L’HOMME AU PISTOLET D’OR (Ian Fleming) : Bond contre Scaramanga

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lhommeaupistoletdorSuite des aventures littéraires de James Bond, avec un nouveau roman de Ian Fleming, l’Homme au Pistolet d’Or. Suite et bientôt fin, puisqu’il s’agit de l’avant dernier roman écrit par le créateur de 007. On sent d’ailleurs que la série était alors à un rythme de croisière qui ressemblait fort à une routine. Après ses aventures au Japon, qui avaient laissé notre agent secret pour mort, le voilà qui revient et se rappelle au bon souvenir de M. Et quoi de mieux pour s’assurer qu’il est toujours opérationnel que de le renvoyer sur le terrain ?

Ce point de départ aurait pu connaître un développement qui aurait participer à l’évolution du personnage. Malheureusement, il est très vite oublié pour laisser place au James Bond que l’on connaît déjà par cœur. Du coup, L’Homme au Pistolet d’Or se heurte aux mêmes limites que la plupart des romans de la série. Le face à face entre James Bond et Scaramanga s’éternise sans que l’on sache bien pourquoi et on a vraiment l’impression que l’agent britannique attend d’être démasqué pour agir. Ce nouveau méchant a bien des qualités, mais elles sont le plus souvent à demi-exploitées. Heureusement, la confrontation finale constitue peut-être ce que Ian Fleming aura écrit de meilleur. Mais quelques pages, cela fait peu pour donner un intérêt profond à ce roman, au-delà du plaisir d’explorer les racines d’un mythe désormais purement cinématographique.

L’ETE DES DANOIS (Ellis Peters) : Cadfael et les vikings

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letedesdanoisL’Eté des Danois est le quatrième roman de la série des Cadfael que j’ai l’occasion de lire. Visiblement, mes anciens voisins étaient plutôt fans puisqu’ils font partie des livres qu’ils destinaient à la poubelle que j’ai récupéré in-extremis. Pour rappel, il s’agit de romans « policier », mais où les investigations sont menés par un moine gallois du 12èms siècle. Il mêle donc reconstitution historique et intrigue classique du genre.

Cependant, l’Eté des Danois diffère un peu des autres volets de la série. En effet, il est beaucoup moins axé sur l’élucidation d’un meurtre que sur une intrigue plus géopolitique. Comme son titre l’indique, ce roman nous plonge dans le contexte des raids vikings sur les côtes britanniques. L’intrigue est axée sur la rivalité entre deux frères pour l’exercice du pouvoir sur une contrée reculée du Pays de Galles.

L’Eté des Danois a donc le mérite de renouveler quelque peu la série. Au-delà de ça, cela reste agréable à lire, mais sans proposer un récit totalement passionnant, ni vraiment surprenant. L’intérêt « historique » est réel, le côté investigation est plus banal. Le seul personnage vraiment marquant reste le héros, les protagonistes secondaires sont à l’image de la série : sympathiques, mais rarement hyper marquants.

LE TRONE DE FER, TOME 1 : LE TRONE DE FER (George R.R. Martin) : Le premier pas est souvent le plus dur…

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letronedeferEnfin, je ne fais plus partie des incultes et des ignorants. En effet, je peux désormais participer à une discussion portant sur Le Trône de Fer. Encore timidement certes, puisque je n’ai toujours pas vu l’adaptation télévisée. J’ai simplement lu le premier tome de la saga. Et j’avoue que face au torrent d’enthousiasme que cet univers soulève, je reste encore fort perplexe. En effet, dans ce premier volet, à vrai, dire il ne se passe pas grand chose…

On sent bien que de nombreux jalons sont posés et qu’un univers d’une telle richesse demande une imprégnation progressive du lecteur avant de rentrer dans le vif du sujet. Je reste donc réservé et attends la suite avec une certaine confiance. Mais force est de constater que je ne rentre pas encore dans le cercle des fans. Ce premier tome ne constitue pas vraiment l’œuvre la plus facile à lire qui soit, on rame parfois plus qu’on ne le dévore. Heureusement que l’auteur nous propose une liste des principaux personnages en début de volume, sans quoi on serait vite totalement perdu. Elle aurait d’ailleurs gagné à être plus étoffée.

J’ai donc du mal à formuler un véritable jugement sur ce premier tome du Trône de Fer. On ne juge pas un bâtiment à se première pierre. Et celui-ci s’annonce effectivement colossal. Après, pour l’enthousiasme qu’il suscitera chez moi, tout reste à faire.

