MARVIN OU LA BELLE EDUCATION : la Belle caricature

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marvinoulabelleeducationafficheParfois, un film ne nous motive pas…. et on a bien raison ! Il n’y a que des cinéphiles acharnés comme moi qui vont aller au-delà de leur réticence initiale pour quand même y aller. Pour le coup, en allant voir Marvin ou la Belle Education, j’ai eu tort de ne pas me fier à mon instinct, même si je n’ai pas non plus celui d’un Maître Jedi. Un film qui confirme la carrière en dents de scie d’Anne Fontaine, dont la filmographie compte autant de belles réussites que vrai ratés.

Marvin ou la Belle Education souffre de personnages beaucoup trop caricaturaux pour être réellement intéressants. Si le milieu intellectuel et bobo est décrit avec une certaine pertinence, les couches « populaires » semblent sortis tout droit de Groland, beaucoup plus que de la réalité. Il existe sans doute des « comme ça » en France, mais leur représentation tourne ici à la grosse ficelle qui décrédibilise tout le propos. Grégory Gadebois met en œuvre tout son talent, mais il ne parvient pas à nous faire croire à son personnage.

marvinoulabelleeducationOn ne peut que le regretter car Marvin ou la Belle Education propose aussi quelques moments très forts en émotion. Finnegan Oldfield livre une interprétation impeccable et on ne peut vraiment rien lui reprocher. Il serait d’ailleurs injuste d’oublier lui associer le jeune Jules Porier qui joue le même rôle mais à un autre âge. Leur personnage méritait d’évoluer dans un scénario globalement plus solide et crédible. Mais entre deux flashs, le film comporte trop de séquences qui font involontairement sourire par leur maladresse rédhibitoire.

LA NOTE : 09/20

Fiche technique :
Production : Ciné@, P.A.S. Productions, F Comme Film
Distribution : Mars films
Réalisation : Anne Fontaine
Scénario : Anne Fontaine et Pierre Trividic, ibrement inspiré du roman d’Edouard Louis
Montage : Annette Dutertre
Photo : Yves Angelo
Décors : Emmanuel de Chauvigny
Durée : 113 min

Casting :
Finnegan Oldfield : Marvin Bijoux, Martin Clément
Jules Porier : Marvin enfant
Grégory Gadebois : Dany Bijoux
Catherine Salée : Odile Bijoux
Vincent Macaigne : Abel Pinto
Charles Berling : Roland
Catherine Mouchet : Madeleine Clément
Isabelle Huppert : Isabelle Huppert
Sharif Andoura : Pierre
India Hair : Vanessa

THELMA : Fantastique nordique

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thelmaafficheLes pays nordiques sont connus pour leur polars. En particulier les romans, mais aussi quelques adaptations cinématographiques réussies. Mais les auteurs du Nord de l’Europe peuvent aussi s’aventurer dans d’autres genres. On avait déjà pu apprécier il y a quelques années le film de vampires suédois, avec Morse. Voici le film fantastique norvégien avec Thelma. Tous ces films ont au moins en commun cette ambiance particulière peut-être liée au climat, aux nuits particulièrement longues. Mais surtout au talent de ceux qui les ont réalisés.

Joachim Trier n’est pas un inconnu avec plusieurs films distribués en France, certains comme Back Home ayant bénéficié d’un casting international (Isabelle Huppert, Jesse Eisenberg). Ils s’attaquaient à des sujets de société et on ne l’attendait pas vraiment dans un film de genre. Mais Thelma reste cependant avant tout un film psychologique, explorant la complexité de ses personnages. Malgré la bonne dose de fantastique que recèle cette histoire, il ne faut pas s’attendre à des effets spéciaux spectaculaires ou des scènes d’action. Par contre, une atmosphère pesante qui tient le spectateur en haleine.

