RIEN NE VA PLUS CHEZ LE SPELLMAN (Lisa Lutz) : Ils sont de notre famille

riennevapluschezlesspellmanCertaines familles qui peuplent notre imaginaire et les fictions qui nous ravissent finissent par ressembler à la nôtre. On a plaisir à la retrouver, même pour des occassions anodines. Je suis tombé amoureux de la famille Spellman dès les premières pages du premier volet de leurs aventures. Certes, les différentes suites n’ont jamais été du même niveau, mais ce n’est pas pour ça que je ne me suis pas montré heureux de les croiser à nouveau. Rien ne Va Plus chez les Spellman n’est certainement pas un grand roman. Mais ce n’est pas pour ça qu’il ne ravira pas les amateurs de cette série.

La plus grande limite à laquelle se heurte Rien ne Va Plus chez les Spellman est l’aspect assez famélique de trame narrative sous-jacente. Certes, dans cette série qui met en scène une famille de détectives, ce ne sont jamais les enquêtes en elle-même qui constituent le principal sujet d’intérêt. Les romans reposent tous avant tout sur les relations entre les personnages. Et celles-ci ne sont pas simple, chaque membre de cette tribu ayant son grand grain de folie. Le ton est celui de l’humour, jamais celui du polar. Mais précédemment, il y avait tout de même toujours un petit fil rouge de cette nature. Là quasiment pas.

Cette caractéristique ne pose pas forcément de problème aux lecteurs qui connaissent déjà bien l’univers développé par Lisa Lutz et ses protagonistes. On pourrait même considérer que cela permet au récit de se concentrer sur ce que pour quoi le lecteur est venu. Mais si ce dernier est un néophyte, il aura bien du mal à trouver un intérêt profond à Rien ne Va Plus chez les Spellman. La série est quelque peu en roue libre et on sent tout de même que son auteur a un peu de mal à la faire réellement rebondir. Malgré ça, on ressort de ce roman avec envie de leur donner rendez-vous au prochain tome.

SHIBUMI (Trevanian) : Inculte

shibumiPourquoi une œuvre culte ou acquière le rang de classique ? Par sa qualité bien sûr, mais aussi son succès commercial. Par sa place dans la littérature d’espionnage, Shibumi de Trevanian, un roman qui a un très bel âge (c’est à dire le mien), peut prétendre à ce statut. Je confesse que j’ignorais totalement son existence avant que l’on me l’offre. Mais il n’est jamais trop tard pour parfaire sa culture. Cependant, si l’œuvre n’aura pas le même statut dans ma bibliothèque personnelle.

Je n’ai pas trouvé que Shibumi est un mauvais roman, loin de là. Déjà parce qu’il est remarquablement bien écrit. Si le style est toujours difficile à juger dans le cadre d’une traduction, la plume de Trevanian est vraiment exceptionnelle, surtout pour un roman de ce style. L’histoire est aussi d’une grande originalité. Il s’agit d’une dystopie, dont le récit se situe entre le roman d’apprentissage, le portrait et la réflexion philosophique. Le tout donnant un roman d’espionnage. Une œuvre assez singulière pour sortir vraiment du lot. Toutes ces caractéristiques expliquent largement son succès.

Cette originalité constitue aussi à mon sens la principale limite de Shibumi. Tous les éléments n’entrent pas forcément en synergie, mais se diluent mutuellement. Il y a deux histoire en une dans ce roman, celle du personnage et celle de son combat contre une organisation cherchant à dominer le monde. La première vient s’intercaler au milieu de la seconde, ce qui fait perdre quelque peu le fil et ne permet pas à la tension de monter. Certains chapitres laissent quelque peu circonspect, comme cette expédition spéléologique décrite longuement dont ne voit pas bien en quoi elle enrichit l’histoire. Bref, ce roman m’a laissé sur ma faim.

