J’aime beaucoup Edouard Baer. Rarement un homme aura eu la capacité à inspirer une aussi forte sympathie rien qu’avec son sourire. Un homme qui très certainement ressemble aux rôles qu’il interprète. Lunaire, doté d’une folie douce et d’une infinie gentillesse. Ouvert la Nuit, où il est devant et derrière la caméra, nous fait suivre les pas d’un personnage qui ressemble sûrement beaucoup à celui qui l’a fait naître. Un film qui nous rapproche donc de son auteur. Mais un bon copain n’est pas forcément un artiste de génie.
Edouard Baer est pétri de talent. Il en éclabousse la pellicule du début à la fin de Ouvert la Nuit. Il en use et en abuse pour notre plus grand bonheur. C’est drôle, très bien écrit, plein de surprises, parsemé de quelques moments de bravoure délicieux. Au milieu de ça, Edouard Baer papillonne, virevolte, tout est taillé par lui par sa propre plume. Il livre quelques fêlures aussi et on le remercie de nous considérer visiblement comme des confidents de confiance. Tout cela est parfait… Trop parfait peut-être. Car on le connaît trop bien pour être vraiment surpris par un film qui lui ressemble autant.
Ouvert la Nuit marque ce qui différencie le talent du génie. Bien sûr, il serait idiot de comparer Edouard Baer à Stanley Kubrick. Mais ce dernier a eu le mérite d’explorer, de repousser ses propres limites pour repousser ainsi celle du 7ème art tout entier. Edouard Bear reste au contraire dans sa zone de confort. Il y est brillant, son film est brillant. On peut s’en contenter. On peut aussi regretter qu’il ne se mette pas plus en danger pour ne pas donner simplement au spectateur exactement ce qu’il est venu chercher. Ce petit plus qui fait les œuvres vraiment marquantes. Ce film n’est pas de celle-là, mais il est déjà excellent et c’est déjà très bien.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Réalisation : Édouard Baer Scénario : Édouard Baer et Benoit Graffin Pphotographie : Yves Angelo Montage : Hervé de Luze Décors : Emmanuel de Chauvigny Casting : Stéphane Foenkinos Production : Barka Hjij
Casting : Édouard Baer : Luigi Audrey Tautou : Nawel Grégory Gadebois : Marcel Sabrina Ouazani : Faeza Atmen Kélif : Kamel Michel Galabru : Michel Galabru Lionel Abelanski : Lolo Marie-Ange Casta : Clara Jean-Michel Lahmi : Théo Christine Murillo : Madame Pelissier Michel Fau : le directeur du bar branché
La musique a toujours eu la faculté de créer une synergie avec la cinéma. Et le biopic est devenu un genre tout à fait commun du 7ème art. Du coup, les biopics de musiciens ou chanteurs sont nombreux. Nouvel exemple avec Dalida, dont le titre expose clairement le sujet. Une histoire dramatique et mouvementée que je connaissais peu et qui valait bien un film. Après, la difficulté d’un tel projet est de trouver la bonne distance par rapport à un personnage que l’on aime forcément assez pour avoir envie de raconter son histoire. Lisa Azuelos n’y parvient pas malheureusement pas.
Dalida est factuellement très intéressant. Le destin de la chanteuse fut assez hors du commun, et souvent dans des dimensions particulièrement dramatiques, pour forger une histoire passionnante par elle-même. On a parfois envie de dire que certains faits sont trop incroyables pour êtres vrais, mais on sait malheureusement qu’ils ont bien eu lieu. L’autre force du film est d’avoir su parfaitement insérer la musique de la chanteuse au sein du film. Elle particulièrement présente, mais sans alourdir la narration. La synergie est ici bien réelle et semble se faire le plus naturellement du monde.
Le gros problème de Dalida est de faire de son personnage principal une spectatrice de sa propre vie et non l’actrice centrale. Qu’elle ait été victime de circonstances dramatiques, personne ne le niera. Mais le film ne l’a fait apparaître que comme une victime un peu naïve ballottée par un destin qu’elle n’aurait pas vraiment choisie et dominée par ses rencontres avec les hommes qui apparaissent comme les seuls coupables. Il y a sûrement un fond de vrai, mais du coup, la figure de Dalida est ici presque fantomatique, sans réelle épaisseur. On termine le film sans vraiment savoir qui elle était réellement. On ressent certes une infinie compassion, mais elle méritait certainement mieux.