NOS ANCETRES LES GAULOIS ET AUTRES FADAISES (François Reynaert) : Tout simplement passionnant

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nosancetreslesgauloisOn a tous plus ou moins une connaissance exhaustive de l’histoire de France, de Vercingétorix à De Gaulle en passant par Charlemagne, Louis XIV et Napoléon. Autant de figures incontournables de notre culture nationale pour autant d’évènements, de batailles, de traités qui ont forgé notre pays et son identité ! Et si tout cela n’était qu’une vision fortement déformée de la réalité historique ? Et si l’interprétation communément admise des évènements ne représentaient en fait qu’une série d’anachronismes ? C’est ce que se propose de démontrer ce merveilleux livre de François Reynaert, Nos Ancêtres les Gaulois et Autres Fadaises.

Nos Ancêtres les Gaulois et Autres Fadaises est tout simplement passionnant et ceci à double titre. Déjà par le fond du sujet. En effet, François Reynaert ne se contente pas de remettre les évènements dans leur contexte pour nous rapprocher au plus près de la vérité historique. Il nous explique aussi comment on en est arrivé à la vision déformée que la postérité a retenue. On apprendra ainsi que notre vision de l’histoire de France n’a pas toujours été celle qui prévaut aujourd’hui. Allez parler de Vercingétorix à un érudit du début du XIXème siècle et vous risquez fort de faire un bide.

Nos Ancêtres les Gaulois et Autres Fadaises se lit comme un roman également parce que François Reynaert enrobe le contenu dans un style remarquable. C’est surtout son humour subtil et constant qui fait de ce livre un pur moment de plaisir, autant que d’érudition. On dévore avec avidité tous les chapitres en remontant le temps, sans jamais que notre curiosité ne soit rassasiée ! Bref, un livre qui marquera l’histoire !

GENERATION WARRIORS (Anne McCaffrey et Elizabeth Moon) : Aurais-je raté un épisode ?

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generationwarriorsBon il est vrai que le titre faisait peur. Generation Warriors, ça ne donne pas très envie. Bon en fait, il faut savoir qu’il s’agit du titre original en anglais, non traduit donc, qu’il faut comprendre dans le sens « les Guerriers des générations », ce qui effectivement sonne très mal, mais qui se rapporte effectivement à des éléments de l’intrigue. Mais les plus érudits auront surtout noté que parmi les deux auteurs de ce roman figure Anne McCaffrey, star de la fantasy avec son cycle des Dragons de Pern dont les nombreux romans se sont venus à des millions d’exemplaires.

En préparant cette critique, je viens de m’apercevoir que Generation Warriors est en fait le troisième volet d’une trilogie. Ceci explique peut-être la principale critique que je formulerais, mais qui est assez rédhibitoire : je n’ai pas compris… ou plutôt je n’ai pas compris l’intérêt du peu d’évènements que relate ce roman. Pour moi, il ne s’y passe pas grand chose et les différents fils rouges ne semblent pas former un tout cohérent. Certes, tous les personnages se retrouvent physiquement au même endroit à la fin, mais sans qu’on sache trop en quoi cela est important.

Bref, j’ai eu l’impression que Generation Warriors était particulièrement mal écrit. Peut-être n’avais-je pas accès à des éléments qui m’auraient donné les clés pour saisir toute sa subtilité. Mais franchement, je doute que même ainsi, j’aurais été enthousiasmé par cette œuvre assez pauvre.

MY LITTE PONY : LA CHASSE AU DRAGON : Mes amis, quel roman !

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lachasseaudragonAujourd’hui, je vais vous parler d’un bouleversant chef d’œuvre de la littérature que m’ont fait découvrir mes merveilleux amis par un sublime cadeau d’anniversaire : My Little Pony : la Chasse au Dragon. Par sa construction habile, son émotion toujours intense et son suspense insoutenable, ce merveilleux roman est l’égal des plus grands classiques d’Emile Zola et de Victor Hugo.

