I AM NOT A WITCH : Si loin, si proche

iamnotawitchaffiche

iamnotawitchafficheLe continent africain reste encore le parent pauvre du cinéma. Mais dans le monde du 7ème art, comme ailleurs, les choses évoluent doucement, le succès de Timbuktu aux Césars il y a trois ans est là pour le rappeler. I Am Not a Witch vient poursuivre cette lente émergence. Il nous emmène cette fois en Zambie pour nous faire découvrir un monde qui nous semble incroyablement éloigné du monde occidental, tout en ayant des liens forts avec lui (une scène inoubliable sur des perruques vient le rappeler). Un voyage dépaysant donc, mais aussi un portrait social assez sombre et qui laisse peu de place à l’optimisme.

Comme son titre l’indique, I Am Not a Witch nous fait découvrir le sort réservé aux femmes accusées d’être des sorcières et reconnues comme telle par les autorités gouvernementales (largement corrompues) elles-mêmes. Un destin dramatique qui vient frapper une jeune fille juste parce que la femme qu’elle croise trébuche alors qu’elle la regarde. Le film précise bien en introduction qu’il s’agit d’une pure fiction, mais qu’il décrit une situation qui reste encore une réalité à notre époque en Zambie.

iamnotawitchIl est regrettable que la promotion du film survende à ce point une forme finalement assez classique. Rugano Nyoni possède de vraies qualités de réalisatrice, c’est incontestable, mais sa mise en scène reste sobre, nous montrant la réalité de manière assez crue. Mais on est marqué à jamais en allant voir I Am Not a Witch par le regard de la jeune Maggie Mulubwa qui voit impuissante sa vie lui échapper totalement puisque le reste du monde a décrété qu’elle était une sorcière sans aucune raison valable. On ne peut être que touché par ce destin funeste et par ce film plus incroyable par l’histoire qu’il raconte que par la forme du récit.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation : Rungano Nyoni
Scénario : Rungano Nyoni
Directeur de la photographie : David Gallego
Montage : George Cragg, Yann Dedet, Thibault Hague
Son : Maiken Hansen, Olivier Dandre
Décor : Nathan Parker
Durée : 93 minutes

Casting :
Maggie Mulubwa : Shula
Nellie Munamonga : Policière
Dyna Mufuni : Chef

BLACKSTAR (David Bowie), CUBIST BLUES (Alain Vega, Alex Chilton et Ben Vaughn), SO THERE (Ben Folds) : Sortie ratée

blackstardavidbowie

blackstardavidbowieIl est de tradition de ne dire que du bien des artistes morts et par la même occasion de leur dernière œuvre. J’aurais donc du encenser Blackstar, ultime album de David Bowie. Mais je ne suis pas un homme de tradition et je n’hésiterai pas à clamer toute ma déception. Un album qui s’ouvre avec un titre affreux et affreusement long (10 minutes) qui donne le ton de l’album. Ce n’est jamais mélodieux, c’est faussement créatif et cela frôle même parfois l’inaudible. Cependant, un tel génie ne peut jamais être totalement absent et on savourera tout de même un titre, I can’t Give Everything Away sur lequel on retrouve le Bowie que l’on aime et que l’on regrette tant aujourd’hui.

cubistbluesalanvegaalexchiltonbenvaughnOn poursuit avec un trio d’auteurs-compositeurs américains : Alan Vega, Alex Chilton et Ben Vaughn qui se sont associés pour nous proposer Cubist Blues. Un album blues un peu rétro (mais chacun d’eux a déjà un certain âge), mais malheureusement plus lancinant qu’emballant, plus sombre qu’entraînant. Je reconnais un vrai travail sur les sonorités, mais le résultat est souvent assez désagréable. Surtout que le chant est à côté de cela sans grand intérêt, pour un résultat globalement assez pauvre.

sotherebenfoldsOn termine avec Ben Folds, une figure du piano-rock américain et son album So There. Sa voix aiguë se pose sur de petites musiques douces et gentillettes, mais guère emballantes. Le résultat reste très propre sur lui, mais du coup particulièrement transparent. L’album se termine d’ailleurs par trois longs instrumentaux ressemblant à des musiques de film. Ce n’est pas que ça soit spécialement désagréable à écouter, mais on se demande bien quel intérêt on est censé y trouver.

