Ambiance assez sombre pour les trois albums du jour. On commence par un artiste que j’aime beaucoup, Miossec, et son album Chansons Ordinaires, sorti en 2011. Le son est plus rock qu’à l’accoutumée, mais les textes sont aussi moins clairs et percutants. L’ambiance est assez morose et on a bien du mal à rentrer dans cet album. Certains textes frisent même quelque peu le ridicule. Une petite déception donc.
On enchaîne avec Believers, troisième et dernier album en date du chanteur américain A.A. Bondy. Je ne connaissais pas… et je comprends mieux pourquoi. C’est sombre certes, mais surtout souvent lancinant. Les interprétations sont molles, sans allant, la voix sans grand intérêt, et les mélodies minimalistes. Bref, la monotonie domine du début à la fin et rien ne vient jamais nous en sortir.
On finit par une découverte beaucoup plus sympathique. Atlas Sound est le pseudonyme d’un chanteur américain, Bradford Cox, de « rock expérimental » d’après Wikipédia, qui a la particularité d’être atteint du syndrome de Marfan (oui, je sais, vous ne savez pas ce que c’est, mais faites comme moi, cherchez sur internet…). Parallax est son troisième album solo. Certes, la musique n’est pas très enjouée, mais je la qualifierai de pop paisible. Le chant est un peu évaporé, mais le résultat plaisant et maîtrisé. Certains titres sont parcourus de sonorités électros. Cela donne une jolie musique d’ambiance, même si quelques morceaux plus énergiques sortent du lot et évitent de sombrer dans une douce torpeur.

Plus anecdotique, le premier album de la chanteuse folk britannique, Liz Green, intitulé O,Devotion ! Une voix discrète sur des mélodies simples jouées à la guitare. Sa musique est parcourue d’accents jazzy, mais avec toujours une forme de retenue. Le ton de la voix est grave et cassée… mais pas tant que ça. Bref, un album qui reste un peu au milieu du gué et qui du coup est quelque peu lancinant parfois.
On termine avec une légende de la musique, à savoir Chris Isaak et son album de reprises Beyond the Sun. Il s’ouvre sur une divine interprétation de Ring of Fire de Johnny Cash, où il nous offre une nouvelle fois ça sa voix à la fois claire et profonde assez unique. L’album est composé de classiques allant de la country au rockabilly. Cependant, l’exercice à ses limites. On le voit notamment dans son interprétation de Great Balls of Fire, où son génie se manifeste dans la voix, mais sans arriver à insuffler l’énergie qui sied à ce titre. Il est donc meilleur dans des ballades comme Falling in Love, I Walk the Line ou encore Pretty Woman. Cependant, jamais il ne transforme réellement le style ou le rythme des originaux, n’apportant pas à ces titres une touche personnelle. Dommage
J’enchaîne avec une légère déception. Je connaissais les principaux single tirés de Born to Die, l’album qui nous a fait découvrir Lana Del Rey, mais pas le reste de son œuvre. Là aussi, on est immédiatement pris par la voix, mais c’est par contre beaucoup plus monotone. Elle fait toujours preuve d’une grande maîtrise, mais du coup tout cela reste souvent assez froid. Quelques titres sont même carrément gonflants. Au final, on retient surtout les titres que l’on connaissait déjà, au premier rang desquels Blues Jeans qui est lui un petit chef d’œuvre.
On termine avec Lost for Love de Slow Joe & The Ginger Accident. J’ai téléchargé « par erreur » cet album sorti en 2014 lorsque j’ai téléchargé Sunny Side Up, dont je vous ai parlé il y a quelques jours. Grand bien m’a pris, car cet album est encore meilleur. Il prend des accents jazzy, toujours maîtrisés et convaincants. Il se dégage de chaque morceau une vraie énergie, une vraie conviction. Du coup, l’album n’est jamais monotone, malgré des instrumentations assez simples. Et je retiens en particulier Cover Me Over, un très beau duo avec Yael Naïm.
