LA COLERE D’UN HOMME PATIENT : Froide Vengeance

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lacoleredunhommepatientafficheLa vengeance est un moteur puissant du comportement humain. Il peut amener un individu à commettre des actes dont nul ne l’aurait imaginé capable dans d’autres circonstances. Qu’elle soit au centre de beaucoup de scénarios n’a donc rien d’étonnant. Il est également connu qu’il s’agit d’un plat qui se mange froid. Il n’y a donc rien d’étonnant non plus de voir arriver sur nos écrans un film intitulé la Colère d’un Homme Patient… bon ok, ça parle de colère, non de vengeance, mais ceux qui auront vu le film savent qu’ils sont ici synonymes. Mais à force de ne pas être étonnant, ce film manque singulièrement de surprise.

La Colère d’un Homme Patient est un film cependant parfaitement maîtrisé. Dans sa narration d’abord, avec les éléments de l’histoire qui se mettent peu à peu en place, comme un puzzle, où chaque pièce se dévoile habilement une à une. La réalisation est elle-aussi impeccable. Elle sait souligner les ambiances très différents d’une scène à l’autre, tout en gardant une grande unité. Elle sait surtout mettre parfaitement en valeur l’interprétation des acteurs, en particulier Antonio de la Torre qui incarne réellement son personnage avec force et conviction.

lacoleredunhommepatientSi sur la forme la Colère d’un Homme Patient mérite sans doute son Goya du meilleur film, ce qui est tout de même remarquable pour un premier film, l’histoire qu’il raconte ressemble trop à beaucoup d’autres pour être vraiment bouleversé ou enthousiasmé. Le film traite un sujet classique parmi les classiques depuis les premières tragédies grecques. Il échoue à trouver le petit élément qui amènera un regard nouveau ou surprenant. Du coup, cela donne à ce film un caractère très académique et attendu, qui laisse le spectateur assez froid. Si c’est à cette température que se consomme la vengeance, pour un long métrage, on aurait aimé un peu plus de chaleur.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Réalisation : Raúl Arévalo
Scénario : Raúl Arévalo, David Pulido
Direction artistique : Serafín González
Décors : Antón Laguna
Costumes : Cristina Rodriguez, Alberto Valcárcel
Son : Tamara Arévalo3
Photographie : Arnau Valls Colomer
Montage : Ángel Hernández Zoido
Musique : Lucio Godoy, Vanessa Garde2
Production : Beatriz Bodegas (productrice, productrice déléguée), Sergio Díaz (producteur exécutif)
Durée : 92 minutes

Casting :
Antonio de la Torre : José
Luis Callejo : Curro
Ruth Díaz : Ana
Raúl Jiménez : Juanjo
Pilar Gómez : Pili
Berta Hernández : la fiancée de José
Manolo Solo : Triana
Font García : Julio
Alicia Rubio : Carmen

AURORE : 50 ans et pas toutes ses dents

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auroreafficheSi la vie nous offre pas mal de choses sympathiques, comme les côtes de bœuf, les bons films et les orgasmes, elles nous réservent aussi bien des raisons de se renfrogner. Vieillir en fait incontestablement partie, combien même on essaye de positiver en parlant d’expérience et de maturité. Visiblement, cela touche plus particulièrement les cadres féminins du cinéma français. En attendant le film de Valérie Lemercier sur le même sujet, voici Aurore où Agnès Jaoui incarne un personnage en pleine crise de la cinquantaine. Un résultat agréable, mais pas indispensable.

Aurore navigue entre humour et un ton un peu plus grave, voire même assez pessimiste. En effet, pendant une bonne partie du film, on se dit vraiment qu’avoir cinquante ans est proche de l’apocalypse, une sorte de mort avant l’heure. Heureusement, la fin du film tente de rééquilibrer un peu le propos, mais sans tout effacer. Du coup, on est loin du feel good movie auquel on pouvait s’attendre. Certes, Blandine Lenoir est tout à fait en droit de nous livrer un point de vue nuancé, mais cela crée un décalage entre le propos et la forme, qui cherche quand même clairement à faire rire. Cela crée comme un flottement, un décalage, qui amène le spectateur à se demander si l’histoire sait vraiment où elle veut nous emmener.

auroreAurore repose énormément sur les épaules d’Agnès Jaoui. Des épaules larges et solides certes, mais le film souffre du coup de seconds rôles au final assez transparents. Les fans de l’actrice seront ravis, les autres n’auront pas non plus à se plaindre. Elle incarne son personnage avec son talent habituel, ce qui n’est pas peu dire. C’est grâce à elle que le spectacle reste assez plaisant pour ne pas donner trop de regret au spectateur. Cependant, on est quand même typiquement devant un film qui supportera très bien d’être vu à la télé, un soir de pluie, sans avoir à se saigner les veines pour se payer une place de cinéma. Quant aux boulimiques porteur de carte d’abonnement comme moi, ils n’ont de toute façon jamais de regret quand ils se rendent dans une salle obscure !

