Sofia Coppola a toujours eu le don de me décevoir. Je n’ai été enthousiasmé par aucun de ses films. Seul Lost in Translation trouve grâce à mes yeux. Et encore, après l’avoir vu plusieurs fois, parce que la première impression ne fut pas fantastique. Cependant, je lui reconnais un réelle talent de cinéaste, une capacité à donner une personnalité narrative et visuelle à ses œuvres. Je n’accroche pas, mais je garde espoir que cela puisse vraiment marcher entre nous un jour. C’est avec cet espoir au cœur que j’ai été voir les Proies, sans trop y croire vu la tiédeur des critiques. Un espoir à nouveau déçu.
Les Proies constitue en fait un véritable gâchis. En effet, Sofia Coppola pose la situation de départ de manière magistrale, réunit tous les éléments pour nous offrir quelque chose de vraiment emballant. Mais au final, elle n’en fait rien. Au moment où l’intrigue devrait vraiment s’emballer, où la tension accumulée devrait se libérer, le scénario tombe dans une banalité et une platitude particulièrement décevantes. Comme si elle avait eu l’idée de cette situation ambiguë, mais qu’elle n’avait pas contre aucune idée de ce à quoi elle devait conduire. Elle n’est pas la première à qui cela arrive, mais là ça prend de rares proportions.
A côté de cela, sur la forme pure, Les Proies reste un film assez splendide. La manière dont Sofia Coppola capte les petits regards, les légers frémissements entre les personnages qui en disent long sur ce qui est en train de se nouer est tout simplement remarquable. La photographie est impeccable, créant une atmosphère particulière, permettant de dépasser l’impression de confinement qu’impose un huis-clos. Les acteurs sont parfaitement dirigés, même si la qualité du casting aide bien sûr. Mais tout cela ne suffit pas à insuffler un vrai souffle d’intérêt à ce film qui reste avant tout une idée de départ brillante mais absolument pas exploitée.
LA NOTE : 10/20
Fiche technique : Production : American Zoetrope, FR Productions Réalisation : Sofia Coppola Scénario : Sofia Coppola, d’après le roman de Thomas Cullinan Montage : Sarah Flack Photo : Philippe Le Sourd Décors : Anne Ross Distribution : Universal Pictures International France Directeur artistique : Jennifer Dehghan Durée : 94 min
Casting : Nicole Kidman : Martha Farnsworth Kirsten Dunst : Edwina Dabney Colin Farrell : Caporal John McBurney Elle Fanning : Alicia Angourie Rice : Jane Oona Laurence : Amy Addison Riecke : Marie Emma Howard : Emily
Il est des films tellement indescriptible qu’il en est même difficile de décrire les sentiments qu’ils nous inspirent. C’est le cas de Upstream Color, un film relativement inclassable sur la forme et le fond. Une curiosité cinématographique sorti… il y a quatre ans de l’autre côté de l’Atlantique. Je ne sais donc pas très bien ce qui a poussé soudainement des distributeurs à finalement programmer ce film sur les écrans français. Je ne sais même pas trop quoi dire à son propos. Ni je dois inciter ou décourager les spectateurs éventuels. Bref, même avec quelques jours, je reste particulièrement circonspect.
Je vais donc essayer d’aborder ce film de manière objective. Sur la forme d’abord. L’histoire est racontée sans réels dialogues, sans continuité claire. Il est formé d’une succession de flashs plus ou moins long, certains fugaces, certains ressemblant quand même à des scènes au sens classique du terme. C’est ainsi que nous ai raconté l’histoire d’une manière un peu floue donc, puisque le spectateur doit combler beaucoup de vides. Cependant, on la comprend tout de même, mais sans vraiment avoir l’occasion notamment de connaître réellement les personnages. Du coup, il est bien difficile de s’y attacher. C’est sans doute là que réside la principale limite de Upstream Color, qui reste au fond avant tout un exercice de style intéressant, mais un peu froid.
