Je suis un cinéphile discipliné. Si ce n’était pas le cas, je ne serai sûrement pas allé voir Stripped, dont la teneur des critiques n’incitait pas vraiment à se rendre dans une salle obscure. Mais voilà, il s’agit du troisième et dernier volet d’une trilogie (avec Chained et Beloved, sortis en juillet) par le réalisateur israélien Yaron Shani. Sauf qu’au final, le lien entre les trois films est vraiment ténu, voire ici totalement anecdotique, et le concept de trilogie n’a pas vraiment de sens. Et surtout, ce film ne présente pas un grand intérêt et la forme n’aide pas le spectateur à prendre le moindre plaisir face au spectacle proposé.
Dans Stripped (comme dans les deux précédents volets), les parties génitales des actrices et acteurs, et même la poitrine des actrices est floutée. Choix étrange et à mon sens passablement ridicule, quand les personnages ont par ailleurs souvent l’occasion de se dénuder, sans que ça soit toujours indispensable. Et surtout quand le film ne prend aucune précaution pour nous montrer de manière crue du vomi ou de la matière fécale canine. Ce n’est évidemment pas ce que l’on aurait retenu en premier si le propos s’était révélé par ailleurs enthousiasmant. Mais comme le sujet, pourtant d’une gravité extrême, est traité de manière grossière, avec une sorte de faux suspense qui frise le grotesque. Elle n’offre aucune réelle conclusion. La narration est terriblement maladroite. Bien au-delà en tout cas de ce qu’on peut pardonner.

LA NOTE : 05/20
Fiche technique :
Réalisation : Yaron Shani
Scénario : Yaron Shani
Production : Saar Yogev, Naomi Levari, Michael Reuter, Alona Refua
Photographie : Shani Skiff, Nizan Lotem
Montage : Yaron Shani
Son : Nir Alon
Casting :
Alice : Laliv Sivan
Ziv : Bar Gottfried
Amos : Elad Shniderman
Alma : Reni Halabi

Faut-il forcément une grande histoire pour faire un grand film ? La question anime les débats entre cinéphiles depuis toujours. Evidemment, la question se pose un peu différemment pour un documentaire. Mais on peut reformuler en disant… faut-il un grand sujet pour faire un grand documentaire ? Parler de la vie banale de deux jeunes adolescentes habitant Brive n’est peut-être pas un grand sujet. Mais ce qui est sûr, c’est que Adolescentes est un documentaire pleinement réussie, porteur d’une émotion étonnante et qui surprendra plus d’un spectateur.
Evidemment, Adolescentes ne serait pas une telle réussite sans le montage remarquable de Sébastien Lifshitz (et techniquement celui de Tina Baz). Choisir dans les heures et les heures d’images accumulées celles qui resteront pour donner vie au film n’a pas du être tâche facile. Mais le moins que l’on puisse dire est que le résultat est particulièrement enthousiasmant et souvent émouvant, sans même qu’on puisse vraiment savoir pourquoi. Tout cela est sublimé par la très belle musique signée l’excellente groupe Tindersticks. Au final, une simple tranche de vie peut valoir toutes les grandes aventures. Mais y a-t-il au final de plus grande aventure que la vie ?
J’insiste régulièrement ici quand un film est desservi par sa bande-annonce, quand elle donne une impression totalement erronée sur le ton, le sujet ou la qualité du film. La bande-annonce d’Antoinette dans les Cévennes donnait l’image d’un film drôle et sympathique, que l’on prendrait beaucoup de plaisir à regarder. Heureusement, parfois, les bande-annonces donnent une image fidèle de ce que sont les films. En effet, il s’agit bien ici d’un long métrage drôle et sympathique, qui procure beaucoup de plaisir à celui qui aura la chance de le regarder. Et je ne dis pas ça à cause de l’affection tout particulière que je ressens pour Laure Calamy.
Laure Calamy n’est plus tout à fait une jeune première, mais films après films, elle prend une place de plus en plus importante dans le paysage du 7ème art hexagonal. Eternel second rôle, elle prouve une nouvelle fois qu’elle a largement le talent pour occuper le haut de l’affiche. Elle occupe vraiment l’écran avec beaucoup de charisme et nous fait tomber en amour pour son personnage immédiatement, malgré son infinie maladresse. Mais Antoinette dans les Cévennes bénéficie de bien de petits rôles qui concourent à la grande réussite de ce film. On peut ajouter à ça, la beauté des paysages des Cévennes (très envie de parcourir les chemins de Stevenson tout à coup) et les ânes qui accompagnent les personnages, qui contribuent aussi au plaisir du spectateur. Au final, ce film représente un vrai rayon de soleil dans cette grisaille automnale.
Rosemary Standley est une artiste franco-américaine. Elle a signé, avec le groupe Hellstroffer’s Band, l’album Love I Obey. Elle nous plonge dans une musique douce, faites de ballades. Sa voix haut perchée s’avère quelque peu horripilante. On a donc un peu de mal à totalement apprécier cet univers singulier aux accents celtiques. Cela reste quelque peu monotone et ne se montre jamais hyper marquant, avec ses instrumentations minimalistes. Il nous manque donc quelque chose auquel s’accrocher pour ne pas oublier cet album aussi vite qu’on l’écoute.
Pokey Lafarge est un artiste country américain, qui semble tout juste sorti des années 60. Il n’a pourtant que 37 ans. Son univers musical, que l’on peut découvrir à travers l’album Rock Bottom Rhapsody, résolument rétro, se distingue par une voix assez claire, inhabituelle pour ce genre musical. Là aussi, le classicisme est de rigueur. Le résultat est bien propre sur lui, maîtrisé et manque quelque peu d’âme et d’aspérités. Mais sans défauts majeurs, l’album se laisse tout de même écouter avec un certain plaisir.
