Le deuil est un processus des plus intimes qui peut prendre des chemins radicalement différents selon celui qui l’emprunte. Autant de chemin pour autant de possibilité de scénario, car cette acceptation de la mort a toujours nourri le cinéma. Le deuil pour une petite fille de 6 ans n’aura évidemment rien à voir avec celui qu’un adulte qui sait mieux décrypter et nommer ces propres émotions. Voici le sujet central de Eté 93, un joli film qui nous conduit entre le sourire et la tristesse. Deux extrêmes entre lesquels la vie nous malmènent parfois.
Eté 93 nous donne parfois le sourire parce que la jeune Frida reste terriblement attachante, bien au-delà du simple drame qui la touche. Elle est doté d’un esprit enfantin mais vif, qui l’autorise à quelques répliques particulièrement savoureuses. Cette sympathie s’élargit à tous les autres membres de la famille, chacun faisant du mieux qu’il peut pour faire face à la situation. Chacun possède ses faiblesses et sa maladresse, mais cela ne fait que rendre chaque personnage terriblement humain. Comme beaucoup de film sur le deuil, celui-ci se révèle au final d’un réel optimisme démontrant que si le chemin est difficile, il existe un nouveau bonheur après le deuil.
Ceci étant dit, Eté 93 manque parfois un peu d’épaisseur. Le film est touchant mais pas radicalement émouvant, pas toujours passionnant et jamais bouleversant. On compatit, on partage la tristesse des personnages dans les moments difficiles, sans que cela ne se fasse avec toute la force qui aurait pu donné au film une dimension supplémentaire. Le scénario est avant tout basé sur une série de scénettes de la vie quotidienne de cette famille. Chacune d’elle correspond bien sûr à un nouveau petit pas sur ce chemin escarpé, mais cela donne au film un aspect contemplatif qui fait parfois flirter le spectateur avec l’ennui. Sans être décevant, le film n’imprime pas une marque indélébile dans l’esprit et le cœur des spectateurs.
La Région Sauvage est un OVNI cinématographique. La preuve, il a fallu faire appel à des forces extraterrestres pour le réaliser. Bon, j’exagère un tantinet. Mais il s’agit quand même d’une coproduction mobilisant des fonds venus du Mexique, du Danemark, de la France, de Norvège, d’Allemagne et de Suisse. Cela ne vient pas de l’Espace, mais d’un peu partout sur Terre. Il faut dire qu’il nous propose un scénario passablement « what the fuck !» (désolé, mais je n’ai pas trouvé de traduction appropriée) qui n’a pas du inciter les producteurs les plus fortunés à se lancer tête baissée dans le projet.
La Région Sauvage est totalement inclassable. Je pensais voir une sorte de film d’horreur à l’ambiance érotique, mais cela décrit au final assez mal ce long métrage. Parce que ce n’est pas du tout un film d’horreur. Par contre, oui, la charge érotique est là. Cependant, elle prend une forme qui laissera sûrement perplexe un grand nombre de spectateur. Les fans les plus acharnés de mangas pour adultes y verront sans doute un clin d’œil à des univers qu’ils connaissent bien, mais l’ambiance est quand même très différente ici.
Cependant, tout cela ne répond pas à la seule question vraiment importante ici… Est-ce que c’est bien ? J’aurais aimé répondre un oui enthousiaste, mais je devrait malheureusement me contenter d’un : ça a un côté fascinant, mais c’est assez chiant quand même. Il ne se passe finalement pas énormément de choses dans la Région Sauvage. Au-delà de l’élément vraiment original du scénario, le reste n’est pas spécialement passionnant. De plus, on est quand même assez curieux de savoir où tout cela va mener… et au final, cela mène un peu nul part. On reste donc un peu sur sa faim. On a connu des OVNI plus emballants.