My Little Pony : la Chasse au Dragon se distingue tout d’abord pour la complexité et la profondeur de ses personnages. Ils correspondent tous à un archétype particulièrement tranché, laissant penser dans un premier temps que l’œuvre pourrait sombrer dans une litanie sans fin de clichés. Mais toute sa force repose justement sur la manière dont le récit va permettre aux personnages de dépasser l’image qu’ils renvoient dans un premier temps. On peut y voir une allégorie évidente de la pression sociale qui nous pousse à jouer un rôle dont il nous est interdit de sortir. A ce titre, ce livre constitue un vrai message d’espoir pour tous ceux qui souffrent de ce carcan dans leur affirmation d’eux-mêmes.

My Little Pony : la Chasse au Dragon nous offre également une construction du récit d’une merveilleuse habileté. Il débute par une présentation des personnages, nous permettant de prendre la mesure de toute la profondeur des personnages que j’évoquais plus haut. Puis la menace insidieuse s’installe, saisissant à chaque page un peu plus le lecteur. La tension va alors monter progressivement au gré d’aventures pleines de surprises, de suspense et d’émotion. On tremble, on frémit en même temps que ces courageuses héroïnes. Avant évidemment cette confrontation inoubliable avec le fameux dragon, qui rejoint au rang des méchants de légende Darth Vader, Sauron ou encore Nicolas Sarkozy. Le lecteur est alors totalement saisi par l’intensité d’une intrigue qui le laissera subjugué, quasi hagard.

My Little Pony : la Chasse au Dragon, c’est enfin un style tranchant, vif et direct. On comprend que l’auteur ait préféré garder son anonymat, au risque de voir sa vie bouleversée par des hordes de fans en furie. Il figure pourtant au panthéon des auteurs de légende, au côté de Gustave Flaubert, Ernest Hemingway et Francis Lalanne. On citera notamment ce passage « Ce dragon pue du bec, c’est une horreur ! » qui permet vraiment de mesurer le génie de cette œuvre bouleversante et poétique.

My Little Pony : la Chasse au Dragon constitue un mélange fantastiquement intense d’humour, de suspense et d’émotion. Le dénouement est notamment d’une force prodigieuse, quand les rôles des uns et des autres sont remis en question, brisant les archétypes et permettant de voir que derrière l’image qu’elle renvoie, la personne, poney ou dragon, est en fait bien différente. On passe ainsi du rire aux larmes en quelques mots. Mais les dernières larmes qui coulent sont celles de nos regrets de devoir finir un roman aussi magique que l’on aurait aimé voir se poursuivre encore et encore…

LE DRAGON DE LUCIFER (Jon Courtenay Grimwood) : Pas de quoi s’enflammer

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ledragondeluciferEnvoyer le lecteur dans un monde imaginaire ou dans le futur offre la possibilité à l’auteur de laisser totalement libre cours à son imagination, aussi débordante soit-elle. Cependant, il faut être habile pour inviter le lecteur à découvrir cet univers inconnu sans qu’il se sente perdu ou plongé dans une trop grande confusion. Généralement au fil des pages, on finit toujours par raccrocher les wagons, mais plus cela nécessite de temps plus il est difficile de rentrer totalement, et par la même apprécier, dans une histoire.

C’est malheureusement le défaut de Le Dragon de Lucifer de Jon Courtenay Grimwood. On nage quand même un long moment en se demandant vraiment quel peut être le rapport entre les différents fils de la narration. Ceci en soit n’est pas forcément grave, si ces derniers n’étaient pas aussi en eux-mêmes difficiles à suivre. De plus, le roman alterne de longues successions de chapitres portant sur l’un ou l’autre. Du coup, à chaque changement de sous-intrigue, on a un peu de mal à se demander qui est qui et pourquoi il fait ça…

Si la dernière partie est plus claire et linéaire, elle est surtout assez peu originale, sans aller jusqu’à dire qu’elle est dénuée d’intérêt. Elle nous laisse surtout sur un sentiment de « tout ça pour ça » et on se demande bien pourquoi Jon Courtenay Grimwood s’est donné la peine de nous raconter de larges pans de ce qui constitue Le Dragon de Lucifer. En effet, des aspects entiers du récit ne semblent là que pour faire joli et donne au final la sensation d’une œuvre inaboutie et mal maitrisée, portée par une écriture un peu confuse, malgré les quelques bonnes idées qui émaillent le récit.

