
Marvin ou la Belle Education souffre de personnages beaucoup trop caricaturaux pour être réellement intéressants. Si le milieu intellectuel et bobo est décrit avec une certaine pertinence, les couches « populaires » semblent sortis tout droit de Groland, beaucoup plus que de la réalité. Il existe sans doute des « comme ça » en France, mais leur représentation tourne ici à la grosse ficelle qui décrédibilise tout le propos. Grégory Gadebois met en œuvre tout son talent, mais il ne parvient pas à nous faire croire à son personnage.

LA NOTE : 09/20
Fiche technique :
Production : Ciné@, P.A.S. Productions, F Comme Film
Distribution : Mars films
Réalisation : Anne Fontaine
Scénario : Anne Fontaine et Pierre Trividic, ibrement inspiré du roman d’Edouard Louis
Montage : Annette Dutertre
Photo : Yves Angelo
Décors : Emmanuel de Chauvigny
Durée : 113 min
Casting :
Finnegan Oldfield : Marvin Bijoux, Martin Clément
Jules Porier : Marvin enfant
Grégory Gadebois : Dany Bijoux
Catherine Salée : Odile Bijoux
Vincent Macaigne : Abel Pinto
Charles Berling : Roland
Catherine Mouchet : Madeleine Clément
Isabelle Huppert : Isabelle Huppert
Sharif Andoura : Pierre
India Hair : Vanessa

Thelma ne restera pas un des plus grands chefs d’œuvre du genre, mais n’en est pas moins un film réussi et maîtrisé. De ceux qu’on ne regrette pas d’être allé voir. On est également heureux d’avoir découvert une actrice remarquable, en la personne de la jeune Eili Harboe, dont le jeu sobre mais toujours juste donne beaucoup de crédibilité à son personnage. Les seconds rôles sont tous parfaitement dirigés et on peut saluer plus globalement la réalisation au millimètre de Joachim Trier. A travers ce film, il confirme la bonne santé d’un cinéma nordique bien plus riche que ce que l’on pense souvent.
J’ignore si cela fait de moi un affreux misogyne, mais la grande star de Battle of the Sexes est incontestablement Steve Carell. On en vient vraiment à regretter que cet immense acteur ait été cantonné si longtemps dans des rôles uniquement comiques. Certes c’est une dimension qui reste importante de son rôle, mais il parvient à lui donner une épaisseur supplémentaire tout à fait étonnante. A ses côtés Emma Stone fait elle aussi preuve d’un talent hors norme, mais souffre de la vaine tentative de l’enlaidir pour la faire ressembler à la Billie Jean King de l’époque. Cela n’a rien de naturel et nuit quelque peu à sa crédibilité.
Simon et Théodore est donc un film léger, mais au mauvais sens du terme. Ce n’est pourtant ni la faute de Félix Moati, ni du jeune Nils Othenin-Girard, qui mettent beaucoup de cœur et d’investissement dans leur interprétation. Cela ne compense malheureusement pas les faiblesses de ce film qui a pourtant la bonne idée de ne pas s’étirer plus que de raison. Mais même un récit déroulé avec rythme peut manquer de densité et surtout de crédibilité.
Si M n’échappe cependant pas à la naïveté que j’évoquais plus haut, c’est en partie du fait du jeu parfois maladroit de Sara Forestier. Elle met beaucoup de cœur dans l’interprétation de son personnage, mais peut-être un peu trop. En tout cas, elle sonne un peu moins vrai que son partenaire Redouanne Harjane, aussi magnifique que parfois inquiétant dans ce rôle. Sara Forestier réussit en tout cas son passage de l’autre côté de la caméra. Et on lui pardonnera aisément quelques erreurs de jeunesse et sans doute un enthousiasme excessif pour son sujet. Mais un sujet difficile sur lequel beaucoup auraient fait beaucoup moins bien.
Si le talent d’un acteur se mesurait à sa capacité à rendre totalement imbuvable un personnage qu’il incarne, alors Daniel Auteuil serait au panthéon des acteurs français. Bon certes, il en fait depuis longtemps partie, alors ce n’est pas étonnant s’il arrive à ce point à rendre son personnage antipathique quand il le faut… et inversement. Avec beaucoup plus de maladresse mais un certain courage, Camélia Jordana lui tient tête. Elle est la vraie star de Le Brio, qui ne restera pas l’œuvre la plus marquante de la filmographie d’Yvan Attal, qui n’a pas su échapper à tous les pièges que son scénario lui tendait.
La qualité de Diane A les Epaules tient beaucoup au charme particulier de Clotilde Hesme. Elle arrive à rendre son personnage terriblement attachant, tout en lui donnant une complexité qui ne la rend pas que sympathique. En tout cas, à l’instar de celle qu’elle incarne, elle a les épaules pour porter le film sur celles-ci. Au final, Fabien Gorgeart signe un premier film réussi, à défaut d’être totalement inoubliable.
Happy Birthdead est aussi particulièrement sympathique parce que les personnages le sont aussi. Le film détourne les clichés de la vie sur les campus des universités américaines, avec une ironie réjouissante. Il est vrai que l’aspect un peu moralisateur (mais qui n’était pas absent dans Un Jour Sans Fin) est lui assez prévisible et présente un côté obligatoire un peu lourdingue. Il est vrai que le film aurait peut-être gagné à être plus mordant et politiquement incorrect. C’est peut-être là qu’il oublie de devenir un film culte. Cependant, c’est quand même loin d’être donné à tout le monde.
La forme est aussi particulièrement sobre. Elle met en avant en premier lieu les paysages parfois sublimes… ou au contraire témoignage d’un pays quelque peu sinistré. Khibula permet donc de voyager et est souvent particulièrement dépaysant. A côté de ça, l’interprétation est sobre mais toujours juste et la mise scène parfois un peu austère. Au final, je ne me suis pas ennuyé une seule seconde, j’ai eu l’impression d’effectuer de réelles découvertes. Mais pas de là à dire que j’ai été réellement enthousiasmé.
En effet, au final, ce qu’on peut reprocher à Prendre le Large est ne pas avoir su traiter les sujets qu’il aborde de manière réellement convaincante. La recherche de soi-même est un thème relativement universel et intemporel et le voyage est effectivement une manière de la mener. Le cinéma regorge de ce genre d’itinéraire. Celui suivi par Sandrine Bonnaire n’est pas porteur d’une réflexion à même de bouleverser le spectateur. Le film en reste donc au stade du film de personnage. Cet aspect est cependant assez réussi néanmoins pour permettre au spectateur de ne pas regretter cette rencontre et ce voyage.
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