LA CONFESSION : Platitude au confessional

laconfessionaffiche

laconfessionafficheFilm vu avant tout pour un membre du casting que j’apprécie particulièrement, troisième ! Si je suis allé voir la Confession, c’est avant tout pour la présence de Romain Duris à l’écran. Il faut dire que je ne savais pas grand chose d’autre au moment de rentrer dans la salle. Même pas qu’il s’agissait de l’adaptation du roman et remake du film de Melville du même nom, Léon Morin Prêtre… dont je ne savais pas grand chose non plus de toute façon. Malheureusement, encore une fois, un seul homme (ou femme) est trop peu pour faire un excellent film.

Si je connais de nom du livre et du film originaux, sans les avoir lu ou vu, c’est sans doute parce qu’ils sont d’une qualité qui justifie une certaine pérennité. Mais après voir vu la Confession, je m’interroge. En effet, cette histoire n’a vraiment éveillé en moi qu’un intérêt limité. Que ça se soit d’un point de vue historique ou d’un point de vue psychologique, le propos n’est ni vraiment profond, ni surprenant, ni passionnant. Et pire que ça, le récit nous mène vers un dénouement d’une platitude absolue qui prive l’ensemble d’un sens global.

laconfessionLa Confession constitue tout de même l’occasion de revoir enfin dans un rôle vraiment consistant Marine Vacth, révélée il y a deux ans par Jeune et Jolie. Elle confirme sa grande valeur de comédienne et on peut vraiment s’étonner de ne pas la voir tourner beaucoup souvent. Romain Duris se repose beaucoup sur son charisme, sans en faire beaucoup plus. Cela lui suffit pour être crédible, mais c’est trop peu pour tirer le film vers le haut. Il en aurait pourtant eu bien besoin.

LA NOTE : 09/20

Fiche technique :
Réalisation : Nicolas Boukhrief
Scénario : Nicolas Boukhrief, d’après le roman de Béatrix Beck
Musique : Nicolas Errèra
Montage : Lydia Decobert-Boukhrief
Photographie : Manuel Dacosse
Décors : Julia Irribarria
Costumes : Patricia Saive
Producteur : Clément Miserez, Matthieu Warter, Nicolas Jourdier et Geneviève Lemal
Durée : 116 minutes

Casting :
Romain Duris : père Léon Morin
Marine Vacth : Barny
Anne Le Ny : Christine Sangredin
Solène Rigot : Marion Lamiral
Amandine Dewasmes : Daniele Fouchet
Lucie Debay : Sabine
Charlie Lefebvre : France
Lucas Tavernier : capitaine Lommel
Marie-Jeanne Maldague : Barny vieille

KONG : SKULL ISLAND : De la confiture aux grands singes

kongskullislandaffiche

kongskullislandafficheDracula, Frankenstein, Sherlok Holmes, Le Gendarme de St Tropez, autant de mythes du cinéma qui reviennent encore et encore sur nos écrans pour de nouvelles versions (ok pour le dernier ce n’est techniquement pas vrai, mais ne doutons pas que ça finira par venir). King-Kong fait également partie de ceux là. Des producteurs en mal d’inspiration ont donc décidé de s’en emparer pour nous proposer Kong : Skull Island. En mal d’inspiration, car si un remake peut se justifier quand on offre une vision originale d’un mythe déjà connu, il est clair ici que les scénaristes n’avaient strictement rien à dire.

Kong : Skull Island constitue un vrai gâchis. En effet, il est tout de même doté d’une grande qualité indéniable. Le personnage de King-Kong est ici sublime. Les progrès de l’image de synthèse nous offre un Kong majestueux, expressif, dont il se dégage vraiment quelque chose. Le film est une vraie réussite esthétique. Les scènes d’action, toutes les créatures, les décors, tout aurait pu forcer l’admiration s’ils avaient bénéficié d’un minimum de talent artistique dans la réalisation. Celle de Jordan Vogt-Roberts se contente d’une certaine efficacité sans âme.

kongskullislandLe vrai défaut de Kong : Skull Island réside dans son scénario indigent. Si le mythe de King-Kong a traversé un siècle, c’est notamment par la relation de la belle et la bête et, avouons-le, sa charge érotique. Or cet aspect est totalement absente de ce film qui ne nous offre guère plus que des combats entre des grosses bébêtes. C’est assez pour ne pas s’ennuyer, mais pas assez pour éviter que ce film soit aussi vite oublié qu’il est vu. Autant de moyens techniques et un joli casting pour servir une histoire si pauvre, c’est de la confiture donnée aux grands singes.