COMPTINES ASSASSINES (Pierre Dubois) : Contes pour adultes

comptinesassassinesLes contes sont faits pour être racontés aux enfants avant de s’endormir. Mais en les modifiant quelque peu, on peut en faire des histoires pour ces grands enfants qu’on appelle des adultes. C’est ce à quoi s’amuse Pierre Dubois qui, après Les Contes de Crimes, a signé Comptines Assassines. Un second recueil de nouvelles qui détournent certaines contes très connus, ou du moins leurs personnages principaux, pour nous livrer des histoires peuplés de morts sanglantes et d’assassinats en règle. L’exercice est sympathique, mais assez inégal.

La plus grande qualité des Comptines Assassines est la variété des récits. Ils sont de longueur et de contenu varié. Ils ont tous le double points communs du lien avec les contes et les meurtres qui les peuplent, mais tout cela est décliné de manière variée. Certaines nouvelles sont savoureuses, titillant la curiosité du lecteur du début à la fin. D’autres sont plus ternes. Il est dommage d’ailleurs que l’ultime histoire du recueil soit la plus longue… et moins convaincante. Bon pour le coup, c’est peut-être simplement moi qui n’ai rien compris, mais je suis sorti de ce livre sur une mauvaise note.

La partition n’est au finale pas désagréable, mais n’a rien d’inoubliable. Le style est agréable, mais sans être réellement marquant. Globalement, Comptines Assassines s’avère un peu frustrant. On pouvait s’attendre à un peu plus de fantaisie macabre, ou de noirceur. On a parfois l’impression que Pierre Dubois n’a pas toujours osé à réellement se lâcher et à exprimer tout le potentiel de son imagination tout de même assez débordante. Reste quelques bons moments où elle parvient à nous ravir. D’autres, où elle nous laisse indifférent aussi. Mais pourquoi regarder le verre à moitié vide ?

CERTAINS L’AIMENT CLOS (Laurent Martin) : Vrai polar

certainslaimentclosLaurent Martin est un vrai auteur de polar. Son roman l’Ivresse des Dieux a même été primé. Il avait donc toute légitimité pour signer un épisodes du Poulpe, ce personnage qui n’appartient à personne, dont chaque aventure est signée par un auteur différent. Certains l’Aiment Clos est un des meilleurs que j’ai eu l’occasion de lire et je commence à en avoir lu un certain nombre. En tout cas, c’est un des volumes qui s’apparente le plus à un vrai polar, en suivant les codes les plus classiques de ce genre littéraire. Peut-être pas le plus original donc, mais clairement un des mieux écrits.

Certains l’Aiment Clos est un huis-clos classique (d’où le titre) où de nombreux personnages sont enfermés et voient certains d’entre eux mourir les uns après les autres. Situation indémodable qui ne se démode pas puisque le récit est plaisant à lire. Le décor, un monastère, est lui aussi du déjà vu, mais là aussi il s’avère très efficace. Le tout fonctionne très bien, puisque l’on retrouve par ailleurs tout l’esprit de ce personnage, un peu cynique et désabusé. Un Poulpe qui revient donc aux fondamentaux, du polar et de la série elle-même, pour un épisode convaincant. L’intrigue se déroule avec beaucoup de maîtrise, parvenant à ménager un vrai suspense qui nous tient en haleine.

Certains l’Aiment Clos est également mieux écrit que la moyenne des épisodes de la série. Les auteurs du Poulpe sont parfois des journalistes ou des écrivains très intermittents. Ici, nous avons à faire à un vrai romancier et cela se sent. Ce n’est pas du Victor Hugo, mais le style est vivant et clair, rendant ainsi la lecture aussi facile qu’agréable. Le format est toujours court, donc on passe un bref moment de plaisir littéraire simple et sans fioriture. Un vrai roman de gare dans ce qu’il y a de plus noble, celle qui vous rend les voyages moins long, à défaut de les rendre inoubliables.

