GREEN BOOK : SUR LES ROUTES DU SUD : Voyage à deux

greenbookafficheQuel plaisir de rédiger la critique d’un beau et grand film ! Et Green Book : Sur les Routes du Sud en est un. Certes, les critiques de navet constituent aussi un plaisir particulier. Mais il est tout de même plus agréable de faire l’éloge que de critiquer vertement. Surtout si au final on pousse ne serait-ce qu’une personne à aller voir le film que l’on encense. Rien que pour cela, le texte que l’on écrit valait mille fois le temps que l’on y a passé. Alors, cher lecteur, si un d’entre vous va voir ce film grâce à tout le bien que je vais en dire, alors vous ne saurez me faire plus plaisir. Et je vous rassure, c’est avant tout à vous même que vous ferez plaisir.

En fait, dire du bien de Green Book : Sur les Routes du Sud n’exige pas de longs discours. En effet, il nous raconte une histoire simple. Une histoire aussi simple (ou presque) que le laisse penser la bande-annonce. Simple parce que tout ce qui est raconté semble couler de source, être parfaitement naturel. On croit à cette histoire, comme une évidence, comme si elle nous était familière. Pourtant, vus les sujets abordés, elle aurait pu facilement tomber dans une lourdeur infinie, dans des lieux communs ou dans de bons sentiments. Ici, on est à mille lieux de tout cela. A ce point, c’est presque inexplicable, c’est tout simplement magique. Et c’est surtout beau en fait.

greenbookVoir Viggo Mortensen à l’écran constitue déjà un des plus grands plaisirs cinématographiques qui soient. Mais le voir aux côtés de Mahershala Ali, c’est encore mieux. Ils nous livrent le genre d’interprétation où on ne voit pas des acteurs jouer un personnage, mais devenir un personnage. Enfin même si l’accent italien de Viggo Mortensen n’est pas toujours totalement naturel. Mais le plus étonnant reste quand même de voir un film d’une telle finesse et d’une telle subtilité par Peter Farrelly. Dieu sait si j’aime Mary à Tout Prix et beaucoup des comédies qu’il a réalisé avec son frère. Mais il a toujours évolué dans un registre tellement différent de celui-ci qu’on ne peut être que surpris. Cependant, la surprise est tellement belle qu’on n’y prête guère attention. On se contente d’être ému au plus profond de soi par Green Book : Sur les Routes du Sud et de ressortir de ce film plus optimiste et en retrouvant un brin de foi dans l’humanité.

LA NOTE : 15/20

Fiche technique :
Production : Participant Media, DreamWorks Pictures, Innisfree pictures, Amblin Partners, Wessler Entertainment
Distribution : Metropolitan FilmExport
Réalisation : Peter Farrelly
Scénario : Peter Farrelly, Brian Hayes Currie, Nick Vallelonga
Montage : Patrick J. Don Vito
Photo : Sean Porter
Décors : Tim Galvin
Musique : Kris Bowers
Durée : 130 min

Casting :
Viggo Mortensen : Tony Lip
Mahershala Ali : Dr. Don Shirley
Linda Cardellini : Dolores
Sebastian Maniscalco : Johnny Venere
Dimiter D. Marinov : Oleg
Mike Hatton : George

DRAGONS 3 : LE MONDE CACHE : Le bout du monde

dragons3afficheLe dragon reste une créature porteuse de nombreux symboles et d’une mythologie venue irriguer bien des cultures différentes. Un animal fabuleux beau et puissant. Mais aussi inspirant pour bien des inventeurs d’histoires fantastiques. Avec la saga Dragons, elle vient toucher un public familial, amateur d’aventures épiques, où l’humour est loin d’être absent. Le premier volet avait représenté une vraie et belle réussite, le second était plus ordinaire. Dragons 3 : le Monde Caché a priori le dernier. Il est toujours important de savoir réussir sa sortie. Et celle-ci restera comme plutôt réussie.

