FREDDY : LES GRIFFES DE LA NUIT : Sans intérêt

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freddylesgiffesdelanuitafficheAvant on faisait des remakes, c’est à dire qu’on refaisait de vieux films, généralement plusieurs décennies après l’original. Ce n’est pas nouveau, puisqu’un film comme Ben-Hur, avec Charlton Heston, en est un. Vous me direz que ça se pratique encore en prenant l’exemple du Choc des Titans, mais voyez-vous, pour le coup, je préfère oublier. Mais désormais, la mode est au reboot… Là ce n’est simplement un film que l’on refait à neuf, mais une série de films, ou franchise si vous voulez parler comme un pro. La dernière en date est donc la série des Freddy, dont l’originale comportait sept opus. Mais quand on voit la qualité de ce nouveau Freddy : les Griffes de la Nuit, on espère très fort qu’il ne fera pas autant de petits.

Il est déconseillé de dormir quand vous êtes un adolescent et que vous habitez Elm Street. Vos cauchemars seront hantés par un homme au visage brûlé, portant un vieux pull rayé et surtout des ciseaux au bout des doigts. Ca ne serait pas si grave si ce mystérieux personnage n’avait le pouvoir de vous éventrer dans leur sommeil. De quoi en perdre le sommeil.

Bon, j’avoue qu’en cinéma d’horreur, ma culture a de sévères lacunes… La preuve, je n’ai vu aucun des films originaux mettant en scène le très sexy Freddy Kruger. Je ne ferai donc pas trop de comparaisons. Cependant, je ne peux pas m’empêcher de faire le parallèle avec le remake de Massacre à la Tronçonneuse, sorti en 2003. D’un film à petit budget mais avec beaucoup d’imagination, on fait un film plat et sans intérêt. Tout le charme initial a disparu et par la même occasion l’effroi qui pouvait s’en dégager.

Une des malchances de ce Freddy : les Griffes de la Nuit est d’être sorti quelques mois après le formidable Esther. Si les contextes sont très différents, on est sur le même principe de « il y’a sûrement un truc dangereux derrière la porte…ou pas ». C’est cette incertitude constante qui nous fait trembler et maintient une tension constante. Sauf que dans ce film, il y’a toujours un truc dangereux derrière la porte, à savoir le Freddy en question. Du coup, on se lasse très vite de voir dix fois, vingt fois la même scène dont seul le décor change. Bref, créativité et originalité zéro et un scénario aussi plat que les plaines de la Beauce.

freddylesgriffesdelanuitPeut-être que des yeux vierges d’un tel spectacle seront tout de même impressionné par ce Freddy : les Griffes de la Nuit. Car c’est vrai que c’est techniquement très propre. Les effets spéciaux sont parfaitement réalisés, la mise en scène ne brille pas spécialement par son génie, mais démontre une certaine maîtrise. Quant au casting, là aussi rien à redire et même un petit coup de cœur pour la jeune Rooney Mara, dont la performance est peut-être la seule raison de se réjouir de ce film. Mais mon Dieu que tout cela est lisse…

Se pose donc la question existentielle : à quoi sert ce remake ? A quoi ça sert de refaire ce qui a déjà été fait en cent fois moins bien ? Il y’a bien sûr une histoire de gros sous derrière tout ça. Et vous me direz que j’ai moi-même contribué à donner raison aux producteurs en allant voir leur navet. Bon, je ne peux pas non plus avoir toujours de bonnes idées. La fin du film qui ouvre gros comme une raison sur une suite, je promets de ne pas me faire avoir une seconde fois.

En tout cas, ce Freddy : les Griffes de la Nuit m’aura donner deux bonnes idées : voir enfin l’original et revoir Esther ! Celles-là, elles sont très bonnes !

Fiche technique :
Production : Warner Bros, New Line Cinema, Platinium Dunes
Distribution : Warner Bros Entertainment France
Réalisation : Samuel Bayer
Scénario : Welsey Strick, Eric Haisserer
Montage : Glen Scantlebury
Photo : Jeff Cutter
Format : 35mm
Décors : Patrick Lumb
Musique : Steve Jablonsky
Directeur artistique : Craig Jackson
Durée : 95 mn

Casting :
Katie Cassidy : Kris Fowles
Rooney Mara : Nancy Holbrook
Kyle Gallner : Quentin Smith
Jackie Earle Haley : Freddy Krueger
Thomas Dekker : Dean Russell

CRAZY NIGHT : Une comédie qui fait rire

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crazynightafficheAllez, ne soyez pas timides, avouez-le. Je sais que je vous ai manqués ! Bah oui plus de quinze jours sans ciné pour moi, et donc sans critiques pour vous, ça a semblé être une éternité. Mais bon, hier enfin, j’ai réussi à trouver un moment de libre dans mon emploi du temps de ministre pour me faire une petite soirée ciné. Et pour la débuter en beauté, j’ai été voir Crazy Night, une comédie américaine qui aurai pu ne pas être drôle et qui finalement l’est.

