X-MEN : APOCALYPSE : Pas l’Apocalypse, mais…

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xmenapocalypseafficheLes films Marvel c’est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Quelques fois, c’est celui avec un cœur praliné trop fondant qui vous fait fondre par la même occasion. D’autres fois, c’est celui qui contient l’alcool immonde, trop mauvais pour être vendu en bouteille et que l’on refourgue par ce biais là. Malheureusement, X-Men : Apocalypse fait malheureusement partie des mauvaises surprises. Car même sans rien en attendre, il se révèle terriblement décevant.

Je ne vais pas discourir longuement sur tous les problèmes de cohérences que pose X-Men : Apocalypse par rapport à la trilogie X-Men originale. Cela ne gênera que les fans comme moi, cependant c’est assez révélateur de la grande médiocrité du scénario. Un scénario qui met un temps fou à vraiment démarrer avant un combat final sans grand intérêt. Au final le seul intérêt de ce film est de savoir comment le Professeur Xavier est devenu chauve. Certes, c’est un détail d’importance, mais déployer tant de moyens et près de deux heures et demi de film.

xmenapocalypseLes scénaristes ont fait preuve d’une telle paresse pour cet épisode qu’ils en viennent à recycler des scènes déjà vue précédemment, en particulier l’intervention de Vif-Argent. Recycler, mais en moins bien, donc sans offrir grand plaisir au spectateur. Bref, on est souvent au bord de l’ennui, les scènes d’action nous sortent de notre torpeur mais sans nous enthousiasmer. Donc pas grand chose à retenir de X-Men : Apocalypse qui ne fait pas honneur à un méchant majeur de l’univers Marvel mais dont la carrière cinématographique sera insignifiante.

LA NOTE : 07/20

Fiche technique :
Production : 20th Century Fox, Marvel Entertainment, Bad Hat Harry Productions, Donners’ Company, Kinberg Genre, TSG Entertainment
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Bryan Singer
Scénario : Simon Kinberg
Montage : Michael Louis Hill, John Ottman
Photo : Newton Thomas Sigel
Décors : Grant Major
Musique : John Ottman
Maquillage : Diala Aleid, Nicole Sortillon Amos
Durée : 147 min

Casting :
Oscar Isaac : En Sabah Nur / Apocalypse
Nicholas Hoult : Hank McCoy / Beast
Jennifer Lawrence : Raven / Mystique
Michael Fassbender : Erik Lehnsherr / Magneto
James McAvoy : Professor Charles Xavier
Rose Byrne : Moira Mactaggert
Evan Peters : Peter Maximoff / Quicksilver
Sophie Turner : Jean Grey

MA LOUTE : Douleur cinématographique

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malouteafficheCertains films sont inintéressants, voire carrément ennuyeux. Il nous plonge dans une torpeur plus ou moins profonde et rende le temps un peu long. On peut laisser librement son esprit divaguer sans trop de scrupule. Au final, on aura perdu un peu plus d’une heure et demi et le prix d’une place de cinéma. Mais certains vont beaucoup plus loin. Ils vous infligent une véritable torture. Ils vous agressent, vous font saigner des yeux et des oreilles en vous donnant l’envie de hurler votre douleur. J’ai déjà vécu ça avec Les Parapluies de Cherbourg ou Mama Mia. Ma Loute est venu s’ajouter à la liste.

Il y a une frontière entre être original et faire n’importe quoi. Ma Loute la franchit allégrement. C’est d’une bêtise sans nom, jamais drôle, absolument pas intéressant. Les personnages sont risibles dans le très mauvais sens du terme. Etre fantasque ne signifie pas que l’on doit aligner les idées sans se soucier de savoir si elles sont bonnes ou mauvaises… surtout quand elles sont à peu près toutes déplorables. On aurait presque pitié, si le tout ne vous mettait pas mal à l’aise tellement c’est affligeant.

malouteLe pire dans Ma Loute reste de loin la direction d’acteurs. L’exploit réussit par Bruno Dumont est tout de même assez exceptionnel. Transformer Fabrice Luchini et Juliette Binoche en clowns pitoyables n’est pas donné à tout le monde. On est gêné pour eux et on souffre profondément de voir ces deux immenses comédiens humiliés ainsi publiquement. Le reste du casting ne vaut guère mieux, à l’exception de la jeune Raph, la seule à qui on demande d’être un minimum naturelle. Le malaise dure tout de même un peu plus de deux heures. Et deux heures de souffrance cinématographique aussi intense restent une épreuve que je ne souhaite à personne.

