TOUT CA, POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PARTI SOCIALISTE : EPISODE 26 : Illusions brisées

episode26Union pour Viroflay

Union pour Viroflay

Union pour Viroflay

Union pour Viroflay

Union pour Viroflay

Union pour Viroflay

Union pour Viroflay

Union pour Viroflay

Union pour Viroflay

Solidaires à Viroflay…

9 bulletins pour le Maire sortant avant de voir sortir un bulletin pour notre liste. Je connais la notion d’échantillon représentatif, 10 bulletins ne suffisent pas pour cela. Mais je comprends immédiatement ce que ce début de dépouillement signifie. Le résultat sera mauvais.

Il ne s’agissait évidemment pas de gagner et d’empêcher le maire sortant d’être réélu. Le Graal absolu aurait été d’obtenir un second tour et de pouvoir répéter pendant toute une mandature qu’il représentait moins de 50% de la population. Cependant, je n’y ai jamais cru car nous aurions eu besoin pour cela d’un bon score de la seconde opposition. Pour bien des raisons, il me semblait probable qu’elle fasse moins bien que six ans plus tôt. Ce qui fut bien le cas.

Le vrai objectif était ailleurs. Je ne l’ai pas évoqué jusqu’à présent, mais cette élection était double. Pour la première fois apparaissait sur le bulletin à la fois les candidats pour le Conseil Municipal et ceux pour le Conseil Communautaire de la Communauté d’Agglomération. Malgré des règles d’attribution des sièges très défavorables, nous avions tout de même une chance d’accrocher une des six places. Pour cela, il était nécessaire que la liste de la majorité sortante ne fasse pas plus du double de notre propre score. En 2008, le rapport de force était en gros de 55% contre 25%. Il suffisait de faire seulement un tout petit peu mieux pour que je devienne conseiller communautaire. Cela pouvait donc paraître un objectif atteignable, surtout quand on est convaincu d’avoir fait une bien meilleure campagne que six ans auparavant.

Il faut croire que malgré ma volonté de toujours avoir du recul sur mon engagement politique, moi aussi j’ai fini par me bercer de quelques illusions. Quand j’arrive à la Mairie, avec le seul résultat de mon bureau de vote, je sais déjà que nous en sommes loin. Je croise immédiatement le Maire que je félicite. Il me répond simplement « merci », sans chaleur, avec son sourire en coin qui le rend tellement insupportable parfois. Alors que je sais déjà que l’objectif n’est pas atteint, au fur et à mesure que les résultats des différents bureaux de vote remontent, nous voyons nous dessiner une catastrophe que je n’avais personnellement jamais, mais alors, jamais envisagée. Nous allons perdre un élu et passer de 4 à 3 représentants au Conseil Municipal. Nous allons surtout nous retrouver à égalité numérique avec l’autre opposition, ce qui aura des conséquences fâcheuses (j’y reviendrai).

Une fois les résultats proclamés, tous ceux qui ont œuvré dans cette campagne sont invités à partager un verre autour d’un buffet chez notre ancien secrétaire de section. Je m’efforce de faire bonne figure et prononcer le discours qui va bien. Je parle notamment d’avenir et des combats futurs. Mais au fond de moi, je sais déjà que ce résultat aura une conséquence. En effet, peu de temps avant de rentrer en campagne, j’ai commencé mes premières démarches pour changer de travail. Le mien ne m’intéresse plus depuis un moment et je compte également gagner nettement mieux ma vie. Peut-être assez bien pour habiter dans Paris intramuros, ce qui était mon projet de vie avant d’arriver presque par hasard à Viroflay. Si j’étais devenu Conseiller Communautaire, mandat rémunéré, j’aurais sûrement renoncé à déménager. Ne l’étant pas, je sais que je partirai si j’en ai l’occasion. Je vais donc finir par trahir la confiance et le mandat qui m’ont été donnés. C’est encore loin, flou, juste un projet, mais je me sens un peu hypocrite en tenant mon discours.

Je rentre donc chez moi le cœur lourd et amèrement déçu. Ce qui me donnera finalement un peu de réconfort avant d’aller me coucher, c’est le malheur des autres. Je regarde les résultats de mes camarades un peu partout dans les Yvelines et je constate l’ampleur de la Bérézina pour les candidats issus du PS. Finalement, comparés aux autres, nous ne nous en sortons pas si mal et nous avons limité la casse, comme on dit. Quelle est la part de la qualité de notre campagne dans ce constat ? Avons-nous vraiment sauvé des voix, à défaut d’en gagner ? Impossible de le savoir, mais cela fait du bien de le croire. Avec le recul, je n’en suis pas profondément convaincu.