PALMARES 2017 : 120 bravos pour un an

120battementsparminuteaffiche

120battementsparminuteafficheLa grande leçon de cette année 2017 aurait pu être le retour au premier plan du cinéma hollywoodien. Avec 6 films (dont un indépendant il est vrai) sur 10, les Etats-Unis prouvent qu’ils restent bien la première puissance cinématographique mondiale. Cela constitue tout de même une très bonne nouvelle pour le 7ème art car il était dommage de voir autant de moyens engloutis dans autant de productions médiocres ces dernières années.

Cependant, on retiendra avant tout la seconde première place consécutive pour un film français. Là aussi, il s’agit d’une excellente nouvelle. J’ai assez souvent dénoncé ici les insuffisances du cinéma hexagonal pour ne pas me réjouir de voir mon pays capable de nous proposer aussi régulièrement de grands films comme 120 Battements par Minute. On pourrait faire remarquer qu’ils ne sont que deux à figurer dans le classement, contre trois l’année dernière, mais Au-Revoir Là-Haut est un moment assez magistral de cinéma pour oublier ce détail insignifiant.

Ce palmarès prouve également que ce sont souvent les grands réalisateurs qui font les grands films. Christopher Nolan, Damien Chazelle, Kathryn Bigelow et Albert Dupontel avaient déjà prouvé l’immensité de leur talent à plusieurs reprises avant cette année 2017. On verra si Robin Campillo les rejoindra sur le long terme au panthéon des cinéastes.

dunkerqueNiveau interprétation, 2017 aura été marqué par la révélation brutale et éclatante de Nahuel Perez Biscayart, tête d’affiche des deux films français figurant au palmarès.Rarement une année aura été aussi faste pour un comédien. Du côté des actrices, aucune performance n’écrase les autres, alors j’ai là aussi envie de mettre en avant quelques jolies révélations : Noée Abita pour son rôle dans Ava, Danielle McDonald dans Patty Cake$ et Daphné Patakia dans Djam. Autant de nom encore très méconnus du grand public, mais dont le talent ne mérite pas d’être passé sous silence.

Pour finir, une petit retour sur tous les films qui forment ce palmarès 2017 :

1-120 Battements par Minute
Un film qui ressemble à un coup de poing dans l’âme. Un film d’une force incroyable qui vous secoue très fort. Un film qui fait revivre un combat peut-être un peu tombé dans l’oubli, alors qu’il est toujours d’actualité, et qui a marqué au plus profond d’eux les gens de ma génération. Du cinéma comme on en voit rarement.

2-Dunkerque
Christopher Nolan réinvente le film de guerre en nous proposant une œuvre magistrale du point de vue formelle et un récit surprenant dans sa narration. Dommage que le film ait reçu d’injustes critiques sur ce qu’il ne raconte pas, au lieu de souligner à quel point ce qu’il raconte est raconté magnifiquement.

3-Lalaland
Il y a eu l’Italie en finale de l’Euro 2000 et Lalaland aux derniers Oscars. Mais au final, il reste surtout une grande comédie musicale, qui change des comédies musicales. Le récit d’un amour qui n’aura au final rien d’éternel, sans que cela empêche les personnages d’être heureux l’un sans l’autre. Bref, un vrai moment de vie.

detroitaffiche4-Detroit
Un film qui a eu une résonance particulière avec l’actualité. Un film magnifique et puissant qui vaut mille fois mieux que les quelques polémiques qui là-aussi l’ont accompagné. La compétition avec Dunkerque s’annonce rude aux prochains Oscars.

5-Au Revoir Là-Haut
Il existe des gens particulièrement énervant qui réussissent dans tout ce qu’ils entreprennent. Avec ce petit chef d’œuvre, Albert Dupontel confirme qu’il est un artiste protéiforme mais qui transforme en or tout ce qu’il touche.

