TOUT CA POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PS : EPISODE 2 : Première campagne

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episode2Si vous vous êtes déjà demandé qu’est ce qui poussent certains responsables politiques à y retourner encore et encore, c’est que vous n’avez jamais participé à une campagne électorale. Parce que si le militantisme politique implique beaucoup de réunions laborieuses et de couleuvres à avaler et si la vie d’élu local est faite de dossiers techniques obscurs et de récriminations constantes d’une population ingrate, la campagne électorale est un moment exaltant, où adrénaline coule à flots, vous rendant vite accro. Bref, une campagne électorale, c’est bandant ! (désolé pour la trivialité du terme mais je n’ai pas trouvé mieux).

Cette première campagne électorale, j’y suis entré sur la pointe des pieds. En effet, adhérent depuis 4 mois au PS, je n’avais aucune idée de comment les choses allaient se passer. De plus, je ne connaissais alors que très peu notre leader, en tant que suppléant au législatives avant l’été, il avait été finalement assez peu présent sur Viroflay, faisant campagne sur toute la circonscription. Sur la pointe des pieds, mais avec l’attention de participer activement et, j’avoue avec l’idée d’être en bonne place sur la liste.

En effet, je dis souvent que je n’ai strictement aucune ambition en politique. C’est en fait relativement faux. Je n’aurais aucun complexe à accepter un poste de Ministre. Par contre, je ne suis pas prêt à faire le nécessaire pour concrétiser cette ambition. Et un des buts de ce récit est bien de montrer ce que tout cela revêt. Donc en septembre 2007 quand mon Secrétaire de Section nous envoie l’appel à candidature pour être tête de liste, j’hésite à postuler. Personne ne me connaît, mais ça pourrait être l’occasion justement. Mais finalement, ma timidité et ma prudence me font dire que ça serait peut-être malvenu.

Cependant, j’obtiendrai au final la troisième place sur la liste, éligible donc, sans même à avoir à demander. 28 ans, ingénieur, j’ai quand même un bon profil. De plus, cette campagne me fait vite réaliser que dans le militantisme politique est un puits sans fond et qu’on vous trouvera toujours des choses à faire. A peine ai-je levé le doigt pour dire que je savais me servir d’un ordinateur que me voilà désigné responsable de la création du site Internet. Bref, je suis présent, volontaire et un minimum efficace, ce qui me vaudra vite une place prépondérante sur la liste. On est à Viroflay, ville très à droite, nous n’avons aucune chance de gagner, ce qui limite le nombre de volontaires.

Rappelons-nous, que je suis dans ma période Bisounours. Je trouve ça absolument formidable. Pourtant notre campagne ne casse pas des briques, mais nous la menons avec enthousiasme. Pour la lancer, nous menons une grande enquête auprès des Viroflaysiens pour connaître leurs attentes. Résultat… un peu moins de 25 réponses… donc un bon nombre de militants PS et même de membres de la liste. Cela ne m’empêche pas d’en faire une restitution qui laisserait penser que nous avons eu des centaine de réponses. Quant à nos supports de campagne, ils arborent notre nouveau logo que j’ai crée… en Wordart ! Même en 2007, ça sentait quand même fort le manque de moyen et la ringardise.

Mais qu’importe au fond, car au final on fera exactement le même score que d’habitude. Un peu moins de 25% qui nous vaut de conserver nos 4 élus. La majorité sortant est réelue au premier tour, mais de peu, ce qui nous fait dire que l’on n’est pas passé si loin de notre objectif principal. Bref, on n’est ni vraiment satisfait, ni vraiment déçu. En fait, cette campagne reste pour moi un excellent souvenir, celle de mon intégration dans ce qui sera mon équipe pendant près de 10 ans. Mais il faut bien admettre qu’elle fut plus enrichissante humainement que politiquement.

