Récemment j’évoquais le film de genre comme un parent pauvre du cinéma français. Le film politique fait également partie des catégories cinématographiques délaissés dans l’Hexagone. Là aussi les choses évoluent doucement et il ne faut plus attendre la résurrection de Costa-Gavras pour en voir dans les salles obscures (ou sur petit écran avec la série Baron Noir). Mais cela reste assez rare pour que Chez Nous constitue tout de même un petit événement. Malheureusement, si l’intention était bonne, le résultat est assez désastreux.
Dire que Chez Nous est un ramassis de clichés serait un raccourci tentant à emprunter. Cela serait cependant quelque peu inexact car chaque élément mis en avant correspond bien à un réalité. Tous ceux qui suivent la politique de près reconnaîtront la foule de références à des événements ou personnages réels. Mais cette accumulation purement à charge finit par enfoncer des portes ouvertes et remuer des ficelles bien trop grosses pour être totalement honnêtes. Le fond politique n’a au final que peu d’intérêt, faute de nuance et de vraie prise de recul.
Le seul intérêt de Chez Nous réside dans son personnage principal. Elle tient elle aussi de l’archétype, celui de la jeune femme un peu paumée, élevée dans une famille de gauche, mais finalement séduite par le discours d’une extrême-droite adoucie. Là aussi, c’est assez grossier, mais déjà moins. On distingue quelques nuances et son destin offre au film une trame narrative assez solide pour préserver les spectateurs de l’ennui. Mais c’est finalement bien peu pour un film qui affichait clairement d’autres ambitions.
LA NOTE : 08/20
Fiche technique : Réalisateur : Lucas Belvaux Scénariste : Lucas Belvaux, Jérôme Leroy Producteur : Synecdoche, Artémis Productions Distributeur : Le Pacte
Casting : Émilie Dequenne : Pauline Duhez André Dussollier : Philippe Berthier Guillaume Gouix : Stéphane Stankowiak Catherine Jacob : Agnès Dorgelle Anne Marivin : Nathalie Leclerc Patrick Descamps : Jacques Duhez Charlotte Talpaert : Nada Belisha Michel Ferracci : Dominique Orsini Mateo Debaets : Tom Coline Marcourt : Lili Corentin Lobet : Yo Thibault Roux : Max Stéphane Caillard : Victoire Vasseur
Au cours de ces trois derniers mois, le cinéma nous a offert trois films ayant pour thème central les mariages arrangées. En Tunisie pour Hedi, en Israël pour Tempête de Sable et finalement en Belgique pour Noces. Le sujet n’est pas nouveau. On pense notamment à Fish and Chips, film culte des années 90, qui était avant tout une joyeuse comédie, avec en fond une vraie gravité. Mais les temps ont changé. Et pas pour le meilleur. Encore une fois, en ces temps troublés, seule la gravité demeure.
Noces pose beaucoup de bonnes questions. Il a la bonne idée de n’apporter aucune réponse simpliste. Il partage un point commun avec les deux autres films dont il est proche, à savoir le refus du manichéisme. Il décrypte une réalité sociale et culturelle, sans la juger, même dans ses ressorts les plus méprisables. Le spectateur prend évidemment parti dans cette histoire, mais il n’est jamais poussé à la haine envers qui que ce soit. La colère oui, mais contre l’écrasante force d’une tradition qui enferme et étouffe ceux qui la perpétuent.