6-Logan
Le film de super-héros qui change des films de super-héros. Une vision crépusculaire, des personnages prenant une réelle dimension dramatique, autant de risques pris par Marvel (et donc Disney) avec ce film assez inattendu. Une très belle réussite.

7-Dans un Recoin de ce Monde
L’école japonaise d’animation compte bien des immenses artistes. Sunao Katabouchi n’a rien à envié à Hayao Miyazaki avec ce récit bouleversant sur le quotidien des Japonais pendant la Seconde Guerre Mondiale. Tout cela porté par un trait particulièrement gracieux.

8-Corps et Ame
Ours d’Or au Festival de Berlin, ce film a connu un parcours de tout juste deux semaines sur les écrans français. Incompréhensible pour un film aussi beau et touchant. Une injustice artistique majeur.

9-Moonlight
Un Oscar surprise et inattendu, mais pas immérité pour cette histoire forte, merveilleusement bien mise en scène.

10-Spiderman : Homecoming
Que pouvait-on espérer du deuxième reboot d’une série ? Et bien le meilleur finalement pour ce film aussi drôle que spectaculaire, aux personnages particulièrement réussis.

L’ECHANGE DES PRINCESSES : Histoire, histoire et petit caillou

lechangedesprincessesaffiche

lechangedesprincessesafficheEn tant que passionné d’histoire, j’apprécie particulièrement les films qui vous apprennent quelque chose sur une époque, des événements ou un personnage historique. Je le souligne régulièrement dans mes critiques en considérant l’aspect « pédagogique » comme une qualité cinématographique comme une autre. C’est pourquoi, aller voir l’Echange des Princesses a représenté un vrai plaisir. Cependant, au-delà de ma culture un peu moins lacunaire, il est vrai que le film n’est pas exempt de défauts.

L’intérêt historique de l’Echange des Princesses est multiple. Il nous offre un regard éclairé à la fois sur la géopolitique de l’époque et la vie quotidienne à la cour. La petite et la grande histoire se rejoignent constamment, ce qui rend le film particulièrement enrichissant. Il aurait sans doute gagné à être un peu moins long, mais il est assez riche pour que l’amateur d’histoire ne s’ennuie pas une seule seconde. Pour les autres, j’ai moins de garantie malheureusement.

lechangedesprincessesLes costumes et les décors de l’Echange des Princesses sont réellement convaincants et les moyens ont été mis pour vraiment faire revivre les cours françaises et espagnoles du 18ème siècle. Par contre, le film pêche vraiment par son interprétation. Le casting est pourtant particulièrement alléchant, mais la direction des comédiens est défaillante et le film est surjoué par l’ensemble de la distribution. Au moins les personnages sont marquants, mais sonnent parfois un peu faux. Cela ne remet pas tout en question, mais ressemble à petit caillou dans la chaussure du spectateur qui lui gâche quelque peu le spectacle. Un petit caillou, mais un caillou quand même.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : High Sea Productions, Scope Pictures
Distribution : Ad Vitam
Réalisation : Marc Dugain
Scénario : Marc Dugai, Chantal Thomas, d’après son roman
Montage : Monica Coleman
Photo : Gilles Porte
Décors : Patrick Dechesne, Alain-Pascal Housiaux
Musique : Marc Tomasi
Durée : 100 min

Casting :
Igor Van Dessel : Louis XV
Lambert Wilson : Philippe V
Catherine Mouchet : Madame de Ventadour
Olivier Gourmet : Philippe d’Orléans
Kacey Mottet-Klein : Don Luis
Juliane Lepoureau : Marie-Victoire
Anamaria Vartolomei : Louise Elisabeth
Andréa Ferreol : Princesse Palatine

THE FLORIDA PROJECT : Sous le soleil…

thefloridaprojectaffiche

thefloridaprojectafficheLe ciel d’azur et Disneyworld. La Floride a de quoi faire rêver. Le poète dit que la misère serait moins pénible au soleil. The Florida Project peut sembler lui donner raison dans un premier temps . Mais la légèreté du début va vite laisser place à un portrait sans concession de la pauvreté aux États-Unis. Une pauvreté qui se moque bien du climat ou des parcs d’attraction et brise les vies. Un film aux deux visages donc qui nous montre avec brio que la surface des apparences peut vite cacher des réalités bien sordides.

