THE REVENANT : Par delà la frontière

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therevenantafficheIl l’attendait depuis longtemps, l’aurait mérité à de nombreuses reprises, mais cette fois c’est fait. Enfin, Leonardo Di Caprio a son Oscar ! The Revenant lui aura permis de connaître cette consécration tant désirée. Du coup, on a largement oublié de souligner à quel point ce film est avant tout un film de metteur en scène. Alejandro Gonzales Inarritu a pourtant remporté une deuxième statuette de meilleur réalisateur de suite, doublé rarissime, qui le place désormais au milieu des plus grands. En tout cas, ce film mérite bien qu’on en parle, quelle qu’en soit la raison.

The Revenant est un film en trois parties. La première constitue un des plus grands moments de cinéma que l’on ait pu voir ces dernières années. Un choc qui constitue le pendant version western de celui qu’avait représenté Il Faut Sauver le Soldat Ryan pour les films de guerre. C’est incroyablement bien réalisé, intense, immersif, beau et dur à la fois. On connaissait la maîtrise artistique de Alejandro Gonzales Inarritu, mais dans un mode beaucoup contemplatif. Il prouve ici qu’elle est réellement absolue quel que soit le sujet, le rythme et le style de son récit.

La second partie constitue le cœur de The Revenant et celle qui fait le plus débat. Elle reste incroyablement bien réalisée, mais tend vers l’exercice de style un peu vain. Ces nombreuses scènes qui font passer Koh Lanta pour une animation de la Reine des Neiges sont incroyablement spectaculaires. Cependant, à côté de ça, le film oublie de vraiment nous faire ressentir l’émotion du personnage, ici le désir de vengeance, qui le pousse à survivre à tout prix et donne du sens à cette volonté hors du commun. Cette partie du film passe trop vite sur les moments pourtant tout aussi intéressants où le personnage central est en interaction avec d’autres. Tout ce qui est un peu original et différent s’évanouit aussi vite qu’il est venu, comme ce début de poursuite à cheval absolument fabuleuse, mais qui ne dure que quelques secondes, au profit d’un nouveau long passage de survie solitaire en mode extrême, qui vient après tant d’autres. C’est d’autant plus étonnant d’un réalisateur comme Alejandro Gonzales Inarritu qui a toujours été un cinéaste explorant les tréfonds des émotions et de l’âme humaine.

therevenantDans sa dernière partie, The Revenant revient à un style plus classique. Le conclusion de ce film de vengeance est relativement sans surprise, pour ne pas dire un rien convenue. Là encore, c’est sublimement filmé, alors on ne fait pas la fine bouche et on apprécie pleinement le dénouement d’une histoire qui nous aura quand même globalement scotché à notre fauteuil pendant plus de deux heures et demi, sans que l’on voit le temps passer. Le film va quel que peu decrescendo, mais il part de si haut qu’il arrive tout de même à des altitudes totalement inaccessibles pour le commun des cinéastes.

Et Leonardo alors ? Son sacre aux Oscars est logique quand on sait que cette compétition donne une grande important à la dimension « physique » des performances qu’elle récompense. De mon point de vue, The Revenant n’est pas le plus grand rôle de l’acteur américain en terme de performance pure, mais le plus spectaculaire, celui qui l’a sans doute demandé le plus d’implication, qui l’a vraiment repoussé dans ses derniers retranchements. Le sacre est donc mérité pour ce rôle en particulier, mais encore plus pour l’ensemble de sa carrière.

The Revenant n’est donc pas le film parfait. Il est inégal, se perd parfois dans sa propre ambition. Certains ont parlé de prétention. Personnellement, je trouve admirable la volonté d’un réalisateur de sortir ainsi de sa zone de confort, de repousser ses propres limites et même celle du cinéma en général. Certes, c’est en prenant des risques que l’on commet parfois des maladresses. Mais on tient là un vrai moment où le cinéma s’invente, se réinvente encore et toujours.

