REVONS 2016…

rio2016

rio2016En regardant l’Année du Zapping, j’ai eu beaucoup d’occasions de pleurer. Il est vrai que rarement le monde ne nous en aura offert autant qu’en 2015. Mais j’ai quand même affiché un grand sourire à quelques occasions. Et beaucoup de ces moments de joie furent des moments liés au sport. Alors un grand merci à Florent Manaudou, à nos volleyeurs et à tous les joueurs de rugby qui nous ont émerveillé de leur talent lors de la dernière Coupe du Monde pour nous avoir donné des raisons de sourire en 2015.

2016 s’ouvre et on espère tous que le sourire l’emportera sur les larmes. En premier lieu, parce que ces dernières pourraient avoir moins l’occasion de couler. Mais on sait bien qu’elles ne pourront disparaître totalement, surtout dans un contexte si difficile. Alors, on peut aussi compter sur des occasions plus nombreuses d’oublier toute l’horreur du monde. L’année qui vient sera riche en événements propices à nous offrir des émotions positives.

Ma génération aura jamais gravé au cœur le souvenir de 1998. Pour le triomphe sportif bien sûr, mais aussi l’image d’un pays fraternel et heureux un beau dimanche soir. Nombreux ont souligné son caractère artificiel depuis. Pourtant nous donnerions cher pour revivre un tel moment d’insouciance. Evidemment, il ne s’agit que d’un Euro, non d’une Coupe du Monde, et rien ne prouve que la victoire sera au bout. Mais pendant un mois, le monde aura les yeux tournés vers notre pays pour y voir des gens venus de dizaines de pays différents faire la fête. Espérons qu’elle sera belle.

Cependant, c’est avant tout pendant les Jeux Olympiques que le monde entier s’arrêtera pour retrouver le plaisir de jouer. Jouer tous ensemble, rassemblés dans notre diversité. Si cela tourne un peu au cliché, le défilé des nations au premier jour demeure une des plus belles images qui soit. Et tant d’épreuves, tant de victoires, tant de défaites, de joies, de déceptions, font que chacun où qu’il soit trouvera pendant ces deux semaines de quoi rêver un peu et se graver de nouveaux souvenirs.

Bien sûr, les horreurs du monde pourraient bien venir gâcher ces beaux moments. La peur sera là, inéluctable. Pourtant, le pire n’est jamais sûr. Alors en ces premiers jours de 2016, soyons juste impatients de vivre de beaux moments de joie totalement futiles. Futiles et donc rigoureusement indispensable.

KNIGHT OF CUPS : Jusqu’au bout de l’ennui

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knightofcupsafficheCertaines personnes ont une seule idée dans toute leur vie. Cela les rend infiniment supérieurs à ceux qui n’en n’ont jamais aucune, et dieu sait s’ils sont nombreux. Un jour Terrence Malick a eu l’idée de faire des films avec de belles images et des gens qui parlent en voix-off dessus pour déclamer, le plus souvent en murmurant, un texte hyper poétique, même s’il ne veut pas dire grand chose. Il en a tiré un chef d’œuvre absolu qui lui a valu une Palme d’Or. Mais aussi pas mal de films vraiment ennuyeux et sans grand intérêt. Knight of Cups est le dernier d’entre eux.

Je pense qu’il faut que je me résigne à ne pas retrouver chez Terrence Malick la magie de The Tree of Life. Je me suis déjà fait avoir plusieurs fois. Parce que j’ai longtemps attendu la magie dans Knight of Cups. Alors oui, c’est beau, c’est sublimement réalisé, cela démontre une maîtrise artistique hors du commun. Mais la vache, qu’est-ce que c’est chiant ! Et encore je reste poli… Et encore, je savais à quoi m’attendre, contrairement à une partie du public qui a quitté la salle avant la fin et qui ne devait ne pas être bien renseigné.

knightofcupsL’avantage d’avoir eu une Palme d’Or et d’avoir un talent artistique phénoménal, c’est qu’on est capable d’attirer dans ses castings des méga-stars hollywoodiennes, venues prouvées qu’elles pouvaient jouer dans autre chose que des blockbusters. J’adore Christian Bale et le voir à l’écran est un plaisir. De même pour Antonio Banderas ou Natalie Portman. Mais là autant fixer une photo d’eux pendant près de deux heures. Deux heures qui paraîtront longues certes… mais guère plus qu’en allant voir Knight of Cups.