En fait, les leçons à tirer proviennent de la troisième liste. Une liste entre centre droit et écologie de bas étage et qui fait de son opposition au projet de tramway qui doit venir desservir Viroflay en souterrain le fer de lance de sa campagne. Lors d’une réunion au cours de la campagne (genre conjuration secrète des oppositions), leur leader historique lâchera « Vous verrez, Lebrun (le Maire sortant) va perdre les élections à cause du tramway ». C’est vrai qu’une association très active s’est montée contre ce projet. Cela leur vaut beaucoup plus de monde à leur réunion publique de campagne. Si on ajoute à ça quelques innovations en termes de support de campagne (distribution d’un CD-Rom dans toutes les boîtes aux lettres), j’avoue que nous avons nous-même un peu paniqué à l’idée qu’ils pourraient nous passer devant.

Résultat, ils auront certes gagné deux points par rapport à d’habitude, que l’on retrouve uniquement sur les trois bureaux de vote situés au-dessus du futur tunnel, mais restent très loin de leur espérance profonde et sincère de victoire. Ils auront été victime d’un phénomène particulièrement important en politique : l’effet loupe, qui vaudra bien un chapitre à lui tout seul. Un effet loupe, qui se heurte toujours au phénomène le plus important, celui qui m’aura le plus marqué pendant ce dix ans de militantisme : le « au fond, tout le monde s’en fout »…

MOI, MOCHE ET MECHANT 3 : Pas si Minions…

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moimocheetmechant3afficheAprès les franchises qui en sont tout de même au 5ème épisode, en voilà une beaucoup plus modeste, Moi. Moche et Méchant puisqu’elle n’en est qu’à son troisième volet… Bon certes, si on compte aussi le spin-off sur les Minions, cela fait déjà quatre longs métrages consacrés à cet univers et cela commence à faire beaucoup. Le troisième est toujours assez délicat. La saga est alors trop récente pour être totalement réinventée, mais trop récente aussi pour se dire qu’il faut en revenir à ce qui a fait le succès du premier. D’un autre côté, le filon des bonnes idées originales s’épuise quelque peu. Donc le troisième épisode est souvent décevant… et c’est encore une fois le cas.

Moi, Moche et Méchant 3 souffre d’un mauvais équilibre entre les aventures de Gru proprement dites et les mésaventures des Minions. En effet, c’est toujours ce mélange d’aventures comiques et de pur cartoon qui a fait la réussite des deux premiers épisodes. Comme pour Scrat dans L’Age de Glace, le surplus de comique premier degré terriblement efficace et attachant des Minions représente la cerise qui donne une vraie saveur supplémentaire au gâteau. Mais ici, ils sont beaucoup plus en retrait que d’habitude et du coup on est privé de notre dose habituel de fous rires irrésistibles.

moimocheetmechant3Reste donc principalement les aventures de Gru, de son frère jumeau qui fait son apparition et de Lucile. Et ici, rien de très enthousiasmant. Quelques idées de départ sont pourtant plus sympathiques comme ce méchants fans des années 80 qui multiplie des clins d’œil que les grands nostalgiques de ma génération seront heureux de saisir au vol. Mais au-delà de ça, Moi, Moche et Méchant 3 manque de quelques moments de bravoure vraiment marquants. Les bandes-annonces nous ont déjà livré les rares éclairs de génie du film, il ne reste donc plus grand chose à se mettre sous la dent le jour J. Bref, un épisode qui sonne comme un coup de mou pour la franchise. Mais on n’est jamais à l’abri d’un redémarrage en fanfare.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Production : Illumination Entertainment, Universal Pictures
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : Kyle Balda, Pierre Coffin, Eric Guillon
Scénario : Cinco Paul, Ken Daurio
Montage : Claire Dodgson
Décors : Edwin Rhemrev
Musique : Heitor Pereira, Pharrell Williams
Effets spéciaux : Simon Popot
Durée : 90 min

Casting :
Steve Carell : Gru, Dru
Kristen Wiig : Lucy
Trey Parker : Balthazar Bratt
Pierre Coffin : les Minions
Steve Coogan : Fritz, Silas Ramsbottom
Julie Andrews : la mère de Gru et de Dru

LES HOMMES DU FEU : Un peu pompier

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leshommesdufeuaffichePoliciers, soldats et miliaires peuplent les écrans de cinéma du monde entier de manière récurrente. Par contre, les pompiers ne font que des apparitions fugaces et rares sont les longs métrages qui leur sont intégralement consacrés. Les Hommes du Feu tente de réparer cet oubli fâcheux. Un film hommage, on peut même dire hagiographique. Cette profession le valait bien. Mais valait peut-être mieux que ce cri d’amour un peu naïf.