LA NOTE : 11/20
Fiche technique : Cadre Films, Le Pacte, Matarraya Prod. Match Factory Prod., Mer film, Pimienta films, Snowglobe films Distribution : Le Pacte Réalisation : Amat Escalante Scénario : Amat Escalante, Gibran Portela Montage : Fernanda de la Peza, Jacob Secher Schulsinger Photo : Manuel Alberto Claro Décors : Daniela Schneider Musique : Igor Figueroa, Fernado Heftye Durée : 100 min
Casting : Ruth Jazmin Ramos : Alejandra Simone Bucio : Veronica Jesus Meza : Angel Eden Villavicencio : Fabian Andrea Pelaez : la mère d’Angel Oscar Escalante : M. Vega Bernarda Trueba : Marta
Filmer la guerre. Voilà quelque chose presque aussi vieux que le cinéma. C’est aussi un des sujets qui permet le mieux de mesurer l’évolution du 7ème art. Ce dernier aurait mis longtemps à nous montrer de manière crue et réaliste toute l’horreur véhiculée par ces conflits. Dunkerque se situe dans cette tradition. Christopher Nolan aura mis tout son génie au service d’un propos qui lui tenait visiblement à cœur. Il nous livre un grand film dans la forme. Dans le fond, il peut y avoir débat.
Christopher Nolan fait preuve de cette maestria visuelle, de cette maîtrise absolue de l’image et du son qui font les grands, les immenses réalisateurs. Dunkerque en est une nouvelle preuve, avec notamment une séquence d’un quart d’heure vers la fin du film qui font partie de celles qui écrivent l’histoire du cinéma. Certains auront noté l’absence de sang, artifice hollywoodien qui nuit sans doute au réalisme et prive le film d’un supplément de force. Mais il déploie déjà tellement plus que l’immense majorité des productions du genre, qu’il serait sévère de s’arrêter à ça. Le spectateur quand même scotché à son fauteuil du début à la fin, assailli d’images sublimes qui nous plongent au cœur de l’angoisse de tous les acteurs de ce moment d’histoire.
Si je devais formuler un reproche à Christopher Nolan, c’est sans doute d’avoir sacrifié le fond à la forme. Je ne parle pas ici des reproches idiots sur certains éléments qui seraient passés sous silence. Le propos de Dunkerque est clair et précis, il nous raconte une page de l’histoire de l’Angleterre du point de vue de ses acteurs, de ce qu’ils ont ressentis, de ce qu’ils ont vécu. Non, le sacrifice des soldats français pour permettre ce sauvetage n’est pas caché ou tu, il est tout simplement hors sujet. Rarement un film se sera concentré à ce point sur le cœur de son sujet, sans le moindre début de digression. De même, il est à noter que rarement un film de guerre n’aura été aussi peu manichéen puisque le soldat ennemi est tout simplement absent de l’image. Le méchant de l’histoire est l’angoisse et la peur.
Par contre, Dunkerque souffre peut-être d’un manque d’émotion. En se focalisant à ce point sur le cœur du propos, il prive les personnages d’un supplément d’épaisseur qui permettrait un supplément d’attachement. On ressort de ce film sans vraiment avoir l’impression de connaître les protagonistes. On connaît leur nom, mais à peine. Tout cela s’insère dans un choix artistique assumé et qui donne une grande part de sa force à ce film. Il fait de ce dernier un sublime exercice de style, qui apporte au spectateur d’incroyables sensations fortes, sans que le cœur ne soit vraiment touché. C’est sans doute un travers assez caractéristique de Christopher Nolan. Mais génie et perfection n’ont jamais été synonyme.
LA NOTE : 16/20
Fiche technique : Production : Warner Bros. Pictures, Syncopy Inc. Distribution : Warner Bros. France Réalisation : Christopher Nolan Scénario : Christopher Nolan Montage : Lee Smith Photo : Hoyte van Hoytema Décors : Nathan Crowley Musique : Hans Zimmer Durée : 107 min
Casting : Tom Hardy : pilote de l’Air Force Cillian Murphy : soldat en état de choc Mark Rylance : Mr Dawson Kenneth Branagh : Commandant Bolton Barry Keoghan : George Harry Styles : Alex Tom Glynn-Carney : Peter Fionn Whitehead : Tommy
Le biopic étant à la mode depuis un moment déjà, les figures les plus connues des arts et de l’histoire ont déjà eu droit à leur film. Du coup, il faut désormais compter sur des figures plus méconnues, du moins d’un public pas particulièrement pointu. Mais cela ne signifie en rien que leur destin ne vaille pas un long métrage. La preuve avec Tom of Finland. Une biographie qui de plus nous parle d’une lutte pour l’égalité et la fierté qui dépasse largement le destin d’un seul homme.
