C’EST BEAU UN MONDE QUI JOUE

coupedumonde2010

coupedumonde2010Demain commence un moment à part. Un moment qui revient tous les quatre ans pour un bon mois. Un mois d’émotions, de spectacle, de souvenirs à jamais gravés. Un mois de cris, de pleurs, de tremblement, d’espoirs, de déceptions, et surtout et avant tout de joie. Un mois pendant lequel le reste du monde s’arrête quelque peu de tourner pour laisser place au plaisir infantile, mais si humain, si pur, du jeu. Demain commence la Coupe du Monde de football.

J’aime le football passionnément, comme j’aime le cinéma. Si je devais choisir l’un ou l’autre, ce serait le pire des déchirements. Ils sont à la fois très différents, mais aussi terriblement similaires. Ils ont tous les deux leurs héros, leurs mythes, leurs gentils, leurs méchants, leurs drames et leurs happy-ends. Ce sont deux spectacles dont les acteurs maîtrisent leur gestuelle pour transmettre une émotion. Ce sont surtout deux vecteurs de rêve et d’évasion à nul autre pareil.

Il n’y a rien de plus universel que le football. Partout dans le monde, même dans les coins les plus reculés, vous pouvez parler football. Qu’importe alors les différences culturels, la barrière de la langue, vous parlerez alors le même langage. Pendant un mois, l’humanité entière va se retrouver autour d’un poste de télé ou de radio pour célébrer cette Coupe du Monde, la première sur le continent africain. Le ballon de football est rond, comme l’est notre monde.

Alors évidemment, il ne tourne pas toujours si rond que ça. Il y’a naturellement tous les intéressés pour faire fructifier sous forme d’espèces sonnantes et trébuchantes l’enthousiasme innocent des amateurs de football. Bien sûr, il y’a tous ceux qui transforment cette enthousiasme en une haine et une violence qui n’a parfois pas de limite. Mais tout cela n’est qu’une goutte d’eau au milieu de l’océan des millions de matchs qui se déroulent chaque week-end pour le simple amour du jeu. Une goutte d’eau grossie à l’infini par la loupe médiatique qui ne fera jamais sa une sur le match entre copains, poteaux de but en blouson, où le père qui emmène son fils pour la première fois au stade.

Le monde entier se retrouvera donc en Afrique du Sud. Enfin presque, 32 nations sur les 200 que compte notre planète. Mais aucune compétition ne rassemble une telle diversité pour un même jeu. L’athlétisme est le seul sport qui peut se targuer d’un tel universalisme, mais cela n’est déjà plus vrai si on le considère épreuve par épreuve. Il faut peu de chose pour jouer au football. Même le ballon n’est pas un dispensable, une canette vide peut faire l’affaire. Qu’on soit riche ou pauvre, qu’on soit deux ou cinquante, qu’on soit petit ou grand, qu’on soit noir ou blanc, on peut jouer au football où que l’on soit. C’est ce qui fait la force du football et explique l’amour irrationnel que l’humanité lui porte.

Demain commence la Coupe du Monde de football. Alors oui peut-être que je maudirais quelques Italiens, que je jalouserais les Espagnols, que je souhaiterais bien du mal aux Anglais, tranchant avec le discours de fraternité universelle que j’ai l’air de tenir. Comme les meilleurs films, le football a besoin de quelques méchants et l’enthousiasme aidant, on se retrouve souvent à renier ses beaux principes et ses belles postures intellectuelles. Mais ce n’est qu’un jeu, alors une fois le spectacle terminé, on sort et on reprend une activité normale.

Demain commence la Coupe du Monde de football. Que le spectacle soit beau ! Que la fête soit belle ! Que le meilleur gagne…ou à défaut la France !

FUR AND GOLD (Bat for Lashes) : Tristounet

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furandgodlbatforlashesNouvelle découverte totale, écoutée sur les conseils a priori de Télérama, avec Bat For Lashes, un nom de groupe qui est en fait le pseudonyme de Natasha Kahn, artiste britannique, d’origine pakistanaise, née en 1979, qui est un très bon cru puisque c’est aussi mon année de naissance. Elle développe un univers assez proche de celui de Björk et de Massive Attack, deux artistes que je… ne supporte pas. Et bien, sans surprise, cet album, Fur and Gold m’a fait exactement le même effet.