thelmaThelma ne restera pas un des plus grands chefs d’œuvre du genre, mais n’en est pas moins un film réussi et maîtrisé. De ceux qu’on ne regrette pas d’être allé voir. On est également heureux d’avoir découvert une actrice remarquable, en la personne de la jeune Eili Harboe, dont le jeu sobre mais toujours juste donne beaucoup de crédibilité à son personnage. Les seconds rôles sont tous parfaitement dirigés et on peut saluer plus globalement la réalisation au millimètre de Joachim Trier. A travers ce film, il confirme la bonne santé d’un cinéma nordique bien plus riche que ce que l’on pense souvent.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Motlys, Eurimages, Film i Väst, Le Pacte, Snowglobe films, NFI
Distribution : Le Pacte
Réalisation : Joachim Trier
Scénario : Joachim Trier, Eskil Vogt
Montage : Olivier Bugge Coutté
Photo : Jakob Ihre
Décors : Roger Rosenberg
Musique : Ola Flottum
Effets spéciaux : Esben Syberg
Durée : 116 min

Casting :
Eili Harboe : Thelma
Kaya Wilkins : Anja
Ellen Dorrit Petersen : Unni, la mère
Henrik Rafaelson : Trond, le père
Grethe Eltervag : Thelma enfant
Marte Magnisdotter Solem : le neurologue

BATTLE OF THE SEXES : Du tennis et bien plus encore

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battleofthesexesafficheLe tennis est à l’honneur dans les salles obscures ces dernières semaines. Après Borg vs McEnroe, voici Battle of the Sexes. Le premier avait déçu par des scènes de match pas crédibles une seule seconde. C’est donc avec une petite appréhension que je suis allé voir le second, me demandant si la petite balle jaune pouvait avoir sa place au cinéma. Heureusement un exemple ne fait pas une règle et le film qui nous intéresse ici échappe totalement aux défauts de son prédécesseur. Il fait preuve de plus de nombre de qualités bien à lui.

Le propos de Battle of the Sexes dépasse largement le cadre du simple tennis. Il livre également le portrait de la misogynie ordinaire des années 70 (et qui est loin d’avoir disparu) et nous relate le combat des joueuses de l’époque pour faire reconnaître leur valeur et leur mérite. Tout cela à travers un épisode sportivo-médiatique célèbre et qui en dit long sur ce sujet. Cela donne un film vivant, aussi intelligent que distrayant, et qui est à même de séduire un public bien plus large que les amateurs de tennis féminin.

battleofthesexesJ’ignore si cela fait de moi un affreux misogyne, mais la grande star de Battle of the Sexes est incontestablement Steve Carell. On en vient vraiment à regretter que cet immense acteur ait été cantonné si longtemps dans des rôles uniquement comiques. Certes c’est une dimension qui reste importante de son rôle, mais il parvient à lui donner une épaisseur supplémentaire tout à fait étonnante. A ses côtés Emma Stone fait elle aussi preuve d’un talent hors norme, mais souffre de la vaine tentative de l’enlaidir pour la faire ressembler à la Billie Jean King de l’époque. Cela n’a rien de naturel et nuit quelque peu à sa crédibilité.

Et les scènes de tennis dans tout ça ? Elles sont totalement réalistes, car la réalisation se contente de plans larges « comme à la télé » permettant l’emploi de doublures. Certes, cela les rend stéréotypées sur la forme mais leur assure une réelle crédibilité. Et en donne ainsi à tout le film, faisant de Battle of the Sexes une vraie réussite.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : Cloud Eight Films, Decibel Films, Fox Searchlight Pictures, TSG Entertainment
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Jonathan Dayton, Valerie Faris
Scénario : Simon Beaufoy
Montage : Pamela Martin
Photo : Linus Sandgren
Décors : Judy Becker
Musique : Nicholas Britell
Durée : 121 min

Casting :
Steve Carell : Bobby Riggs
Emma Stone : Billie Jean King
Elisabeth Shue : Priscilla Riggs
Austin Stowell : Larry King
Alan Cumming : Cuthbert Ted Tinling
Bill Pullman : Jack Crammer
Sarah Silverman : Gladys Heldman
Natalie Morales : Rosie Casals
Andrea Riseborough : Marilyn Barnett

SIMON ET THEODORE : C’est un peu court, jeunes hommes !

