
Le Livre du Cercle est un mélange assumée d’invention et de vérité historique. La trame des évènements correspond à la réalité, quand les personnages et une grande partie des enjeux qui les concernent sont nés de l’imagination de Robyn Young. Cela se mélange de manière très efficace pour permettre au lecteur d’avant tout se divertir, mais aussi de se cultiver un peu par la même occasion. La première dimension demeure largement dominante car ce livre est avant tout un récit d’aventures riche et plaisant, même s’il aurait gagné à traîner un peu moins en longueur. Les 700 pages se lisent facilement, mais le même récit aurait pu tenir en une bonne centaine de pages de moins.
Heureusement, la plume de Robyn Young est très vive et agréable pour qu’on ne voit pas non plus le temps trop long. Il parvient à doser les moments d’action et ceux plus centrés sur les relations entre les protagonistes. Dans ce récit, des batailles à grande échelle, mais aussi des complots et de l’amour. On y retrouve vraiment tout ce que l’on apprécie dans ce genre de roman. Le Livre du Cercle n’est pas le plus grande chef d’œuvre du genre, mais se laisse lire avec un réel plaisir. Assez en tout cas, pour avoir envie de dévorer au plus vite le second tome.
Savoir faire preuve d’un minimum de patience est une vertu. Cela permet également de ne pas passer à côté de certaines choses qui valent le coup si l’on sait attendre suffisamment. J’aurais ainsi pu abandonner la lecture de la saga d’Alvin le Faiseur après un premier volet pas forcément hyper emballant. J’aurais pu même m’arrêter après cent pages de ce deuxième tome, le Prophète Rouge, parce que je ne voyais alors rien venir, ne saisissant toujours pas vraiment ce qui pouvait constituer le fond de l’histoire et donner de l’épaisseur aux personnages. Et puis, après cette très longue mise en place, tout a semblé de mettre en mouvement pour le plus grand bonheur du lecteur.
Dans les histoires d’amour, le plus difficile est souvent le deuxième rendez-vous. C’est le moment où l’on a passé le cap de l’émerveillement de la nouveauté et de la découverte pour commencer à relever tous les petits travers et défauts de l’autre. C’est aussi le moment où on est soi-même moins attentif à donner une bonne image et où on peut finir par mettre en avant des choses que l’on aurait bien aimé laisser encore un peu caché. Ma première rencontre littéraire avec le Saint avait été assez enthousiaste, à l’occasion de ma lecture du Saint à New York. C’est donc avec joie que je me suis attaqué au Saint à Londres. Malheureusement, ces retrouvailles n’ont pas été celles que j’imaginais.
La longue saga des Rougon-Macquart d’Emile Zola reste certainement une des entreprises littéraires les plus ambitieuses de l’histoire. Dresser un tableau aussi exhaustif d’une époque et de tout un pays représente un travail titanesque qui va forcément entraîner l’auteur sur des terrains qu’il ne connaît pas. Malgré tout le travail de documentation qu’il pourra réaliser, il restera toujours une part d’idées reçues trop profondément ancrées pour totalement s’en débarrasser. De mon point de vue, et même si je ne suis pas un spécialiste de la paysannerie du XIXème siècle, la Terre est un roman qui traduit plus une vision préconçue de son auteur qu’un portrait fidèle. Et du coup, il peine à convaincre.
Le Saint est un personnage mythique de mon enfance. Mythique au vrai sens premier du terme puisque n’ayant jamais vu un seul épisode de la série télévisée, ni le film, il restait auréolé de beaucoup de mystère, sinon qu’il a été interprété à la télévision par Roger Moore. J’en sais enfin plus sur lui en découvrant qu’il était avant tout un personnage de roman, crée par Leslie Charteris en 1928. Un précurseur donc, mais surtout une vraie bonne surprise littéraire. Le Saint à New York reste un polar de gare mais qui compte des qualités infiniment supérieures à la moyenne.
Découvrir pour la première fois un grand auteur s’apparente logiquement à un plaisir rare. Mais toute rencontre, aussi prometteuse soit-elle, ne se passe pas toujours aussi bien que ce qu’on imaginait. C’est qui m’est arrivé en lisant Soleil d’Août de William Faulkner. Pourtant, j’aurais dû me méfier en lisant la préface qui précisait que commencer à découvrir cet auteur par ce roman constitue une erreur. Avec le recul, je ne peux que lui donner raison, mais une fois le livre en main, je n’ai pas voulu renoncer. J’aurais peut-être du.
Comme vous le savez (ou pas), j’aime aller voir des films en ne sachant rien ou presque sur eux. C’est un plaisir que je m’accorde plus rarement pour des romans, mais comme je recueille souvent les livres abandonnés dans la rue, cela peut m’arriver également. En attaquant, les Chroniques d’Alvin le Faiseur, tome 1 : le Septième Fils, je pensais m’attaquer à une saga de fantasy médiévale comme il en existe tant. Il n’en est rien, puisqu’il s’agit en fait d’une uchronie nous plongeant dans l’Amérique au début du XIXème siècle. Une Amérique où la magie existe.
Dans la vie, rien de meilleur qu’une bonne pipe. Je parle évidemment ici de se plonger dans la lecture d’un épisode des aventures du Commissaire Maigret. Si vous avez imaginé autre chose, c’est que vous avez l’esprit particulièrement mal placé. C’est donc avec joie que j’ai découvert Maigret et la Jeune Morte. Un épisode très classique, mais pas forcément pour une œuvre de Georges Simenon. Même si le célèbre inspecteur y tire toujours bien de bouffées.
Arriver au bout de près de 2500 pages de lecture vous rend quelque peu exigeant quant à la qualité du dénouement. Après avoir passé autant de temps à tourner les pages, vous voulez que cet investissement trouve une juste récompense. Il faut bien avouer que souvent on aboutit à un final quelque peu décevant. Peter F. Hamilton avait parfaitement relevé le défi avec sa saga l’Etoile de Pandore, qui resta passionnante du début à la fin. La Trilogie du Vide, qui lui fait suite, offre deux premiers tomes nettement moins enthousiasmants. On pouvait donc craindre légitimement que le dernier, Vide en Evolution, soit du même acabit.
Bien avant Colombo et Derrick, dans la Chine médiévale, il y avait le Juge Ti. Et il valait déjà bien ses glorieux successeurs. Une nouvelle preuve avec la Perle de l’Empereur, qui est en fait le troisième tome écrit par Robert Van Gulik. S’il porte le titre de juge, il reste avant tout un enquêteur perspicace, capable de faire surgir la vérité à partir d’indices matériels et en sondant les âmes. Ses aventures nous donne ici un épisode particulièrement riche… peut-être trop.
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