Le cinéma nous raconte bon nombres d’histoires dont le héros est fort, grand et courageux. A la fois, comment en pourrait-il être autrement pour être un héros ? Il ne reste donc guère de place pour les petits, les chétifs, les timides. Pourtant, ils existent tout autant, si ce n’est plus, dans la vraie vie. Pour Dogman, Matteo Garrone a choisi de nous parler une nouvelle fois de l’emprise du grand banditisme sur certaines régions d’Italie, mais cette fois-ci non pas du point de vue de ceux qui veulent se faire une place au soleil, mais de ceux qui n’ont pas les moyens de se défendre et sont condamnés à toujours subir. Enfin même si le film démontrera que tout n’est pas si simple.
Dogman est l’archétype du film de personnage. Le portrait d’un personnage singulier, même si derrière cela se dessine le portrait d’une société tout entière. On peut craindre dans les premières minutes que Matteo Garrone ait quelque peu forcé le trait en choisissant un personnage aussi diamétralement opposé de la figure du truand redoutable, flamboyant et sûr de lui. Mais on comprend vite que le scénario va vite exploiter de manière particulièrement brillante ce point de départ relativement improbable. Surtout qu’il nous mènera dans des directions que l’on ne soupçonnait pas forcément au début. On reste vraiment captivé par cette histoire inattendue jusqu’à la dernière minute.
Cela ressemble quelque peu à un cliché, mais ce film de personnage doit beaucoup à son interprète principal. La récompense reçu par Marcello Fonte à Cannes n’a vraiment rien d’usurpée, tant il brille dans un rôle de composition qui aurait vite pu tourner à la farce, sans un minimum de crédibilité. Son interprétation est d’une justesse remarquable. Elle entre surtout en synergie avec la réalisation de Matteo Garrone qui nous fait ressentir avec force la noirceur et l’impression de décadence des lieux. Chaque pan de mur semble témoigné de la déliquescence d’un lien social où seul la loi du plus fort prime. Le tout donne un film vraiment réussi qui nous offre un nouveau point de vue brillant sur un univers pourtant maintes fois montré au cinéma.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : Archimede Film, Rai Cinema, Le Pacte Réalisation : Matteo Garrone Scénario : Maurizio Braucci, Ugo Chiti, Matteo Garrone, Massimo Gaudioso Montage : Marco Spoletini Photo : Nicolai Brüel Distribution : Le Pacte Durée : 102 min
Si le trafic de drogue constitue bien un fléau partout où il s’installe, d’un point de vue purement cinématographique, il constitue plutôt une source d’inspiration inépuisable. La thématique a offert au 7ème art bon nombre de bons scénarios, de héros et au moins autant d’anti-héros. De méchants qui ressemblent à des gentils ou de gentils qui n’ont pas grande différence avec les pires vilains. Mais c’est cette confusion, cette ambiguïté constante qui font le charme de ce genre d’histoire. Sicario n’a pas fait forcément partie des films les plus inoubliables dans cette lignée. Sicario : la Guerre des Cartels n’y appartiendra pas non plus. Mais ce qui s’apparente désormais à un franchise nous fait passer tout de même un agréable moment.
Parfois, un film nous procure beaucoup de plaisir pour ce qui s’apparente pourtant à un détail. Un nom au générique par exemple. Ici, c’est Benicio Del Toro qui nous offre ce petit supplément de bonheur cinématographique qui fait la différence. Pas forcément une grande différence, mais suffisamment pour suivre Sicario : la Guerre de Cartels sans jamais le regretter. Son personnage est de loin le plus marquant du scénario et lui offre un rôle sur mesure. Il est dans un registre qu’il connaît par cœur et se sent assez à l’aise pour nous ravir sans se forcer. Et l’ouverture finale vers un troisième volet nous donne le sourire, car on a vraiment envie de le retrouver une nouvelle fois dans ce rôle.