Les Hommes du Feu ressemble fortement à une compilation de toutes les situations où les pompiers interviennent. On n’échappe à rien. Le feu bien sûr, mais aussi les moments où ils remplacent le SAMU ou la police. Même le caillassage par les jeunes de banlieue prend sa place dans le scénario. Tout cela a quelque chose d’un peu artificiel, s’apparente presque à un clip promotionnel. A chaque fois, la caméra de Pierre Jollivet est toujours admirative, voire carrément énamouré. Une admiration partagée par le spectateur, mais qui prend vie sans aucune subtilité.

leshommesdufeuLe vrai soucis est que tout cela vient en support d’une histoire décevante qui démarre porutant plutôt bien. Cela tourne parfois au cliché (mention spéciale au pompier macho), mais cela donne un peu de corps au scénario. Malheureusement, tout se termine dans une mièvrerie absolue (nouvelle mention spéciale au pompier macho) où tout le monde est finalement quelqu’un de formidable. Au final, malgré toute l’affection que l’on porte aux personnages de Les Hommes du Feu, on est légèrement écœuré par tant de bons sentiments.

LA NOTE : 10/20

Fiche technique :
Production : 2.4.7. films, Studiocanal, France 3 Cinéma
Distribution : Studiocanal
Réalisation : Pierre Jolivet
Scénario : Pierre Jolivet, Marcia Romano
Photo : Jérôme Alméras
Décors : Emile Ghigo
Durée : 90 min

Casting :
Roschdy Zem : Philippe
Emilie Dequenne : Bénédicte
Michaël Abiteboul : Xavier
Guillaume Labbé : Martial
Grégoire Isvarine : Thomas
Guillaume Douat : Jules
Brian Messina : Sébastien
Antoine Raffali : Henri

THE LAST GIRL : CELLE QUI A TOUS LES DONS : Ambitions contrariées

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thelastgirlafficheSi le concept du zombie trouve ses racines dans la culture populaire haïtienne, il n’est entré dans l’imaginaire collectif mondial qu’assez récemment, beaucoup plus en tout cas que le fantôme ou le vampire. Il connaît même un regain d’intérêt ces dernières années dans la foulée de la série The Walking Dead. A chaque fois, on se dit qu’il n’est plus possible de renouveler le genre et que l’on va forcément sombrer dans le déjà vu. Il n’en est rien, car l’imagination humaine est sans limite. La preuve avec The Last Girl : Celle qui a Tous les Dons. Un film doté d’une certaine ambition scénaristique même s’il ne concrétise malheureusement pas tout son potentiel.

The Last Girl : Celle qui Tous les Dons fait partie de ces films qui exige du spectateur de voir un peu au-delà du premier degré de lecture. Si on s’arrête à l’enchaînement des péripéties, il est vrai que le film peut paraître assez basique. Il introduit quelques concepts originaux, mais les exploite finalement avec un certaine timidité. Il faut être assez attentif et vraiment entrer dans le film pour en saisir toute la subtilité. Du coup, le scénario échoue notamment à donner toute sa force à un dénouement qui aurait pu vraiment être réellement mémorable.

