
Le grand mérite de John Wick Parabellum est ne plus chercher à donner au spectateur autre chose que ce qu’il est venu chercher. A savoir des scènes de baston particulièrement spectaculaires et violentes. Ce film lui en offre en quantité, ce genre de moments occupant un pourcentage rarement atteint dans un long métrage. Pour la qualité, c’est autre chose. Elles ont un caractère quelque peu répétitif, s’étirent parfois beaucoup trop en longueur et sont rarement profondément originales. Et quand une d’entre elles échappe à un de ces défauts, il souffre des autres de manière particulièrement marquée. Par exemple, la meilleure idée du film, une scène de baston impliquant des chiens de combat parfaitement dressés, n’en finit plus de finir et finit surtout par lasser.

LA NOTE : 11/20
Fiche technique :
Réalisation : Chad Stahelski
Scénario : Derek Kolstad, Shay Hatten, Chris Collins et Marc Abrams
Décors : Kevin Kavanaugh
Photographie : Dan Laustsen
Montage : Evan Schiff
Musique : Tyler Bates et Joel J. Richard
Production : Basil Iwanyk
Coproducteur : John R. Saunders
Producteur délégué : Jeff G. Waxman
Durée : 131 minutes
Casting :
Keanu Reeves : Jonathan « John » Wick
Ian McShane : Winston
Halle Berry : Sofia
Asia Kate Dillon : l’adjudicatrice
Lance Reddick : Charon, le concierge du Continental
Laurence Fishburne : le roi de la Bowery
Mark Dacascos : Zero
Anjelica Huston: la directrice
Jerome Flynn : Berrada
Said Taghmaoui : le Grand Maître
Jason Mantzoukas : l’homme qui dit tic-tac
Tiger Chen : un assassin
Yayan Ruhian : un élève de Zero
Cecep Arif Rahman : un élève de Zero
Robin Lord Taylor : l’administrateur
Boban Marjanovic : Ernest
Randall Duk Kim : le docteur
Disney est sur le point de réussir son pari. Enfin un parmi les nombreux paris qui rythment la vie de cette entreprise. Après avoir tâté discrètement le terrain l’année dernière avec le Livre de la Jungle (que je n’ai pas vu et que je ne jugerai donc pas), la maison aux oreilles rondes a décidé de frapper fort cette, avec trois adaptations en prises de vue réelles de trois des plus emblématiques dessins-animés de son patrimoine. Le premier étage de la fusée, Dumbo, avait permis un décollage réussi. Mais avec un pilote aussi talentueux que Tim Burton, on pouvait s’y attendre. La suite, Aladdin, s’avérait plus risqué avec Guy Richie aux manettes. Mais il dirige finalement son vaisseau avec une maîtrise remarquable.
Aladdin bénéficie d’un casting quelque peu inégal. Mena Massoud est assez falot et constitue très clairement la plus grande limite de ce film. A ses côtés, Will Smith est égal à lui-même, ce qui représente tout de même un joli compliment. Lui aussi fait preuve d’une certaine retenue bienvenue, qui tire le film vers le haut. Mais de toute façon, tout cela n’a que peu d’importance car ces deux-là sont totalement éclipsés par Naomi Scott dont le charme est foudroyant. Elle illumine littéralement l’écran et rien que pour elle, on aurait envie que le film se prolonge encore un peu. Tout le monde évolue dans des décors magnifiques et revêt des costumes sublimes. On comprend mieux alors pourquoi on passe un si bon moment devant ce divertissement familial de très bonne facture. Il nous donne surtout beaucoup d’espoir pour le dernier volet du triptyque, le Roi Lion, qui arrive très bientôt sur nos écrans.
Quand on veut se marrer un grand coup, quand on veut assister à un spectacle léger et drôle, quand on veut assister à un film à grand spectacle qui vous en met plein la vue, il y a une chose à ne pas faire, jamais, en aucun cas : aller voir un film des frères Dardenne. Par contre, lorsque l’on veut assister à une œuvre aboutie, où le fond importe plus que la forme, émouvante et qui pousse à la réflexion, alors leur cinéma est parfait pour cela. Une nouvelle démonstration nous vient du Jeune Ahmed, où les cinéastes belges s’attaquent au sujet délicat de la radicalisation des plus jeunes vers une mouvance islamique extrême. Mais force est de constater qu’ils s’en sortent avec beaucoup de brio.
Une nouvelle fois, les frères Dardenne ont décidé de faire de la sobriété une religion artistique. Comme la plupart de leurs œuvres (peut-être toutes, mais j’ai la flemme de vérifier), le Jeune Ahmed ne comporte aucune musique, à part au générique de fin. On se retrouve donc plongé vraiment dans un cinéma du réel, sans aucune fioriture. C’est là leur grande force et leur marque de fabrique, mais aussi la limite d’un septième art auquel on enlève certaines de ses dimensions. Le résultat aurait-il pu être encore plus frappant avec une réalisation différente, personne ne pourra jamais répondre. Mais quand un film est déjà aussi bon, il est de toute façon pas très utile d’en rajouter.