Pour le reste, Sicaro : la Guerre des Cartels est un film d’action qui n’échappe pas, loin s’en faut, aux clichés. Le déroulé du scénario ne réserve pas vraiment de surprises et les quelques scènes d’action n’ont vraiment rien d’inoubliables. Les autres personnages sont quelque peu caricaturaux (enfin même celui incarné par Benicio Del Toro l’est quelque peu). Mais le tout est assez rythmé pour que l’on ne s’ennuie jamais et reste parcouru par assez de tension narrative pour que l’on est tout de même envie de savoir où tout cela va mener. Et combien même cela ne conduit à aucune terre réellement inconnue, on est quand même satisfait d’avoir fait ce voyage, quand bien même il ne nous marquera pas profondément.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique : Réalisation : Stefano Sollima Scénario : Taylor Sheridan Direction artistique : Marisa Frantz Décors : Kevin Kavanaugh Costumes : Deborah Lynn Scott Photographie : Dariusz Wolski Montage : Matthew Newman Musique : Hildur Guðnadóttir Production : Trent Luckinbill, Thad Luckinbill, Molly Smith et Denis Villeneuve Productrice déléguée : Ellen H. Schwartz Durée : 122 minutes
Casting : Benicio del Toro : Alejandro Gillick Josh Brolin : Matt Graver Isabela Moner : Isabela Reyes Jeffrey Donovan : Steve Forsing Manuel Garcia-Ruflo : Gallo Catherine Keener : Cynthia Foards Matthew Modine: James Ridley David Castaneda : Hector Elijah Rodriguez : Miguel Hernandez Ian Bohen : Carson Wills
L’humour absurde est connue pour être une spécialité anglaise, dont les Monty Python ont longtemps été le fer de lance. Mais un peu comme pour le football, ce n’est pas parce que les Anglais ont tiré les premiers qu’ils restent forcément les meilleurs et les seuls à exceller. En France aussi, nous possédons notre savoir faire en la matière, même s’il s’est plus souvent concrétisé à la télévision qu’au cinéma. D’ailleurs, Au Post !e ne possède pas toutes les caractéristiques d’un long métrage avec une durée de 1h13 seulement. Mais il n’en reste pas moins une fable à l’humour décalé et parfois même poétique, se laissant regarder avec grand plaisir. Un film qui n’a pas la prétention d’être plus que ce qu’il est. Et on ne s’en plaint pas.
J’avoue que, pendant longtemps, ce genre d’humour m’a laissé relativement insensible. Je l’apprécie désormais nettement plus, sans en être encore tout à fait un grand fan. Mais je dois admettre que c’est sans grand effort que je me suis laissé séduire par Au Poste !. Pendant les premières minutes, on ne sait d’ailleurs pas vraiment à quelle sauce nos zygomatiques vont être mangés, jusqu’à une histoire d’œil brouillé qui plante définitivement le ton du film. Je comprends parfaitement que l’on puisse ne pas accrocher et rester en dehors de cet univers sans queue ni tête. On est plus amusé que l’on éclate de rire. Mais on est surtout charmé par cet inattendu réjouissant.
Au Poste ! offre une occasion en or à Benoît Poelvoorde de cabotiner comme il l’aime. Certes, on aimerait parfois que Quentin Dupieux l’ait dirigé de manière un peu plus ferme, mais à la fois, on est aussi venu voir ce film pour assister à son numéro habituel. Il est parfois un peu en roule libre, mais assez à son aise pour valoir un petit détour. Grégoire Ludig lui tient tête avec un certain talent, surtout qu’il fait preuve de bien plus d’application et de maîtrise dans son interprétation. Enfin, le casting compte pas mal de caméos et de petits rôles particulièrement réjouissants, en premier lieu Orelsan et Anaïs Demoustier. Ils concourent tous à la réussite de ce film qui nous fait passer un court mais bon moment.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Atelier de production, UMedia, Cinéfrance Distribution : Diaphana Réalisation : Quentin Dupieux Scénario : Quentin Dupieux Montage : Quentin Dupieux Photo : Quentin Dupieux Décors : Joan Le Boru Durée : 73 min
Casting : Benoit Poelvoorde : Buron Grégoire Ludig : Fugain Marc Fraize : Philippe Anaïs Demoustier : Fiona Orelsan : Sylvain Philippe Duquesne : Champonin John Sehil : Franchet
Si je n’ai pas pleinement apprécié Love, Simon pour sa fin dénuée de toute crédibilité, je reste particulièrement mitigé à propos de Joueurs pour des raisons très proches. Mais ici, ce n’est pas le dénouement qui pèche mais le point de départ. Et ce défaut est encore plus problématique car il vous empêche de rentrer dans l’histoire et c’est toujours très difficile de le faire en cours de route. Du coup, difficile d’apprécier tout le reste à sa juste valeur et de donner du crédit à une intrigue dont on la sensation qu’elle n’aurait jamais du se produire, puisqu’elle n’aurait jamais du commencer. Tout ce qui suit manque d’impact du coup et le film vous laisse froid.