Au moment où arrive le générique de fin, Noces est de ce film qui voit les salles se vider en silence. L’histoire est forte, elle n’est pas qu’un témoignage sur une situation. L’intrigue propose une dramaturgie réelle, portée par des personnages marquants. Inspiré de faits réels, le scénario est sans doute un rien romancé. Mais en tout cas, il est remarquablement écrit. Enfin, il serait injuste de ne pas souligner la qualité de la performance de la jeune
LA NOTE : 13,5/20
Fiche technique : Réalisation : Stephan Streker Scénario : Stephan Streker Montage : Jérôme Guiot et Mathilde Muyard Photographie : Grimm Vandekerckhove Costumes : Élodie Steffin Producteur : Michaël Goldberg et Boris van Gils Coproducteur : Élise André, Meher Jaffri, Tomas Leyers et Donato Rotunno Producteur associé : Philippe Logie Durée : 98 minutes
Casting : Lina El Arabi : Zahira Kazim Sebastien Houbani : Amir Kazim Babak Karimi : Mansoor Kazim Olivier Gourmet : André Alice de Lencquesaing : Aurore Zacharie Chasseriaud : Pierre Aurora Marion : Hina Kazim Rania Mellouli : Amara Kazim Harmandeep Palminder : Adnan
Le film de genre français se porte bien. Longtemps parent pauvre du cinéma français, il prend une place de plus en plus importante d’année en année. S’il manque encore de grands chefs d’œuvre, il livre tout de même d’excellentes productions. D’autres sont plus bancales comme Dans la Forêt de Gilles Marchand. Un réalisateur au style déroutant, qui avait déjà laissé une impression mitigée, il y a 10 ans, avec Qui a Tué Bambi ? Une faculté réelle à créer une ambiance, mais des difficultés à raconter une véritable histoire.
Il n’y a en fait pas grand chose à dire de plus. Dans la Forêt nous plonge dans cette ambiance particulière où rien d’extraordinaire n’arrive mais on sent tout de suite que quelque chose va se passer. Bien sûr, ce n’est pas The Shinning non plus, mais le film se défend de ce point de vue là. Jérémy Elkaïm tient là une rôle assez inattendu mais qu’il incarne avec un talent certain. Il est épaulé par les deux enfants qui sont juste parfaits. Le tout filmé avec élégance et style par Gilles Marchand, dont les qualités artistiques sont incontestables.
La faiblesse vient du récit. Si la mise en place est donc réussie, on commence à douter assez vite que tout cela nous mène bien loin. L’histoire n’avance plus vraiment et le dénouement laisse perplexe. Il est donc difficile de ressortir vraiment enthousiaste de Dans la Forêt. Une seule séquence fait réellement peur. Le reste du temps on prend le temps d’admirer les paysages sublimes des lacs et forêts suédoises, mais on s’en lasse rapidement. Bref, sans être totalement raté, ce film est largement inabouti et manque passablement d’épaisseur.
LA NOTE : 09/20
Fiche technique : Réalisation : Gilles Marchand Scénario : Gilles Marchand et Dominik Moll Musique : Philippe Schoeller Montage : Yann Dedet Photographie : Jeanne Lapoirie Décors : Gilles Balabaud Costumes : Virginie Montel Producteur : Mina Driouche, Jérémie Elkaïm, Valérie Donzelli, Simon Perry, Christer Nilson, Frida Hallberg et Olivier Guerpillon Durée : 103 minutes
Casting : Jérémie Elkaïm : Le père Timothé Vom Dorp : Tom Théo Van de Voorde : Benjamin Mika Zimmerman : L’homme défiguré Mireille Perrier : La pédopsychiatre Sophie Quinton : La mère Kristell Bizien : L’hôtesse de l’air Marite Mibalo Johansson : Madame Bla Anders Eriksson : Henrik
Andrzej Wajda fait partie du cercle fermé des réalisateurs ayant reçu une Palme d’Or (en 1981 pour l’Homme de Fer). Il fait partie de ces réalisateurs polonais mondialement connus qui ont aussi contribué à la réussite du cinéma français (Danton avec Gérard Depardieu en 1983). Sa mort en 2016 ne fut peut-être pas la plus remarquée, mais ce n’est pas la moindre. Cependant, sa vie cinématographique se prolonge encore un peu avec la sortie de Les Fleurs Bleues, son ultlime film.
Les Fleurs Bleues nous raconte la vie de Wladyslaw Strzeminski, un des plus grands peintes polonais du XXème siècle. Enfin il nous raconte la fin de sa vie, qui a été marqué par l’arrivée des communistes au pouvoir qui ont vite condamné son œuvre jugée trop abstraite. Il s’agit d’un film autant historique que politique. Beaucoup de film sur la peinture nous parle du processus de création. Le sujet n’est pas vraiment évoqué ici, mais les deux autres formant le cœur du scénario suffisent à en faire un film passionnant par les deux histoires, celle avec un h, l’autre avec un H, qu’il raconte.
