JOHN WICK PARABELLUM : Petit plaisir

johnwickparabellumafficheAvant d’écrire cette critique, on m’a posé une question assez bête, mais totalement légitime. En effet, après avoir mentionné que j’avais été voir John Wick Parabellum, j’ai précisé que j’avais trouvé le premier volet assez nul (je me cite). La question fut alors : pourquoi du coup être allé voir les deux autres ? J’ai bien eu du mal à répondre à cette question. En effet, je ne me rappelle absolument pas ce qui m’avait poussé à aller voir la première suite. Des critiques pas trop mauvaises je pense car c’est effectivement ce qui m’a poussé à aller voir ce troisième épisode. Je dois d’ailleurs leur donner raison. Dans une certaine mesure.

Le grand mérite de John Wick Parabellum est ne plus chercher à donner au spectateur autre chose que ce qu’il est venu chercher. A savoir des scènes de baston particulièrement spectaculaires et violentes. Ce film lui en offre en quantité, ce genre de moments occupant un pourcentage rarement atteint dans un long métrage. Pour la qualité, c’est autre chose. Elles ont un caractère quelque peu répétitif, s’étirent parfois beaucoup trop en longueur et sont rarement profondément originales. Et quand une d’entre elles échappe à un de ces défauts, il souffre des autres de manière particulièrement marquée. Par exemple, la meilleure idée du film, une scène de baston impliquant des chiens de combat parfaitement dressés, n’en finit plus de finir et finit surtout par lasser.

johnwickparabellumMalgré tous ces défauts, John Wick Parabellum possède une petite dose de charme inexplicable. L’univers qui tourne autour du personnage central continue de s’enrichir et rend l’histoire infiniment moins basique qu’au début de la saga. On a plaisir à y retourner et on aura plaisir à y revenir car la fin ouvre clairement sur un quatrième volet. Keanu Reeves continue d’être ce qu’il a toujours été, à savoir un acteur moyen mais avec un charisme suffisant pour qu’on ressente quand même du plaisir en le voyant à l’écran. En fait, cela résume parfaitement ce film. Un film moyen qui nous donne du plaisir quand même. Et pourquoi se priver d’un petit plaisir ?

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Réalisation : Chad Stahelski
Scénario : Derek Kolstad, Shay Hatten, Chris Collins et Marc Abrams
Décors : Kevin Kavanaugh
Photographie : Dan Laustsen
Montage : Evan Schiff
Musique : Tyler Bates et Joel J. Richard
Production : Basil Iwanyk
Coproducteur : John R. Saunders
Producteur délégué : Jeff G. Waxman
Durée : 131 minutes

Casting :
Keanu Reeves : Jonathan « John » Wick
Ian McShane : Winston
Halle Berry : Sofia
Asia Kate Dillon : l’adjudicatrice
Lance Reddick : Charon, le concierge du Continental
Laurence Fishburne : le roi de la Bowery
Mark Dacascos : Zero
Anjelica Huston: la directrice
Jerome Flynn : Berrada
Said Taghmaoui : le Grand Maître
Jason Mantzoukas : l’homme qui dit tic-tac
Tiger Chen : un assassin
Yayan Ruhian : un élève de Zero
Cecep Arif Rahman : un élève de Zero
Robin Lord Taylor : l’administrateur
Boban Marjanovic : Ernest
Randall Duk Kim : le docteur

ALADDIN : Le rêve est toujours bleu

aladdinafficheDisney est sur le point de réussir son pari. Enfin un parmi les nombreux paris qui rythment la vie de cette entreprise. Après avoir tâté discrètement le terrain l’année dernière avec le Livre de la Jungle (que je n’ai pas vu et que je ne jugerai donc pas), la maison aux oreilles rondes a décidé de frapper fort cette, avec trois adaptations en prises de vue réelles de trois des plus emblématiques dessins-animés de son patrimoine. Le premier étage de la fusée, Dumbo, avait permis un décollage réussi. Mais avec un pilote aussi talentueux que Tim Burton, on pouvait s’y attendre. La suite, Aladdin, s’avérait plus risqué avec Guy Richie aux manettes. Mais il dirige finalement son vaisseau avec une maîtrise remarquable.