LA NOTE : 11,5/20

Fiche technique :
Production : Karé productions, France 3 cinéma
Distribution : Diaphana
Réalisation : Blandine Lenoir
Scénario : Blandine Lenoir, Jean-Luc Gaget, Océane Rose Marie
Montage : Stéphanie Araud
Photo : Pierre Milon
Décors : Eric Bourges
Musique : Bertrand Belin
Durée : 89 min

Casting :
Agnès Jaoui : Aurore
Thibault de Montalembert : Totoche
Pascale Arbillot : Mano
Sarah Suco : Marina
Lou Roy Lecollinet : Lucie
Philippe Rebbot : l ex mari
Laure Calamy : l agente de Pole emploi

LIFE – ORIGINE INCONNUE : Copier-coller

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lifeafficheOn le sait depuis l’école, ce n’est pas bien de copier sur son voisin. En termes d’art, la copie s’appelle aussi l’inspiration ou l’influence. Au final, on utilise le terme que l’on voudra, mais il est évidemment que Life – Origine Inconnue est intimement lié à Alien. Un huit-clos spatial avec une créature extraterrestre particulièrement coriace qui essaye de tuer tous les occupants pour survivre. Avouez qu’il est difficile de ne pas voir la parenté entre les deux. Ce film prouve encore une fois que l’original est souvent bien meilleur que la copie.

Il est presque injuste de comparer Alien et Life – Origine Inconnue, tant les deux films ne jouent pas dans la même catégorie. Celui qui nous intéresse aujourd’hui est un film relativement mineur, pas une série B, mais pas loin. Les moyens visuels sont là, le casting est plutôt brillant, mais rien qui permette de surmonter le manque d’originalité du scénario pour rendre ce film inoubliable. La réalisation est efficace mais sans relief, n’est pas Ridley Scott qui veut. Bref, rien pour vraiment s’enthousiasmer et trouver un intérêt profond à ce film.

lifeAucun intérêt, si ce n’est tout de même le pur divertissement. C’est ce qu’est au fond Life – Origine Inconnue. Un spectacle déjà vu, mais qui fonctionne encore assez pour nous préserver de l’ennui. Il ne réserve pas de réelles surprises. Le spectateur est tout de même curieux du comment le film va nous emmener vers ce à quoi on s’attend. Et si le film essaye de nous réserve maladroitement un rebondissement final (que l’on voit venir assez facilement), on lui pardonne, on le remercie pour le bon moment et on l’oublie assez en sortant de la salle. Parfois, ce n’est pas plus mal.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Production : Columbia Pictures, Skydance Media, Sony Pictures Entertainment
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Daniel Espinosa
Scénario : Rhett Reese, Paul Wernick
Montage : Mary Jo Markey, Frances Parker
Photo : Seamus McGarvey
Décors : Nigel Phelps
Musique : Jon Ekstrand
Directeur artistique : Steven Lawrence
Durée : 104 min

Casting :
Jake Gyllenhaal : David Jordan
Rebecca Ferguson : Miranda North
Ryan Reynolds : Rory Adams
Hiroyuki Sanada : Sho Murakami
Olga Dihovichnaya : Ekaterina Golovkina
Ariyon Bakare : Hugh Derry

CESSEZ-LE-FEU : Vive la paix !

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cessezlefeuafficheEntre Trump, Poutine, Assad et Kim, notre époque nous donne envie de parler avant tout de paix. Un Français de ma génération ignore ce qu’est la guerre et n’a jamais craint d’en vivre une. Et c’est une chance que peu d’hommes ont eu dans l’histoire de l’humanité. Il suffit d’aller voir Cessez-le-Feu pour s’en rendre compte. Un film qui nous emmène dans les années 20 et nous raconte l’impossible retour à la réalité quand on a connu l’horreur absolue des tranchées.