LA NOTE : 15,5/20

Fiche technique :
Production : Anonymous Content, Appian Way, Monarchy Enterprises, New Regency Pictures, RatPac Entertainment
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Alejandro González Inarritu
Scénario : Alejandro González Inarritu, Mark L. Smith, d’après le roman de Michael Punke
Montage : Stephen Mirrione
Photo : Emmanuel Lubezki
Décors : Jack Fisk
Musique : Ryuichi Sakamoto, Alva Noto
Costumes : Jacqueline West
Durée : 156 min

Casting :
Leonardo DiCaprio : Hugh Glass
Tom Hardy : John Fitzgerald
Domhnall Gleeson : Capitaine Andrew Henry
Will Poulter : Bridger
Forrest Goodluck : Hawk
Paul Anderson : Anderson
Kristoffer Joner : Murphy
Joshua Burge : Stubby Bill

RANDOM ACCESS MEMORIES (Daft Punk), GHOST ON GHOST (Iron and Wine), HEAD IN THE DIRT (Hanni El Khatib) : Moyennement lucky

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randomaccessmemoriesdaftpunkNotre monde compte un certain nombre de héros masqués : Zorro, Spiderman… et les Daft Punk. Personne n’a pu échapper au titre Get Lucky qui a fait danser la planète entière et inonder les radios en 2013. Il est vrai qu’il s’agit là du titre phare de l’album Random Access Memory. Mais un nouvelle fois, avec ce groupe, je trouve qu’en dehors dehors des singles, il n’y a rien de bien enthousiasmant. C’est parfois dansant et lumineux, mais aussi souvent mou et lancinant. Globalement, l’album est pour moi très moyen, même si quelques autres titres surnagent comme Touch.

ghostonghostironandwineOn quitte la musique électronique pour la guitare sèche du compositeur américain Samuel Beam, dont le nom de scène est Iron and Wine. Il nous propose dans son album Ghost on Ghost une musique finalement assez pop et sans prétention, mais toujours posée et convaincante. Ses morceaux sont parfois parcourus d’accents jazzy, matérialisé par la présence d’un saxophone. C’est toujours assez énergique et entraînant, même s’il aurait pu faire encore plus dans ce domaine sans que cela ne gâte rien. Mais au final, ça se laisse écouter avec un vrai plaisir.

headinthedirthannielkhatibOn termine avec Head in the Dirt d’Hanni El Khatib. Si son album précédent m’avait plutôt déçu, j’ai été nettement plus charmé par celui-ci. Il s’ouvre pourtant par un titre assez sombre, mais finalement assez peu représentatif de l’album. Le rock proposé est souvent très classique, dynamique et toujours maîtrisé. Les titres sont d’une qualité constante et le résultat est solide artistiquement. Il lui manque simplement une voix réellement marquante pour prendre une autre dimension.

MOONWALKERS : A consommer sans demander la lune

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moonwalkersafficheUn film qui connaît un succès commercial remarquable inspire généralement des producteurs en mal d’imagination, qui vont chercher ainsi à reproduire la recette qui a si bien marché. Cela n’a malheureusement rien de toujours évident et surtout d’aisément reproductible. En 2015, Kingsman avait été un des meilleurs films de l’année. En 2016, Moonwalkers surfe sur la vaguelette de la comédie d’espionnage un rien rétro. Mais avec nettement moins d’impact !

Moonwalkers possède pourtant un pitch réellement prometteur. Une idée loufoque qui aurait pu donner un bien meilleur résultat. Mais elle est assez bonne pour que le film reste plaisant, malgré ses défauts relativement nombreux. Tout d’abord, ce dernier reste particulièrement inégal. On passe de moments très faibles à des passages vraiment jouissifs. On passe constamment d’un humour assez lourdingue… à un humour un peu lourdingue certes, mais qui fait mouche et nous arrache quelques beaux et francs éclats de rire. Enfin, le casting nous propose deux acteurs connus pour leurs rôles cultes… mais dont le talent reste tout de même relativement limité.

moonwalkersCependant, on reste bien accroché au film tout du long. En effet, on s’est attaché aux personnages eux aussi imparfaits, mais néanmoins… attachants… ce qui explique aisément qu’on s’y attache. On se demande aussi où tout cela va nous mener. On profite donc du spectacle, sans s’enthousiasmer, mais avec un certain plaisir, parfois un rien honteux, cependant bien réel. Moowalkers est un film qui s’oublie vite, certainement pas indispensable… ce qui peut tout à fait correspondre à ce qu’on recherche quand on veut se faire une toile distrayante et d’une légèreté sans prétention.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Production : Partizan films, Nexus Factory, Potemko
Distribution : Mars Distribution
Réalisation : Antoine Bardou-Jacquet
Scénario : Dean Craig
Montage : Chris Gill, Amélie Massoutier, Bill Smedley
Photo : Glynn Speeckaert
Format : Couleurs – 35 mm
Musique : Schmooze
Durée : 107 min