LA NOTE : 10/20
Fiche technique : Production : Bethsabée Mucho, Pathé, TF1 Films production, UMedia, Universal Distribution : Pathé Distribution Réalisation : Lisa Azuelos Scénario : Lisa Azuelos, avec la collaboration d’Orlando Montage : Baptiste Druot Photo : Antoine Sanier Décors : Emile Ghigo Son : Vincent Goujon Musique : Jeanne Trellu, Jaco Zijlstra Directeur artistique : Émile Ghigo Durée : 124 min
Casting : Sveva Alviti : Dalida Riccardo Scamarcio : Orlando Jean-Paul Rouve : Lucien Morisse Alessandro Borghi : Luigi Tenco Patrick Timsit : Bruno Coquatrix Vincent Perez : Eddie Barclay Nicolas Duvauchelle : Richard Chanfray Niels Schneider : Jean Sobieski Michael Cohen : Arnaud Desjardins
Il y a des films qui font envie. Par son réalisateur, comme Zhang Yimou, sa star hollywoodienne, comme Matt Damon, et une bande-annoce qui fait envie. Alors on attend sa sortie avec un peu d’impatience. Mais quand les critiques sont particulièrement mauvaises, on grince des dents et on hésite. Mais l’envie est trop forte et on s’y rend quand même. Ainsi j’ai été voir la Grande Muraille. Je n’aurais pas du…
Au bout de 10 secondes, on est fixé. Une vue plongeante de l’espace vers la Grande Muraille qui aurait pu être spectaculaire et lancer parfaitement le film. Mais voilà… c’est moche, mal fait et bas de gamme. C’est bien ça qui cloche avec la Grande Muraille. Les ambitions sont là, mais les moyens ne sont clairement pas la hauteur. Au lieu de nous en mettre plein les yeux, le film nous offre un spectacle médiocre auquel on ne croit pas du tout.
Matt Damon assure le minimum. Heureusement pour lui, la Grande Muraille est relativement court pour un film de ce genre. Preuve que le manque de moyens est aussi accompagné d’un léger manque d’idées. Certaines sont intéressantes mais bien seules. Au final, ce film ne présente guère d’intérêt. En tout cas loin de l’ambition de départ.
LA NOTE : 07/20
Fiche technique : Production : Legendary East, Atlas Entertainment, Kava Productions, Le Vision Pictures avec la participation de China Film Group Corp Distribution : Universal Pictures International France Réalisation : Zhang Yimou Scénario : Tony Gilroy, Carlo Bernard, Doug Miro, d’après une histoire de Max Brooks, Marshall Herskovitz, Edward Zwick Montage : Mary Jo Markey, Craig Wood Photo : Stuart Dryburgh Décors : John Myhre Musique : Ramin Djawadi Directeur artistique : Helen Jarvis Durée : 104 min
Casting : Matt Damon : William Garrin Willem Dafoe : Ballard Jing Tian : Commandant Lin Meï Pedro Pascal : Pero Tovar Numan Acar : Najid Zhang Hanyu : le général Shao Andy Lau : le stratège Wang
L’histoire est jalonnée de figures controversées, pouvant aussi bien être considérées comme des figures héroïques que comme de totales abominations. La mort de Fidel Castro nous a rappelé qu’une même destinée peut paraître bien différente selon les yeux qui la contemplent. The Birth of a Nation nous relate la destinée de Nate Turner, à l’origine en 1831 d’une révolte d’esclaves noirs du Sud des Etats-Unis. Une figure qui aurait pu être uniquement positive, si tout ceci n’avait pas provoqué un immense bain de sang n’ayant épargné ni femmes, ni enfants.