On enchaîne avec Horrors, un autre groupe britannique, et leur album Skying. Un nous propose un rock un peu évaporé, avec un effet « loin du micro » qui a une fâcheuse tendance à m’énerver. Leur musique est parfois parcourue par quelques sonorités électros. L’ambiance est sombre, la musique quelque peu lancinante… pour ne pas dire chiante donc. Certains titres sont plus franchement rock, sans que cela ne change grand chose au résultat.
On termine par Night Visitor de la chanteuse suédoise Anne Ternheim. Sa musique et sa voix font immédiatement penser à Suzanne Véga. Mais une Suzanne Véga sous Prozac, alors que cette dernière n’est déjà pas non plus la plus « à fond la déconne » qui soit. Le résultat est doux et mélodieux, mais encore une fois un peu chiant sur les bords. Quelques titres néanmoins du lot, notamment les quelques duos que comptent l’album. Mais globalement ont est là devant une musique folk sympa, mais qui manque d’épaisseur et de tonus.
On enchaîne avec Junk of the Heart de The Kooks, un groupe de brit’pop. Il nous livre une musique joyeuse et efficace, tout en maîtrise et en énergie. Le son est plus rock que leur album précédent. L’album est de qualité constante du début à la fin. On peut lui reprocher un manque de morceaux vraiment marquants, même si le titre d’ouverture, qui a donné son nom à l’album, a été un single radio tout à fait plaisant. Cependant, je trouve l’album globalement plus solide et convaincant que leur disque précédent (Konk) que j’avais aussi commenté dans ces pages.
On termine avec The Rip Tide du groupe Beirut. Si vous n’avez jamais entendu parler d’eux, je vous rassure moi non plus. Renseignements pris, il s’agit d’un groupe de folk américain fondé par un certain Zach Condon. La voix de ce dernier est d’ailleurs la plus grande force de ce groupe où tout est maîtrisé, aussi bien les mélodies que les instrumentations. La musique prend parfois des accents plus pop, mais malgré tout cela manque parfois de peps et surtout d’une réelle fantaisie. Ca se laisse écouter, mais sans casser trois pattes à un canard.
On enchaîne avec quelque chose de nettement plus réjouissant, à savoir Slow Joe and the Ginger Accident et leur album Sunny Side Up. Il s’agit d’un projet musical regroupant un artiste indien nommé Joseph Rocha (et surnommé Slow Joe) et le Français Cédric de la Chapelle. Le tout donne un résultat parfois brouillon mais souvent entraînant, qui mélange les styles musicaux : jazz, country, blues, folk… Les instrumentations sont toujours assez sobres sur lequel vient se poser une voix certes limitée, mais qui utilise toute les intonations qu’elle est capable de produire. L’ensemble manque néanmoins de titres marquants, même si je retiendrai le slow un rien rétro : Give Me Your Love.
On finit rapidement avec Tamer Animals, deuxième album du groupe de rock indépendant américain Other Lives. Rapidement car il n’y a pas grand chose à dire à part que c’est plat, plat, plat… Une voix éthérée vient se poser sur des instrumentations terriblement monotones. Et c’est comme ça du début à la fin. Une découverte qui aurait donc mérité de rester dans l’ombre.
On enchaîne avec The Whole Love du groupe de rock américain Wilco. C’est le troisième album de ce groupe dont j’écris la critique. Mes deux premières furent plus que positives. Cette dernière sera plus mitigée. Il faut dire que l’album s’ouvre avec un titre plutôt faiblard. La suite est plus convaincante, propre, maîtrisé, mais sans grand relief. L’album constitue en fait plutôt un fond musical sympathique, plutôt qu’une accroche d’oreille. On retiendra une belle ballade, Open Mind, et Standing le titre le plus dynamique et le plus rock.
