Paul Thomas Anderson n’est pas le réalisateur le plus prolifique qui soit. 9 films en 25 ans de carrière. Mais aucun de ses films n’est totalement anodin. Il fait surtout partie de ces cinéastes qui auront offert des œuvres extrêmement différentes avec la même maestria. Pas grand chose de commun entre Punch-Drunk Love et There Will Be Blood, ses deux films qui m’ont le plus marqué. Licorice Pizza ne ressemble à nouveau à aucun de ses films précédents. Une comédie pseudo-romantique pseudo-adolescente merveilleusement bien réalisée et pleine de jolies surprises.
Licorice Pizza n’est pas tout à fait une comédie romantique. Certes, le scénario tourne autour de la relation entre deux êtres liés par une attirance réciproque qui mettra un peu plus de deux heures à se définir précisément. Mais le film échappe à tous les poncifs et clichés du genre. L’histoire recèle une forme assez indéfinissable d’originalité, même si aucun élément ne se montre radicalement original. Le fait que l’histoire concerne un adolescent de 15 ans et une jeune femme de 25 ans aurait pu constituer un élément marquant du film (et sujet certainement à polémique). Mais le tout est amené avec un naturel étonnant pour nous offrir une belle histoire, qui ne prête guère à la polémique.
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Le cinéma français n’échappe pas toujours à ses propres clichés, on vient de le voir avec Tromperie. Heureusement, c’est parfois le cas. Avec le sexe, les thèmes sociaux sont souvent prisés par les films hexagonaux, mais avec une fâcheuse tendance à un misérabilisme parfois un insupportable. Heureusement, certains films parviennent à échapper à ce travers fâcheux. C’est par exemple le cas de Mes Frères et Moi, dont les bases pouvaient pourtant faire craindre le pire. Mais le talent de Yohan Manca est suffisamment affirmé dès son premier film pour échapper à tous les pièges.
Les mauvaises langues véhiculent le cliché que les films français racontent quasiment exclusivement des histoires de culs entre intellectuels bourgeois. Et comme tous les clichés, il y a un fond de vrai… Tromperie, le nouveau film d’Arnaud Desplechin répond parfaitement à la définition énoncée plus haut. Certes, il s’agit de l’adaptation d’un roman américain, mais si c’est au final un Français qui l’a porté à l’écran, ce n’est sans doute pas pour rien. Après, il n’est pas certain que ce film réconcilient les mauvaises langues avec le cinéma français.
Quand on manque d’idée pour une nouvelle suite, il reste toujours la possibilité de proposer un prequel. C’est facile, c’est pas cher (enfin tout dépend du budget quand même) et ça peut rapporter gros au box-office. Bon, je ne suis pas certain que The King’s Man : Première Mission batte des records d’audience, mais ne doutons pas les producteurs rentreront dans leurs frais. Non que les qualités de ce film vaille de faire un grand détour, mais le marketing et l’envie des amateurs de la franchise assureront un minimum de public. La preuve, j’y suis allé…
Le cinéma américain possède une capacité unique de transformer les blessures les plus fraîches en scénario. On peut trouver ça parfois un rien indécent, mais cela vaut sans doute mieux que laisser les choses s’enfouir dans le sable pour être oubliée, comme on le fait parfois chez nous. Surtout quand le résultat est de la qualité de The Card Counter. Un film dont le vrai sujet met du temps à se dévoiler, mais qui sera traité avec beaucoup de force. Paul Schrader signe là un film magnifique après plus de 40 ans d’une carrière qui n’en compte pas beaucoup. Comme quoi, le talent peut mettre bien du temps à avant de s’exprimer pleinement.
Maintenir un maximum de temps le spectateur dans le flou est un jeu dangereux, mais qui peut rapporter gros. Dangereux car cela peut empêcher celui-ci de rentrer dans une histoire dont il ne comprend pas les tenants et les aboutissants. Mais à l’inverse, cela peut aiguiser sa curiosité et le pousser à suivre avec un maximum d’implication une histoire dont il brûle de connaître la vraie nature. Antoine Barraud a pris ce risque avec Madeleine Collins, un film qui s’ouvre sur une longue séquence dont on attendra longtemps de comprendre quel est le rapport avec le reste. Mais ici, le pari est totalement réussi.
Ce qu’il y a de bien avec la musique, c’est qu’on ne s’en lasse pas facilement. On peut écouter tous les jours les chansons qu’on aime sans se lasser. C’est aussi pour ça qu’on regarde les comédies musicales sans se lasser non plus. Et on en redemande ! C’est donc pour cela que c’est avec un certain enthousiasme que tous ceux qui ont aimé Tous en Scène ont pu aller voir Tous en Scène 2! Les mêmes éléments, une légère impression de déjà vue, mais le même bonheur de retrouver tous ces personnages… et surtout la musique !
Un personnage qui dit la vérité (ou presque) et que personne ne croit, dont toutes les manœuvres pour prouver qu’il ne ment pas l’enfonce toujours un peu plus, est un ressort narratif classique que l’on retrouve dans beaucoup de films. Un Héros repose sur une telle base. Mais le nouveau film d’Asghar Farhadi est loin de se limiter à cela. Rien d’étonnant venant d’un tel cinéaste qui confirme une nouvelle fois l’immensité de son talent. Un film récompensé par le Grand Prix à Cannes, un trophée amplement mérité.
Etait-il bien raisonnable de proposer un quatrième volet à la saga Matrix ? En effet, il existe un rare décalage entre le culte voué à un premier volet et le mépris que beaucoup de spectateurs témoignent aux deux suivants. Une quatrième couche n’était donc réclamée par personne. Mais après quelques bandes-annonces alléchantes, une certaine curiosité, à défaut d’impatience, a fini par naître, portée par l’espoir que toutes ces années d’écart depuis le précédent épisode aient permis de rassembler un maximum de bonnes idées. Au final, Matrix Resurrections en propose bien quelques unes et constitue un agréable divertissement. Mais ne constituera certainement pas un objet de culte.
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