C’est en forgeant que l’on devient forgeron dit le proverbe. La répétition a donc des vertus et c’est en remettant l’ouvrage sur le feu que l’on finit par s’améliorer encore et encore. En termes de création artistique, ce n’est pas tout à fait vrai si on décide de reprendre toujours le même concept avec les mêmes personnages. Généralement les suites sont moins réussies que les premiers volets. Mais ceci ne constitue pas une vérité absolue. La preuve avec Papa ou Maman 2, qui est nettement plus réussi que le premier. Mais pas encore vraiment réussi dans l’absolu.
Papa ou Maman 2 est un festival de bonnes idées, portées par des acteurs qui se donnent à fond et arrivent à rendre particulièrement attachants deux êtres pourtant totalement insupportables. L’énergie déployée par Marina Foïs et Laurent Laffite est réellement remarquable et ils nous font rire aux éclats à plusieurs reprises. Mais alors que reprocher à un film qui semble réunir tant de qualité et de raisons de se réjouir ? Malheureusement, l’alchimie qui fait les bons films reste particulièrement subtile et on peut même dire réellement mystérieuse.
Papa ou Maman 2 reste quand même particulièrement poussif. Les chutes, les situations sont vraiment drôles, bien pensées, parfois surprenantes. Mais tout arrive en prenant beaucoup trop son temps pour ne pas casser le rythme effréné qui devrait être celui d’une telle comédie. Le soufflé est parfois beau, mais il retombe encore et encore. Cela gâche quelque peu le repas cinématographique et empêche le film de réellement nous couper l’appétit. On en ressort sur sa faim !
LA NOTE : 11/20
Fiche technique : Production : Chapter 2, Pathé, M6 Films, Nexus Factory, Fargo Films Distribution : Pathé Distribution Réalisation : Martin Bourboulon Scénario : Martin Bourboulon, Matthieu Delaporte, Marina Foïs, Laurent Lafitte, Alexandre de La Patellière Photo : Laurent Dailland Durée : 86 min
Casting : Marina Foïs : Florence Leroy Laurent Lafitte : Vincent Leroy Achille Potier : Julien Leroy Sara Giraudeau : Bénédicte Anna Lemarchand : Emma Leroy Jonathan Cohen : Edouard Alexandre Desrousseaux : Mathias Leroy
Les films de science-fiction peuvent miser avant tout sur le grand spectacle à base de batailles spatiales et de vaisseaux spatiaux aux armes destructrices. Mais ils peuvent aussi se baser sur des considérations beaucoup plus métaphysiques et cérébrales, à l’image de Interstellar l’année dernière. Premier Contact tient beaucoup plus de ce dernier que de Star Wars. Il nous offre surtout un des plus beaux scénarios de l’année.
La seule chose que l’on pourrait reprocher à Premier Contact est de paraître, au moins par un aspect, assez lourdingue. Puis, par un twist habile, il donne du sens à tout le reste. Le spectateur en reste bluffé. Cela donne à l’histoire une tout autre dimension, bien au-delà de l’éternel sujet de la rencontre entre l’humanité et une civilisation extra-terrestre. Tout ce que l’on a vu auparavant prend de l’intérêt et toutes les pièces du puzzle s’assemblent d’un coup, sur tous les plans et pour tous les sujets traités. Un vrai tour de force et une vraie réussite.
Premier Contact bénéficie également d’une réalisation particulièrement élégante et d’une interprétation remarquable. Même Jérémy Reiner semble jouer correctement la comédie, c’est dire ! Mais la vrai star reste Amy Adams qui tient là un des rôles les plus marquants de sa jeune carrière. Tout ceci conforte tous les espoirs placés en Denis Villeneuve. On se met même à espérer que son prochain film, Blande Runner 2, soit une réussite. Parce qu’il faut beaucoup de talent pour oser offrir une suite au chef d’œuvre de Ridley Scott. Mais le réalisateur québecois semble avoir les épaules. Rendez-vous en 2017.