Cet album est sorti en 2006. C’est le premier de cette artiste qui s’est faite connaître en faisant la première partie de CocoRosie en 2005. Depuis, un second album, intitulé Two Suns est sorti.

Bon, déjà, la voix de Natasha Kahn ressemble vraiment beaucoup à celle de la seule mégastar islandaise de l’histoire. Après, c’est une question de goût, mais ce n’est pas du mien. Cette voix un peu cassée, un peu éraillée a certes de la personnalité, mais elle n’est ni mélodieuse, ni reposante, ni douce à l’oreille. Alors comme l’ensemble manque passablement de punch, ça ne constitue même pas une musique pour se détendre ou une musique de fond agréable. Encore une fois, c’est un avis perso, car je préfère nettement les voix plus chaudes pour ce genre de musique.

A côté de ça, vous l’aurez compris, Fur and Gold ne donne pas vraiment envie de bouger son corps et de sauter partout. On n’est plutôt face à des mélodies douces et calmes. Je n’ai rien du tout contre ça, mais là, j’ai vraiment trouvé l’ensemble tristounet. Un autre défaut, qui pour moi est assez rédhibitoire, provient du fait que plusieurs mélodies sont relativement lancinantes. Alors ajoutée à ça la voix pas très agréable, on décroche souvent des morceaux et notre cerveau va vite se concentrer sur autre chose de plus transcendant.

Le seule morceau qui a vraiment trouvé grâce à mes yeux, c’est Bat’s Mouth. C’est le seul où la voix semble vraiment en harmonie avec la musique, où sa personnalité ressort sans être agressive pour les oreilles (bon là, je suis vache quand même !). What’s a Girl to do et Sad Eyes se laissent également écouter, mais c’est aussi vite oublié qu’écouté. Le reste est souvent transparent, plat, mou, tristounet… Bon, je ne vais pas faire tous les adjectifs de la création, je pense que vous avez compris globalement l’idée.

Fur and Gold ne deviendra donc pas un album culte pour moi. Je ne sais pas ce que vaut le second album, mais j’ai bien d’autres choses à découvrir avant de prendre le risque d’y jeter un oreille.

Avant de se quitter, faisons quand même le tour des morceaux que l’on trouve sur Fur and Gold.

1.: Horse And I
L’album sur un morceau rock symphonique, qui sonne comme une introduction, et surtout comme du Björk

2.: Trophy
Un ambiance sombre pour un duo de voix, malheureusement quelque peu lancinant

3.: Tahiti
Un son plus clair et plus lumineux, mais la musique ne décolle toujours pas.

4.: What’s A Girl To Do
Un titre plus énergique, plus électro et surtout un peu meilleur

5.: Sad Eyes
Une ballade assez jolie, sans pour autant casser trois pattes à un canard.

6.: Wizard
On dirait vraiment du Massive Attack… Normal que je n’aime pas.

7.: Prescilla
Un morceau qui reste très lancinant et du coup quelque peu ennuyeux.

8.: Bat’s Mouth
Une belle chanson où la voix est ce coup-ci parfaitement mise en valeur.

9.: Seal Jubilee
Un morceau triste… et un peu tristounet

10.: Sarah
Un titre électro-jazz, mais sans grand relief.

11.: I Saw A Light
Une chanson à l’image de l’album. On n’arrive pas à vraiment se concentrer dessus. Trop lancinant, trop mou.

RECHERCHE INDIGNATION ET JOURNALISTES DESESPEREMENT

journalistes

journalistesLa France est un drôle de pays. Un pays où on râle, où on se plaint, où on adore critiquer les autres. Un pays également inventeur des droits de l’homme, qui se veut champion de la tolérance. Mais aussi un pays incroyablement passif face à certains évènements, qui partout ailleurs, déclencheraient des tempêtes médiatiques.

Notre ministre de l’Intérieur bien-aimé, j’ai nommé Brice Hortefeux vient de se faire condamné par un tribunal pour injure raciale. Il ne s’agit plus là d’une polémique sur une interprétation des propos tenus, mais sur une décision de justice. Le ministre en charge de la police et de la sécurité intérieure condamné pour racisme ne provoque qu’une vague indignation de la gauche (sauf Julien Dray, qui franchement, ferait mieux d’astiquer ses montres au lieu de l’ouvrir).