Dragons 3 : le Monde Caché possède le défaut de sa qualité. En effet, le scénario est relativement sans fioriture, se contentant d’être rythmé, épique et drôle. Certains trouveront que l’emploi du verbe « se contenter » est quelque peu injuste ici. Tant de qualités pour un seul film représente quelque chose d’assez rare pour mériter un peu plus de considération. C’est vrai, mais il faut aussi admettre que tout cela ne donne pas assez d’épaisseur au film pour être suffisamment marquant pour devenir culte. Mais on assiste là à un très bon divertissement et on ne s’en plaint pas. On retrouve tout ce qui nous a fait apprécié cette saga. Ceux qui gardent un bon souvenir des deux premiers épisodes pourront donc aller voir cet ultime chapitre sans crainte.

dragons3Dragons 3 : le Monde Caché nous propose quand même quelques séquences qui sortent vraiment de l’ordinaire. On retiendra notamment une longue et drôlatique parade amoureuse entre deux dragons. On finit par être touché, car la scène leur confère une « humanité » qui en font des personnages à part entière. De toute façon, la saga tire aussi son succès de la jolie galerie de protagonistes qu’elle propose et que l’on croise une nouvelle fois ici avec toujours autant de plaisir. On regrettera simplement un méchant un peu baclé et ressemblant à bien d’autres. Il y avait moyen de le rendre beaucoup plus intéressant. Mais globalement, le film reste terriblement distrayant et donne très envie de voler sur le dos d’un de ces monstres ailés.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : DreamWorks Animation, Mad Hatter Entertainment
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : Dean DeBlois
Scénario : Dean DeBlois, Cressida Cowell
Montage : John K. Carr
Photo : Gil Zimmerman
Décors : Pierre-Olivier Vincent
Musique : John Powell
Durée : 104 min

Casting :
Jay Baruchel : Harold
America ferrara : Astrid
Cate Blanchett : Valka
Kristen Wiig : Ruffnut
Kit Harington : Eret
Jonah Hill : Snotlout
F. Murray Abraham : Grimmel
Justin Rupple : Tuffnut

UNE INTIME CONVICTION : Le sens de la justice

uneintimeconvictionafficheLe film de procès est un domaine réservé du cinéma hollywoodien. Mais comme tous les domaines réservés, il est voué à être contestés Impossible n’étant pas français, notre 7ème art hexagonal s’y attaque avec Une Intime Conviction. On y retrouve tout ce que l’on apprécie dans ce genre de production mais avec de vraies particularités liées à notre culture… et accessoirement à notre système judiciaire. Même si un habile procédé narratif permet de gommer quelque peu cette dernière différence. Mais le film marquera surtout les esprits par l’extraordinaire performance d’Olivier Gourmet.

Une grande différence entre la France et les États-Unis réside dans le rôle joué par les avocats dans un procès. Chez nous, il n’y a aucune raison pour que ces derniers jouent les enquêteurs de choc. Dans Une Intime Conviction trouve un expédient narratif pour arriver dans une situation similaire. Mais cette trouvaille n’est pas là pour faire des acteurs de la défense des « héros ». Elle permet au contraire de pousser le spectateur à s’interroger sur son rapport à la vérité et son envie irrépressible de désigner des innocents et des coupables, même en absence de preuve. Ceci est mené avec beaucoup d’habileté et on se retrouve contraint de réaliser son propre examen de conscience.

uneintimeconvictionLe scénario de Une Ultime Conviction mêle reconstitution et pure fiction. On peut imaginer que la longue plaidoirie de Maître Dupont-Moretti a du être impressionante dans la réalité. Mais que dire de celle que nous fait vivre Olivier Gourmet. Un moment fort d’interprétation dramatique comme on en voit rarement et qui permet de mesurer l’étendu du talent de cet acteur, qui a sans doute été trop souvent cantonné à des seconds rôles. Il serait injuste d’oublier du coup au passage la très belle prestation de Marina Foïs. Ils portent à deux le film sur leurs épaules et le portent haut. En tout cas, ils donnent envie de voir le cinéma français explorer plus souvent le filon des films de procès !