Tom of Finland aurait pu s’appeler militant malgré lui. En effet, il nous raconte comment ce vétéran de l’armée finlandaise durant la seconde guerre mondiale a réussi à devenir une icône de la communauté gay mondiale, juste parce qu’il a cherché à publier ses dessins, d’un genre un peu particulier certes, mais qui ne restent que des dessins. Le film arrive parfaitement à nous montrer comment ce petit rien est devenu au final un immense message d’espoir et de liberté pour des milliers de personnes. La narration est assez brillante pour que tout paraisse naturel, sans être même de trop romancé.
Tom of Finland, l’homme, est devenu une symbole assez puissant pour permettre à un film finlandais qui ne soit pas d’Akiu Kaurismäki, d’être distribué en France, qui est assez rare pour être souligné. Mais Tom of Finland, le film, possède les qualités pour le mériter. La réalisation est sobre, mais arrive à créer de vraies ambiances qui en disent aussi long que les dialogues. De l’oppression à la libération, il nous montre toutes les étapes du dur chemin qui mène à l’émancipation. Enfin, la prestation de Pekka Strang permet au film de porter ce supplément d’émotion qui fait une vraie différence. Car au fond, ce film reste avant tout un film sur l’amour.
LA NOTE : 13,5/20
Fiche technique : Production : Helsinki Filmi Oy, Anagram, Fridthjof Film, Neutrinos productions, Film i Väst, Film and Music Entertainment Distribution : Rezo films Réalisation : Dome Karukoski Scénario : Aleksi Bardy Montage : Harri Ylönen Photo : Lass Frank Johannessen Décors : Christian Olander Musique : Lasse Enersen, Hildur Gudndottir Durée : 116 min
Casting : Pekka Strang : Touko, Tom of Finland Lauri Tilkanen : Veli, Nipa Jessica Grabowsky : Kaija Taito Oksanen : Alijoki Seumas Sargent : Doug Niklas Hogner : Kake Jakob Oftebro : Jack
Les bagnoles ont ceci de commun avec la boxe, que je les trouve terriblement vulgaires, voire abominables dans la vraie vie, mais je dois admettre qu’elle sont terriblement cinégéniques. Quoi de mieux qu’une bonne poursuite en voiture pour faire un bon film d’action. La preuve à nouveau avec Baby Driver, une des très bonnes surprises de l’été. Rien de très original dans l’absolu, mais une somme de petits décalages qui donne au final à ce film une vraie personnalité.
Chaque élément de Baby Driver pris individuellement reste du déjà-vu. Si le personnage principal n’est pas le plus commun qui soit, on lui a quand même connu des parents proches. La force de ce film est d’avoir réussi à rassembler non des idées nouvelles, mais des idées rares. Il évite donc tous les poncifs du genre pour donner un cocktail très réussi, entre action, romance et thriller. Le film passe aussi vite que son personnage principal conduit vite. Et ce n’est pas peu dire !
De plus, Baby Driver bénéficie d’une réalisation vraiment soignée. Edgar Wright nous avait déjà régalé avec Hot Fuzz ou le Dernier Pub avant la Fin du Monde, mais on avait retenu surtout l’humour lui aussi décalé. Il prouve qu’il peut être aussi à l’aise dans un registre un peu moins délirant. En tout cas, tous ses films ont en commun une réelle énergie particulièrement communicative. Il nous livre aussi une des meilleurs bande-originales de l’année, qui fait concurrence à celle des Gardiens de la Galaxie 2. Et là aussi, ce n’est pas peu dire !
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : Working Title Films, Big Talk Productions, Media Rights Capital Distribution : Sony Pictures Releasing France Réalisation : Edgar Wright Scénario : Edgar Wright Montage : Paul Machliss, Jonathan Amos Photo : Bill Pope Musique : Steven Price Durée : 117 min
Casting : Ansel Elgort : Baby Lily James : Debora Kevin Spacey : Doc Jamie Foxx : Bats Jon Hamm : Buddy Eiza González : Darling
Spider-man restera la franchise ayant connu pas moins de deux reboots en à peine 5 ans. On peut y voir un manque de créativité et d’imagination. Mais on peut aussi y voir une forme d’intelligence. Celle qui pousse à renoncer quand on a visiblement pris le mauvais chemin. Les deux films avec Andrew Garfield ont été des désastres complets et de vraies trahisons difficiles à pardonner pour un vrai fan. Une renaissance était donc bienvenue. Et quelle renaissance ! Spider-man : Homecoming est un petit bijou comme sait nous en offrir Marvel. Une modernisation du personnage tout en conservant à la lettre l’esprit du comics. Des reboots comme ça, on en redemande !