Casting :
Rupert Grint : Jonny
Ron Perlman : Tom Kidman
Robert Sheehan : Leon
Tom Audenaert : Renatus
Eric Lampaert : Glen
Stephen Campbell Moore : Derek Kaye
Erika Sainte : Ella

AVE, CESAR ! : Cabotinage en famille

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avecesarafficheLa filmographie des frères Coen est aussi variée que les raisons de détester Nicolas Sarkozy, ce qui n’est pas peu dire ! Cependant, un genre revient invariablement quasiment un film sur deux. Ave, César ! est une nouvelle comédie légère et loufoque proposée par les réalisateurs de Fargo ou The Big Lebowski. Dans le passé, dans cette catégorie du 7ème art, ils nous ont proposé le meilleur, Intolérable Cruauté, comme le franchement moyen, Burn After Reading. Mais toujours avec George Clooney !

Ave, César ! est un hommage à l’âge d’or d’Hollywood. Il porte un regard décalé sur le cinéma des années 50 et surtout sur ceux qui lui donnaient naissance. On y retrouve les acteurs, les actrices, les réalisateurs, les producteurs, les cow-boys, les péplums, les comédies musicales, les communistes… Bref, on y trouve énormément de choses. C’est peut-être là que réside le problème de ce film qui finit par ressembler à un fourre-tout parcouru par un fil rouge narratif au final assez mince. Les tableaux sont tous savoureux en eux-mêmes, mais on ne les voit pas s’assembler pour former une œuvre d’une dimension supérieure.

avecesarReste le plaisir de profiter du casting assez incroyable. Mais là encore, l’abondance de bien nuit un peu. Certaines stars sont carrément sous-exploitée, Scarlett Johansson en tête, et au final leur présence semble quasiment superflue, tant cela dilue tout le reste. Tout ce très beau monde fait preuve de talent et d’application, mais les rôles qui leur sont proposés ne les poussent jamais au génie. George Clooney et Josh Brolin cabotinent gentiment, mais sans enflammer l’écran. Au final, Ave, César ! est amusant, distrayant, sympathique… que des qualités, mais un peu décevantes quand on pouvait s’attendre à mieux vue la somme de génie au générique.

LA NOTE:11,5/20

Fiche technique :
Production : Mike Zoss Productions, Working Title Films
Distribution : Universal Pictures Intrenational France
Réalisation : Ethan & Joel Coen
Scénario : Ethan & Joel Coen
Montage : Ethan & Joel Coen
Photo : Roger Deakins
Décors : Jess Gonchor
Musique : Carter Burwell
Directeur artistique : Dawn Swiderski
Durée : 106 min

Casting :
Josh Brolin : Eddie Mannix
George Clooney : Baird Whitlock
Alden Ehrenreich : Hobie Doyle
Ralph Fiennes : Laurence Laurentz
Scarlett Johansson : DeeAnna Moran
Tilda Swinton : Thora Thacker, Thessaly Thacker
Channing Tatum : Burt Gurney
Jonah Hill : Joseph Silverman
Frances McDormand : C. C. Calhoun

LA VENGEANCE S’HABILLE EN PRADA (Lauren Weisberger) : Rien sous la robe

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lavengeanceshabilleenpradaOn sait bien que souvent les suites sont décevantes. Cependant parfois, on est tout de même heureux, pour ne pas dire enthousiaste, à l’idée de retrouver un univers, une ambiance, des personnages qui nous ont profondément séduit lors du premier round. C’est cet état d’esprit qui m’habitait au moment où j’ai commencé à lire la Vengeance s’Habille en Prada de Lauren Weisberger, suite, comme son nom l’indique, de le Diable s’Habille en Prada. Malheureusement, l’enthousiasme s’est vite éteint…

Pendant tout le roman, on attend la vengeance promise par le titre. On l’attend. On l’attend encore. On l’attend toujours. On arrive à la dernière page et là, on réalise enfin qu’il ne se passe tout simplement rien dans la Vengeance s’Habille en Prada. Mais alors rien du tout… Le dénouement n’a strictement aucun intérêt et nous laisse dans un abîme de frustration car tout ce que l’on attendait, que l’on espérait et que l’intrigue nous a laissé parfois entrapercevoir ne survient inexplicablement jamais. Ce roman ressemble à une longue introduction de 400 pages, sans jamais passer au sujet principal.