TOUT CA, POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PARTI SOCIALISTE : EPISODE 25 : Campagne adminstrative

episode25Dernier aspect d’une campagne électorale, l’aspect administratif. Cela peut presque paraître négligeable quand on se lance, mais on s’aperçoit vite que c’est une part importante du travail à accomplir. Cependant, je pouvais me lancer dans cette aventure sans trop d’appréhension à ce niveau-là. L’avantage de faire parti d’un « vieux » parti politique est de pouvoir être épaulé par des militants chevronnés qui se sont déjà pliés à l’exercice à plusieurs reprises. Et j’avoue que pour cette campagne des municipales, j’ai été parfaitement accompagné.

Premier nerf de la guerre et premier problème à résoudre… l’argent. Certes, la puissance publique finit par rembourser les frais de campagne (cf. la fin de ce billet), mais il faut bien avancer l’argent. Ici on parle d’environ (de mémoire) 15 000 euros. La loi nous autorisait à dépenser le double, mais cette la deuxième moitié n’aurait pas été remboursée. Nous décidons très vite de nous contenter de ce budget et de ne pas faire appel aux dons. C’était en effet largement suffisant et je n’ai pas le souvenir de m’être jamais senti contraint par le moindre manque de moyens financiers.

Je ne remercierai jamais assez mes colistiers qui ont avancé 1000 à 2000 euros pour financer cette campagne. Cela nous évitait de faire un emprunt, qui nous aurait forcé à supporter le coût des intérêts générés entre le jour de l’élection et le remboursement, qui ne sont pas considérés comme des frais de campagne. Cela me permit surtout de ne pas avancer un centime de ma poche, alors que ma situation financière ne m’autorisait de toute façon pas à mettre de l’argent dans cette campagne, ce qui est rarement le cas de la tête de liste. Cela ne paraît rien, mais ces aspects financiers constituent tout de même un léger frein à la démocratie et favorise les partis bien installés comme le PS.

Dans une campagne électorale, un candidat a besoin d’un allier précieux et légalement indispensable, un mandataire financier. Il sera chargé de comptabiliser toutes les dépenses réalisées dans le cadre de la campagne, y compris en théorie l’encre des stylos utilisés. Il est surtout le seul autorisé à payer les factures. J’avais la chance de pouvoir compter sur notre ancien secrétaire de Section qui s’est acquitté de la tâche assez remarquablement pour que je n’ai jamais à me préoccuper de ces aspects-là

Les élections municipales ont beau être une élection de liste, celui qui se trouve à sa tête supporte la quasi entière responsabilité de la campagne vis-à-vis de l’administration. Il est notamment chargé de déposer le dossier complet en préfecture. En une fois… ou deux. En effet, les contrôles sont réels et un seul papier de travers et vous êtes bon pour un deuxième passage, je peux en témoigner.

Les campagnes électorales sont soumises à un certains nombres de règles qui régissent les documents dits de la campagne officielle, à savoir l’affiche collé sur les panneaux disposés devant les bureaux de vote, les professions de foi envoyées par la Poste aux électeurs et évidemment les bulletins de vote. Tous ces documents sont soumis à la validation d’une commission quelques jours avant le vote. Etre recalé par la commission est évidemment équivalent à une catastrophe car mine de rien, la profession de foi reste de très loin le tract le plus lu. Et ne parlons même pas d’une absence éventuelle de bulletin de vote…

En amont de la commission, il est conseillé d’envoyé un exemplaire des documents à la préfecture pour d’éventuelles remarques. J’ai reçu cette réponse, formidable moment de logique administrative pure : Aux termes du premier alinéa de l’article R. 27 du code électoral :  » Les … circulaires ayant un but ou un caractère électoral qui comprennent une combinaison des trois couleurs : bleu, blanc et rouge à l’exception de la reproduction de l’emblème d’un parti ou groupement politique sont interdites ».
Il résulte de l’examen d’un exemplaire en couleurs de la profession de foi considérée que ce document semble utiliser les couleurs bleue, blanche et rouge pour certains vêtements de la photo.
S’il est vrai que le document emploie également d’autre couleur, le rapprochement des trois couleurs nationales pourrait être regardé comme prohibée par l’article R. 27 du code électoral par la commission de propagande ou le juge électoral.
La notion de combinaison des couleurs « bleu, blanc et rouge » étant subjective et soumise à l’appréciation souveraine du juge, nous ne pouvons que vous conseiller de faire retoucher les couleurs des vêtements de vos colistiers. Il s’agit là peut-être d’un excès de précaution, mais cela permet d’écarter tout motif de discussion lors de la commission de propagande.
En dehors de ce point, cette circulaire n’appelle aucune remarque de notre part, sous respect des grammages et dimensions réglementaires.
Grâce à mes talents limités mais suffisants en retouche d’images, je repeins le manteau d’une de mes colistière en une autre couleur pour ne prendre aucun risque.