Les Foster forment un couple modèle. Une maison en banlieue, un club de lecture, deux enfants et des sorties romantiques toujours dans le même resto. Bref, ils se font grave chier, mais ne se l’avouent pas vraiment ! Mais quand un couple d’amis décide de se séparer, ils prennent tous les deux conscience qu’il faut réagir. Et bien, direction New York, pour une soirée romantique dans un des restaurants les plus branchés. Mais la soirée en question va vite virer au cauchemar.

Dans la série des traductions absurdes, Crazy Night tient une jolie place, puisque le titre original est Date Night… Il ne vaut mieux ne pas chercher à comprendre… Si tant est qu’il y’ait quelque chose à comprendre. Bon, en tout cas, ce film, j’ai longtemps pensé ne pas aller le voir. Ayant vu la bande-annonce 653 fois, je me suis dit que j’avais déjà vu les meilleurs moments du film, comme c’est souvent le cas dans la bande-annonce. C’est au final pas totalement faux, mais pas totalement vrai non plus.

Ce sont au final les bonnes critiques qui m’ont incité à aller voir Crazy Night. Non qu’elles soient dithyrambiques, certaines sont même très mauvaises, à l’inverse personne ne crie au génie. Mais il y’en a un certain nombre qui prennent ce film pour ce qu’il est, un sympathique divertissement, sans aucune profondeur, mais avec assez de consistance pour maintenir les zygomatiques du spectateur en éveil pendant une heure et demi. On n’est loin des sommets dans le genre d’un Very Bad Trip, mais on aurait bien eu tort de s’y attendre.

L’absence de profondeur ne signifie pas forcément que le film ne développe pas certains thèmes en dehors de la comédie. Ici, c’est la vie de couple et la routine qui en découle qui sert de fil conducteur. Comme souvent, c’est la description de quand ça va mal qui fonctionne le mieux. A n’en pas douter, vous reconnaîtrez quelques couples de votre connaissance pendant le premier quart d’heure. Bon si, vous commencez à vous reconnaître vous-même, il est temps d’emmener votre partenaire pour un voyage inattendu ! Plus sérieusement, on a tous connu les affres de la routine et forcément, on ne peut échapper à une légère impression de « ça sent le vécu » qui rend les choses beaucoup plus drôles.

crazynightAprès, le reste du film s’assimile plus à la grosse farce et au premier degré. Mais Crazy Night recèle quelques moments de bravoure délectables, comme une poursuite en voiture qui arrive à être originale, ce qui est loin d’être facile vu le nombre qui ont déjà eu lieu sur grand écran. L’intrigue policière sous-jacente est des plus basiques, mais là n’est vraiment pas l’essentiel. L’essentiel est qu’on rit beaucoup et ça tombe bien, on était venu pour ça.

Crazy Night fonctionne bien, surtout parce que le couple Steve Carell-Tina Fey fonctionne lui aussi à la perfection. Si on ne ressentait aucune tendresse pour eux, le film aurait vite capoté. Evidemment, Steve Carell en fait un peu beaucoup parfois, mais Tina Fey ne s’en laisse pas compter et impose son charme et son talent face aux facéties de son partenaire. Un mot enfin sur la présence à l’écran du beaucoup trop rare Ray Liotta qui interprète là une nouvelle fois un rôle de gangster. Ah qui aurait imaginé après les Affranchis qu’il aurait une carrière si famélique…

Crazy Night n’est donc pas la comédie de l’année, mais un bonne tranche de rire à consommer sans modération.

Fiche technique :
Production : Shawn Levy, 21 Laps, Media Magik
Distribution : Twentieth Century Fox
Réalisation : Shawn Levy
Scénario : Josh Klausner
Montage : Dean Zimmerman
Photo : Dean Semler
Décors : David Gropman
Musique : Christophe Beck
Directeur artistique : Dan Webster
Durée : 88 mn

Casting :
Steve Carell : Phil Foster
Tina Fey : Claire Foster
Mark Wahlberg : Holbrooke
Taraji P. Henson : Detective Arroyo
Jimmi Simpson : Armstrong
James Franco : Taste
William Fichtner : Franck Crenshaw
Kristen Wig : Haley Sullivan
Mark Ruffalo : Brad Sullivan
Ray Liotta : Joe Miletto 

EPEE DE BOIS ET RAQUETTE DE PLOMB

tsongarolandgarros2010

tsongarolandgarros2010Avec l’abandon de Jo-Wilfried Tsonga, le derniers feux tricolores vient de s’éteindre à Roland-Garros. Non, promis, ce billet ne sera pas un festival de calembours foireux, mais une petite réflexion pour comprendre comment on est arrivé à connaître quasiment les pires performances jamais enregistrées pour les joueurs français pendant cette quinzaine. Un fiasco que l’on avait pourtant pas tellement anticipé.