Ceux qui ont vu la bande-annonce de The Florida Project seront peut-être surpris par mon introduction, pensant plutôt que j’allais décrire un film plus léger sur l’innocence de l’enfance. C’est effectivement ainsi que ce long métrage débute avant de changer peu à peu de ton. Le scénario illustre à la perfection la notion de trappe à pauvreté, c’est-à-dire l’ensemble des forces qui ramènent inexorablement un pauvre vers la pauvreté, ruinant ses espoirs et ses aspirations à en sortir.

thefloridaprojectLa forme de The Florida Project contribue également à renforcer la force de son propos. Une photographie lumineuse souligne à la perfection cette volonté de paraître de ce territoire se voulant paradisiaque. Mais on se souviendra surtout de l’intelligence du récit. Le personnage incarné par Willem Defoe partage le sort du spectateur en étant lui aussi le témoin impuissant mais bienveillant de destins brisés. On ne peut être que touché par un casting enfantin détonnant et surtout par la performance aussi émouvante qu’énergique de Brooklyn Kimberly Prince. Un film aussi lumineux que sombre dont on ne sort pas indemne.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Cre film, Freestyle Picture Company, June Pictures, Sweet Tomato Films
Réalisation : Sean Baker
Scénario : Sean Baker, Chris Bergoch
Montage : Sean Baker
Photo : Alexis Zabe
Décors : Stephonik Youth
Distribution : Le Pacte
Musique : Lorne Balfe
Durée : 111 min

Casting :
Brooklynn Prince : Moonee
Willem Dafoe : Bobby
Bria Vinaite : Halley
Valeria Cotto : Jancey
Christopher Rivera : Scooty
Mela Murder : Ashley
Sandy Kane : Gloria

FADING FRONTIER (Deerhunter), RETURN TO THE MOON (El Vy), THE LIGHT IN YOU (Mercury Rev) : Démarrage en douceur

fadingfrontierdeerhunter

fadingfrontierdeerhunterOn débute ce premier avis musical de 2018 par un groupe de rock expérimental venu d’Atlanta. Deerhunter signe avec Fading Frontier leur 6ème album. La voix androgyne de Bradford Cox vient se poser sur des instrumentations maîtrisées interprétées avec conviction. Le résultat est plutôt agréable, mais constitue plutôt une musique d’ambiance qu’une musique qui va réellement accroché l’oreille et s’écouter avec attention.

returntothemoonelvyOn reste aux Etats-Unis avec le premier album du groupe El Vy, intitulé Return to The Moon. Un album empli de titres aux sonorités diverses, parfois jazzy et entraînante, parfois plus sombre et torturé. Diverses mais quelque peu inégal cependant. Heureusement, la voix de Matt Berninger possède une personnalité fort sympathique et les instrumentations sont intéressantes et maîtrisées. On retiendra avant tout le titre Silent Ivy Motel.

thelightinyoumercuryrevToujours aux USA, on termine par une déception. Je connaissais le groupe Mercury Rev de nom sans savoir précisément ce qu’il jouait. C’est donc avec une grande curiosité que j’ai écouté The Light in You, sorti en 2015 et dernier album en date. La musique est douce, lente, un rien évaporée, presque enfantine parfois. Malheureusement, les instrumentations sont parfois un peu pénibles, le tout manque sérieusement de corps et on s’ennuie assez vite. Seul éclair dans cette platitude, Sunflower, un titre plutôt jazzy et entraînant.

TOUT L’ARGENT DU MONDE : Sans génie

toutlargentdumondeaffiche

toutlargentdumondeafficheRidley Scott appartient au cercle des réalisateurs pour lequel j’ai le plus d’admiration. Cependant, il faut avouer que sa filmographie particulièrement fournie est peuplée de chefs d’œuvre, mais aussi de quelques navets. Aller voir un de ses films revient donc à prendre le risque d’être déçu. Pourtant, j’ai un peu de mal à décider de quel côté de sa carrière placer Tout l’Argent du Monde. Un film formellement réussi mais qui a bien du mal à soulever l’enthousiasme.

