Le polar revient souvent à une version plus adulte des gendarmes et des voleurs de la cour d’école. Sauf que parfois, les gendarmes sont eux-mêmes les voleurs, ce qui complique un petit peu l’affaire ! C’est le cas dans Triple 9, un film qui ne révolutionnera le genre mais assez bien foutu pour faire passer un bon moment à ceux qui aiment ce genre inusable du 7ème art. Surtout que le casting ravira les fans du petit et du grand écran.
Triple 9 s’ouvre sur une scène de braquage qui démontre qu’il bénéficie d’une réalisation dont la qualité est supérieure à la simple efficacité. Pas du Kubrick, mais l’assurance d’assister à du grand spectacle. Restait au scénario à être à la hauteur. A ce niveau, le film s’en sort bien avec de nombreux rebondissements qui viennent émailler un déroulé tout de même relativement classique. Du coup, on entre dans l’histoire assez vite pour ne jamais en sortir.
Triple 9 rassemble un casting cinématographique de haut niveau : Woody Harrelson, Chiwetel Eljiofor Casey Affleck et surtout une Kate Winslet étonnante. Elle s’éclate vraiment dans son rôle de chef mafieuse, manipulatrice et un rien sadique. Elle donne une touche de personnalité dans cette foule de personnages plus convenus. A leurs côtés, un nombre d’acteurs venus du monde des séries : Clifton Collins Jr, Norman Reedus et Aaron Paul. Ils sont largement au niveau et contribuent à la réussite globale de ce film bien troussé.
LA NOTE : 13,5/20
Casting : Réalisation : John Hillcoat Scénario : Matt Cook Direction artistique : Tim Grimes Décors : Jacqueline Jacobson Scarfo Costumes : Margot Wilson Photographie : Nicolas Karakatsanis Montage : Dylan Tichenor Musique : Bobby Krlic, Atticus Ross, Leopold Ross et Claudia Sarne Production : Marc Butan, Bard Dorros, John Hillcoat, Anthony Katagas, Keith Redmon et Christopher Woodrow Sociétés de production : Worldview Entertainment, Sierra Pictures, Anonymous Content, MadRiver Pictures et SureFire Capital Sociétés de distribution : Open Road Films (États-Unis), Mars Distribution (France) Durée : 115 minutes
Fiche technique : Casey Affleck : Chris Allen Chiwetel Ejiofor : Michael Belmont Anthony Mackie : Marcus Atwood Aaron Paul : Gabe Welch Clifton Collins Jr.: Jorge Rodriguez Norman Reedus : Russel Welch Gal Gadot : Elena Woody Harrelson : l’inspecteur Jeffrey Allen Kate Winslet : Irina Vlaslov Teresa Palmer : Michelle Allen Michelle Ang : Trina Ling Luis Da Silva : Pinto Michael K. Williams : Sweet Pea E. Roger Mitchell : Smith
Pour un aimer un film de personnages, il est relativement indispensable d’aimer les personnages sur lesquels il porte. Or les rencontres entre être humains donnent lieu à une alchimie subtile où le résultat n’est jamais garantie. Parfois, c’est le coup de foudre, parfois, il ne se passe rien, sans que l’on puisse l’expliquer. Saint-Amour est un film qui nous parle des relations humaines et repose fortement sur ses protagonistes. Les aimer, c’est aimer le film. Mais quand la connexion ne se fait pas, il est beaucoup plus difficile de l’apprécier, malgré les qualités indéniables de ce long métrage.
Personnellement, je n’ai donc pas du tout accroché avec cette histoire. Le personnage interpréta par Benoît Poelvoorde m’a horripilé du début à un peu moins à la fin, mais un peu quand même. Peut-être parce qu’il véhicule tout un tas de clichés ineptes sur le monde agricole (c’est l’ingénieur agronome qui parle), mais au fond qu’importe les raisons. Je n’ai pas aimé ce personnage, j’ai donc eu beaucoup de mal à aimer Saint-Amour. Quant à Vincent Lacoste, j’ai vraiment une allergie prononcée pour cet acteur (en dehors d’Hippocrate) auquel je ne peux rien. Reste Gérard Depardieu, forcément énorme… dans tous les sens du terme !
Saint-Amour dégage par ailleurs une vraie poésie, une folie douce qui a toujours marqué l’univers de Gustave Kervern et Benoît Délépine. L’histoire est sans doute la plus aboutie qu’ils aient raconté, que l’on peut rapprocher d’une plus grande maîtrise artistique. Nos deux cinéastes ont donc atteint une certaine maturité dans leur art, quittant l’image de deux bricoleurs géniaux, mais bricoleurs quand même. Il y a donc bien des raisons d’aimer ce film. Elles ne m’ont pas touché assez pour que je m’enthousiasme, mais je serai injuste si je déconseillais à quiconque de tenter sa chance de tomber amoureux de ces personnages et de cette histoire.