On termine avec une vraie belle découverte. Mayer Hawthorne est un chanteur et compositeur américain, aux influences multiples. Avec How Do You Do, il nous livre une musique douce et envoûtante parfois, groovy et entraînante souvent. Mais une musique toujours marquée par une grande maîtrise et une réelle énergie. La voix de Mayer Hawthorne n’a peut-être pas une voix exceptionnelle, mais elle l’exploite parfaitement. L’album est très homogène et surtout toujours très bon. On retiendra tout de même le titre Hooked qui sort d’un lot déjà excellent.
On enchaîne avec une artiste née en France, mais de parents australiens, Phoebe Killdeer et son groupe Phoebe Killdeer et the Short Straws. Innequake est son deuxième album. Ce dernier part plutôt mal avec un titre d’ouverture sombre, lancinant porté par une voix amorphe. Heureusement, les choses s’arrange très vite avec un deuxième titre assez pop qui nous fait penser à du Texas, puis un troisième sensuel et jazzy, suivi d’un quatrième beaucoup plus rock… L’album va se poursuivre comme cela en offrant une certaine variété, mais sans jamais atteindre de vrais sommets. Le résultat est néanmoins (encore un !) solide et de qualité constante.
On termine rapidement avec Jonathan Wilson et son album Gentle Spirit. Une musique caractérisée par un piano mou du genou, une voix éteinte, pour un résultat, disons-le tout net, plutôt chiant. C’est certes mélodieux, rarement lancinant, mais reste toujours d’une platitude désespérante. En plus, l’album compte treize titres, tous très longs. Bref on est pressé que ça se termine, mais ça n’en finit pas !
On enchaîne avec une jolie découverte. Cults, duo new-yorkais d’indie pop, plein de charme et de fraîcheur. Pourtant, la jolie voix de Madeline Follin est souvent traitée avec un effet « loin du micro » qui d’habitude m’énerve. Mais là il faut avouer que cela donne son style à ce groupe qui rappelle The Dø. Une vraie personnalité qui n’empêche pas des titres aux sonorités variées et surtout toujours très bons. Notamment un titre intitulé Bumper.
On termine par une confirmation. J’avais déjà dit beaucoup de bien de l’album précédent de Jill Scott, une artiste soul-R&B qui écrit elle même ses musiques et ses textes. Elle nous gâte avec son album The Light of the Sun, qui compte pas moins de 18 titres. Elle nous offre une nouvelle fois un son jazzy mélodieux, smoothy et surtout très agréable. Les titres sont tous sur un ton très calme, avec beaucoup de maîtrise dans la voix. Peut-être trop en fait. On aimerait parfois qu’elle la lâche un peu plus, qu’elle fasse preuve de moins de retenue pour donner la petite touche de peps qui ferait la différence. Mais globalement l’album est homogène en qualité, même si on peut regretter l’absence du coup d’un titre phare.
On enchaîne avec Wu Lyf et l’album Go Tell Fire to the Mountain. Il s’agit d’un groupe anglais, guère plus renommé de ce côté de la Manche que l’artiste précédent. Leur nom vient des initiales de World Unite Lucifer Youth Foundation… Rien que cela ! Ils nous proposent un rock maîtrisé et assez propre sur lui. La partie vocale a quelque peu tendance à se transformer en cri un rien éraillé et les mélodies sont parfois lancinantes. Bref, tout cela manque passablement de relief et aucun titre n’arrive réellement à décoller.
On termine avec la plus intéressante de ces trois découvertes. TV on Radio et leur album Nine Types of Light. Il s’agit d’un groupe américain aux influences très diverses. Cet album mélange d’ailleurs allégrement rock et électro. Les titres sont parfois assez déstructurés mais toujours variés pour un résultat qui retient très souvent l’intention et titille la curiosité de l’auditeur. Le travail sur la voix est aussi très intéressant, alternant une voix profonde qui entre souvent en dissonance par rapport à la mélodie et une voix plus aiguë mais aussi plus mélodieuse. Pas de chef d’œuvre ici, mais un album qui mérite qu’on lui consacre un peu d’attention.
Commentaires récents