Le fond de l’histoire n’est pas banal non plus. Entre science-fiction, polar, drame psychologique, teinté de comédie romantique. Upstream Color est à la fois totalement éloigné de ces étiquettes, tout en pouvant tout de même revendiquer de reprendre des éléments qui leur sont familiers. Finalement, il est difficile de savoir si avoir choisi à la fois un fond et une forme particulières rend le film particulièrement intéressant, ou au contraire trop obscur pour être pleinement apprécié. Bref, même en mettant des mots sur ce que j’ai pu ressentir devant ce film tout reste flou. Mais quelqu’un n’aurait pas-t-il dit « Quand c’est flou, y a un loup ? ».
LA NOTE : 12/20
Fiche technique : Réalisation : Shane Carruth Scénario : Shane Carruth Photographie : Shane Carruth Montage : Shane Carruth et David Lowery Musique : Shane Carruth Producteur : Shane Carruth, Casey Gooden et Ben LeClair Durée : 96 minutes
Casting : Amy Seimetz : Kris Shane Carruth : Jeff Andrew Sensenig : Le Sampler Thiago Martins : Le Voleur Mollie Milligan : Maggie Kerry McCormick : Gyn Charles Reynolds Jeff Fenter : Rich Marco Antonio Rodríguez : un technicien du MRI
La Corse est très certainement un des plus beaux endroits au monde et l’île mérite amplement son surnom. Ses particularités constituent aussi une source d’histoires dans laquelle il semble assez facile de puiser. Pourtant, elle n’irrigue finalement pas tant que ça la littérature ou le cinéma. Peut-être que le sujet fait peur. En tout cas, Thierry de Peretti a décidé de l’attaquer de front avec Une Vie Violente. Un récit franc et direct sur la manière dont la jeunesse insulaire est confrontée à l’histoire et aux combats menés par leurs aînés. Face à ce lourd héritage, chacun est obligé de faire des choix et la neutralité semble impossible.
Une Vie Violente est librement inspiré de la vie d’un militant nationaliste mort assassiné en 2001. Mais au-delà de cela, on sent que Thierry de Peretti, né à Ajaccio, a mis un petit peu de lui-même dans ce film. Il cherche clairement à décrire la situation de manière la plus réaliste possible et avec une certaine volonté pédagogique. Il est vrai que le propos est particulièrement éclairant sur la complexité du combat nationaliste corse, parcouru de dissensions internes, qui paraissent assez obscures vues du continent et du journal de TF1. A ce niveau, le film atteint parfaitement son but.
Une Vie Violente est également soutenu par une réalisation qui vient amplifier la tension du récit. On se souviendra notamment du plan séquence final, qui place le spectateur dans une interminable attente avant de… Non, évidemment, je ne dirai rien ! Le film fonctionne aussi grâce à Jean Michelangeli qui donne vie à un personnage loin de tous les clichés sur les « bandits » corses, comme ceux que l’on avait pu voir dans la série Mafiosa par exemple. Un film donc indispensable à ceux qui s’intéressent de près ou de loin à l’Ile de Beauté.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Réalisation : Thierry de Peretti Scénario : Thierry de Peretti et Guillaume Bréaud Décors : Toma Baqueni Costumes : Rachèle Raoult Photographie : Claire Mathon Montage : Marion Monnier Musique : Frédéric Junqua Durée : 113 minutes
Casting : Jean Michelangeli : Stéphane Henry-Noël Tabary : Christophe Cédric Appietto : Michel Marie-Pierre Nouveau : Jeanne Délia Sepulcre-Nativi : Raphaëlle Dominique Colombani : François Paul Garatte : Marc-Antoine Jean-Étienne Brat : Micka Anaïs Lechiara : Vanessa Paul Rognoni : Maître Patrice Guidicelli
Dans la série des familles qui font aimer la sienne, je vous présente celle de Les Filles d’Avril. Un film où l’histoire, les personnages et tout le reste ne sont pas du tout ce qu’ils semblent être au tout début. Mais on le sait bien, c’est au cœur des familles que sont cachés les plus gros secrets et accessoirement les pires psychopathes. Au Mexique comme ailleurs. Il est rassurant de voir que les êtres humains sont les mêmes partout. Enfin, rassurant… Pas si sûr…
Les Filles d’Avril repose fortement sur ses personnages et les rapports qu’ils entretiennent entre eux. Or il est difficile d’en parler sans révéler ce qu’ils seront au final. On peut simplement dire que c’est là que réside le moteur de ce scénario, la surprise de découvrir peu à peu ce dont chacun est capable. Si cela nous mène vers un dénouement finalement assez attendu, c’est au cœur de l’histoire que se situe son plus grand intérêt et la vraie tension narrative. On en ressort donc pas forcément hyper enthousiaste, mais tout de même satisfait.