LA NOTE : -1

Fiche technique :
Production : 3B Productions, Arte France cinéma, Pallas Film, TwentyTwenty Vision
Réalisation : Bruno Dumont
Scénario : Bruno Dumont
Montage : Bruno Dumont, Basile Belkhiri
Photo : Guillaume Deffontaines
Décors : Riton Dupire-Clément
Distribution : Memento Films Distribution
Son : Philippe Lecoeur
Durée : 122 min

Casting :
Fabrice Luchini : André Van Peteghem
Juliette Binoche : Aude Van Peteghem
Valeria Bruni Tedeschi : Isabelle Van Peteghem
Jean-Luc Vincent : Christian Van Peteghem
Brandon Lavieville : Ma Loute
Raph : Billie, Billy

HANA ET ALICE MENENT L’ENQUETE : Doublé superflu

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hanaetalicemenentlenqueteafficheIl est loin le temps où l’animation japonaise se résumait dans nos esprits hexagonaux au dessins-animés atrocement doublés, parfois massacrés au montage, qui peuplait le Club Dorothée. Hayao Miyazaki est passé par là, mais pas que lui. Nos écrans accueillent désormais régulièrement des œuvres diverses et variées, généralement de grande qualité. Les distributeurs ayant le choix, il est logique de les voir ne choisir que le meilleur d’une production nipponne très importante et surtout très variée. Mais parfois, leur choix laisse plus circonspect comme pour Hana et Alice Mènent l’Enquête.

On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même. C’est sûrement ce qu’a du se dire Shunji Iwai au moment de choisir le scénario de son premier film d’animation. En effet, Hana et Alice Mènent l’Enquête est une version animée d’un film « classique » de… Shunji Iwai. Au moins n’a-t-il pas eu trop de mal à s’approprier l’histoire. En fait, c’est à peu près la seule chose de vraiment remarquable que l’on peut dire sur ce film pas totalement désagréable à suivre… mais dont on se demande parfois ce qu’il fait sur grand écran.

hanaetalicemenentlenqueteEn effet, Hana et Alice Mènent l’Enquête nous raconte une histoire pas vraiment passionnante. C’est d’ailleurs assez étonnant de se dire qu’elle a donné naissance à deux films. Comme quoi la valeur ne se mesure pas au nombre de ses enfants. A côté de ça, visuellement, le film n’est pas très beau. Il est évident que cela provient bien de choix artistiques volontaires pour donner un style visuel au film, mais on a connu des choix plus inspiré. Bref, un film oubliable et pas très intéressant.

LA NOTE : 09/20

Fiche technique :
Scénariste : Shunji Iwai
Compositeur : Shunji Iwai
Producteurs : Naoki Iwasa, Aki Mizuno
Directeur de la photographie : Chigi Kanbe
Directeur artistique : Hiroshi Takiguchi
Directeur artistique effets visuels : Yuhei Sakuragi
Directeur de l’animation : Yoko Kuno

Casting :
Yû Aoi : Hana
Anne Suzuki : Alice
Shôko Aida
Sei Hiraizumi
Ryo Katsuji
Midoriko Kimura
Tae Kimura
Haru Kuroki : Satomi Hagino

ELLE : Dérapage incontrôlé

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elleafficheLes films sont comme des trains. Quand tous les boulons sont bien serrés, quand tout est bien en ligne, quand il y a ce qu’il faut d’huile dans les rouages, le tout file à grande vitesse et sans heurt vers une destination ensoleillée. Mais voilà parfois les trains déraillent. Les films aussi. Elle ressemble tout d’abord à un TGV glissant sur des rails parfaitement ajustés. Puis à un moment donné, le voyage devient nettement plus chaotique.