Marvel ne semble plus vouloir renoncer à sa formule magique. Ce mix jouissif de second degré et d’action. Spider-man : Homecoming est un nouvel modèle du genre. Sa nouvelle incarnation, entrevue avec beaucoup de plaisir dans Captain America : Civil War, tient tout ses promesses. Terriblement attachant, ce nouveau Peter Parker n’a rien à envier à celui incarné par Tobey McGuire. Le vrai tour de force est d’avoir réussi à nous livrer une vision vraiment différente de celle de Sam Raimi, tout en étant lui aussi fidèle à l’œuvre de Stan Lee et Jack Kirby. Comme quoi la fidélité peut prendre des chemins différents. Tom Holland est déjà dans le cœur des fans et on espère qu’il revêtira encore bien des fois le costume de l’homme araignée.
Spider-man : Homecoming est aussi un vrai film d’action, qui bénéficie de ce petit supplément de talent de réalisation qui font la différence. Ce ne sont souvent que de petits détails, mais ils traduisent un minimum de soin artistique apporté à ce film, au-delà de son succès marketing annoncé. Quelques petites notes du générique de la série des années 60 en ouverture jusqu’à un magnifique générique de fin (et oui, le générique fait aussi partie du film!), tout cela fait de ce film un gros gâteau avec beaucoup de cerises sur le dessus. Bref, Jon Watts n’est peut-être pas Sam Raimi, mais il n’est pas maladroit derrière sa caméra, beaucoup moins en tout cas que beaucoup de tâcherons à qui on confie parfois la réalisation de blockbusters. Mais Marvel Studios ne mange pas de ce pain là. Qu’il continue pour notre plus grand plaisir.
LA NOTE : 15/20
Fiche technique : Production : Columbia Pictures, Marvel Studios, Pascal Pictures Distribution : Sony Pictures Releasing France Réalisation : Jon Watts Scénario : Jonathan Goldstein, John Francis Daley, Jon Watts, Erik Sommers, Chris McKenna Montage : Debbie Berman, Dan Lebental Photo : Salvatore Totino Décors : Olivier Scholl Musique : Michael Giacchino Durée : 133 min
Casting : Tom Holland : Peter Parker, Spider-Man Michael Keaton : Adrian Toomes, Vulture Robert Downey Jr : Tony Stark, Iron Man Marisa Tomei : May Parker Jon Favreau : Happy Hogan Gwyneth Paltrow : Pepper Potts Zendaya Coleman : Michelle Jones, M.J. Laura Harrier : Liz Allen Toomes Donald Glover : Aaron Davis
En rédigeant cette critique, je suis fasse à un dilemme. En effet, j’ai eu la chance d’aller voir Une Femme Fantastique sans rien savoir de l’histoire. J’ai donc pleinement bénéficié de la grande surprise que le scénario nous offre dans les premières minutes et qui constitue au final le cœur de l’intrigue. Je ne pense pas que mes collègues prennent tous le soin de ménager ainsi l’effet cherché par le réalisateur. En effet, il devient tout de suite plus difficile de commenter ce film en passant son élément principal en silence. Mais ne reculant pas devant la difficulté, je vais m’y efforcer. On saluera cependant l’excellent résumé du dossier de presse, que vous retrouvez sur la plupart des sites qui décrivent le synopsis des films qui ne dévoile rien.
Cela n’étonnera personne si je dis qu’avec un titre pareil, Une Femme Fantastique reste avant tout un film portrait. Le portrait d’une femme dont ne peut pas parler, mais qui vaut bien un film, je peux vous l’assurer. De par elle-même d’abord, mais aussi par les épreuves qu’elle va traverser et l’amener à affronter le regard et le jugement des autres. Ce genre de schéma est assez classique, mais ce film le suit avec une intelligence, une subtilité et une humanité remarquables. Emouvant et parfois drôle, ce film pousse aussi le spectateur à la réflexion sans être une seule seconde contemplatif. Il est assez rare de voir tout cela dans un seul film pour le signaler.