La forme est par contre particulièrement épurée. Andrzej Wajda a toujours été un réalisateur sobre, cherchant à saisir la réalité de l’instant, plus qu’à le sublimer artistiquement. Sa dernière œuvre aura été symptomatique à ce point de vue là. Les Fleurs Bleues a parfois un petit côté « téléfilm », mais la réalisation est du coup totalement au service du propos et ne cherche jamais à en détourner le spectateur. Elle sait aussi mettre en valeur le jeu des comédiens. Au final, Andrezj Wajda aura été le cinéaste témoin de toutes les transformations qu’a connues la Pologne au siècle dernier. On aurait aimé connaître le regard qu’il aurait porté sur les vicissitudes actuelles de son pays. Pour cela, il manque cruellement au 7ème art.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Akson studio Distribution : KMBO Réalisation : Andrzej Wajda Scénario : Andrzej Mularczyk Montage : Pawel Edelman Photo : Grazyna Gradon Décors : Marek Warszewski Durée : 98 min
Casting : Boguslaw Linda : Wladyslaw Strzeminski Aleksandra Justa : Katarzyna Kobro Bronislawa Zamachowska : Nika Strzeminska Zofia Wichlacz : Hania Krzysztof Pieczynski : Julian Przybos Mariusz Bonaszewski : Madejski
Gore Verbinski est l’archétype du réalisateur chargé d’exécuter les basses oeuvres des studios. Enfin les basses oeuvres à gros budget. Il le fait avec un certain talent comme le prouve les trois premiers volets de Pirates des Caraïbes dont il est le réalisateur. Puis vint en 2013 Lone Ranger, qui fut un bide total, éreinté par la critique. Il est probable que ce cuisant échec a considérablement émoussé sa crédibilité auprès des studios ce qui explique très certainement sa disparition de nos écrans pendant quatre longues années. Mais le revoici en 2017 avec A Cure for Life (« traduction » française débile pour A Cure for Wellness). Une oeuvre dotée d’une certaine ambition à la fois scénaristique et visuelle. Mais force est de constater qu’il n’a pas tout à fait les moyens artistiques de ses ambitions.
Le scénario de A Cure for Life rappelle quand même beaucoup Shutter Island. Rassurez-vous, je n’ai rien révélé de crucial car les rebondissements et les révélations ne conduiront pas du tout l’histoire sur le même chemin que le film de Scorsese. Enfin globalement, le complexe médical isolé qui semble garder un lourd secret n’est pas non plus l’idée de base la plus nouvelle qui soit. Mais Gore Verbinski cherche à créer une ambiance mystérieuse, flirtant avec l’ésotérique. Il y arrive assez bien, mais il semble se concentrer tellement dessus qu’il en oublie tout le reste. L’histoire manque au final de corps, de rythme et on voit arriver à peu près tous les rebondissements de loin. Il y une réelle volonté de réaliser un beau film, une bonne volonté, mais au final on s’ennuierait presque parfois.
A Cure for Life bénéficie néanmoins des moyens suffisants pour rendre l’ensemble crédible, au moins visuellement. Les décors sont très réussis et participent aux bons côtés du film. Les quelques effets visuels sont impeccablement réalisés. Là encore, Gore Verbinski fait preuve d’une réelle application et d’une volonté de bien faire louable. Cependant, cela reste un peu froid, un peu lisse, ce qui ne nous permet pas de plonger totalement dans cette intrigue. Au final tout n’est pas à jeter dans ce film inégal. Mais il échoue à donner un réel supplément d’âme à une idée qui ressemble quand même beaucoup à du déjà vu.
LA NOTE : 11/20
Fiche technique : Réalisateur : Gore Verbinski Scénario : Justin Haythe Direction artistique : Grant Armstrong, Daniel Chour, Sabine Engelberg, Wolfman Metschan, Tarnia Nicol Décors : Mark Rosinski, Michael Standisch Costumes : Jenny Beavan Photographie : Bojan Bazelli Montage : Pete Beaudreau Musique : Benjamin Wallfisch Production : David Crockett, Arnon Milchan, Gore Verbinski Durée : 146 minutes
Casting : Dane DeHaan : Lockhart Jason Isaacs : Volmer Mia Goth : Hannah Celia Imrie : Watkins Harry Groener : Pembroke Adrian Schiller : le directeur adjoint Ivo Nandi : Enrico Carl Lumbly : Wilson Lisa Banes : Hollis Magnus Krepper : Pieter, le vétérinaire Jason Babinsky : Carl
J’avais envie de me faire un bon gros film d’action bien basique. C’est pourquoi j’ai été voir John Wick 2. Pourtant, j’avais trouvé le premier volet assez nase, je savais donc à quoi m’attendre. Les critiques étaient certes pas trop mauvaises, meilleures que pour le premier dans mon souvenir. Je n’étais donc pas dénué d’espoir. Au final, cependant, je ne peux guère me plaindre en constatant qu’il s’agit là d’un nouveau petit navet.