C’est d’autant plus frustrant que le style de Lauren Weisberger est assez agréable pour que l’on progresse dans le roman très facilement. Personnellement, j’ai commencé à vraiment comprendre vers quoi j’allais après avoir réalisé que j’avais déjà parcouru plus de 200 pages, presque sans m’en apercevoir, mais sans que l’intrigue n’ait vraiment démarré non plus. Bref, l’emballage reste assez beau, mais l’intérieur du paquet est totalement vide.

LA VACHE : Feel good moovie

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lavacheafficheAu moment où le monde de l’élevage est associé à la colère et à la manifestation parfois un tantinet violente, La Vache vient déverser, non du fumier, mais de la bonne humeur et de l’énergie positive sur nos salles obscures. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cela fait du bien par les temps qui courent. Mohamed Hamidi nous livre la comédie la plus rafraîchissante et enthousiasmante de ce début d’année, avec pas grand chose, si ce n’est une idée originale, de bons acteurs et beaucoup d’énergie.

La bande-annonce de la Vache était déjà prometteuse. Mais on pouvait craindre que les moments les plus drôles étaient présentés là et que le reste serait beaucoup moins convaincant. Au final, le film ne mollit que le temps de quelques minutes au milieu du film. Le reste reste toujours de grande qualité et surtout d’une richesse bien supérieure à ce que l’on pouvait imaginer. L’humour reste tout de même l’élément le plus fort de cette histoire, mais les personnages sont eux aussi assez réussis pour nous faire aimer profondément ce film.

lavacheMohamed Hamidi a produit un travail de direction d’acteurs remarquable avec La Vache. Bien sûr cela est plus facile quand on s’appuie sur des comédiens de la trempe de Lambert Wilson, mais on sait bien aussi qu’un Djamel Debouzze peut partir rapidement dans un cabotinage insupportable quand il n’est pas dans les mains d’un réalisateur consciencieux. Cependant, la vraie star du film reste Fatsah Bouyamed dont la carrière s’était pour l’instant limité à beaucoup de seconds rôles dans des navets. Il y est pour beaucoup dans la réussite de ce film, lui et Jacqueline bien sûr, la fameuse vache en question qui mérite bien une petite mention.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Mohamed Hamidi
Scénario : Mohamed Hamidi, Alain-Michel Blanc et Fatsah Bouyahmed
Musique : Ibrahim Maalouf
Montage : Marion Monnier
Photographie : Elin Kirschfink
Costumes : Hadjira Ben-Rahou
Décors : Arnaud Roth
Durée : 91 minutes

Casting :
Fatsah Bouyahmed : Fatah Ballabes, le paysan algérien
Lambert Wilson : Philippe, le comte ruiné
Jamel Debbouze : Hassan, le beau-frère de Fatah
Julia Piaton : la jeune reporter
Hajar Masdouki: Naïma, la femme de Fatah
Ait-Souna Ahmed : l’ami de Hassan
Amal El Atrache : l’institutrice
Miloud Khetib : Hamed, le père de Naïma et Hassan
Christian Ameri : Lucien, l’employé du compte Philippe
Karina Marimon : Cathy, la femme du baiser
Patrice Thibaud : Patrice
Catherine Davenier : Jacqueline, la paysanne française
François Bureloup : un fonctionnaire de police
Pierre Diot : le leader du syndical agricole
Ophélia Kolb : Stéphanie, la femme de Hassan
Malik Bentalha : le jeune banlieusard au salon
Norbert Haberlick : le policier d’accueil
Alain Chapuis : l’animateur du salon
Frédéric Épaud : l’organisateur du salon

MEURTRE A CANTON (Robert Van Gulik) : Juge Ti, dernière !

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meurtreacantonDepuis de longues années, les polars historiques sont devenus à la mode, notamment au travers de la collection grands détectives chez 10/18. Mais ce genre littéraire existe depuis longtemps. Un des précurseurs fut Robert Van Gulik et son Juge Ti, librement inspiré d’un personnage historique ayant vécu au VIIème siècle de notre ère, dont il a écrit les aventures entre 1949 et 1968. Meurtre à Canton a été écrit en 1966 et se trouve être le dernier si on prend l’ordre chronologique des histoires.