Les bulletins de vote quant à eux répondent à une règle assez simple. Ils doivent être totalement unicolore. Et donc, tout candidat à une élection fait face à une question cruciale : quelle couleur pour le bulletin de vote ? Le plus souvent, on choisit une couleur associée à son parti politique. Ainsi beaucoup de bulletins PS sont rose. Mais on peut aussi essayer de tromper l’ennemi ou d’élargir le spectre politique auquel on peut prétendre. C’est pourquoi, puisque nous n’avions pas réussi à obtenir le logo EELV pour notre liste, nous avons d’abord pensé à la couleur verte pour notre bulletin. Mais le résultat n’était pas très satisfaisant. Nous avons donc finalement opté pour un bulletin… bleu… Bon bleu foncé, pas bleu UMP, mais quand même. Le créer ne fut d’ailleurs pas une mince affaire. Je pense que le jour où nous l’avons finalisé restera le jour où j’aurais échangé le plus de mail en une seule journée de toute ma vie (tout ça, sur mes heures de travail…).

La vie administrative de la campagne ne s’arrête pas avec l’élection. En effet, avant de vous rembourser vos frais de campagne, l’administration épluche vos comptes de très près. Si certains se disent que c’est « magouille et compagnie », je peux vous assurer que sur ce point, les politiques ont l’obligation d’être irréprochable. Même les petits comme moi. On me demanda par exemple d’envoyer un fichier contenant toutes les photos correspondant à la facture de mon ami photographe (au cas où j’aurais mené campagne sans photo et produit une fausse facture…). Bref, après près de 9 mois de délais, je reçois un beau jour enfin environ 15 000 euros sur mon compte en banque, ce qui me permet de rembourser au plus vite (parce que je suis honnête quand même) les camarades qui avaient avancé les fonds. 1000 ou 2000 euros qu’ils auront avancé pendant un an et demi pour certains. La démocratie a définitivement un coût !

FOR THE MANY (UB40), FISHING FOR THE FISHES (King Gizzard et the Lizard Wizard), VISITOR (Michelle Blades) : Les papys font de la résistance

forthemanyub40On commence avec une vieille connaissance des années 80 que l’on pensait hors du coup, mais qui a bien sorti un album en 2019. UB40 nous propose avec For the Many une musique dans la droite lignée de ce qu’on leur connaît, mais avec une maturité nouvelle dans la voix. Cela donne une ambiance plus sombre, moins sucré. Le groupe est sûr de son art et déroule les excellents titres avec beaucoup de maîtrise. Même les non fans de reggae comme moi sont ravis. Il y a de l’énergie, de la conviction, quelques sonorités un peu plus jazz qui font de cet album un vent de fraîcheur un peu inattendu. Pour être dans l’air du temps, le groupe propose même quelques titres un peu hip-hop sur la fin de l’album, mais ce n’est pas eux que l’on retiendra en premier.

fishingforthefisheskinggizzardandthewizardlizardOn part en Australie pour découvrir le groupe King Gizzard and the Lizard Wizard et leur album Fishing for the Fishes. Le style est pop-rock avec une touche d’électro, voire même une très grosse touche parfois. Le résultat est maîtrisé et énergique et se laisse écouter avec plaisir. Un seul bémol, très personnel, la voix légèrement distordue, effet qu’il m’horripile au plus haut point. Le résultat est solde mais manque tout d’un ou deux vrais tubes pour accrocher définitivement l’oreille de l’auditeur.

visitormichellebladesMichelle Blades est une artiste venue du Panama, même si elle a beaucoup voyagé au cours de son existence. Son album Visitor permet de nous faire découvrir sa petite voix fluette, qui vient ici se poser sur une musique sans épaisseur. Ce n’est pas désagréable, mais c’est totalement transparent. Sa pop sucrée et gentillette a parfois quelque chose d’enfantin et s’avère parfois assez lancinante… pour ne pas dire carrément pénible. On lui reconnaîtra une certaine diversité entre les titres, mais rien de vraiment emballant en tout cas.

NOS CHEVEUX BLANCHIRONT AVEC NOS YEUX (Thomas Vinau) : Pas un cadeau

noscheveuxblanchirontavecnosyeuxVous l’aurez bien compris si vous êtes un ou une fidèle lecteur/lectrice de ce site, j’aime laisser le hasard mettre sur mon chemin des lectures que je n’aurais pas forcément choisies de moi-même. Parfois pour le meilleur, parfois pour le pire. Pour Nos Cheveux Blanchiront avec nos Yeux, je me méfiais quelque peu. En effet, il s’agissait d’un roman offert quand on achetait deux livres du même éditeur. Je me doutais bien que ce dernier n’aurait pas agi ainsi pour écouler un best-seller unanimement salué par la critique. Effectivement il y a peu de chance que ce roman rentre dans cette catégorie quand on considère que sa plus grande (seule ?) qualité est sa brièveté.