John Wick 2 n’est pas dénué d’une certaine ambition. Il explore le terrain connu, et parfois jouissif, de l’homme seul qui arrive à prendre d’assaut une forteresse remplie d’ennemis surarmés. Mais force est de constater que depuis Commando avec le bon vieux Arnold Scharzenegger, on n’a pas fait mieux. Le film s’essaye pourtant à quelques innovations, fait preuve parfois d’une certaine imagination qui offre quelques flashs de bonheur. Mais baser tout un film sur ce seul principe demande quand même d’être au top tout du long. Or, il y a trop d’ordinaire pour que cela fonctionne réellement.
Le scénario de John Wick 2 n’en est pas vraiment un et Keanu Reeves n’a pas soudainement acquis ce réel charisme qui lui a toujours manqué. Le résultat est donc faiblard, pas ennuyeux, mais presque parfois. Les « chorégraphies » des combats se prennent trop au sérieux pour être vraiment emballantes. Il ont oublié que depuis The Raid, le spectateur a de quoi être exigeant à ce niveau là. C’est trop lisse, ça manque de rage et surtout au final d’intérêt.
LA NOTE : 8/20
Fiche technique : Réalisation : Chad Stahelski Scénario : Derek Kolstad Direction artistique : Kevin Kavanaugh Décors : David Schlesinger Costumes : Luca Mosca Photographie : Dan Laustsen Montage : Evan Schiff Musique : Tyler Bates et Joel J. Richard Production : Basil Iwanyk, David Leitch et Chad Stahelski Production déléguée : Robert Bernacchi, Kevin Scott Frakes, Vishal Rungta et Jeff G. Waxman Durée : 122 minutes
Casting : Keanu Reeves : John Wick Riccardo Scamarcio : Santino D’Antonio Ian McShane : Winston Ruby Rose : Ares Common : Cassian Claudia Gerini : Gianna D’Antonio Lance Reddick : Charon Laurence Fishburne : The Bowery King Tobias Segal : Earl John Leguizamo : Aurelio Bridget Moynahan : Helen Wick Thomas Sadoski : Jimmy
On pardonne facilement à la jeunesse les erreurs qui portent du coup son nom. On en commet tous. Logiquement, on est censé en tirer des enseignements qui nous permettent de ne pas les renouveler. Mon Idole, le premier film de Guillaume Canet en tant que réalisateur avait fait entrevoir un immense potentiel, mais avait souffert d’une dernière partie totalement ratée, démontrant qu’il n’avait aucune idée d’où il voulait aller. Dans la suite de sa carrière, il avait preuve d’une grande maîtrise. On est donc étonné de le voir retomber dans le même travers avec Rock’n’Roll.
Rock’n’Roll est pendant une petite heure et demi un film très drôle sur la crise de la quarantaine. L’idée d’une sorte de faux documentaire où tous les personnages jouent leur propre rôle n’est pas nouvelle, mais elle est mise en œuvre ici avec un certain talent. Beaucoup d’autodérision pour le couple Guillaume Canet- Marion Cotillard, s’amusant à se ridiculiser en jouant sur les clichés sur eux-mêmes. Certes, ça manque un peu de corps, ça a du mal à donner naissance à une véritable intrigue, mais on rit beaucoup, ce qui constitue quand même déjà une fin en soi.