thelastgirlLes références nombreuses aux mythes grecs constituent un bon exemple. Ils sont cités, on peut voir facilement le parallèle si on les connaît assez bien par ailleurs, mais certains spectateurs auront plus de mal à saisir le sens supplémentaire que les scénaristes ont cherché à donner à l’histoire à travers ses parallèles. The Last Girl : Celles qui a Tous les Dons aurait vraiment pu revêtir une dimension supplémentaire avec une surcroît d’ambition et un propos plus explicite. Le résultat n’en demeure pas moins réussi, assez intéressant, mais pas aussi passionnant qu’il aurait pu, qu’il aurait du. Dommage.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Poison chef, BFI, Altitude film, Creative England
Distribution : La Belle Company
Réalisation : Colm McCarthy
Scénario : M. R. Carey, d’après son roman Celle qui a tous les dons (The Girl with All the Gifts)
Montage : Matthew Cannings
Photo : Simon Dennis
Décors : Kristian Milsted
Musique : Cristobal Tapia de Veer
Durée : 111 min

Casting :
Dominique Tipper : Devani
Anamaria Marinca : Dr. Selkirk
Paddy Considine : Eddie Parks
Glenn Close : Dr. Caroline Caldwell
Gemma Arterton : Helen Justineau
Sennia Nanua : Melanie

LE CAIRE CONFIDENTIEL : Crime, corruption et talent sans frontière

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lecaireconfidentielafficheAu village aussi l’on a de beaux assassinats chantait Brassens. Au Caire aussi visiblement. Autant qu’à Los Angeles en tout cas. La preuve avec Le Caire Confidentiel dont le titre rappelle de manière non innocente un autre film (et un accessoirement un excellent roman). Un polar doublé d’une plongée dans la société égyptienne à quelques heures de la chute de Moubarak. Une plongée vertigineuse au cœur d’un système pourri jusqu’à la moelle par la corruption.

Le Caire Confidentiel reste avant tout un polar solide et extrêmement classique sur le fond. Il partagé bien des éléments scénaristiques avec son homologue de Los Angeles. Le meurtre au pays des notables est un sujet relativement universel. Bien sûr l’état de corruption avancée dans lequel il se déroule amplifie tout, mais les ressorts restent les mêmes. Les amateurs purs et durs du genre trouveront donc leur bonheur, même en ayant rien à faire de l’intérêt sociologiquo-historique indéniable de ce film.

lecaireconfidentielLe Caire Confidentiel bénéficié de plus d’une réalisation et de moyens n’ayant rien à envier à la majorité des productions occidentales. Photographie, costumes et décors rendent le film particulièrement convaincant et passionnant, au-delà du simple intérêt présenté par l’histoire. Et que dire de l’interprétation qui démontre une nouvelle fois que le talent de comédien ne connaît vraiment pas de frontière. En tout cas, le film est une grande réussite à tout point de vue et on ne peut que regretter qu’il ne connaisse pas le même succès que s’il avait été américain avec deux ou trois stars hollywodiennes à l’affiche.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Atmo production, Final Cut for Real, Kasbah-Film Tanger, Ostlich Filmproduktion
Distribution : Memento Films
Réalisation : Tarik Saleh
Scénario : Tarik Saleh
Montage : Theis Schmidt
Photo : Pierre Aïm
Décors : Roger Rosenberg
Durée : 106 min

Casting :
Fares Fares : Noureddine
Mari Malek : Salwa
Yasser Ali Maher : Kamal Mostafa, le général
Slimane Dazi : l’homme aux yeux verts
Ahmed Selim : Hatem Shafiq
Mohamed Yousry : Momo
Hania Amar : Gina
Ger Duany : Clinton

VISAGES, VILLAGES : Sous les pavés

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visagesvillagesafficheLes gens… ce peuple merveilleux et formidable paraît-il. Il est de bon ton d’aimer les gens, les vrais, pas ceux qu’on voit à la télé. Les authentiques, les préservés des modes et des tendances, les bruts de décoffrage, qui sentent parfois l’alcool et la sueur, mais ce n’est pas grave, parce qu’ils sont beaux à l’intérieur. Si toi aussi, tu aimes les gens, il te faut absolument aller voir Visages, Villages. Un beau moment d’humanité cinématographique. Un bon moment d’égocentrisme aussi.