LA NOTE : 10,5/20

Fiche technique :
Production : Legendary Entertainment, Warner Bros
Distribution : Warner Bros. Pictures France
Réalisation : Jordan Vogt-Roberts
Scénario : Dan Gilroy, Max Borenstein, Derek Connolly, d’après une histoire de John Gatins
Montage : Richard Pearson
Photo : Larry Fong
Décors : Stefan Dechant
Musique : Henry Jackman
Costumes : Mary E. Vogt
Durée : 118 min

Casting :
Tom Hiddleston : James Conrad
Samuel L. Jackson : Preston Packard
Brie Larson : Mason Weaver
John C. Reilly : Hank Marlow
John Goodman : Bill Randa
Corey Hawkins : Houston Brooks
John Ortiz : Victor Nieves
Tian Jing : San
Toby Kebbell : Kong

CITOYEN D’HONNEUR : L’Argentine à l’honneur

citoyendhonneuraffiche

citoyendhonneurafficheLe cinéma argentin fait désormais partie des cinémas qui ont le droit de cité sur les écrans français, grâce au succès de Dans tes Yeux il y a quelques années. Et vu la qualité de ces productions, les cinéphiles hexagonaux ne peuvent que s’en réjouir. Un nouvelle preuve avec Citoyen d’Honneur. Un film que j’ai été voir sans en savoir grand chose et qui a mis du temps à me convaincre. Mais une fois que toutes les pièces de puzzle sont bien en place, on découvre alors un spectacle étonnant.

Le cinéma argentin se caractérise souvent par des histoires inattendues. C’était déjà le cas avec El Chino, Citoyen d’Honneur se situe dans cette droite lignée. On se demande longtemps quel intérêt va pouvoir présenter ce récit de retour d’un prix Nobel de littérature dans son village natal. Mais peu à peu les événements se précipitent et rien ne se passe plus comme tout aurait du se passer. Cela donne un film drôle et corrosif sur la nature humaine, peut-être un peu vache avec l’Argentine profonde, mais terriblement savoureux vu d’ici.

citoyendhonneurCitoyen d’Honneur offre une galerie de personnages croquignolesques des plus réussie. Elle prend vie à travers autant de performances remarquables de la part d’un grand nombre de comédiens. Le cinéma argentin confirme qu’il possède un réservoir inépuisable en la matière. Certes, c’est un compliment que j’adresse à beaucoup de pays, mais ici il n’est clairement pas usurpé. Au premier rang d’entre eux, Oscar Martinez, que l’on avait découvert dans les Nouveaux Monstres. Il tient ici un rôle comme beaucoup d’acteurs aimeraient en compter dans leur carrière. Il le tient avec brio et tire le film vers le haut, pour le hisser à une hauteur remarquable.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : Arco libre, Television Abierta, Magma Cine, A contracorriente films, INCAA, TVE, ICAA, Ibermedia, Aleph Media
Distribution : Memento films
Réalisation : Gastón Duprat, Mariano Cohn
Scénario : Andrés Duprat
Montage : Javier Braier
Photo : Mariano Cohn
Musique : Toni M. Mir
Directeur artistique : Maria Eugenia Sueiro
Durée : 118 min

Casting :
Oscar Martinez : Daniel
Dady Brieva : Antonio
Andrea Frigerio : Irene
Nora Navas : Nuria
Manuel Vicente : L intendant
Gustavo Garzon : Gerardo Palacios

DE L’AUTRE COTE DE L’ESPOIR : Aki, un ami qui nous fait du bien

delautrecotedelespoiraffiche

delautrecotedelespoiraffichePeu de réalisateurs parviennent à développer un style assez personnel pour être reconnaissable du premier coup d’œil. Aki Kaurismäki fait partie de ceux-là. Un style où se mêle humanisme, poésie avec toujours un léger sens de l’absurde qui crée un décalage savoureux. On avait pu le voir notamment dans l’Homme Sans Passé et Le Havre. On le retrouve tel qu’en lui même avec De l’Autre Côté de l’Espoir. Un film qui traite une nouvelle fois de la question des réfugiés (comme le Havre) et qui constitue un bel hommage à la générosité simple et spontanée.

