Le monde est parfois divisé en deux camps que certains considèrent comme irréconciliables. Coca contre Pepsi. Les Beatles contre les Rolling Stones. Fromage contre dessert. Star Wars contre Star Trek. Marvel contre DC. Pour ce dernier duel, la bataille a eu lieu pendant plusieurs décennies dans les rayons des marchants de bande-dessinées. Désormais, cette guerre sans merci se poursuit au cinéma. Mais sur ce terrain, le premier a pris un large ascendant. Pour nouvelle preuve, Wonder Woman, une production DC qui souffre de trop de tares pour redonner l’avantage à son camp.
Pas où commencer pour citer tout ce qui ne va pas chez Wonder Woman. Commençons par le plus impardonnable. Certains effets spéciaux sont vraiment médiocres, nous ramenant au mieux dans les années 90. Mais l’œil du spectateur de 2017, surtout l’amateur de ce genre de productions, ne peut plus passer outre. Surtout que ce n’est pas le scénario qui viendra lui faire oublier cette médiocrité visuelle. On ne s’ennuie pas certes, mais le résultat est sans surprise… Surtout que le principal retournement de situation est totalement prévisible. Les méchants sont surtout bien trop fades pour donner de l’ampleur à ce film de super-héros, genre qui nécessite souvent avant tout de grands super-vilains.
Le pire reste cependant le choix de DC d’écarter tout second degré et rester désespérément sérieux. Ainsi, il projette la Reine des Amazones en jupette au XXème siècle sans la moindre dérision. Cette prétention désespérante fait que l’on ne voit aucune raison d’être clément vis-à-vis des défauts cités plus haut. Allons plutôt revoir les Gardiens de la Galaxie 2. Le seul élément qui sauverait presque le film se nomme Gal Gadot. Elle est tout d’abord incroyablement, mais alors incroyablement belle, mais pas que. Il se dégage d’elle et de son regard quelque chose de rare. Elle parvient ainsi à nous faire croire à son personnage, malgré le ridicule qui lui pend au nez. On attend avec impatience qu’elle laisse tomber la jupette (et la série Fast and Furious) pour des rôles plus valorisants !
LA NOTE : 8/20
Fiche technique :
Réalisation : Patty Jenkins
Scénario : Allan Heinberg et Geoff Johns, d’après une histoire d’Allan Heinberg et Zack Snyder, d’après les personnages créés par William Moulton Marston
Direction artistique : Steve Carter, Stuart Kearns, Dominic Masters et Remo Tozzi
Décors : Aline Bonetto
Costumes : Lindy Hemming
Photographie : Matthew Jensen
Montage : Martin Walsh
Musique : Rupert Gregson-Williams
Production : Charles Roven, Deborah Snyder, Zack Snyder et Richard Suckle
Durée : 141 minutes
Casting :
Gal Gadot : Diana Prince / Wonder Woman
Chris Pine : Steve Trevor
Robin Wright : la générale Antiope
Connie Nielsen : la reine Hippolyte
Danny Huston : le général Erich Ludendorff
David Thewlis : Sir Patrick Morgan
Elena Anaya : Isabel « Dr Poison » Maru
Lucy Davis : Etta Candy
Saïd Taghmaoui : Sameer
Ewen Bremner : Charlie
Eugene Brave Rock : Chef
Lisa Loven Kongsli : la lieutenante Menalippe

Ce qui Nous Lie reste au final un film de personnages, auxquels on parvient malgré tout à s’attacher, et axé sur les rapports familiaux. Il ne naît pas de passion dévorante pour eux, mais assez de tendresse pour arriver à traverser le film sans trop s’ennuyer. Cela tient d’ailleurs plus aux charmes du trio de comédiens que de la profondeur de leurs personnages respectifs. Ils tiennent le film sur leurs épaules, avec tout de même un joli décor de fond qui donne envie d’aller faire le tour des caves en Bourgogne ! Au final, la carte postale est belle, mais le film est moins réussi.
Valérie Lemercier se contente de l’essentiel avec Marie-Francine. Elle laisse les comédiens gentiment cabotiner dans l’enthousiasme et la bonne humeur. Ca manque de maîtrise parfois, c’est dénué de toute ambition artistique, mais cela a l’immense mérite de ne pas se prendre une seule seconde au sérieux. Elle livre le film qu’elle avait envie de faire, pas plus, pas moins. Qu’on s’identifie ou non aux personnages, il n’est pas besoin de beaucoup d’effort pour leur trouver le charme nécessaire à croire à cette jolie histoire.