Marie Monge aura commis une erreur que l’on qualifiera « de la débutante » puisque Joueurs est son premier film. Elle a voulu plonger le plus rapidement possible au cœur du sujet, ce qui aurait pu effectivement donner du rythme à son long métrage. Cependant, pour traiter un sujet tournant autour de l’amour et de l’addiction, on peut difficilement faire totalement l’impasse sur la manière dont ils naissent. Les bonnes intentions initiales s’apparentent donc au final à une erreur dommageable. On suit le reste de l’intrigue avec un intérêt poli, mais sans réelle émotion, sans trembler pour des personnages auxquels on reste modérément attachés. Surtout que le dénouement ne propose pas vraiment de vraie surprise, ni de conclusion forte.
Marie Monge aura quand même eu l’immense privilège de compter Tahar Rahim au casting de son premier film. Voilà qui n’est pas donné à tout le monde. Malheureusement, cela n’est pas suffisant, on l’a vu, pour nous faire croire à cette histoire. S’il donne de sa personne et de son talent, tout comme sa partenaire Stacy Martin, il ne parvient pas à incarner de manière convaincante des sentiments qui semblent trop sortis de nul part pour y croire vraiment. Leurs performances resteront plus académiques que réellement marquantes. Joueurs n’est pas au final pas un film raté, mais ses quelques défauts sont placés à des moments trop stratégiques pour passer outre. On en ressort en se disant que l’on oubliera vite ce film. Ce que l’on manquera pas de faire.
LA NOTE : 10/20
Fiche technique : Réalisation : Marie Monge Scénario : Julien Guetta et Marie Monge, avec la collaboration de Romain Compingt Photographie : Paul Guihaume Son : Antoine-Basile Mercier Décors : Marion Burger Costumes : Virginie Montel Musique : Nicolas Becker Montage : François Quiqueré Durée : 105 minutes
Casting : Tahar Rahim : Abel Stacy Martin : Ella Bruno Wolkowitch : Ivo Karim Leklou : Nacim Marie Denarnaud : Sandra Jean-Michel Correia : Diako
Un peu de bons sentiments peuvent faire du bien parfois. Il ne faut pas en abuser bien sûr, mais la guimauve n’est pas toujours écœurante si elle est servie avec un minimum de modération. C’est surtout au moment du dessert que l’équilibre doit être surprise. Pour un film, c’est au moment du dénouement que tout se joue, où le doux sirop peut se transformer d’un coup en une mélasse beaucoup trop sucrée et indigeste. Love, Simon s’apparente pendant longtemps à une petite douceur cinématographique très agréable au palais. Malheureusement, la fin du menu reste sur l’estomac et ne nous incite pas du tout à recommander ce restaurant.
La scène qui vient conclure l’intrigue de Love, Simon reste une des plus idiotes que je n’ai jamais vue. Elle ne possède pas une once de crédibilité et se révèle même totalement risible. Les scénaristes ont cru tenir là une idée originale pour apporter une conclusion inoubliable à leur jolie histoire, mais au final ils n’auront fait qu’ôter toute profondeur à la réflexion. Pourtant, on avait fini par s’attacher à ces personnages un peu caricaturaux, mais filmés avec beaucoup de tendresse par Greg Berlanti. Le message était plutôt simpliste, assez agréablement délivré cependant pour prendre beaucoup de plaisir à le recevoir. Difficile cependant de se rattacher à cela pour oublier ce final particulièrement raté.
Love, Simon nous délivre également un message inattendu sur les méfaits de la chirurgie esthétique. Qu’il est dur pour un ancien fan d’Alias comme moi de voir ce qu’est en train de devenir Jennifer Garner. Elle ne fait pas encore peur, mais est tout de même légèrement défigurée. J’étais pourtant de la retrouver à l’écran, elle qui se fait rare. On comprend mieux cependant pourquoi. On mettra donc particulièrement en avant le casting adolescent réellement convaincant, plein de fraîcheur et de conviction. Le jeune Nick Robinson tient le haut de l’affiche avec un réel culot et surtout un grand talent. Son personnage, comme son interprète, méritait en tout cas une autre fin.