Pourtant, si on regarde les performances individuelles, le seul à s’être vraiment planté est Gaël Monfils. Chacun des autres résultats, que ce soit sur la manière ou la différence de niveau, il n’y avait jamais à crier au scandale. Mais n’est-ce pas justement cela qui est vraiment inquiétant ? N’est-ce pas le symptôme d’un mal beaucoup plus profond qui touche le tennis français ?

Pourtant, nous sommes censés être dans une période faste, au moins chez les hommes. La France a ses nouveaux Mousquetaires. Sauf que leurs épées sont en bois… Ok, j’ai dit que j’arrêtais les calembours, mais il est indéniable que notre quatuor, s’il possède un talent comme on en a rarement connu chez nous, il possède également de gros points faibles.

Pour deux d’entre eux, Simon et Tsonga, c’est le corps qui pêche. Ca casse souvent, à tel point que Gilles Simon n’était même pas présent cet année. Jo-Wilfried, qui possède peut-être le potentiel le plus impressionnant, est trop souvent sur le flanc pour s’installer dans le top 5. Le voir abandonner aujourd’hui était un déchirement car rien, à part ça, ne nous empêchait d’imaginer qu’il aille très loin dans ce tournoi.

Pour les deux autres, Monfils et Gasquet, c’est le mental qui fait souvent faux bond. Sur ce blog, j’ai souvent répété tous les espoirs que je place en Richard Gasquet, sûrement le plus talentueux de tous, malgré ses limites physiques. Mais voilà, si les éclairs de génie peuvent encore frapper, la constance dans les résultats ne sont toujours pas là, ce que sa suspension n’a évidemment pas aidé. Mais à ce sujet, il ne peut s’en prendre qu’à sa propre bêtise. Dans ces pages, j’ai aussi souvent rapporté tout le mal que je pense de Gaël Monfils. Ses deux derniers Roland-Garros m’auraient presque fait changer d’avis, mais sa défaite lamentable au deuxième tour cette fois-ci, dans un match qu’il aurait pu gagner les doigts dans le nez, nous rappelle qu’il n’est pas un vrai champion. On ne verra jamais un Nadal ou un Federer commettre une telle faute professionnelle, devant leur propre public qui plus est. Il n’y aucune excuse à lui trouver.

Chez les filles, on le sait, l’époque où Mauresmo et Pierce s’affrontaient au Masters est bien révolue. J’ai écrit un article très élogieux sur Marion Bartoli au moment de sa finale à Wimbledon, mais force est de constater que son ego est nettement plus démesuré que son mental de championne. Pourtant, je reste convaincu que le potentiel est là, mais pas sûr que son mode de fonctionnement si particulier et discutable lui permette jamais de l’exprimer pleinement. Quand à Aravane Rezaï, on peut guère lui reprocher l’emballement médiatique qui a suivi sa victoire à Madrid. Là aussi, un potentiel est là, et on peut, dans son cas, encore espérer qu’il soit pleinement exprimé un jour. Il reste cependant à étoffer un jeu encore très basique.

Le tennis français porte donc en lui beaucoup d’espoir. Mais ce Roland-Garros nous a montré une nouvelle fois que ce sont les plus grands espoirs qui provoquent les plus grandes déceptions.

AU RISQUE DE ME REPETER

hungparliament

hungparliamentOn va dire que je me répète un peu avec ce billet, mais que voulez-vous, l’autre jour j’ai encore bondi de mon canapé en lisant quelque chose que j’ai trouvé particulièrement consternant. Dans un article concernant les récentes élections législatives en Grande-Bretagne, une femme expliquait pourquoi elle avait voté de manière à ce que le Parlement n’ai pas de majorité. Elle disait en substance qu’elle a avait fait cela pour que les hommes politiques de son pays grandissent et apprennent à travailler ensemble… En gros, je souhaite que les citoyens n’expriment aucune préférence et qu’on laisse les parlementaires se débrouiller entre eux.

On est là devant une dérive extrême provoquée par la lâcheté qui semble frapper les citoyens. Faire des choix, prendre des décisions, arbitrer face à des alternatives semblent devenus une sorte de maladie dont chacun cherche à se garder. La responsabilité ne passera pas par moi pourrait être un nouveau slogan de ce mouvement d’abandon qui menace la démocratie dans son plus profond fondement.