Ceux qui connaissent bien et surtout apprécient Aki Kaurismäki n’auront guère besoin de plus que cette introduction. Il n’ont aucune raison de ne pas aller voir De l’Autre Côté de l’Espoir. Ce qui ne veut pas dire que ceux qui n’ont jamais mis les pieds dans cet univers singulier n’en auront aucune, bien au contraire. Voici l’occasion idéale de découvrir cet univers touchant et drôle, porté par une imagination visuelle où la fantaisie arrive par petites touches à des moments inattendus. Un film de Kaurismäki est un peu comme une boîte de chocolat, à chaque plan, on ne sait jamais d’avance sur quoi on va tomber.

delautrecotedelespoirSi on doit faire un seul reproche à De l’Autre Côté de l’Espoir, c’est peut-être une fin qui laisse penser qu’Aki Kaurismäki ne savait pas trop comment terminer cette histoire. Mais cela reste un défaut mineur, car si le film nous offre un vrai propos doté d’une réelle profondeur, cela passe autant par l’ambiance générale et les personnages que par un fil narratif vraiment élaboré. Avec ce film, on entre dans un univers humain et visuel, autant que dans une histoire. Un univers dans lequel on se sent bien, qui nous tire vers le haut en nous incitant à la réflexion. Et un peu au rêve également.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : Sputnik Oy, Oy Bufo Ab, Pandora film
Distribution : Diaphana
Réalisation : Aki Kaurismäki
Scénario : Aki Kaurismäki
Montage : Samu Heikkilä
Photo : Timo Salminen
Décors : Heikku Häkkinen, Markku Pätilä
Directeur artistique : Aki Kaurismäki
Durée : 98 min

Casting :
Sherwan Haji : Khaled
Sakari Kurosmanen : Wikström
Ilkka Koivula : Calamnius
Janne Hyytiainen : Nyrhinen
Nuppu Koivu : Mirja
Simon Al-Bazoon : Mazdak
Tommi Korpela : Melartin
Kati Outinen : la vendeuse de vêtements
Kaija Pakarinen : la femme de Wikström

PATIENTS : Talent protéiforme

patientsaffiche

patientsafficheLe talent est clairement un des éléments les moins bien partagés sur terre avec les emplois d’assistants parlementaires surpayés. Certains en bénéficient et en abusent même, d’autres doivent se contenter de besogner besogneusement. Il y a un peu plus d’un an, Orelsan nous avait prouvé son talent protéiforme avec l’excellent Comme c’est Loin. C’est au tour de Grand Corps Malade de montrer qu’il est aussi à l’aise sur grand écran que sur scène. Son premier film, Patients, constitue une incontestable réussite, pleine d’intelligence et d’émotion.

Patients est un film autobiographique. Grand Corps Malade raconte sa propre expérience de la rééducation après avoir frôler la paraplégie. Un parcours forcément douloureux, physiquement et psychologiquement, quand on réalise à quel point les séquelles vont forcément modifier le future que l’on s’était imaginé. Tout cela est remarquablement retranscrit dans ce film, avec finesse, humour, mais sans éluder les aspects les plus sombres et la diversité des parcours. Celui de Grand Corps Malade constitue certes en lui même un message d’espoir, mais le film montre bien que tout le monde ne sera pas en mesure de le suivre dans une situation comparable.

patientsCinématographiquement, Patients n’est pas un film parfait. Mais on pardonne volontiers les quelques maladresses dont font preuves les deux co-réalisateurs débutants. Le film connaît quelques longueurs, certains dialogues sont un peu trop écrits, mais rien qui ne vienne diminuer l’impact du propos. Le projet était beau, mais assez casse-gueule, et l’immense majorité des pièges ont été évités. Pour finir, il ne faudrait pas passer la contribution de l’excellent casting qui est à saluer dans son ensemble.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Mandarin films, Kallouche cinéma, Gaumont
Distribution : Gaumont
Réalisation : Grand corps malade, Mehdi Idir
Scénario : Grand corps malade, Fadette Drouard, d’après l’autobiographie de Grand corps malade
Montage : Laure Gardette
Photo : Antoine Monod
Décors : Sylvie Olivé
Musique : Angelo Foley
Costumes : Claire Lacaze
Durée : 110 min