Guy Richie n’est pas franchement connu pour être le réalisateur le plus subtil qui soit. Certes, Snatch est pour moi un film culte et j’ai de la sympathie pour sa version de Sherlock Holmes (enfin surtout le premier épisode). Cependant, j’avoue qu’il sombre parfois dans un surenchère visuelle pouvant s’avérer fort lourdingue. Et lui confier la mise en image d’une histoire basée sur un génie, un tapis volant et beaucoup de magie ressemblait à un cadeau empoisonné, le poussant vers ses pires travers. Il fait au final preuve d’une étonnante sobriété qui fait d’Aladdin un divertissement plaisant, qui ne fait pas mal aux yeux à force de multiplier les plans de moins d’une demi-seconde. Guy Richie s’attache surtout à respecter à la lettre l’esprit du dessins-animé originel. Il n’en retire rien et ajoute quelques suppléments pour l’enrichir. Il a surtout su mettre parfaitement en valeur les chansons qui peuplaient l’original. Certains y verront peut-être un manque d’audace. Ceux qui, comme moi, ont eu les yeux énamourés en 1992 retrouveront quelques émotions d’alors.

aladdinAladdin bénéficie d’un casting quelque peu inégal. Mena Massoud est assez falot et constitue très clairement la plus grande limite de ce film. A ses côtés, Will Smith est égal à lui-même, ce qui représente tout de même un joli compliment. Lui aussi fait preuve d’une certaine retenue bienvenue, qui tire le film vers le haut. Mais de toute façon, tout cela n’a que peu d’importance car ces deux-là sont totalement éclipsés par Naomi Scott dont le charme est foudroyant. Elle illumine littéralement l’écran et rien que pour elle, on aurait envie que le film se prolonge encore un peu. Tout le monde évolue dans des décors magnifiques et revêt des costumes sublimes. On comprend mieux alors pourquoi on passe un si bon moment devant ce divertissement familial de très bonne facture. Il nous donne surtout beaucoup d’espoir pour le dernier volet du triptyque, le Roi Lion, qui arrive très bientôt sur nos écrans.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique
Réalisation : Guy Ritchie
Scénario : John August et Guy Ritchie, d’après Aladin ou la Lampe merveilleuse et Les Mille et Une Nuits
Direction artistique : Steve Summersgill
Décors : Gemma Jackson
Costumes : Michael Wilkinson
Photographie : Alan Stewart
Montage : James Herbert
Musique : Alan Menken et Nas Lukas
Production : Jonathan Eirich et Dan Lin
Durée : 128 minutes

Casting :
Mena Massoud : Aladdin
Will Smith : le Génie / Le marin
Naomi Scott : Jasmine
Marwan Kenzari : Jafar
Navid Negahban : le Sultan
Nasim Pedrad : Dalia
Billy Magnussen : le Prince Anders
Jordan Nash : Omar
Taliyah Blair : Lian
Amir Boutrous : Jamal
Numan Acar : Hakim
Kevin Matadeen : le marchand de tapis
Alan Tudyk : Iago
Frank Welker : Abu / Rajah / la caverne

LE JEUNE AHMED : La religion de la sobriété

lejeuneahmedafficheQuand on veut se marrer un grand coup, quand on veut assister à un spectacle léger et drôle, quand on veut assister à un film à grand spectacle qui vous en met plein la vue, il y a une chose à ne pas faire, jamais, en aucun cas : aller voir un film des frères Dardenne. Par contre, lorsque l’on veut assister à une œuvre aboutie, où le fond importe plus que la forme, émouvante et qui pousse à la réflexion, alors leur cinéma est parfait pour cela. Une nouvelle démonstration nous vient du Jeune Ahmed, où les cinéastes belges s’attaquent au sujet délicat de la radicalisation des plus jeunes vers une mouvance islamique extrême. Mais force est de constater qu’ils s’en sortent avec beaucoup de brio.