Puis arrive une dernière idée. Elle est plutôt bonne. Mais toute la dernière demi-heure lui est consacrée. Guillaume Canet insiste, creuse encore encore, pousse de plus en plus loin. Le problème c’est que l’idée est épuisée depuis longtemps. Rock’n’Roll semble alors totalement bloqué dans une direction dont il n’arrive pas à sortir. Le final ressemble à un grand n’importe quoi, pas vraiment intéressant. Cela prive le film d’une réelle conclusion, le faisant ressembler plutôt à un grand sketch, plutôt qu’à un vrai long métrage. Bref, un naufrage inattendu, alors que le début de la traversée était plutôt agréable.
LA NOTE : 9/20
Fiche technique : Production : Les Productions du Trésor, Pathé, Caneo Films, M6 Films, Appaloosa Cinéma Distribution : Pathé Distribution Réalisation : Guillaume Canet Scénario : Guillaume Canet, Philippe Lefebvre, Rodolphe Lauga Montage : Hervé de Luze Photo : Rodolphe Lauga, Christophe Offenstein Décors : Philippe Chiffre Musique : Maxim Nucci Durée : 123 min
Martin Scorsese a atteint un statut artistique suffisant pour que chaque sortie d’un de ses films constitue un petit événement en soi. Mais il est vrai que la sortie de Silence a été largement… passé sous silence. Peut-être parce que pour une fois, Leonardo Di Caprio ne figure pas au générique. Ou certainement parce que le sujet ne se prêtait pas forcément à une ruée du grand public devant les écrans. Pourtant le sujet est fort, la forme parfaitement maîtrisée. Mais il est vrai que la mayonnaise ne prend pas totalement.
Silence a un grand mérite. S’il y a certainement dans ce film une empreinte du rapport à la foi de Martin Scorsese, élément éminemment intime, il laisse le spectateur totalement libre d’adopter son propre point de vue. Les personnages ne sont jamais manichéens et on peut tout aussi bien trouver leur attitude sublime de courage, comme monstrueusement égoïstes. Héros ou meurtriers illuminés, il y a autant de vision des protagonistes qu’il y a de spectateurs. Cela fait la puissance de cette réflexion qui ne peut laisser indifférent et totalement insensible.
Par contre, il est vrai que la réflexion s’étire peut-être un peu trop en longueur. L’histoire tourne en rond pour avancer doucement. Très doucement. Trop doucement parfois. Le spectateur a eu le temps de se faire sa propre opinion quand le film continue encore et encore. On n’attend plus que la conclusion de Scorsese qui tarde. Cela nous laisse le temps d’admirer cette photographie impeccable, ces décors et costumes splendides et la performance inattendue d’Adrew Gardfield. Cela nous sauve de l’ennui, mais au final cela dilue un peu trop le propos pour que Silence soit un grand film. Mais ça reste un Scorsese. Et ça, ce n’est pas rien !
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : YLK, Sikelia, Fabrica de Cine, AI Film, SharpSword films, Catchplay, IM Global Distribution : Metropolitan Film Export Réalisation : Martin Scorsese Scénario : Martin Scorsese, Jay Cocks, d’après le roman de Shusaku Endo Montage : Thelma Schoonmaker Photo : Rodrigo Prieto Décors : Dante Ferretti Musique : Kim Allen Klige, Kathryn Kluge Durée : 161 min
Casting : Andrew Garfield : Père Rodrigues Adam Driver : Père Garupe Liam Neeson : Père Ferreira Yosuke Kubozuka : Kichijiro Yoshi Oida : Ichizo Issey Ogata : Inoue, le gouverneur Shinya Tsukamoto : Mokichi Ryo Kase : Juan Ciaran Hinds : Valignano
Samedi dernier, j’aurais vu deux films très différents, mais ayant le même sujet central commun. Le sujet le plus universel qui soit, le plus indémodable. L’amour ! Car après avoir été voir la comédie française L’Ascension, j’ai été voir le drame historique américain Loving. Un film sur le combat pour les droits civiques, mais qui parle avant tout du droit à s’aimer et la manière donc ce sentiment peut souder deux êtres au-delà de toutes les épreuves.
Loving voit le réalisateur Jeff Nichols s’aventurer sur un terrain où on ne l’attendait pas forcément. Il nous avait habitué à enrober ses histoires d’un peu de mystère, flirtant avec l’ésotérique. Là on est dans les deux pieds dans une réalité assez brute, avec la ferme volonté de recréer une époque, une ambiance sociétale et aussi quelques faits historiques. Il garde pourtant son style, basé sur une narration au rythme régulier, mais relativement lent et une réalisation qui elle aussi prend le temps de nous montrer les personnages et les décors. Si sur son terrain habituel, ses histoires et son style entraient en synergie, cela est moins évident ici.