Nos Cheveux Blanchiront avec nos Yeux est difficile à résumer puisqu’il n’y a pas vraiment d’histoire, même si on suit vaguement le parcours du personnage/narrateur. Le livre est en fait plutôt un recueil d’impressions sur le temps ou une mouette qui passe. Un enchaînement de courts paragraphes, entre un tiers et une demi-page petit format, grande police, sur tout un tas de sujets, dont le principal point commun est d’être totalement inintéressants. Évidemment d’un sujet totalement inintéressant, on tire le plus souvent un texte qui l’est tout autant, si ce n’est plus. Tout cela ressemble à un exercice d’atelier d’écriture, fort sympathique au demeurant, mais ne méritant clairement pas d’être publié. En tout cas, ça donne de l’espoir aux écrivains amateurs comme moi. Tout le monde a une chance de l’être un jour.

Si je ne me trouve en aucune façon trop sévère avec Nos Cheveux Blanchiront avec nos Yeux, je le suis peut-être avec son auteur, Thomas Vinau. Il faut savoir qu’il est avant tout un auteur de poésie, ce qui n’étonnera personne en lisant ce roman. En fait, il ne semble pas avoir fait totalement la bascule entre les deux genres littéraires et nous propose une sorte de recueil de poésies en prose, un peu bancal. Je lui reconnais tout de même une qualité d’écriture qui en fait sans doute un poète remarquable. Par contre, pour un être romancier, il faut avoir une histoire à raconter. Elle manque cruellement ici. Heureusement, avec 90 pages seulement, on peut lire ça en moins d’une heure et vite passer à autre chose.

LES CHRONIQUES D’ALVIN LE FAISEUR, TOME 5 : FLAMMES DE VIE (Orson Scott Card) : La fin du tas

flammesdevieUn beau jour de 2009, un de mes voisins déposent devant l’entrée de mon immeuble deux cartons plein de livres. Ils deviendront « les livres du tas », me rappelant une époque et un appartement où par terre était un meuble. J’ai depuis emménagé dans des logements m’autorisant à avoir la quantité adéquate de bibliothèques. Mais cette bonne centaine de livres resteront à jamais associés à ce surnom. Le cinquième des Chroniques d’Alvin le Faiseur, Flammes de Vie, est le dernier que je lirai. Il m’en reste bien encore un autre dans ma bibliothèque, mais je ne le lirai pas en tant que tel (parce qu’il correspond à un demi-tome de l’édition livre de poche d’une autre saga). Bon ça peut paraître anecdotique, mais c’est un petit d’émotion pour moi !

Et sinon ce roman ? Les Chroniques d’Alvin le Faiseur est une saga que j’ai appris à aimer au fur et à mesure, surtout après un premier tome qui m’avait laissé froid. Orson Scott Card revisite l’histoire de l’Amérique du début du 19ème. Une Amérique où la magie et le merveilleux ont fait dévié l’histoire du cours que nous lui connaissons. Clairement, Flammes de Vie n’est pas le meilleur épisode de la saga. L’auteur a voulu y traité deux thèmes intéressants de l’histoire américaine, l’esclavage et les procès pour sorcellerie, mais le fait d’une manière un rien artificielle. Du coup, l’intrigue principale se retrouve quelque peu parasitée et n’avance pas comme on aurait aimé qu’elle le fit.

Mais quand on aime un univers, on aime y traîner, même quand l’histoire ne fait pas des bonds de géants. J’ai donc apprécié de parcourir Flammes de Vie, même quand le récit devient parfois un peu confus. La deuxième moitié est heureusement bien meilleure et on en ressort avec l’envie de lire le sixième volet des Chroniques d’Alvin le Faiseur. En se plaçant comme ça à la frontière entre le roman fantastique et le roman historique, Orson Scott Card donne une vraie personnalité à son œuvre. Pas facile de trouver des romans vraiment originaux dans ce style. Celui-là l’est, alors autant l’apprécier. Et remercier encore une fois mon ancien voisin.