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simonettheodoreafficheLe cinéma fait souvent vivre l’idée que deux pas tout à fait au mieux dans leur tête peuvent s’entraider pour retrouver épanouissement et équilibre. C’est évidemment une idée purement fictionnelle. Dans la vraie vie, avec genre de rencontre, les deux protagonistes vont évidemment se tirer mutuellement vers le bas. Mais le temps d’un film, on va faire comme si on y croyait vraiment. C’est indispensable pour aller voir Simon et Théodore. Une histoire assez improbable… et au final pas si intéressante que ça.

Il est difficile de vraiment aimer un film basé autant sur ses personnages si ces derniers s’inspirent pas spécialement de sympathie. C’est malheureusement le cas de Simon et Théodore dont les deux principaux protagonistes inspirent certes un peu de compassion, mais certainement pas d’attachement profond. Au final, ce sont les personnages secondaires féminins, incarnés par Mélanie Bernier et Audrey Lamy qui sauvent le film. Mais c’est un peu court tout de même pour vraiment justifier de payer une place de cinéma.

simonettheodoreSimon et Théodore est donc un film léger, mais au mauvais sens du terme. Ce n’est pourtant ni la faute de Félix Moati, ni du jeune Nils Othenin-Girard, qui mettent beaucoup de cœur et d’investissement dans leur interprétation. Cela ne compense malheureusement pas les faiblesses de ce film qui a pourtant la bonne idée de ne pas s’étirer plus que de raison. Mais même un récit déroulé avec rythme peut manquer de densité et surtout de crédibilité.

LA NOTE : 10/20

Fiche technique :
Production : Mona Films
Distribution : Rezo films
Réalisation : Mikael Buch
Scénario : Mikael Buch, Maud Ameline
Montage : Baptiste Saint Dizier
Photo : Martin Roux
Décors : Damien Rondeau
Musique : Benjamin Esdraffo
Durée : 84 min

Casting :
Félix Moati : Simon
Mélanie Bernier : Rivka
Nils Othenin-Girard : Théodore
Audrey Lamy : Edith
Philippe Rebbot : Paul
Jean-Charles Clichet : Marc

M : Débuts réussis

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mafficheParfois aller au cinéma est un acte de solidarité. Ainsi, ayant une affection particulière pour Sara Forestier, j’ai été voir M, son premier film, avant tout pour la soutenir. En effet, la bande-annonce ne m’avait guère donné envie et les critiques positives ne m’avaient qu’en partie rassuré. Ayant le cœur sur la main et toujours prêt à soutenir mon prochain, j’ai pris sur moi et je me suis rendu dans mon cinéma habituel pour accomplir un acte limite sacrificiel. Au final, aucun sacrifice, mais une vraie bonne surprise.

A la vue de la bande-annonce, M m’apparaissait comme un film plein de bon sentiments et de naïveté, sur fond social. Il est vrai qu’aucun de ces impressions ne se révèlent totalement erronées, mais par contre elles se révèlent être substantiellement secondaires. En effet, il s’agit avant tout d’un film sur la honte et la haine de soi. Il traite ce sujet avec force et conviction. Il en ressort de vraies émotions, diverses, positives et négatives, qui secoue un spectateur qui ne s’y attendait pas. Enfin, en tout cas, le spectateur que j’étais. En tout cas, j’ai été ravi d’être bougé comme ça.

mSi M n’échappe cependant pas à la naïveté que j’évoquais plus haut, c’est en partie du fait du jeu parfois maladroit de Sara Forestier. Elle met beaucoup de cœur dans l’interprétation de son personnage, mais peut-être un peu trop. En tout cas, elle sonne un peu moins vrai que son partenaire Redouanne Harjane, aussi magnifique que parfois inquiétant dans ce rôle. Sara Forestier réussit en tout cas son passage de l’autre côté de la caméra. Et on lui pardonnera aisément quelques erreurs de jeunesse et sans doute un enthousiasme excessif pour son sujet. Mais un sujet difficile sur lequel beaucoup auraient fait beaucoup moins bien.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Archipel 35, France 3 Cinéma
Distribution : Ad Vitam
Réalisation : Sara Forestier
Scénario : Sara Forestier
Montage : Eric Armbruster
Photo : Guillaume Schiffman
Musique : Christophe
Durée : 98 min