LES EXTRAORDINAIRES AVENTURES DE JOHN LOFTY OAKES (Catherine Rey) : Esotérie enfantine

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lesextraordinairesaventuresdejohnloftyoakesLes Extraordinaires Aventures de John Lofty Oakes de Catherine Rey est un livre ramassé dans la rue et dont j’ignorais tout avant d’en commencer la lecture. Je suis au final tombé sur une œuvre particulièrement surprenante et sympathique, à défaut d’être totalement passionnant. Un récit original et plutôt ésotérique, que l’on peut rapprocher des Voyages de Gulliver de Swift ou de l’Alchimiste de Paolo Coehlo.

Les Extraordinaires Aventures de John Lofty Oakes nous fait vivre le voyage d’un jeune garçon qui la particularité d’être d’une taille minuscule. Plus le récit avant, plus il traverse des contrées mystérieuses et fantastiques, finissant même par quitter notre monde. L’imagination de Catherine Rey est foisonnante et on suit les pas de son héros avec un réel plaisir, surtout que le style particulièrement léger rend la lecture agréable et rapide.

On reste cependant partagé entre les aspects parfois assez enfantins du récit et ceux qui le sont nettement moins, comme une scène d’amour qui ne s’adresse visiblement pas aux plus jeunes. On peut apprécier ce léger mélange des genres, mais cela donne quand même parfois l’impression que Les Extraordinaires Aventures de John Lofty Oakes n’a pas tout à fait su trouver son ton. De plus, le passage incessant d’un lieu à l’autre donne une impression de zapping un peu frustrante, lorsque l’on aimerait que Catherine Rey s’attarde quelque peu dans un lieu à propos duquel on aimerait en savoir un peu plus. Cela contribue certes à la richesse de cette œuvre, mais constitue aussi une de ces principales limites qui l’empêche d’être totalement inoubliable.

VISA POUR SHANGHAI (Qiu Xiaolong) : Délicieuse chinoiserie

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visapourshanghaiAprès Mort d’une Héroïne Rouge que j’avais particulièrement apprécié, voici le deuxième épisode des aventures de l’Inspecteur Chen, avec Visa pour Shanghai, dans lequel il devra collaborer avec une belle inspectrice venue de Washington. Une nouvelle fois, on trouve un intérêt double à ce roman. Tout d’abord, une intrigue policière assez classique. Mais ce n’est certainement pas cet aspect qui donne toute sa force à ce roman. Il est parfois un peu elliptique, puisque la narration ne nous fait pas toujours partager la teneur exacte des réflexions de notre enquêteur.

Par contre, Visa pour Shanghai nous plonge une nouvelle fois au cœur de la société chinoise, de son système politique avec son lot d’absurdités et d’hypocrisie. Qui Xiaolong, émigré aux Etats-Unis, décrit son pays d’origine avec beaucoup de recul, avec une certaine tendresse et un réel humour, en évitant à la fois le discours militant et dénonciateur et la moindre justification de ses multiples travers. Au final, une vision passionnante et particulièrement accessible, car toujours amenée par le biais de l’intrigue et non de manière documentaire.

On peut éventuellement regretter que Visa pour Shanghai n’exploite pas un peu mieux le contraste entre les visions des deux principaux protagonistes. Ou plutôt fasse le choix d’au contraire nous montrer que ces mondes ne sont pas si différents que ça. Du coup, on réchappe à tous les clichés auxquels on aurait pu s’attendre. On y perd peut-être en humour, mais on y gagne clairement en réalisme et en originalité.

LE CODE ALTMAN (Robert Ludlum et Gayle Lynds) : N’est pas Jason Bourne qui veut

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lecodealtmanRobert Ludlum est avant tout connu pour avoir créé le personnage de Jason Bourne. Mais son œuvre compte bien d’autres romans et bien d’autres personnages, donc celui de l’agent Jon Smith. Le Code Altman est le troisième volet de ses aventures, écrit en collaboration avec Gayle Lynds. Mais un épisode très décevant, pas du tout au niveau du reste de son œuvre.

Ce qui cloche avant tout, c’est le fil rouge principal de l’intrigue auquel on a du mal à croire. Le monde prêt à basculer dans une nouvelle guerre mondial pour une simple histoire de bateau et d’incident diplomatique potentiel. Sur cette base assez faible se greffent des aventures d’espionnage assez classiques, ni très originales, ni tout à fait passionnantes. Les évènements sont étirés un peu artificiellement et le roman est au final plus long que nécessaire, au vu de son réel contenu. Bref, une lecture qui ne prend pas la tête, mais qui n’a vraiment rien d’inoubliable et qui fait quelques fois lever le sourcil devant le manque de crédibilité de certains passages.