L’AGENCE N°1 DES DAMES DETECTIVES (Alexander McCall Smith) : Bienvenue au Botswana

lagencen1desdamesdetectivesQuand on pense détective privé, on imagine rapidement un bureau dans les bas-fonds new-yorkais ou éventuellement quelque part à Paris. Dans tous les cas, on pense à une grande ville du monde occidental… et le plus souvent à un homme. Mais certainement pas à une femme… du Botswana. Mais pourquoi pas au fond ? Si vous n’êtes toujours pas convaincu, il faut lire au plus vite L’Agence N°1 des Dames Détectives de Alexander McCall Smith, un recueil des trois premières aventures de Precious Ramotswe. Des aventures qui font voyager le lecteur, mais qui frustreront quelque peu les amateurs de polar pur et dur.

Les trois romans rassemblés dans L’Agence N°1 des Dames Détectives ne sont en fait qu’à la marge des histoires de détectives. En effet, l’aspect enquête constitue avant tout un prétexte pour nous faire découvrir des personnages hauts en couleur et le plus souvent attachants. Pas de grand suspense, ou de serial killer. Le récit traite avant tout de la vie privée des protagonistes et des conséquences que leur statut de détective peut avoir. Le tout est sympathique, sans être profondément passionnant. Les intrigues manquent un peu de corps et d’épaisseur. Les romans se situent plus proches du sitcom que du grand récit policier.

La volonté d’Alexander McCall Smith de faire découvrir la partie du monde où il est né (il a vu le jour au Zimbabwe) est une intention louable. Mais on peut déplorer que cela reste assez superficiel et anecdotique. Le ton résolument léger de l’Agence N°1 des Dames Détectives ne permet pas de saisir la complexité réelle du sujet. Au final, le recueil ne manque pas de qualités, mais aucune n’est exploitée suffisamment pour lui donner la dimension qu’il aurait pu posséder. Il se lit cependant suffisamment facilement pour en faire une lecture divertissante qui nous propose tout de même un beau voyage.

L’APRES-MIDI BLEU (William Boyd) : Dans les limbes

lapresmidibleuIl est des œuvres dont on pourrait écrire la critique, même des années après les avoir lues ou vues, tant elles vous ont marqué. On oublie alors sans doute toujours quelques détails, mais pas l’essentiel, qui reste gravé profondément dans son imaginaire personnel. Et puis, il y en a d’autres que l’on oublie en quelques jours. Si vous devez en écrire la critique, il vaut mieux le faire très rapidement, avant que les détails et l’essentiel s’échappent de concert de votre esprit. Ayant voulu rattraper mon retard en termes de critiques cinématographiques, j’ai tardé à écrire celle de L’Après-midi Bleu de William Boyd. Et j’avoue qu’il n’en reste plus grand chose. Mais je vais tout de même faire au mieux.

En se concentrant un peu, des impressions demeurent. L’impression d’être entrée assez facilement dans le roman, lors d’une première partie plutôt bien menée. Mais on découvre vite que cette première partie ne sert finalement pas à grand chose. L’essentiel du récit sera en fait un long flash-back, les événements dans le présent tenant plus de l’anecdote. Et là, j’avoue que je n’ai pas trouvé d’intérêt débordant dans ce que l’Après-midi Bleu raconte. Une histoire d’amour contrariée dans la bonne société des Philippines au début du XXème siècle. Même les aspects historiques et exotiques ne parviennent pas à vraiment raviver la flamme du récit.

Je reconnais à William Boyd une plume légère et agréable. C’est vraiment par son intrigue que l’Après-midi Bleu pêche. Ayant ramassé le livre dans la rue, je n’ai pas l’impression d’avoir perdu d’argent. Peut-être un peu de temps, mais c’est aussi le prix à payer quand on aime les surprises. Cette fois, elle n’était pas franchement mauvaise, mais pas vraiment bonne. Un roman moyen, oubliable et vite oublié. Il ne moisira sans doute pas longtemps dans ma bibliothèque. Je réserve cette surprise moyenne à d’autres…

LA BETE HUMAINE (Emile Zola) : L’homme et la machine

labetehumaineLentement mais sûrement, je me rapproche de la fin de la saga des Rougon-Macquart d’Emile Zola que j’ai commencé à lire dans leur ordre de parution en 2006. Je pourrais dire que je m’approche de la fin de la ligne, pour faire un mauvais jeu de mots, avant de vous parler de la Bête Humaine, épisode de la saga qui se passe dans le monde ferroviaire. Un roman qui traite surtout des pires instincts qui peuvent naître au tréfonds de l’être humain. Plus qu’un simple portrait d’une époque, cette histoire nous propose des personnages forts livrés à des sentiments violents.