On retrouve dans Elle la patte d’un immense réalisateur. Paul Verhoeven prouve qu’il reste un cinéaste majeur. Sa direction d’acteurs est magistrale. Si Isabelle Huppert n’est certainement pas la comédienne la plus difficile à diriger, tant son talent est immense, il lui offre ici un des rôles les plus marquants de sa très longue carrière. Mais c’est bien tout le casting qui est tiré vers le haut, à l’image de Virginie Efira qui offre plus de profondeur dans son jeu dans ce second rôle que dans tout le reste de sa filmographie cumulée. La mise en scène, la photographie sont elles aussi celle d’un grand artiste du 7ème art.

elleLe scénario est pendant longtemps absolument passionnant. Troublant pour ne pas dire dérangeant, il nous emmène sur des chemins sombres dont on ne peut deviner une seule seconde où ils nous mèneront. Une descente à l’aveugle dans les recoins de l’âme humaine. Mais une fois que les lumières s’allument quelque peu, que le brouillard du mystère se dissipe, le scénario devient… excusez-moi l’expression… un peu con… Je suis désolé, mais je n’ai pas trouvé d’expression plus soutenue pour décrire mon sentiment. Cela m’a fait sortir du film. Elle est alors devenu un bel objet mais par certains côtés un peu ridicule. Loin de l’enthousiasme provoqué par une première moitié totalement convaincante. Dommage qu’il n’ait pas atteint la gare vers laquelle il semblait se diriger.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : SBS Productions, France 2 Cinéma, Twenty Twenty Vision Filmproduktion GmbH
Réalisation : Paul Verhoeven
Scénario : David Birke, d’après le roman
Montage : Job ter Burg
Photo : Stéphane Fontaine
Décors : Laurent Ott
Distribution : SBS Distribution
Son : Jean-Paul Mugel, Alexis Place, Katia Boutin
Musique : Anne Dudley
Maquillage : Sophie Farsat

Casting :
Isabelle Huppert : Michèle
Laurent Lafitte : Patrick
Virginie Efira : Rebecca
Anne Consigny : Anna
Charles Berling : Richard
Alice Isaaz : Josie
Judith Magre : Irène

BRAQUEURS : Gangsters d’aujourd’hui

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braqueursafficheEn France, on n’a pas forcément beaucoup de gangsters à l’accent italien qui assassinent et trafiquent dans des costards particulièrement élégants. Mais nous avons quand même une bonne tradition de truands qui en vaut bien d’autres. Une tradition qui a quelque peu évolué depuis le chapeau particulièrement seyant de Borsalino. Preuve en est avec Braqueurs, un vrai film de gangsters modernes et qui colle à une certaine réalité sociale de notre pays.

Je ne veux pas rentrer dans des polémiques un peu vaines, les débats autour de l’Euro 2016 nous en apporté plus que notre lot. Cependant, certains critiques ont vu dans ce film une sorte d’apologie de la violence et du gangsterisme. Je reste pourtant persuadé que le même films avec des personnages aux origines siciliennes ou irlandaises auraient pu trouver grâce à leurs yeux. Bref, Braqueurs est un film de gangsters efficace, nerveux, rythmé (moins d’une heure et demi!) comme notre pays en produit peu. Il ne recèle pas spécialement de profondeur, mais on est tout de suite pris par cette histoire et ses protagonistes pour lesquels on ressent forcément des sentiments quelque peu ambigus.

braqueursBraqueurs fait partie de ces films « parfaits » non parce que ce sont de purs chefs d’oeuvre, mais parce qu’ils nous offrent ce que l’on est venu chercher. Rien de plus, on peut le regretter, mais c’est un peu injuste. Rien de moins, car tous les éléments présents fonctionnent à la perfection. Julien Leclercq réussit donc ici ce qu’il avait totalement raté avec l’Assaut. Comme quoi, il faut savoir persévérer dans la vie !