Nate Parker s’est considérablement investi dans ce projet. Acteur principal, réalisateur, scénariste, l’histoire adopte évidemment son propre point de vue. Chacun est libre d’avoir le sien, mais celui qu’il nous livre est sans nuance. Faire de Nate Turner le symbole de la violence sans limite qu’a constituée l’esclavage est évidemment légitime. En faire une victime ne peut engendrer aucun reproche. Mais glorifier tout ce qu’il a fait, comme le fait clairement The Birth of a Nation jette quand même un trouble, crée un malaise, qui nuit au final au message très fort qu’il cherchait à transmettre. A faire de son film, un acte militant, Nate Parker oublie que la nuance sert aussi à la pertinence et l’impact d’un propos.
The Birth of a Nation est parfaitement maîtrisé d’un point de vue purement cinématographique. Une réalisation très hollywoodienne, au bon sens du terme. C’est soigné, efficace, rythmé. Les moyens sont mis pour que costumes et décors nous plongent vraiment dans l’histoire et les acteurs sont impeccables. Mais c’est du coup très lisse pour un propose aussi controversé. Cela renforce encore le malaise face à un film qui part peut-être d’un bon sentiment, mais qui pêche par une maladresse malvenue. Cependant, il reflète bien le poids de la violence raciale sur laquelle est bâtie une partie de l’Amérique. Un poids qui pèse encore, l’actualité continue de le démontrer trop souvent. Un poids qui a pesé sur les épaules de Nate Parker qui n’a pas su tout à fait y faire face.
LA NOTE : 9/20
Fiche technique : Production : Bron Studios, Mandalay Pictures, Phantom Four et Tiny Giant Entertainment Distribution : 20th Century Fox France Réalisation : Nate Parker Scénario : Nate Parker, Jean McGianni Celestin Montage : Steven Rosenblum Photo : Elliot Davis Décors : Geoffrey Kirkland Durée : 120 min
Casting : Nate Parker : Nat Turner Esther Scott : Bridget Turner Aja Naomi King : Cherry Aunjanue Ellis : Nancy Turner Mark Boone Junior : le révérend Walthall Armie Hammer : Samuel Turner
Préserver un enfant des sujets les plus dramatiques de l’existence est naturel et lui permet de grandir dans une insouciance qu’il aurait trop vite fait de perdre. Malheureusement, être un enfant ne protège pas de tout. La réalité s’impose parfois avec ce qu’elle a de plus dramatique. Les lecteurs de Bettelheim savent bien que les contes de fée ont été inventés pour préparer les plus jeunes à affronter la mort, la perte, le deuil. Quelques Minutes Après Minuit se situe dans cette lignée. Adapté d’un roman jeunesse de Patrick Ness, qui signe aussi le scénario, le film de Juan Antonio Bayona mêle habilement un vrai sens de la poésie avec une dure réalité.
Quelques Minutes Après Minuit est remarquablement écrit. Il nous conduit sans que l’on s’y attendre vers un dénouement très fort. Si le corps du film laissera sans doute indifférent certains yeux d’adultes blasés, la conclusion ne peut qu’émouvoir. On est très loin des propos lénifiants et plein de bons sentiments que l’on peut craindre pour un tel sujet. Le recours à l’imaginaire n’est qu’un moyen pour nous amener vers la dureté de la réalité. Mais le film nous apprendra avant tout que l’affronter est le meilleur moyen pour avancer. Il ne cherche en rien à nous tirer des larmes de crocodile en nous balançant du drame à tout va, mais nous délivre une belle leçon de vie.