Le traumatisme lié à la guerre est un sujet classique du cinéma. Mais avant tout une cinéma hollywoodien qui a souvent traité la question à propos de la guerre du Vietnam et plus récemment à propos de la guerre en Irak. En France, il a rarement été au cœur des scénarios pourtant nombreux ayant trait à la Première ou la Deuxième Guerre Mondiale. Du coup, le propos de Cessez-le-Feu a au moins le mérite d’explorer de sortir le cinéma français de sa zone de confort, ce qui est suffisamment pour être signalé. Cela restera le grand mérite de ce film qui est loin d’être parfait par ailleurs.

cessezlefeuCessez-le-Feu souffre de quelques longueurs et surtout d’une fin que j’ai trouvé un peu trop mélodramatique, quand le reste de film avait brillé plutôt par sa subtilité. On le suit avec un intérêt certain, mais un intérêt raisonnable et pas aussi émotionnel que ce qu’aurait pu faire espérer le sujet. Au final, on est plus intéressé qu’ému. Ce n’est pas une raison pour ne pas saluer la triple performance de Romain Duris, de Céline Salette et Grégory Gadebois. Ils incarnent leurs personnage respectif avec force et conviction. En tout cas, ils auront eu l’immense mérite à travers ce film de nous rappeler la valeur de la paix.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Emmanuel Courcol
Scénario : Emmanuel Courcol
Direction artistique : Mathieu Menut
Costumes : Stephan Rollot et Édith Vesperini
Photographie : Tom Stern et Yann Maritaud
Son : Pascal Armant et Sébastien Marquilly
Montage : Guerric Catala et Géraldine Rétif
Musique : Jérôme Lemonnier
Production : Christophe Mazodier ; Céline Chapdaniel
Durée : 103 minutes

Casting :
Romain Duris : Georges Laffont
Grégory Gadebois : Marcel
Céline Sallette : Hélène
Maryvonne Schiltz : Louise
Wabinlé Nabié : Diofo
Julie-Marie Parmentier : Madeleine
Arnaud Dupont : Philippe
Yvon Martin : Fabrice
Armand Éloi : Debaecker
Fabrice Eberhard : Lavandier
Mathilde Courcol-Rozès : Angèle

L’HOMME AUX MILLE VISAGES : Arnaque d’Etat

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lhommeauxmillevisagesafficheL’arnaque constitue un bon sujet de film, au point de donner son nom à un des films les plus mythiques de l’histoire du 7ème art. Les ressorts sont connus, à la limite de l’usure, mais bien huilé ils peuvent encore permettre à un scénariste de rebondir pour nous offrir un scénario qui tient vraiment la route. D’autant plus quand celui-ci est basé sur des faits réels qui nous font découvrir une incroyable histoire, révélatrice du fonctionnement parfois étrange du monde de l’espionnage, qui ne ressemble guère en réalité à l’image qu’en donnent les James Bond. L’Homme aux Mille Visages nous plonge dans un des plus incroyables scandales politico-financiers de l’histoire de l’Espagne.

L’Homme aux Mille Visages a certainement eu un retentissement bien plus important de l’autre côté des Pyrénées. En effet, on imagine bien que connaître les ressorts d’une affaire ayant fait grand bruit et ayant fait tomber un gouvernement a du aiguiser la curiosité des Espagnols. Vu d’ici, il est vrai que l’on retient surtout le plaisir de l’intrigue pour l’intrigue. Le film aurait pu être une pure fiction, on aurait pu l’apprécier tout autant, même si on aurait peut-être été tenté de dire que tout cela était trop gros pour être crédible. Mais qui a dit que jamais la réalité ne dépassait la fiction ?

lhommeauxmillevisagesL’Homme aux Mille Visages est un film parfaitement maîtrisé, qui déroule une narration portée par une réalisation sobre et des acteurs talentueux et impliqués. Cependant, sans cette dimension affective, il ne déchaîne pas d’enthousiasme outre mesure. On a déjà eu l’occasion de voir des histoires assez proches sur grand écran, avec parfois plus d’audace et de rebondissements prenant au dépourvu le spectateur. Sans doute pour vraiment coller à la réalité des faits, le récit est au final assez linéaire et les quelques révélations de fin sur le « comment » ne n’en sont pas vraiment. Enfin, pas de quoi crier à l’arnaque cependant.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : Atresmedia Cine, Atipica dilms, Canal sur Television, El Espia de las mil caras, Sacromonte films, Zeta Audiovisual
Distribution : Ad Vitam distribution
Réalisation : Alberto Rodriguez
Scénario : Rafael Cobos Lopez, Alberto Rodriguez, d’après le livre de Manuel Cerdan Alenda
Montage : José M.G. Moyano
Photo : Alex Catalan
Musique : Julio de la Rosa
Directeur artistique : Pepe Dominguez Del Olmo
Durée : 122 min

