La valeur n’attend pas le nombre des années. Et inversement, comme le prouve André Téchiné. A 73 ans, il est un monument du cinéma français. Personnellement, je n’ai jamais été un grand fan, considérant notamment que les Roseaux Sauvages est un des Césars du meilleur film les plus décevants. Mais cette fois-ci, je ne peux que m’incliner face à son talent. Quand on a 17 Ans est un très beau film. Assez beau pour être grand.
Pour faire partager aux spectateurs les émotions des personnages, on peut faire appel à des acteurs au jeu spectaculaire qui nous en mettront plein la vue et forceront notre admiration. Mais on peut aussi être infiniment plus subtil. Un plan serré, une tension palpable dans une situation parfois banale, des dialogues qui seraient anodins s’ils n’en disaient infiniment plus que le simple sens des mots prononcés. Il y a tout ça dans Quand on a 17 Ans. Rien de spectaculaire dans la forme, mais une maîtrise totale pour créer une intimité rare avec les personnages, qui rappelle celle que l’on a pu vivre avec la Vie d’Adèle.
Cette qualité artistique est au service d’une très belle histoire, particulièrement riche. L’émotion communicative de Quand on a 17 Ans ne vient pas que ce que vivent les personnages, mais bien aussi du récit en lui-même. Tout cela se mélange, s’additionne, se sublime pour donner un magnifique résultat. On sourit, on rit, on pleure. Le film flirte peut-être un peu avec le mélo à un moment donné, mais c’est pour mieux rebondir. Le tout est porté par un formidable trio de comédiens. Les jeunes Kacey Mottet Klein et Corentin Fila sont épatants, sous le regard d’une Sandrine Kiberlain toujours aussi extraordinaire. Il y a donc tout dans ce film, assez en tout cas pour souhaiter encore une longue carrière à son réalisateur.
LA NOTE : 15/20
Fiche technique : Production : Fidélité films, Wild Bunch Distribution : Wild Bunch Distribution Réalisation : André Téchiné Scénario : André Téchiné, Céline Sciamma Montage : Albertine Lastera Photo : Julien Hirsch Décors : Olivier Radot Durée : 114 mn
Casting : Sandrine Kiberlain : Marianne Kacey Mottet Klein : Damien Corentin Fila : Tom Alexis Loret : Nathan Jean Fornerod : Jacques
Les conflits sociaux inspirent profondément la science-fiction qui regorge de visions d’un futur totalitaire, où les classes dirigeantes vivent séparées et isolées du reste de la population. High-Rise se situe dans cette veine, même si on ne se situe qu’à l’échelle d’un immeuble et même si on ne peut pas vraiment parler de science-fiction. En fait, on tient là un film totalement inclassable, qui peut tout aussi bien décontenancer que séduire.
High-Rise est un film allégorique, où un seul immeuble représente toute une société. Du coup, le propos est marqué par une bonne dose de poésie et d’un rien d’ésotérisme. La lutte des classes se transforme en un concours entre les étages pour savoir qui organisera la fête la plus folle. La violence des rapports sociaux se transforme en une violence crue entre individus. Il faut se laisser porter par le film sans chercher à se raccrocher à des repères réalistes et encore moins à des élément classiques des films d’anticipation.