Mais comprenez-vous, l’Auvergnat n’est pas raciste, c’était de l’humour. Quand un sportif justifie son contrôle antidopage positif en racontant qu’il cherchait juste à agrandir son pénis, il est quand même suspendu. Quand vous avez les meilleures raisons du monde de vous garer en double file, ça ne vous dispense pas de payer votre PV. En politique, ça ne marche pas comme ça. Enfin en France ! Il faudrait dire aux ministres britanniques qui ont sauté pour de vagues histoires de notes de frais de venir exercer dans notre beau pays, il n’aurait plus à s’inquiéter de grand chose.

Bon ok, on touche là presque à l’anecdotique. Mais c’est bien révélateur d’un vrai malaise qui prend des proportions ahurissantes quand on pense à l’affaire des rétrocommissions qui a connu son épilogue avec un attentat ayant fait 11 morts. Un rapport de la police luxembourgeoise met clairement et sans équivoque en cause notre Président préféré, Nicolas Sarkozy. Résultat, pas un seul mot aux deux principaux journaux télévisés, aucune une d’un grand quotidien national. On croit rêver !!!! C’est tout simplement affligeant, pour ne pas dire inquiétant. Et franchement, l’argument du pouvoir qui contrôle les médias, je n’y crois même plus, c’est trop gros pour être vrai. On vit encore dans un pays libre, personne ne sera fusillé pour en avoir parlé et surtout avoir mené un travail d’investigation.

Investigation, voilà bien un mot que la presse française ignore totalement. C’est pathétique et écœurant. Aux Etats-Unis, deux journalistes ont révélé l’affaire du Watergate et fait tomber un Président. En France, on n’est pas même pas capable de commenter les rapports de police. Mais le pire, c’est que l’opinion publique ne bouge pas non plus. Mais ça ne les empêchera pas de crier « tous pourris » à la prochaine occasion, le jour où ils trouveront qu’ils payent trop d’impôts par exemple.

La France est un drôle de pays. Mais là j’avoue qu’il ne me fait que moyennement rire.

ROBIN DES BOIS : Quand Robin paresse sur le chemin de Sherwood

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robindesboisafficheParmi mes plus grands amours cinématographiques, figurent le réalisateur Ridley Scott et Robin des Bois… Enfin Robin des Bois, version Disney, que j’avais vu trois fois en un week-end étant enfant. Et oui, la cinéphilie compulsive m’a pris dès le plus jeune age. Quant au réalisateur anglais, bon nombre de ses films figurent dans mon panthéon (Alien, Gladiator, Kingdom of Heaven, Legend, Black Rain, Thelma et Louise, Les Associés, American Gangster, Mensonge d’Etat…). Alors de la rencontre des deux, j’attendais beaucoup. Malheureusement, j’ai surtout récolté une très grosse déception.

Le Royaume d’Angleterre croule sous les taxes imposés par le Prince Jean, qui règne en attendant que Richard Cœur de Lion revienne de croisade. Mais ce dernier s’attarde en France où il multiplie les pillages pour payer ses hommes. Parmi ces derniers, Robin Longstride qui va se faire remarquer pour son insolence. Pendant, ce temps, le Roi de France, sentant son ennemi affaiblit, complote pour préparer une invasion.

Ce Robin des Bois raconte en fait les aventures de Robin des Bois avant Robin des Bois. Un peu comme Casino Royale racontait James Bond avant James Bond. Mêmes les légendes connaissent des grands débuts, l’archer le plus célèbre d’Angleterre n’échappe pas à la règle. Ainsi l’histoire n’est pas tout à fait celle que l’on l’habitude d’entendre sur ce personnage mythique. On aurait pu prendre ça pour une volonté de nous le présenter sous un jour plus proche d’un Robin historique (que l’on a jamais vraiment identifié). Sauf que les livres d’histoire en prennent un coup avec ce film, même si évidemment, cela ne constitue pas un handicap en soi.