La saga des Rougon-Macquart alterne des romans dont le premier objectif est décrire de manière méticuleuse la France du Second Empire, dans tous les lieux et les classes sociales. D’autres sont centrés avant tout sur les personnages et ainsi sur l’intrigue. Si les théories sur l’hérédité sous-jacente à la grande œuvre de Zola n’ont pas survécu aux progrès de la science, elles nous auront offert les tomes les plus marquants. La Bête Humaine fait incontestablement partie de ceux-là. Les sentiments exaltés des personnages datent quelque peu le roman, mais le roman nous offre tout de même une grande histoire quasi intemporelle. De toute façon, c’est bien l’excès des sentiments qui ont fait les grandes histoire, pas leur réalisme.

La Bête Humaine se lit donc avec une grande avidité. Le style reste celui de son auteur (ce qui est assez logique), mais Zola nous livre moins de longues descriptions que dans d’autres romans. S’il s’attache à nous faire découvrir de manière détaillée et réaliste l’organisation des chemins de fer et même le fonctionnement d’une locomotive, cela ne peut qu’une place très secondaire. Ce que l’on retiendra de la locomotive, la Lison, c’est sa dimension symbolique, qui lui donne le statut de personnage à part entière. Ce parallèle entre l’Homme et la machine n’est d’ailleurs pas sans parler au lecteur contemporain, à l’heure de l’Intelligence Artificielle. Comme quoi, l’Histoire n’est peut-être qu’un éternel recommencement.

AGATHA (Frédérique Deghelt) : Elle était seule

agathaL’histoire recèle quelques moments mystérieux où on ne sait pas exactement ce qui s’est passé. Cela laisse évidemment tout loisir aux auteurs audacieux de s’en emparer pour l’imaginer. On en avait eu un exemple au cinéma avec Elvis & Nixon par exemple, qui imaginait ce que ces deux personnages avaient pu se dire lors d’un entretien à la Maison Blanche. Le roman Agatha nous livre un récit fictionnel, racontant les dix jours où Agatha Christie a disparu. Un épisode qui avait alors la une des journaux, mais sur lequel la mère d’Hercule Poirot n’est jamais revenu, y compris dans son autobiographie. Frédérique Deghelt pouvait donc laisser parler sa créativité. Elle n’en a malheureusement pas fait grand chose.

Agatha se présente sous forme d’un journal qui aurait été tenu par Agatha Christie pendant sa fugue. Cela crée une certaine intimité avec l’autrice de Ils Etaient Dix et un attachement assez immédiat. Malheureusement, le reste n’est qu’une longue litanie d’états d’âmes et de considérations plus ou moins philosophiques sur l’amour, la jalousie, le manque de lucidité que ces sentiments génèrent. Car les pensées sont celles d’une femme quittée, mais encore amoureuse, qui se trouve largement dans le déni. Cette phrase résume bien tout le contenu du livre. Sauf que c’est un peu léger. Si parfois certaines réflexions font échos à des situations que l’on a nous-mêmes vécues et même si le roman n’est pas finalement pas si long, on aurait aimé qu’à un moment donné le propos dérive vers d’autres sujets.

Tout cela est vraiment dommage car la plume de Frédérique Deghelt est légère et fort agréable. La proximité avec la principale protagoniste ne vient pas uniquement du choix de faire d’Agatha un journal. Cela tient aussi au talent de l’écrivaine qui sait choisir ses mots avec soin. Cela ne permet pas de compenser le manque d’épaisseur de son récit, mais cela permet de ne pas rendre l’expérience trop pénible. On perd juste son temps. Personnellement, je l’aurais perdu autour d’une piscine sous un beau soleil estival, donc je ne vais pas trop m’en plaindre.