High-Rise offre un très beau rôle à Tom Hiddleston, qui confirme ici son immense talent. On est loin du film de super héros en costume, mais il est aussi à l’aise dans ce rôle de personnage un peu lunaire qu’en Loki. Le reste du casting est d’un très beau niveau avec des valeurs sûres comme Jérémy Irons et Sienne Miller, mais aussi une apparition remarquée sur grand écran de Elisabeth Moss que les fans de Mad Men connaissent bien. Ils mettent leur talent et leur enthousiasme au service de ce film qui sort des sentiers battus. Qualité malheureusement bien trop rare.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Recorded Picture Company Distribution : The Jockers Films, Le Pacte Réalisation : Ben Wheatley Scénario : Amy Jump, d’après le roman IGH de J.G. Ballard Montage : Amy Jump, Ben Wheatley Photo : Laurie Rose Décors : Mark Tidesley Musique : Clint Mansell Costumes : Odile Dicks-Mireaux Durée : 119 mn
Casting : Tom Hiddleston : Laing Jeremy Irons : Royal Sienna Miller : Charlotte Luke Evans : Wilder Elisabeth Moss : Helen James Purefoy : Panghourne Keeley Hawes : Ann Peter Ferdinando : Cosgrove
L’idée était prometteuse. Les bande-annonces faisaient terriblement envie. Les premières minutes nous confortent d’ailleurs dans cette envie de voir la suite. Mais après ça… un long et grand rien… Voilà comment on pourrait résumer Batman vs Superman, l’Aube de la Justice… Un long et grand rien. Au moins pendant les deux premières heures. Oui, j’ai bien dit les deux premières heures. Car aller voir ce film, c’est en prendre pour deux heures et demi quand même. Si cela avait été deux heures et demi de grand spectacle, cela n’aurait pas posé de problème. A la place, on assiste à la plus longue introduction de l’histoire du cinéma… Et une très longue fin aussi…
Tout n’est pas à jeter dans Batman vs Superman, l’Aube de la Justice pourtant. Mais aucun élément positif n’est exploité pleinement et nous laisse donc sur une légère impression de gâchis. Visuellement, le film est plutôt réussi. Les costumes, les effets spéciaux et même la photographie sont de très haut niveau et auraient pu nous conduire à entrer totalement dans cette histoire. Malheureusement, la réalisation ne suit pas. Zack Snyder manque parfois d’inspiration avec notamment une utilisation beaucoup trop fréquente du ralenti qui est, rappelons-le, le symptôme d’une médiocrité artistique que l’on cherche à cacher par des effets de style à 30 centimes d’euros.
Batman vs Superman, l’Aube de la Justice nous livre tout de même une petite demi-heure vraiment jouissive. Certes, elle présente quelques aspects risibles et ridicules, mais on pardonne aisément car c’est le moment où le film renoue avec un esprit comics qui tranche avec la prétention dont il fait preuve par ailleurs. On retourne enfin en enfance et surtout on en a enfin pour notre argent en assistant au spectacle que l’on était venu voir. Face à la longueur du reste, on trouve ça trop court… Batman vs Superman, l’Aube de la Justice est donc un film qui ne sert pas à grand chose… Si ce n’est introduire le futur film consacré à la Justice League… Bref, 2h30 le teaser, record battu !
LA NOTE : 7/20
Fiche technique : Production : Warner Bros, Atlas Entertainment, DC Comics, DC Entertainment, RatPac-Dune Entertainment Distribution : Warner Bros Pictures France Réalisation : Zack Snyder Scénario : Chris Terrio, David S. Goyer, d’après les personnages de DC Comics Montage : David Brenner Photo : Larry Fong Décors : Patrick Tatopoulos Musique : Hans Zimmer, Junkie XL Durée : 153 min
Casting : Ben Affleck : Bruce Wayne, Batman Henry Cavill : Clark Kent, Superman Jesse Eisenberg : Lex Luthor Amy Adams : Lois Lane Holly Hunter : Sénateur Finch Jeremy Irons : Alfred Gal Gadot : Diana Prince, Wonder Woman Laurence Fishburne : Perry White Diana Lane : Martha Kent Scoot McNairy : Wallace Keefe
J’aurais aimé proposer une introduction originale pour cette critique, mais j’ai toujours envie de dire la même chose quand il s’agit d’aborder le troisième épisode d’une franchise. Il est en effet facile de discourir sur la difficulté de maintenir l’inspiration et l’intérêt d’un plat qui peut vite sentir le réchauffé. Surtout quand le deuxième volet avait nettement en dessous d’un premier vraiment enthousiasmant. Je vais donc être paresseux et simplement dire que j’ai été voir Kung-Fu Panda 3 en m’attendant à assister à un inexorable déclin.
Cependant, rien n’est jamais certain dans la vie. Même s’il faut oublier les sommets du premier volet, Kung-Fu Panda 3 relance de manière convaincante la franchise. On retrouve le parfait dosage entre humour et action. Nous sommes désormais familier avec les personnages, alors le film s’efforce de leur donner un peu d’épaisseur supplémentaire. C’est plutôt réussi, tout comme le sont les éléments nouveaux. A l’exception notable du méchant qui est vraiment sans surprise et constitue la plus grande limite de ce film.
