IRREPROCHABLE : Chabrolien… ou presque

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irreprochableafficheVoir son nom former un adjectif est une des plus grande forme de consécration qui soit pour un artiste. Bon, ce n’est pas toujours très flatteur, comme pour le terme machiavélique, mais tout de même shakespearien ou cornélien sont des termes qui font honneur aux auteurs dont ils sont issus. Chabrolien n’est pas encore dans le dictionnaire, mais l’affiche d’Irréprochable fait clairement référence au cinéma de Claude Chabrol qui a suffisamment marqué le cinéma français pour définir un genre cinématographique à part entière. Mais voilà n’est pas Claude Chabrol qui veut.

L’inspiration est claire, mais le talent pas tout à fait le même. Non dans la réalisation ou l’interprétation. Sébastien Marnier parvient à créer une vraie tension narrative tout au long du film. C’est d’ailleurs ce qui sauve le film, ce léger malaise que l’on ressent tout du long face à ce personnage incroyablement ambigu. Un personnage remarquablement interprété par Marina Foïs qui prouve une nouvelle fois qu’elle est vraiment à l’aise dans tous les registres. Le film doit beaucoup à son talent.

irreprochableMalheureusement, toutes ces qualités s’expriment à travers un scénario dont le dénouement est assez évident. Irréprochable est très linéaire et on ne doute pas une seconde de là où il va nous mener. Il n’y a pas vraiment de rebondissements, plutôt les pièces d’un puzzle qui se mettent en place les unes après les autres, sans jamais vraiment nous surprendre. C’est la limite de ce film formellement réussi, mais qui laisse un peu trop froid pour être vraiment marquant.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Réalisation : Sébastien Marnier
Scénario : Sébastien Marnier
Musique : Zombie Zombie, Pascal Mayer et Steve Bouyer
Montage : Laurence Bawedin
Photographie : Laurent Brunet
Décors : Mathieu Menut
Costumes : Marité Coutard
Producteur : Caroline Bonmarchand
Production : Avenue B Productions
Durée : 103 minutes

Casting :
Marina Foïs : Constance
Jérémie Elkaïm : Philippe
Joséphine Japy : Audrey
Benjamin Biolay : Gilles
Jean-Luc Vincent : Alain
Jeanne Rosa : Nathalie
Véronique Ruggia Saura : l’avocate

TARZAN : Petit cri d’été

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tarzanafficheTarzan est un mythe presque aussi vieux que le cinéma. Il revient régulièrement à l’écran avec plus ou moins de réussite. Cependant, on a l’impression qu’à l’heure des super-héros aux pouvoirs dépassant l’entendement, le personnage a un peu vieilli et qu’il n’y a plus grande chose de nouveau à raconter sur Lord Greystoke. C’est donc sans provoquer grande impatience qu’est sorti Tarzan. Un film finalement plaisant, moins prévisible que ce que l’on pouvait craindre.

Tarzan ne raconte pas l’histoire de Tarzan tel qu’on la connaît. Il nous présente un Lord Greystoke qui a tourné le dos depuis longtemps à sa vie dans la jungle et qui vit pleinement sa vie de noble anglais aux multiples responsabilités. Mais évidemment, certains événements le conduiront à revenir dans les terres hostiles du Congo où il a grandi et tissé sa légende. Bon ok, je viens de spoiler la principale surprise du scénario, mais ça m’arrive assez peu souvent donc vous me pardonnerez. Bref, au moins, l’histoire racontée ne l’a pas été déjà été des dizaines de fois, à défaut d’être vraiment originale au sens strict du terme.

tarzanEn effet, Tarzan est un film d’aventures distrayant et assez bien foutu. Il mise avant tout sur le spectaculaire des décors et des scènes d’action plutôt bien troussées, les personnages restant tout de même assez basiques. Voir Alexander Skarsgard sur grand écran fera plaisir aux fans de True Blood, mais il faut bien avouer que son jeu est beaucoup plus limité que la musculature de son torse. Bref, le film est rempli de limites, n’est peut-être pas à la hauteur du mythe, mais constitue un divertissement estival qui en vaut bien d’autres.