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : Delante productions, UMedia
Distribution : Antoine Raimbault
Réalisation : Antoine Raimbault, Isabelle Lazard, idée de Karim Dridi, inspiré du procès Viguier
Scénario : Jean-Baptiste Beaudouin
Montage : Pierre Cottereau
Format : Nicolas De Boiscuillé
Musique : Grégoire Auger
Durée : 110 min

Casting :
Marina Foïs : Nora
Olivier Gourmet : Eric Dupond-Moretti
Laurent Lucas : Jacques Viguier
Jean Benguigui : Maître Szpiner
François Fehner : le président Richiardi
François Caron : Maître de Caunes
Philippe Uchan : Olivier Durandet
Armande Boulanger : Clémence Viguier
Steve Tientcheu : Bruno

LA FAVORITE : Le fond sans la forme

lafavoriteafficheProposer un bon film nécessite du fond et de la forme. Un beau film sans histoire solide se révèle vite ennuyeux. Une bonne intrigue mais mise en scène de manière maladroite peut vite nous faire oublier toutes les qualités du récit. La Favorite figure définitivement dans cette dernière catégorie. Les choix artistiques de Yorgos Lanthinos sont parfois réellement vraiment discutables. Tout du moins, ne laissent-ils personne indifférent. C’était déjà le cas pour The Lobster qui l’avait fait connaître. Personnellement, je faisais partie du camp qui avait été pleinement séduit. Cette fois, je me situe clairement dans celui d’en face.

La Favorite nous permet de découvrir que la caméra de sécurité figure parmis les outils du cinéaste. Mais pourquoi donc nous proposer dans un film en costumes des plans filmés de cette façon ? Cela donne simplement des plans hideux. L’originalité que cela leur confère est totalement surfaite et pour tout dire un rien riducule. A cela s’ajoute une musique particulièrement pénible, qui fait défintitivement sortir le spectateur du film. Enfin, certains d’entre eux, parce que voir ce long métrage nominé pour l’Oscar le plus prestigieux me rend particulièrement circonspect. Enfin tous les goûts sont dans la nature, ce film ne fait juste pas partie des miens.

lafavoriteJe ne peux que regretter cet état de fait, tant l’histoire de la Favorite est savoureuse. Une histoire de triangle amoureux et de rivalité, où se mêle désir et politique. Une histoire riche, aux personnages remarquables et au casting de très haut niveau. Tout était réuni pour en faire un film réelement marquant. Mais il serait injuste de reprocher à Yorgos Lanthinos d’avoir pris de vrais risques artistiques. Ils ne se sont pas avérés judicieux de mon point de vue, mais c’est toujours un plaisir de voir un réalisateur s’affranchir du conformisme. Au final, j’aurais tout de même passé deux heures avec Emma Stone, ce qui n’est pas rien !

LA NOTE : 09/20

Fiche technique :
Production : Waypoint Entertainment, Scarlet films, Film4, Element Pictures
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Yorgos Lanthimos
Scénario : Deborah Davis, Tony McNamara
Montage : Yorgos Mavropsaridis
Photo : Robbie Ryan
Décors : Fiona Crombie
Durée : 119 min

Casting :
Olivia Colman : La Reine Anne
Rachel Weisz : Lady Sarah de Marlborough
Emma Stone : Abigail Hill
Nicholas Houly : Lord Harley
Joe Alwyn : Masham
James Smith : Lord Godolphin
Mark Gatiss : Le duc de Marlborough

SLOWDIVE (Slowdive), IN MIND (Real Estate), RIPE DREAMS, PIPE DREAMS (Cameron Avery) : Le poids des mots

slowdiveslowdiveA défaut d’avoir enrichi ma collection de bons albums, Slowdive du groupe… Slowdive m’aura au moins permis d’enrichir mon vocabulaire. En effet, en consultant la page Wikipedia de cette formation brittanique qu’elle nous propose du shoegazing. En creusant, un peu, j’ai appris ce que mot mystérieux désigne une sous-catégorie du rock alternatif. Comme quoi la segmentation de la musique ne semble pas avoir de limite. Sinon, le groupe nous propose des titres éthérés, d’autres plus énergiques, mais avec toujours un effet loin du micro qui m’horripile toujours autant. Surtout que le résultat est vraiment loin d’être toujours très beau. J’admets volontiers que le tout est maîtrisé et abouti, mais ce n’est définitivement pas mon genre de prédilection.

inmindrealestateOn poursuit avec un groupe américain, Real Estate, qui nous offre avec In Mind du rock tout court (ok, je peux admettre que l’on qualifie cela de pop rock). Quel que soit le mot choisi, le résulat est plutôt classe et parfaitement maîtrisé. La qualité est constante, portée par une voix plutôt agréable. Au final, c’est solide mais il faut admettre que ce n’est pas non plus hyper original. L’album ne comporte pas de tube en puissance, mais il ne comporte que de bons titres. C’est quand même déjà pas mal.

ripedreamscameronaveryRipe Dreams, Pipe Dreams est le premier album solo de Cameron Avery, un artiste australien qui a été membre de plusieurs groupes auparavant. Les premières secondes sont marquées par une grande douceur et une certaine lenteur qui nous permet d’apprécier sa jolie voix. Mais très vite, on commence à trouver ça un peu statique et un peu mou. Il y a de la maîtrise, mais guère d’ambition artistique. Ce n’est pas mavuais, mais c’est transparent. Il nous livre une musique propre sur elle, mais sans passion.