Le principal reproche que l’on peut formuler à l’encontre de Tout l’Argent du Monde est de ne rien proposer de nouveau dans aucun domaine. Ridley Scott y apparaît comme un réalisateur en roue libre, fort de ses certitudes, sûr de son talent, mais incapable ici de le forcer. On ne s’ennuie pas, mais on suit les événements avec un intérêt plus poli que profond. On apprécie la qualité de la mise en scène, le scénario est assez riche pour ne jamais connaître de réels temps mort malgré la longueur du film. Pourtant, aucun éclair de génie ne vient éclairer tout ça.

toutlargentdumondeLe fait que l’histoire est supposée être une histoire vraie aurait pu donner à Tout l’Argent du Monde une dimension historique. Il n’essaye même pas d’exploiter cette dimension. Il se contente d’éléments déjà vus. Le casting de trés haut niveau est à l’image du film. Ne pas le trouver talentueux serait injuste, mais jamais il ne transcende les personnages, les situations ou les dialogues. Je ne sais donc si je dois conseiller à quiconque d’aller voir ce film à qui il ne manque pas grand chose, si ce n’est beaucoup.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : Imperative Entertainment, Scott Free Productions
Distribution : Metropolitan Filmexport
Réalisation : Ridley Scott
Scénario : David Scarpa
Montage : Claire Simpson
Photo : Dariusz Wolski
Musique : Daniel Pemberton
Durée : 132 min

Casting :
Michelle Williams : Gail Harris
Mark Wahlberg : Fletcher Chase
Christopher Plummer : J. Paul Getty
Charlie Plummer : John Paul Getty III
Andrew Buchan : John Paul Getty II
Romain Duris : Cinquanta
Timothy Hutton : L’avocat

LA PROMESSE DE L’AUBE : La fête des mères

lapromessedelaubeaffiche

lapromessedelaubeafficheCertains films vous font aimer votre propre famille. Même si l’idée de normalité est toute relative, certains portraits de famille font vraiment peur et on est heureux de ne pas être sur la photo. Si vous avez des choses à reprocher à votre mère, allez donc voir la Promesse de l’Aube et vous lui pardonnerez plus facilement. Certes, du coup vous ne deviendrez pas un écrivain de génie comme Romain Gary mais on ne peut pas tout avoir dans la vie non plus. De plus, vous aurez tout de même eu l’occasion de voir un bon film.

La Promesse de l’Aube est un film terriblement romanesque, pas seulement parce qu’il est justement tiré d’un roman. Des personnages marquants, des péripéties en casquade et du coup pas le temps de s’ennuyer. On est constamment saisi par la curiosité de savoir ce qui attend le personnage dans la scène suivante. Le résultat n’est pas inoubliable mais constitue un bon moment de cinéma et on a vraiment pas le temps de relever toutes les petites imperfections qui le ponctuent.

lapromessedelaubeLa Promesse de l’Aube témoigne aussi de la maturité croissante de Pierre Niney. Il abandonne définitivement son costume de minet pour celui d’un acteur mature et sûr de sa force et de son talent. Moi qui suis loin d’être son plus grand fan admets facilement avoir été assez impressionné par la qualité de sa prestation. Elle est cependant quelque éclipsée par celle de Charlotte Gainsbourg qui surjoue peut-être un peu parfois, mais se montre à la hauteur d’un personnage particulièrement fort. Une adaptation réussie donc.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Jerico, Lorette Cinéma, Nexus Factory, Pathé Production, TF1 Films Production, Umedia
Distribution : Pathé Distribution
Réalisation : Éric Barbier
Scénario : Éric Barbier, Marie Eynard
Montage : Jennifer Augé
Photo : Glynn Speeckaert
Décors : Pierre Renson
Directeur artistique : Renátó Cseh
Durée : 131 min