Le Jeune Ahmed est un film dans lequel on entre progressivement. En effet, le personnage principal n’inspire qu’assez peu de sympathie, voire même inspire une forte antipathie dès les premières minutes. Qu’importe son âge, son comportement nous est immédiatement dépeint sous un jour plutôt inquiétant. Mais peu à peu, on s’attache aux personnages qui gravitent autour de lui et qui essayent désespérément de le ramener vers la raison et la bienveillance. C’est pour eux qu’on souffre, ce sont leurs sentiments que l’on partage et qui nous touchent. Le propos prend donc un peu plus de force à chaque minute jusqu’à un dénouement particulièrement réussi.

lejeuneahmedUne nouvelle fois, les frères Dardenne ont décidé de faire de la sobriété une religion artistique. Comme la plupart de leurs œuvres (peut-être toutes, mais j’ai la flemme de vérifier), le Jeune Ahmed ne comporte aucune musique, à part au générique de fin. On se retrouve donc plongé vraiment dans un cinéma du réel, sans aucune fioriture. C’est là leur grande force et leur marque de fabrique, mais aussi la limite d’un septième art auquel on enlève certaines de ses dimensions. Le résultat aurait-il pu être encore plus frappant avec une réalisation différente, personne ne pourra jamais répondre. Mais quand un film est déjà aussi bon, il est de toute façon pas très utile d’en rajouter.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : Les films du fleuve, Archipel 35, France 2 Cinéma, Proximus, RTBF
Réalisation : Jean-Pierre & Luc Dardenne
Scénario : Jean-Pierre & Luc Dardenne
Montage : Marie-Hélène Dozo
Photo : Benoît Dervaux
Décors : Igor Gabriel
Distribution : Diaphana
Durée : 84 min

Casting :
Idir Ben Addi : Ahmed
Olivier Bonnaud : l’éducateur
Victoria Bluck : Louise
Myriem Akheddiou : Inès

LES DENIERS DU COLT (Gilles Vidal) : Digestion en douceur

lesdeniersducoltIl y a des plats dont on finit par se lasser à force d’en manger. Et puis, il y a le Poulpe. Si on est prêt à y goûter encore et encore, c’est aussi parce que chaque bouchée est relativement légère. Vous l’aurez compris, je parle une nouvelle fois du Poulpe, version littérature, ce détective pas comme les autres, qui n’appartient à personne. L’épisode dont je vais vous parler aujourd’hui, les Deniers du Colt, a été écrit par Gilles Vidal, un romancier à la longue bibliographie, même si elle ne compte aucune œuvre particulièrement marquante.

Tout l’intérêt de cette série, c’est qu’en changeant à chaque fois d’auteur, le personnage principal reste le même, tout en changeant toujours quelque peu. C’est encore le cas dans les Deniers du Colt, où Gilles Vidal nous offre un Poulpe moins ironique et détaché que d’habitude. Il nous livre par contre quelques jolis moment d’érotisme. On sent ce volume influencé par une culture du polar de gare plus classique. C’est peut-être légèrement infidèle à l’esprit de la série, mais au moins cela crée la surprise et renouvelle une nouvelle fois le plaisir de retrouver ce personnage.

Le récit en lui-même de les Deniers du Colt est plutôt convainquant, jusqu’à un dénouement relativement décevant par contre. Il brille notamment par ses personnages secondaires plus épais et profonds que d’habitude. Il est vrai que la brièveté du récit permet rarement aux auteurs d’aller très loin en la matière. Ici Gilles Vidal y parvient et cela donne un vrai plus à son histoire. Surtout que sa plume est particulièrement agréable (c’est un vrai écrivain et cela se sent). Un Poulpe imparfait, mais qui se laisse manger. Parfaitement digeste en tout cas !