SI BEALE STREET POUVAIT PARLER : Passion sans passion

sibealestreetpouvaitparlerafficheQu’est ce qu’un beau film ? Voilà une question trop complexe pour que j’y réponde ici en quelques lignes. Si Beale Street Pouvait Parler est incontestablement un très beau film. Pour beaucoup de raisons que je vais vous exposer ici. Mais la beauté en elle-même ne fait pas tout. Il faut à une long métrage quelque chose de plus pour se révéler réellement passionnant. Du corps, un feu qui embrase l’enthousiasme du spectateur. Le cinéma n’est ni la peinture, ni la littérature, mais un art singulier qui possède ses propres règles. Barry Jenkins semble l’avoir oublié et ne protège pas le spectateur du pire fléau qui soit : l’ennui.

L’histoire du cinéma est riche de films relativement contemplatifs parlant d’amour et ayant acquis un statut de classique, comme In the Mood for Love par exemple. Si Beale Street Pouvait Parler aurait pu les rejoindre. En effet, l’histoire est belle et émouvante, dotée d’un immense potentiel dramatique. Elle revisite l’éternelle injuste de la romance brisée par une société oppressante. Elle bénéficie d’une narration patiemment construire qui fait découvrir progressivement au spectateur tous les ressorts de l’intrigue. Tout cela mis en image avec une infinie délicatesse qui met parfaitement en valeur des comédiens et les comédiennes réellement investis dans leurs rôles.

sibealestreetpouvaitparlerMais si Beale Street Pouvait Parler est contemplatif, on du mal à comprendre pourquoi. En effet, chaque scène s’étire particulièrement en longueur sans que cela n’apporte quoi que ce soit. Cela ne crée par de tension, au contraire, cela la dilue. Cela donne au film une certaine froideur, toujours dommageable quand on parle ainsi de sentiment. La passion qui lie les deux personnages principaux n’est jamais partagée avec le spectateur. Il y a une forme de pudeur chez Barry Jenkins, mais pour qu’une telle histoire frappe vraiment le spectateur en plein cœur, il faut mettre les personnages à nue (ce qui n’a rien à voir avec les filmer à poil!), ce qui est loin d’être le cas ici. Ils restent au final deux étrangers pour le spectateur qui se détache peu à peu de leur histoire. Dommage, elle était belle.

LA NOTE : 09/20

Fiche technique :
Production : Annapurna Pictures, Plan B Entertainment, Pastel
Distribution : Mars Films
Réalisation : Barry Jenkins
Scénario : Barry Jenkins, adapté du roman de James Baldwin
Montage : Joi McMillon, Nat Sanders
Photo : James Laxton
Décors : Mark Friedberg
Musique : Nicholas Britell
Durée : 119 min

Casting :
K Layne : Tish Rivers
Stephan James : Alonzo Fonny Hunt
Regina King : Sharon Rivers
Colman Domingo : Joseph Rivers
Teyonah Parris : Ernestine Rivers
Vrian Tyree Henry : Daiel Carty
Aunjanue Ellis : Mme Hunt
Diego Luna : Pedrocito
Ed Skrein : l’officier Bell
Dave Franco : Levy

SORRY TO BOTHER YOU : Effets de surprises

sorrytobotheryouafficheFilms militants et engagés. Films décalés et inattendus. Deux catégories du septième art qui se rejoignent rarement. En France, Benoît Delépine et Gustave Kervern y parviennent, mais passent pour des originaux. Mais ils ne sont pas les seuls. La preuve avec Sorry to Bother You, le premier film de Boots Riley. Un film que j’ai eu la chance d’aller voir sans avoir aucune idée de ce que c’était. Et quel plaisir de tomber sur un tel OVNI cinématographique au détour d’une salle obscure sans s’y attendre. Car la surprise est une vraie surprise et une belle surprise vu la qualité du film… même si sa principale qualité reste bien l’effet de surprise.