Une Femme Fantastique bénéficie de plus de la réalisation élégante de Sebastian Lelio. Quelques vraies touches de créativités viennent ponctuer une mise en scène toujours au service de l’histoire et surtout des comédiens. Au premier rang desquels figure Daniela Vega qui occupera une bonne place dans les palmarès de l’année pour cette performance aussi fantastique que la femme qu’elle incarne. Sans cela, le film n’aurait jamais pu être convaincant, touchant et attachant. En un mot, réussi !
LA NOTE : 13,5/20
Fiche technique : Production : Fabula Productions, Setembro Cine, ZDF Distribution : Ad vitam Réalisation : Sebastián Lelio Scénario : Sebastián Lelio, Gonzalo Maza Montage : Soledad Salfate Photo : Benjamin Echazarreta Musique : Matthew Herbert Durée : 104 min
Casting : Daniela Vega : Marina Vidal Francisco Reyes : Orlando Luis Gnecco : Gabo Aline Küppenheim : Sonia
Après les franchises qui en sont tout de même au 5ème épisode, en voilà une beaucoup plus modeste, Moi. Moche et Méchant puisqu’elle n’en est qu’à son troisième volet… Bon certes, si on compte aussi le spin-off sur les Minions, cela fait déjà quatre longs métrages consacrés à cet univers et cela commence à faire beaucoup. Le troisième est toujours assez délicat. La saga est alors trop récente pour être totalement réinventée, mais trop récente aussi pour se dire qu’il faut en revenir à ce qui a fait le succès du premier. D’un autre côté, le filon des bonnes idées originales s’épuise quelque peu. Donc le troisième épisode est souvent décevant… et c’est encore une fois le cas.
Moi, Moche et Méchant 3 souffre d’un mauvais équilibre entre les aventures de Gru proprement dites et les mésaventures des Minions. En effet, c’est toujours ce mélange d’aventures comiques et de pur cartoon qui a fait la réussite des deux premiers épisodes. Comme pour Scrat dans L’Age de Glace, le surplus de comique premier degré terriblement efficace et attachant des Minions représente la cerise qui donne une vraie saveur supplémentaire au gâteau. Mais ici, ils sont beaucoup plus en retrait que d’habitude et du coup on est privé de notre dose habituel de fous rires irrésistibles.
Reste donc principalement les aventures de Gru, de son frère jumeau qui fait son apparition et de Lucile. Et ici, rien de très enthousiasmant. Quelques idées de départ sont pourtant plus sympathiques comme ce méchants fans des années 80 qui multiplie des clins d’œil que les grands nostalgiques de ma génération seront heureux de saisir au vol. Mais au-delà de ça, Moi, Moche et Méchant 3 manque de quelques moments de bravoure vraiment marquants. Les bandes-annonces nous ont déjà livré les rares éclairs de génie du film, il ne reste donc plus grand chose à se mettre sous la dent le jour J. Bref, un épisode qui sonne comme un coup de mou pour la franchise. Mais on n’est jamais à l’abri d’un redémarrage en fanfare.
LA NOTE : 11/20
Fiche technique : Production : Illumination Entertainment, Universal Pictures Distribution : Universal Pictures International France Réalisation : Kyle Balda, Pierre Coffin, Eric Guillon Scénario : Cinco Paul, Ken Daurio Montage : Claire Dodgson Décors : Edwin Rhemrev Musique : Heitor Pereira, Pharrell Williams Effets spéciaux : Simon Popot Durée : 90 min
Casting : Steve Carell : Gru, Dru Kristen Wiig : Lucy Trey Parker : Balthazar Bratt Pierre Coffin : les Minions Steve Coogan : Fritz, Silas Ramsbottom Julie Andrews : la mère de Gru et de Dru
Policiers, soldats et miliaires peuplent les écrans de cinéma du monde entier de manière récurrente. Par contre, les pompiers ne font que des apparitions fugaces et rares sont les longs métrages qui leur sont intégralement consacrés. Les Hommes du Feu tente de réparer cet oubli fâcheux. Un film hommage, on peut même dire hagiographique. Cette profession le valait bien. Mais valait peut-être mieux que ce cri d’amour un peu naïf.