Le gros problème de ce Robin des Bois, c’est qu’il ne s’y passe pas grand chose. Et quand enfin, il y’a un peu d’action, cela est loin d’être transcendant. Franchement, la scène de bataille finale fait minable par rapport à ce que Ridley Scott est capable de faire, notamment si on compare à la prise de Jérusalem dans Kingdom of Heaven. Si je devais qualifier ce film, le terme de paresseux m’apparaît le plus approprié. Personne ne force son talent, tout est poussif et se contente du minimum. On sent bien que le film n’est pas tourné par un vulgaire tâcheron, mais jamais une once de génie ne transparaît. Bref, on s’ennuie.

robindesboisEt malheureusement, les acteurs se mettent au diapason, Russel Crowe en premier lieu. On pourra toujours accuser une direction d’acteurs défaillante de la part de Ridley Scott, mais allez, soyons un peu magnanime avec lui et ne lui mettons pas tout sur le dos. L’acteur australien nous livre une prestation sans relief, comme si ses regards virils suffisaient à nous faire grimper aux rideaux. Nous ne sommes pas des spectateurs faciles, Monsieur Crowe ! Le seul qui s’en sort un peu mieux que les autres est Mark Strong qui est en train de devenir le méchant fétiche d’Hollywood. Mais malheureusement, son personnage, comme tout le film, se résume à un gros cliché manichéen.

Le film faisant quand même 2h20, je ne vais en plus vous imposer une critique trop longue. Robin des Bois est donc une vraie (et terriblement longue) déception, malgré les espérances et les promesses qu’il portait. Dommage.

Fiche technique :
Production : Universal pictures, Imagine entertainment, Realtive media, Scott Free productions, Russell Crowe
Réalisation : Ridley Scott
Scénario : Brian Helgeland
Montage : Pietro Scalia
Photo : Jon Mathieson
Décors : Arthur Max
Distribution : Universal Pictures International France
Musique : Marc Streitenfeld
Effets spéciaux : Richard Stammers
Durée : 130 mn

Casting :
Russell Crowe : Robin Longstride
Cate Blanchett : Marianne Loxley
Mark Strong : Godefroy
Danny Huston : Richard Coeur de Lion
Oscar Isaak : Le prince Jean
William Hurt : William Marshal
Max Von Sydow : Sire Walter Loxley
Jonathan Zaccaï : Le Roi Philippe
Léa Seydoux : Aliénor d Aquitaine

GOLDFINGER (Ian Fleming) : Un vrai roman pour un duo de méchants inoubliable

goldfinger

goldfingerJe poursuis donc ma plongée dans l’œuvre de Ian Fleming, le romancier papa de James Bond, avec Goldfinger. Le film est un des plus grands classiques de la série. On comprend mieux pourquoi en lisant le roman puisque c’est de loin le meilleur de la série que j’ai lu pour l’instant. Je viens seulement d’attaquer le second tome des œuvres complètes, mais on peut déjà le considérer comme un des meilleurs ouvrages de l’auteur anglais.

James Bond est envoyé pour enquêter sur un mystérieux homme d’affaires, dénommé Goldfinger, dont les agissements paraissent suspects. Et notre agent secret préféré ne tardera pas à se rendre compte que sous ses délires mégalomaniaques, se cache un plan très ambitieux.

On retrouve dans ce roman, ce qui fera l’immense succès de son adaptation, c’est à dire un « couple » de méchants hauts en couleur et mythiques. Goldfinger et son majordome (au chapeau coupeur de têtes) sont des figures inoubliables du 7ème art et elles tirent leur origine de ce roman. Car si les versions cinématographiques a généralement largement étoffé et améliorer les histoires originales, on est ici devant un roman qui se suffit à lui-même.

C’est aussi le roman où le personnage de James Bond est le plus en retrait. Vous l’aurez compris, les vrais stars sont ses adversaires. Cela explique aussi que l’on ressent nettement moins la différence entre le personnage du roman et du film. Car Ian Flemming avait imaginé un personnage proche du « bad boy » cabochard, que l’on retrouve d’ailleurs avec Daniel Craig dans Casino Royale et Quantum of Solace. On peut donc très bien ce coup-ci imaginer Sean Connery prendre vie au fil des pages.

Vous l’aurez compris, Goldfinger a été très fidèlement adapté à l’écran. Les fans du film ne seront donc en rien surpris par le livre. Cela peut être considéré comme une qualité ou un défaut, mais c’est surtout le signe de la qualité de l’histoire. Bon, entendons nous, l’œuvre de Ian Fleming reste de la littérature de gare. Mais si elle a donné naissance à une telle légende, c’est qu’elle portait en elle beaucoup de talent, pas toujours bien exploité. Ici, c’est le cas et ce roman pourrait se laisser lire même par quelqu’un qui ne connaîtrait absolument pas le personnage. Enfin, je doute que son plaisir soit tout à fait le même, mais de toute façon, vu que j’ai vu tous les James Bond et souvent plusieurs fois, c’est une hypothèse, limite une vue de l’esprit…

La plume de Ian Fleming n’est pas vraiment celle de Victor Hugo. On va à l’essentiel, on ne s’embarrasse pas de fioritures. Un style typique des polars des années 50 et 60, publiés sur papier grisâtre, que l’on achetait… dans les gares (d’où l’expression). Ca se lit donc facilement, mais ne laisse évidemment pas un souvenir impérissable. Mais bon, on n’est pas là pour recevoir un court d’écriture mais sentir un peu l’air du mythe, remonter à sa source.