Il s’agit du deuxième roman de la série que j’ai l’occasion de lire. Meurtre à Canton m’a laissé sur la même impression que le précédent : c’est assez sympathique, mais pas super emballant non plus. Le roman nous propose un côté dépaysant toujours appréciable, malheureusement soutenu par une intrigue à tiroirs jamais vraiment passionnante. On apprécie plutôt la galerie de personnages que l’enquête judiciaire en elle-même.

Meurtre à Canton est cependant assez court pour que l’on ne soit pas non plus gêné outre mesure. Ca se lit vite dans un style assez direct. Peut-être un peu trop d’ailleurs car du coup, on a un peu de mal à assimiler aussi rapidement l’identité des différents protagonistes, relativement nombreux. Heureusement, le texte s’accompagne d’une liste des personnages avec un rappel de leur fonction, ce qui permet de n’être jamais vraiment perdu. Du coup, on prend quand même plaisir à flâner un peu dans les rues de cette Chine moyenâgeuse.

DEADPOOL : Vilain héros

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deadpoolafficheDans le monde des supers-héros Marvel, il y a les super-héros qui sont, comme leur nom l’indique, des héros et il y a les super-vilains qui sont, comme leur nom l’indique par un horrible anglicisme, des méchants. Et puis il y a Deadpool. Personnage inclassable, aussi sanguinaire que sympathique, aussi attachant que psychopathe. Un tueur schizophrène dont l’humour et les bons mots lui valent un pardon sans condition. Il s’agit très certainement du protagoniste le moins consensuel de cet univers et le voir débarquer sur grand écran n’avait rien d’évident. C’est pourtant fait… et avec brio !

Deadpool confirme en tout cas une chose. Disney est un merveilleux producteur qui rachète des maisons à succès non pas pour les édulcorer et leur insuffler sa propre culture, mais bien pour profiter pleinement de ce qui a fait leur succès à l’origine. L’esprit de ce film est vraiment proche de celui du comics. Violence et humour ultra décalé sont au programme pour un résultat vraiment jouissif. Il s’agit là d’une vraie friandise cinématographique aux antipodes du politiquement correct. Dès le générique, on commence à rire et cela se poursuit jusqu’à la scène de fin de générique traditionnelle chez Marvel.

deadpoolOn peut simplement regretter que Deadpool ne bénéficie pas d’un scénario quand même plus intéressant que celui proposé ici. On est là dans le strict minimum. Même si le plaisir est ailleurs, un petit effort à ce niveau là n’aurait pas été du luxe. Mais Ryan Reynolds est assez irrésistible pour que l’on n’y prenne pas attention outre mesure. Les fans seront ravis et feront la chasse aux dizaines des références qui se cachent un peu partout. Les autres en auront cependant aussi pour leur argent et pourront apprécier le premier, le second et le troisième degré de cet humour déjanté et décapant.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Simon Kinberg, Ryan Reynolds, Lauren Shuler Donner, Stan Lee, Jonathon Komack Martin, Rhett Reese, Aditya Sood, Paul W
Distribution : 20th Century Fox
Réalisation : Tim Miller
Scénario : Rhett Reese, Paul Wernick, d’après les comics de Rob Liefeld, Fabian Nicieza
Montage : Julian Clarke
Photo : Ken Seng
Format : Couleur
Décors : Shannon Gottlieb
Musique : Junkie XL
Costumes : Christine Bieselin Clark
Directeur artistique : Sean Haworth
Durée : 106 mn

Casting :
Ryan Reynolds : Wade Wilson / Deadpool
Morena Baccarin : Vanessa Carlysle / Copycat
Ed Skrein : Ajax
Gina Carano : Angel Dust
T. J. Miller : Weasel
Andre Tricoteux : Colossus (capture de mouvement)
Stefan Kapičić : Colossus (voix)
Brianna Hildebrand : Ellie Phimister / Negasonic Teenage Warhead
Jed Rees : Le Recruteur
Stan Lee : caméo

MONOMANIA (Deerhunter), ONCE I WAS AN EAGLE (Laura Marling), CONTRA (Vampire Week-end) : Les canards sont sains et saufs

