisateur dont le talent est pleinement abouti. Il lui manque encore une véritable étincelle qui donnerait à ses films une toute autre dimension. Peut-être viendra-t-elle au troisième essai !
LA NOTE : 11,5/20
Fiche technique : Production : Les films du Kiosque, France 2 Cinema, Orange Studio, Pathé, Hugar Prod, UMedia, Les fils de Réalisation : Nicolas Bedos Scénario : Nicolas Bedos Montage : Florent Vassault, Anny Danché Photo : Nicolas Bolduc Décors : Stéphane Rozenbaum Distribution : Pathé, Orange studios Musique : Anne-Sophie Versnaeyen Durée : 115 min
Casting : Daniel Auteuil : Victor Guillaume Canet : Antoine Dora Tillier : Margot Fanny Ardant : Marianne Pierre Arditi : Pierre Denis Podalydès : François Michael Cohen : Maxime Jeanne Arènes : Amélie
Il ne sera ici évidemment sujet ici que de cinéma. Pour le reste, il existe un système judiciaire et des tribunaux. J’Accuse offre enfin à l’Affaire Dreyfus un grand film, à la hauteur de l’importance de cette histoire dans notre Histoire. Il est tout de même étonnant de constater que le cinéma français aura attendu aussi longtemps pour s’en emparer. Cela confirme que nous avons parfois du mal à affronter à travers l’art les moments les plus critiques de notre passé commun. Cela constitue pourtant une thérapie fort utile, dont notre pays a bien besoin.
J’Accuse se distingue d’abord par une narration qui rend le propos absolument passionnant. Entre le polar et le film de procès, le scénario nous fait marcher dans les pas de son héros à travers le dédale dans lequel il s’est engagé. Les murs se resserrent peu à peu et semblent se renfermer sur lui inexorablement. Evidemment, on connaît le dénouement mais on est porté par cette envie de savoir comment la vérité finira par éclater au grand jour. Sans doute les portraits des personnages historiques sont-ils un peu forcés pour rendre l’intrigue encore plus prenantes, mais le film est une leçon d’Histoire comme on aurait aimé en recevoir plus souvent.
J’Accuse offre un nouveau grand rôle à Jean Dujardin. Un rôle qu’il sublime de manière éclatante. Le casting tout entier est impressionnant, mais son principal protagoniste éclabousse tellement l’écran de talent qu’il éclipse tout le reste. La réalisation de Roman Polanski (puisqu’il faut bien prononcer son nom à un moment donné) témoigne d’une maîtrise artistique absolue. On est littéralement plongé dans l’histoire, dans l’époque et toute la tension qui pouvait exister alors dans notre société. Une œuvre totalement aboutie pour un épisode de notre destin national qui ne l’a que trop attendue.
LA NOTE : 14,5/20
Fiche technique : Production : Légende films, R.P. Productions, Gaumont, France 2, France 3, Eliseo Cinema, Rai Cinema Distribution : Gaumont Réalisation : Roman Polanski Scénario : Robert Harris, Roman Polanski, livre de Robert Harris Montage : Hervé de Luze Photo : Pawel Edelman Décors : Jean Rabasse Musique : Alexandre Desplat Durée : 132 min
Casting : Jean Dujardin : Colonel Georges Picquart Louis Garrel : Capitaine Alfred Dreyfus Emmanuelle Seigner : Pauline Monnier Grégory Gadebois : Henry Vincent Perez : Maître Leblois Wladimir Yordanoff : Général Mercier Didier Sandre : Général Boideffre Melvil Poupaud : Maître Labori Mathieu Amalric : Bertillon Denis Podalydès : Maître Demange
Le cinéma d’animation est encore perçu par certains comme synonyme de cinéma pour enfants. Pour preuve, la présence dans salle à la projection de J’ai Perdu mon Corps de nombreux bambins, amenés ici par leurs parents. Je ne suis pas sûr qu’ils y aient trouvé ce qu’ils attendaient car l’histoire, dans le fond et la forme, racontée ici s’adresse clairement à un public adulte. Tous ceux qui ont vu la bande-annonce ont été intrigués par cette main « vivante », parcourant la ville à la recherche de on ne sait quoi. C’est évidemment un axe fort de ce film, mais loin d’en représenter l’essentiel.