Cette dame, très certainement respectable, n’a donc pas l’intention de choisir dans quelle société elle souhaite vivre. Elle préfère subir ces choix, et aussi leurs conséquences pour elle-même et les autres, dont elle se sentira totalement étrangère, en aucun cas responsable, et donc tout à son aise de s’indigner contre tout ce qui, au final, ne lui conviendra pas. C’est pas moi, je n’ai rien fait, je suis une victime, postures tellement plus faciles à tenir qu’être un citoyen responsable qui cherche à être vraiment acteur de la construction collective qui s’appelle la société, dont la démocratie représentative reste, jusqu’à preuve du contraire, le mode de fonctionnement le plus juste.

L’argument que l’on opposera à mon discours repose sur le fait qu’au final les décisions sont bien prises par les élus, non directement par les citoyens. C’est évidemment là le principe de base de la démocratie représentative, sans doute à la fois sa plus grande force, mais aussi sa plus grand faiblesse. Cependant qui a vraiment le pouvoir ? Les électeurs peuvent par leur vote se débarrasser d’un élu, les élus peuvent plus difficilement se débarrasser des électeurs… Enfin certains ont bien essayé, et parfois réussi. Cela s’appelle la dictature, situation dans la Grande-Bretagne est tout de même très loin.

Après, contre mon argumentation reste le dernier rempart de la sagesse populaire : « tous pourris ! », « droite et gauche, c’est la même chose, de toute façon, ça ne changera rien ! ». Une posture intellectuelle super subtile et pertinente qui considère comme équivalents les trios « 35h-PACS-congé de paternité » et « bouclier fiscal-politique judiciaire répressive-diminution du nombre d’enseignants »… Le jour où je verrai tous ceux qui assènent le mythique « on paye trop d’impôts » se donner la peine de suivre un débat sur la fiscalité plus de 1min30, je souscrirai à ce genre de raisonnement…

Enfin pour en revenir à la brave Anglaise que j’évoquais au début de ce billet, j’avoue avoir été un tantinet sévère. Au moins, elle, elle vote…

ILS NE SONT PLUS PERDUS, MAIS ILS LAISSENT UN VIDE…

lost

lostVoilà, c’est fini… Jack, Kate, Sawyer, Locke et Hurley ne seront plus jamais Lost on the Island. Ca fait un peu bizarre, quand on a passé six ans avec de tels personnages, de se dire qu’ils ne feront plus jamais partis de notre vie. Bon ok, ce n’était qu’une série, mais pas n’importe laquelle. Auparavant, je n’avais ressenti qu’une seule fois cette impression si particulière, le jour de la fin de Friends…

Plus que toute autre série, les six saisons de Lost auront raconté une seule et même histoire en continue. Enfin une seule, c’est vite dit, vu qu’elle s’est toujours caractérisée par ses intrigues parallèles. Le découpage en saisons est ici largement artificiel, même si évidemment chacune d’elle se termine sur un cliffhanger encore plus terribles que d’habitude. C’est cette continuité qui a fait son immense succès car il a toujours laissé le spectateur avec sa frustration et son envie irrésistible de connaître la suite. C’est ce qui fait de cette série une expérience unique dans l’histoire de la narration et une série vraiment à part.

Lost est aussi une des rares séries ayant réussi à rebondir pour repartir de plus belle. Ce n’était pourtant pas évident d’arriver à changer les ressorts narratifs tout en gardant cette continuité. Les scénaristes y sont parvenus alors qu’à la fin de la saison 2, on pouvait vraiment craindre que la série soit vraiment partie pour tourner définitivement en rond. Ce ne fut pas du tout le cas par la suite, pour notre plus grand bonheur.

Tout cela a fait de Lost un vrai compagnon. C’est un peu le cas de toutes les séries, dont on attend fébrilement et avec impatience chaque nouvel épisode. On surveille les dates de sortie, on compte les jours, on hurle à la fin de chaque saison en pensant aux longs mois qui nous sépare de la reprise. Un peu comme les saisons (printemps, été, automne, hiver !!!!), les séries que l’on aime rythment notre vie. Elles constituent aussi un vrai sujet de discussion universel, une vraie culture qui a pris un fantastique essor ces dernières années, même si on oublie souvent que pendant longtemps les œuvres littéraires étaient publiées en premier lieu sous forme de feuilleton. Les séries ont crée leurs propres mythes, leurs propres codes, leurs propres références.

