J’adore John Turturro, l’acteur ! J’avoue que je ne connaissais pas encore John Turturro, le réalisateur. Je suis même allé voir Apprenti Gigolo en étant persuadé qu’il s’agissait de son premier passage de l’autre côté de la caméra. Il n’en est rien puisque c’est le 5ème long métrage de sa filmographie. Cependant, ce n’est pas sûr que je garde le même enthousiasme pour cet aspect de sa carrière.
Apprenti Gigolo est n’est pas un film désagréable. Une comédie humaniste avec de bonnes idées, de bons moments, un Woody Allen qui en fait des tonnes mais pour notre plus grand plaisir et une fin plutôt inattendue. On ne s’ennuie pas et le spectacle est plutôt sympathique. John Turturro possède incontestablement de grandes qualités dans la direction d’acteurs, car ses comédiens prennent beaucoup de plaisir à l’écran et ça se voit. Et comme le casting est plutôt prestigieux, Sharon Stone et Vanessa Paradis, complétant l’affiche, le spectateur en a pour son argent.
Cependant, Apprenti Gigolo n’arrive pas à aller plus loin qu’une aimable comédie légère. Les bonnes idées sont bonnes, mais jamais totalement exploitées. Le film reste très superficiel, ni vraiment intéressant, ni irrésistiblement drôle. John Turturro semble n’avoir pas su choisir entre un second degré clairement assumé et un ton un peu plus sérieux. Jouer sur les deux tableaux peut être source de richesse, mais ici, il est surtout source d’une petite frustration.
LA NOTE : 11/20

Malheureusement, Aimer, Boire et Chanter souffre par ailleurs de défauts largement rédhibitoires. Déjà, l’histoire manque juste totalement d’intérêt. Ce faux marivaudage ne passionne pas et les petits détails, comme l’amour d’un des personnages pour les pendules, ne sont jamais vraiment exploités et ne semblent là que pour remplir les grands vides laissés par l’intrigue. Mais le pire reste la performance de certains acteurs. André Dussolier se demande vraiment ce qu’il fait là. Et surtout, Caroline Silhol est tellement mauvaise que chacun de ses apparitions tournent au supplice. Et comme elle est là la moitié du temps…
On passe à Kiss Each Other Clean de Iron and Wine. Comme son nom ne l’indique pas, il s’agit d’un artiste solo venu lui aussi des Etats-Unis. On passe à un registre beaucoup plus paisible et folk, globalement maîtrisé, mais qui manque parfois passablement de peps. A côté de ça, on peut tout de même saluer un travail très intéressant sur les sonorités, qui viennent enrichir le duo voix-guitare. Mais là aussi, cela reste un peu en-dedans et souffre d’une trop grande discrétion. Au final, l’album se laisse écouter, ça coule tout seul aux oreilles, mais cela manque de relief pour être vraiment marquant.
On revient par chez nous avec l’An Demain, un album des Têtes Raides qui change un peu de ce que nous propose d’habitude ce groupe. Il s’ouvre d’ailleurs sur le morceau titre lent et mélancolique qui donne le ton pour la suite. Il se poursuit avec Fulgurance, un excellent single qui constitue le meilleur titre de l’album, mais là encore avec un rien de noirceur. La suite sera parfois plus dynamique, mais sans être jamais aussi enjoué que d’habitude. Cela nous permet cependant de profiter pleinement de la profondeur de la très belle voix de Christian Olivier. Les textes restent de leur côtés assez obscurs et le sens profond nous échappent souvent.
Au final, le meilleur moment de Captain America reste la petite scène cachée au milieu du générique qui annonce la prochaine production Marvel. Les amateurs de comics seront ravis cette fois de voir enfin apparaître deux personnages qui ne pouvaient pas rester plus longtemps sans prendre vie à l’écran.
D’un point de vue plus formel, Her souffre peut-être d’une légère longueur excessive. Un peu plus de deux heures, alors que le film se répète parfois un peu. L’intrigue avance toujours, mais souvent en faisant des cercles plutôt qu’en ligne droite. Cependant, jamais l’ennui ne gagne le spectateur du fait de la qualité de la mise en scène de Spike Jonze, mais aussi évidemment du charisme toujours aussi ravageur de Joaquin Phoenix.



Diplomatie brille surtout par l’immense talent des deux acteurs qui se font face à face dans ce huis clos psychologique. D’un côté, André Dussolier qui livre une performance certes sans surprise. Il fait du André Dussolier et il le fait bien ! La vraie star de ce film reste Niels Arelstrup dont le charisme irradie à chaque seconde. Il tient le film sur ses épaules, mais celles de ce géant du cinéma français sont assez larges pour le supporter sans trembler.
Mais voilà… parce qu’il y a un mais… on est tenté de faire la comparaison avec Moonrise Kingdom, son précédent film qui avait rencontré un immense succès. Et il faut bien avouer que The Grand Budapest Hotel est moins drôle, moins enthousiasmant, moins fantaisiste et moins imaginatif que son prédécesseur, malgré beaucoup de similitudes stylistiques. C’est évidemment toujours un peu injuste de juger un film en le comparant à un autre, mais il est difficile d’y échapper dans le cas présent. La différence ce situe peut-être un dans un ton un peu plus sérieux, quand Moonrise Kingdom assumait pleinement son aspect enfantin. Du coup, la mayonnaise prend un tout petit peu moins bien, mais reste néanmoins savoureuse.
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