Quelques Minutes Après Minuit est aussi remarquablement réalisé. Il bénéficie d’effets spéciaux sublimes et les passages où l’imaginaire prend le dessus paraissent aussi réels que les scènes plus classiques. Cela permet au spectateur de rentrer totalement dans cette histoire et de se concentrer sur le message qui reste l’essentiel de ce film. Le très beau casting tire clairement le film tout entier vers le haut. Il s’agit d’un vrai conte cinématographique. Et on sait à quel point les contes sont les histoires les plus à même de traverser les époques et marquer profondément l’imaginaire collectif.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : River Road Entertainment, Participant Media, Lionsgate, Focus Features, Apaches Entertainment Distribution : Metropolitan FilmExport Réalisation : Juan Antonio Bayona Scénario : Patrick Ness, d’après son livre Montage : Jaume Marti, Bernat Vilaplana Photo : Oscar Faura Décors : Pilar Revuelta, Eugenio Caballero Musique : Fernando Velasquez Durée : 108 min
Casting : Lewis MacDougall : Conor Sigourney Weaver : la grand-mère Felicity Jones : la mère Toby Kebbell : le père Liam Neeson : le monstre James Melville : Harry Dominic Boyle : Anton Geraldine Chaplin : la directrice d’école
Je pense être le critique cinématographique qui parle le plus des bande-annonces. Mais n’étant pas journaliste et n’étant pas invité à des avant-premières de presse, je vais au cinéma comme tout le monde et cela reste le vecteur principal qui me fait découvrir les films sur le point de sortir et qui me donne, ou pas, envie de voir un film. Celle de Primaires ne me disait rien, malgré mon amour réel pour Sara Forestier. Mais il ne faut évidemment pas s’arrêter là car elle ne donne que trop rarement une image fidèle du film. Et c’est bien le cas ici.
Soyons honnêtes, les bons sentiments que l’on pouvait redouter en visionnant la bande-annonce sont loin d’être absents de Primaire. Les sabots sont parfois un peu gros, les ficelles ressemblent parfois à de la corde. Mais voilà, cela fonctionne. Surtout que ceci est largement rééquilibré par une vraie dureté, pour ne pas dire une violence réelle. Etre enseignant revient à être confronté parfois directement à des situations dont la plupart des être humains normalement lâches se détourneraient à la première occasion. Cela est évidemment d’autant plus difficile quand elles touchent de jeunes enfants.
Primaire est donc une ode à tous les enseignants courageux et volontaires. Le film lance au passage quelques petites pics contre le système. Le film est donc un peu militant, mais surtout avant tout humaniste. Tour à tour drôle, touchant, émouvant et donc également dur, il passe peut-être parfois par des situations un peu extrêmes, pas forcément représentatives. Mais la démonstration atteint son but. On retient avant tout le meilleur car l’optimisme prédomine. Un joli film donc, que l’on prend plaisir à aimer sans être, un peu comme l’école, idyllique.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Réalisation : Hélène Angel Scénario : Hélène Angel, Yann Coridian, Olivier Gorce et Agnès de Sacy Musique : Philippe Miller Montage : Sylvie Lager, Christophe Pinel et Yann Dedet Photographie : Yves Angelo Décors : Tibor Dora Costumes : Catherine Rigault Producteur : Hélène Cases Durée : 105 minutes
Casting : Sara Forestier : Florence Mautret Vincent Elbaz : Mathieu Patrick d’Assumçao : M. Sabatier Guilaine Londez : Mme Duru Olivia Côte : Marlène Peillard Lucie Desclozeaux : Laure Frédéric Boismoreau : Rémy Ghillas Bendjoudi : Sacha Drouet Denis Sebbah : M. Hadjaj Laure Calamy : Christina Drouet Anne Bouvier : la mère de Charlie Antoine Gouy : le père de Denis Nabiha Akkari : une enseignante
Si les biopics sont devenus légions sur nos écrans et ce depuis plusieurs années déjà, il en existe de deux types. Les plus nombreux parlent directement et quasiment uniquement du personnage historique central dont le film raconte l’histoire. D’autres, comme le Dernier Roi d’Ecose ou Life, parlent avant tout de quelqu’un les ayant fréquentés de près. Une sorte de portrait indirect, à travers la façon dont ils ont influencé le destin de ceux qui les ont croisés. Neruda se situe entre les deux. S’il raconte assez directement la manière dont le poète a fui la répression, il parle tout autant du policier qui le poursuivit inlassablement.
Neruda a donc l’immense le mérite de sortir quelque peu des sentiers battus dans un genre devenu un lieu en commun en lui-même. C’est donc avec un vrai plaisir et un œil curieux que l’on parcours ce film. Il serait vraiment dommage de coller une étiquette définitive à ce film qui n’est ni un biopic, ni un polar, ni un film historique… mais tout à la fois, ou même plus que ça. Cela permet de vite oublier les quelques longueurs, quand Pablo Larrain laisse un peu trop ses acteurs cabotiner.