Les Filles d’Avril représente l’occasion de découvrir deux formidables actrices. Enfin, pour Emma Suarez, on ne peut plus vraiment parler de découverte. Une valeur sûre du cinéma espagnole qui avait déjà ébloui à l’écran dans Julieta de Pedro Almodovar. Par contre Ana Valeria Becceril tient là un premier grand rôle remarquable et espérons le remarqué. Entre tristesse, force et détermination, elle interprète une foule de sentiments et d’attitude avec toujours le même talent. Ce duo d’actrice fait beaucoup pour la réussite de ce film pas indispensable, mais dont il serait dommage de se dispenser.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique : Production : Lucia Films Réalisation : Michel Franco Scénario : Michel Franco Montage : Michel Franco, Jorge Weisz Photo : Yves Cape Distribution : Version Originale / Condor Entertainment Durée : 103 mn
Casting : Emma Suarez : Avril Ana Valeria Becerril : Valeria Enrique Arrizon : Mateo Joanna Larequi : Clara Hernan Mendoza : Gregorio Ivan Cortes : Jorge
Depuis la série Alias, tout le monde sait qu’une femme est tout à fait capable de remporter un combat à mains nues contre n’importe quelle armoire à glace de sexe masculin. Il ne faut donc pas s’étonner de voir ce constat repris également au cinéma. Cependant, c’est tout de même un peu léger pour en faire un scénario à part entière. Cela ne semble cependant pas avoir arrêté les auteurs de Atomic Blonde. Un film qui tourne souvent au grand n’importe quoi.
Atomic Blonde nous plonge dans les dernières heures de l’espionnage tous azimuts à Berlin, alors que le Mur est sur le point de s’effondrer. Un scénario faussement complexe, plein de rebondissements particulièrement prévisibles. Tout cela ne constitue qu’un prétexte à une litanie de scènes de baston qui se veulent hyper intenses et violentes. Malheureusement The Raid est passé par là avec infiniment plus de talent et il en faut plus pour émouvoir le spectateur averti.
Les combats d’Atomic Blonde se caractérisent par des combattants qui refusent désespérément d’être KO, voire de mourir quand les armes à feu s’en mêlent. Ceci prête à sourire d’abord, puis quand on comprend que cela sera systématique, on se dit que cela tourne sérieusement au grand n’importe quoi. Mais au final, ce tic qui s’apparente à un running gag constitue le seul éclair d’intérêt dans ce grand néant. Un éclair ténu, mais on se raccroche à ce que l’on peut parfois.
LA NOTE : 09/20
Fiche technique : Production : 87Eleven, Closed on Mondays Entertainment, Denver and Delilah Productions, Film i Väst, T.G.I.M Films Distribution : Universal Pictures International France Réalisation : David Leitch Scénario : Kurt Johnstad, d’après le roman graphique de Sam Hart et Antony Johnston Montage : Elisabet Ronaldsdottir Photo : Jonathan Sela Décors : David Scheunemann Musique : Tyler Bates Durée : 115 min
Casting : Charlize Theron : Lorraine Broughton James McAvoy : David Percival Eddie Marsan : Spyglass John Goodman : Emmett Kurzfeld Toby Jones : Eric Gray James Faulkner : C Sofia Boutella : Delphine Lasalle Roland Moller : Aleksander Bremovych Bill Skarsgard : Merkel Til Schweiger : L’horloger
On choisit ses copains mais rarement sa famille comme le dit la chanson. Et c’est tant mieux car sinon beaucoup de films n’auraient jamais vu le jour. Les relations conflictuelles ou au moins dysfonctionelles entre parents et enfants constituent une source inépuisable d’inspiration pour écrivains et scénaristes de tous poils. Une nouvelle preuve avec Lola Pater. Un film fait pour faire briller Fanny Ardant. Mais pas que !