Casting :
Pablo Pauly : Ben
Soufiane Guerrab : Farid
Moussa Mansaly : Toussaint
Nailia Harzoune : Samia
Franck Falise : Steeve
Yannick Renier : François
Jason Divengele : Lamine
Dominique Blanc : Dr Challes

20th CENTURY WOMEN : Des femmes qu’on n’oublie pas

20thcenturywomenaffiche

20thcenturywomenafficheLa vie est injuste. Alors qu’Alibi.com se joue encore sur un nombre important d’écrans, j’ai du repérer la seule séance du jour du MK2 Montparnasse où se jouait 20th Century Women, un samedi soir à 21h, pour avoir la chance de voir ce film. Qu’est ce qui m’a poussé à faire autant d’effort pour ne pas rater ce long métrage, dont je ne savais pas grand chose avant d’entrer dans la salle ? L’instinct du cinéphile, sûrement, le même qui m’avait poussé à des efforts similaires pour aller voir les Oubliés. L’instinct… ou la métacritique d’Allociné…

20th Century Women est un film féministe, ce qui n’étonnera personne à la lecture du titre. Cependant, il s’agit avant tout d’un film humaniste car les personnages masculins n’y ont rien de secondaires. Il s’agit d’un film portrait, centré sur ses personnages, au travers desquels il livre le portrait d’une époque. C’est par eux que naît l’attachement relativement immédiat du spectateur et c’est par eux que tous les sujets seront abordés. Mais il ne s’agit pas d’un film choral, encore moins d’un film à sketchs, car les liens qui tissent entre eux offre au film son unité.

20thcenturywomen20th Century Women brille par un délicieux casting. Le trio formé par Annette Bening, Greta Gerwig et Elle Fanning frôle la perfection. Il est merveilleusement mis en valeur par la caméra subtile et élégante de Mike Mills. Il se dégage de tout ça beaucoup de poésie, de tendresse et d’émotion. De la réflexion, même si le film ne perd jamais une très agréable légèreté. Au final, un très bel hymne à la liberté et surtout au libre arbitre. Tout simplement un très beau film.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Annapurna Pictures, Archer Gray, Modern People
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Mike Mills
Scénario : Mike Mills
Montage : Leslie Jones
Photo : Sean Porter
Décors : Chris Jones
Musique : Roger Neill
Durée : 109 min

Casting :
Annette Bening : Dorothea
Greta Gerwig : Abbie
Billy Crudup : William
Elle Fanning : Julie
Mucas Jade Zumann : Jamie
Curran Walters : Matt
John Billingsley : Le gynéco d Abbie
Gareth Williams : Chef des pompiers
Alison Elliott : la mère de Julie

SOUND & COULOUR (Alabama Shakes), CARRIE & LOWELL (Sufjan Stevens), THIN WALLS (Balthazar) : En sourdine

soundandcolouralabamashakes

soundandcolouralabamashakesOn début cet avis avec Alabama Shakes (groupe originaire de l’Alabama, comme son nom l’indique) et leur album Sound & Colour, leur second, sorti en 2015, et dont je ne connaissais que le principal single. C’est lui d’ailleurs qui ouvre le bal et nous plonge directement dans l’ambiance particulière qui les caractérise. En effet, leur musique possède un petit côté dissonant mais parfaitement maîtrisé. Le résultat est assez envoûtant et fascinant avec un vrai côté psychédélique. Cependant, il manque tout de même un petit rien pour être vraiment plus qu’une musique de fond originale et agréable.

carrrieandlowellsujfanstevensL’album suivant manque d’un peu plus qu’un petit rien. Carrie & Lowell du musicien américain (mais du Michigan cette fois-ci) Sufjan Stevens constitue le 13ème album d’une carrière déjà longue mais dont je ne savais strictement rien. A l’écoute de sa musique, cet état de fait est loin de m’étonner. Il nous propose une musique douce, discrète pour ne pas dire effacée. Bref, c’est assez transparent et souvent monotone. Les instrumentations sont minimalistes et la voix est relativement fade. Tous les titres semblent jouer en sourdine et ne donne donc pas vraiment envie d’y prête l’oreille plus que ça.

thinwallsbalthazarOn revient plus près de chez nous avec Balthazar, groupe belge, et leur 4ème album intitulé Thin Walls. Leur style original est fait du mélange d’une voix toujours très jazzy, avec des instrumentation plus franchement pop ou rock. Ce décalage donne un résultat intéressant, même envoûtant parfois. Par contre, l’album souffre quelque peu de l’absence d’un titre vraiment marquant pour l’être lui aussi.