Goldfinger est donc, pour l’instant, de loin le roman de la série des James Bond, dont l’intérêt purement littéraire est plus élevé. Mais de toute façon, le plaisir est ailleurs, même si tout cela ne gâte rien. Bien au contraire.

ENTER THE VOID : Overdose

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enterthevoidafficheLe moins que l’on puisse dire, c’est que Gaspard Noé n’est pas vraiment un réalisateur qui cherche à être consensuel. Son premier film, Irréversible, avait déjà suscité débat et polémique. La forme était assez révolutionnaire, le fond était parfois à la limite de l’insoutenable, avec notamment une scène de viol particulièrement dure. Enter The Void reproduit à peu près le même schéma. Une forme remarquablement originale, mais un fond nettement moins convaincant. Et pour un film de 2h30, ça ne pardonne pas.

Oscar vit à Tokyo, où il deale et s’occupe de sa petite sœur, Linda. Mais lors d’une altercation avec la police, il est abattu. Son âme s’élève alors au dessus de son corps. Il pourra alors revivre sa propre expérience et assister aux évènements qui suivront son décès.

Enter The Void, pendant une petite demi-heure, nous permet de suivre les dernières heures d’Oscar en caméra subjective. Il nous fait partager l’altération de sa perception par les drogues qu’il consomme. Une sorte de trip psychédélique cinématographique qui constitue une vraie expérience artistique. Puis, on change de point de vue en épousant le point de vue de son âme qui flotte au-dessus de Tokyo. L’ensemble des évènements seront donc désormais vus du dessus, à part les quelques flash-backs. Là encore, c’est original, perturbant, mais… et c’est un gros mais, un très gros mais, pendant plus de deux heures, c’est carrément pénible.

On ne pourra pas reprocher à Gaspard Noé de ne pas avoir exploité son concept visuel jusqu’au bout. D’un point vue « l’art pour l’art », Enter The Void est un film vraiment exceptionnel, car il est désormais extrêmement rare de pouvoir assister à un spectacle cinématographique aussi radicalement nouveau. Mais voilà, totalement centré sur son idée géniale, il oublie totalement le reste et notamment le spectateur, ce qui est quand même relativement regrettable. Il ne semble jamais être maître de son sujet, allant jusqu’à sombrer dans le ridicule par un des derniers plans du film qui a provoqué l’hilarité de la salle. Et croyez-moi bien que ce n’était pas du tout l’idée du réalisateur !

enterthevoidEnter The Void en oublie donc d’être génial à force de se prendre au se prendre au sérieux. Et encore une fois, la longueur du film rend le tout insupportablement pénible. Tenir jusqu’au bout est extrêmement courageux (ce ne fut pas le cas de tout le monde dans la salle), tant la curiosité du début fait rapidement place à une envie que tout cela se termine enfin. Dans un film qui parle autant de drogue, un mot vient immédiatement à l’esprit pour qualifier la sensation transmise par ce film : overdose. Overdose d’images, de musique, de cette histoire qui n’en finit pas, de lumières, de sons. Overdose de tout en fait.

Enter The Void est particulièrement cru, avec notamment des scènes sexuelles très explicites. Cela ne poserait évidemment pas un problème en soi, si le tout n’était pas à nouveau exploité jusqu’à la nausée. Les dix dernières minutes, notamment, n’en finissent plus de finir, avant de s’achever sur le grand éclat de rire que j’ai évoqué plus haut. Gaspard Noé en fait trop, beaucoup trop, infiniment trop.

Enter The Void est un film unique, un objet cinématographique d’exception. Mais, final, il s’agit surtout d’un film incroyablement prétentieux et surtout vous fait vivre une impression d’ennui aussi exceptionnel que l’expérience visuelle qu’il propose.