LA NOTE : 6/20

Fiche technique :
Production : Waypoint Entertainment, Dogwood Films
Distribution : Metropolitan FilmExport
Réalisation : Terrence Malick
Scénario : Terrence Malick
Montage : Geoffrey Richman, Keith Fraase
Décors : Jack Fisk
Musique : Hanan Townshend
Costumes : Jacqueline West
Directeur artistique : Emmanuel Lubezki, Ruth De Jong
Durée : 118 min

Casting :
Christian Bale : Rick
Natalie Portman : Elisabeth
Cate Blanchett : Nancy
Antonio Banderas : Tonio
Imogen Poots : Della
Brian Dennehy : Joseph

CHANGEONS !

changement

changementAu cours de ces dernières semaines, les appels au changement furent nombreux, en particulier dans la foulée des élections régionales. Evidemment, les changements en question concernaient rarement ceux qui les proféraient. Par contre, la fin d’année approchant, il est de tradition de prendre des résolutions pour soi-même. L’un et l’autre sont rarement suivis d’effet, mais étant un homme optimiste et plein d’espoir, j’ai décidé de mélanger un peu des deux en évitant si possible ce que j’abhorre le plus dans les discussions politiques, à savoir le don de leçons à bon compte. Alors, c’est pour cela que j’ai employé un « nous » tout ce qu’il y a de plus collectif et dans lequel je m’inclus volontiers. Il est évident que le changement ne doit pas concerner la seule classe politique, mais bien toute la société, des citoyens aux médias. Cependant, ce billet reste tout de même le discours d’un militant politique.

Changeons… notre rapport à la réalité

On peut regretter avec autant de force que l’on voudra quelque chose, ce dernier n’en restera pas moins vrai. Ah si les gens s’intéressaient au fond des choses… Ah si les gens étaient cohérents… Ah si les gens étaient moins égoïstes… Ah si les gens étaient plus tolérants, intelligents, éduqués, de gauche, de droite, raisonnables, patients, objectifs… Ah si les gens votaient en plus grand nombre ! Bref si les gens (ou les citoyens, ou le peuple, enfin comme vous voudrez) étaient différents. Sauf qu’ils ne le sont pas ! Cela ne veut pas dire qu’il faut être résigné, mais aucun changement ne surviendra si on ne part pas de la réalité telle qu’elle est.

Communiquer est souvent vu comme un gros mot et opposé au débat intellectuel de fond, qui demande du temps et de la profondeur. Communiquer revient à privilégier la forme sur le fond. Cependant, dans un monde où l’on reçoit des centaines d’informations et de messages par jour, il est évident que la forme doit être soignée pour que le message ne se retrouve pas noyée et inaudible. Or peu de choses évoluent aussi vite que nos moyens et nos façons de communiquer. Le débat politique, public ou intellectuel doit évidemment s’adapter. Or le travail de réflexion et d’innovation en la matière reste très insuffisant. Pour beaucoup, la campagne « à la Obama » est le summum de la modernité, en oubliant qu’elle a eu lieu il y a bientôt 8 ans, soit une éternité.

Il est clair que le monde politique ne sait plus parler aux citoyens, promouvoir ses idées et mettre en valeur ses réalisations. Le citoyen perd alors tout intérêt pour la politique. On peut le regretter à l’infini, mais cela ne changera pas à coup d’injonctions et de discours culpabilisants ou en brandissant indéfiniment la peur du Front National. Il y a un travail constant d’adaptation à réaliser et aucune fatalité.

Ce rapport à la réalité ne se limite évidemment pas à la communication politique. Par exemple, le développement des nouvelles technologies a un fort impact sur notre organisation socio-économique. Il n’en est pas moins inéluctable. On peut toujours interdire un Uber, dix autres surgiront demain dans d’autres domaines. Il ne s’agit plus d’empêcher une mutation, même pas de la ralentir, mais de mesurer ses avantages et les problèmes qu’elle pose pour y répondre. Le déni représenterait évidemment la pire des situations. Là encore, il ne s’agit pas de subir, de se soumettre à une réalité, mais de la comprendre, de se l’approprier pour la faire évoluer dans une direction qui nous semble la bonne. Mais tant que l’on ne part pas d’elle, le combat est perdu d’avance.

Il est vrai cependant que tout cela est rendu difficile par la vitesse avec laquelle tout cela évolue.

Changeons… notre rapport au temps

« Le changement, c’est maintenant »… Le slogan de François Hollande est désormais un objet de raillerie. Il faisait en effet une promesse que l’action publique n’est guère en mesure de tenir, celle de l’immédiateté. La plupart des changements prennent du temps, du fait de la lenteur des procédures mais aussi (surtout ?) du temps de réaction de la société et de l’économie face à une impulsion donnée par la puissance publique. Qui peut imaginer que des sujets comme le chômage, les inégalités, l’environnement, l’urbanisme, les transports peuvent connaître un grand soir qui verrait la situation changer concrètement du jour au lendemain.