Casting :
Sara Forestier : Lila
Redouanne Harjane : Mo
Jean-Pierre Léaud : Le père de Lila
Liv Andren : Soraya

LE BRIO : A voix un peu basse

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lebrioafficheDans la vie, la fiction rejoint parfois la réalité. C’est par ce lieu commun passablement éculé que je vais débuter ma critique de Le Brio. En effet, ce film a pour élément central un personnage issu des minorités visibles et habitant en banlieue (oh la belle périphrase politiquement correcte) qui s’attaque à un concours d’éloquence. Cette œuvre de fiction vient quelques semaines après la sortie du documentaire A Voix Haute qui nous faisait rencontrer des personnages très ressemblants à l’héroïne de ce film, mais bien réels ceux-là. Et pour une fois, on préférera la réalité à la fiction.

Le Brio n’est pas un mauvais film, loin de là. Certes, la première demi-heure, on a tellement de mal à apprécier les personnages qu’on a surtout du mal à apprécier cette histoire. Puis la magie opère, les vilains petits canards ne se transforment pas en cygnes, mais presque, et on se met à y croire rentrer dans le jeu et avoir le cœur qui bat un peu plus fort quand l’enjeu le devient également. Mais au final, on se dit quand même qu’on n’a pas non plus échappé à une pluie de clichés, même si le film tente parfois naïvement de les démonter.

lebrioSi le talent d’un acteur se mesurait à sa capacité à rendre totalement imbuvable un personnage qu’il incarne, alors Daniel Auteuil serait au panthéon des acteurs français. Bon certes, il en fait depuis longtemps partie, alors ce n’est pas étonnant s’il arrive à ce point à rendre son personnage antipathique quand il le faut… et inversement. Avec beaucoup plus de maladresse mais un certain courage, Camélia Jordana lui tient tête. Elle est la vraie star de Le Brio, qui ne restera pas l’œuvre la plus marquante de la filmographie d’Yvan Attal, qui n’a pas su échapper à tous les pièges que son scénario lui tendait.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Réalisation : Yvan Attal
Scénario : Yaël Langmann, Victor Saint Macary, Bryan Marciano et Yvan Attal
Photographie : Rémy Chevrin
Montage : Célia Lafitedupont
Décors : Michèle Abbé-Vannier
Costumes : Carine Sarfati
Musique : Michael Brook
Supervision musicale : My Melody
Producteurs : Dimitri Rassam et Benjamin Elalouf
Durée : 95 minutes

Casting :
Daniel Auteuil : Pierre Mazard
Camélia Jordana : Neïla
Yasin Houicha : Mounir
Nozha Khouadra : la mère
Nicolas Vaude : le Président
Jean-Baptiste Lafarge : Benjamin
Claude Perron : la femme au chien
Yvonne Gradelet : la grabataire

DIANE A LES EPAULES : Epaules solides

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dianealesepaulesafficheLa grossesse constitue une source inépuisable d’inspiration pour les scénaristes. Cette période particulière de l’existence est à l’origine avant tout de comédies. Mais ces dernières peuvent aussi comporter un peu de gravité, de profondeur et de réflexion sur la société. Diane A les Epaules est une comédie des mœurs, au sens le plus littéral du terme. Un genre cinématographique qui tient une place particulière dans le 7ème art français. Un film réussi qui prouve qu’il y a souvent du bon dans les traditions.