MONSIEUR & MADAME ADELMAN : Un couple extraordinairement ordinaire

monsieuretmadameadelmanaffiche

monsieuretmadameadelmanafficheJe n’ai jamais apprécié outre mesure Nicolas Bedos. Ce n’est pas qu’il me hérissait particulièrement le poil, il me laissait largement indifférent. Et je n’étais pas loin de penser que son talent s’arrêtait au fait d’être le fils de. Il m’est désormais impossible de tenir un tel discours après avoir vu Monsieur & Madame Adelman. Acteur, réalisateur, scénariste, la réussite de ce film reste avant tout la sienne. Et on réussit rarement sans un minimum de talent.

Monsieur & Madame Adelman n’est certes pas non plus le film du siècle. Il s’agit avant tout d’une histoire d’amour, à la fois terriblement ordinaire et passablement extraordinaire. Ordinaire par les hauts et les bas que connaît ce couple comme tous ceux qui vivent une relation au très long cours. Extraordinaire par les personnalités des deux protagonistes qui n’auraient pas justifié un film si jamais elles avaient été trop banales. D’ailleurs, si Nicolas Bedos est évidemment au cœur de la réussite de ce film, il doit aussi beaucoup à sa compagne à l’écran, Doria Tillier qui tient là son premier rôle au cinéma et qui prouve une nouvelle fois que miss météo sur Canal+ est une école étonnamment efficace pour nous offrir des comédiennes de grand talent.

monsieuretmadameadelmanDoria Tillier a également cosigné le scénario. Or, Monsieur & Madame Adelman bénéficie avant tout d’un script remarquablement écrit. Les dialogues arrivent à être particulièrement percutants, tout en échappant à l’impression d’être trop littéraires. Du coup, on croit à cette histoire, reposant sur deux personnages auxquels on s’attache aussi bien pour leurs forces que leurs faiblesses. La réalisation est sobre, mais parfaitement maîtrisée. Tout ceci nous emmène vers un dénouement qui s’impose de lui-même tout en réservant quand même une dose de surprise.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Les films du Kiosque, France 2 cinéma, Orange studio, UMedia, Le Pacte, Chaocorp
Distribution : Le Pacte
Réalisation : Nicolas Bedos
Scénario : Nicolas Bedos, Doria Tillier
Montage : Anny Danché, Marie Silvi
Photo : Nicolas Bolduc
Décors : Stéphane Rozenbaum
Son : Marc-Antoine Beldent, Séverin Favriau, Jean-Paul Hurier
Musique : Philippe Kelly, Nicolas Bedos
Durée : 120 min

Casting :
Nicolas Bedos : Victor Adelman
Doria Tillier : Sarah Adelman
Christiane Millet : Mme De Richemont
Antoine Gouy : Le journaliste
Julien Boisselier : Antoine De Richemont
Denis Podalyès : Le Psy
Zabou Breitman : La directrice d’école
Jean-Pierre Lorit : Marc

LION : Slumdog CSP-

lionaffiche

lionafficheQuand un film fait sa promotion en insistant lourdement sur un parallèle avec un autre film, on se dit généralement que c’est mal parti. On se dit qu’il n’est visiblement pas capable de trouver assez d’argument pour séduire par lui-même. Et le plus souvent, on a raison d’être méfiant. Une nouvelle preuve avec Lion qui s’est présenté lui-même comme le nouveau Slumdog Millionaire. Malheureusement pour lui, Garth Davis est loin d’avoir le talent de Dany Boyd. Le résultat n’est pas dénué d’efficacité, mais totalement formaté et sans imagination.