L’exemple du CICE est de ce point de vue là particulièrement éclatant. Annoncé par le Président de la République début 2013, il lui aura fallu une loi de finance et deux exercices fiscaux pour monter en régime et se concrétiser pleinement auprès des entreprises, soit près de 2 ans et demi. Et encore, il faut laisser du temps à ces dernières de l’intégrer et de le valoriser. Son impact réel n’est donc pas encore connu, alors qu’il apparaît déjà comme une mesure ancienne et que ses détracteurs ont déjà jugé inefficaces.

Le temps politique est très différent du temps médiatique et même désormais du temps économique. Un sujet ne va occuper la une des journaux que quelques jours et la mutation numérique impose une évolution rapide de pans importants de notre économie. Là est la réalité qu’il faut prendre en compte, qu’on la déplore ou non. Si le débat public ne s’adapte pas, il restera éloigné des citoyens et apportera toujours des solutions déjà obsolètes. A mon sens, cela impliquerait notamment l’abandon du bicamérisme pour éviter les allers et retours pendant des mois entre l’Assemblée et le Sénat. Chaque loi serait adoptée après un seul débat dans une Chambre unique, ce qui serait plus lisible pour le grand public et permettrait aux annonces de se concrétiser beaucoup plus rapidement.

Paradoxalement, un débat public mieux compris, plus clair, plus adapté à notre époque permettrait d’adopter plus facilement des solutions à long terme. Bien sûr, cela demandera aussi un effort de la part des citoyens qui devront comprendre que certaines difficultés se règlent dans la durée. Cela sera d’autant plus facile que les débats ne s’arrêteront pas à la simple adoption des lois.

Changeons… et donnons nous le droit à l’erreur

Notre pays souffre d’un manque cruel d’évaluation des politiques publiques. La Cour des Comptes remplit bien ce rôle, mais une optique avant tout financière. Pourtant, dans un monde qui évolue très vite, il semble d’autant plus vital de pouvoir ajuster la machinerie publique au fur et à mesure et de ne plus perdre de temps en allongeant la durée de vie de dispositifs qui ne fonctionnent pas. L’idée semble simple et de bon sens, pourtant elle est très délicate politiquement.

En effet, l’évaluation n’a de sens si on est capable de reconnaître ses erreurs. Et sans erreur, pas d’innovation. Or, avez-vous déjà vu un homme politique dire facilement qu’il s’est trompé ? Et s’il le fait, c’est avec moult périphrases pour faire croire que l’erreur n’en est pas une. En tant qu’élu local, je sais combien d’énergie j’ai du déployer pour faire admettre à la majorité municipale qu’elle n’avait rien fait en matière d’accessibilité et qu’elle mettait la ville dans l’illégalité la plus complète. C’était pourtant simplement vrai…

Mais voilà, on ne peut pas demander non plus au personnel politique d’accepter aisément de se suicider. Car la moindre erreur vous coûtera cher. Demandez donc à Myriam El-Kaoutari, ce qu’elle en pense ! C’est aussi au citoyen de changer et de voir dans un homme politique qui dirait « je me suis trompé » ou bien « je ne sais pas » un homme dans lequel on peut avoir justement confiance. Or c’est loin d’être le cas…

Changeons… le rôle de l’élu

Dans l’esprit de nombre de nos citoyens, la lumière vient toujours d’en haut. Le responsable politique doit trouver des solutions à tous les problèmes grâce à ces compétences. A défaut, il s’agit d’un escroc qui ne mérite ni son poste, ni son salaire et il se retrouve directement responsable de tous les maux de la Terre. Il doit être expert en tout et gare à lui s’il commet la moindre erreur ou s’il connaît le moindre échec.

Cette vision totalement verticale du fonctionnement de nos institutions et de la prise de décision politique est profondément dans notre culture nationale. En 2016, la France reste un pays profondément jacobin et quelque peu nostalgique de la monarchie. Et si cela se ressent dans le secteur public, nos grandes entreprises nationales baignent aussi largement dans cette culture. Mais voilà, la réalité, toujours elle, est que nous vivons dans un monde toujours plus horizontal.

L’élu doit donc cesser de se comporter comme le sachant qui détient la solution aux problèmes et le citoyen doit cesser d’attendre qu’il le soit. C’est un serpent qui se mord la queue et je ne sais pas très bien qui doit commencer. Mais il est urgent que cela change. La puissance publique doit prendre l’intelligence où elle est… c’est à dire partout ! Et pas simplement derrière les portes des cabinets ministériels. Cette évolution est pour moi certainement la plus essentielle et surtout la plus irrémédiable. Reste à savoir si la transition se fera ou non dans la douleur.