Les Hommes du Feu ressemble fortement à une compilation de toutes les situations où les pompiers interviennent. On n’échappe à rien. Le feu bien sûr, mais aussi les moments où ils remplacent le SAMU ou la police. Même le caillassage par les jeunes de banlieue prend sa place dans le scénario. Tout cela a quelque chose d’un peu artificiel, s’apparente presque à un clip promotionnel. A chaque fois, la caméra de Pierre Jollivet est toujours admirative, voire carrément énamouré. Une admiration partagée par le spectateur, mais qui prend vie sans aucune subtilité.
Le vrai soucis est que tout cela vient en support d’une histoire décevante qui démarre porutant plutôt bien. Cela tourne parfois au cliché (mention spéciale au pompier macho), mais cela donne un peu de corps au scénario. Malheureusement, tout se termine dans une mièvrerie absolue (nouvelle mention spéciale au pompier macho) où tout le monde est finalement quelqu’un de formidable. Au final, malgré toute l’affection que l’on porte aux personnages de Les Hommes du Feu, on est légèrement écœuré par tant de bons sentiments.
LA NOTE : 10/20
Fiche technique : Production : 2.4.7. films, Studiocanal, France 3 Cinéma Distribution : Studiocanal Réalisation : Pierre Jolivet Scénario : Pierre Jolivet, Marcia Romano Photo : Jérôme Alméras Décors : Emile Ghigo Durée : 90 min
Casting : Roschdy Zem : Philippe Emilie Dequenne : Bénédicte Michaël Abiteboul : Xavier Guillaume Labbé : Martial Grégoire Isvarine : Thomas Guillaume Douat : Jules Brian Messina : Sébastien Antoine Raffali : Henri
Si le concept du zombie trouve ses racines dans la culture populaire haïtienne, il n’est entré dans l’imaginaire collectif mondial qu’assez récemment, beaucoup plus en tout cas que le fantôme ou le vampire. Il connaît même un regain d’intérêt ces dernières années dans la foulée de la série The Walking Dead. A chaque fois, on se dit qu’il n’est plus possible de renouveler le genre et que l’on va forcément sombrer dans le déjà vu. Il n’en est rien, car l’imagination humaine est sans limite. La preuve avec The Last Girl : Celle qui a Tous les Dons. Un film doté d’une certaine ambition scénaristique même s’il ne concrétise malheureusement pas tout son potentiel.
The Last Girl : Celle qui Tous les Dons fait partie de ces films qui exige du spectateur de voir un peu au-delà du premier degré de lecture. Si on s’arrête à l’enchaînement des péripéties, il est vrai que le film peut paraître assez basique. Il introduit quelques concepts originaux, mais les exploite finalement avec un certaine timidité. Il faut être assez attentif et vraiment entrer dans le film pour en saisir toute la subtilité. Du coup, le scénario échoue notamment à donner toute sa force à un dénouement qui aurait pu vraiment être réellement mémorable.
Les références nombreuses aux mythes grecs constituent un bon exemple. Ils sont cités, on peut voir facilement le parallèle si on les connaît assez bien par ailleurs, mais certains spectateurs auront plus de mal à saisir le sens supplémentaire que les scénaristes ont cherché à donner à l’histoire à travers ses parallèles. The Last Girl : Celles qui a Tous les Dons aurait vraiment pu revêtir une dimension supplémentaire avec une surcroît d’ambition et un propos plus explicite. Le résultat n’en demeure pas moins réussi, assez intéressant, mais pas aussi passionnant qu’il aurait pu, qu’il aurait du. Dommage.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Poison chef, BFI, Altitude film, Creative England Distribution : La Belle Company Réalisation : Colm McCarthy Scénario : M. R. Carey, d’après son roman Celle qui a tous les dons (The Girl with All the Gifts) Montage : Matthew Cannings Photo : Simon Dennis Décors : Kristian Milsted Musique : Cristobal Tapia de Veer Durée : 111 min
Casting : Dominique Tipper : Devani Anamaria Marinca : Dr. Selkirk Paddy Considine : Eddie Parks Glenn Close : Dr. Caroline Caldwell Gemma Arterton : Helen Justineau Sennia Nanua : Melanie
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