LA NOTE : 15/20
Fiche technique : Production : 21 Laps Entertainment, Film Nation Entertainment, Lava Bear Films, Xenolinguistics Distribution : Sony Pictures Releasing France Réalisation : Denis Villeneuve Scénario : Eric Heisserer, d’après une nouvelle de Ted Chiang Montage : Joe Walker Photo : Bradford Young Décors : Patrice Vermette Musique : Jóhann Jóhannsson Costumes : Renée April Directeur artistique : Isabelle Guay Durée : 116 min
Casting : Amy Adams : Louise Banks Jeremy Renner : Ian Donnelly Forest Whitaker : Colonel Weber Michael Stuhlbarg : Agent Halpern Tzi Ma : General Shang Mark O’Brien : Capitaine Marks
Au mois de décembre, reviennent chaque année un certain nombre de choses. Noël, Tino Rossi, depuis peu, un nouveau Star Wars, mais aussi, pour rester au cinéma, un nouveau Disney. Un repère rassurant pour un vieux garçon plein d’habitudes comme moi. Cette année, la firme aux oreilles rondes nous emmènent dans le Pacifique pour nous faire découvrir Vaiana, la Légende du Bout du Monde. Visiblement, ils ne savent pas que la Terre est ronde et que le Monde n’a techniquement pas de bout. Au delà de ça, le film est très réussi.
Il n’y a plus de jaloux. A peu près tous les contes et légendes d’un peu partout dans le Monde se sont vus passés à la moulinette Disney. Avec tout ce que cela comporte en édulcoration et en déformation américano-occidentale des choses. Plus de jaloux donc, mais toujours beaucoup de plaisir. Car Vaiana, la Légende du Bout du Monde reste un film d’aventures bien mené, rythmé, aux personnages attachants et parsemé d’un humour bienvenu. Ce n’est pas le Disney le plus passionnant de l’histoire, mais il figure assurément dans les bons millésimes.
La petite déception concernant Vaiana, la Légende du Bout du Monde vient des graphismes des personnages. Ils ne sont pas non plus hideux, mais disons, qu’ils sont parfois un peu moches quand même. Cela contraste avec des décors très réussis, notamment les étendues marines vraiment sublimes. Mais on oublie tout ça très vite quand on entend les chansons, toujours au top, qui continuent de constituer un des poins forts des productions Disney. Un Disney sans bonnes chansons, c’est un peu comme le Père Noël sans sa hotte.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : Walt Disney Animation Studios Distribution : The Walt Disney Company France Réalisation : John Musker, Ron Clements Scénario : Ron Clements, John Musker, Pamela Ribon, Taika Waititi Montage : Jeff Draheim Musique : Mark Mancina, Lin-Manuel Miranda, Opetaia Foai Durée : 103 min
Casting : Auli i Cravalho : Vaiana Dwayne Johnson : Maui Nicole Scherzinger : Sina Alan Tudyk : Heihei Temuera Morrison : Tui Jemaine Clement : Tamatoa
Si ces derniers mois il a été de bon ton d’embrasser un flic, il est vrai que notre police ne bénéficie pas toujours d’un image irréprochable auprès d’un certain nombre de nos concitoyens. Mais cela pourrait être pire. Il suffit pour cela d’aller voir Ma’Rosa et de découvrir comment les « gardiens de la paix » des Philippines se comportent. Cela permet de relativiser quelque peu d’un coup. Cela permet aussi de voir un film qui nous plonge de manière poignante au cœur d’une réalité parfois révoltante.
Ma’Rosa est tourné exclusivement caméra à l’épaule, le plus souvent au plus près des personnages. Le spectateur est donc en réelle immersion, même si le procédé présente tout de même quelques limites (c’est un peu fatiguant à la longue). Le film monte clairement en puissance tout du long. Il est vrai qu’on a du mal à s’enthousiasmer vraiment pour la première moitié. Cela semble manquer d’une vraie trame narrative et on a parfois l’impression d’assister à une reconstitution pour un documentaire. Mais peu à peu, les personnages prennent de l’épaisseur et une réelle émotion commence à se dégager face à tout ce qu’ils subissent et ce que certains devront faire pour s’en sortir.
Ma’Rosa a été récompensé au dernier Festival de Cannes par un prix d’interprétation féminine pour Jaclyn Jose. Cela serait sévère de prétendre qu’il n’est pas mérité, car il n’y a rien à dire sur cette performance d’une incroyable justesse. Simplement, c’est le casting dans son intégralité qui devrait être récompensé, car jamais on a l’impression d’assister à un jeu d’acteur. Cela contribue vraiment au caractère immersif du film. Une mention particulière pour les trois jeunes comédiens qui incarnent ses enfants, qui sont, de mon point de vue, les vraies « stars » du film.