J’ai Perdu mon Corps est un film qui superpose deux fils narratifs, dont l’un concerne cette fameuse main. Je dois avouer que je n’ai pas complètement saisi la signification profonde de ce dernier, alors que l’autre axe de l’histoire se suffit finalement à lui-même. Mais cela présente tout de même un avantage non négligeable. Cela s’avère particulièrement intriguant et cela maintient du coup l’intérêt du spectateur au maximum. Cela ne lui enlève surtout rien du plaisir et de l’intérêt de suivre le reste, qui constitue au final le corps (sans jeu de mots) de ce long métrage. Une histoire à la fois banale et forte, à la fois simple et belle. Ce mélange, qui donne quand même une vraie originalité au film, passe finalement très bien, mais sans comprendre le sens de tout ses composants.
Visuellement, J’ai Perdu mon Corps adopte une ligne à la fois moderne et « dessinée ». Il y a de la personnalité dans le trait, qui ne semble pas sorti des entrailles sans âme d’un ordinateur. Ce n’est pas esthétiquement sublime, mais cela nous plonge dans un vrai univers graphique, ce qui contribue à la réelle originalité du film. Tous les éléments concordent donc à faire de cette production française une nouvelle réussite, confirmant la vraie force dans notre pays du cinéma d’animation. Il offre régulièrement de vraies pépites pour les petits et les grands. Celle-ci s’adresse plutôt aux grands et peu d’entre eux regretteront de s’être laissé tenter.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Xilam, Rhône-Alpes Cinéma, Gao Shan Pictures Réalisation : Jérémy Clapin Scénario : Jérémy Clapin, Guillaume Laurant, roman Happy Hand de Guillaume Laurant Montage : Benjamin Massoubre Décors : Fursy Teyssier, Jeoffrey Magellan Distribution : Rezo Films Musique : Dan Levy Durée : 81 min
Casting : Harim Faris : Naoufel Victoire Du Bois : Gabrielle Patrick D’Assumçao : Georges
La mafia fascine le cinéma depuis longtemps. Elle a fait l’objet d’un très grand nombre d’œuvres de fiction, mais aussi de quelques œuvres inspirées de faits réels. Le Traître est un biopic. Il raconte l’histoire de Tommaso Buscetta, l’homme qui a trahi Cosa Nostra dans les années 80 en Italie et a permis l’arrestation de dizaines de ses membres. Le film est tout à la fois un portrait, un film de procès, le tableau d’une époque et d’une société. Une grande richesse qui justifie la longueur du film (près de 2h30),…mais pas tout à fait.
Le Traître est divisé en plusieurs parties bien distinctes, liées aux différentes étapes du parcours de Tommaso Buscetta, tour tour, parrain, fugitif, prisonnier. La plus importante est constituée des scènes de procès, qui donne lieu à un spectacle assez croquignolesque. Mais elles s’enchaînent autour de la même mécanique et cela finit par s’avérer quelque peu répétitif. Le film connaît donc une sérieuse baisse de rythme à un moment donné et Marco Bellochio aurait pu alléger son film de vingt bonnes minutes sans que la qualité du film en souffre, bien au contraire. Cela n’enlève rien au très grand intérêt de l’histoire qui est racontée. Elle donne une image certainement plus réaliste de ce milieu que celle que le 7ème art a l’habitude de véhiculer. Une image nettement moins glamour également.