Diane A les Épaules reste avant tout une comédie romantique. Au fond, la réflexion sur l’homoparentalité ou bien sur l’attachement d’une mère à son enfant n’est qu’un enrobage autour de tout ça. Mais il est vrai que c’est ce dernier qui permet au film de se démarquer et de devenir intéressant. La réflexion est pertinente, même si elle n’est pas non plus d’une portée exceptionnelle. Elle forme cependant un excellent complément aux aspects plus légers, pour former un tout à la fois distrayant et intelligent.

dianealesepaulesLa qualité de Diane A les Epaules tient beaucoup au charme particulier de Clotilde Hesme. Elle arrive à rendre son personnage terriblement attachant, tout en lui donnant une complexité qui ne la rend pas que sympathique. En tout cas, à l’instar de celle qu’elle incarne, elle a les épaules pour porter le film sur celles-ci. Au final, Fabien Gorgeart signe un premier film réussi, à défaut d’être totalement inoubliable.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Fabien Gorgeart
Scénario : Fabien Gorgeart
Photographie : Thomas Bataille
Montage : Damien Maestraggi
Décors : Cyril Gomez-Mathieu
Costumes : Céline Brelaud
Musique : Guillaume Baurez
Producteur : Jean des Forêts
Durée : 87 minutes

Casting :
Clotilde Hesme : Diane
Fabrizio Rongione : Fabrizio
Thomas Suire : Thomas
Grégory Montel : Jacques
Alice Butaud : Amélie
Olivier Rabourdin : l’hypnothérapeute
Victor Pontecorvo : le pompier
Ian McCamy : l’Irlandais

HAPPY BIRTHDEAD : Un meurtre sans fin

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happybirthdeadafficheD’une bonne idée, on peut évidemment faire un bon film. Mais à vrai dire, pourquoi s’arrêter à un seul ?! Un Jour Sans Fin figure en bonne place au panthéon des films cultes. Mais l’idée d’un personnage condamné à vivre encore et encore là même journée possède assez de potentiel pour servir de base à bien d’autres bons films. La preuve avec Happy Birthdead (Le titre original étant Happy Death Day… sans commentaire). Pas de film culte à l’horizon, mais un petit plaisir cinématographique dont il serait dommage de se priver.

On vient de le voir, l’idée de départ de Happy Birthdead n’a rien de nouveau. Mais le film la développe à sa manière en l’exploitant jusqu’au bout, avec un minimum de talent et d’inspiration. Si le film comporte quelques scènes du type « attention, il y a peut-être un tueur dans le placard, vu que la musique fait super peur d’un coup », cela ne constitue vraiment pas le cœur de celui-ci. Il repose avant tout sur son intrigue, les surprises et les rebondissements qu’elle propose. Le tout fonctionne plutôt pas mal, jusqu’au twist final qui va bien.

happybirthdeadHappy Birthdead est aussi particulièrement sympathique parce que les personnages le sont aussi. Le film détourne les clichés de la vie sur les campus des universités américaines, avec une ironie réjouissante. Il est vrai que l’aspect un peu moralisateur (mais qui n’était pas absent dans Un Jour Sans Fin) est lui assez prévisible et présente un côté obligatoire un peu lourdingue. Il est vrai que le film aurait peut-être gagné à être plus mordant et politiquement incorrect. C’est peut-être là qu’il oublie de devenir un film culte. Cependant, c’est quand même loin d’être donné à tout le monde.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation : Christopher B. Landon
Scénario : Christopher B. Landon et Scott Lobdell
Direction artistique : Michelle C. Harmon
Décors : Gretchen Gattuso
Costumes : Meagan McLaughlin
Photographie : Toby Oliver
Montage : Gregory Plotkin
Musique : Bear McCreary
Production : Jason Blum, Angela Mancuso, Ryan Turek, John Baldecchi et Seth William Meier

Casting :
Jessica Rothe : Tree Gelbman
Israel Broussard : Carter Davis
Ruby Modine : Lori
Annika Harris : Jodie
Rachel Matthews : Danielle
Charles Aitken : Gregory
Brody Lang : Ezekiel

KHIBULA : Voyage, voyage

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khibulaafficheCe qu’il y a de bien avec le cinéma, c’est qu’il permet, entre autres, de voyager dans l’espace et le temps. Ainsi, vous n’avez jamais imaginé voyager en Géorgie quelques temps à peine après l’explosion de l’URSS. Il est vrai que connaître l’histoire politique de ce pays précis à cette époque précise demande tout de même une culture particulièrement pointue. Ou bien il suffit de se rendre dans une salle obscure pour aller voir Khibula.