Mais tout espoir est loin d’être perdu. Nos élus n’étant pas les incompétents abrutis que certains voudraient, des initiatives dans ce sens ont déjà été prises. Des exemples de démocratie participative dans les collectivités avec l’amorce de budget participatif de la ville de Paris. Mais aussi des exemples d’interactions fortes entre les acteurs publics et une expertise extérieure, y compris au niveau de l’Etat. La loi sur le numérique présentée le mois dernier par Axelle Lemaire a fait l’objet d’une grande consultation sur Internet qui a fait évoluer de manière significative le projet de loi. Dans la même idée, l’expérimentation des territoires zéro chômage de longue durée, qui a fait l’objet d’un vote unanime à l’Assemblée Nationale, est le fruit de l’appropriation par la puissance publique d’un dispositif imaginé par un acteur associatif, à savoir ATD Quart-Monde.

Il est vraiment regrettable que ces initiatives n’aient pas fait l’objet d’une plus forte médiatisation. Cela reste peut-être timide, mais cela représente pour moi l’avenir de l’action politique. L’élu doit passer du rôle d’inventeur de solutions à celui qui saura les faire émerger d’une réflexion qui aura impliqué une base beaucoup plus large. Il occuperait alors réellement son rôle d’arbitre qui devrait être déjà avant tout autre le sien. Ce changement assez fondamental ne devra cependant pas concerner que les élus. Les corps intermédiaires, partis politiques, syndicats, associations représentatives, devront aussi s’adapter. Le passage d’une structure pyramidale et une structure beaucoup plus horizontale ne peut se faire que par la pointe, mais doit bien concerner toute la structure préexistante.

Il doit donc aussi concerner les citoyens. Tous les élus locaux savent bien que la concertation se heurte souvent à une immense indifférence de la part de ceux même qui n’arrêtent pas de prétendre qu’on ne les écoute pas. Mais il est vrai aussi, que la concertation est souvent assez improvisée et se limite à un simple cahier de doléances mis à disposition. Or, il existe bien des techniques et des outils bien plus efficaces pour la mener. Le développement des outils numériques doivent les rendre plus accessibles et aider à leur diffusion.

Mais il est aussi capital que le débat se fasse sur des bases saines.

Changeons… et sortons du manichéisme

Oui ou non, pour ou contre, droite ou gauche, gentil ou méchant… Le débat politique se limite souvent à une discussion totalement binaire où tout est blanc ou noir. Tous les acteurs savent que ce n’est pas vrai, mais pour avoir un impact médiatique fort, il est important de surjouer tous les désaccords. Les réseaux sociaux n’ont d’ailleurs rien arrangé en la matière. Ceci pourrit totalement la qualité du débat, qui s’apparente de plus en plus à un échange d’invectives.

Mon fameux principe de réalité me fait dire que sortir de cet état de fait se révélera particulièrement compliqué. Si vous adoptez une position moins tranchée et que cela vous fait immédiatement disparaître des médias, vous ne serez pas du tout incité à vous comporter de la sorte. Alors peut-être que c’est avant tout à ces derniers de donner l’exemple. Et une des manières les plus simples de le faire est de modifier la manière dont les questions sont posées dans les sondages.

Si on avait transformé le référendum sur la Constitution Européenne en une question du type : vous souhaitez 1-que le texte soit adopté, 2-que le texte soit revu, 3-que l’on reste à la situation actuelle, 4-que l’on ne soumette à aucun texte et que l’on sorte de l’Union Européenne, il est évident que c’est très certainement la première option qui l’aurait emporté. En évitant d’agglomérer des oppositions reposant sur des motivations totalement différentes, on aurait réalisé une véritable consultation citoyenne reflétant beaucoup plus clairement le sentiment de chacun.

Mon exemple n’est pas peut-être pas parfait car un référendum doit aboutir à une prise de décision et une majorité y est sans doute nécessaire. Par contre, si les sondages s’inspiraient de ce modèle, cela irriguerait de manière beaucoup plus vertueuse le débat politique. Cela empêcherait déjà certains de s’approprier un camp du non qui recouvre le plus souvent des opinions très différentes des siennes. Et cela forcerait tout le monde, y compris le citoyens, à se positionner systématiquement pour quelque chose et non contre. Certes, cela peut-être pour quelque chose en réaction à quelque chose d’autre, mais c’est le « pour » qui compte.

Et au premier rang des sujets que cela doit concerner, la lutte contre le Front National…

Changeons… notre manière de lutter contre le Front National

De mon point de vue, le problème est assez simple. La meilleure façon de lutter contre le Front National est encore de ne JAMAIS en parler. On le laisse communiquer, on ne le censure pas, il a le droit d’exister, mais on ne lui fait jamais de publicité en l’évoquant ou en lui répondant. Je suis profondément convaincu qu’il n’existe pas de mauvais publicité. Parler de quelque chose, c’est déjà le faire connaître et l’aider à diffuser ses idées.