Les premières minutes de Sorry to Bother You laissent le spectateur perplexe. Surtout quand ce dernier ne sait pas à quoi s’attendre. Puis il comprend peu à peu qu’il va assister à un film qui n’aura pas peur d’utiliser l’humour, l’absurde, le fantastique ou encore le 8ème degré pour nous parler de sujets sociaux qui auraient pu être traités avec le plus grand sérieux et la plus profonde gravité. Mais force est de constater que le message passe aussi bien, voire mieux. En effet, voilà un film difficilement oubliable et dont on a envie de parler. De plus, l’ironie, omniprésente ici, est un formidable levier pour mettre en lumière les travers d’une société qui préfère souvent fermer les yeux.

sorrytobotheryouSorry to Bother You, en choisissant de mettre autant de fantaisie et d’éléments surprenants dans son propos, prenait le risque d’être inégal. Dans ce film, toutes les idées ne se valent pas. Elle en vraiment en commun d’être vraiment inattendues, mais elles ne sont pas toutes convaincantes. On ne peut que saluer la réelle prise de risque de Boots Riley. Il nous offre un film imparfait, mais qui ne ressemble vraiment à aucun autre. Et pour cela on peut lui dire merci. Ah avant de finir, ne pas oublier aussi de remercier la remarquable distribution qui du premier au dixième rôle brille par beaucoup de talent et d’énergie communicative. Tout ce qui caractérise ce film en fait.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation : Boots Riley
Scénario : Boots Riley
Photographie : Doug Emmett
Montage : Terel Gibson
Musique : The Coup, Merrill Garbus, Boots Riley, Tune-Yards
Pays d’origine : États-Unis
Langue originale : anglais
Format : couleur
Genre : science-fiction
Durée : 105 minutes

Casting :
Lakeith Stanfield : Cassius Green
Tessa Thompson : Detroit
Armie Hammer : Steve Lift
Jermaine Fowler : Salvador
Omari Hardwick : Mr….
Terry Crews : Sergio
Steven Yeun : Squeeze
Danny Glover : Langston
Kate Berlant : Diana DeBauchery
David Fine : le prêcheur

TOUT CA POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PS : EPISODE 19 : La Fronde se lève

episode19

episode19Les politiques ne respectent pas leurs promesses de campagne, c’est bien connu. Cette affirmation est totalement fausse, mais tout le monde s’en fout. François Hollande, comme les autres, au réalisé une large majorité de ses engagements. Mais comme dans toutes campagnes électorales, il a été amené à en formuler beaucoup, de natures variées et sur des sujets fort divers, et forcément, principe de réalité oblige, il y a eu quelques oublis et ratés en route. Pendant son quinquennat, il aura été aussi amené à prendre des décisions qui ne figuraient pas dans son programme, mais ça, j’aurais l’occasion d’y revenir plus tard.

Tout élu va donc affronter le même schéma. Il aura beau réaliser la quasi totalité de ses promesses de campagne, au premier écart, tous ceux qui lui veulent du mal (soit généralement tout le reste de la classe politique qui rêverait d’être à sa place et qui lui en veut pour cela) ne vont plus que se focaliser que là-dessus. Ils jetteront autant d’huile que possible pour entretenir le feu des idées reçues de l’opinion sur les reniements perpétuels des élus, comme s’ils ne le paieraient pas le jour où ils accéderont à leur tour au pouvoir. Le débat, les médias et les souvenirs du plus grand nombre vont alors porter que sur ça, oubliant tout ce qui a été accompli par ailleurs. Ceci se répète encore et encore, mais je suis toujours très étonné du fait que les élus semblent naïvement penser qu’ils y échapperont.

Quant on est un élu PS, ses ennemis les plus implacables sont souvent ses propres camarades. Pour avoir vécu les choses de l’intérieur, même si c’était à la base, je peux témoigner qu’à la seconde où François Hollande a été élu, une large part des forces vives de son propre parti n’a plus été à l’affût que d’une seule chose : la première promesse abandonnée pour pouvoir basculer à nouveau dans la seule culture qu’elle connaît, à savoir l’opposition. C’était évident, palpable, inévitable et surtout irréversible. Le PS, après avoir sabordé Ségolène cinq ans avant, constituait à s’apparenter une planche en partie pourrie et ce n’est pas en étant au pouvoir qu’il serait possible de la réparer.