Lost aura largement contribué à cette montée en puissance de la série télévisée comme outil de narration. Son intrigue constitue surtout une des plus incroyables histoires jamais racontées. Bien sûr, sa conclusion (enfin on parle des 15 dernières minutes) n’est peut-être pas tout à fait à la hauteur du reste (cela pourrait constituer un débat à lui seul, mais franchement, j’ai pas la force de l’entamer là, tout de suite). Mais même si les adieux sont décevants, cela n’enlève rien à la légère tristesse d’être arrivé au bout d’une si belle aventure… Et Dieu qu’elle fut belle…

GUY ET JOSE SUR LE TOIT DE L’EUROPE

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guynovesAprès un week-end occupé, mais bien occupé, je peux enfin reprendre ma plume (ou plutôt mon clavier) et je ne pouvais pas ne pas écrire au moins un petit mot sur la belle soirée européenne de samedi dernier. Toulouse et Milan ont réussi leur pari en remportant un titre continental amplement mérité.

J’ai déjà parlé de l’histoire d’amour entre le Stade Toulousain et la Coupe d’Europe dans un billet précédent. Cela se confirme puisqu’il est devenu le premier club français à être quadruple champion d’Europe, tout sport collectif confondu. Je ne pourrai donc plus répéter que Bourges est le club français le plus titré au niveau européen. Guy Novés, à la tête de l’équipe rouge et noire depuis près de 20 ans, vient de se forger un palmarès d’entraîneur à nul autre pareil dans l’histoire du sport français. Et au niveau mondial, seul un Alex Ferguson en football ou un Phil Jackson en basket peuvent lui être comparés (pour les entraîneur en activité).

Certains diront que j’oublie dans cette liste José Mourinho, victorieux de sa deuxième Ligue des Champions. Un titre conquis avec l’Inter de Milan, 6 ans après celui conquis avec Porto. Un personnage que l’on adule parfois, que l’on déteste souvent. Sa morgue, son ego démesuré qui le conduise à s’octroyer lui-même le titre de « the special one », horripilent et agacent. Mais personne ne peut lui enlever son incroyable talent de meneur d’hommes et un sens tactique hors du commun. Il est incontestablement le meilleur entraîneur actuel.

Que lui manque-t-il pour être au même rang que les entraîneurs cités plus haut ? Au-delà du palmarès brut, il n’est jamais resté assez longtemps dans un même club pour devenir un bâtisseur, qui instaure une véritable culture destinée à lui survivre et qui transforme un club bien au-delà du terrain. Cette œuvre, il l’a commencé à Chelsea mais n’a pas pu la poursuivre jusqu’au titre suprême. Et son départ annoncé vers le Real Madrid prouve bien qu’il ne construit pas sa carrière dans cette optique-là, comme si sa propre gloire était vouée à toujours dépasser celle des équipes qu’il entraîne. C’est dans doute là sa plus grande force… mais aussi sa plus grande limite.

L’ESPOIR (Cali) : Entre engagement et mélancolie

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lespoircaliJe n’ai pas honte de le dire, mais j’aime beaucoup Cali. Ca y’est, je l’ai dit… Quel soulagement d’un coup que ça soit enfin sorti ! Je peux enfin assumer au grand jour ! Bon demain, j’essayerai de vous dire que j’aime aussi Calogero, mais là, pas sûr que j’en ai le courage…

Bon en fait, j’ai surtout aimé les deux premiers albums de Cali, car ce troisième album studio, l’Espoir, est nettement en deçà, comme frappé du syndrome du « je commence un tantinet à tourner en rond ». Un album qui ne confirme donc pas tous les espoirs que l’on avait placé en lui… Et oui, j’aime Cali, mais j’aime aussi les jeux de mots à quinze centimes d’euros, comme quoi, nul n’est parfait.

Pourtant, avec l’Espoir, Cali essaye de sortir, un peu, de son thème favori qui est une grand mélancolie amoureuse. Ah je ne sais pas toujours pas ce que les femmes lui ont fait, mais ça n’a pas du être toujours joli, joli ! Mais bon du coup, il donne un peu l’impression d’avoir écrit des dizaines de fois la même chanson. Et là faut avouer que ça lasse un peu. Heureusement, ce coup-ci, il ajoute une nouvelle corde à son arc, celle de chanteur engagé. Mais bon heureusement, c’est vite dit…

En effet, les chansons engagées sont de loin les meilleures de l’album. Mais elles sont bien trop peu nombreuses pour que cela le sauve complètement d’une certaine impression de paresse. Il y’a bien sûr, 1 000 Cœurs Debout, la chanson phare de l’Espoir, de loin la meilleure et pour le coup, une vraie réussite. Mais les deux albums précédents comportaient trois ou quatre chansons retenant vraiment l’attention. Là une seule, c’est bien peu.