Le Traître reste un film parfaitement maîtrisé visuellement. La photographie est d’une élégance rare. Elle permet de donner un léger côté « vintage » aux images, qui colle assez bien à l’époque où se déroulent les faits, tout en restant très moderne. Elle permet de pleinement apprécier la performance magistrale de Pierfrancesco Favino. A la fois ténébreux, attachant, inquiétant, impitoyable et humain. Il porte une bonne partie du film sur ses épaules et donne une réelle crédibilité à ce personnage, qui est loin des clichés du genre. Il est épaulé par une galerie particulièrement haute en couleur de seconds rôles parfois savoureux. Le film est au final un bel objet, intéressant et esthétique, mais qui manque d’une petite flamme pour définitivement nous passionner.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique : Production : IBC Movie, Kavac Film, Rai Cinema, Ad vitam, Gullane Filmes, The Match Factory Réalisation : Marco Bellocchio Scénario : Marco Bellocchio, Valia Santella, Ludovica Rampoldi, Francesco Piccolo Montage : Francesca Calvelli Photo : Vladan Radovic Décors : Andrea Castorina Distribution : Ad vitam Musique : Nicola Piovani Durée : 145 min
Casting : Pierfrancesco Favino : Tommaso Buscetta Maria Fernando Cândido : Cristina Buscetta Fabrizio Ferracane : Pippo Calo Fausto Russo Alesi : Giovanni Falcone Luigu Lo Cascio : TotuccioContorno Giovanni Calcagno : Tano Badalamenti Nicola Cali : Riina
Ah Roland Emmerich ! Mon chouchou… enfin un chouchou un peu spécial car si je l’affectionne autant, c’est parce que je me fais un malin plaisir à aller voir tous ses films pour en dire tout le mal que j’en pense. Attitude masochiste penseront certains. C’est parce qu’ils ne connaissent pas le plaisir infini d’écrire une critique assassine quand il s’agit d’une grosse production bien formatée ! Ce n’est pas du masochisme, c’est du sadisme ! C’est donc dans cette optique que je suis allé voir Midway. Au final, quelle déception ! Non que le film soit génial, ni même réellement intéressant. Mais voilà, il n’est pas franchement mauvais, juste franchement moyen. Et c’est du coup beaucoup moins amusant de délivrer mon opinion sur ce film qui ne marquera guère les mémoires. Ni dans un sens, ni dans l’autre.
Bien sûr, Midway souffre de tous les défauts qui accablent d’habitude les films de Roland Emmerich. Les personnages manquent toujours autant de profondeur, l’intrigue tient une nouvelle fois avec des ficelles plus grosses que mes cuisses et on assiste une nouvelle fois à une célébration sans retenue de la grandeur de l’armée américaine. Qu’est ce qui peut donc bien sauver le film après tout ça ? Et bien, on peut tout de même remarquer un effort dans l’écriture du scénario qui s’avère pour une fois sans excès de manichéisme. Le générique de fin dédicace ce film à tous les combattants, américains et japonais confondus. En effet, l’histoire s’évertue à saluer le courage et le sacrifice de tous les combattants, indépendamment de l’idéologie que leurs dirigeants défendaient. Ce ne va pas très loin, mais ça insuffle un tout petit peu d’intérêt au propos qui peut pousser à poser un regard bienveillant sur ce film tout de même relativement médiocre.
On peut également facilement reconnaître la grande qualité de scène de bataille finale de Midway. Une scène particulièrement spectaculaire entre mer et air qui vaudrait presque le déplacement. Bien sûr, c’est plus efficace que beau, mais on en prend tout de même plein les yeux. Ah si Roland Emmerich avait un tant soit peu de talent artistique à coller avec sa maîtrise technique, sa carrière serait toute autre. Ce n’est pas le cas, alors on se contentera de ça. Me voilà donc déçu de ne pas être totalement déçu. Qui sait, peut-être qu’un jour je finirai pas me montrer enthousiaste, après avoir quitté, au moins pour un film, la pure détestation. Je ne manquerai pas de vous le faire savoir, puisque je ne manquerai pas d’aller voir son prochain film dont je ne manquerai pas de faire la critique.
LA NOTE : 10/20
Fiche technique : Réalisation : Roland Emmerich Scénario : Wes Tooke Direction artistique : Isabelle Guay Décors : Kirk M. Petruccelli Costumes : Mario Davignon Photographie : Robby Baumgartner Montage : Peter R. Adam et Christoph Strothjohann Musique : Harald Kloser et Thomas Wanker Production : Roland Emmerich, Mark Gordon, Harald Kloser Durée : 139 minutes
Casting : Woody Harrelson : l’amiral Chester Nimitz Luke Evans : le commandant Clarence Wade McClusky Mandy Moore : Anne Best Patrick Wilson : Edwin T. Layton (en) Ed Skrein : Dick Best Aaron Eckhart : le lieutenant-colonel James H. Doolittle Nick Jonas : le compagnon de mécanicien d’aviation de troisième classe Bruno Gaido Tadanobu Asano : le contre-amiral Tamon Yamaguchi Dennis Quaid : le vice admiral William ‘Bull’ Halsey Keean Johnson : James Murray
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