Fiche technique :
Production : Wild bunch
Réalisation : Gaspar Noe
Scénario : Gaspar Noe
Montage : Gaspar Noe, Marc Boucrot, Jérôme Pesnel
Photo : Benoit Bebie
Décors : Marc Caro
Distribution : Wild bunch distribution
Musique : Thomas Bangalter
Durée : 165 mn

Casting :
Masato Tanno : Mario
Olly Alexander : Victor
Nathaniel Brown : Oscar
Paz de la Huerta : Linda
Cyril Roy : Alex 

ILS TOUCHENT LE FOND, MAIS CREUSENT ENCORE

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francechineLa France était inquiète pour son Equipe Nationale avant d’attaquer la Coupe du Monde. Elle est désormais intimement persuadée que l’on courre à la catastrophe. La défaite face à la Chine plonge les supporters des Bleus dans une abîme de perplexité. On aimerait encore y croire, mais cela devient impossible, tant l’ensemble des voyants sont au rouge.

Voici quatre ans que l’Equipe de France joue mal. Le problème est surtout qu’elle joue de plus en plus mal et que rien ne semble vouloir la sortir de cette spirale négative. L’émergence de Gourcuff a semble allumé un temps une lueur d’espoir, mais depuis, le meneur de jeu girondin est largement rentré dans le rang. Du coup, on voit mal comment les Bleus pourraient être performant dès vendredi prochain.

Domenech semble se montrer incapable de régler les problèmes qui se posent à lui depuis le déclin définitif des champions du monde de 98. La défense, qui fut très longtemps le point fort de l’Equipe de France, n’en finit plus de tâtonner. Vues les multiples essais en charnière centrale effectués ces deux dernières années, il devient improbable qu’il s’agisse d’un problème de choix de joueurs. On pensait qu’avec le duo Gallas-Abidal, on tenait enfin un axe central solide et expérimenté. Les trois matchs de préparation nous ont montré qu’on avait encore du soucis à se faire à ce niveau là. C’est désespérant et incompréhensible vue la qualité intrinsèque de ces deux joueurs.

Quant à l’animation offensive, là on marche en plein désert. Domenech continue les essais à quelques jours du début de la compétition et parfois on se demande s’il ne fait pas ses choix par tirage au sort. L’entrée de Henry et Gignac devant la Chine apparaissait logique, mais placer l’attaquant de Barcelone dans l’axe et le Toulousain sur le côté a étonné tout le monde. Il ne faut pas avoir un bac+5 en football pour comprendre que ce choix est absurde. On pourra toujours me rétorquer que je ne suis pas sélectionneur, mais on ne peut pas dire que les résultats donnent non plus raison à Raymond.  

Ce n’est pas la première fois qu’ils attaquent une compétition sans vraiment avoir convaincu. C’était déjà le cas en 1998 ou en 2006, pour les résultats que l’on sait. Mais à la différence de ce qui se passe en ce moment, c’est que même sans vraiment bien jouer, ils gagnaient, ou du moins ne perdaient pas. Ils n’ont ni la manière, ni les résultats, alors comment espérer ?

On peut cependant encore le faire et c’est bien là ce qui fait toute la beauté et la popularité du football. Les vérités du jour peuvent être très différentes de celles du lendemain. Si évidemment, il est nettement plus probable que l’Espagne soit champion du Monde que la France, cette possibilité reste envisageable. C’est pour ça que l’on suivre cette Coupe du Monde avec la même passion et la même ferveur ! Alors, malgré tout, encore une fois, allez les Bleus !

PRINCE OF PERSIA : LES SABLES DU TEMPS : Bon comme un bon film

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princeofpersialessablesdutempsaffichePrince of Persia : les Sables du Temps, voilà encore un film que j’ai vraiment failli ne pas aller voir. Déjà parce que les adaptations cinématographiques de jeux vidéos ne sont que très rarement transcendantes et parce que la bande-annonce m’avait fait craindre le pire. Bon, il faut dire que je l’ai vu plusieurs fois en VF et là, effectivement, ça faisait très peur. Mais bon, voilà, Télérama a beaucoup aimé… Oui, je sais, j’en entends déjà hurler tout le mal qu’ils pensent des critiques de ce journal. Certes, quand ils encensent un film moldave tourné en noir et blanc, je me méfie et ne me précipite pas forcément pour le voir. Mais quand ils disent du bien d’un gros blockbuster qui tâche, c’est généralement le signe d’un film plutôt réussi… Et c’est le cas ici.