Le reste de l’album alterne le sympa, souvent, et le franchement transparent, parfois. Le tout n’est pas si mauvais que ça, mais on n’est trop loin de ce que l’on pouvait espérer pour que la déception ne domine pas. Encore une fois, c’est vraiment l’absence de plusieurs chansons sortant vraiment du lot qui pose problème. Du coup, on écoute, on écoute, mais on ne s’enthousiasme pas. Et on n’attend pas vraiment d’un chanteur comme Cali d’être une simple auteur de musique d’ambiance à passer en fond sonore.

L’Espoir est donc un espoir déçu… Quoi ça suffit avec mon jeu de mot ? Je l’ai déjà placé tout à l’heure, il est vrai, mais là, j’essaye le comique de répétition. Peut-être que ça fonctionnera mieux.

Faisons le tour des chansons de cet album

1. L’espoir
Pour commencer, une chanson plus parlée que chantée. Elle donne le ton engagé de l’album, même si musicalement, ça n’a pas beaucoup d’intérêt.

2. Je ne te reconnais plus
Un duo avec Olivia Ruiz au ton beaucoup plus léger. Sympa mais sans plus.

3. 1000 cœurs debout
Une excellente chanson engagée, un rien naïve, mais si enthousiaste et surtout enthousiasmante.

4. Comme j’étais en vie
Une chanson très mélancolique. Un amour malheureux typique de Cali

5. Je suis laid
Un morceau plus gai et entraînant musicalement. Mais musicalement seulement, parce qu’au niveau du texte…

6. Sophie Calle no 108
Toujours le même thème, l’amour au passé, avec toujours plus de mélancolie

7. Résistance
Un rock engagé. C’est encore ce que Cali sait faire de mieux sur cet album.

8. Amoureuse
Retour à la mélancolie pour cette belle chanson.

9. Pas la guerre
Une chanson réussie sur… la mort… on ne se refait pas.

10. Giuseppe et Maria
Une chanson à la fois mélancolique et engagée, Cali tourne un peu en rond.

11. Les beaux jours approchent
On dirait du Brel… mais du mauvais Brel.

12. Je me sens belle
Une chanson douce, mais pleine d’espoir, ça change.

13. Paola
Un morceau gai et entraînant. Il sait le faire et bien le faire. Dommage qu’il le fasse pas un peu plus souvent.

14. Le droit des pères
Une chanson engagée mais qui laisse indifférent, même si le sujet est intéressant (le droit des pères lors d’un divorce).

15. List of lies
Un morceau plutôt rock pour finir, mais pour un résultat pas terrible

JUSTICE ET CHATIMENT

justice

justiceS’il est un sujet que j’aborde assez peu ici, parce que je n’y connais pas grand chose, c’est celui de la justice. Et oui, je ne suis pas encore tout à fait un homme politique puisque je renâcle encore à parler de choses pour lesquelles je n’ai aucune compétence particulière. Mais en apprenant la nouvelle de la libération de Véronique Courjault après moins de 4 ans de prison, j’avoue que mon esprit a été quelque peu titillé.

En lisant les commentaires postés sur les articles relatifs à cette affaire, on ne lisait qu’indignation et colère. Bon, le niveau intellectuel moyen des commentaires, ce n’est pas forcément une référence, mais j’avoue que, même moi, je suis désagréablement étonné qu’on puisse sortir si tôt après un triple infanticide. Mais cela m’a amené à me poser une question quand même assez cruciale : ça sert à quoi d’envoyer les gens en prison ?

Une première raison, celle que la droite donnerait, c’est que la punition est dissuasive. C’est une idée qui paraît simple, et qui, comme toutes les idées simples, est partiellement fausse. On sait très bien, et tous les chiffres le prouvent, rendre un système judiciaire plus répressif n’a jamais à lui seul fait baisser la délinquance. Bien sûr, c’est la peur de la sanction qui nous dissuade de certains comportements, comme ne pas payer le parcmètre. Avouons-le, le sens citoyen n’est pas toujours suffisant. Mais cela est guère transposable à la grande délinquance.

La deuxième raison est que l’emprisonnement contribue à la sécurité générale. Déjà parce qu’un criminel en prison ne risque pas de nuire au citoyen innocent. Evidemment, il finira par sortir, mais là on peut espérer qu’il n’aura alors plus envie de recommencer. Mais si l’effet dissuasif à priori est sujet à caution, l’effet à posteriori tient lui de la légende. La prison comme usine à récidive n’est malheureusement pas qu’un mythe.

La dernière raison est elle beaucoup moins rationnelle. C’est la punition pour la punition, indépendamment de toute considération quant à son utilité et ses conséquences. Il s’agit là d’une considération éminemment morale et pour laquelle chacun est plus ou moins réceptif. Aucun élément objectif ne permettra de trancher le débat qui se poursuivra tant que les hommes vivront en société.