ROCKETMAN : Il joue du piano debout

rocketmanafficheLa mode des biopics ne semble pas vouloir faiblir. Le soucis est que le nombre de personnes célèbres dont la vie vaut bien un film qui n’a pas déjà été fait commence à faiblir. On reste désormais parfois circonspect sur les personnalités choisies, dont la vie est supposée donner naissance à un long métrage. J’avoue que je n’ai guère été emballé à l’idée d’assister au récit de la vie d’Elton John, surtout en découvrant que ce dernier produit lui-même ce film. Cela sentait le produit formaté pour les fans à plein nez. Il est vrai que Rocketman n’échappe pas tout à fait à ce reproche. Mais il possède assez de qualités par ailleurs, certaines inattendues, pour nous enthousiasmer aussi parfois.

La plus belle surprise vient de Taron Egerton. Que c’est étonnant me direz vous ! Un acteur de biopic dont la performance est salué, voilà qui n’a rien de bien surprenant, ce genre de numéro d’acteur (d’imitation ?) forçant généralement l’admiration. Ici, son grand mérite est justement de ne pas chercher à ressembler à tout prix à l’original. Certes, pour Rocketman, on l’a quand même affublé des dents du bonheur, mais au-delà de ça, la ressemblance n’est pas frappante. Cela donne des situations quelque peu décalées, quand il parle de ses complexes de « petit gros » par exemple, mais très étonnement cela marche parfaitement ! Et si c’était à cela que l’on reconnaît un vrai numéro d’acteur, au vrai sens vrai du terme ! Le débat reste ouvert.

rocketmanLa réalisation de Rocketman alterne de jolis moments avec, il est vrai, quelques passages un peu lourdingues, faciles ou encore totalement surfaits. Mais il y a à côté de cela beaucoup de sincérité sur l’alcoolisme d’Elton John qui reste quand même le fil rouge de l’histoire. Jamais il n’est présenté comme une victime, ce qui change quand même radicalement d’un Bohemian Rhapsody notamment. Certes, il y a un côté auto-célébration de la rédemption qui suit, mais au moins on ne cherche pas d’excuse au personnage. Alors on finit par être touché en découvrant qui est vraiment Elton John. Enfin, le film finit par nous entraîner avec lui par la musique. Que l’on soit fan ou pas, on ne pourra qu’être séduit par la manière dont les morceaux sont intégrés à l’histoire, flirtant parfois avec la comédie musicale. Cela permet surtout de se rappeler à quel point cet homme aura livré de nombreux tubes que l’on fredonne parfois en oubliant qu’ils sont de lui. On ressort donc de ce film avant une grande envie d’acheter tous ses albums. Signe quand même que le film reste avant tout réussi, malgré ses défauts.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : Marv films, New Republic Pictures, Paramount Pictures, Pixoloid Studios, Rocket Pictures
Réalisation : Dexter Fletcher
Scénario : Lee Hall
Montage : Chris Dickens
Photo : George Richmond
Décors : Marcus Rowland
Distribution : Paramount Pictures France
Musique : Matthew Margeson, Elton John
Durée : 121 min

Casting :
Taron Egerton : Elton John
Jamie Bell : Bernie Taupin
Richard Madden : John Reid
Bryce Dallas Howard : la mère d’Elton John
Steven Mackintosh : Stanley
Gemma Jones : Ivy
Kamil Lemieszewski : Dr Maverick

LE CINQUIEME PROCEDE (Léo Malet) : Enchanté Nestor

lecinquiemeprocedeJ’ai poursuivi ma découverte des célèbres détectives, connus pour l’adaptation télévisuelle de leurs aventures, mais qui ont d’abord été des personnages de roman. Après le Saint, j’ai eu l’opportunité de plonger dans l’univers littéraire de Nestor Burma avec le Cinquième Procédé, sorti en 1947. Un roman récompensé en son temps pour sa qualité et je ne suis pas étonné. En effet, si tout cela reste de la littérature de gare, avec ses codes et son format relativement court, la plume de Léo Malet se montre particulièrement aiguisée.