Les graphismes de Kung-Fu Panda 3 sont vraiment agréables. Même si on est désormais quelque peu blasé en la matière, le film arrive à nous arracher quelques regards admiratifs, notamment les séquences de combat qui parviennent à rester claires, fluides et parfaitement maîtrisées. Tous ces éléments font qu’après avoir passé un très bon moment, on se surprend à espérer un quatrième épisode. Il sera peut-être celui du déclin. Mais qui sait…
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : China Film Co., DreamWorks Animation, Oriental DreamWorks Distribution : 20h Century Fox France Réalisation : Alessandro Carloni, Jennifer Yuh Nelson Scénario : Jonathan Aibel, Glenn Berger Montage : Clare De Chenu Décors : Raymond Zibach Musique : Hans Zimmer Directeur artistique : Max Boas Durée : 95 min
Casting : Jack Black : Po Bryan Cranston : Li Dustin Hoffman : Shifu Angelina Jolie : Tigresse J.K. Simmons : Kai Jackie Chan : Monkey Seth Rogen : Mantis Lucy Liu : Viper Kate Hudson : Mei Mei
Une bonne bouteille s’apprécie jusqu’à la dernière goutte. Un bons film, c’est pareil, on le savoure jusqu’à la dernière seconde. Mais si le fond de la bouteille contient un peu de dépôt qui rend la dernière gorgée désagréable, cette dernière n’aura jamais le pouvoir de supprimer tout le plaisir éprouvé auparavant. Par contre, les ultimes instants d’un film peuvent tout remettre en question, changer la perspective et vous laisser sur une impression radicalement différente de celle que vous aviez quelques instants auparavant. Pour le meilleur parfois. Pour le pire aussi… comme dans Rosalie Blum.
Je suis peut-être un peu excessif dans mon propos, mais je ne fais que livrer les choses telles que je les ai ressenties. J’avais beaucoup aimé cette histoire belle, tendre et poétique. Ces personnages un peu cassés, pas forcément immédiatement attachants, mais que l’on apprend à aimer. J’aimais surtout la part de mystère du récit. Elle donnait un côté fantastique au scénario, dans le sens d’une histoire qui sortirait de l’ordinaire. Malheureusement, ces quelques ultimes secondes qui viennent apporter une explication rationnelle brise d’un coup la magie et font retomber tout le film de plusieurs étages dans l’intérêt qu’on peut lui porter.
Restera cependant un beau casting. Julien Rappeneau réalise là son premier film, après avoir signé un très grand nombre de scénarios à succès. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a un talent artistique certain pour mettre en valeur les acteurs. Difficile de mettre plus en avant un acteur ou une actrice plutôt qu’un ou une autre. Je citerai cependant Kyan « Bref » Khojandi qui prouve qu’il a sa place dans autre chose que de pures comédies et Sara Giraudeau, elle aussi remarquée sur Canal+ (le Bureau des Légendes) et qui a ce petit quelque chose en plus qui fait la différence. Ils participent à la grande réussite de ce film et ne sont en rien responsables du dérapage final.
LA NOTE : 11/20
Fiche technique : Production : Michaël Gentile, The Film et CG Cinéma, France 2 Cinéma, SND Groupe M6 Distribution : SND Groupe M6 Réalisation : Julien Rappeneau Scénario : Julien Rappeneau, d’après le roman graphique Rosalie Blum de Camille Jourdy Montage : Stan Collet Photo : Pierre Cottereau Décors : Marie Cheminal Son : Henri Morelle, Frédéric Demolder, Renaud Guillaumin, Jean-Paul Hurier Musique : Martin Rappeneau Durée : 95 min
Casting : Noémie Lvovsky : Rosalie Blum Kyan Khojandi : Vincent Alice Isaaz : Aude Anémone : Simone Sara Giraudeau : Cécile Camille Rutherford : Laura
Après avoir connu un succès plus que mérité avec Hippocrate, Thomas Lilti nous fait une nouvelle fois profiter de sa connaissance du milieu médical avec Médecin de Campagne. Après nous avoir fait partager le quotidien d’un hôpital urbain, il nous plonge cette fois dans la vie d’un médecin libéral en milieu rural. Un sujet à la fois proche et radicalement différent pour une nouvelle œuvre qui partage beaucoup de qualités avec sa précédente. Mais pas toutes non plus…
Ce qui fait la force de Thomas Lilti, c’est le regard profondément humain qu’il porte sur ces personnages. Ce ne sont pas de héros, ils sont ni gentils, ni méchants, ni forts, ni faibles, mais sans être pour autant totalement insipides, bien au contraire. On s’y attache immédiatement, on partage leurs émotions avec une force étonnante. Médecin de Campagne nous offre notamment une scène d’un érotisme chaste assez fulgurant. Un modèle de figuration à l’écran de la notion de désir. C’est ce genre de moment que l’on comprend à quel point Thomas Lilti a un vrai talent de cinéaste.