CHRIS COHEN (Chris Cohen), WEATHER DIARIES (Ride), HELP US STRANGER (The Raconteurs) : Le plaisir du rock

chriscohenchriscohenOn commence avec un artiste américain, dénommé Chris Cohen et son album sobrement intitulé Chris Cohen, sorti en 2019. Ce qui frappe en premier, c’est sa voix fluette, largement distordue. Elle vient donner vie à des titres très calmes, qui bercent l’auditeur. Il y a un vrai travail sur les sonorités, des morceaux plutôt variés, mais rien ne vient vraiment compenser le caractère désagréable de la voix. Après, si on n’est pas dérangé par elle, il est possible d’apprécier cet album et de le trouver tout à fait sympathique.

weatherdiariesrideOn renvient en Europe avec le groupe britannique Ride et leur album Weather Diaries. Ce dernier s’ouvre sur un rock aux sonorités électro pour une ambiance un peu éthérée. La suite sera plus pop, plus énergique. Le groupe sait varier les plaisirs, mais toujours avec une grande maîtrise. Les instrumentations sont recherchées, abouties et parfois assez complexes. Le résultat se laisse écouter avec une vraie curiosité et surtout un certain plaisir. Dommage simplement que l’album se termine par un long instrumental de 25 minutes.

helpusstrangertheraconteursOn repart aux Etats-Unis (oui, je sais, je n’optimise pas les déplacements) avec The Raconteurs, un groupe dans lequel évolue notamment Jack White. Après 11 ans d’absence, ils sont revenus en 2019 avec Help Us Stranger pour nous offrir un rock énergique et maîtrisé. Les textes sont chantés avec le « ton », ce qui donne une vraie personnalité à l’ensemble. Les titres sont vraiment variés et surtout d’une qualité constante et particulièrement haute. Les instrumentations sont souvent très imaginatives. Le tout garde malgré tout un côté très classique, mais c’est tellement bon qu’on en redemande.

TOUT CA, POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PARTI SOCIALISTE : EPISODE 24 : A fond la forme

episode24aAvoir des idées ne demande rien de plus qu’un peu de jus de cerveau. Ce n’est pas cher, même si cela ne garantit évidemment pas la qualité du résultat. Les faire connaître est une autre paire de manches et demande des moyens matériels, parfois non négligeables. Pour les campagnes électorales, les moyens financiers sont fournis par la puissance publique (j’y reviendrai dans le prochain billet), reste à savoir quoi en faire pour attirer l’attention d’une population majoritaire indifférente qui ne voit de toute façon aucune raison immédiate de voter pour vous.

Six ans plus tôt, nous avions mené une campagne des plus classiques et sans réelle imagination (cf. épisode 2). Je me donne donc pour objectif de faire beaucoup mieux et beaucoup plus original. Première décision, se passer d’agence pour faire les tracts. Mon expérience professionnelle m’a donné quelques compétences en mise en page et je sais que je peux faire largement aussi bien que l’agence à laquelle nous avions fait appel six ans plus tôt. Je ne mesurais pas bien le temps que ça allait me prendre, mais j’avais une activité professionnelle qui me permettait de consacrer quasiment l’équivalent d’un mi-temps pendant plusieurs mois. Je ne sais plus combien de mails en une journée nous nous étions échangés pour finaliser le bulletin de vote par exemple, mais cela avait fait surchauffé nos boîtes de réception.

Premier élément à déterminer avant de réaliser le moindre tract : le slogan. Je décide d’opter pour un double slogan, c’est à dire une baseline et un slogan à proprement parler. Pour le premier, je repense à ce que m’avait dit un jour un sympathisant, qu’il votait pour nous parce qu’il était de gauche, sans être pour autant spécialement mécontent du maire. La ville ayant été profondément marquée par la Manif pour Tous, il semble une bonne idée d’afficher clairement notre identité. Nous optons donc pour Un Projet de Gauche pour Tous. Soit exactement le genre de slogan totalement creux que je déteste, mais, au départ, je me dis que cela sera compensé par une baseline qui donne, elle, une indication beaucoup plus claire du contenu de notre projet.

J’impose donc la mention « Energie positive » sous le logo de notre liste. L’idée est de traduire l’esprit général que je veux insuffler au projet et une thématique forte de notre programme. Je me heurte cependant à une légère hostilité de mon secrétaire de Section, qui dit avoir peur que les gens la confonde avec le nom de la liste et ne trouvent pas du coup notre liste le jour J. Du coup, il me pousse à la réduire visuellement à chaque fois que je présente une mise en page de tract et elle finira par être assez petite que personne n’y prête jamais attention.

Pour l’identité visuelle de nos tracts thématiques, je m’appuie sur le talent de mon cousin qui vient de finir son école de bande-dessinée pour qu’il crée et mette en scène une famille dans des scénettes qui vont illustrer des éléments de notre programme. Cela leur donnait un côté attractif et assez original, on a rarement l’habitude de voir des vignettes de bande-dessinée pour illustrer un tel document. Je demande aussi à un ami graphiste de préparer une affiche colorée et originale et le résultat me plaît vraiment. Après, tout n’est pas parfait. Je sollicite un ami photographe à qui j’explique ce que j’attends. Il vient au rendez-vous en m’expliquant qu’il a regardé à quoi ressemblait des photographies de campagne électorale et qu’il sait quoi faire. Résultat, j’hérite de photos d’une banalité affligeante qui ne respecte pas du tout mes instructions. Mais bon, on fait avec.