Cependant, Luis Gnecco et Gael Garcia Bernal forment un duo d’acteurs assez formidables pour que là aussi le spectateur soit totalement indulgent. Ils proposent quelques beaux moments de grâce dramatique par leur interprétation. Deux personnages différents qui aboutissent à deux performances très différentes, l’exubérance pour l’un, la détermination froide pour l’autre, mais un point commun : le talent ! Ils tirent le film vers le haut et en fait le vrai point de départ de cette année cinématographique.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Peter Danner, Juan de Dios Larrain Réalisation : Pablo Larraín Scénario : Guillermo Calderón Montage : Hervé Schneid Photo : Sergio Armstrong Décors : Estefania Larraín Distribution : Wild Bunch Distribution Son : Miguel Hormazabal Musique : Federico Jusid Durée : 108 min
Casting : Luis Gnecco : Pablo Neruda Gael Garcia Bernal : Oscar Peluchonneau Alfredo Castro : Gabriel González Videla Pablo Derqui : Víctor Pey Mercedes Morán : Delia del Carril Marcelo Alonso : Pepe Rodríguez
Les débutants sont connus pour avoir de la chance. Mais ils font plus souvent preuve de maladresse. On pardonne donc facilement des débuts hésitants. Je n’en veux donc pas outre mesure à 2017 d’avoir ouvert cette année cinématographique (du moins pour ma part) par un film que l’on va qualifier de très moyen, pour ne pas être désagréable plus que de raison. Nocturial Animals ne restera donc pas dans les mémoires quand il s’agira, dans 12 mois, de tirer le bilan de l’année.
Nocturial Animals est original par la forme. Croiser deux histoires dont le lien n’a rien d’évident n’est pas non plus le procédé de narration le plus innovant qui soit, mais il faut admettre qu’il reste tout de même utilisé avec parcimonie. Les enchaînements entre les deux récits démontrent toutes les qualités de cinéaste de Tom Ford, entrevues dans son premier film, A Single Man. D’ailleurs, la réalisation reste particulièrement élégante, brillante même par moment. Il possède un vrai sens de l’image et sait se servir de ses qualités pour créer une réelle tension narrative.
Cependant, croiser de manière habile deux histoires quand ces dernières n’ont ni l’une, ni l’autre un intérêt démesuré (léger euphémisme), ne permet pas à un film d’être réellement passionnant. C’est bien le problème de Nocturial Animals. Le fond du récit ne suit pas du tout les qualités incontestables de la forme. Si on ne s’ennuie jamais vraiment, on ressort du film passablement frustré, ayant attendu désespérément le moment où tout prendrait un sens supplémentaire. Or, tout s’achève assez brutalement, laissant le spectateur quelque peu circonspect. Et quelque peu déçu également.
LA NOTE : 10/20
Fiche technique : Production : Artina Films, Fade to Black Productions, Focus Features, Focus Features Distribution : Universal Pictures International France Réalisation : Tom Ford Scénario : Tom Ford, Robert Salerno, d’après le roman « Tony et Susan » d’Austin Wright Montage : Joan Sobel Photo : Seamus McGarvey Décors : Shane Valentino Musique : Abel Korzeniowski Costumes : Arianne Phillips Durée : 117 min
Casting : Amy Adams : Susan Morrow Jake Gyllenhaal : Tony Hastings, Edward Sheffield Michael Shannon : Bobby Andes Aaron Taylor-Johnson : Ray Marcus Isla Fisher : Laura Hastings Armie Hammer : Hutton Morrow Ellie Bamber : India Hastings Laura Linney : Anne Sutton Michael Sheen : Carlos
Si le « Printemps Arabe » et ses prolongements auront marqué profondément ce début de XIXème siècle, son équivalent cinématographique se fait doucement mais sûrement. Après le Maroc avec Much Loved, Hedi nous emmène en Tunisie au cœur de toutes les lourdeurs des traditions et d’une forme de pression familiale qui prennent le pas sur la simple quête du bonheur. Un film caractérisé par une trame simple, un propos clair, mais malheureusement un dénouement pas totalement convaincant.