Dastan est un des trois fils du Roi de Perse. Mais un fils adoptif. Pourtant l’harmonie semble régner dans la famille royale. Le siège d’une ville sacrée, qui est censée abriter des fabriques d’armes vendues aux ennemis de l’Empire va lui permettre de briller. Mais quand son père est mystérieusement assassiné et que tout l’accuse, il est obligé de s’enfuir en compagnie de la princesse locale qui semble surtout intéressée par une dague aux pouvoirs mystérieux.

Que demande-t-on à un film d’aventures qui cherche avant tout à distraire ? Et bien du rythme, de l’action, ainsi que de l’action et du rythme. Et Prince of Persia : les Sables du Temps réunit ses deux éléments. Il est donc pour moi totalement réussi et atteint parfaitement son but. J’ai passé un très bon moment, je ne me suis pas ennuyé une seule seconde et j’ai même été parfois enthousiaste. Que demander de plus, franchement !

Après évidemment, si je développe, je vais forcément devoir pointer toutes les faiblesses de Prince of Persia : les Sables du Temps. Et il n’en manque pas. Dans le désordre, des faiblesses dans le scénario, une réalisation souvent ras des pâquerettes, une direction d’acteurs minimaliste, des dialogues pas toujours transcendants et des clichés à la pelle. Mais bon, voilà, on s’en fout, parce qu’au milieu de tout ça, ça court, ça saute, ça virevolte, ça se bat, ça n’arrête pas ! On n’a donc pas du tout le temps de penser à tous les petits défauts qui constellent ce film.

princeofpersialessablesdutempsEvidemment, tout cela fait de Prince of Persia : Les Sable du Temps un sympathique divertissement, pas un grand film destiné à devenir culte. Mais bon, peut-on vraiment lui en vouloir ? A la fois, un grand film est juste un film plus grand que les autres, donc il faut bien des films juste bien pour qu’il existe. Alors on remerciera tous Mike Newell de ne pas être Stanley Kubrick. Et oui, j’ai l’art de positiver et ce n’est pas le moindre de mes talents !

Enfin, Prince of Persia : Les Sables du Temps peut se laisser voir pour simplement admirer la sublime Gemma Arterton, qui est ici mille fois mieux mise en valeur que dans cette grosse bouse du Choc des Titans (je vous ai déjà dit que j’ai détesté ce film ?). Elle arrive à éclipser la beauté des décors et des effets spéciaux (mais bon, on n’est un peu blasé à ce niveau-là à force) par son charme et sa grâce. Bref, un vrai régal pour les yeux.

Vous l’aurez compris, Prince of Persia : Les Sables du Temps ne m’a pas une seule seconde déçu. Pas un grand film, mais un film qui remplit totalement son rôle de film d’aventures divertissant.

Fiche technique :
Production : Walt Disney Pictures, Jerry Brukheimer films
Distribution : Walt Disney Pictures France
Réalisation : Mike Newell
Scénario : Boaz Yakin, Doug Miro, Carlo Bernard
Montage : Michael Kahn, Martin Walsh, Mick Audsley
Photo : John Seale
Format : 35mm
Décors : Wolf Kroeger
Musique : Harry Gregson-Williams
Effets spéciaux : Trevor Wood
Durée : 116 mn

Casting :
Jake Gyllenhaal : Dastan
Sir Ben Kingsley : Nizam
Gemma Arterton : Tamina
Alfred Molina : le cheikh Amar
Steve Toussaint : Seso
Toby Kebbell : Garsiv 

CACHEZ CETTE AUGMENTATION QUE JE NE SAURAIS VOIR

pv

pvEn France, il y’a trois grands persécutés du porte-monnaie. Evidemment, au premier rang, siège le contribuable. Comme on dit, dans la vie, il y’a deux sortes de gens, ceux qui ont des problèmes d’argent et ceux qui ont des problèmes d’impôts. Les personnes faisant partie de la seconde catégorie n’ont évidemment aucunement conscience de leur chance par rapport à la première. Mais bon, ce n’est pas d’eux dont je vais parler aujourd’hui.

