
La grande force de Marcel est d’avoir créé ce qui s’apparente à une mythologie. Avec ses mythes et ses dieux hauts en couleurs, mais qui, au fond, ne font que raconter l’histoire des simples mortels. Cela définit parfaitement Logan. Un film sur la nostalgie au moment de contempler sa propre existence que l’on sait être avant tout derrière soi. Contempler ses erreurs et savoir qu’il est trop tard pour les corriger. Il ne reste alors que la possibilité de transmettre aux plus jeunes pour qu’ils ne connaissent pas les mêmes travers. Voilà le coeur du film. Les péripéties, les combats qui rythment l’histoire ne sont que le support d’un propos profond sans être lourd, qui donne vraiment l’impression en tout cas d’être infiniment plus qu’un simple film de super-héros. Des héros qui ont d’ailleurs passé l’âge d’être super !

LA NOTE : 15/20
Fiche technique :
Production : Donners’ Company, Kinberg genre, Marvel Entertainment, TSG Entertainment, 20th Century Fox
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : James Mangold
Scénario : James Mangold, Scott Frank, Michael Green
Montage : Michael McCusker, Dirk Westervelt
Photo : John Mathieson
Décors : François Audouy
Musique : Marco Beltrami
Costumes : Daniel Orlandi
Durée : 137 min
Casting :
Hugh Jackman : Logan
Patrick Stewart : Professeur X, Charles Xavier
Dafne Keen : Laura
Boyd Holbrook : Pierce
Stephen Merchant : Caliban
Elizabeth Rodriguez : Gabriela
Richard E. Grant : Dr Rice
Eriq La Salle : Will Munson

Evidemment, tout cela serait un peu juste si la réalisation et l’écriture n’avaient pas été à la hauteur. Les Oubliés bénéficient d’un scénario particulièrement intelligent qui laisse le spectateur entrer dans l’histoire en mesurant peu à peu tous les enjeux en même temps qu’il apprend à connaître les personnages. Le film évite avec brio l’émotion facile en jetant le drame à la face d’une salle obscure qui n’aurait pas eu temps de vraiment savoir quoi en faire. Il s’attache avant cela à créer une émotion profonde, ancrée au cœur du spectateur. Ce dernier pourra donc difficilement ne pas être bouleversé par cette histoire qui méritait bien plus qu’un film.
On enchaîne avec le groupe anglais Django Django et leur album Bord Under Saturn. Un album en demi-teinte avec cet effet loin du micro que je ne comprendrais jamais. Il y a une vraie maîtrise, mais on a vraiment l’impression que le groupe est toujours en dedans par rapport à son potentiel. Cependant, le résultat n’est pas totalement intéressant. Les mélodies sont certes sobres, mais il y a vrai travail à souligner sur la diversité des sonorités au fil des titres qui ne se ressemblent pas du coup.
On termine notre voyage en Australie avec Courtney Barnett et son album Sometimes I Sit and Think, And Sometimes I Just Sit. Un album qui ne démarre pas sous les meilleurs auspices. Les deux premiers titres ne sont guère convaincants, trop martelés, faisant apparaître une voix sans relief et deviennent brouillon dès qu’elle y met un peu plus d’énergie. Puis avec le titre An Illustration of Loneliness, elle semble soudainement trouvé son style. Le reste de l’album sera en effet beaucoup plus convaincant. Courtney Barnett navigue avec bonheur entre les styles, du blues au rock, avec un certain bonheur qui donne envie de voir ce que pourront donner ses futurs albums après ce premier prometteur.
De Plus Belle offre à Florence Foresti un très joli rôle. Elle rejoint la longue liste des acteurs « comiques » à qui on offre un rôle dramatique pour feindre de découvrir tout à coup l’étendu de leur talent. Cela est arrivé déjà trop de fois pour être vraiment surpris, mais comme rien n’est jamais gagné d’avance, on est heureux de le constater. Elle se hisse largement à la hauteur d’un Matthieu Kassovitz que ce rôle de pousse pas dans ses retranchements, mais qui apporte un supplément de charisme qui tire le tout vers le haut. Voici un film, dont on ressort une petite larme à l’œil, mais aussi avec un beau sourire qui fait du bien.