LA NOTE : 11,5/20

Fiche technique :
Production : Dark Horse Entertainment, Jerry Weintraub Productions, Riche Productions, Village Roadshow Pictures, Warner Bros.
Distribution : Warner Bros.
Réalisation : David Yates
Scénario : Stuart Beattie, Craig Brewer, John Collee, Adam Cozad
Montage : Mark Day
Photo : Henry Braham
Décors : Stuart Craig
Musique : Rupert Gregson-Williams
Directeur artistique : Stuart Craig
Durée : 110 min

Casting :
Alexander Skarsgård : John Clayton III, Lord Greystoke dit Tarzan
Christoph Waltz : le Capitaine Léon Rom
Margot Robbie : Jane Porter
Osy Ikhile : Kwete
Djimon Hounsou : le chef Mbonga
Samuel L. Jackson : George Washington Williams
Ben Chaplin : Capitaine Moulle
Jim Boradbent : le premier ministre

L’OUTSIDER : Les hommes et le système

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loutsiderafficheLe cinéma français a désormais totalement intégré la possibilité de faire des films à partir de sujets ayant récemment fait la une de l’actualité. Il y a quelques années, il aurait été inimaginable de voir aussi vite un film sur l’affaire Kerviel. L’Outsider nous fait donc découvrir le parcours du trader le plus célèbre de la planète de son arrivée à la Société Générale à son départ avec grand fracas. Un film maîtrisé, pas totalement inintéressant, mais sans point de vue.

L’Outsider ne propose pas de réelles révélations. Il s’agit plutôt d’une plongée dans les détails de l’affaire et du fonctionnement du salle de marché. Cela n’a pas non plus le côté exhaustif et pédagogique que pourrait avoir un documentaire. C’est donc instructif, mais tout de même un peu frustrant. Le sujet principal du film reste tout de même la psychologie de Jérôme Kerviel qui l’a poussé dans cette fuite en avant totale et sans retour. Là encore, le sujet n’est pas non plus traité avec une profondeur abyssale, même si le propos est convaincant, à défaut de surprises.

loutsiderGlobalement, l’Outsider reste tout de même globalement réussi. Les acteurs sont assez impliqués pour crédibiliser leurs personnages. Le scénario est assez bien écrit pour créer une tension qui prémunit le spectateur de l’ennui. En fait, on regretterai presque le film ne soit pas une pure fiction comme Margin Call pour s’affranchir totalement du respect des faits tels qu’ils se sont déroulés pour nous proposer une histoire réellement passionnante. A défaut, le film reste un peu entre deux, mais entre deux parties tout de même assez réussies.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Christophe Barratier
Scénario : Christophe Barratier et Laurent Turner, d’après L’Engrenage : mémoires d’un trader de Jérôme Kerviel
Décors : Émile Ghigo
Costumes : Jean-Daniel Vuillermoz
Photographie : Jérôme Almeras
Montage : Yves Deschamps
Musique : Philippe Rombi
Production : Jacques Perrin et Nicolas Mauvernay
Producteurs associés : Jean Labadie, Jérôme Corcos, Stéphane Simon et Christophe Barratier
Durée : 117 minutes

Casting :
Arthur Dupont : Jérôme Kerviel
François-Xavier Demaison : Fabien Keller
Sabrina Ouazani : Sofia
Tewfik Jallab : Samir
Thomas Coumans : Mathieu Priester
Sören Prévost : Benoit Froger
Franz-Rudolf Lang : Sébastien Mangelle
Luc Schiltz : Colin Blake
Mohamed Arezki : Nouredine
Ambroise Michel : Tiago
Benjamin Ramon : Ben
Stéphane Bak : Jules
Mas Belsito : Lulu
Roby Schinasi : Frédéric Bourboulon
Sophie-Charlotte Husson : Valérie Casanova

L’AGE DE GLACE : LES LOIS DE L’UNIVERS : Parce que Scrat… mais pas que…

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lagedeglacelesloisdeluniversafficheN’étant pas vraiment fan du Monde de Némo, je n’attendais rien du Monde de Dory et j’avais bien raison pour le coup. N’étant pas vraiment fan de l’Age de Glace, vous imaginez bien que j’attendais encore moins d’un 5ème volet, sous-titré les Lois de l’Univers. Vu la médiocrité du quatrième volet, on pouvait difficilement voir la franchise relancée de manière convaincante… Et pourtant… Comme quoi il ne faut jamais douter de rien ou perdre espoir.