LA NOTE : 11/20
Fiche technique : Production : Fox 2000 Pictures,Temple Hill Entertainment Distribution : 20th Century Fox Réalisation : Greg Berlanti Scénario : Isaac Aptaker, Elizabeth Berger Montage : Harry Jierjian Décors : Tasha Clarkson Musique : Rob Simonse Durée : 110 min
Casting : Nick Robinson : Simon Spier Josh Duhamel : Jack Spider Jennifer Garner : Emily Spier Katherine Langford : Leah Burke Alexandra Shipp : Abigail Susso Jorge Lendeborg Jr. : Nick Eisner Miles Heizer : Cal Price Keiynan Lonsdale : Bram Greenfeld
Les enfants sont formidables. Mignons. Adorables. Bref on ne peut que les aimer… ou pas. En effet, il est également possible de les voir comme des vampires parasites qui sucent le sang, la sueur, l’énergie et la totalité de leur temps à leurs parents. Et le plus souvent, il faut bien l’avouer, en premier lieu à leur mère. Si vous gardez une vision angélique de la parentalité, je vous conseille vivement d’aller voir Tully. Enfin peut-être pas si vous êtes enceinte, prête à accoucher, vous pourriez avoir des remords avant l’heure. En tout cas, vous n’en n’aurez aucun si vous allez voir ce film.
Tully reprend des thèmes souvent explorés par le cinéma, mais le plus souvent sur le ton de la comédie. En effet, difficile d’assumer un discours sérieux sur le thème « avoir des enfants, ce n’est pas toujours formidable… ça peut même s’assimiler à l’enfer sur Terre ». Le film à le grand mérite d’aborder le sujet de front (même s’il réserve bien des surprises), sans en faire trop. Il conserve sa part de légèreté dans un subtil équilibre qui crédibilise réellement le propos. Aucun personnage n’est caricatural et on s’attache à eux aussi bien pour leurs qualités que pour leurs travers. De vraies rencontres donc qui offrent au film un supplément d’émotion.
Je suis loin d’être le plus grand fan sur terre de Charlize Theron. Je dois pourtant admettre qu’elle porte avec brio le film sur ses épaules. Il faut reconnaître aussi qu’elle est parfaitement secondée par Mackenzie Davis, dont les rôles prennent de l’ampleur à chaque apparition et qui tient là pour la première fois le haut de l’affiche. Le duo fonctionne à la perfection. Tully confirme l’immense talent de Jason Reitman et sa capacité à livrer des films drôles et tendres, tout en abordant intelligemment et en profondeur de vraies questions. Le film n’est peut-être pas aussi marquant que Juno ou In the Air, mais il reste de ceux qu’il serait dommage de ne pas voir.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Bron Studios, Right Way productions, Denver and Delilah productions Distribution : Mars distribution Réalisation : Jason Reitman Scénario : Diablo Cody Montage : Stefan Grube Photo : Eric Steelberg Musique : Rob Simonsen Durée : 95 min
Casting : Charlize Theron : Marlo Mackenzie Davis : Tully Ron Livingston : Drew Mark Duplass : Craig Elaine Tan : Elyse Lia Frankland : Sarah Asher Miles Fallica : Jonah
Visiblement la tendance est au grand frisson. Mais au grand frisson de qualité. En effet, on retrouve au même moment sur les écrans Sans un Bruit et Hérédité. Deux facettes du cinéma qui fait peur et donne envie parfois de détourner le regard de l’écran pour ne pas voir ce qui va se passer. Deux sujets et deux styles très différents, mais deux belles réussites. Ici, il s’agit d’une histoire de revenant, d’esprit et autre dialogue avec les morts. Des sujets légèrement surexploités au cinéma, mais dont on ne se lasse pas quand ils sont manipulés avec talent. Ari Aster nous offre là un premier film remarqué, surtout qu’il en signe à la fois la réalisation et le scénario.
Hérédité a bien des qualités, mais il est vrai pas celle de réinventer le genre. Par contre, la maîtrise d’Ari Aster parvient tout de même à faire la différence. Il maîtrise en premier lieu à merveille l’art de la narration en faisant monter la tension peu à peu. On entre progressivement dans l’histoire et devinant même lorsque les événements pourraient paraître anodins à première vue qu’il se trame quelque chose de sombre et d’inquiétant. Tout cela nous conduira à un dernier quart d’heure vraiment flippant, avec une jolie suite de rebondissements que l’on a pas forcément vus venir. On peut juste se dire qu’avec un peu plus d’audace, le film aurait pu être encore plus marquant et rivaliser avec les œuvres le plus cultes du genre.
