
J’aime le football passionnément, comme j’aime le cinéma. Si je devais choisir l’un ou l’autre, ce serait le pire des déchirements. Ils sont à la fois très différents, mais aussi terriblement similaires. Ils ont tous les deux leurs héros, leurs mythes, leurs gentils, leurs méchants, leurs drames et leurs happy-ends. Ce sont deux spectacles dont les acteurs maîtrisent leur gestuelle pour transmettre une émotion. Ce sont surtout deux vecteurs de rêve et d’évasion à nul autre pareil.
Il n’y a rien de plus universel que le football. Partout dans le monde, même dans les coins les plus reculés, vous pouvez parler football. Qu’importe alors les différences culturels, la barrière de la langue, vous parlerez alors le même langage. Pendant un mois, l’humanité entière va se retrouver autour d’un poste de télé ou de radio pour célébrer cette Coupe du Monde, la première sur le continent africain. Le ballon de football est rond, comme l’est notre monde.
Alors évidemment, il ne tourne pas toujours si rond que ça. Il y’a naturellement tous les intéressés pour faire fructifier sous forme d’espèces sonnantes et trébuchantes l’enthousiasme innocent des amateurs de football. Bien sûr, il y’a tous ceux qui transforment cette enthousiasme en une haine et une violence qui n’a parfois pas de limite. Mais tout cela n’est qu’une goutte d’eau au milieu de l’océan des millions de matchs qui se déroulent chaque week-end pour le simple amour du jeu. Une goutte d’eau grossie à l’infini par la loupe médiatique qui ne fera jamais sa une sur le match entre copains, poteaux de but en blouson, où le père qui emmène son fils pour la première fois au stade.
Le monde entier se retrouvera donc en Afrique du Sud. Enfin presque, 32 nations sur les 200 que compte notre planète. Mais aucune compétition ne rassemble une telle diversité pour un même jeu. L’athlétisme est le seul sport qui peut se targuer d’un tel universalisme, mais cela n’est déjà plus vrai si on le considère épreuve par épreuve. Il faut peu de chose pour jouer au football. Même le ballon n’est pas un dispensable, une canette vide peut faire l’affaire. Qu’on soit riche ou pauvre, qu’on soit deux ou cinquante, qu’on soit petit ou grand, qu’on soit noir ou blanc, on peut jouer au football où que l’on soit. C’est ce qui fait la force du football et explique l’amour irrationnel que l’humanité lui porte.
Demain commence la Coupe du Monde de football. Alors oui peut-être que je maudirais quelques Italiens, que je jalouserais les Espagnols, que je souhaiterais bien du mal aux Anglais, tranchant avec le discours de fraternité universelle que j’ai l’air de tenir. Comme les meilleurs films, le football a besoin de quelques méchants et l’enthousiasme aidant, on se retrouve souvent à renier ses beaux principes et ses belles postures intellectuelles. Mais ce n’est qu’un jeu, alors une fois le spectacle terminé, on sort et on reprend une activité normale.
Demain commence la Coupe du Monde de football. Que le spectacle soit beau ! Que la fête soit belle ! Que le meilleur gagne…ou à défaut la France !



Et malheureusement, les acteurs se mettent au diapason, Russel Crowe en premier lieu. On pourra toujours accuser une direction d’acteurs défaillante de la part de Ridley Scott, mais allez, soyons un peu magnanime avec lui et ne lui mettons pas tout sur le dos. L’acteur australien nous livre une prestation sans relief, comme si ses regards virils suffisaient à nous faire grimper aux rideaux. Nous ne sommes pas des spectateurs faciles, Monsieur Crowe ! Le seul qui s’en sort un peu mieux que les autres est Mark Strong qui est en train de devenir le méchant fétiche d’Hollywood. Mais malheureusement, son personnage, comme tout le film, se résume à un gros cliché manichéen.

Enter The Void en oublie donc d’être génial à force de se prendre au se prendre au sérieux. Et encore une fois, la longueur du film rend le tout insupportablement pénible. Tenir jusqu’au bout est extrêmement courageux (ce ne fut pas le cas de tout le monde dans la salle), tant la curiosité du début fait rapidement place à une envie que tout cela se termine enfin. Dans un film qui parle autant de drogue, un mot vient immédiatement à l’esprit pour qualifier la sensation transmise par ce film : overdose. Overdose d’images, de musique, de cette histoire qui n’en finit pas, de lumières, de sons. Overdose de tout en fait.

Evidemment, tout cela fait de Prince of Persia : Les Sable du Temps un sympathique divertissement, pas un grand film destiné à devenir culte. Mais bon, peut-on vraiment lui en vouloir ? A la fois, un grand film est juste un film plus grand que les autres, donc il faut bien des films juste bien pour qu’il existe. Alors on remerciera tous Mike Newell de ne pas être Stanley Kubrick. Et oui, j’ai l’art de positiver et ce n’est pas le moindre de mes talents !

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