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation : Julien Leclercq
Décors : Gwendal Bescond
Costumes : Muriel Legrand
Photographie : Philip Lozano
Son : Vincent Goujon
Montage : Mickael Dumontier
Scénario : Simon Moutaïrou, Jérôme Pierrat
Production : Julien Leclercq
Durée : 81 minutes

Casting :
Sami Bouajila : Yanis Zeri
Guillaume Gouix : Éric
Youssef Hajdi : Nasser
Kaaris : Salif
Redouane Behache : Amine Zeri
Kahina Carina : Nora Zeri
David Saracino : Franck
Alice de Lencquesaing : Audrey
Baya Belal : Khadidja Zeri
Jeanne Bournaud : Marion

THE NICE GUYS : Les compères

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theniceguysafficheLe détective privé a longtemps constitué une figure cinématographique majeure, symbole de virilité, d’intelligence et de bravoure, souvent prêt aider bénévolement la veuve et l’orphelin. Puis, il est quelque peu tombé en désuétude. Désormais, on ne le retrouve le plus souvent que pour des parodies. Une nouvelle preuve avec The Nice Guys. Armé d’un casting d’enfer, ce film représente un vrai bon moment de bonheur jouissif.

The Nice Guys conjugue un humour détonnant, une rythme soutenu et un scénario réservant de vrais rebondissements. On met de longues minutes à comprendre qu’il s’agit d’une parodie. Nos deux héros font preuves d’une infinie maladresse mais qui leur permet toujours d’avancer par des concours de circonstances rocambolesques. Le tout est filmé avec le plus grand sérieux. Ce genre de contraste constitue un ressort comique archi classique mais il est utilisé ici avec maestria.

theniceguysRéunir à l’écran Russel Crowe et Ryan Gosling était déjà une bonne idée. Mais leur offrir un rôle dans lesquels ils s’éclatent visiblement est une excellente idée. Leur enthousiasme est particulièrement communicatif. Certes, ils cabotinent un rien, mais ils le font avec un tel talent que cela apporte un supplément d’âme à The Nice Guys. On pardonne du coup les moments qui fonctionnent un peu moins bien, puisque leur succèdent rapidement des moments infiniment réjouissants. Du coup, on espère bien retrouver les deux compères rapidement sur nos écrans, car ils sont loin d’avoir épuisé tout leur potentiel. Mais ne doutons pas que les producteurs auront cette bonne idée.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Misty Mountains, Silver Pictures, Waypoint Entertainment
Réalisation : Shane Black
Scénario : Shane Black, Anthony Bagarozzi
Montage : Joel Negron
Photo : Philippe Rousselot
Décors : Richard Bridgland
Distribution : EuropaCorp
Musique : David Buckley
Directeur artistique : David Utley
Durée : 116 min

Casting :
Ryan Gosling : Holland March
Russell Crowe : Jackson Healy
Matt Bomer : John Boy
Angourie Rice : Holly
Kim Basinger : Judith Kutner

MONEY MONSTER : La finance pour les naïfs

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moneymonsterafficheVoir Jodie Foster réaliser un film politique n’a rien d’étonnant, tant cette artiste s’est engagée à de nombreuses reprises pour des causes multiples. Qu’elle livre un film qui égratigne la puissance et les dérives de la finance ne constitue pas une surprise. Qu’elle puisse rassembler dans un même casting deux des plus grandes stars d’Hollywood n’est pas franchement inattendu. Elle nous livre donc avec Money Monster un film qui lui ressemble. Enfin pas tout à fait. Car si elle est une immense artiste, ce film ne réussit pas à tout à fait à être un grand film !

Money Monstrer bénéficie d’un scénario particulièrement contrasté. En effet, il est d’un côté remarquablement bien écrit. Rarement un film n’aura proposé trois vraies surprises aussi bien amenées. Des retournements de situation qui ont à chaque fois réagir la salle d’une manière assez forte, ce qui n’est pas si fréquent. Du coup, le spectateur rentre dans cette histoire et prend un vrai plaisir à la suivre. Il en oublierait presque du coup le gros défaut qui frappe ce film : sa crédibilité proche de zéro. En effet, à de nombreuses reprises quand un personnage est amené à réaliser un choix crucial pour l’intrigue, il se tourne vers la solution la moins probable. Du coup, on a quand même une petite voix qui nous murmure qu’on est bien naïf de croire à cette histoire.