Reste ensuite à diffuser ces tracts auprès de la population. Les boîtes aux lettres, le marché… on aurait pu s’arrêter là, dans la grande tradition socialiste. Cette fois, on a préféré privilégier les distributions aux gares, qui présentent l’avantage de laisser le temps aux gens de les lire sur le quai ou pendant le voyage. Et surtout, on multiplie ce qu’on appelle des pieds d’immeuble, c’est à dire tout simplement des distributions à d’autres points de la ville que les habituels. Je me souviens notamment d’un tractage à un carrefour très excentré de la ville. On y croisera très peu de monde, mais des gens tellement surpris de nous voir là qu’ils entament volontiers la conversation. Mais quand on y pense, tout ce n’était qu’une goutte d’eau dans l’océan.

episode24bUne distribution au marché s’avéra tout de même assez exceptionnelle puisque j’ai bénéficié de la visite et du soutien d’un Ministre, en la personne de Benoît Hamon, qui faisait encore partie du gouvernement. Il avait surtout pris le contrôle de la fédération PS des Yvelines et j’avais déjà eu l’occasion de mieux connaître le personnages et les pratiques détestables de ses proches. Bref, à cette époque, je ne le portais déjà pas dans mon cœur, ce qui ne s’arrangera pas par la suite. Donc quand l’idée est soulevée, je fus tenté quelques instants de décliner mais voyant que cela faisait plaisir à beaucoup de militants, je n’ai rien dit. Effectivement, le matin de sa venue, nombreux de mes plus proches soutiens étaient présents. Mais ce qui m’a frappé, ce fut la réaction de la population. Même dans une ville aussi à droite, un Ministre, même de gauche, est une rock star. Les gens se pressent pour le voir et comme tout homme politique, il sait se montrer affable avec tout le monde et dit bonjour à tous ceux qu’ils croisent, comme s’ils les connaissaient depuis toujours. Benoît Hamon n’est pas très grand, mais c’est une boule d’énergie et j’ai du mal à suivre son pas. A un moment donné, alors que je suis derrière lui, une dame tente de le rattraper en réclamant un tract. Comme elle est à mon niveau, je lui tends le papier sur lequel se trouve MA photo. Elle me répond « ah non, je veux que ça soit lui qui me le donne ». Bref, elle se foutait bien du contenu du tract, elle voulait juste le recevoir des mains d’un ministre… Quand je vous dis que le fond ne rapporte pas grand chose en politique…

Durant cette campagne, dans l’idée de toucher un maximum de gens, je pense avoir trouvé une idée géniale ! Une opération pare-brise. Rendez-vous à 23h un dimanche soir pour poser des petits tracts sur le pare-brise des voitures pour que les habitants les trouvent le lendemain au moment de prendre leur voiture pour aller bosser. Mais voilà, je n’avais pas prévu quelque chose… la rosée. Nous sommes encore en hiver et les Viroflaysiens ont surtout trouvé un papier complètement détrempé, se délitant totalement au moment où ils tentent de l’enlever de leur pare-brise. Bref, c’est un bide complet, qui aura surtout fait travailler les services de nettoyage des rues qui ont du ramasser de nombreuses boules de papier mâché.

Certaines choses ne changent pas par contre. Notre réunion publique se déroule devant une assemblée plus qu’éparse, malgré la présence d’un homme politique portugais, dont je me demande ce qu’il peut bien faire là, même si j’ai eu l’occasion de le recroiser lors du dernier Congrès du PS. C’est notre camarade de la même nationalité qui nous a proposé sa venue et vu les difficultés qu’il nous avait posées au moment de la constitution de la liste, je pense que personne n’a osé lui dire que ça n’avait aucun intérêt. On le laisse donc cet homme, que personne ne connaît, introduire notre réunion. C’est un peu ubuesque, mais au moins ça met un peu d’inattendu dans cet exercice convenu et un peu tristounet.

Pour le tract résumant l’ensemble du programme, l’ambition était d’éviter de proposer l’éternel litanie de propositions, façon catalogue. Le projet de base est assez concis. Et puis, peu à peu, on se sent obligé de rajouter quelque chose pour telle ou telle catégorie de la population. Je me souviens parfaitement de la dernière proposition à avoir été ajoutée, suite à l’inévitable constat fait par un camarade : ah mais y a rien pour les retraité ! Donc va pour la proposition qui va bien pour ce public, quand bien même notre projet se voulait tourné vers la jeunesse. On a beau se dire qu’en noyant l’information, on la rend moins percutante et donc le plus souvent invisible même pour la cible que l’on a voulu toucher par cet ultime ajout. Mais c’est plus fort que nous ! Au PS, quoi qu’on en dise, le fond l’emporte tellement sur la forme que le fond devient invisible. Invisible comme l’a été notre campagne, malgré tous nos efforts, aux yeux d’une majorité de Viroflaysiens.