LA NOTE : 13,5/20
Fiche technique : Production : A Center Stage production Réalisation : Brillante Mendoza Scénario : Troy Alyson So Espiritu Montage : Diego Marx Dobles Photo : Odyssey Flores Décors : Dante Mendoza Distribution : Pyramide Distribution Son : Albert Michael Idioma Durée : 110 min
Casting : Jaclyn Jose : Rosa Julio Diaz : Nestor Felix Roco : Jackson Jomari Angeles : Erwin
L’impression que vous laissez un film tient à ses caractéristiques et qualités intrinsèques, mais aussi parfois du décalage entre ce à quoi on s’attend et ce que à quoi on assiste finalement. L’effet de surprise peut bien sûr être positif ou négatif, mais il peut changer radicalement votre opinion sur un long métrage. J’avais quand même lu un certain nombre de choses sur Sausage Party. Cependant, j’étais loin de m’imaginer ce qui allait m’être proposé. Un dessin-animé pour adultes certes, mais j’ai passé le film à me dire « non, quand même, ils ont osé »… Ca va loin… mais c’est bon quand ça va loin généralement !
Sausage Party est certainement encore plus drôle pour les vrais anglophones, capables de comprendre dix jeux de mots à la seconde à partir de mots d’argot. On saluera donc le travail de traduction de ceux qui ont proposé les sous-titres qui ont du vraiment se creuser la tête pour trouver systématiquement un équivalent en français. Forcément, on y perd un peu, mais rarement un film aura autant joué sur les mots. Les mots crus certes, mais les mots quand même. Le tout s’accompagne d’une foule de « gags » visuels ou situationnels. On pensera ce qu’on veut de cet humour, mais on peut reconnaître qu’en terme d’intensité, le film met la barre très haute. Après, il est vrai, on est quand même largement constamment sur le même registre.
Il est clair que Sausage Party a de grandes limites, comme toutes parodies qui forcément recyclent au moins autant qu’ils n’inventent. J’ai d’ailleurs peur d’être très déçu si un jour je devais le revoir, car sans l’effet de surprise ne jouerait plus et beaucoup de faiblesses me sauteraient peut-être alors aux yeux. Mais rarement j’aurais passé une séance de ciné la bouche bée, au sens premier du terme, réellement estomaqué par ce que je voyais. Le final constitue notamment un spectacle des plus… non je ne saurais même pas le décrire. D’ailleurs, ce serait trop cruel de gâcher ainsi cet effet de surprise qui fait de ce film potentiellement un moment assez inoubliable.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : Nitrogen Studios, Annapurna Pictures, Point Grey Pictures, Columbia Pictures Distribution : Sony Pictures Releasing France Réalisation : Conrad Vernon, Greg Tiernan Scénario : Seth Rogen, Evan Goldberg, Kyle Hunter, Ariel Shaffir Montage : Kevin Pavlovic Format : couleur – 1,85:1 – son Dolby Digital / DTS / Dolby Surround 7.1 / SDDS / Auro 11.1 Décors : Kyle McQueen Son : Phillip Bladh Musique : Christopher Lennertz, Alan Menken Directeur artistique : Kyle McQueen Durée : 89 min
Casting : Paul Rudd : Darren Craig Robinson : M. Grits Danny McBride : Moutarde au Miel Michael Cera : Barry James Franco : le Drogué Bill Hader : Firewater, une bouteille de tequila et El Guaco Jonah Hill : Carl Kristen Wiig : Brenda Bunson Seth Rogen : Frank et le sergent Pepper Nick Kroll : Douche
Certaines choses s’attendent impatiemment. La venue du Père Noël, le treizième mois, le Grand Soir… Au cinéma, chaque nouveau film de Clint Eastwood entre dans cette catégorie. Un immense réalisateur qui aura rarement déçu tout au long de sa longue carrière désormais. Et ce n’est toujours pas pour cette fois-ci car Sully est un des grands moments de cette fin d’année cinématographique.
L’histoire de Sully est de celles qui valent bien un film. De celles même qui méritent un grand réalisateur derrière la caméra. Une histoire trop belle pour être vraie et qui l’est pourtant. Il y avait donc de quoi faire un beau film à la condition de ne pas céder à la tentation de rendre encore plus spectaculaire ce qui se suffit à lui-même. La retenue et la maîtrise dont fait preuve Clint Eastwood constituent la grande force de ce film. Un film qui est infiniment plus qu’un film catastrophe qui bénéficie d’un scénario d’une grande richesse parfaitement construit.