moneymonsterLe casting brillant contribue à l’indulgence dont faire preuve le spectateur. Money Monster repose d’une part sur un George Clooney qui dans la première partie du film n’est guère convaincant avant d’entrer totalement dans son personnage. Par contre, à ses côtés, Julia Roberts éclabousse l’écran de sa classe du début à la fin. Ils éclipsent quelque peu Jack O’Connell qui fait preuve d’une certaine sobriété. Le film reste tout de même un petit plaisir cinématographique qui se déguste sans risquer d’indigestion.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Smokehouse, Allegiance Theater, LStar Capital, TriStar Pictures
Réalisation : Jodie Foster
Scénario : Jamie Linden, Alan DiFiore, Jim Kouf
Montage : Matt Chessé
Photo : Matthew Libatique
Décors : Kevin Thompson
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Musique : Dominic Lewis
Costumes: Susan Lyall
Durée : 100 min

Casting :
George Clooney : Lee Gates
Julia Roberts : Patty Fenn
Jack O’Connell : Kyle Budwell
Dominic West : Walt Camby
Caitriona Balfe : Diane Lester
Giancarlo Esposito : Cap. Powell
Christopher Denham : Ron
Emily Meade : Molly

VENDEUR : A consommer sans modération

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vendeurafficheIl est important de savoir ce que l’on veut faire dans la vie. Il est important aussi de savoir ce que l’on ne veut pas faire. Personnellement, je sais que je veux pas vendre, n’ayant aucun sens commercial et surtout aucun goût pour cette activité. Et ce n’est pas après avoir vu Vendeur que je vais changer d’avis. Si le film n’échappe pas à la caricature, il est assez convaincant pour être salué, malgré son passage discret sur nos écrans.

Vendeur est un film riche. Il constitue un réquisitoire contre les techniques commerciales, mais nous parle aussi de sujets plus vastes : la société de consommation, les rapports père-fils, la solitude… La grande qualité de ce film est de réussir à ne pas traiter ces sujets en parallèle, mais d’en faire un tout qui donne un sens assez fort au film et une vraie profondeur. Bien sûr, les vendeurs de cuisine n’apprécieront peut-être pas de passer pour des arnaqueurs manipulateurs invétérés. J’espère cependant qu’ils sauront pardonner à Sylvain Desclous de les avoir utilisés comme support à son propos.

vendeurVendeur est aussi l’occasion de voir Pio Marmaï dans un rôle qui le sort (un peu, mais pas trop) de ses éternels rôles de grand gamin séducteur. Le naturel n’est pas loin de revenir au galop, mais il élargit tout de même quelque peu sa palette ici et de manière réellement convaincante. A ses côtés, le trop rare mais toujours excellent Gilbert Melki qui donne vraiment son âme au film. Un petit mot sur le passage à l’écran une nouvelle fois remarqué de Sara Giraudeau que l’on attend avec impatience dans des rôles plus conséquents.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation : Sylvain Desclous
Scénario : Sylvain Desclous, avec la collaboration d’Olivier Lorelle, Salvatore Lista et Agnès Feuvre
Photographie : Emmanuel Soyer
Montage : Isabelle Poudevigne
Musique : Amaury Chabauty
Production : Florence Borelly

Casting :
Gilbert Melki : Serge
Pio Marmaï : Gérald
Pascal Elso : Daniel
Clémentine Poidatz : Karole
Sara Giraudeau : Chloé
Christian Hecq : Georges
Serge Livrozet : le père de Serge
Damien Bonnard : Lilian
Romain Bouteille : l’ami du père de Serge
Norbert Ferrer : Dove

EDDIE THE EAGLE : Le grand saut

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eddietheeagleafficheLe sport et le cinéma constituent certainement les deux spectacles les plus parfaitement adaptés à nos écrans, petits ou grands. Mais paradoxalement, ils ont bien du mal à s’associer. A l’exception notable de ceux consacrés à la boxe, les films sur le sport sont rarement des réussites. Mais peut-être parce qu’ils n’ont pas encore tous été explorés par le 7ème art. Le saut à ski par exemple n’avait jamais fait l’objet d’un passage sur grand écran. C’est désormais chose faite avec Eddie the Eagle.