Khibula est un film pour spectateur curieux d’histoire et de paysages. En effet, il faut bien avouer, le film n’a rien de spectaculaire ni sur le fond, ni sur la forme. Le récit est assez répétitif, une série de rencontres qui jalonnent un jeu de chat et de souris entre un Président déchu et le pouvoir nouveau. Chaque personnage nous en apprend un peu plus sur cette culture et cette époque. Pour le reste, c’est vrai qu’il ne se passe pas grand chose et le scénario manque quelque peu de contenu et de densité.

khibulaLa forme est aussi particulièrement sobre. Elle met en avant en premier lieu les paysages parfois sublimes… ou au contraire témoignage d’un pays quelque peu sinistré. Khibula permet donc de voyager et est souvent particulièrement dépaysant. A côté de ça, l’interprétation est sobre mais toujours juste et la mise scène parfois un peu austère. Au final, je ne me suis pas ennuyé une seule seconde, j’ai eu l’impression d’effectuer de réelles découvertes. Mais pas de là à dire que j’ai été réellement enthousiasmé.

LA NOTE : 12,5/20

PRENDRE LE LARGE : Mais pas trop loin non plus

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prendrelelargeafficheCe qu’il y a de merveilleux dans le cinéma, et la fiction en général en fait, c’est de constater à quel point un même point de départ peut donner des histoires au ton et au contenu radicalement différents. Une entreprise délocalisée, une employée qui accepte le reclassement dans le pays où est partie la production, aura donné Crash Test Aglaé d’un côté et Prendre le Large de l’autre. Une comédie dramatique d’un côté, un drame tout court de l’autre. Entre les deux, que choisir ? La réponse est plutôt, pourquoi choisir ?

Les deux films auront en commun d’être imparfaits, mais de se laisser voir sans regret. Prendre le Large propose une alternance de beaux moments, de moments durs, bref de moments forts et d’autres où le film fonctionne moins bien. Le personnage incarné par Sandrine Bonnaire n’est pas toujours totalement convaincant et on se dit parfois qu’aussi existentielle soit sa quête, cela ne justifie pas non plus toutes les inconsciences. Mais au moins, on ne pourra pas reprocher à Gaël Morel de ne pas être allé au bout de ses idées, même si un peu de retenu aurait rendu le propos plus solide.

prendrelelargeEn effet, au final, ce qu’on peut reprocher à Prendre le Large est ne pas avoir su traiter les sujets qu’il aborde de manière réellement convaincante. La recherche de soi-même est un thème relativement universel et intemporel et le voyage est effectivement une manière de la mener. Le cinéma regorge de ce genre d’itinéraire. Celui suivi par Sandrine Bonnaire n’est pas porteur d’une réflexion à même de bouleverser le spectateur. Le film en reste donc au stade du film de personnage. Cet aspect est cependant assez réussi néanmoins pour permettre au spectateur de ne pas regretter cette rencontre et ce voyage.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Gaël Morel
Scénario : Gaël Morel et Rachid
Photographie : David Chambille
Montage : Catherine Schwartz
Costumes : Zakia Essouci
Musique : Camille Rocailleux
Producteurs : Anthony Doncque, Miléna Poylo, Gilles Sacuto et Frantz Richard
Durée : 103 minutes

Casting :
Sandrine Bonnaire : Édith Clerval
Mouna Fettou : Mina
Kamal El Amri : Ali, le fils de Mina
Ilian Bergala : Jérémy, le fils d’Édith
Farida Ouchani : Najat
Nisrine Rad : Karima
Lubna Azabal : Nadia
Camille de Sablet : la directrice des ressources humaines de l’usine de Villefranche
Soumaya Akaaboune : Mme Saïni
Solenn Jarniou : la syndicaliste
Nathanaël Maïni : Thierry, le compagnon de Jérémy