Visages, Villages est un documentaire à sketchs. Une juxtaposition de moments partagés entre deux artistes, leurs modèles et leur œuvre plus ou moins éphémère. Tout est fait pour mettre en valeur les modèles, qui sont, vous l’aurez compris, des vrais gens dans de vrais villages. Si on mesure la qualité d’un artiste à sa capacité à tirer la beauté du commun, alors on peut effectivement considérer que JR et Agnès Varda sont deux grands artistes. Bon à la fois, personne n’en doutait. Qui dit films à sketch, dit le meilleur… c’est à dire de jolis passages, touchants, où l’attachement aux lieux et surtout aux gens donc est immédiat.

visagesvillagesMais dit aussi le pire donc. Le pire dans une certaine vision bobo à mort, idéalisant à mort ce qui ne devrait pas l’être. Un léger côté, « c’est formidable d’être pauvre, surtout ne changez pas » relativement déplacé. Entre affection et mépris, il n’y a parfois pas loin. Et que dire de la dernière partie qui ravira peut-être les fans de Jean-Luc Godard, mais qui n’a plus rien à voir avec le sujet du film et qui est aussi passionnant dans le fond que si je faisais un film sur mes courses du samedi matin, en pensant que le monde va trouver ça formidable. Au final, le meilleur domine quand même largement le pire, mais Visages, Villages prouve encore une fois que parfois l’enfer peut être pavé de bonnes intentions.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : Ciné-Tamaris, Social Animals, Le Pacte, Rouge international, Cohen Media Group, Arte, Arches films
Réalisation : Agnès Varda, JR
Scénario : Agnès Varda, JR
Montage : Agnès Varda, Maxime Pozzi Garcia
Photo : Claire Duguet, Nicolas Guicheteau, Valentin Vignet, Romain Le Bonniec, Raphael Minnesota, Roberto De Angelis, Julia Fabry
Distribution : Le Pacte
Son : David Chaulier, Alan Savary, Pierre-Henry Thiebaut, Morgane Lanniel
Musique : Matthieu Chedid dit M
Directeur artistique : Guillaume Cagniard
Durée : 89 min

TOUT CA POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PS : EPISODE 1 : Je suis un Bisounours

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episode1Lundi 7 mai 2007. La veille au soir, Nicolas Sarkozy est élu Président de la République, ce que je vis comme une sorte de catastrophe. Du coup, je prends ma carte au Parti Socialiste, concrétisant une intention déjà ancienne. En quelques clics, j’adhère et je me prépare au combat. Je suis motivé, remonté, enclin à en découdre avec la droite. Et là… et là… il ne se passe rien…

Une semaine, deux semaines passent et je n’ai des nouvelles de personne. Je m’impatiente, alors que la campagne des législatives débute. Du coup, j’écris directement à la candidate socialiste de ma circonscription pour lui signifier que je suis prêt à aider. Sur le moment, j’ai un peu l’impression d’écrire au Pape. Une candidate aux législatives est forcément quelqu’un d’important. Mais là surprise, elle me répond… et m’invite à venir à la réunion publique qui aura lieu quelques jours plus tard à Viroflay.

Entre temps, un samedi matin en traversant le marché, je croise mon premier « camarade ». Il s’appelle François Lemaire. 80 ans. Une tête de plus que moi, mais un sourire et une énergie incroyablement communicatifs. Tout en tractant, il fait la bise à la moitié des femmes qui passent sur le marché. Plus tard, il me racontera devant mes yeux fascinés son adhésion à 15 ans, entraîné par ses collègues ouvriers en 1936. Je ne l’aurais croisé que peu de temps car il quittera Viroflay peu de temps après mon adhésion. Il restera le premier visage que j’aurais croisé lors de ma vie politique, mais il restera à jamais une des figures les plus marquantes et les plus inoubliables.