TOUT CA, POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PARTI SOCIALISTE : EPISODE 23 : Toucher le fond

episode23Mener une campagne électorale, c’est mener de front trois dimensions différentes : le fond, la forme et l’administratif. Ce qui demande évidemment beaucoup de travail. A l’époque des municipales 2014, j’avais « la chance » d’occuper un emploi me laissant beaucoup de liberté et surtout de temps. Comme beaucoup d’aventure exaltante, on se lance dans un telle campagne en sous-estimant largement le temps que cela va vous prendre au final. Je n’ai pas décompté précisément le temps que j’y aurais consacré, mais je peux résumer ça à un bon mi-temps pendant quatre à six mois, surtout en ayant fait le choix de faire toutes les mises en page moi-même.

Les trois aspects se mènent de front. La difficulté est de trouver le bon équilibre pour ne rien négliger. Il faut avancer dans toutes les directions à la fois, ce qui s’avère particulièrement chronophage. J’ai choisi de ne pas vous raconter les choses chronologiquement, déjà parce que j’aurais bien du mal à me rappeler les événements de cette façon et surtout parce que c’est sans doute la meilleure façon de ne rien oublier.

Choisir les thèmes de campagne quand on est dans l’opposition peut être soit particulièrement facile, soit particulièrement difficile. Tout dépend si l’équipe municipale sortante a fait naître ou non de vrais motifs d’insatisfaction dans la population. A Viroflay, ces derniers naissaient avant tout chez les riverains de certains projets d’urbanisme. Cela nous posait deux problèmes : cela concernait au final assez peu de monde (contrairement à ce que fantasmait la deuxième opposition qui surfait allégrement sur cette vague là, en pensant sincèrement que ça leur permettrait de gagner) et surtout nous reprochions avant tout au maire de ne pas en faire assez en la matière, quand les mécontents en question souhaitaient qu’il en fasse encore moins. Au final, c’est un sympathisant qui résuma le mieux la situation en me demandant un jour : « bon, je suis de gauche alors je vote pour vous, mais vous lui reprochez quoi au juste au Maire ? ».

Il y avait pourtant bien des choses à redire. Mais dans une ville dont la population est infiniment plus aisée que dans la majorité des communes, les reproches que nous pouvions formuler portaient sur des éléments techniques et difficiles à percevoir par la population. De petites mesquineries budgétaires qui touchaient généralement les plus modestes et surtout le fait qu’à force d’être « prudente », la commune avait tout simplement trop d’argent. On associe le plus souvent la mauvaise gestion de comptes publics à des déficits et de l’endettement excessifs, mais à Viroflay, le problème résidait dans les excédents trop généreux et le désendettement trop rapide. Concrètement, la majorité avait réalisé toute un série d’économies ne se justifiant pas, sauf si l’objectif avait été de baisser les impôts, ce que la commune n’a évidemment jamais fait. Le mieux est parfois l’ennemi du bien, mais ce principe fait un très mauvais slogan électoral. Ca peut vite être compris comme une manière de souligner que votre adversaire est trop bon…

J’ai donc fait un choix assez radical, et vraiment peu fréquent dans une campagne électorale menée par une opposition. Nous n’avons jamais dit un seul mot sur la politique du maire sortant dans nos différents documents de campagne (à part éventuellement un exemple de mauvais aménagement en termes d’accessibilité). Nous nous sommes simplement contentés de présenter notre projet, de l’expliquer, d’en présenter les bénéfices attendus dans l’absolu et non par rapport à qui ou quoi que ce soit. Je ne crois pas que cette attitude nous ait rapporté la moindre voix, mais je ne crois pas que nous aurions tiré le moindre bénéfice de taper sur le Maire sortant à longueur de tract. J’avoue que je suis assez fier de ce choix, celui d’avoir fait de la politique comme j’estime qu’elle devrait être toujours menée, en résistant à plus bas instincts d’opposant.

Pour établir notre programme, nous avons vraiment bossé. Personnellement, j’ai passé pas mal de temps à rechercher des initiatives qui avaient marché ailleurs, téléphoner à des élus d’autres communes pour qu’ils me parlent de leur propre expérience. Le résultat, bâti autour de trois priorités (logement, énergie, accessibilité), était (en toute objectivité bien sûr) solide et à même de défendre l’intérêt général à l’échelle de Viroflay, et non plus simplement l’intérêt des Viroflaysiens. Ce sont bien ces deux conceptions de l’action publique qui nous a toujours opposés à la majorité et se traduisait dans nos programme respectif.