Casting :
Charlotte Gainsbourg : Mina Kacew
Pierre Niney : Roman Kacew / Romain Gary
Nemo Schiffman : Roman Kacew (adolescent)
Didier Bourdon : Alex Gubernatis
Pawel Puchalski : Roman Kacew (enfant)
Jean-Pierre Darroussin : Zaremba
Catherine McCormack : Lesley Blanch
Finnegan Oldfield : Capitaine Langer

MARIANA : Le poids du passé

marianaaffiche

marianaafficheIl est parfois difficile pour un pays de faire face à son propre passé. En France, la collaboration ou la colonisation ne peuvent être évoquées sans soulever des polémiques. Le phénomène est encore plus fort dans des pays où les acteurs de certaines heures sombres sont encore bien vivants et même parfaitement insérés dans la société. C’est le cas du Chili, un pays qui n’a pas finit de solder le bilan de plusieurs années de dictature. C’est le sujet principal de Mariana qui se montre plus complexe et riche que ce que pouvait laisser penser la bande-annonce.

Comme souvent pour les films dont le titre est le nom du ou de la principale protagoniste, Mariana est avant tout un film de personnage. Un portrait de femme donc, avant d’être une réflexion sociale sur le poids du passé. Mais le grand mérite du scénario reste d’avoir su mêler les deux intimement de manière naturelle, jamais artificielle. Surtout que les deux aspects sont traités avec une grande pertinence, sans jamais enfoncer de portes ouvertes. Du coup, on suit l’intrigue avec grand intérêt, même si cela nous mène à une conclusion décevante.

marianaEn effet, Mariana est typique d’un film que le scénariste n’a pas su finir. Bien sûr, cela ne compromet pas la qualité de ce qui a précédé, mais on en ressort sur une petite impression désagréable. C’est dommage. Pour oublier cela, il suffit de repenser à la performance é éblouissante d’Antonia Zegers dans un rôle complexe. Son personnage aurait facilement pu être horripilant. Elle parvient au contraire à le rendre terriblement attachant. C’est bien grâce à elle que l’on ressort sans regret d’avoir vu ce film.

LA NOTE : 12,5/20

MARIA BY CALLAS : Des éclairs et c’est tout

mariabycallasaffiche

mariabycallasafficheSi j’écoute régulièrement de l’opéra, je ne suis pas non plus un amateur pointu ou passionné. Je connaissais donc Maria Callas de nom, sans vraiment connaître son histoire, ni même son œuvre. J’avais simplement idée de la dimension mythique du personnage. Cette dernière attisant ma curiosité, je suis allé voir Maria by Callas pour en savoir plus et mieux mesurer le pourquoi de sa place particulière dans l’histoire. Malheureusement, l’idée même de départ de ce documentaire ne l’autorisait pas.

Maria by Callas consiste en fait à une série d’extraits d’interviews de la chanteuse. Il s’agit bien de la découvrir à travers ses propres mots, de partager son regard sur elle-même. Du coup, il n’y a pas de recul, d’expertise extérieure. Pour quelqu’un qui connaîtrait déjà bien son histoire, cela présente sûrement un grand intérêt. Pour les spectateurs qui, comme moi, cherchent à découvrir qui elle est, son parcours, son œuvre, ce choix est un peu frustrant. Je n’en ai pas appris autant que je l’espérais et finalement, le film a plus attisé que rassasié ma curiosité.

mariabycallasHeureusement, Maria by Callas nous offre également quelques morceaux musicaux en intégralité. Le choix s’est porté sur des grands classiques : la Traviata, Carmen, Ave Maria… Tous ceux qui apprécient un minimum l’opéra ne pourront être qu’émerveillé par la voix de la chanteuse. Le documentaire parvient tout de même à donner une idée sur les raisons qui ont rendu cette artiste aussi mythique. Ce n’est pas rien, mais cela ne représente que quelques éclairs dans un film qui dure pas loin de deux heures. Un peu trop peu pour en ressortir enthousiaste.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Production : Petit dragon, Elephant Doc, Unbeldi productions, France 3 cinéma
Distribution : Haut et Court
Réalisation : Tom Volf
Montage : Janice Jones
Durée : 113 min

Casting :
Maria Callas : elle-même
Fanny Ardant : la lectrice des lettres de Maria Callas