Pourquoi aller voir le 5ème volet d’une saga que l’on trouve moyenne, me direz-vous ? Enfin que vous me le disiez ou non, je vais vous répondre. Scrat ! Parce que Scrat ! Parce que même pour les quelques minutes où il apparaît à l’écran, cela vaut bien une séance de cinéma. Et dans l’Age de Glace : les Lois de l’Univers, il est à son sommet ! Le cartoon à l’ancienne n’est pas mort, il vit encore à travers cet écureuil à dents de sabre et son éternel gland ! Et c’est tant mieux.

lagedeglacelesloisdeluniversMais L’Age de Glace : les Lois de l’Univers ne se résume pas à cet aspect-là. L’histoire principale est elle aussi particulièrement réjouissante. Nous ne sommes pas là devant un vrai chef d’œuvre, mais au moins elle ne m’a pas laissé sur la même impression mitigée que pour les autres volets. C’est drôle, rythmé, propose quelques jolies surprises. Bref, on ne s’ennuie pas une seconde, petits comme grands. Et c’est bien tout ce que l’on demande à ce genre de film !

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : Blue sky studios, Fox animations studios
Distribution : 20th century fox france
Réalisation : Mike Thurmeier, Galen T. Chu
Scénario : Michael J. Wilson, Michael Berg, Yoni Brenner, Aubrey Solomon
Montage : James Palumbo
Photo : Renato Falcao
Musique : John Debney
Directeur artistique : Michael Knapp
Durée : 94 min

Casting :
Adam Devine : Julian
Ray Romano : Manny
John Leguizamo : Sid
Denis Leary : Diego

LOVE AND FRIENDSHIP : La chasse au mari

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loveandfriendshipafficheNe sachant pas par où commencer ma critique sur Love and Friendship, je préfère le dire. Je sais, c’est un subterfuge que j’emploie de temps en temps quand je n’ai pas du tout d’inspiration. Ce n’est pas que je n’ai rien à dire sur ce film, mais il est vrai qu’il n’offre pas de caractéristique vraiment saillante. Adaptation d’un roman épistolaire de Jane Austen, il nous plonge dans un marivaudage où les femmes doivent à tout prix trouver un bon parti pour assurer leur survie. Et pour y arriver, elles doivent faire preuve d’un sens de la manipulation, qui pourrait, à première vue, conforter tous ceux qui trouvent que les femmes sont particulièrement perfides. Vous imaginez bien, connaissant Jane Austen, que le propos est beaucoup plus subtil que ça !

Il n’est pas forcément facile de rentrer dans Love and Friendship. En effet, les dialogue sont très littéraires (sûrement tirés directement du roman) et les acteurs ne sont pas super à l’aise avec. Cela donne un spectacle un peu étrange, quelque peu artificiel. Puis, les comédiens s’approprient peu à peu leurs rôles respectifs, comme les spectateurs s’approprient les personnages et les intrigues. Cela donne un charme particulier à ce film, souligné par des effets de mise en scène, comme la présentation des personnages, telles les premières pages d’une pièce de théâtre. On fini ainsi par s’intéresser de très près à cette histoire qui recèle en son sein bien plus de sujets qu’elle en a l’air à première vue.

loveandfriendshipLe grand intérêt de Love and Friendship est d’aborder les sujets avec beaucoup de subtilité et sans parti pris. En effet, personne n’est tout à fait une victime, ni tout à fait un coupable. Certes, il évoque largement la situation difficile des femmes seules à cette époque, mais sans pour autant oublier de souligner le comportement parfois vénal de certaines. Bref, un vrai portrait social où tout le monde en prend pour son grade. Une vision lucide, pleine de mordant et d’ironie sur l’hypocrisie de ce qui s’apparente beaucoup plus à des postures qu’à une réelle moralité. On appréciera également en passant les très jolis costumes qui font oublier le manque de moyen évident qui a présidé à l’élaboration des décors.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : Westerly Films, Blinder Films, Chic, Revolver Films, Arte France Production
Distribution : Sophie Dulac Distribution
Réalisation : Whit Stillman
Scénario : Whit Stillman d’après l’oeuvre de Jane Austen
Montage : Sophie Corra
Photo : Richard Van Oosterhout
Décors : Anna Rackard
Musique : Benjamin Esdraffo, Etienne Jardin
Directeur artistique : Louise Mathews
Durée : 92 min