Personnellement, j’ai mené une campagne municipale sans mentionner nulle part sur aucun de mes documents la majorité municipale sortante. Certes, dans le cours de mon mandat, en tant que leader de l’opposition, je suis amené à commenter les décisions prises par mon Maire et son équipe. Mais la campagne électorale est pour moi le moment de la confrontation des projets et ce n’est pas à moi de distribuer les bons ou les mauvais points, mais aux électeurs. Et je suis persuadé que cette attitude ne m’a coûté aucune voix. Bon, pas évident qu’elle m’en ai rapporté beaucoup, mais je sais qu’elle m’a fait gagner le respect de beaucoup d’acteurs de la commune qui me témoigne une confiance que je n’aurais pas gagné autrement.

Plus largement, comment voudrait-on que les citoyens ne pensent pas que tous les hommes politiques dont des crétins incompétents… quand ils ne cessent entendre des hommes politiques parler dans le médias pour dire, à propos d’une autre personnalité politique, qu’elle est un crétin incompétent ? Arrêter de parler des autres, mais à la place parler uniquement de soi et de ce qu’on propose peut paraître un principe angéliste et particulièrement utopiste, mais je crois qu’il est peut-être le préalable à tout le reste.

Comme je l’ai moi-même exposé, ce n’est pas parce que j’aurais écrit ça au bout d’un texte de 4 pages que peu de gens liront, que la réalité changera. Le problème est bien qu’à chaque scrutin la réalité des problèmes rattrape un peu plus non pas simplement le microcosme politique, mais toute la société. Et le choc pour être un jour brutal et catastrophique. Je reste encore assez optimiste pour penser qu’il pourra être éviter. Mais pour cela il faudra changer…

… Alors changeons !

STRICTLY CRIMINAL : Strict minimum

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strictlycriminalafficheOn se dit qu’un film avec Johnny Depp comme vedette ne peut pas être franchement mauvais. On se dit qu’un film de gangsters, même si les codes du genre sont archi-connus, ça permet toujours de passer un bon moment. On se dit que Scott Cooper nous a déjà offert les très bons Crazy Heart et Les Brasiers de la Colère, alors il n’y a pas de raison qu’il fasse moins bien ce coup-ci. Bref, on se dit que Strictly Criminal devrait être un pas si mauvais film que ça. Mais est-ce suffisant pour en faire un bon film ?

L’ascension puis la chute d’un gangster constitue certainement le sujet le plus porté à l’écran chaque année. C’est exactement ce que raconte Strictly Criminal et rien de plus. Certes, si le sujet ne nous plaît pas, il suffit de ne pas aller voir ce film. Mais on espère toujours un petit plus qui vienne enrichir le propos et donner une épaisseur supplémentaire au scénario. Rien de cela ici. Rien ne vient faire naître un début d’enthousiasme. On ne s’ennuie pas, mais on passe quand même le film à se demander si une surprise finira par survenir. La réponse est malheureusement non.

strictlycriminalStrictly Criminal bénéficie d’une réalisation assez chiadée. Malheureusement, là encore, ça tourne paresseusement dans le vide, comme une habitude, une routine des films du genre. Ca ouvre un œil et demi du spectateur, mais pas les deux. Reste à admirer la nouvelle transformation physique de Johnny Depp. J’aurais eu envie d’écrire la énième, car si l’exercice prouve une nouvelle fois l’incroyable talent de cet acteur, cela ne suffit plus pour nous émouvoir plus que cela. Bref, pas un film raté, mais qui en rien du lot des films de gangster. Et c’est un gros lot !

LA NOTE : 10/20

Fiche technique :
Production : Cross Creek Pictures, Grisbi Productions
Réalisation : Scott Cooper
Scénario : Scott Cooper
Montage : David Rosenbloom
Photo : Masanobu Takayanagi
Musique : Junkie XL
Directeur artistique : Jeremy Woodward
Durée : 123 min

Casting :
Johnny Depp : Whitey Bulger
Peter Sarsgaard : Brian Halloran
Jesse Plemons : Kevin Weeks
Kevin Bacon : Charles McGuire
Dakota Johnson : Lindsey Cyr
Benedict Cumberbatch : Bill Bulger
Joel Edgerton : John Connelly
Corey Stoll : Fred Wyshak