François Hollande l’aura vite constaté à ses dépens. Pendant la campagne, il avait promis de renégocier les traités européens. Promesse aussi absurde qu’inutile, puisque l’élection de la Présidence du pays avait peu de chance de se jouer sur les questions européennes. Promesse absurde puisque promettre quelque chose qui ne dépend pas de soi ne peut pas être vraiment une promesse. On image bien François Hollande arrivant au premier sommet européen avec en face de lui Merkel, Cameron, Berlusconi et Aznar, soit tous les autres principaux pays alors solidement ancrés à droite. Il a du vite sentir, et à raison, que le rapport de force au niveau européen ne lui permettrait pas d’arriver à ses fins.

Alors il opta pour ce qu’il maîtrisait à la perfection, l’art du compromis. Ne pouvant modifier le pacte budgétaire européen, il obtient tout de même de ses partenaires la création en parallèle d’un pacte de croissance pour stimuler l’investissement. Au vu de la situation et de manière réaliste, François Hollande ne pouvait espérer plus. Et surtout, cette avancée n’était pas rien, surtout dans un rapport de force aussi déséquilibré. Mais voilà, ce n’était pas ce qu’il avait promis pendant sa campagne. L’occasion était trop belle pour beaucoup. Surtout qu’autour de ça, François Hollande n’aura construit aucun véritable storytelling. Il aura fait ça à sa manière, discrètement, pour ne pas froisser ses partenaires à qui il demandait des concessions. Un vrai résultat certes, mais sans grand discours ou envolée lyrique. Et pour l’opinion, l’image d’un homme passif reniant ses promesses.

Dès septembre 2012, au moment du vote du pacte budgétaire européen à l’Assemblée Nationale, des députés PS s’abstinrent ou même votèrent contre. La Fronde était née. A partir de ce moment là, avec le recul, une partie de l’échec du quinquennat était jouée. En effet, de la base au sommet, le PS ne passerait plus son temps qu’à une seule chose : débattre en interne à l’infini pour savoir qui a tort et qui raison, qui sont les bons et qui sont les gentils, qui sont les purs et qui sont les traîtres. Le parti excelle à cet exercice vain qui aura marqué depuis toujours son histoire. Mais en faisant ça, il dilapidera toute son énergie, ne jouera jamais vraiment son rôle de soutien à la politique gouvernementale, se sclérosera et oubliera de préparer l’avenir. Il en paye chèrement le prix aujourd’hui.

UN GRAND VOYAGE VERS LA NUIT : Voyage au bout de l’ennui

ungrandvoyageverslanuitafficheLes films asiatiques ont la réputation d’être lents, contemplatifs et ennuyeux. Réputation totalement surfaite évidemment, comme la plupart des réputations qui tiennent plus du cliché qu’autre chose. Cependant, parfois, il arrive qu’elle ne soit pas totalement usurpée. En tout cas, Un Grand Voyage Vers la Nuit a la double particularité d’être chinois et surtout, vous me pardonnerez l’expression, d’être chiant à mourir. En plus, si vous ne faites pas attention, il pourra vous en coûter un euro de plus pour acquérir des lunettes 3D qui ne serve que pour le dernier tiers du film et qui ne servent pas à grand chose.

Je peux concevoir que l’on se laisse fasciner par Un Grand Voyage Vers la Nuit. Mais pour ce genre de film, soit la rencontre avec le spectateur se fait, soit elle ne se fait pas du tout. Et dans ce dernier cas, vous passez un très très long moment. Le rythme de narration est d’une incroyable lenteur avec des plans ne servant pas à grand chose (sinon à être beaux, certes) qui n’en finissent pas. L’exemple le plus frappant est un long passage où le personnage principal va d’un point A à un point B dans une sorte de tyrolienne qui avance tout doucement et dont on va suivre le trajet dans son intégralité juste pour profiter du paysage. Si à ce moment là, vous êtes vraiment dans le film, sans doute trouvez-vous ça merveilleux. Si ce n’est pas le cas, vous vous dites que l’éternité, c’est long, surtout vers la fin…

ungrandvoyageverslanuitUn Grand Voyages Vers la Nuit est visuellement très abouti, je le reconnais. La photographie est incontestablement sublime. Cependant, de belles images statiques dont on ne perçoit parfois absolument pas le sens ne donnent pas vraiment envie de s’enthousiasmer. L’usage d’un narrateur en voix-off pourrait nous éclairer sur ce que l’on voit, mais il nous livre surtout des phrases absconses que l’on a du mal à relier à ce qu’on voit. Bref, il est temps de m’arrêter là car ce film et moi étions tout simplement pas faits pour nous rencontrer. Ce ne fut ni un beau roman, ni une belle histoire.