Le soir de la réunion arrive. Avant qu’elle ne débute, je me signale aux responsables de la Section PS de la ville. Premier contact avec des personnes qui deviendront des amis et des compagnons de lutte pour les dix prochaines années. A la fin, je surmonte ma timidité pour aller parler à la candidate. Le contact est loin de ce que je pouvais fantasmer… Je parle juste à un être humain, qui me renvoie une certaine indifférence. A la fois, je n’ai aucune idée de ce que je pourrais vraiment lui proposer. Donc je range mon enthousiasme et mon énergie et réalise que je suis face à un univers dont je dois encore apprendre le fonctionnement.

Quelques jours plus tard je me rends à ma première réunion de Section. Je trouve ça formidable. Nous sommes nombreux, dans une salle trop petite. Les discussions sont vives sur la défaite de Ségolène Royal. Certaines choses m’étonnent, mais je mesurerai leur importance que bien plus tard (j’y reviendrai donc). Ce qui domine, c’est la curiosité, la sensation rare d’avoir mis les pieds dans un nouveau monde. Je regarde chacun des participants avec une certaine admiration. Ce sont des militants politiques, moi je suis un bleu. J’ose cependant donner mon avis. Tout le monde s’écoute, se respecte et il règne une ambiance amicale. Ce n’est que bien plus tard que je découvrirai que la Section de Viroflay n’est absolument pas représentative de ce que sont les Sections du Parti Socialiste.

A l’issu de cette réunion, je me suis proposé pour un tractage au marché le samedi suivant. Mon premier acte de militantisme. Je passe la semaine avec une petite appréhension. Saurais-je faire ? Vais-je y arriver ? Le moment fatidique arrive… et me rassure très vite. Tracter est avant tout se heurter à une grande indifférence. Les passants vous ignorent ou font preuve d’une politesse qui n’est absolument pas significatif d’un intérêt éventuel qu’il vous porterait. Bref, une heure et demi qui abat de nouveaux fantasmes. Tracter est avant tout l’occasion de passer un moment entre militants, de maintenir l’enthousiasme collectif. L’impact sur la population reste par contre à discuter. Mais j’y reviendrai aussi.

Le résultat sera plutôt satisfaisant. Notre candidate est au deuxième tour et obtient un score autour de 40%, ce qui est plutôt bon dans cette terre très à droite. Mon enthousiasme sera entretenu à la rentrée par la campagne des municipales qui commence et qui sera l’objet du deuxième épisode. Bref, mes débuts de militants me permettent de garder toute ma motivation.

Un an plus tard, je me rends à l’Université de rentrée organisée par la Fédération PS des Yvelines. Une journée de conférences et de débats, particulièrement intéressants, entre camarades. Elle me permet notamment d’interpeller une ancienne ministre qui parle de l’espace agricole comme de l’espace disponible ! L’ingénieur agronome que je suis ne pouvait évidemment que réagir. Je prends des notes, j’apprends plein de choses, je trouve ça particulièrement stimulant intellectuellement. Tout semble à première vue bon enfant. Je ne connais pas encore trop mes camarades yvelinois, alors je ne vois que des camarades sans autre distinguo.

A un moment de la journée, je m’incruste dans une conversation. Je ne connais personne, personne me connaît. Au milieu, une femme parle de la Fédération. Cette Fédération qui pour moi a organisé parfaitement cette journée que je trouve formidable. Son propos est étonnamment agressif, presque haineux. Elle parle des dysfonctionnements de la Fédération, comme s’ils étaient évidents, comme si tout le monde partageait forcément son point de vue. J’écoute, je ne dis rien et je découvre de manière assez brutale un aspect moins enthousiasmant de la vie militante.

Quelques mois plus tard aura lieu le Congrès de Reims. Le Bisounours est sur le point de mourir.

IT COMES AT NIGHT : Suprise party

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itcomesatnightafficheQu’il est agréable de voir un film avec une salle qui vibre, où l’enthousiasme et l’énergie sont partagés par tous les spectateurs. Malheureusement, il existe quelque fois l’effet inverse. Une salle amorphe et quand les lumières se rallument vous entendez la foule des commentaires déçus, exprimant à voix haute le regret d’être venu. C’est exactement ce qui s’est passé lorsque j’ai vu It Comes at Night. La faute à un scénario qui n’est pas celui auquel devait s’attendre l’immense majorité des spectateurs. Je fus également surpris, même si ma réaction est au final pas si négative… sans être enthousiaste non plus.