N’ayant commencé à vraiment m’intéresser au sport qu’en 1990, je ne suis pas capable de dire à quel point le scénario colle à la réalité des faits. Mais Eddie the Eagle a des aspects très hollywoodiens, qui laissent à penser que les événements sont très certainement quelque peu romancés. A certains moments, cela va un peu trop loin, on n’a un peu de mal à y croire et l’on regarde ça avec un certain détachement. Cela reste toujours divertissant, mais sans réelle émotion, préparant à un happy-end convenu et sans surprise.

eddietheeagleHeureusement, d’autres moments sont nettement plus enthousiasmants, notamment le dénouement. Mine de rien, la « magie » hollywoodienne finit par fonctionner, malgré ses très gros sabots. On ressort de Eddie the Eagle donc avec un petit sourire aux coins des lèvres. Il restera également le souvenir de la belle performance de Hugh Jackman, plus que celle de Taron Egerton qui en fait un peu trop dans son numéro d’imitation.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : Adam Bohling, Rupert Maconick, David Reid, Valerie Van Galder, Matthew Vaughn
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Dexter Fletcher
Scénario : Sean Macaulay, Simon Kelton
Montage : Martin Walsh
Photo : George Richmond
Format : Couleur – 2.35:1
Décors : Naomi Moore
Musique : Matthew Margeson
Directeur artistique : Tim Blake, Astrid Poeschke
Durée : 105 min

Casting :
Taron Egerton : Eddie Edwards
Christopher Walken : Warren Sharp
Hugh Jackman : Bronson Peary
Edvin Endre : Matti Nykänen
Daniel Ings : Zach
Tim McInnerny : Dusti Target

MR HOLMES : Une légende en hiver

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mrholmesafficheIl est des films dont on n’attend pas grand chose et qui vous surprenne et vous apporte beaucoup plus qu’attendu. Parfois, il faut même attendre que le film soit bien entamé pour en saisir la richesse et la profondeur. Parfois même pour saisir le vrai sujet même du propos. C’est le cas de Mr Holmes, dont la conclusion donne un vrai supplément de sens à tout le reste de ce film. Un film surprenant et touchant, dont il va être difficile de parler, tant il est dommage d’en révéler sa vraie nature. Il ne représente peut-être pas le chef d’œuvre du siècle, mais ressortir d’une séance en étant aussi agréablement surpris reste un plaisir trop rare pour ne pas être souligné. Je vais donc m’appliquer à le faire.

Mr Holmes bénéficie donc d’un scénario de premier ordre. Certes, on peut se dire dans un premier temps qu’il manque un peu de souffle. Mais c’est parce qu’on ne sait pas encore où il souhaite nous mener. On est tenté de se dire qu’il s’agit d’un recyclage un peu capillotracté d’une figure légendaire. Au final, il n’en est rien. La figure de Sherlock Holmes est vraiment utilisée pour soutenir le propos du film. Sans lui, cette histoire n’aurait pas été aussi forte, ni aussi convaincante. Sa présence ouvre les portes de notre imaginaire collectif et l’histoire s’appuie sur les éléments déjà connus pour avancer vers la direction souhaité sans s’alourdir par des présentations devenues ainsi inutiles.

mrholmesMr Holmes permet de mesure une nouvelle fois tout le talent de Ian McKellen qui peut donc être à l’aise dans des rôles qui n’impliquent pas de porter de costume bariolé. Il incarne avec grâce son personnage. Le tout filmé avec un certain sens de l’élégance par Bill Condon, que l’on avait pourtant jusqu’à plutôt connu sur des productions à gros budget. Il signe là une œuvre beaucoup plus intimiste, mais aussi beaucoup plus réussi. Comme quoi, les producteurs devraient laisser plus souvent libre court à la sensibilité des cinéastes.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Miramax, Roadside Attractions, BBC Films, FilmNation Entertainment, Archer Gray, See Saw Films, Twenty First City
Distribution : ARP Sélections
Réalisation : Bill Condon
Scénario : Jeffrey Hatcher, d’après le roman de Mitch Cullin
Montage : Virginia Katz
Photo : Tobias Schliessler
Décors : Martin Childs
Musique : Carter Burwell
Costumes : Keith Madden
Durée : 104 min

Casting :
Ian McKellen : Sherlock Holmes
Laura Linney : Mrs Munro
Milo Parker : Roger Munro
Hiroyuki Sanada : Tamiki Umezaki
Hattie Morahan : Ann Kelmot
Patrick Kennedy : Thomas Kelmot
Roger Allam : Dr Barrie
Philip Davis : Inspecteur Gilbert
Frances de la Tour : Madame Schirmer