Cependant, cette efficacité toute hollywodienne constitue aussi la plus grande force du film. Les Figures de l’Ombre est une machine. Mais une machine incroyablement bien huilée qui nous fait entrer avec enthousiasme dans cette histoire et nous attacher immédiatement aux personnages. Le film est ponctué de quelques répliques particulièrement mordantes (celles qui ont provoqué des applaudissements en plein film). Et puis, il y a Kevin Costner… Il n’est pas une telle légende pour rien et son charisme ébloui l’écran sans qu’on sache même vraiment pourquoi. Mais il serait évidemment injuste, surtout pour un tel film, de passer sous silence la brillante performance de Taraji P. Henson, Octavia Spencer et Janelle Monae. Ce film leur doit beaucoup. Assez pour mérite un tonnerre d’applaudissements.
Après, sans cet œil nostalgique, il n’est pas évident de trouver à T2 Trainspotting un intérêt délirant. L’intrigue offre quelques rebondissements, mais tout sonne comme un prétexte à ce que j’ai développé précédemment. La seule nouveauté est le personnage réussi interprété par Anjela Nedyalkova. Elle apporte un peu de fraîcheur, alors que tout le reste s’apparente quand même à un grand recyclage. C’est certes écologique, mais un peu frustrant, surtout venant d’un réalisateur comme Dany Boyle qui ne force vraiment pas son talent. Mais au final, pour un spectateur comme moi, le bilan reste positif.
Heureusement, il reste Reda Kateb. A la fois, on est venu voir les Derniers Parisiens pour lui. Il fait preuve de son charisme habituel et empli l’écran de sa présence. Cela reste un régal, même si on sent qu’il a bien du mal à donner le meilleur de lui-même dans ce rôle qui manque d’envergure. Reste pour apprécier ce film la nostalgie d’un Paris qui disparaît que le film tente de nous faire partager. De ce Paris, on peut bien être nostalgique. De ce film, c’est déjà plus difficile.
Le principal intérêt du scénario repose sur la personnalité… ou plutôt les personnalités du psychopathe en question. 24 pour être précis. J’avoue que l’idée de base m’avait laissé circonspect. Mais Night Shyamalan réussit à l’exploiter pleinement pour un résultat convainquant qui doit beaucoup à la performance assez extraordinaire de James McAvoy. Le tout est sublimé par une forme impeccable qui crée une tension particulièrement intense de la première à la dernière seconde. Du coup, ça fait grave flipper sa mère, comme disent les jeunes. Et c’est tout ce qu’on demandait à ce film. Une bonne raison donc d’en sortir heureux.
On poursuit avec une autre figure des années 90. Le groupe les Innocents et leur album Mandarine. Dès les premières secondes, on reconnaît bien l’univers du groupe. Malgré les années, ça reste frais et sympa. Les mélodies sont toujours entraînante, ce qui compense des textes, il faut l’avouer, pas vraiment passionnants. En tout cas, la qualité reste vraiment constante du début à la fin. On notera en particulier le titre J’ai couru.
On termine cette fois avec une totale découverte bien d’aujourd’hui. Shamir, un artiste américain et son premier album Ratchet. Il propose une musique électro-pop un peu sucrée. Malheureusement, le résultat n’est pas super intéressant. C’est parfois entraînant, mais sans jamais l’être tout à fait. Ce n’est jamais lancinant, mais ce n’est jamais enthousiasmant non plus. Pourtant, il y a du potentiel dans la voix. Comme le prouve le titre bonus, KC, un joli titre à la guitare sèche qui permet d’apprécier enfin une voix sans effet et beaucoup plus séduisante pour le coup.
Si J’Etais un Homme reste donc au final avant tout une comédie. C’est premier degré, ça navigue souvent en dessous de la ceinture, et pour cause, mais c’est drôle. Et bien la qualité première que l’on exige pour ce genre de film. Les personnages sont touchants, sympathiques et jamais gnangnans. Mention spéciale à Audrey Dana qui aura mis tout son cœur dans ce projet. Alice Belaïdi est toujours aussi attachante. Même Eric Elmosnino m’a presque séduit, pourtant dieu sait si je déteste ce acteur. En tout cas, si ce n’est pas le film du siècle, il constitue une bonne surprise rafraîchissante.
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