Cependant, Thomas Lilti n’est pas qu’un artiste. Il cherche aussi à nous faire partager un point de vue. Il nous livre une ode à une forme d’exercice de la médecine qui est en voie de disparition. Bien sûr, chacun est libre de ses opinions, mais il y a ici un côté nostalgique, c’était mieux avant, un rien ridicule. Avoir un point de vue au cinéma, c’est très bien. Présenter un point de vue un minimum objectif sur un sujet de société, c’est quand même mieux. Ce n’est pas grand choses, mais suffisant pour ne pas réussir à donner à ce film la même dimension qu’à Hippocrate.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique : Production : 31 Juin Films, Les Films du Parc Distribution : Le Pacte Réalisation : Thomas Lilti Scénario : Thomas Lilti, Baya Kasmi Montage : Christel Dewynter Photo : Nicolas Gaurin Décors : Philippe van Herwijnen Durée : 92 min
Casting : François Cluzet : Jean-Pierre Werner Marianne Denicourt : Nathalie Delezia Isabelle Sadoyan : la mère de Werner Félix Moati : Vincent Werner Patrick Descamps : Francis Maroini Yohann Goetzmann : Alexis Margaux Fabre : Ninon Philippe Bertin : Guy Isalinde Giovangigli : la chargée de mission
Personnellement, si j’ai vécu beaucoup de choses avec mon groupe d’amis, je n’ai quand même pas de quoi en tirer un film. Je pense que c’est le cas de l’immense majorité des « bandes des potes » existant dans la vie réelle. Pourtant, certains imaginent des péripéties beaucoup moins ordinaires. Cela peut aboutir à 10 saisons d’un sitcom inoubliable (I’ll be there for youuuuuuu!!!) ou bien 1h40 d’un film qui lui, pour le coup, a peu de chance de marquer profondément les mémoires. En effet, Five est un film passablement médiocre.
Five possède bien quelques qualités, mais surtout pas mal de défauts. C’est drôle parfois, mais c’est souvent assez lourdingue et encore plus souvent tout juste amusant. Le film n’a surtout à peu près rien à proposer d’original. Il se veut basé sur une intrigue un minimum étoffée, mais cette dernière n’est pas crédible une seule seconde. Quand à l’ersatz de morale qui le ponctue, elle ne parvient pas à donner ne serait-ce qu’une once de profondeur à l’ensemble.
Reste enfin la galerie de personnages. Il est clair que Pierre Niney écrase totalement le reste du casting de Five. Cela tient en partie à son rôle, autour duquel tout gravite, mais aussi à un talent sans commune mesure avec le reste du casting. Les autres acteurs font certainement du mieux qu’ils peuvent, mais ils ne sont clairement pas au niveau. Restent quelques caméos sympathiques, comme celui de Fanny Ardant, mais cela reste maigre. Aussi maigre au final que les raisons d’aimer ce film.