LET IT ALL IN (I am Kloot), DON’T BE A STRANGER (Mark Eitzel), VERNET LES BAINS (Cali) : Suivez les voix

letitalliniamkloot

letitalliniamklootOn commence cet avis avec le groupe anglais I Am Kloot… oui, je sais, certains font quand même preuve de beaucoup d’imaginations au moment de choisir le nom de leur formation…, un trio anglais venu de Manchester, qui nous a offert en 2013 un album intitulé Let It All In. La voix douce, posée et claire du chanteur, John Bramwell attire l’oreille sans aucune seconde d’introduction. Les mélodies sont maîtrisées et mélodieuses… ce qui est pas mal pour des mélodies. Les instrumentations sont sobres, même quand quand le groupe appelle des violons en renfort. Les titres sont toujours calmes, mais jamais monotones. Cependant, l’album manque d’un titre marquant, même si je mettrais un peu plus en avant Some Day Better.

dontbeastrangermarkeitzelOn enchaîne avec Mark Eitzel, un auteur-compositeur-interpréte américain, né en 1959, et son album Don’t Be a Stranger. Sa voix accroche elle aussi tout de suite l’oreille. Les titres sont un peu plats, mais coulent agréablement. Cependant, l’album ne décolle jamais vraiment et l’attention de l’auditeur se relâche progressivement, le transformant doucement en musique de fond certes agréable, mais certainement pas inoubliable. Surtout qu’aucun titre plus marquant ne vient sortir l’auditeur de sa torpeur.

vernetlesbainskaliOn termine avec Cali et son album Vernet les Bains. J’aime beaucoup Cali et donc je ne pouvais pas être déçu par cet album. Car il ressemble plus que jamais à du Cali. La même voix (ce qui est logique me direz-vous), la même musique, les mêmes sujets… Rarement un artiste n’aura autant chanté l’amour malheureux. Un des titres phare s’appelle L’Amour est Eternel… sauf que les paroles suivantes sont « jusqu’à ce qu’il s’arrête ». Bref aucune surprise à l’horizon… jusqu’au dernier titre, Happy End, qui fait intervenir une pluie d’invités. Ca ressemblerait presque à une chanson des Enfoirés… mais en mieux !

21 NUITS AVEC PATTIE : Mauvaise nuit

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21nuitsavecpattieafficheParfois, certains cinéastes français prennent conscience qu’ils nous proposent des films supposés intellectuels, mais qui ne sont juste en fait qu’une litanie d’inepties sans intérêt. Alors, pour montrer qu’ils ne sont pas qu’une bande d’esprits étroits dont le seul passe-temps est la masturbation intellectuelle, ils parlent de cul… Bah oui, c’est cool, le cul… tout le monde aime parler de cul. C’est très certainement ce qu’ont du se dire les frères Larrieu au moment de nous livrer 21 Nuits avec Pattie. Peine perdue, le film est juste un navet.

Il est des quêtes longues et aventureuses qui se retrouvent couronnées de succès, après bien des efforts. C’est ainsi que je me suis mis en recherche du sens et de l’intérêt profonds de 21 Nuits avec Pattie… Malheureusement, celle-ci sera pour moi un échec cuisant… J’ai eu beau cherché, et promis j’ai fait des efforts, je n’ai jamais trouvé. Par contre, je suis tombé sur beaucoup de n’importe quoi, pas mal de ridicule et une bonne pelletée de néant.

21nuitsavecpattieParler de cul ne suffit donc pas à donner un intérêt à un film. Tout comme avoir un beau casting ne suffit pas non plus à faire un bon film. La direction d’acteur des frères Larrieu ressemble à tout sauf à une directeurs d’acteur. Les comédiens cabotinent gentiment sans y croire. Seule Karin Viard arrive à donner un peu d’épaisseur à son personnage. Peut-être parce que c’est celle qui parle le plus de cul… Bref, on préférerait passer qu’une nuit avec n’importe qui que 21 Nuits avec Pattie.

LA NOTE:4/20

Fiche technique :
Réalisation : Arnaud et Jean-Marie Larrieu
Scénario : Arnaud et Jean-Marie Larrieu, Antoine Jaccoud
Photographie : Yannick Ressigeac
Montage : Annette Dutertre
Production : Aréna Films – Pyramides Productions
Durée : 115 minutes

Casting :
Karin Viard : Pattie
Sergi López : Manuel Montez, le mari de Caroline
Isabelle Carré : Caroline Montez
Denis Lavant : André
André Dussollier : Jean
Philippe Rebbot : Jean-Marc
Laurent Poitrenaux : Pierre, le capitaine de gendarmerie
Mathilde Monnier : Isabelle, dite « Zaza », la mère de Caroline

LES SUFFRAGETTES : L’efficacité du combat

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lessuffragettesafficheQuand on est un militant politique dans une démocratie moderne et qui fonctionne bien mieux que ce que l’on veut bien dire, on rêve parfois des grands combats d’autrefois, quand des droits fondamentaux étaient encore à conquérir. Du coup, on apprécie d’autant plus les films qui leur sont consacrés. Les Suffragettes nous relate le combat pour le droit des votes des femmes en Grande-Bretagne au début du siècle dernier. Une œuvre un rien formatée mais qui se laisse regarder avec un certain plaisir et un intérêt certain.