Hérédité est marqué par la jolie performance de Toni Colette. Le scénario est largement centré sur son personnage et elle parvient à faire passer ce dernier par à peu près tous les états avec le bonheur et la même force de conviction. Il est aussi marqué par la révélation du jeune Alex Wolff dont le rôle prend de plus en plus d’ampleur au fur et à mesure que le film avance. La réalisation de Ari Aster est globalement sobre, avant tout au service de son histoire, même si le dénouement nous proposera quelques effets spectaculaires. En tout cas, il fait preuve d’une maîtrise globale et d’une vraie maturité artistique, surprenante pour un premier film. A revoir donc.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Réalisation et scénario : Ari Aster Direction artistique : Grace Yun Décors : Richard T. Olson Costumes : Olga Mill Photographie : Pawel Pogorzelski Montage : Jennifer Lame et Lucian Johnston Musique : Colin Stetson Production : Kevin Frakes, Lars Knudsen et Buddy Patrick Durée : 126 minutes
Casting : Toni Collette : Annie Graham Gabriel Byrne : Steve Graham Alex Wolff : Peter Graham Milly Shapiro : Charlie Graham Ann Dowd : Joan
Un magot qui attise des convoitises multiples et qui entraîne un chassé-croisé de personnages prêts à tout pour le récupérer. Voilà une idée qui sert de point de départ à de très nombreux films. On imagine alors mal comment un long métrage qui reposerait sur ce dernier arriverait tout de même à nous surprendre. Pourtant, Have a Nice Day y parvient. Il faut dire qu’il possède deux autres caractéristiques : il est chinois et il s’agit d’un film d’animation. Aucune de ces trois caractéristiques n’est terriblement originale, mais les trois ensemble donnent un spectacle que l’on a pas forcément l’habitude de voir. Au cinéma, comme en amour, rien n’est pire que la routine. Or, on en sort quelque peu avec ce film.
Have a Nice Day n’est pas qu’un film où gangsters et losers plus ou moins paumés se courent après. C’est aussi un portrait de la Chine d’aujourd’hui. Un pays à la fois familier, proche de nous et qui garde de réelles singularités. Un voyage dans la Chine du bas donc, celle qu’aucun touriste ne verra jamais. Heureusement pour lui d’ailleurs car cela ne lui donnerait pas vraiment envie de revenir. La galerie de personnages est assez savoureuse et permet de réaliser à quel point, malgré des différences culturelles, les archétypes humains sont les mêmes, surtout chez les truands. Pas sûr que ça soit totalement rassurant pour le coup. Le film traite son sujet avec beaucoup d’humour et de dérision, nous offrant un spectacle réellement savoureux.
Le style graphique de Have a Nice Day peut en rebuter certains (et c’est le cas si on lit les avis spectateurs sur Allociné). L’animation est particulièrement pauvre, mais à dessein pour donner une personnalité visuelle affirmée à ce film. On peut ne pas accrocher. Personnellement, j’ai trouvé au contraire que cela collait très bien avec le sujet et le ton quelque peu désabusé de la narration. Le dessin est vraiment là pour servir une histoire et ne cherche certainement pas à être une objet de contemplation. Tout cela concourt à créer cette ambiance particulière qui caractérise ce film. Une ambiance que j’ai réellement appréciée.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Réalisation : Liu Jian Scénario : Liu Jian Photographie : Montage : Militia Xiao Liu Musique : The Shanghai Restoration Project Durée : 75 minutes
Casting : Changlong Zhu : Xiao Zhang Kai Cao : Lao Zhao Liu Jian : Fang Yuanjun et Li Er Siming Yang : Liu Shu Haitao Shi : A De Xiaofeng Ma : Shoupi Feng Xue : Lao San Yi Zheng : Erjie Kou Cao : Huangyan Hong Zhu : Gu Anan Da Wang : Wu Lidu
Je suis tombé dans le Stephen King à l’adolescence. A partir de ce moment-là, en une dizaine d’années, j’ai du lire une quinzaine de ses romans. Ensuite, peu à peu, j’ai perdu cette habitude, si on met de côté les épisodes de la Tour Sombre, qui occupe de toute façon une place réellement à part dans l’œuvre de cet auteur. Pourtant, je suis loin d’avoir fait le tour de sa foisonnante bibliographie. Surtout qu’elle continue de s’enrichir encore et encore. En 2011, il signa 22/11/63 qui a connu un très gros succès en librairie et même une adaptation en série. Un grand roman qui m’aura fait passer un excellent moment. Et m’aura surtout redonner l’envie de remettre régulièrement cet auteur au programme de mes lectures.