Casting :
Eduard Fernandez : Francisco Paesa
Jose Coronado : Jesus Camoes
Marta Etura Luis : Nieves
Carlos Santos : Roldan
Enric Benavent : Casturelli
Alba Galocha : Beatriz
Philippe Rebbot : Pinaud
Pedro Casablanc : Abogado

A VOIX HAUTE – LA FORCE DE LA PAROLE : La Force est avec le 93

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avoixhauteafficheEn ces jours où il y a de quoi désespérer sur l’état de notre société, un peu d’espoir est le bienvenu. A Voix Haute – la Force de la Parole est donc particulièrement bienvenu. Un film sans message politique, mais qui nous rappelle qu’il y a du talent et de l’intelligence partout, si on veut bien lui prêter attention et lui donner la chance de s’exprimer. Un concours d’éloquence en Seine-St-Denis ne semblait pas forcément un sujet qui puisse justifier un long métrage documentaire. Et pourtant, il nous offre un excellent film du genre.

J’ai vu ce film juste après La Jeune Fille et son Aigle et il est amusant de faire le parallèle entre les deux. Bon surtout parce que j’adore les comparaisons, mais passons. Ce dernier nous raconte une histoire extraordinaire au travers d’une réalisation indigente. Le sujet de A Voix Haute – la Force de la Parole est beaucoup plus proche de nous, beaucoup moins exotique, mais Stéphane de Freitas parvient à le rendre incroyablement passionnant par la manière dont il le traite. Le travail de montage est absolument remarquable et met incroyablement bien en valeur ces jeunes gens qui eux méritent bien le qualificatif d’extraordinaires.

avoixhauteLe destin de A Voix Haute – la Force de la Parole est à l’image de celui de ceux et celles qu’il nous fait découvrir. Rien n’était gagné d’avance, mais le talent est finalement récompensé. D’abord, diffusé sur Youtube, puis sur France 2, il a donc finalement été diffusé sur grand écran dans une version rallongé. Et c’est tant mieux tant on ressort de ce film enthousiasmé à la fois par le film et par les qualités remarquables de ses protagonistes. Bien sûr, tout le monde n’a pas le droit à un tel destin, aussi talentueux soit-il. Mais il est bon parfois de parler du positif ! Il fait tant de bien !

LA NOTE : 14/20

Réalisation : Stéphane de Freitas
Co-réalisation: Ladj Ly
Scénario : Stéphane de Freitas
Producteurs : Anna Tordjman, Harry Tordjman
Société de production : My Box Productions
Société de distribution : Mars Films
Musique : Superpoze
Photographie : Ladj Ly, Timothée Hilst
Son : Henri D’Armancourt
Montage : Jessica Menéndez avec Pierre Herbourg

GHOST IN THE SHELL : Génie out

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ghostintheshellafficheJe ne sais pas vraiment si Dieu existe, par contre ma vie est peuplée de quelques divinités auquel je voue un culte avec une foi absolue : George Lucas, Freddy Mercury, Stephen King et Masamune Shirow. Vous imaginez bien que c’est avec une impatience fébrile que j’ai attendu la sortie au cinéma de l’adaptation « live » de Ghost In The Shell, chef d’œuvre absolu de la culture manga. Et comme j’ai quand même un gros faible personnel pour Scarlett Johansson, l’attente fut d’autant plus emplie d’espoir et d’envie. Mais au final, je suis quand même resté un peu sur ma faim.