LA NOTE : 8/20
Fiche technique : Production : Les Films du Kiosque, Studiocanal, Cinéfrance 1888, France 2 Cinéma Distribution : StudioCanal Réalisation : Igor Gotesman Scénario : Igor Gotesman Montage : Stéphane Couturier Photo : Julien Roux Décors : Nicolas de Boiscuillé Musique : Gush Costumes : Elise Bouquet Durée : 102 min
Casting : Pierre Niney : Samuel François Civil : Timothée Igor Gotesman : Vadim Margot Bancilhon : Julia Idrissa Hanrot : Nestor Michèle Moretti : la copine de théâtre Fanny Ardant : elle-même Pascal Demolon : l’ami de Fanny Ardant Philippe Duclos : le père de Samuel
Je m’efforce toujours dans mes critiques de dévoiler le moins possible d’éléments de l’intrigue des films que je commente. Personnellement, j’aime en savoir le moins possible sur ce que je vais voir quand je me rends dans une salle obscure. Je comprends cependant que des spectateurs plus occasionnels souhaitent être rassuré sur l’histoire pour lesquels ils ont payé parfois un prix exorbitant (vive les cartes d’abonnement!). Cependant, quand il s’agit d’un film comme 10 Cloverfield Lane, cela serait vraiment criminel, tant il repose sur l’incertitude permanente dans laquelle est plongée le spectateur à propos de ce qui va suivre. On va même au-delà du suspense car ne serait-ce qu’attribuer un genre à ce film revient déjà à en dire trop.
10 Cloverfield Lane repose aussi énormément sur le talent, le charisme et la présence inquiétante de John Goodman. Il n’a pas son pareil pour donner vie à des personnages paranoïaques, flirtant de manière ambiguë avec la folie. On retrouve ici quelque peu le rôle qu’il jouait dans The Big Lebowski, mais… Ah non, je dois rien dire sous peine de trahir quelque peu certains surprises que nous réserve ce film. En tout cas, ce dernier vaut le coup rien que pour ce numéro d’acteur assez époustouflant et qui ne doit pas non plus nous faire oublier Mary Elizabeth Winstead et John Gallagher Jr largement au niveau.
10 Cloverfield Lane nous propose le deuxième excellent huis-clos de l’année 2016 après Room. Si les deux films sont très différents, ils ont en commune une réalisation sachant parfaitement nous faire partager le sentiment d’enfermement, tout en gardant une réalisation dynamique et jamais statique. Tous ces éléments viennent surtout au soutien d’un scénario parfaitement construit qui surprend jusqu’aux dernières minutes, qui resteront dans les annales des retournements de situation. Si aucun élément de ce film n’est vraiment original, la manière dont ils sont agencés lui offre un vrai intérêt et beaucoup de bonnes raisons d’aller le voir.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Réalisation : Dan Trachtenberg Scénario : Josh Campbell, Matthew Stuecken et Damien Chazelle Direction artistique : Ramsey Avery Décors : Michelle Marchand II Costumes : Meagan McLaughlin Photographie : Jeff Cutter Montage : Stefan Grube Musique : Bear McCreary Production : J. J. Abrams et Lindsey Weber Producteurs délégués : Bryan Burk, Drew Goddard et Matt Reeves Coproducteurs : Bob Dohrmann et Ben Rosenblatt Sociétés de production : Bad Robot Productions et Paramount Pictures Durée : 103 minutes
Casting : Mary Elizabeth Winstead : Michelle John Goodman : Howard Stambler John Gallagher, Jr. : Emmett DeWitt Maya Erskine : Darcy Mat Vairo : Jeremy Douglas M. Griffin : le chauffeur Cindy Hogan : la voisine
On mesure bien l’évolution des conflits armés à la fin du 20ème siècle en pensant à l’évolution de la manière dont ils sont traités au cinéma. On est désormais loin d’être grandes scènes de bataille héroïques des films de guerre au sens classique du terme. Plus de batailles rangées face à deux armées qui se font face. Tout est plus complexe, plus insidieux, avec souvent des civils au milieu. Comme dans A Perfect Day, qui nous emmène sur les traces d’une équipe d’humanitaires aux dernières heures de la guerre en ex-Yougoslavie.
A Perfect Day constitue un excellent exemple de traitement d’un sujet assez grave et sérieux avec humour et second degré. Et si cela fonctionne, c’est que cela nous permet de partager l’état d’esprit des protagonistes qui possèdent sur les événements ce type de détachement sans lequel ils ne pourraient supporter ce à quoi ils assistent parfois. Cela est amené avec beaucoup d’intelligence et de subtilité, ne tombant jamais dans la lourdeur, ni le voyeurisme ou le misérabilisme. On prend plaisir à suivre ce film car ils nous parle à plusieurs niveaux, à plusieurs degrés, et toujours de manière assez remarquable.