22/11/63 est un vrai roman fantastique. Pas d’horreur, de fantôme ou d’extra-terrestre. Juste un élément d’irrationnel qui fait naître une histoire réellement extraordinaire. Je ferai le choix d’en dire le moins possible pour offrir un éventuel futur lecteur la même joie de découvrir peu à peu ce qu’il en est. On retrouve dans ce roman tout ce qui fait l’incroyable talent de conteur de Stephen King. Plus de mille pages, mais pas une page d’ennui. Même quand il ne semble pas se passer grand chose, le lecteur a toujours l’impression de lire un passage de première importance. On se retrouve en immersion totale dans le récit et on est particulièrement heureux d’oublier tout ce qui nous entoure, plongé au cœur du roman.
Raconté à la première personne, 22/11/63 offre une narration particulièrement vivante. On partage les pensées du héros et on a l’impression ainsi de vivre un peu soi-même ces aventures. Les amateurs de Stephen King ne seront pas surpris par les thématiques annexes qui sont celles que l’on retrouve classiquement dans ses romans, comme la maltraitance. Mais le génie des grands auteurs est de savoir donner assez de richesse à ses récits pour que l’on ait toujours l’impression de lire quelque chose de nouveau. Et surtout quelque chose de bon. Et ce roman est réellement excellent !
Il faut parfois une petite idée qui ne paye pas de mine pour doter une histoire d’une grande originalité. Ce petit quelque chose qui arrive à rendre créatif des films qui se figurent pourtant dans des genres quelque peu éculés. On peut facilement se dire qu’il n’y a plus rien à inventer dans le domaine du survival horror… Non, pardon pour l’anglicisme… Dans le domaine du scénario qui implique des humains devant survivre à une menace susceptible de les trucider de manière horrible si elle les attrape (c’est quand même plus long en bon français). Sans un Bruit repose sur ce genre d’idée qui pourrait ne pas mener très loin à première vue, mais qui donne au final un spectacle offrant une impression de jamais-vu, impression fort agréable par les temps qui courent.
Si on commence par ce qui fâche, Sans un Bruit souffre tout de même de quelques faiblesses. Quelques incohérences notamment. Rien de bien méchant, mais assez pour qu’on se dise parfois que les choses ne collent pas vraiment. Certes, la crédibilité n’est pas forcément ce que l’on recherche dans une histoire d’insectes géants décimant l’humanité, mais ce n’est pour ça que l’on pardonne tout. Heureusement, la tension va crescendo et on oublie très vite tout cela pour plonger totalement dans l’histoire. La qualité des effets spéciaux, en premier lieux le design et l’animation des créatures, aide également le spectateur à finalement y croire. D’autant plus facilement que l’on a envie d’y croire pour s’offrir un joli grand frisson.
Sans un Bruit exploite de manière intelligente la bonne idée de départ. Le scénario ne prend peut-être pas de vrais risques, mais il offre de vrais bons moments de bravoure cinématographiques comme on les aime. Le cœur du spectateur bat parfois assez fort, même s’il est plutôt saisi par une forte tension que par un réel effroi. Le scénario présente la bonne idée de ne pas surjouer le mystère sur la nature du danger et de reposer avant tout sur son omniprésence. Porté par une Emily Blunt inspirée, le film nous fait passer un vrai bon moment qui ravira particulièrement les amateurs du genre, mais également ceux qui savent apprécier une bonne histoire originale.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Platinum Dunes, Sunday Night Distribution : Paramount Pictures France Réalisation : John Krasinski Scénario : Bryan Woods, Scott Beck, John Krasinski Montage : Christopher Tellefsen Photo : Charlotte Bruus Christensen Musique : Marco Beltrami Durée : 90 min
Casting : Emily Blunt : Evelyn Abbott John Krasinski : Lee Abbott Millicent Simmonds : Regan Abbott Noah Jupe : Marcus Abbott Cade Woodward : Beau Abbott
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