Commençons par ce qui fâche. En effet, une fois la situation de départ posée (et dont j’ignorais tout, n’ayant rien lu sur le film), le scénario est relativement sans surprise. Il se passe exactement ce qu’on attend qu’il se passe jusqu’à un dénouement tout à fait attendu. Après Lola Pater traite son sujet avec assez d’intelligence et de tendresse pour que l’on s’attache aux personnages et suivent leur cheminement avec un vrai plaisir et un réel intérêt.
Lola Pater offre un rôle sur mesure à Fanny Ardant. Le moins que l’on puisse dire est qu’elle occupe la place, ou du moins l’écran, avec un charisme et un talent hors du commun. Mais on n’en attendait pas moins d’une telle actrice qui se fait finalement assez rare. Cependant, son omniprésence ne doit pas faire oublier la très belle performance de Tewfik Jallab, dans un registre moins flamboyant néanmoins. C’est bien parce que le duo fonctionne que le film fonctionne également. Pour le plus grand bonheur des spectateurs.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Blue Monday, Versus productions Distribution : ARP Sélection Réalisation : Nadir Moknèche Scénario : Nadir Moknèche Montage : Chantal Hymans Photo : Jeanne Lapoirie Décors : Johann George
On poursuit donc dans les roadmovie français avec Crash Test Aglaé. L’idée de base, un peu comme Djam, reste suivre les pas d’un personnage décalé mais attachant dans un périple fait de rencontres et de terres inconnues. Par contre, la personnalité des deux personnages en question est diamétralement opposée et je peux arrêter là le petit jeu des comparaisons que j’affectionne tant. En tout cas, Eric Gravel signe là un premier film très réussi, à défaut d’être aussi audacieux qu’il aurait pu l’être.
Crash Test Aglaé fonctionne avant tout parce que son personnage central attire tout de suite la sympathie du spectateur, malgré son effroyable psychorigidité. A la base, c’est même un trio qui parvient à séduire puisqu’elles sont bien trois à prendre la route. Un trio assez épatant et même assez inattendu, notamment pour ce qui est du rôle interprété par Yolande Moreau. Ensuite le scénario va de plus en plus loin dans le décalage entre les protagonistes et les lieux, jusqu’aux confins de l’Himalaya. Eric Gravel a peut-être pêché en s’interdisant de faire vraiment sortir son histoire du réalisme, se contentant d’un côté improbable. Une petite retenue qui empêche d’être définitivement enthousiasmé pour ce qui reste tout de même une aventure extraordinaire menée par un personnage absolument pas programmé pour cela.
Crash Test Aglaé doit beaucoup à la belle performance de India Hair, que l’on avait découvert il y a quelques temps déjà dans Camille Redouble. Elle prouve ici qu’elle possède vraiment l’étoffe d’un premier rôle. Elle porte une grande partie du film sur ses frêles épaules qui semblent donc beaucoup plus solides qu’elles en ont l’air. Son interprétation est parfaitement mise en valeur par le travail de réalisation d’Eric Gravel, donc la qualité est à souligner. Un roadmovie a toujours besoin d’une caméra capable de nous faire apprécier l’ambiance et l’esthétique des lieux. Il parvient à faire de ce film un joli voyage, plein de tendresse et ponctué d’une pointe d’humour. Un voyage que l’on ne regrette pas de mener en tout cas.