UN NOEL DE MAIGRET (Georges Simenon) : Pas si joyeux

unnoeldemaigretUn auteur aussi prolifique que George Simenon a laissé derrière lui beaucoup de petits textes qui se retrouvent parfois édités ensemble, de manière un peu arbitraire. Un Noël de Maigret est un recueil de trois nouvelles, écrites à des époques différentes et ne mettant pas du tout en scène les mêmes personnages. Elles ont cependant en commun de se dérouler, au moins en partie, le soir ou le jour de Noël. C’est un point commun comme un autre.

Des trois textes formant Un Noël de Maigret, celui mettant en scène le célèbre commissaire à la pipe est de loin le plus marquant. Sans doute est-ce la magie des personnages récurrents qui nous offre du plaisir par le simple fait de les retrouver. L’histoire est courte mais suffisante et nous fait découvrir Maigret dans l’intimité de son foyer. Si Madame Maigret apparaît souvent dans les romans, elle est ici très présente. La nouvelle constitue au final un texte relativement anecdotique mais fort sympathique pour ceux qui aime le personnage.

Les deux autres relèvent plus du roman noir. Ils sont moins caractéristiques de l’œuvre de George Simenon et on y sent l’auteur belge moins à l’aise. Le fait que ces deux récits soient si courts et finissent à la remorque d’une histoire de Maigret donne un peu l’impression d’œuvres inabouties, n’ayant pas su prendre toute leur ampleur. On retiendra tout de même le merveilleux style de Simenon qui reste un régal. Au final Un Noël de Maigret est indispensable pour les amateurs exhaustifs de son œuvre. Les autres pourront piocher autre chose dans sa foisonnante bibliographie.

LES RACINES DU MAL (Maurice G. Dantec) : Intelligence bien réelle

lesracinesdumalEcrire un roman avec comme élément majeur une technologie émergente implique le risque de voir son contenu prêter à sourire quelques années après, les évolutions imaginées se réalisant rarement. Cela peut parfois décrédibiliser totalement un texte. Mais quand le reste est de très grande qualité, on pardonne aisément, voire on apprécie l’audace et la prise de risque. Publié en 1995, les Racines du Mal anticipait comment pouvait se concrétiser la notion d’intelligence artificielle à l’aube de l’an 2000. Au final, dans le monde réel, on en était loin, même si peu à peu la réalité rattrape la fiction depuis. Mais cela n’empêche en rien ce roman d’être un grand polar !

Au final l’aspect technologique du roman est à la fois central et mineur. L’intelligence artificielle constitue un des personnages principaux dont on ne peut pas faire abstraction. Par contre, on peut facilement faire abstraction de son caractère cybernétique. Si on considère qu’il est un personnage comme un autre, alors on peut apprécier pleinement les Racines du Mal. On peut pleinement profiter du très beau sens de la narration de Maurice G. Dantec. Il parvient d’une manière magistrale à dévoiler progressivement toutes les couches de son récit pour lui donner au final une épaisseur que l’on ne soupçonnait pas à travers les premières pages. Et même s’il va peut-être un peu loin à un moment donné, on est totalement saisi par ce récit sombre et terriblement prenant.

Les Racines du Mal ressemble à première vue à un pavé (750 pages quand même). Mais pour l’avoir lu en trois jours, je peux vous garantir qu’il se dévore plus qu’il ne se lit. Certes, le fait d’avoir pu lire de longs moments au bord d’une piscine en vacances a facilité les choses, mais dans tous les cas, on avale les pages assez goulûment pour progresser très vite dans le récit. Son style est extrêmement vivant et agréable, malgré la complexité parfois assez importante de l’intrigue. Il signe donc un roman majeur du polar noir, vraiment très noir. Un lecture pas forcément légère pour l’été, mais une lecture incontournable.