Et tout ceci ne fonctionnerait pas si bien sans un immense Tom Hanks qui éclabousse le film de sa classe et de son charisme. Un peu comme pour le Pont des Espions de Steven Spielberg, il y a un an, il arrive à donner au film tout entier une dimension supplémentaire. Le scénario tourne autant sur les sentiments de ce personnage, devenu en quelques minutes un héros pour tout un pays, que sur son « exploit » en lui-même. Là aussi beaucoup de sobriété pour un très grand rôle interprété avec une justesse rare. Sully représente donc une réussite totale. Le sujet n’autorisait peut-être pas à donner un film immense, mais force est de constater qu’il pouvait être difficilement plus grand.
LA NOTE : 14,5/20
Fiche technique : Production : Malpaso Productions, The Kennedy/Marshall Company, Flashlight Films, RatPac, Village Roadshow Pictures, Warner Bros Distribution : Warner Bros. Pictures France Réalisation : Clint Eastwood Scénario : Todd Komarnicki, d’après les livres de Chesley Sullenberger et Jeffrey Zaslow Montage : Blu Murray Photo : Tom Stern Décors : James J. Murakami Musique : Christian Jacob, Tierney Sutton Band Costumes : Deborah Hopper Durée : 96 min
Casting : Tom Hanks : Chesley Sullenberger dit Sully Aaron Eckhart : Jeff Skiles Laura Linney : Lorraine Sullenberger Valerie Mahaffey : Diane Higgins Mike O’Malley : Charles Porter Jamey Sheridan : Ben Edwards Anna Gunn : Elizabeth Davis Holt McCallany : Mike Cleary
J’ai souvent souligné la capacité récente du cinéma français de s’emparer d’événements quasiment d’actualité pour en faire des films. Un nouvelle preuve avec la Fille de Brest qui nous plonge dans les coulisses du scandale du Mediator. Une vision quasi hagiographique du combat d’Irène Frachon. Mais le tout est réalisé avec assez de talent pour être convaincant. Et puis un peu de cinéma militant ne fait jamais de mal.
La Fille de Brest tire son intérêt de deux éléments principaux. Tout d’abord, la reconstitution très précise des faits de manière assez exhaustive. C’est une force, mais aussi une faiblesse de ce film. En effet, la volonté de tout relater précisément donne un film d’un peu plus de deux heures et se fait au détriment au rythme qui connaît quelques trous d’air. On en ressort cependant en ayant l’impression de tout savoir tout ce qu’il y a à savoir sur ce scandale et la manière donc il a éclaté.
Ensuite, la Fille de Brest est un film portrait, celui d’Irène Frachon. Elle est incarnée par Sidse Babett Knudsen qui fait une seconde incursion dans le cinéma français après l’Hermine. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle incarne son personnage avec une énergie folle. Mais là aussi cette énergie est un peu à la fois une force et un faiblesse car elle donne parfois l’impression d’en faire un peu trop. On sent aussi bien que le français n’est pas sa langue maternelle et cela donne un jeu un peu forcé parfois. Mais heureusement la caméra d’Emmanuelle Bercot pose sur elle un regard assez doux pour que l’on ressente un grand attachant pour ce personnage objectivement admirable. Et du coup, on partage très vite son indignation et son envie d’agir ! Des sentiments salutaires !
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Haut et Court, France 2 Cinéma, Canal +, Cine +, Wild Bunch Distribution : Haut et Court Réalisation : Emmanuelle Bercot Scénario : Séverine Bosschem, Romain Compingt, Emmanuelle Bercot, d’rpès le livre d’Irène Frachon, Mediator 150 mg Montage : Julien Leloup Photo : Guillaume Schiffman Décors : Eric Barboza Son : Pierre André, Jérôme Chenevoy, Séverin Favriau, Stéphane Thiebaut Musique : Martin Wheeler, Bloum Effets spéciaux : Pierre-Olivier Persin (dit POP) Costumes : Pascaline Chavane Durée : 128 mn
Casting : Sidse Babett Knudsen : Irène Frachon Benoît Magimel : Antoine Le Bihan Charlotte Laemmel : Patoche Isabelle De Hertogh : Corinne Zacharria Lara Neumann : Anne Jouan Philippe Uchan : Aubert Patrick Ligardes : Bruno Frachon Gustave Kervern : Kermarc
Un univers aussi riche que celui d’Harry Potter a donné lieu à bien des ouvrages détaillant en long et en large sa géographie, ces coutumes, son histoire…et sa biologie. Ainsi, les Animaux Fantastiques est le titre d’un bestiaire écrit par JK Rowling herself ! Une « catalogue » donc de bêtes curieuses, étranges et forcément un peu magiques, dont Hollywood va tirer une trilogie. On attend avec impatience l’adaptation du catalogue Ikea. Bon, j’arrête tout de suite le sarcasme car les Animaux Fantastiques, le film cette fois-ci, est particulièrement réussi et personne ne regrette de le voir apparaître sur nos écrans.