Casting :
Kate Beckinsale : Lady Susan Vernon
Chloë Sevigny : Mrs. Alicia Johnson
Xavier Samuel : Mr. Reginald DeCourcy
Morfydd Clark : Miss Frederica Susanna Vernon
Emma Greenwell : Mrs. Catherine Vernon
Jenn Murray : Lady Lucy Manwaring
Lochlann O Mearain : Lord Manwaring
Stephen Fry : M. Johnson
Tom Bennett : Sir James Martin

THE STRANGERS : Effroi coréen

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thestrangersafficheLe cinéma coréen fournit au monde les polars les plus noirs et les plus inquiétants que l’on puisse imaginer. J’ai Rencontré le Diable était ainsi un sommet du genre. Mais cette région de notre planète est aussi riche d’un folklore fait d’esprits revenants et de fantômes riches et lui aussi possiblement très inquiétant. Un mélange des deux ne pouvait donner qu’un film forcement… flippant ! En effet, The Strangers va bien au-delà et apporte une bonne dose d’effroi et de noirceur absolue.

The Strangers commence comme un polar assez classique. Puis l’intrigue vient s’enrichir de ce que l’on prend d’abord pour de la superstition, mais qui prend de plus en plus de consistance. Une des grandes forces de ce film est d’arriver à plonger le spectateur dans une abysse de perplexité. D’abord incrédule, il se demande s’il doit finalement croire au caractère surnaturel et sombrement magique de certaines apparences. Évidemment, je ne dirai rien de ce qu’il en est au final. Le mieux est de se laisser porter par ce film qui mène vers des chemins sombres et inattendus.

thestrangersAu-delà de son scénario, The Strangers est un film intense, impeccablement réalisé et parfaitement interprété. On saluera notamment la performance de la jeune Kim Hwan-hee, le genre de performance qui doit marquer à un si jeune âge et qu’on n’aimerait pas voir réalisé par se propre fille. Globalement, la maîtrise dont fait preuve Na Hong-jin tient de la virtuosité. Il nous avait déjà scotché à notre fauteuil en 2008 avec The Chaser, mais il signe là un film d’une dimension supplémentaire. La Corée nous livre chaque année au moins un petit chef d’œuvre. Celui de 2016 sera une très grande cuvée.

LA NOTE : 15/20

Fiche technique :
Production : Fox international productions, Fox video Korea
Réalisation : Na Hong-jin
Scénario : Na Hong-jin
Montage : Sun-min Kim
Photo : Alex Hong Kyung-Pyo
Décors : Lee Hwo Kyung
Distribution : Metropolitan FilmExport
Musique : Jang Young-gyu, Dalpalan
Durée : 156 min

Casting :
Kwak Do-won : Jong-goo
Hwang Jeong-min : Il-gwang
Cheon Woo-hee : Moo-myeong
Kim Hwan-hee: Hyo-jin
Jun Kunimura : l’étranger

L’EFFET AQUATIQUE : La beauté des flots

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leffetaquatiqueafficheLa comédie romantique à la française se caractérise souvent par ses personnages timides, un rien névrosés, flirtant parfois avec le carrément asociaux. Le cinéma hexagonal est souvent focalisé sur ces différences de caractère, quand le cinéma américain va plutôt baser le scénario sur des différences sociales (Pretty Woman) ou sur le dragueur (ou dragueuse) invétéré que le vrai et grand amour doit ramener dans le droit chemin… Si ce dernier engendre les plus grands succès commerciaux, notre pays offre tout de même aux spectateurs de très beaux films comme Angèle et Tony ou les Emotifs Anonymes. A cette longue liste de réussites, on pourra ajouter l’Effet Aquatique.

L’Effet Aquatique est effectivement un beau film. Tout d’abord, une belle histoire qui propose bien des surprises et des situations inattendues. Elle nous emmène de la Seine St Denis à l’Islande, mais au gré de péripéties parfois loufoques. Le tout donne un ton légèrement décalé au film et crée une ambiance assez poétique et, pour tout dire, un rien lunaire. Le tout est porté par une réalisation sobre, mais qui met parfaitement en valeur aussi bien les personnages que les situations. Elle arrive à crée une certaine tension « érotique » quand les corps sont amenés à se toucher ou les regards se croiser pendant des leçons de natation. Il s’agit là d’un modèle de représentation de la naissance du désir tout en gardant une grande pudeur.