Au final, malgré tous nos efforts pour les faire connaître (ça sera l’objet du prochain billet), quelle était la part de la population de la commune capable de vraiment cerner et identifier nos propositions et les différencier de celles de la majorité sortante ? Une partie bien trop infime pour espérer que la qualité du fond bouscule réellement les équilibres, surtout dans une commune de l’agglomération parisienne où les questions purement municipales ont beaucoup moins d’impact qu’ailleurs. Cela se ressentira au moment des résultats… Mais de ça aussi, j’en parlerai bientôt…

LET’S ROCK (The Black Keys), SHEPERD IN A SHEEPSKIN VEST (Bll Callahan), ARRIVALS & DEPARTURES (The Leisure Society) : Let’s rock indeed !

letsrocktheblackkeysPour commencer, un des groupes phare de la scène musicale actuelle, The Black Keys et leur album Let’s Rock, sorti en 2019. Le groupe fait preuve d’une parfaite maîtrise, en propose une musique d’une qualité constante et surtout très haute. Il propose un rock à la fois très classique et doté d’une réelle personnalité. Les titres sont variés. On passe de sonorités country à des sonorités électro avec le même bonheur. Le tour de force est vraiment de nous offrir un rock à la fois électrique et mélodique. Un vrai bonheur.

sheperdinasheepskinvestbillcallahanOn poursuit avec Bill Calahan, un vieux routier de la musique country américaine. Mais une musique country qualifiée de country alternative, loin des clichés du genre. Sheperd in a Sheepskin Vest nous propose une musique particulièrement épurée, au rythme très lent. La voix de l’artiste est toujours aussi prenante, mais une partie de l’album nous pousse à nous demander si elle peut vraiment à ce point porter tout l’album. Le résultat manque de corps, mais se laisse écouter malgré tout. Les titres ne sont pas toujours hyper harmonieux, sont plus parlés que chantés. L’album compte pas moins de 20 titres, une petite sélection n’aurait pas fait de mal.

arrivalsanddeparturestheleisuresocietyThe Leisure Society qui nous propose un double album intitulé Arrivals and Departures. Il s’ouvre sur une mélodie presque enfantine, qui prend peu à peu des allures psychédéliques. Le reste prendra une tournure folk-pop plus classique. C’est maîtrisé, propre sur lui, agréable, mais un rien fleur bleue. Ca manque donc d’audace pour s’avérer réellement marquant, mais on peut néanmoins saluer la solidité de l’ensemble.

TERMINUS LES ETOILES (Alfred Bester) : Monte-Cristo dans les étoiles

terminuslesetoilesCe n’est pas parce que l’homme a inventé la science-fiction et décidé de raconter des histoires imaginaires dans des futurs éloignés ou dans des galaxies lointaines, très lointaines, qu’il a abandonné les grandes thématiques qui ont toujours donné les meilleurs récits depuis que l’humanité en invente. Je sais, ma phrase d’introduction est un peu longue. Bref, parmi les sentiments qui habitent les personnages de fiction les plus remarquables, le désir de vengeance occupe une belle place. Gully Foyle, le personnage principal de Terminus les Etoiles s’ajoute à la liste. Il prend vie dans une œuvre incontournable d’un des pères de la science-fiction moderne.

Alfred Bester reçu le premier prix Hugo, le prix Nobel de la science-fiction, de l’histoire en 1953 avec un autre roman, L’Homme Démoli. Mais chaque œuvre de cet auteur est un moment d’histoire du genre car il en a écrit relativement peu (une demi-douzaine). Terminus les Etoiles permet de la découvrir à travers une histoire qui rappelle quelque peu celle du Conte de Monte-Cristo. On est vraiment face à de la science-fiction profondément classique… tout simplement parce que ce sont des auteurs comme Alfred Bester qui ont inventé les référence du genre. Par contre, il possède des qualité qui ne sont pas si classiques que cela dans ce type de roman.

La plume d’Alfred Bester est vraiment agréable. Elle donne au récit une grande vivacité, doublé d’une réelle profondeur. Terminus les Etoiles est tout sauf contemplatif mais il creuse assez loin dans la psychologie des son personnage central. Un héros complexe et torturé, qui évolue dans une histoire qui nous offre de nombreux rebondissements, jamais gratuits. Il n’y a pas de superflu ici, les amateurs de longue description n’en n’auront pas pour leur argent. Les autres apprécieront ce joli moment de la littérature de science-fiction. Bref, de la littérature tout court.