Le seul plaisir, non négligeable, procuré par Blackbird reste la qualité du jeu d’acteurs par un casting assez incroyable. Le peu d’émotion que l’on ressent doit beaucoup à Susan Sarandon, absolument magnifique. Bref, égale à elle-même. Mia Wasikowska apporte elle aussi un supplément d’âme à ce film qui en manque cruellement. Enfin, le jeune Anson Boon constitue une vraie et belle révélation. Mais tous ces efforts, conjugués à ceux de leurs collègues que je n’ai pas tous cités, ne peuvent sauver le film de son profond manque d’intérêt réel. A éviter donc.
Les Choses qu’on Dit, les Choses qu’on Fait nous offre une autre confirmation. Même si le doute ne subsistait pas vraiment, il permet d’affirmer définitivement que Camélia Jordana est une grande actrice. On peut vraiment espérer que le cinéma français saura lui offrir des rôles à la hauteur de son talent. A ses côtés, Niels Schneider peut parfois horripiler en ne jouant pas toujours très juste. C’est sans doute là le talon d’Achille du film. Vincent Macaigne et Emilie Dequenne sont de leur côté à la hauteur de ce qu’on peut attendre d’eux, ce qui tire vraiment le film vers le haut. Au final, le film est incontestablement réussi, même si le propos reste trop classique pour être totalement inoubliable.
Le dernier espoir reposait sur la qualité du casting. Du moins sur le papier. Vu le pedigree des comédiennes et des comédiens qui donnent vie à Police, on peut considérer que c’est la médiocrité du scénario et des dialogues qui finit par les rattraper. On a du mal à imaginer l’inverse. Après, le spectateur se moque un peu de savoir de qui la piètre qualité du spectacle est la faute. Il ne fait que constater et regretter de s’être rendu dans une salle obscure pour assister à ça. Et quoi de plus triste d’être déçu d’être allé voir un film !
Quand on va voir un film intitulé Poissonsexe, on s’attend évidemment à assister à un OVNI cinématographique. Si au final, le film ne vient pas de la planète Mars, il ressemble tout de même à une fable assez improbable, mais non dénuée de poésie. Une œuvre réalisée avec quelques bouts de ficelle, de l’imagination et un joli casting. Le résultat ravira les amateurs de longs métrages décalés et sympathiques. Et les amoureux d’India Hair (c’est mon cas, mais chuuuut!) auront les yeux qui pétilleront quelque peu.
Poissonsexe réunit à l’écran India Hair et Gustav Kervern. Soit deux comédiens absolument parfaits pour une ambiance poétique et décalée. Sans mauvais jeu de mot (bah si avec en fait…), ils semblent comme deux poissons dans l’eau dans ce film. La réalisation d’Olivier Babinet est sans grande ambition, mais elle participe tout de même à faire naître l’élan de sympathie ressenti par le spectateur. Proposer quelque chose d’assez inattendu et d’original n’est pas donné à tout le monde. Ce film a au moins ce mérite. Et rien que pour cela, on peut tout de même le saluer et oublier quelque peu ses faiblesses.
Un film qui nous présente un personnage au comportement insupportable, mais qui finit par changer, fait-il l’apologie du comportement en question en en minimisant la portée ? Bref, le cinéma doit-il nous faire aimer les salauds et leur offrir une forme de rédemption ? La question peu paraître idiote, mais l’époque l’est parfois aussi. Pour preuve la polémique autour du film Enorme. Mais fallait-il vraiment faire naître une polémique autour d’un film aussi raté ? Raté au moins à trois quart car on a rarement vu un film aussi mauvais nous proposer une fin aussi réussie. Comme quoi il est décidément jamais trop tard pour bien faire !
La direction de Sophie Letourneur ressemble à un naufrage. Elle semble totalement incapable de guider le jeu de Jonathan Cohen qui livre une performance d’une lourdeur éléphantesque. Marina Foïs s’en sort un peu mieux, mais son personnage est trop éteint pour qu’elle parvienne à sauver le film. Enorme est donc une œuvre qui manque terriblement de maîtrise, ce qui pose tout de même problème quand le sens profond du propos n’est pas hyper clair non plus. Du coup, la poésie du dénouement ne peut tout de même pas effacer tout ce qui ne fonctionnait pas auparavant. Ce n’était pas que mauvais, c’était pénible. Difficile à oublier !
Le grand public, par le biais des médias, se focalise sur certains aspects d’événements historiques, qui intègrent ainsi la mémoire collective, quand d’autres restent dans l’ombre et l’oubli. Tout le monde a entendu parlé de la guerre civile au Rwanda, des Hutus, des Tutsis et du déchaînement de violence et de haine qui a marqué cette époque. Par contre, peu de gens ont conscience de ce qui s’est passé au même moment au Burundi, pays voisin lui aussi divisé entre les deux mêmes ethnies. Petit Pays permet de réparer ce trou béant dans une histoire universelle qui reste largement partielle et souvent partiale.
Petit Pays nous démontre tout le potentiel dramatique de Jean-Paul Rouve. Ne cherchez pas le moindre aspect comique dans son rôle et pourtant il s’en sort remarquablement bien. Mais le film brille avant tout par son casting « enfantin », tous les jeunes filles et garçons qui jouent dans ce film sont réellement formidables. Ils procurent un supplément d’âme au film qui porte l’émotion à un niveau supplémentaire. On aurait envie de conclure en disant un grand film pour un petit pays, mais ce serait peut-être un titre quelque peu usurpé. Mais un excellent film, c’est déjà pas mal.
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