Le Cinquième Procédé se distingue déjà de la littérature de gare plus « basique » par une complexité de l’intrigue nettement plus forte que d’habitude. On est ici devant une intrigue à tiroir où chaque personnage va se révéler ne pas être finalement celui que l’on pensait qu’il était au début. On leur découvre de nouvelles motivations et le sens de leur action change également du coup. Cela force le lecteur à jeter un regard sur les événements passés pour les revoir à la lumière de ce qu’il a appris. Heureusement, le récit de Léo Malet nous guide et nous permet de ne jamais nous perdre. Par contre, dommage que le dénouement s’avère quand même décevant, pas la hauteur du reste du récit en tout cas.

Relativement court comme il se doit, le Cinquième Procédé ne laisse donc pas grand temps au lecteur pour souffler. Il ne lui laisse pas le temps non plus de découvrir les personnages et de s’imprégner du contexte politico-historique (mais relativement contemporain à l’époque de sa sortie). Le personnage de Nestor Burma en tout cas donne envie d’être revu. Il n’est pas tout à fait le même que celui incarné par Guy Marchand, même si certaines similitudes demeurent. En tout cas, pour un amateur de ce genre de littérature comme moi, cette découverte s’avère heureuse !

PASSION : Lointaine jeunesse

passionaffiche

Lorsqu’un cinéaste venu d’un pays lointain connaît un succès soudain en France, il n’est pas rare que des distributeurs opportunistes en profitent pour ressortir sur les écrans hexagonaux une œuvre de jeunesse qui n’avait pas à son époque trouvée sa place chez nous. Le soucis, c’est que l’on réalise souvent assez vite pourquoi le film n’avait alors pas franchi les océans. Ryusuke Hamaguchi a connu les honneurs des critiques et des spectateurs avec Senses puis Askao I & II. Mais était-il vraiment la peine de nous offrir sur grand écran Passion, son deuxième film sorti au Japon en 2008 ? Après l’avoir vu, la question reste entièrement posée pour moi.

Je manque sans doute de courage en refusant de répondre clairement à cette question. En effet, d’un côté je me dis qu’il est toujours intéressant de pouvoir embrasser de manière globale l’œuvre d’un grand cinéaste, ce que Ryusuke Hamaguchi est incontestablement. De l’autre, on peut se demander pourquoi avoir choisi ce film, alors que sa filmographie compte bien d’autres longs métrages inédits en France. Il est vrai que l’on retrouve dans Passion ce qui avait pu nous séduire dans Senses notamment. Cette vision contemporaine et sans fard du Japon contemporain et surtout de ses habitants. Je n’ai évidemment aucune idée de ce à quoi ressemble ses autres œuvres inconnues sur nos écrans. L’amateur éclairé ne sera en tout cas pas dépaysé ici, mais pas forcément emballé non plus par un film qui apparaît moins abouti que ses successeurs.

Qui dit œuvre de jeunesse, dit aussi manque de moyen. Visuellement, Passion flirte parfois avec le téléfilm. Un téléfilm réalisé avec un certain sens de l’esthétisme certes, mais un téléfilm quand même. C’est aussi pour cela que l’on a un peu de mal à plonger totalement dans cette œuvre qui n’est au fond qu’une esquisse de ce qui suivra. Le propos ne manque pas totalement d’intérêt, les acteurs sont remarquablement bien dirigés, mais il manque ce petit supplément d’âme, cette touche de poésie qui nous charmera dans la suite de la filmographie de Ryusuke Hamaguchi. Cela a au moins le mérite de nous rendre curieux. Que peuvent bien valoir les 5 films tournés entre celui-ci et Senses ? Peut-être d’autres distributeurs opportunistes nous apporterons la réponse.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Réalisation et scénario : Ryūsuke Hamaguchi
Photographie : Yûichi Yuzawa
Montage : Ryôko Yamamoto
Durée : 115 minutes

Casting :
Aoba Kawai
Nao Okabe
Ryuta Okamoto
Kiyohiko Shibukawa
Fusako Urabe

DOULEUR ET GLOIRE : Monsieur Pedro

douleuretgloireafficheCertains réalisateurs ont acquis une notoriété suffisante pour que l’on parle de leurs films, quand ils sortent sur les écrans, comme le dernier untel. Parmi ceux-là, Pedro Almodovar occupe une place de choix. Ainsi, si j’ai été voir Douleur et Gloire, j’ai été voir par la même occasion le dernier Almodovar. Et cette fois, le réalisateur espagnol se montre totalement à la hauteur de sa réputation en nous offrant un petit chef d’œuvre qui restera comme un des éléments les plus marquants de sa longue filmographie. Ce qu’il y a de réellement fascinant chez lui, c’est de voir à quel point il parvient tout en gardant certaines obsessions à toujours se renouveler.