Ghost In The Shell réussit pourtant le plus difficile. Retranscrire un univers graphique aussi complexe et reconnaissable que celui de Masamune Shirow. Les décors, les costumes, les effets spéciaux sont superbes et totalement respectueux de l’œuvre originale. Les plans larges sur la ville notamment sont réellement sublimes. Le pari est donc pleinement réussi de ce côté là, alors que c’était loin d’être gagné d’avance. J’avoue en avoir pris plein les yeux et rien que pour cela, ne regrette pas une seule seconde de l’avoir vu.

ghostintheshellPar contre, Ghost In The Shell pêche par la fadeur de son scénario. Non qu’il soit infidèle à l’histoire imaginée par Masamune Shirow, mais il l’édulcore tellement qu’on se demande bien comment elle peut être l’objet d’un tel culte. Toute la richesse mystique, la complexité, l’ésotérisme qui la caractérisaient ont disparu au profit d’une histoire linéaire et limpide. Cela reste un scénario de science-fiction solide, mais sans génie. Indigne en tout cas du génie de celui qui en est à l’origine. Mais passer par le filtre hollywoodien, ce dernier s’est dilué. Et on se dit au final qu’on ferait mieux avant tout de relire le manga.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : Arad productions, DreamWorks, Grosvenor Park Productions, Paramount pictures, Reliance Entertainment, Seaside
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Rupert Sanders
Scénario : Jamie Moss, William Wheeler, d’après les mangas de Masamune Shirow
Montage : Billy Rich, Neil Smith
Photo : Jess Hall
Décors : Jan Roelfs
Musique : Lorne Balfe, Clint Mansell
Effets spéciaux : Weta Workshop, Atomic Fiction
Costumes : Kurt and Bart
Durée : 106 min

Casting :
Scarlett Johansson : Major
Pilou Asbæk : Batou
Takeshi Kitano : Aramaki
Juliette Binoche : Dr. Ouelet
Michael Pitt : Kuze
Chin Han : Han
Danusia Samal : Ladriya
Peter Ferdinando : Cutter
Lasarus Ratuere : Ishikawa

LA JEUNE FILLE ET SON AIGLE : Aishol-pan méritait mieux

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lajeunefilleetsonaigleafficheLes moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, mais beaucoup de gens de ma génération ont connu les longues soirées diapositives. Des paysages parfois très beaux mais photographiés sans talent. Et ce pendant des heures… Si jamais vous avez la moindre nostalgie de ces soirées chez Tata Jacqueline, vous pouvez aller voir la Jeune Fille et Son Aigle. Pour les autres, rassurez-vous, l’histoire racontée est infiniment plus passionnante que les vacances de votre Tata Jacqueline !

Lorsque que j’ai vu pour la première fois la bande-annonce de la Jeune Fille et Son Aigle, je n’ai pas immédiatement compris qu’il s’agissait réellement d’un long métrage voué à une exploitation sur grand écran. En effet, j’ai rarement vu une réalisation aussi indigente. Elle fait passer celle des documentaires du samedi après-midi du temps d’Animalia pour du Kubrick. Les paysages absolument sublimes sont à l’étroit dans ces images qui semblent venir d’un autre temps. Mais c’est surtout l’histoire qu’elles racontent qui méritaient infiniment plus d’espace.

lajeunefilleetsonaigleL’histoire d’Aishol-pan fait partie de celles qui valent bien un film. Cette jeune Kazakh n’a rien à envier à bien des super-héros bodybuildés. Avec son sourire et ses yeux d’enfants, elle provoque surtout une sympathie et un attachement plus sincère et plus profond que bien d’entre eux. Et n’oublions pas son sublime oiseau, majestueux et captivant. La Jeune Fille et Son Aigle porte donc bien son nom. Il nous offre une rencontre rare et inoubliable. Mal filmé certes, mais rare et inoubliable quand même.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : 19340 productions, Sony Pictures Classics
Distribution : ARP Selection
Réalisation : Otto Bell
Montage : Pierre Takal
Photo : Simon Niblett
Musique : Sia
Durée : 84 min

Casting :
Daisy Ridley : Narratrice

THE YOUNG LADY : L’audace sans le talent

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theyoungladyafficheUne bande-annonce, c’est un peu comme un profil de site de rencontre. Elle peut vraiment donner envie, comme elle peut, au contraire, ne pas provoquer la moindre once d’intérêt. La bande-annonce de The Young Lady m’avait donné une grande envie de voir ce film. Le problème lorsque l’on rentre dans une salle obscure plein d’espoir, c’est qu’il peut être facilement déçu. Il est parfois difficile d’être à la hauteur des espérances des spectateurs.

