
Il est déconseillé de dormir quand vous êtes un adolescent et que vous habitez Elm Street. Vos cauchemars seront hantés par un homme au visage brûlé, portant un vieux pull rayé et surtout des ciseaux au bout des doigts. Ca ne serait pas si grave si ce mystérieux personnage n’avait le pouvoir de vous éventrer dans leur sommeil. De quoi en perdre le sommeil.
Bon, j’avoue qu’en cinéma d’horreur, ma culture a de sévères lacunes… La preuve, je n’ai vu aucun des films originaux mettant en scène le très sexy Freddy Kruger. Je ne ferai donc pas trop de comparaisons. Cependant, je ne peux pas m’empêcher de faire le parallèle avec le remake de Massacre à la Tronçonneuse, sorti en 2003. D’un film à petit budget mais avec beaucoup d’imagination, on fait un film plat et sans intérêt. Tout le charme initial a disparu et par la même occasion l’effroi qui pouvait s’en dégager.
Une des malchances de ce Freddy : les Griffes de la Nuit est d’être sorti quelques mois après le formidable Esther. Si les contextes sont très différents, on est sur le même principe de « il y’a sûrement un truc dangereux derrière la porte…ou pas ». C’est cette incertitude constante qui nous fait trembler et maintient une tension constante. Sauf que dans ce film, il y’a toujours un truc dangereux derrière la porte, à savoir le Freddy en question. Du coup, on se lasse très vite de voir dix fois, vingt fois la même scène dont seul le décor change. Bref, créativité et originalité zéro et un scénario aussi plat que les plaines de la Beauce.

Se pose donc la question existentielle : à quoi sert ce remake ? A quoi ça sert de refaire ce qui a déjà été fait en cent fois moins bien ? Il y’a bien sûr une histoire de gros sous derrière tout ça. Et vous me direz que j’ai moi-même contribué à donner raison aux producteurs en allant voir leur navet. Bon, je ne peux pas non plus avoir toujours de bonnes idées. La fin du film qui ouvre gros comme une raison sur une suite, je promets de ne pas me faire avoir une seconde fois.
En tout cas, ce Freddy : les Griffes de la Nuit m’aura donner deux bonnes idées : voir enfin l’original et revoir Esther ! Celles-là, elles sont très bonnes !
Fiche technique :
Production : Warner Bros, New Line Cinema, Platinium Dunes
Distribution : Warner Bros Entertainment France
Réalisation : Samuel Bayer
Scénario : Welsey Strick, Eric Haisserer
Montage : Glen Scantlebury
Photo : Jeff Cutter
Format : 35mm
Décors : Patrick Lumb
Musique : Steve Jablonsky
Directeur artistique : Craig Jackson
Durée : 95 mn
Casting :
Katie Cassidy : Kris Fowles
Rooney Mara : Nancy Holbrook
Kyle Gallner : Quentin Smith
Jackie Earle Haley : Freddy Krueger
Thomas Dekker : Dean Russell

Après, le reste du film s’assimile plus à la grosse farce et au premier degré. Mais Crazy Night recèle quelques moments de bravoure délectables, comme une poursuite en voiture qui arrive à être originale, ce qui est loin d’être facile vu le nombre qui ont déjà eu lieu sur grand écran. L’intrigue policière sous-jacente est des plus basiques, mais là n’est vraiment pas l’essentiel. L’essentiel est qu’on rit beaucoup et ça tombe bien, on était venu pour ça. 






L’Elite de Brooklyn est aussi un formidable casting. C’est d’ailleurs dans ce domaine que ce film se détache des productions du même type. Le trio de flics est interprété par Richard Gere, Ethan Hawke et Don Cheadle, avec Wesley Snipes en second rôle. Une affiche de prestige donc, surtout qu’ils font tous étalage de leur grand talent. Bien sûr, ce dernier n’est pas tout à fait égal entre eux. Ethan Hawke est vraiment la grande star de ce film, Richard Gere se contente d’être Richard Gere (ce qui est déjà pas mal… mais je me demande juste quand cet homme va se décider à vieillir ?) et Don Cheadle prouve qu’il peut être à la hauteur dans des rôles plus intéressants que le meilleur ami d’une boîte de conserve volante.
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