Lion sombre tout du long dans la facilité et ne prend aucun risque qu’il soit narratif ou artistique. Certes, l’histoire vrai dont il est tiré valait bien un film, mais il se contente ici d’exploiter a minima un pitch qui aurait pu donner une œuvre d’une toute autre ampleur. Il nous propose une sorte d’émotion obligatoire totalement insupportable, comme si nous parler d’un enfant pauvre devait forcément nous tirer des larmes. Cependant, on peut posséder un cœur et garder un minimum de sens critique pour ne rien trouver de bouleversant à cette histoire que la narration rend ici totalement cousue de fil blanc.

lionTout n’est pas forcément à jeter dans Lion. La première partie reste quand même assez réussie, sans être pour autant géniale. Garth Davis n’est pas totalement maladroit caméra en main, même s’il semble incapable de la moindre audace. Ce film souffre en fait d’une ambition démesurée par rapport à la somme de talent qui lui donne vie. Les producteurs espéraient sans doute nous offrir (et à leur compte en banque) un film à Oscars. Mais la ficelle est trop grosse. Le film laisse froid, ou du moins ne dépasse jamais une légère tiédeur. Bien loin en tout cas des températures nécessaires pour fondre une statuette dorée.

LA NOTE : 10,5/20

Fiche technique :
Production : The Weinstein Company, Screen Australia, See-Saw Films, Aquarius films, Sunstar Entertainment, Narrative Capital
Distribution : SND
Réalisation : Garth Davis
Scénario : Luke Davies, d’après le livre de Saroo Brierley
Montage : Alexandre de Franceschi
Photo : Greig Fraser
Décors : Chris Kennedy
Musique : Volker Bertelmann, Dustin O’Halloran
Costumes : Cappi Ireland
Durée : 118 min

Casting :
Sunny Pawar : Saroo enfant
Dev Patel : Saroo adulte
Nicole Kidman : Sue Brierley
David Wenham : John Brierley
Rooney Mara : Lucy
Divian Ladwa : Mantosh Brierley
Priyanka Bose : Kamla, la mère
Abhishek Bharate : Guddu, le grand frère
Tannishtha Chatterjee : Noor
Nawazuddin Siddiqui : Rawa

A CEUX QUI NOUS ONT OFFENSES : A ces films qu’on oublie

aceuxquinousontoffensesaffiche

aceuxquinousontoffensesafficheMême motif, même punition. J’avais été voir Les Derniers Parisiens pour la seule présence de Reda Kateb à l’écran. De même, je suis allé voir A Ceux qui Nous Ont Offensés parce que Michael Fassbender occupe le rôle principal. Mais dans les deux cas, je n’ai pu que constater qu’un seul homme ne fait pas un film. Encore une fois, le film n’est pas franchement mauvais, mais manque de trop d’intérêt pour être vraiment enthousiasmant.

A Ceux qui Nous Ont Offensés est un film pour rien. Certes, une histoire se suffit parfois à elle-même, même quand elle ne porte pas de message, de réflexion profonde, qu’elle ne témoigne de rien. Juste un début, un milieu et une fin, une intrigue, des personnages. Cela donne parfois un résultat qui procure le seul plaisir de la narration et il peut être grand quand elle est est menée avec talent. Mais ici, même en se laissant porté par le récit, on arrive finalement à une destination sans grand relief après un voyage qui n’aura jamais vraiment stimulé outre mesure la curiosité du spectateur.

aceuxquinousontoffensesReste évidemment le plaisir d’admirer Michael Fassbender. Cependant, il ne tient pas ici son rôle le plus marquant, loin de là. D’ailleurs, il est relativement éclipsé par Brendan Gleeson dont le personnage est nettement plus intéressant. Bref, niveau performance d’acteurs, rien de délirant non plus, mais encore une fois rien de mauvais non plus. Globalement, A Ceux qui Nous Ont Offensé est réalisé avec un minimum de talent, mais sans souffle et sans imagination. On ne s’ennuie au final jamais vraiment, mais le film ne laisse quasiment aucune trace dans l’esprit du spectateur.

LA NOTE : 10/20

Fiche technique :
Production : Potboiler Productions, Film4, Albert Granville, Animal Kingdom, Head Gear films, DMC Film
Distribution : The Jokers
Réalisation : Adam Smith
Scénario : Alastair Siddons
Montage : Kristina Hetherington, Jake Roberts
Photo : Eduard Grau
Format : couleur – 35 mm – 2.35:1 – Dolby numérique
Musique : The Chemical Brothers
Directeur artistique : Andrea Matheson
Durée : 99 min

Casting :
Michael Fassbender : Chad Butler
Brendan Gleeson : Colby Cutler
Killian Scott : Kenny
Rory Kinnear : Lovage
Lyndsey Marshal : Kelly Cutler
Sean Harris : Gordon Bennett
Tony Way : Norman
Gerard Kearns : Lesterr
Barry Keoghan : Windows
Alan Williams : Noah