A Perfect Day bénéficie d’un casting assez impressionnant. Tout en haut, Benicio Del Toro que l’on n’avait pas vu aussi à son aise depuis longtemps, lui a parfois un peu tendance à surjouer quelque peu parfois. Tim Robbins apporte une petite dose d’humour savoureuse. Le casting francophone, composé de Mélanie Thierry et Sergi Lopez, est parfaitement à la hauteur. Toutes ces performances, et d’autres, contribue à la belle galerie de personnages qui peuple ce film. Un film entre légèreté et gravité, qui du coup en déroutera plus d’un, mais qui mérite bien un peu d’attention.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : Mediapro, Reposado Producciones, TVE Réalisation : Fernando Leóon de Aranoa Scénario : Fernando Leon de Aranoa, Diego Farias, d’après le roman inédit de Paulo Farias Montage : Nacho Ruiz Capillas Photo : Alex Catalan Décors : César Macarron Distribution : UGC Distribution Musique : Arnau Bataller Costumes: Fernando Garcia Durée : 115 min
Casting : Benicio Del Toro : Mambru Tim Robbins : B Olga Kurylenko : Katya Mélanie Thierry : Sophie Fedja Stukan : Damir Sergi Lopez : Goyo Eldar Residovic : Nikola
J’ai toujours apprécié le rythme de narration envoûtant des films asiatiques (enfin particulièrement chinois et japonais). Il faut dire que j’ai été élevé avec Olive et Tom, où chaque mi-temps d’un match de football semble devoir durer plusieurs heures. J’aime ces histoires qui prennent un temps déraisonnable aux yeux d’un occidental pour avancer. Cela donne des films très longs, mais au charme unique et dépaysant. Mais quand cette façon de mener un récit s’applique à un film d’une durée plus classique, cela peut laisser sur sa faim quant au contenu de l’intrigue. C’est sur cette impression que m’a laissé The Assassin.
Il est vrai qu’il serait injuste de juger simpliste l’intrigue de The Assassin, tant on en ressort sans avoir forcément tout compris. Mais ce n’est pas tant par sa richesse que par ses ellipses et par l’absence de présentation des personnages, pourtant fort nombreux. Du coup, on n’entre vraiment jamais dans cette histoire où on ne saisit jamais vraiment les motivations profondes des personnages. C’est plus obscur que mystérieux, plus frustrant que fascinant. Bref, je n’ai pas vraiment été emballé.
A côté de ça, The Assassin dégage une élégance visuelle qui a un certain charme, pour ne pas dire un charme certain. De ce côté là, il est clair que la magie opère. Les costumes, les décors, les chorégraphies des combats, tout cela concoure à ce que le film constitue un spectacle agréable pour les yeux, même si je ne comprends pas bien pourquoi on lui a attribué le prix de la mise en scène à Cannes. Mais un spectacle qui manque parfois d’émotion et de capacité à susciter l’enthousiasme du fait du manque de sens, puisque l’on ne comprend pas toujours à quoi tout cela rime. Un film à conseiller aux amateurs de peinture, plutôt que de littérature.
LA NOTE : 11/20
Fiche technique : Production : Central Motion Pictures, China Dream Film Culture Industry, Media Asia Films, Sil-Metropole Organisation, Spot Films Réalisation : Hou Hsiao Hsien Scénario : Chu T’ien-wen, Hou Hsiao Hsien Montage : Liao Ching-Sung, Pauline Huang Chih-Chia Photo : Mark Lee Ping-Bing Décors : Wen-Ying Huang Distribution : Ad Vitam Son : Tu Duu-Chin Musique : Lim Giong Effets spéciaux : Ardi Lee Durée : 120 min
Casting : Shu Qi : Nie Yin-niang Zhou Yen : Lady Tian Juan Ching-Tian : Xia Jing, l aide de camp Hsieh Hsin-Ying : Huji, la concubine Sheu Fang-Yi : La princesse Jia Cheng et la princesse nonne Jia Xin Chang Chen : Tian Ji an Tsumabuki Satoshi : Le polisseur de miroirs
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