Les Animaux Fantastiques nous emmène de l’autre côté de l’Atlantique et dans les années 20. Il s’agit bien du même univers (Dumbledore est déjà à la tête de Poudlard), mais ces deux éléments séparent assez les deux histoires pour donner de trop l’impression d’un produit dérivé manquant d’originalité. Il y a donc le bon équilibre entre l’envie de retrouver une magie familière et l’envie d’être étonné par des choses nouvelles. C’est la grand force de ce film qui ravira les fans de la saga et pourra tout à fait séduire un public nouveau.
Les Animaux Fantastiques est un film d’aventures assez classiques dans ses péripéties, mais qui bénéficient pleinement de l’imagination féerique de JK Rowling. Le bestiaire est séduisant, même si les effets spéciaux leur donnant vie ne sont pas toujours parfaits. Mais rien qui puisse gâcher le plaisir. Le point fort reste cependant les personnages, le héros principal en tête, mais aussi tous les acolytes, bons ou méchants, qui croiseront sa route. Une caractéristique qui rappelle une saga à grand succès… Ah oui Harry Potter !
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : David Heyman, Steven Kloves, J. K. Rowling, Lionel Wigram, Heyday Films, Warner Bros., Wigram Productions Distribution : Warner Bros. Pictures France Réalisation : David Yates Scénario : J. K. Rowling, d’après son livre Les Animaux fantastiques Montage : Mark Day Photo : Philippe Rousselot Format : couleur – 35 mm – 2,35:1 (Panavision) – son Dolby Digital / DTS / Dolby Atmos Décors : James Hambidge Son : Glenn Freemantle Musique : James Newton Howard Directeur artistique : Stuart Craig Durée : 133 min
Casting : Eddie Redmayne : Norbert Dragonneau Colin Farrell : Percival Graves Faith Wood-Blagrove : Modesty Bellebosse Samantha Morton : Mary Lou Bellebosse Carmen Ejogo : Séraphine Picquery Alison Sudol : Queenie Goldstein Katherine Waterston : Porpentina « Tina » Goldstein Dan Fogler : Jacob Kowalski Jenn Murray : Chastity Bellebosse Ezra Miller : Croyance Bellebosse
En ayant un peu ras le bol de courir après mon retard, voici un avis rapide sur un certain nombre de films vus ces dernières semaines et sur lesquels je n’ai pas envie de m’étaler plus que ça. On commence par le Client, dernier film de Asghar Faradi qu’on avait connu plus en forme. La faute à une histoire qui n’a pas un intérêt terrible. Le réalisateur ne semble d’ailleurs pas vraiment quel ton lui donner et filme ses acteurs d’une manière quelque peu paresseuse, comme s’il espérait que la lumière vienne spontanément de leur jeu. Reste le portrait de la société iranienne qui ressort forcément en creux qui constitue au final la seule raison d’aller voir ce film. C’est un peu léger, mais c’est déjà plus que pour beaucoup de long métrage sur nos écrans.
Swagger nous plonge lui aussi au cœur d’une réalité sociale, mais cette fois-ci beaucoup plus proche. Le film nous fait rencontrer une dizaine d’adolescents de Seine-Saint-Denis qui nous parle de leur quotidien, de leur vision de la vie et de leurs aspirations. Un portrait loin de tous les clichés, mais qui n’esquive rien. On tombe sous le charme de ces gamins à la personnalité parfois bien affirmée. Tout n’est pas rose, certains de leurs propos font un peu peur. Mais le film donne aussi beaucoup d’espoir, tant on sent qu’il existe un réel potentiel chez eux, que leur manière de pensée en vaut bien d’autre et qu’elle n’a surtout rien d’uniforme. Ils font parfois preuve d’une lucidité étonnante, mais au fond on sent chez eux la même aspiration au bonheur que chez n’importe qui. Bref, il y a des êtres humains même en Seine-Saint-Denis !
On change totalement de genre et accessoirement de budget avec Alliés, la nouvelle superproduction signé Robert Zemeckis qui rassemble à l’écran Brad Pitt et Marion Cotillard. Le résultat tient malheureusement du gros navet, ou tout du moins du film vraiment raté. Le seul élément du scénario, la tension psychologique autour du mensonge soupçonné, ne tient finalement qu’une toute petite place, noyé dans des scènes d’action parfois un peu ridicule. Le film s’ouvre d’ailleurs sur un scène de saut en parachute qui bénéficie d’effets spéciaux très certainement signés par un stagiaire débutant. Cela donne le ton de ce film parfois involontairement risible.