LA NOTE : 13,5/20
Fiche technique : Réalisation : Éric Gravel Scénario : Éric Gravel et Fabrice de Costil Costumes : Caroline Spieth Photographie : Gilles Piquard Montage : Reynald Bertrand Musique : Philippe Deshaies, Lionel Flairs, Benoit Rault et Jean-Michel Pigeon Producteur : Nicolas Sanfaute et Maciek Hamela Durée : 85 minutes
Pour vous parler de Djam, j’ai failli écrire une critique couplée avec Crash Test Aglae. En effet, en allant les voir l’un après l’autre, j’ai assisté à deux roadmovies hexagonaux. Mais comme les deux films sont tous les deux très réussis, au final assez différents et que je ne peux tout de même pas prétexter un manque de temps en tant que vacancier, je me suis dit qu’ils valaient bien un avis chacun. Je vais donc commencer par le nouveau film de Tony Gatlif qui nous fera voyager entre la Grèce et la Turquie. Qui nous fera surtout voyager en musique.
Djam reprend la recette classique du roadmovie. Un parcours qui nous permet de découvrir des lieux, des personnes, des problématiques qui vont croiser le chemin des deux personnages. Le film est particulièrement riche à ce niveau là. Les échos de l’actualité sont nombreux, entre la crise grecque et le sort des réfugiés qui tente de franchir le bras de mer entre la Turquie et l’île de Lesbos. Tout est fait au travers de l’histoire des protagonistes, jamais de manière contemplative ou purement descriptive. Cela confère au sujet un supplément d’émotion qui sert parfois le cœur. Le film est au final une mosaïque d’histoires et de sujets, qui forment un tout cohérent et convaincant.
Sur la forme, on retrouve tout ce qui a toujours fait le charme du cinéma de Tony Gatlif. Il va encore plus loin ici, puisqu’on pourrait presque parler de comédie musicale. Ou disons que Djam est parcouru de moments musicaux que l’on écoute de bout en bout. Cela s’insère avec beaucoup de naturel dans ce récit polymorphe. Une pièce supplémentaire du puzzle, mais une pièce essentielle. Ce film est surtout l’occasion de découvrir Daphne Patakia, une jeune actrice belge qui crève littéralement l’écran. Elle sera à l’affiche de la saison 3 de Versailles à la rentrée et cela constitue une raison à elle seule d’attendre avec impatience cette dernière.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Réalisation : Tony Gatlif Scénario : Tony Gatlif Directeur de la photographie : Patrick Ghiringhelli Montage : Monique Dartonne Costumes : Catherine Rigault Producteur : Fenia Cossovitsa et Suzan Güverte Genre : Drame Durée : 97 minutes
Casting : Daphné Patakia : Djam Maryne Cayon : Avril Simon Abkarian : Kakourgos Kimon Kouris : Pano Solon Lekkas : Solon Eleftheria Komi : Maria Yannis Bostantzoglou : Le père
Le mythe de la Planète des Singes a donné lieu à bien des films aux qualités diverses et variées. Pendant longtemps, on pouvait facilement prétendre que rien n’égalait le premier d’entre eux. Même Tim Burton n’a pas réussi à produire un remake vraiment convaincant. Puis est venu La Planète des Singes : les Origines, sorti en 2011 qui a séduit le public et les critiques, avec pour mérite en plus de raconter une histoire relativement inédite. La suite, la Planète des Singes : l’Affrontement ayant été elle aussi très réussie, c’est avec une vraie impatience que l’on attendait la Planète des Singes : Suprématie, qui s’annonçait comme un des principaux blockbusters estivaux. Le résultat est plaisant, mais limité.
La Planète des Singes : Suprématie repose sur un scénario parfois fragile. En effet, on assiste quand même à une succession de choix très hasardeux de la part des protagonistes, qui décrédibilise l’ensemble. On le sait, au cinéma, quand quelqu’un vise mal, il le fait et on l’accepte aisément, mais ici le film tire un peu trop sur cette corde quand ça l’arrange. De manière générale, l’histoire ne parvient pas aussi à nous faire ressentir réellement l’importance de l’enjeu. On a bien du mal à se dire que l’avenir de la Planète se joue sous nos yeux. En fait, on sent quand même un réel essoufflement des scénaristes qui n’ont pas su insuffler dans cet épisode un souffle nouveau.