Maintenir Véronique Courjault poursuivrait quel but ? La dissuasion à priori, c’est évidemment déjà trop tard. Après, personnellement, en tant qu’humble citoyen, je ne me sens pas vraiment dans une plus grande insécurité depuis sa sortie de prison. Reste donc les considérations morales. Et là, le débat est loin d’être tranché… et ne le sera jamais.

L’ELITE DE BROOKLYN : Joli trio pour un film classique

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lelitedebrooklynafficheLe flic new-yorkais est un sujet cinématographique particulièrement apprécié. Vous me direz celui de Los Angeles, Miami ou Chicago également, mais la Grosse Pomme, c’est un monde à part, une ville qui fait rêver à nulle autre pareille. Et bien dans l’Elite de Brooklyn, ce n’est pas un mais trois flics qui vous sont offerts ! Elle n’est pas belle la vie ?

Eddie n’est plus qu’à une semaine de la retraite et aimerait y arriver au plus vite, pour fuir ce métier qui ne l’anime plus depuis longtemps et l’a fait plonger dans l’alcool. Sal est en train de tourner au ripou, même si c’est pour pouvoir offrir à sa famille un logement décent. Tango, quant à lui, bosse en infiltration depuis plusieurs années. Il n’en peut plus de cette situation et voudrait en sortir au plus vite, même si sa hiérarchie dit encore avoir besoin de lui.

L’Elite de Brooklyn est un film extrêmement classique, aussi bien dans le fond que dans la forme, mais non dénué de qualités. Un polar noir, centré sur le destin et la personnalité de flics qui s’enfoncent peu à peu dans un logique qui les envoie droit dans le mur. Bref un sujet quelque peu raconté mille fois, si ce n’est plus, mais dont on ne se lasse pas quand c’est bien fait. C’est le cas ici et le choix des trois histoires parallèles (qui finissent tout de même par se rejoindre), si, là aussi, ce n’est pas révolutionnaire, cela permet au film d’être particulièrement riche et dense.

L’Elite de Brooklyn est un vrai film noir, dur et parfois violent. Les images sont parfois crues, âmes sensibles s’abstenir. Encore une fois, c’est avant le parcours des trois protagonistes qui est au cœur du scénario. Pas d’action ou de violence gratuites, juste là pour le spectacle. Mais leur parcours croisent des moments de grande violence, qui, eux, sont montrés sans détours. Et vous l’imaginez bien, les trois histoires ne se terminent pas par trois happy ends. Cependant, le film maintient le suspense jusqu’au bout sur le dénouement de chacune d’elles.

lelitedebrooklynL’Elite de Brooklyn est aussi un formidable casting. C’est d’ailleurs dans ce domaine que ce film se détache des productions du même type. Le trio de flics est interprété par Richard Gere, Ethan Hawke et Don Cheadle, avec Wesley Snipes en second rôle. Une affiche de prestige donc, surtout qu’ils font tous étalage de leur grand talent. Bien sûr, ce dernier n’est pas tout à fait égal entre eux. Ethan Hawke est vraiment la grande star de ce film, Richard Gere se contente d’être Richard Gere (ce qui est déjà pas mal… mais je me demande juste quand cet homme va se décider à vieillir ?) et Don Cheadle prouve qu’il peut être à la hauteur dans des rôles plus intéressants que le meilleur ami d’une boîte de conserve volante.

Un mot enfin sur la caméra de Antoine Fuqua, dont la filmographie semblait tirer vers le n’importe quoi depuis ses débuts avec le très réussi Training Day. Il nous offre ici un film de grande qualité, même si la prise de risque artistique et scénaristique est minime. Cependant, il fait preuve d’une vraie maîtrise. Ce qu’il fait, il le fait bien et c’est peut-être mieux comme ça.

L’Elite de Brooklyn est donc un film de grande qualité, dont la seule vraie limite est une légère impression de déjà vu. Mais un tel casting fait assez plaisir à voir pour que cela ne soit pas non plus insurmontable.