It Comes at Night n’est absolument pas un film d’horreur. Et le rapport avec la nuit est même quasiment inexistant. Bref, il y a un peu tromperie sur la marchandise. Il est vrai cependant qu’il se base sur des éléments classiques du genre, mais pour finalement livrer un huis-clos (et pour le coup, c’est vraiment le cas de le dire), sans scène particulièrement spectaculaire. L’inquiétude d’une menace extérieure est bien là, mais le film nous parle de l’impact que cela a sur les relations entre les personnages et non vraiment de la manière de la combattre.

itcomesatnightDu coup, on peut facilement ressentir une certaine frustration, voire une frustration certaine, en passant tout le film à attendre quelque chose qui ne viendra jamais et qui est même au final hors de propos. Si on ne surmonte pas cela, il est difficile d’apprécier les qualités d’un film tout de même bien construit et qui bénéficie d’une très bonne interprétation, ce qui démarque It Comes at Night du film d’horreur classique. Le scénario n’est au final n’est pas le plus extraordinaire jamais écrit, mais au moins surprend-il par une certaine originalité. Après, il faut savoir apprécier les surprises, ce qui n’est pas toujours donné à tout le monde.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Réalisation : Trey Edward Shults
Scénario : Trey Edward Shults
Direction artistique : Naomi Munroe
Décors : Sally Levi
Costumes : Meghan Kasperlik
Photographie : Drew Daniels
Montage : Matthew Hannam et Trey Edward Shults
Musique : Brian McOmber
Son : Kris Fenske
Casting : Avy Kaufman
Production : David Kaplan et Andrea Roa
Durée : 97 minutes

Casting :
Joel Edgerton : Paul
Christopher Abbott : Will
Carmen Ejogo : Sarah
Kelvin Harrison Jr. : Travis
Riley Keough : Kim
Griffin Robert Faulkner : Andrew
David Pendleton : Bud

MEURTRIERS SANS VISAGE (Henning Mankell) : Sous le vernis des meubles Ikea

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meurtrierssansvisageLa Suède, l’autre pays du polar. Si on ajoute à cela Ikea et les Krisprolls, on se dit que c’est décidément un pays merveilleux. Et ceux qui, comme moi, ont eu la chance d’y aller vous le confirmeront. Pourtant, tout n’y est pas rose. Parce que les bons sujets de polar sont plutôt rares au pays des Bisounours et des licornes. Meurtriers sans Visage d’Henning Mankell le prouve, avec un fond social assez fort, particulièrement d’actualité… alors que le roman date de 1991. Comme quoi l’histoire bégaye parfois.

Meurtriers sans Visage est heureusement bien meilleur que son titre assez médiocre. Il s’agit d’un polar d’une facture et d’une intrigue extrêmement classiques. C’est mené avec une certaine dextérité, manipulant les fausses pistes, les petits pas vers la vérité, avec le rebondissement final qui conduiront les enquêteurs définitivement vers elle. C’est écrit dans un style plutôt léger et vivant, ce qui permet au lecteur d’avancer avec plaisir et célérité dans le récit. Ce n’est pas le roman du siècle, mais il sort quand même légèrement du lot.

Meurtriers sans Visage a notamment pour toile de fond les problématiques liées à l’immigration. Il montre notamment que la situation suédoise n’était déjà pas à idéaliser au début des années 90 et que le Viking n’est pas toujours tolérant et accueillant. Sans non plus rendre le roman incroyablement passionnant, cette dimension gratte un peu le vernis d’idéalisation qui recouvre parfois ce pays… qui rencontre exactement les mêmes problèmes que les autres, étant bêtement habités par les êtres humains. Et parmi eux Henning Mankell qui nous livre là un très bon polar.