La simplicité ne représente ni un défaut, ni une vertu. Mais il impose un certain niveau d’exigence car il n’y aura pas de superflu pour rattraper un essentiel défaillant. Hedi n’est pas un film raté dans le sens où il délivre de manière franche un propos loin d’être caricatural. Rarement une histoire n’aura été aussi peu manichéenne. Tout le monde veut le bonheur de tout le monde, mais quand tout le monde n’en a pas la même conception, cela aboutit à des situations où seul la tristesse demeure.
Mohamed Ben Attia ne semble pas bien savoir comment achever son propos. Il choisit une fin pas moins cohérente qu’une autre, mais d’une manière assez brusque, comme s’il n’était pas lui même convaincu de son choix. Cela prive le film d’une véritable conclusion qui aurait pu apporter un surcroît de profondeur à la réflexion. Du coup, Hedi est plus une simple photographie d’une société qu’un vrai film humaniste sur les ressorts universels du bonheur.
LA NOTE : 11/20
Fiche technique : Production : Nomadis images, Les films du fleuve Distribution : Bac films Réalisation : Mohamed Ben Attia Scénario : Mohamed Ben Attia Montage : Azza Chaabouni Photo : Frédéric Noirhomme Musique : Omar Aloulou Durée : 93 min
Casting : Majd Mastoura : Hedi Rym Ben Messaoud : Rim Sabah Bouzouita : Baya Omnia Ben Ghali : Khedija Hakim Boumsaoudi : Ahmed
Le 7ème art permet de voyager tout atour du monde. Il permet de visiter bien des pays, de plonger au cœur de bien de sociétés, de réalités loin de nos yeux d’Occidentaux aux prétentions constantes d’universalisme. Le Cambodge n’est pas une destination forcément très fréquentée sur nos écrans, mais Diamond Island constitue une bonne occasion de s’y rendre et de découvrir le quotidien de ses habitants et les fossés qui traversent sa population. Un voyage d’autant plus plaisant qu’il se fait à travers un film plutôt réussi.
Diamond Island reprend l’histoire éternelle des romans d’apprentissage. Le provincial, un rien bouseux, qui débarque à la capitale. Que ce soit Paris ou Phnom Penh, que ce soit aujourd’hui ou au XVIIIème siècle, les ressorts sont les mêmes. La trame du scénario ne réserve donc pas d’immenses surprises et peut être facilement considérée comme très classique. L’intérêt est ailleurs, dans ce dépaysement, dans cette découverte propre au Cambodge, même si là encore les parallèles avec d’autres lieux ou d’autres époques peuvent être facilement établis. Cela n’enlève rien cependant à l’intérêt du film et de son propos.
Diamond Island bénéficie de plus d’une photographie soignée. La lumière est parfaitement utilisée pour sublimer telle ou telle situation et les images en disent souvent plus que les dialogues. Un vrai sens de l’image, mais jamais au détriment du propos. La camera ne montre pas que la beauté, mais bien la réalité tout entière, mais il le fait avec un sens aigu de l’esthétisme. Les acteurs sont eux aussi parfaits, ce qui prouve encore une fois que la planète entière est peuplée de formidables comédiens. Encore une autre raison de voyager !
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Réalisation : Davy Chou Scénario : Davy Chou en collaboration avec Claire Maugendre Direction artistique : Kanitha Tith Décors : Samnang Pak Costumes : Samphors Chorn Photographie : Thomas Favel Son : Vincent Villa Montage : Laurent Leveneur Musique : Jérémie Arcache et Christophe Musset Production : Charlotte Vincent Durée : 99 minutes
Casting : Sobon Nuon: Bora Cheanick Nov : Solei Madeza Chhem : Aza Mean Korn : Dy Samnang Nut : Virak Samnang Khim : Lakena Samnang Meng : Mesa Jady Min: Lida Sreyroth Dom : James Batham Oun : Blue Sleyleap Hang : Pinky Phara Phon : Ana
Commentaires récents