La Planète des Singes : Suprématie reste parfaitement réalisé techniquement par contre. Si le film manque de crédibilité, ce n’est sûrement pas à cause des effets spéciaux. Au contraire, ils restent demeurent assez bluffants. La mise en scène est aussi soignée, avec quelques beaux plans et des scènes d’action maîtrisées. Le film bénéficie aussi de la présente à l’écran d’un Woody Harrelson qui rentre totalement dans la peau de son personnage. On peut penser que la franchise s’arrêtera là et on se dit qu’elle ce n’est pas plus mal, pour éviter un déclin qui serait dommageable à la qualité globale de cette trilogie qui reste tout de même de premier plan.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique : Production : Chernin Entertainment, TSG Entertainment Distribution : 20th Century Fox France Réalisation : Matt Reeves Scénario : Matt Reeves, Mark Bomback Montage : William Hoy, Stan Salfas Photo : Michael Seresin Décors : James Chinlund Musique : Michael Giacchino Effets spéciaux : Weta Digital Durée : 140 min
Casting : Andy Serkis : César Woody Harrelson : Le Colonel Steve Zahn : Bad Ape Terry Notary : Rocket Karin Konoval : Maurice Amiah Miller : Nova Judy Greer : Cornelia Devyn Dalton : Cornelius
Des événements cinématographiques de cet été, Valérian et la Cité des Mille Planètes fait partie des plus attendue. Surtout en France, visiblement, tant le film a fait un bide aux Etats-Unis. Car il ne faut pas demander aux Américains de connaître l’œuvre de Mézières et Christin, combien même son influence est immense… notamment sur George Lucas qui s’en est beaucoup inspiré pour la création visuelle de Star Wars. Une envie surtout de revoir Luc Besson à son meilleur pour nous livrer une œuvre aussi marquante que le Cinquième Elément. Surtout qu’il s’est incroyablement investi dans ce projet, signant le film indépendant le plus cher de l’histoire. La bande-annonce magnifique laissait présager le meilleur. Mais au final, le résultat est mitigé.
Une chose est incontestable, Valérian et la Cité des Mille Planètes est très réussi visuellement. Il rend un bel hommage à l’univers graphique de Mézières et Christin. Les décors, les costumes sont d’une immense diversité et sont à peu près tous magnifiques. Si on ajoute à ça une exécution technique des effets spéciaux irréprochable, on voit vraiment le monde de la bande-dessinée prendre vie. De ce point de vue là, le travail de Luc Besson est à saluer et ne peut guère souffrir de critiques.
Reste bien sûr le scénario. C’est bien par là que Valérian et la Cité des Mille Planètes pêche quelque peu. Non que l’on s’ennuie, mais il ne parvient pas à donner une véritable personnalité et originalité au film. Il y a bien de l’humour,de l’action et du rythme, mais peut-être pas assez pour marquer vraiment les esprits. Cela manque d’épaisseur sur à peu près tous les plans. Pas assez pour parler de film raté, mais trop pour en faire un film culte comme le Cinquième Elément. Les personnages sont un tantinet transparents et les acteurs manquent parfois d’un poil de conviction. Bref, tout cela donne l’impression d’un film inabouti pour avoir cherché à être trop consensuel. Avoir cherché à l’être a sans doute été l’erreur de Luc Besson. Une erreur qui pourrait lui coûter cher au sens premier du terme.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique : Production : Valérian SAS, EuropaCorp, TF1 Films production, Fundamental films Distribution : EuropaCorp Réalisation : Luc Besson Scénario : Luc Besson, d’après la BD de Mézières et Christin Montage : Julien Rey Photo : Thierry Arbogast Décors : Hugues Tissandier Musique : Alexandre Desplat Costumes : Olivier Bériot Durée : 138 min
Casting : Dane DeHaan : Valérian Clara Delevingne : Lauréline Clive Owen : Commandant Arün Fillit Rihanna : Bubble Ethan Hawke : Jolly Kris Wu : Sergent Neza Sam Spruell : General Okto Bar Alain Chabat : Bob le pirate Herbie Hancock : le ministre de la Défense
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