Les Suffragettes est un film historique qui nous en apprend beaucoup sur le mouvent dont il a tiré son nom. Bien sûr, il ne s’agit pas d’un documentaire, mais au moins on en ressort un peu moins ignorant. Le récit est très certainement romancé, peut-être trop manichéen pour être totalement objectif, mais tel est le lot des fictions. L’intrigue est assez bien construite et les personnages attachant pour intéresser même ceux qui n’affectionnent pas les leçons d’histoire. Rien de transcendant, mais assez de tension narrative pour ne jamais s’ennuyer.

lesuffragettesLa réalisation de Les Suffragettes est elle aussi très efficace. Pas de génie, pas de prise de risque artistique, mais des décors et des costumes parfaitement reconstitués et une mise en scène maîtrisée. Sarah Gavron avait sûrement trop de respect pour son sujet pour oser oser. On lui reconnaîtra tout de même un joli sens de la direction d’acteur avec de belles performances d’actrices dans un casting il est vrai de très haut niveau. Bref, pas le chef d’œuvre du siècle, mais un film réussi. Les femmes qui ont réellement mené ce combat méritait bien ça !

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Pathé, Focus Features
Distribution : Pathé distribution
Réalisation : Sarah Gavron
Scénario : Abi Morgan
Montage : Barney Pilling
Photo : Eduard Grau
Décors : Alice Normington
Musique : Alexandre Desplat
Costumes : Jane Petrie
Directeur artistique : Jonathan Houlding, Choi Hong Man
Durée : 106 min

Casting :
Carey Mulligan : Maud Watts
Helena Bonham Carter : Edith Ellyn
Brendan Gleeson : Arthur Steed
Anne-Marie Duff : Violet Miller
Ben Whishaw : Sonny Watts
Romolo Garai : Alice Haughton
Meryl Streep : Emmeline Pankhurst

CRAZY AMY : Eloge de la lenteur

crazyamyaffiche

crazyamyafficheLa comédie romantique est certainement le genre cinématographique hollywoodien le plus formaté. Les codes sont archi connus et sans surprise. Et puis, il y a Judd Apatow. Non qu’il brise avec fracas les codes imposés, mais il y ajoute une touche personnelle, celle-là même qui distingue le cinéaste de l’exécuteur des basses œuvres à la solde des studios. Si Crazy Amy ne restera pas son meilleur film, il arrive une nouvelle fois à sortir du lot.

Le style de Judd Apatow se caractérise par une certaine lenteur. On peut y voir un défaut. Il est vrai que la plupart des scènes de Crazy Amy sont un peu trop longues. Mais au final, cela donne une personnalité au film que possède peu de comédies du genre. Car cette lenteur nous laisse aussi apprécier les à-côtés au delà de l’enchaînement des gags et l’histoire d’amour convenu. En particulier les personnages qui ont une nouvelle fois un supplément d’épaisseur qui s’apparente à un supplément d’âme.

crazyamyAlors on pardonne aisément une fin un peu trop prévisible et pleine de bons sentiments. D’autant plus aisément que le charisme de Amy Schumer illumine l’écran. Si le reste du casting est plus anecdotique, Judd Apatow confirme qu’il sait parfaitement diriger ses comédiens. Au final, Crazy Amy est une comédie romantique qui ne change pas vraiment des comédies romantiques… mais un peu quand même…

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Universal Pictures, Apatow Productions
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : Judd Apatow
Scénario : Amy Schumer
Montage : William Kerr
Photo : Jody Lee Lipes
Décors : Kevin Thompson
Musique : Jon Brion
Durée : 125 min

Casting :
Amy Schumer : Amy
John Cena : Steven
Brie Larson : Kim
Bill Hader : Aaron
Ezra Miller : Donald
LeBron James : Lui-même
Tilda Swinton : Dianna
Daniel Radcliffe : le promeneur de chien
Marisa Tomei : la propriétaire de chien

 

007 SPECTRE : James Bond est toujours (trop) James Bond

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spectreafficheUne saga au long cours a parfois besoin de voir ses aspects les plus routiniers bousculés au plus haut point pour prendre un nouveau départ et retrouver tout son intérêt. C’est exactement ce qui est arrivé à la saga James Bond en deux temps avec Casino Royal puis Skyfall. Deux films apportant un regard nouveau sur le personnage et qui laissaient espérer que le meilleur serait peut-être encore à venir. Malheureusement, 007 Spectre marque un retour aux fondamentaux assez brutal… trop brutal !