Je n’étonnerai personne en annonçant que parmi les thèmes abordés par Douleur et Gloire figurent l’homosexualité et surtout le rapport à la mère. Nous sommes donc là bien face à une œuvre qui aurait pu être difficilement signée par quelqu’un d’autre que Pedro Almodovar. Pourtant, il parvient à raconter une histoire profondément différence de toutes celles qu’il nous a livrées jusqu’à présent. Un film portrait d’une force éblouissante, où le spectateur reste porté par le cours des évènements en oubliant le reste de l’univers. Expliquer pourquoi cette histoire est à ce point passionnante s’avère particulièrement difficile. Mais c’est ce qu’il y a de bien avec le génie, c’est que cela ne s’explique pas justement. Et c’est très bien comme cela.

douleuretgloireAntonio Banderas et Pedro Almodovar forment un de ces couples acteur-réalisateur qui nous font mieux comprendre la signification du mot synergie. Le réalisateur espagnol offre à son comédien fétiche un de ses plus beaux rôles, d’une subtilité et d’une profondeur rares. Rien de spectaculaire, mais beaucoup d’émotion transmise. Et que dire de la photographie absolument sublime. Douleur et Gloire est un beau film, dans tous les sens du terme, là aussi marqué par une sobriété qui montre que le vrai génie est fait souvent d’un certain sens de la discrétion. Pas besoin d’en faire trop quand on fait les choses parfaitement. En tout cas, après ce petit bijou, on espère encore avoir l’occasion bien des fois d’aller voir le dernier Almodovar.

LA NOTE : 15/20

Fiche technique :
Production : El Deseo
Réalisation : Pedro Almodovar
Scénario : Pedro Almodovar
Montage : Teresa Font
Photo : José Luis Alcaine
Décors : Antxon Gomez
Distribution : Pathé
Musique : Alberto Iglesias
Durée : 112 min

Casting :
Antonio Banderas : Salvador Mallo
Asier Etxeandia : Alberto Crespo
Leonardo Sbaraglia : Federico
Nora Navas : Mercedes
Penelope Cruz : Jacinta, jeune
Julieta Serrano : Jacinto, vieille
Cecilia Roth : Zulema
Asier Flores : Salvador enfant
César Vicente : Albanil

VOLUME 1 (BNQT), MY LOVE DIVINE DEGREE (Cody ChestnuTT), BROKEN FLOWERS (Nev Cottee) : L’union fait la force

volume1BNQTBNQT est ce qu’on appelle un super-groupe. Cela ne signifie pas que ce groupe est absolument super, mais qu’il est composé de membres évoluant dans d’autres formations le reste du temps. On retrouve ici des artistes sévissant avec Franz Ferdinand, Travis, Midlake et d’autres encore. En 2017, leur union a donné naissance à Volume 1. Un album rock assez basique, mais maîtrisé. Il possède un côté un peu rétro, marqué aussi par un léger effet loin du micro (qui m’énerve toujours autant). Le résultat est globalement sympa et se laisse écouter avec un certain plaisir. On peut simplement déplorer que cela manque d’un tube et d’une petite étincelle pour vraiment nous enthousiasmer.

mylovedivinedegreecodychestnuttCody ChestnuTT est un artiste de RnB américain. Son album My Love Divine Degree s’ouvre sur un rythme groove pas très harmonieux. Un début à l’image d’un album pas vraiment transcendant, ni particulièrement marquant. La voix de l’artiste n’a rien de magique, ce qui est quand même quelque peu problématique dans ce genre musical. Surtout quand à côté de cela, les arrangements n’ont vraiment rien d’original. Cela donne un album jamais emballant et qui nous propose aussi une série de titres assez tristounets.