The Young Lady est un film formellement très abouti. L’ambiance fascinante entrevue dans la bande-annonce est bien au rendez-vous. La réalisation arrive à nous faire partager le sentiment d’ennui et d’oppression ressentie par le personnage principal. Mais au-delà de ça, le film sonne désespérément creux. Il ne nous emmène pas bien loin et l’attention du spectateur se délite peu à peu lorsqu’il s’agit d’avancer dans un vrai récit et de sortir d’une première partie très contemplative.

theyoungladyLe pari de The Young Lady est de creuser le portrait du personnage principal pour le faire passer de sympathique à franchement antipathique (OK j’ai légèrement spoiler le film, veuillez m’en excuser). Une démarche surprenante et inattendue mais terriblement casse-gueule. Et pour tout dire le film se prend un peu les pieds dans le son propre piège, car on perd son attachement à l’héroïne et par la même occasion l’intérêt que l’on portait à ce qui lui arrive. On peut saluer l’audace du scénario. Mais souvent l’audace demande un supplément de talent qui manque cruellement à ce film.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Production : Sixty Six Pictures, iFeatures
Distribution : KMBO
Réalisation : William Oldroyd
Scénario : Alice Birch, d’après le roman de Nikolai Leskov
Montage : Nick Emerson
Photo : Ari Xegner
Décors : Jacqueline Abrahams
Musique : Dan Jones
Durée : 89 min

Casting :
Florence Pugh : Katherine
Cosmo Jarvis : Sebastian
Christopher Fairbank : Boris
Bill Fellows : Dr Bourdon
Paul Hilton : Alexander
Noami Ackie : Anna
Golda Rosheuvel : Agnes
Ian Conningham : Detective Logan
Rebecca Manley : Mary

UN PROFIL POUR DEUX : Amour éternel

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unprofilpourdeuxafficheTous les comédiens ne connaissent pas une carrière à la hauteur de son talent. Certains sont surcotés grâce à un physique avantageux ou une carrière parallèle qui conduisent leurs fans dans les salles obscures. Plus nombreux sont ceux qui n’ont jamais eu le rôle qui aurait montré à la face du monde la profondeur de leur talent. Pierre Richard est certes un monstre sacré du cinéma français. Mais un monstre sacré qui aura été cantonné toute sa vie à des rôles dans des comédies. Il n’aura jamais connu son « Tchao Pantin » comme Coluche. Mais quand on voit Un Profil pour Deux, une nouvelle comédie certes, on se dit qu’il n’est pas trop tard.

Pierre Richard est désormais extrêmement rare sur nos écrans, il faut donc profiter de toutes ses apparitions. C’est pour cela notamment que je suis allé voir Un Profil pour Deux, sans guère plus de motivation que ça. J’ai donc été très agréablement surpris par cette histoire bien écrite et qui réserve de vraies surprises. Il recycle beaucoup de thèmes habituels des comédies romantiques d’aujourd’hui (les rencontres sur internet, l’amour intergénérationnel…) mais arrive à en tirer quelque chose d’assez inattendu et de grande qualité. Une qualité qui a valu à ce film des applaudissements, ce qui n’est pas si fréquent dans une salle de cinéma.

unprofilpourdeuxLa présence et le charisme à l’écran de Pierre Richard est déterminant dans la réussite de Un Profil pour Deux. Mais il ne faut pas oublier le reste du casting avec Yaniss Lespert qui prouve ici qu’il n’est pas que le frère de son frère, malgré une ressemblance physique assez frappante. Et surtout la très belle Fanny Valette qui n’aurait pas permis au film de fonctionner sans une jolie aura pleine de délicatesse et de douceur. Si on ajoute que tous ces comédiens interprètent leur rôle sur une musique de Vladimir Cosma, on ravira les nostalgiques du cinéma des années 70. Mais ce film a assez de qualité pour rencontrer un succès bien d’aujourd’hui.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation : Stéphane Robelin
Scénario : Stéphane Robelin
Musique : Vladimir Cosma
Montage : Patrick Wilfert
Photographie : Priscila Guedes
Décors : Alain-Pascal Housiaux et Patrick Dechesne
Costumes : Petra Fassbender
Producteur : Christophe Bruncher et Fabian Gasmia
Coproducteur : Gaetan David et André Logie
Durée : 100 minutes

Casting :
Pierre Richard : Pierre
Yaniss Lespert : Alex
Fanny Valette : Flora
Stéphane Bissot : Sylvie
Stéphanie Crayencour : Juliette
Gustave Kervern : Bernard
Macha Méril : Marie
Pierre Kiwitt : David
Loulou Tintin : Marcel
Philippe Chaine : le producteur