Le film de genre prend peu à peu ses lettres de noblesse dans le cinéma français, même s’il ne bénéficie pas encore des mêmes moyens que pour les productions hollywoodiennes. Nouvelle preuve avec Ares, un film d’anticipation tendance cyberpunk plutôt réussi. Pas de déluge d’effets spéciaux, pas de réalisation aussi aboutie que celle de Ridley Scott pour Blade Runner, mais le film propose un spectacle cohérent, agréable et rythmé. Le film n’a pas peur de faire moins d’une heure et demi pour se concentrer sur l’essentiel, sans pour autant dédaigner de creuser assez les personnages pour leur donner un peu d’épaisseur. Cela ne restera pas un film culte du genre, mais c’est agréable de voir ce genre de production chez nous.
On termine avec Theeb, un film qui nous emmène dans le même décor que Lawrence D’Arabie, mais avec infiniment moins de moyen et d’ambition. Le scénario reste assez simple, aurait pu être celui d’un western. Le manque de moyen est assez flagrant, mais les paysages sont superbes. L’histoire n’a rien d’enthousiasmante, ni rien de particulièrement originale (deux « ennemis » obligés de collaborer pour survivre en plein désert), mais les amateurs de films d’ailleurs (il s’agit d’une production Jordano-emirati-quatarienne) y trouveront leur compte.
LES NOTES : LE CLIENT : 10/20 SWAGGER : 13/20 ALLIES : 06/20 ARES : 12,5/20 THEEB : 11/20
Notre rapport à la mort, surtout dans nos sociétés occidentales, constitue un thème inépuisable, mais où il est difficile de s’aventurer. En effet, le pathos à outrance menace toujours. Si la perte d’un être cher est évidemment un drame, quelles que soient les circonstances, aller au delà de cette émotion primaire n’est pas aisée. Réparer les Vivants va beaucoup plus loin en reliant de manière magnifique la vie et la mort. Il démultiplie ainsi l’émotion pour nous proposer un des plus beaux films de cette année 2016.
Katell Quillévéré confirme qu’elle est à la fois une remarquable scénariste et une formidable réalisatrice. Réparer les Vivants peut se résumer comme une superbe histoire parfaitement mise en images. Une histoire qui nous présente plusieurs destins parallèles mais au service d’une réflexion globale sur la vie et la mort. Le film n’a rien d’un plaidoyer pour le don d’organe, mais un vrai récit humaniste qui ne se contente pas d’être une somme de portraits. On en ressort passablement bouleversé, secoué et interrogatif par rapport à son propre rapport au deuil, au corps et finalement à l’existence tout entière.
Réparer les Vivants bénéficie d’un casting hors pair. La direction d’acteur s’en trouve évidemment facilitée, même s’il serait injuste de ne pas souligner la qualité du travail de Katell Quillévéré en la matière. Si Tahar Rahim et Emmanuelle Seigner occupent le haut de l’affiche, on retiendra avant tout la bouleversante interprétation d’Anne Dorval. On notera également le très beau rôle de Kool Shen, prouvant que les anciens de NTM n’excellent pas que dans le rap. Le tout bénéficie d’une photographie et d’un sens de l’image qui vient amplifier encore l’émotion. Une émotion qui n’a rien de sombre, mais souligne au contraire à quel point la vie vaut le coup d’être vécue.
LA NOTE : 15/20
Fiche technique : Production : Les films du Bélier, Les Films Pelléas, Jouror cinéma, CN5 productions, Ezekiel Film, Frakas, Proximus, France 2, Mars Distribution : Mars films Réalisation : Katell Quillévéré Scénario : Katell Quillévéré, Gilles Taurand, d’après le roman de Maylis de Kerangal Montage : Thomas Marchand Photo : Tom Harari Décors : Dan Bevan Musique : Alexandre Desplat Costumes : Isabelle Pannetier Durée : 103 mn
Casting : Tahar Rahim : Thomas Remige Emmanuelle Seigner : Marianne Anne Dorval : Claire Bouli Lanners : Dr Pierre Revol Kool Shen : Vincent Alice Taglioni : Anne Guérande Finnegan Oldfield : Maxime Gabin Verdet : Simon Dominique Blanc : Lucie More Karim Leklou : Virgilio Breva
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