Fiche technique
Réalisateur : Antoine Fuqua
Scénariste : Michael C. Martin
Coordinateur des cascades : John Centatiempo
Directeur de la photographie : Patrick Murguia
Monteuse : Barbara Tulliver
Chef décoratrice : Thérèse DePrez
Costumière : Juliet Polcsa
Compositeur : Marcelo Zarvos
1er assistant réalisateur : Joe Napolitano
Ingénieur du son : Joe White

Casting :
Richard Gere : Eddie Dugan
Don Cheadle : Tango
Ethan Hawke : Sal
Lili Taylor : Angela
Wesley Snipes : Caz
Vincent D’Onofrio : Carlo
Ellen Barkin : L’agent du FBI
Will Patton : Lieutenant Bill Hobarts

24 HOMMES SUR UN BATEAU

domenech

domenechCa y’est, le grand comique Raymond Domenech a mis fin à son sketch hilarant « j’annonce la liste des 23, qui sont en fait 30, avant d’être 24, cinq jours plus tard ». Ah sacré Raymond, toujours le mot pour rire ! Bon, ce n’est pas évident que les 6 couillons du jour aient vraiment goûté le sens de l’humour si particulier de notre sélectionneur adoré.

Une sélection pour une grande compétition, c’est, au moment de son annonce, avant tout une formidable occasion de débats sans fin dans tous les cafés du commerce. Et pour la Coupe du Monde de football, ce sont tous les cafés du commerce de la planète qui s’animent soudain d’expertises très pointues en terme de composition d’équipe. Mais il faut avouer qu’en France, le débat est particulièrement vif car les choix de Domenech ont encore une fois quelque peu surpris.

Bon, si la liste des 30 recelaient quelques éléments qui ont permis à Domenech de faire son intéressant, pour les 24, on revient aux fondamentaux. Bien sûr, le débat se poursuit, tous les choix étant contestables par nature, venant de notre sélectionneur en particulier. Je vais donc, rapidement, participer moi aussi au grand déballage général d’avis super pointus.

Je passerai rapidement sur le cas Marc Planus, qui est là pour faire joli, vu que Gallas semble bien parti pour être apte. Par contre, on peut évidemment s’étonner de l’absence de Escudé et même Mexes, dont les performances en club devraient leur permettre de figurer dans la liste. Mais pour une fois, je vais donner raison à Raymond, puisque on ne peut vraiment pas lui reprocher de ne pas leur avoir donné leur chance à tous les deux. Ce n’est pas de sa faute si leurs performances ont souvent frôlé le catastrophique, une fois le maillot bleu enfilé.

La présence de Valbuena prête aussi à discussion. Personnellement, je ne l’aurais pas pris. Mais voilà, personne ne m’a donné à mon avis à la FFF. Mais il est vrai que son profil assez particulier peut être un élément de complément intéressant. Il ne s’agit pas toujours de prendre les meilleurs, mais aussi d’assurer une cohérence et une diversité suffisante à la sélection pour que l’équipe puisse faire face à toutes les situations. Et le petit Marseillais a déjà brillé en Ligue des Champions, prouvant qu’il savait rester performant quand le niveau général s’élève.

Le dernier choix de cette liste qui fait couler beaucoup d’encre est bien sûr l’absence de Benzema. On ne peut que regretter l’absence d’un joueur d’un tel talent. Bien sûr, sa saison moyenne et son attitude parfois limite n’ont pas joué en sa faveur, mais réclamer sa présence reste tentant. Cependant, il faut ensuite répondre à l’épineuse question : à la place de qui ? Et c’est là qu’on s’aperçoit que choisir, c’est renoncer et que ce n’est pas toujours facile.

Anelka paraît incontournable par sa bonne saison et son caractère souvent décisif en équipe de France. Cissé a doublé tout le monde dans la dernière ligne droite, mais son excellente saison et les promesses offertes par les quelques minutes passées sur le terrain lors du dernier France-Espagne rendent sa présence somme toute logique. Ensuite, on peut éventuellement contester la présence de André-Pierre Gignac, dont la saison fut plutôt laborieuse. Mais il a toujours répondu présent en Equipe de France et fait preuve d’un enthousiasme dont est bien incapable l’avant-centre du Real Madrid.

En fait, de tous les attaquants de pointe, c’est sans doute Thierry Henry dont on serait tenté de se passer au profit de Benzema. Mais comment toucher au capitaine ? Comment toucher à un homme qui a toujours si souvent sauvé l’Equipe de France de situations périlleuses ? Bien sûr, il a très peu joué ces derniers mois (même si cela ne l’a pas empêché de souvent marqué lorsqu’il était sur le terrain), mais on voit mal les Bleus faire sans lui. Bien sûr, si sa Coupe du Monde se passe mal, nombreux seront ceux pour dire « je l’avais bien dit ! », mais aujourd’hui, ce discours semble surtout totalement hors de propos. Mais il est si commode de brûler ce que l’on a adoré hier.

Bon, finalement, j’ai passé mon article à défendre la sélection de Raymond Domenech. Mais que voulez-vous, il ne peut pas avoir tous les défauts non plus. Il en déjà suffisamment comme cela. Enfin, de toute façon, une seule chose compte : Allez les Bleus !