TRANSFORMERS 5 : THE LAST KNIGHT : Action longue durée

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thelastknightafficheJ’aurais pu pour introduire cette critique de Transformers 5 : The Last Knight reproduire intégralement le premier paragraphe de ma critique du dernier Pirates des Caraïbes. Mais j’ai trouvé que cela ferait quelque peu injure à ce dernier vu la différence de qualité entre les deux franchises. Je dirais donc simplement que parfois le manque d’inspiration a du bon. Il permet d’offrir un film d’action ultra basique mais qui apporte tout ce que recherche le spectateur.

Je n’évoquerai donc pas le scénario qui n’a guère d’intérêt si ce n’est donner un vague sens à l’enchaînement des scènes d’action. Mais comme tous les spectateurs ayant déboursé le prix du billet sont venus pour ça et rien que pour ça, ils en ont pour leur argent. Elles sont nombreuses et souvent très spectaculaires. Certes, cela ressemble beaucoup à celles qui ont peuplé les épisodes précédents. Transformers 5 : The Last Knight n’apporte donc rien de nouveau, mais se concentre sur l’essentiel. C’est très bourrin, mais atteint son but.

thelastknightTransformers 5 : The Last Knight souffre quand même encore une fois d’une longueur excessive, ce qui caractérise à peu près tous les épisodes de la saga. Il y a assez d’action pour ne pas s’ennuyer, mais il faut avouer qu’on se lasse quelque peu de cet enchaînement de bruit et de fureur. Et puis la saga souffre quand même du départ du duo Shia LaBeouf-Megan Fox. Pas que pour la plastique de cette dernière, mais aussi pour la sympathie et l’attachement que l’on pouvait ressentir pour les personnages. Parce que, franchement, celui incarné par Mark Whalberg laisse totalement froid et il pourrait mourir écraser sous un Autobot, que l’on ne verserait pas de larme. Enfin ça sera peut-être pour le sixième épisode puisque la fin laisse entrevoir une suite.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Réalisation : Michael Bay
Scénario : Art Marcum, Matt Holloway et Ken Nolan, d’après une histoire d’Akiva Goldsman
Direction artistique : Jason Knox-Johnston
Décors : Jeffrey Beecroft
Costumes : Lisa Lovaas
Photographie : Jonathan Sela
Montage: Mark Sanger, Roger Barton, Adam Gerstel et John Refoua
Musique : Steve Jablonsky
Production : Tom DeSanto, Akiva Goldsman, Lorenzo di Bonaventura, Ian Bryce et Don Murphy
Durée : 150 minutes

Casting :
Mark Wahlberg : Cade Yeager
Josh Duhamel : le Colonel William Lennox
Anthony Hopkins : Sir Edmund Burton
Stanley Tucci : Merlin
Laura Haddock : Vivian Wembley
Isabela Moner : Izabella
John Turturro : Seymour Simmons
Santiago Cabrera : Agent Santos
Jerrod Carmichael : Jimmy
Liam Garrigan : le Roi Arthur
Rob Witcomb : Perceval
Daniel Adegboyega : Saebert
Mitch Pileggi : Rick McFicky
Gil Birmingham : Sherman
Glenn Morshower : Général Morshower
Nicola Peltz : Tessa Yeager (caméo vocal)

Voix :
Peter Cullen : Optimus Prime (voix)
Erik Aadahl : Bumblebee (voix)
John Goodman : Hound (voix)
John DiMaggio : Crosshairs (voix) & Nitro Zeus (voix)
Ken Watanabe : Drift (voix)
Omar Sy : Hot Rod (voix)
Jim Carter : Cogman (voix)
Steve Buscemi : Daytrader (voix)
Reno Wilson : Sqweeks (voix) & Mohawk (voix)
Tom Kenny : Wheelie (voix)
Steven Barr : Topspin (voix)
Mark Ryan : Bulldog (voix)
Frank Welker : Mégatron (voix)
Jess Harnell : Barricade (voix)
Gemma Chan : Quintessa (voix)