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monomaniadeerhunterUn avis qui monte en puissance, même s’il n’atteindra pas des sommets. On commence avec Deerhunter et leur album Monomania, sorti en 2013. Un groupe américain, originaire de l’Alabama qui nous offre un rock basique et sans envergure, saupoudré de vagues sonorités électro. Il se caractérise de plus de l’effet loin du micro qui m’horripile tant. C’est parfois confus et mal maîtrisé, jamais emballant et manquant passablement d’énergie.

onceiwasaneaglelauramarlingOn enchaîne avec Once I Was an Eagle de Laura Marling, une chanteuse-compositrice anglais qui s’est fait connaître en faisant la première partie des concerts de Neil Young. La musique est douce et souvent minimaliste. Les premiers morceaux sont assez monotones. Laura Marling pousse parfois un peu la voix, mais reste terriblement timide et cela manque du coup passablement d’émotion. Heureusement, la deuxième partie de l’album est bien meilleure et nous propose plusieurs très beaux titres, comme Undine ou encore Once, une bien jolie ballade.

contravampireweekendOn termine avec Vampire Week-end, originaires de Chicago, et Contra, leur deuxième album. Ils nous offrent un son pop rock maîtrisé et assez propre sur lui. La voix haut perchée du chanteur donne un effet gentillet, un peu comme du Mika en plus rock et moins disco. C’est vraiment sympa, mais sans pour autant casser trois pattes à un canard. On retiendra tout de même Whorship You, un petit délire aux accents country.

JOSEPHINE S’ARRONDIT : Hello Marilou !

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josephinesarronditafficheFustiger le manque de rythme des comédies françaises est devenue au fil du temps un de mes habitudes de critique cinéma amateur. Je trouve souvent que mes collègues professionnels sont bien indulgents avec beaucoup de productions hexagonales. C’est donc à l’inverse avec une certaine déception que constate un léger manque d’enthousiasme de leur part pour Joséphine s’Arrondit qui est loin d’être la comédie la plus fine et la mieux écrite qui soit, mais dégage une énergie assez communicative pour ne pas bouder son plaisir.

Si le rythme est indispensable à une comédie, c’est que ce genre de film est forcément ponctué de moments plus faibles ou un peu lourdingues. Joséphine s’Arrondit n’en est pas exempt. Cependant, tout va assez vite pour que l’on n’est pas le temps de s’arrêter dessus avant que quelque chose de bien plus drôle nous soit proposé. Et globalement, les bons moments l’emportent à une écrasante majorité. On y retrouve les personnages que l’on avait adorés dans le premier volet, mais le film sait les faire évoluer pour renouveler le plaisir.

josephinesarronditOn peut vraiment tirer un grand coup de chapeau à Marilou Berry qui réussit parfaitement son passage derrière la caméra. Car cette énergie tient autant dans le jeu des acteurs, qui sont vraiment dirigés, que dans une mise en scène vraiment imaginative. Joséphine s’Arrondit n’est pas que la déclinaison d’une recette ayant déjà marché, mais permet à la jeune femme de prouver qu’il faut compter avec elle à l’avenir dans un cinéma français qui a bien besoin de son peps. Avec un scénario peut-être un peu plus fin, elle semble bien en mesure de nous livrer dans le futur de grandes comédies. En attendant, on se contentera de ce vrai petit plaisir à consommer sans modération.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Titre de travail : Joséphine est enceinte
Réalisation : Marilou Berry
Scénario : Samantha Mazeras avec la participation de Marilou Berry pour les dialogues, d’après Joséphine de Pénélope Bagieu
Photographie : Pierric Gantelmi d’Ille
Montage : Thibaut Damade
Musique : Matthieu Gonet
Production : Romain Rojtman

Casting :
Marilou Berry : Joséphine
Mehdi Nebbou : Gilles
Cyril Gueï : Cyril
Sarah Suco : Sophie
Medi Sadoun : Marc, le gynécologue de Joséphine
Josiane Balasko : la mère de Joséphine
Victoria Abril : la mère de Gilles
Vanessa Guide : Diane, la soeur de Joséphine
Bérengère Krief : Chloé
Caroline Anglade : Alexandra
Enzo Nyezi-Bapoma : Bakary
Catherine Jacob : Anne de Bauvallet
Zahia Dehar : Lola