brokenflowersnevcotteeNev Cottee est un artiste britannique dont je ne sais pas grand chose puisqu’il ne bénéficie même pas d’une page sur Wikipédia. Son album Broken Flowers prouve pourtant qu’il le mériterait tout autant que bien d’autres, notamment grâce à sa voix à la fois profonde et claire, qui attire immédiatement l’oreille. Elle vient se poser sur des instrumentations relativement minimalistes. Le tout manque un peu d’énergie et on aimerait parfois qu’il daigne un peu pousser sa voix. Ce n’est pas totalement désagréable, mais quelque peu frustrant.

SEDUIS-MOI SI TU PEUX : Sans complexe

seduismoisitupeuxafficheQuand on écrit une histoire à partir d’une idée qui semble quelque peu improbable et peu crédible, il est capital de ne surtout pas s’arrêter à cela et d’y aller malgré tout à fond. Le cinéma américain possède cet absence de complexe pour nous livrer des scénarios qui se moquent éperdument de leur crédibilité. Et il excelle particulièrement dans l’exercice quand tout cela met en scène leur Président… ou leur Présidente. Une nouvelle preuve avec Séduis-Moi Si Tu Peux, qui nous propose une histoire qu’aucun scénariste français n’aurait osé écrire. Mais les qualités du film nous démontrent qu’ils ont bien tort de se priver.

Pour oser proposer une histoire dont pas un événement ne pourrait survenir dans la vraie vie vraie, il ne faut pas se poser trop de questions. Et pour faire adhérer le spectateur, il ne faut pas lui laisser l’occasion de s’en poser non plus. Séduis-Moi Si Tu Peux nous emporte immédiatement par son rythme, son humour, parfois très premier degré, mais tout de même très efficace. On se surprend à aimer immédiatement des personnages pourtant loin d’être subtils. Bref, on se retrouve diverti et on ne peut que s’en satisfaire puisque c’est exactement ce que le type de plaisir que l’on était venu chercher. Parfois, un coin de notre cerveau a envie de nous glisser que tout cela ressemble fort à un grand n’importe quoi, mais on oublie totalement de l’écouter, trop occupé à profiter du spectacle.

seduismoisitupeuxSeth Rogen et Charlize Theron permettent à Séduis-Moi Si Tu Peux de fonctionner aussi bien par leur implication de tous les instants. Pas de cabotinage, mais un jeu maîtrisé, même dans les moments qui frisent la vulgarité. La qualité du casting donne à ce film une crédibilité qui compense le fait que les péripéties n’en ont strictement aucune. Jonathan Levine nous offre là un vrai travail de mise en scène et de réalisation, aussi léger soit le contenu de ce film. Un professionnalisme très hollywoodien, qui prouve qu’on peut être sérieux, même quand ce n’est pas sérieux, sans se prendre au sérieux. L’essentiel est de toute façon de faire passer au spectateur un bon moment et ce film y parvient parfaitement.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Jonathan Levine
Scénario : Dan Sterling et Liz Hannah, d’après une histoire de Dan Sterling
Direction artistique : Sharon Davis
Décors : Kalina Ivanov
Costumes : Mary E. Vogt
Photographie : Yves Bélanger
Montage : Melissa Bretherton et Evan Henke
Musique : Marco Beltrami et Miles Hankins
Production : A. J. Dix, Evan Goldberg, Beth Kono, Seth Rogen, Charlize Theron et James Weaver
Durée : 125 minutes

Casting :
Seth Rogen : Fred Flarsky
Charlize Theron : Charlotte Field
O’Shea Jackson Jr. : Lance
June Diane Raphael : Maggie Millikin
Ravi Patel : Tom
Andy Serkis : Parker Wembley
Alexander Skarsgård : James Steward
Randall Park : le patron de Flarsky
Bob Odenkirk : Chambers
Tristan D. Lalla : l’agent M
James Saito : le Ministre Kishido
Randy Orton : Jimmy P.
Lisa Kudrow : Katherine