Il n’en reste pas moins que Loving est un film remarquable. Un quart d’heure de moins aurait pu le rendre meilleur, mais lui aurait fait sûrement perdre cette réelle personnalité insufflée par son réalisateur. Le propos reste remarquable par sa profondeur et son traitement, qui se focaliser avant tout sur les personnages. Le film reste éminemment politique, mais tout en plaçant le politique pur et dur dans un second plan relativement éloigné. Tout repose sur ce couple, magnifiquement interprété par Ruth Negga et Joel Edgerton. Ils parviennent parfaitement à transcender cette simple histoire d’amour en lui donnant une portée tout autre. Celle d’une histoire qui s’écrit pour le meilleur, même si des événements contemporains nous ont rappelé le chemin qui reste à parcourir.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : Big Beach Films, Raindog Films Réalisation : Jeff Nichols Scénario : Jeff Nichols Montage : Julie Monroe Photo : Adam Stone Décors : Chad Keith Distribution : Mars Film Musique : David Wingo Durée : 123 min
Casting : Joel Edgerton : Richard Loving Ruth Negga : Mildred Loving Michael Shannon : Grey Villet Nick Kroll : Bernie Cohen
Dans un monde qu’on a connu en meilleure forme, un peu de positive attitude ne fait pas de mal, loin de là. Non, je ne vous invite pas à acheter l’intégral de Laurie, mais à aller voir l’Ascension. Vous pourrez répondre que vous avez déjà vu la bande-annonce dix fois et que vous avez l’impression d’avoir déjà vu le début, le milieu et la fin. Vous n’avez pas totalement tort, mais le plaisir procuré par ce film est ailleurs. Mais il fait foutrement du bien.
Si le scénario n’a rien de surprenant, L’Ascension recèle quelques bonnes surprises. La réalisation tout d’abord. Certes, ce n’est pas du Kubrick, mais c’est plutôt bien filmé, alors que la montagne n’est pas toujours facile à mettre en image. Dans les moments les plus difficiles de cette ascension, le film prend furtivement des airs de grands films d’aventure. Il nous propose aussi des seconds rôles globalement réussis, notamment le sherpa qui accompagne le héros. Il est au final le personnage le plus intéressant du film et lui offre un petit supplément d’âme.
Tout ceci nous fait oublier quelques faiblesses. L’Ascension souffre de quelques baisses de rythme, de quelques seconds rôles plus caricaturaux et de dialogues pas toujours hyper convaincants. Mais tout ceci n’est pas suffisant pour gommer l’enthousiasme communicatif d’Ahmed Sylla qui signe là des débuts au cinéma très réussis. On finit par croire cette histoire improbable mais vraie, grâce à l’énergie qu’il déploie. En effet, il en faut un minimum pour arriver au sommet de l’Everest sans aucune expérience. Qu’il fasse ça par amour ressemble un peu à un cliché rose bonbon. Mais un peu de rose bonbon de nos jours, ça n’a pas de prix !
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Réalisation : Ludovic Bernard, assisté de Mathieu Thouvenot et Catherine Gambier Scénario : Nadire Dendoune, Olivier Ducray, Ludovic Bernard Décors : Sébastien Inizan Costumes : Claire Lacaze Photographie : Yannick Ressigeac Son : Amaury de Nexon, Jean-Paul Hurier Montage : Romain Rioult Musique : Lucien Papalu, Laurent Sauvagnac Production : Philippe Roux
Casting : Ahmed Sylla : Samy Diakhaté Alice Belaïdi : Nadia Nicolas Wanczycki : Jeff Denis Mpunga : Célestin Diakhaté Maïmouna Gueye : Évelyne Diakhaté Amir El Kacem : Kévin Rabah Nait Oufella : Said Waly Dia : Alex Fadila Belkebla : Houria (la mère de Nadia) Umesh Tamang : « Johnny » (le Sherpa) Rabah Naït Oufella : Saïd Oscar Copp : Nadir
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