Au final, on prend donc Suntan pour ce qu’il est. Un film plutôt bien réalisé, avec un vrai travail de mise en scène imaginative et maîtrisée. Certains plans et angles de caméra ajoute une petite touche artistique discrète mais qui apporte un vrai plus. Au-delà de ça, l’histoire est donc inégale et ne convainc au final qu’à moitié, malgré des comédiens excellents. On en ressort tout de même satisfait d’avoir vu un film qui sort un peu de l’ordinaire et change des produits formatés qui peuplent nos grands écrans.
C’est d’autant plus dommage que le casting de Conspiracy est de tout premier ordre. Si j’ai une tendresse particulière pour Noomi Rapace, force est d’admettre qu’elle ne tient pas ici son rôle le plus marquant. Pourtant, être accompagné à l’écran par deux monstres sacrés, tels que Michael Douglas et John Malkovich aurait laissé espérer un rôle plus intéressant. Quant à Orlando Bloom… il reste Orlando Bloom, c’est à dire ni bon, ni mauvais. Un peu comme ce film en fait, qui fera peut-être plaisir au aficionados de ce genre d’histoire, mais qui n’a franchement rien d’indispensable.
Cette platitude se retrouve dans le jeu de Vincent Lindon, quelque peu apathique derrière sa grosse barbe. Il livre le strict minimum de son talent, ce qui n’est pas rien, mais tout de même insuffisant. Mais Higelin met beaucoup plus de cœur mais elle se heurte à ses propres limites. Je veux bien l’épouser néanmoins, qu’elle soit rassurée à ce sujet ! Au final, le plus grand mérite de Rodin est de nous donner envie de visiter le musée du même nom.
Tout cela est d’autant plus regrettable que l’Amant Double offre une double performance d’acteur remarquable. Marine Vacth est définitivement installée dans le paysage du cinéma français. Le rôle était difficile et exigeant, comme tous ceux aussi sexuellement chargés, mais elle s’en sort avec brio. Et que dire de Jérémie Renier et sa double performance. Il confirme son étonnant talent qui arrive à incarner des personnages si différents, à les rendre aussi convaincant, avec un physique pourtant plutôt passe-partout. Mais malgré tout cela, même si on aimerait y croire pour apprécier tout ce déluge de talent à sa juste valeur, ce film n’en demeure pas moins un vrai raté.
Amèrement déçu aussi parce que je reconnais à Arnaud Desplechin un vrai talent de cinéaste dans la manière dont il filme ses acteurs. Ses plans serrés nous plonge dans l’intimité des personnages, la profondeur de leurs sentiments et souvent de leurs tourments. Mais si cela fonctionne pendant une moitié du film, grâce à un duo formé par Charlotte Gainsbourg et Marion Cotillard absolument magnifique, cela devient ensuite pénible, comme une proximité imposée avec des protagonistes pour lesquels on a perdu tout attachement. Bref, les Fantômes d’Ismaël est un film qui explose littéralement en vol et qui ne va pas me réconcilier avec Arnaud Desplechin.
Une Famille Heureuse bénéficie de plus d’une réalisation qui peut rebuter également. Beaucoup de plans fixes, une caméra très immobile, tout cela donne un certain style à ce film. Mais on peut dire qu’il s’assimile à celui d’un vieux téléfilm de FR3 si on est mauvaise langue, ou y voir une sorte de génie épuré si on est nettement plus conciliant. En tout cas, la forme ne corrige pas les défauts du fond et ne permet pas au spectateur de sortir de la torpeur dans lequel le film l’a plongé.
Outsider se laisse regarder avec un plaisir réel, notamment grâce à la très belle performance et le charisme saisissant de Liev Schreiber. Il arrive à faire preuve de ce dernier tout en campant un personnage de loser tout à fait convaincant, au prix d’un subtil équilibre. Naomi Watts et Elisabeth Moss l’accompagnent avec tout leur talent pour un casting au final très brillant et qui tire vraiment le film vers le haut. C’est avant tout pour lui que l’on rangera ce film avec tous ceux qu’on aurait pu ne pas voir sans regret, mais qu’on a fini par voir sans regret non plus.
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