LA NOTE : 08/20

Fiche technique :
Production : CG cinéma, Huace pictures, Dangmai films,
Réalisation : Bi Gan
Scénario : Bi Gan
Montage : Yanan Qin
Photo : Yao Hung-I, Dong Jinsong, David Chizallet
Distribution : Bac Films
Musique : Giong Lim, Chih-Yuan Hsu
Durée : 138 min

Casting :
Tang Wai : Wan Quiwen
Huang Jue : Luo Hongwu
Sylvia Chang : la mère du chat
Lee Hong-chi : le chat

LE CHATEAU DE CAGLIOSTRO : Le maître qui pointe

lechateaudecagliostroafficheIl faut bien commencer un jour. Faire des premiers pas. Connaître ses grands débuts. Et ces moments sont rarement glorieux et idéaux. Hayao Miyazaki est un immense artiste, à l’univer singulier, personnel et plein de son immense créativité. Mais le premier film qu’il a réalisé ne correspond pas tout à fait à cette définition. En effet, il s’agissait d’un long épisode d’une série animée spécialement conçu pour le grand écran, dans la plus pure tradition des studios nippons. Cette série fut diffusée en France sous le nom d’Edgar, Détective Cambrioleur. Ici, le personnage retrouve son nom en Japonais, Lupin, puisque l’œuvre de Maurice Leblanc auquel il fait ouvertement référence figure désormais dans le domaine publique. En tout cas, le Château de Cagliostro vaut le coup de découvrir la naissance du maître.

Evidemment, j’étais particulièrement disposé à apprécier le Château de Cagliostro. Déjà parce que je voue une admiration sans borne pour Hayao Miyazaki. Mais aussi, et peut-être surtout, parce que ce dessin-animé représente pour moi une jolie madeleine de Proust. Il fut rare sur nos écrans, mais j’en garde un très beau souvenir. En voyant ce film, je comprends mieux pourquoi. L’univers est typique d’une animation nippone s’adressant à un public plus adulte qu’enfantin. Ici le spectacle reste quand même familial, mais il ravira petits et grands. Une histoire qui débute en ayant l’air de rien et qui va prendre une dimension de plus en plus épique à mesure qu’elle avance et perd son côté gentillet. On y retrouve aussi bien des passages très « cartoon » qu’une certaine violence (soft tout de même).

lechateaudecagliostroVisuellement, le Château de Cagliostro est forcément un peu frustrant. En effet, Hayao Miyazaki est obligé de respecter strictement l’identité visuelle de la série d’origine. Pourtant, il serait injuste de lui dénuer toute réelle influence. En effet, la qualité graphique ne se résume pas simplement à un style de dessin. Le choix des prises de vue, le montage, bref la réalisation est d’une très grande qualité. On peut donc facilement voir le génie du maître qui pointe. Même ceux qui n’ont jamais vu le dessin-animé original pourront apprécier de découvrir ces personnages particulièrement sympathiques et un univers plein d’une douce fantaisie. Le film reste en toute honnêteté avant tout une madeleine. Mais une excellente madeleine.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : TMS Entertainment
Distribution : Splendor Film
Réalisation : Hayao Miyazaki
Scénario : Hayao Miyazaki, Haruya Yamazaki
Montage : Mitsutoshi Tsurubuchi
Photo : Hirokata Takahashi
Musique : Yuji Ono
Directeur artistique : Shichirô Kobayashi
Durée : 100 min

Casting :
Yasuo Yamada : Lupin III
Eiko Masuyama : Fujiko Mine
Kiyoshi Kobayashi : Daisuke Jigen
Taro Ishida : Comte de Cagliostro
Sumi Shimamoto : Clarisse