Il y a des plats dont on finit par se lasser à force d’en manger. Et puis, il y a le Poulpe. Si on est prêt à y goûter encore et encore, c’est aussi parce que chaque bouchée est relativement légère. Vous l’aurez compris, je parle une nouvelle fois du Poulpe, version littérature, ce détective pas comme les autres, qui n’appartient à personne. L’épisode dont je vais vous parler aujourd’hui, les Deniers du Colt, a été écrit par Gilles Vidal, un romancier à la longue bibliographie, même si elle ne compte aucune œuvre particulièrement marquante.
La mode des biopics ne semble pas vouloir faiblir. Le soucis est que le nombre de personnes célèbres dont la vie vaut bien un film qui n’a pas déjà été fait commence à faiblir. On reste désormais parfois circonspect sur les personnalités choisies, dont la vie est supposée donner naissance à un long métrage. J’avoue que je n’ai guère été emballé à l’idée d’assister au récit de la vie d’Elton John, surtout en découvrant que ce dernier produit lui-même ce film. Cela sentait le produit formaté pour les fans à plein nez. Il est vrai que Rocketman n’échappe pas tout à fait à ce reproche. Mais il possède assez de qualités par ailleurs, certaines inattendues, pour nous enthousiasmer aussi parfois.
La réalisation de Rocketman alterne de jolis moments avec, il est vrai, quelques passages un peu lourdingues, faciles ou encore totalement surfaits. Mais il y a à côté de cela beaucoup de sincérité sur l’alcoolisme d’Elton John qui reste quand même le fil rouge de l’histoire. Jamais il n’est présenté comme une victime, ce qui change quand même radicalement d’un Bohemian Rhapsody notamment. Certes, il y a un côté auto-célébration de la rédemption qui suit, mais au moins on ne cherche pas d’excuse au personnage. Alors on finit par être touché en découvrant qui est vraiment Elton John. Enfin, le film finit par nous entraîner avec lui par la musique. Que l’on soit fan ou pas, on ne pourra qu’être séduit par la manière dont les morceaux sont intégrés à l’histoire, flirtant parfois avec la comédie musicale. Cela permet surtout de se rappeler à quel point cet homme aura livré de nombreux tubes que l’on fredonne parfois en oubliant qu’ils sont de lui. On ressort donc de ce film avant une grande envie d’acheter tous ses albums. Signe quand même que le film reste avant tout réussi, malgré ses défauts.
J’ai poursuivi ma découverte des célèbres détectives, connus pour l’adaptation télévisuelle de leurs aventures, mais qui ont d’abord été des personnages de roman. Après le Saint, j’ai eu l’opportunité de plonger dans l’univers littéraire de Nestor Burma avec le Cinquième Procédé, sorti en 1947. Un roman récompensé en son temps pour sa qualité et je ne suis pas étonné. En effet, si tout cela reste de la littérature de gare, avec ses codes et son format relativement court, la plume de Léo Malet se montre particulièrement aiguisée.
Lorsqu’un cinéaste venu d’un pays lointain connaît un succès soudain en France, il n’est pas rare que des distributeurs opportunistes en profitent pour ressortir sur les écrans hexagonaux une œuvre de jeunesse qui n’avait pas à son époque trouvée sa place chez nous. Le soucis, c’est que l’on réalise souvent assez vite pourquoi le film n’avait alors pas franchi les océans. Ryusuke Hamaguchi a connu les honneurs des critiques et des spectateurs avec Senses puis Askao I & II. Mais était-il vraiment la peine de nous offrir sur grand écran Passion, son deuxième film sorti au Japon en 2008 ? Après l’avoir vu, la question reste entièrement posée pour moi.
Qui dit œuvre de jeunesse, dit aussi manque de moyen. Visuellement, Passion flirte parfois avec le téléfilm. Un téléfilm réalisé avec un certain sens de l’esthétisme certes, mais un téléfilm quand même. C’est aussi pour cela que l’on a un peu de mal à plonger totalement dans cette œuvre qui n’est au fond qu’une esquisse de ce qui suivra. Le propos ne manque pas totalement d’intérêt, les acteurs sont remarquablement bien dirigés, mais il manque ce petit supplément d’âme, cette touche de poésie qui nous charmera dans la suite de la filmographie de Ryusuke Hamaguchi. Cela a au moins le mérite de nous rendre curieux. Que peuvent bien valoir les 5 films tournés entre celui-ci et Senses ? Peut-être d’autres distributeurs opportunistes nous apporterons la réponse.