leffetaquatiqueL’Effet Aquatique constitue surtout la révélation sur grand écran de Florence Loiret-Caille, que l’on a connu tout d’abord sur petit écran dans le Bureau des Légendes. Elle confirme ici tout son potentiel dans ce très beau rôle qu’elle interprète avec justesse et subtilité. A ses côtés, Samir Guesmi est dans un registre qu’on lui connaît, avec sa grande silhouette et son air toujours un peu détaché. Il forme un couple à la fois improbable et évident. En tout cas, ils arrivent à nous faire croire à cette histoire et c’est souvient bien ce que l’on demande à une comédie romantique. Autour d’eux, fourmillent une foule de seconds rôles, souvent burlesques, interprétés aussi bien par des acteurs français qu’islandais. Ils participent tous au charme particulier de ce film touchant et particulièrement sympathique.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Agat Films, Ex Nihilo, Zik Zak Filmworks
Réalisation : Solveig Anspach
Scénario : Solveig Anspach, Jean-Luc Gaget
Montage : Anne Riegel
Photo : Isabelle Razavet
Décors : Marie le Garrec
Distribution : Le Pacte
Durée : 83 min

Casting :
Florence Loiret-Caille : Agathe
Samir Guesmi : Samir
Didda Jonsdottir : Anna
Philippe Rebbot : Reboute
Esteban : Daniel
Olivia Côte : Corinne

LA TORTUE ROUGE : Conte d’aujourd’hui

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latortuerougeafficheSi l’histoire a ancré dans la mémoire collective beaucoup de contes (de fée ou pas), le monde moderne n’en produit beaucoup plus de nouveau. Certes, il y a le phénomène Reine des Neiges, mais force est de constater que le grand succès Disney précédent était Raiponce, une histoire inventée il y a quelques siècles déjà. Cependant, le genre n’est pas totalement mort. La preuve avec La Tortue Rouge, une collaboration entre le meilleur de l’animation française et japonaise (le studio Ghibli himself).

La Tortue Rouge est un vrai conte, rempli de beaucoup de magie et de poésie. Une histoire sans aucun dialogue, mais sans que cela n’enlève rien à sa richesse. Au contraire, cela permet au film de toucher un imaginaire universel. On se laisse porter par une histoire simple, mais tout de même surprenante. Rien ne permet de savoir où elle nous mènera. Pas de voyage intergalactique, pas de bataille épique, mais assez de consistance pour un récit qui en vaut bien d’autres.

latortuerougeLa Tortue Rouge est graphiquement très réussi. Il y a un peu de naïveté dans le trait, mais c’est pour mieux retrouver le charme d’un dessin réalisé par la main de l’homme et non simplement une machine. Une petite touche vintage donc, mais qui vient renforcer le caractère universel de cette histoire. L’ambiance visuelle colle globalement parfaitement avec la teneur du récit. Tout ceci concourt à la réussite de ce très joli film qui ravira petits et grands et tout ceux un minimum sensibles à la poésie.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : Studio Ghibli, Wild Bunch, Why Not Productions, CN4 Productions, Arte France Cinéma, Belvision
Réalisation : Michael Dudok de Wit
Scénario : Michael Dudok de Wit, Pascale Ferran
Montage : Céline Kélépikis
Décors : Julien de Man
Distribution : Wild Bunch Distribution
Musique : Laurent Perez del Mar
Directeur artistique : Isao Takahata
Durée : 80 min

LE MONDE DE DORY : Ne coule pas, mais flotte à peine

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lemondededoryafficheLe Monde de Némo ne fait absolument pas partie de mes films culte, aussi fan de l’univers des studios Pixar que je sois. Peut-être étais-je dans un mauvais jour quand j’ai été le voir au cinéma, mais j’en garde un souvenir tout ce qu’il y a de périssable. C’est donc sans aucune attente particulière que je suis allé voir Le Monde de Dory. Un film au final divertissant, mais qui ne casse pas trois pattes à un canard… Ou plutôt cinq nageoires à un poisson.