Ensuite viennent les fumeurs. Car en plus de payer chaque paquet de clopes un bras, ils sont obligés, désormais, de frôler la pneumonie tout l’hiver dès qu’ils se retrouvent obligés de sortir pour s’adonner à leur vice. Bientôt, le froid sera un plus grande cause de mortalité chez eux à la place des cancers du poumon. Mais si vous êtes comme moi, un non-fumeur tout heureux de ne plus avoir à jeter ses vêtements dès qu’il sort dans un bar, vous ne pleurerez guère sur leur sort.

Enfin, the last but not the least, les automobilistes ! Et dernière preuve de l’acharnement dont ils sont victimes, le PV pour mauvais stationnement va passer de 11 à 20 euros. Quelle n’est pas leur colère face à cette hausse inconsidérée, qui fait passer les vaches à lait pour des retraités en villégiature ! Cette situation m’inspire deux petites réflexions que je vais me faire un plaisir de partager avec vous.

Tout d’abord, cet épisode montre bien l’intérêt politique de procéder par hausse successive. Le tarif de 11 euros n’avait pas bougé depuis 1985. Or, il n’y a aucune raison qu’il ne suive pas l’inflation, le délit en question ne devenant pas de moins en moins grave au fur et à mesure des années. Cette hausse correspond donc plus à la régularisation d’une situation anormale qui profitait aux automobilistes qu’une véritable hausse. Mais bon, si ce genre de raisonnement est toujours accepté quand il concerne le voisin, l’appliquer à soi-même quand c’est à nous de payer est nettement plus difficile intellectuellement.

Ensuite, tout ceci est quand même révélateur de la place totalement disproportionnée qu’occupe la bagnole dans nos sociétés. Et depuis que je suis élu local, je m’en suis encore plus rendu compte. Organisez n’importe quelle réunion publique un peu générale et vous aurez au minimum la moitié de ceux qui prendront la parole qui vous parleront de leur problème de stationnement. A croire que la qualité du cadre de vie se mesure uniquement à la facilité avec laquelle on gare sa voiture. C’est affligeant mais c’est comme ça !

Après, on pourra toujours me dire que je ne suis pas forcément non plus un citoyen modèle, puisque je continue à préférer encombrer les rues de mon quartier (qui le sont) plutôt que de payer un abonnement au parking souterrain situé à 300 m de chez moi. Et oui, moi aussi j’ai le portefeuille sensible…

LE TROISIEME HOMME

robinsoderling

robinsoderlingFederer-Nadal ou Nadal-Federer ? Superman ou Batman ? Mais c’est oublier Robin ! Alors celle-là, elle est bonne, comme diraient deux potes à moi ! Avouons-le, on l’espérait tous, on la voulait, on la désirait, mais une nouvelle finale entre les deux inséparables n’aura pas lieu. Et comme l’année dernière, c’est la faute à Robin Soderling. Franchement, qu’est ce que ce maudit Suédois vient contrarier la bonne marche de la planète tennis !

Plus sérieusement, on ne peut remercier Soderling de venir ainsi casser la routine dans laquelle la balle ronde s’était quelque peu enfermée. Evidemment, les affrontements Federer-Nadal nous ont offert des moments de tennis inoubliables. Rarement une rivalité n’aura été aussi forte et surtout avec une telle intensité sur un si long laps de temps. Mais quand la noble incertitude du sport s’efface au profit de scénarios écrits d’avance, l’ennui guette.

Soderling nous aura donc rappelé que ces deux monstres sont humains. Cette année, il aura surtout revalorisé sa performance de l’année précédente, où, pour beaucoup, sa victoire face à Nadal était avant tout du à la méforme de ce dernier. Cette fois-ci, il a prouvé qu’il était bien un grand joueur de terre battue car sa victoire contre Federer a été acquise sur son seul talent. Est-ce que ce sera suffisant pour remporter Roland Garros ? Pas sûr, car Rafael Nadal semble bien décidé à reconquérir son pré carré.

Cependant, les vrais admirateurs de Federer en veulent un peu à Soderling. La victoire de leur idole l’année dernière, même si elle l’a définitivement propulsé au sommet de l’histoire du tennis, était un peu entaché d’un « bah oui mais c’était pas Nadal en face ». Jugement un peu cruel et injuste, mais que l’on ne peut s’empêcher de formuler. Ah si le Suisse avait terrassé l’Espagnol en finale, plus aucun débat ne serait possible !

Mais n’aime-t-on pas le sport justement parce qu’on peut en débattre à l’infini ? Alors pour ça, merci Monsieur Soderling.