Certains réalisateurs ont acquis une notoriété suffisante pour que l’on parle de leurs films, quand ils sortent sur les écrans, comme le dernier untel. Parmi ceux-là, Pedro Almodovar occupe une place de choix. Ainsi, si j’ai été voir Douleur et Gloire, j’ai été voir par la même occasion le dernier Almodovar. Et cette fois, le réalisateur espagnol se montre totalement à la hauteur de sa réputation en nous offrant un petit chef d’œuvre qui restera comme un des éléments les plus marquants de sa longue filmographie. Ce qu’il y a de réellement fascinant chez lui, c’est de voir à quel point il parvient tout en gardant certaines obsessions à toujours se renouveler.
Antonio Banderas et Pedro Almodovar forment un de ces couples acteur-réalisateur qui nous font mieux comprendre la signification du mot synergie. Le réalisateur espagnol offre à son comédien fétiche un de ses plus beaux rôles, d’une subtilité et d’une profondeur rares. Rien de spectaculaire, mais beaucoup d’émotion transmise. Et que dire de la photographie absolument sublime. Douleur et Gloire est un beau film, dans tous les sens du terme, là aussi marqué par une sobriété qui montre que le vrai génie est fait souvent d’un certain sens de la discrétion. Pas besoin d’en faire trop quand on fait les choses parfaitement. En tout cas, après ce petit bijou, on espère encore avoir l’occasion bien des fois d’aller voir le dernier Almodovar.
BNQT est ce qu’on appelle un super-groupe. Cela ne signifie pas que ce groupe est absolument super, mais qu’il est composé de membres évoluant dans d’autres formations le reste du temps. On retrouve ici des artistes sévissant avec Franz Ferdinand, Travis, Midlake et d’autres encore. En 2017, leur union a donné naissance à Volume 1. Un album rock assez basique, mais maîtrisé. Il possède un côté un peu rétro, marqué aussi par un léger effet loin du micro (qui m’énerve toujours autant). Le résultat est globalement sympa et se laisse écouter avec un certain plaisir. On peut simplement déplorer que cela manque d’un tube et d’une petite étincelle pour vraiment nous enthousiasmer.
Cody ChestnuTT est un artiste de RnB américain. Son album My Love Divine Degree s’ouvre sur un rythme groove pas très harmonieux. Un début à l’image d’un album pas vraiment transcendant, ni particulièrement marquant. La voix de l’artiste n’a rien de magique, ce qui est quand même quelque peu problématique dans ce genre musical. Surtout quand à côté de cela, les arrangements n’ont vraiment rien d’original. Cela donne un album jamais emballant et qui nous propose aussi une série de titres assez tristounets.
Nev Cottee est un artiste britannique dont je ne sais pas grand chose puisqu’il ne bénéficie même pas d’une page sur Wikipédia. Son album Broken Flowers prouve pourtant qu’il le mériterait tout autant que bien d’autres, notamment grâce à sa voix à la fois profonde et claire, qui attire immédiatement l’oreille. Elle vient se poser sur des instrumentations relativement minimalistes. Le tout manque un peu d’énergie et on aimerait parfois qu’il daigne un peu pousser sa voix. Ce n’est pas totalement désagréable, mais quelque peu frustrant.
Quand on écrit une histoire à partir d’une idée qui semble quelque peu improbable et peu crédible, il est capital de ne surtout pas s’arrêter à cela et d’y aller malgré tout à fond. Le cinéma américain possède cet absence de complexe pour nous livrer des scénarios qui se moquent éperdument de leur crédibilité. Et il excelle particulièrement dans l’exercice quand tout cela met en scène leur Président… ou leur Présidente. Une nouvelle preuve avec Séduis-Moi Si Tu Peux, qui nous propose une histoire qu’aucun scénariste français n’aurait osé écrire. Mais les qualités du film nous démontrent qu’ils ont bien tort de se priver.
Seth Rogen et Charlize Theron permettent à Séduis-Moi Si Tu Peux de fonctionner aussi bien par leur implication de tous les instants. Pas de cabotinage, mais un jeu maîtrisé, même dans les moments qui frisent la vulgarité. La qualité du casting donne à ce film une crédibilité qui compense le fait que les péripéties n’en ont strictement aucune. Jonathan Levine nous offre là un vrai travail de mise en scène et de réalisation, aussi léger soit le contenu de ce film. Un professionnalisme très hollywoodien, qui prouve qu’on peut être sérieux, même quand ce n’est pas sérieux, sans se prendre au sérieux. L’essentiel est de toute façon de faire passer au spectateur un bon moment et ce film y parvient parfaitement.
Commentaires récents