Le Monde de Dory reste assez rythmé pour que l’on ne s’ennuie pas. Au final, c’est tout ce que l’on demande à un divertissement familial, qui plus est une suite qui ne révolutionnera donc de toute façon pas le genre. Cependant, on attend quand même autre chose des studios Pixar. Au moins quelques séquences mémorables. Quelques moments de bravoure cinématographiques qui vaudrait le déplacement. On ressort relativement frustré à ce niveau là car le film ne propose que quelques fulgurances bien trop fugaces.

lemondededoryMais à l’inverse, le Monde de Dory sombre quelque fois dans le n’importe quoi. La séquence finale est notamment trop improbable pour être honnête. Certes, on ne va pas demander du réalisme à un film d’animation sur des poissons qui parlent, mais cela n’empêche pas un minimum de sens de la mesure. Pas sûr évidemment que cela, tout comme le côté moralisateur un peu lourdingue, dérangera les plus jeunes, auquel le film est tout de même destiné. Mais Pixar s’est toujours démarqué par sa capacité à rassembler les générations. Ce n’est pas le cas ici. Peut-être que ce n’est que moi qui vieillit… ou pas…

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Production : Pixar Animation Studios, Walt Disney Pictures
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures France
Réalisation : Andrew Stanton, Angus MacLane
Scénario : Andrew Stanton, Victoria Strouse
Montage : Axel Geddes
Photo : Jeremy Lasky
Décors : Steve Pilcher
Musique : Thomas Newsman
Directeur artistique : Don Shank
Durée : 103 min

Casting :
Ellen De Generes : Dory
Albert Brooks : Marlin
Ed O’Neill : Hank
Kaitlin Olson : Destiny
Hayden Rolence : Nemo
Ty Burrell, Kev Adams : Bailey
Diane Keaton : Jenny
Eugene Levy : Charlie
Idris Elba : Fluke

TOUT DE SUITE MAINTENANT : Finance et humanisme

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toutdesuitemaintenantafficheDepuis la crise de 2008, le monde de la finance est devenu un décor classique au cinéma. Il faut dire que ce monde mystérieux se prête bien aux intrigues de tout genre. Voir Pascal Bonitzer s’y intéresser n’est pas très étonnant, connaissant l’amour de ce réalisateur pour les sujets sociaux. Avec Tout de Suite Maintenant il livre une vision critique mais surtout très humaine de ce milieu. Pas sûr que la vision soit très réaliste, mais l’intrigue et l’interprétation sont assez convaincantes pour se suffire à elle-même.

Tout de Suite Maintenant reste avant tout un film de personnages. Les nœuds de l’intrigue se forgent autour de leurs rapports mutuels, entre les événements du présents et les secrets qui ressurgissent du passé. C’est assez classique pour le cinéma français, mais la narration est assez bien construite pour piquer très vite la curiosité du spectateur et la maintenir au maximum tout du long. A côté de ça, la critique du monde de la finances est assez secondaire. Elle soutient l’histoire des personnages plutôt qu’elle constitue un sujet en soi, avec une argumentation réfléchie et élaborée.

toutdesuitemaintenantTout de Suite Maintenant fonctionne grâce notamment au talent multiforme d’Agathe Bonitzer. Sous l’œil de son père, elle est à la fois femme-enfant, femme fatale, avec pourtant un soupçon d’androgynie. Des facettes qui peuvent apparaître contradictoires mais qui s’incarnent toutes entre cette actrice qui a désormais largement dépassé le stade de révélation. Le reste du casting se contente de capitaliser sur son talent. Mais quand il est composé de Lambert Wilson, Isabelle Huppert et Jean-Pierre Bacri, on part sur des bases très élevées. Tout ceci donne un film peut-être moins riche que prévu, mais tout de même très réussi.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation : Pascal Bonitzer
Scénario : Pascal Bonitzer, Agnès de Sacy
Photographie : Julien Hirsch
Montage : Elise Fievet
Musique : Bertrand Burgalat
Direction artistique : Emmanuel de Chauvigny
Décors : Sylvia Kasel
Costumes : Magdalena Labuz, Marielle Robaut
Producteurs : Saïd Ben Saïd, Diana Elbaum, Michel Merkt
Durée : 98 minutes

Casting :
Agathe Bonitzer : Nora Sator
Vincent Lacoste : Xavier
Jean-Pierre Bacri : Serge Sator, le père de Nora
Lambert Wilson : Arnaud Barsac, l’un des deux directeurs
Isabelle Huppert : Solveig, la femme d’Arnaud
Julia Faure : Maya, la sœur de Nora
Pascal Greggory : Prévôt-Parédès, l’un des deux directeurs
Yannick Renier : Van Stratten
Nicole Dogué : Ezilie, l’employée des Barsac
Iliana Lolic : Tina, la compagne de Serge
Virgil Vernier : Zeligmann
Pierre Léon : Léon Méchain
Vladimir Léon : Alexandre Méchain
François Baldassare : Raoul
Laure Roldan : Fleur