007 Spectre est donc un pur James Bond. On y retrouve tous les aspects, répliques, péripéties, scènes d’action que l’on peut s’attendre à trouver ici. Mais du coup, cela tourne quelque peu à la caricature. Comme si Sam Mendes en voulant renouer avec la tradition avait totalement oublié d’y ajouter sa propre vision et sa propre personnalité. Le voir choisi pour réaliser Skyfall avait surpris, mais la surprise avait été excellente. Ici se concrétisent les craintes formulées alors. Le réalisateur ne semble pas vraiment à l’aise, laisse chaque scène s’étirer un peu trop pour un résultat qui manque d’un rien de rythme et de souffle pour être totalement enthousiasmant.

spectre007 Spectre reste tout de même du cinéma à grand spectacle qui se laisse regarder sans ennui et un réel plaisir. Mais il range James Bond dans la catégorie pur divertissement formaté, comme il l’a pu l’être du temps de Roger Moore. Heureusement, Daniel Craig est totalement installé dans son rôle et on serait fort chagriné s’il ne devait pas l’incarner au moins encore une fois. Il a face à lui un Christoph Waltz quelque peu sous-exploité et une Léa Seydoux convaincante. On ne peut donc s’empêcher d’être frustré par un résultat globalement plaisant, mais sans surprise et sans génie.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : B24, Eon Productions, MGM, Columbia Pictures, Danjaq
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Sam Mendes
Scénario : John Logan, Neal Purvis, Robert Wade, Jez Butterworth
Montage : Lee Smith
Photo : Hoyte Van Hoytema
Décors : Dennis Gassner
Musique : Thomas Newsman
Directeur artistique : Chris Lowe
Durée : 148 mn

Casting :
Daniel Craig : James Bond
Christoph Waltz : Blofeld
Léa Seydoux : Madeleine Swann
Ralph Fiennes : M
Monica Bellucci : Lucia Sciarra
Ben Whishaw : Q
Naomie Harris : Eve Moneypenny
Dave Bautista : Mr Hinx
Andrew Scott : C

L’HERMINE : Jugé médiocre !

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lhermineafficheCe n’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule… et ce n’est pas parce qu’on n’a rien à raconter qu’il faut s’abstenir de faire un film. C’est ce qu’a du se dire Christian Vincent au moment de réaliser l’Hermine. Un film vide qui résume à lui seul tous les travers d’un certain cinéma français complaisant avec lui même et content de lui, malgré une insondable médiocrité. Heureusement, un peu de fraîcheur venue du Danemark empêche le naufrage d’être complet.

L’Hermine est un film où il ne se passe rien, qui ne dit pas grand chose et réalisé en roue libre. Certaines scènes s’étirent en une longueur déraisonnable alors que, si on les coupait purement et simplement au montage, le scénario n’en souffrirait pas d’un iota. Tout est fait pour masquer le grand néant d’une histoire sans épaisseur, sans surprise et surtout sans intérêt. C’est ni drôle, ni touchant, ne pousse pas spécialement à la réflexion et ne fait pas franchement battre le cœur.

lherminePensé presque exclusivement pour Fabrice Luchini, L’Hermine est un film aussi paresseux que sont principal interprète qui cabotine gentiment sans entrain. Il nous livre le même numéro, les mêmes mimiques, les mêmes intonations qu’à l’habitude, sauf que cela fait longtemps que l’on ne crie plus au génie pour si peu venant de lui. Heureusement, tout cela est contrebalancé, de manière bien trop incomplète malheureusement, par le charme de Sidse Babette Knudsen, dont les amateurs de l’excellente série Borgen connaissent déjà l’immense talent. Une lueur de bonheur dans ce grand rien, mais bien insuffisant pour que le verdict soit clément.

LA NOTE : 7/20

Fiche technique :
Réalisation : Christian Vincent
Scénario : Christian Vincent

Casting :
Fabrice Luchini : Michel Racine, président de cour d’assises
Sidse Babett Knudsen : Ditte Lorensen-Côteret, une jurée
Eva Lallier : Ann, la fille de Ditte
Victor Pontecorvo : Martial Beclin, l’accusé
Candy Ming : Jessica Burton, la compagne de Martial
Michaël Abiteboul : Jourd’hui, l’avocat de la défense
Corinne Masiero : Marie-Jeanne Metzer, une jurée
Claire Assali : avocate de la partie civile
Marie Rivière : Marie-Laure, la femme de Michel Racine
Floriane Potiez : la réceptionniste