LA NOTE : 12/20
Fiche technique : Production : JPG Films, No Money Productions, Nexus Factory, Umedia, DD Productions Distribution : Le Pacte Réalisation : Benoît Delépine, Gustave Kervern Scénario : Benoît Delépine, Gustave Kervern Montage : Stéphane Elmadjian Photo : Hugues Poulain Décors : Madphil Musique : Sébastien Tellier Costumes : Florence Laforge Durée : 101 min
Casting : Gérard Depardieu : Jean Benoit Poelvoorde : Bruno Vincent Lacoste : Mike Céline Sallette : Vénus Ana Girardot : la jumelle Chiara Mastroianni : : la patronne de la baraque à frites Andréa Ferréol : la femme du petit déjeuner Michel Houellebecq : le propriétaire de la maison d’hôte Ovidie : l’agent immobilier Izïa Higelin : l’ex de Bruno
Le cinéma est rempli de couples célèbres. Bien sûr, lorsque l’on dit ça, on pense immédiatement à des couples formés par une actrice et un acteur, unis seulement à l’écran, mais aussi parfois à la ville. Il existe cependant un autre type de couple dans le 7ème art : celui formé par un réalisateur et son comédien ou sa comédienne fétiche. Jeff Nichols et Michael Shannon sont à nouveau réuni à l’affiche de Midnight Special. Un film qui nous plonge une nouvelle fois dans un univers quelque peu onirique du réalisateur de Take Shelter et Mud, qui sied parfaitement à son acteur favori.
Avec Midnight Special, Jeff Nichols s’attaque à la science-fiction. Mais à sa manière, avec l’ambiance bien particulière qui caractérise ses films. Car même s’il reprend un certain nombre de codes, de sujets, presque de clichés du genre, il le fait avec un ésotérisme poétique qui donne une réelle originalité à ce film. Du coup, on se laisse porter par cette histoire, qui aurait peut-être mérité d’être plus étoffée, avec un vrai plaisir et un certain abandon. On est face à un vrai film d’auteur et on l’apprécie comme tel. Une œuvre personnelle, à l’opposé des films formatés qui peuplent nos écrans de manière bien trop prégnante.
Midnight Special nous permet de revoir Kirsten Dunst dans un rôle intéressant et qui la sort un peu de ses routines habituelles. On sent une maturité affirmée chez cette actrice peut-être trop sous-estimée. Michael Shannon est quant à lui dans son élément. La complicité avec le réalisateur est palpable. Enfin, on prend plaisir à mieux découvrir Adam Driver sans un masque noir… Il démontre là qu’il serait dommage de voir sa carrière se résumer à son incarnation de Kylo Ren dans le dernier Star Wars. En tout cas, le casting est parfaitement dirigé par Jeff Nichols, qui confirme ici qu’il est un des très grands réalisateurs d’aujourd’hui.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Warner Bros., Tri-State Pictures Distribution : Warner Bros. France Réalisation : Jeff Nichols Scénario : Jeff Nichols Montage : Julie Monroe Photo : Adam Stone Décors : Chad Keith Musique : David Wingo Directeur artistique : Austin Gorg Durée : 111 min
Casting : Michael Shannon : Roy Jaeden Lieberher : Alton Joel Edgerton : Lucas Adam Driver : Agent Sevier Kirsten Dunst : Sarah Sam Shepard : Calvin Meyer
Depuis que le cinéma a inventé le dessin-animé, il a pris l’habitude de faire preuve d’anthropomorphisme avec les animaux… C’est quand même la classe d’arriver à caser le terme anthropomorphisme dans une critique ciné, non ? Enfin tout ça pour dire que Zootopie pousse le principe au paroxysme en imaginant un monde où les animaux décideraient de se civiliser, tout en gardant leurs caractéristiques propres. Ainsi les lapins restent surtout destinés à faire pousser les carottes et se reproduire… Jusqu’au jour où l’une d’entre eux décide de tout faire pour entrer dans la police.
Le point de départ peut paraître très enfantin, mais Zootopie est plus subtil qu’il n’y paraît. Les plus petits pourront l’apprécier dans une lecture au premier degré. Les adultes y verront une parodie sociétale qui rappelle, dans un autre registre, un peu la manière dont Goscinny se servait des anachronismes pour se moquer de ses contemporains avec Astérix. Le résultat n’est pas bouleversant, beaucoup plus divertissant que profond, mais le rythme de l’intrigue, l’humour qui fait mouche et donc ce petit zeste de subtilité rendent le spectacle vraiment agréable.
Zootopie est aussi agréable par un style graphique qui renoue un peu avec le style cartoon le plus traditionnel. Il constitue une bonne synthèse entre ce dernier et les apports de l’animation totalement numérique. On est donc là devant un vrai divertissement familial apte à réunir dans le même bonheur toutes les générations. Les plus jeunes seront certainement les plus enthousiastes, mais personne ne boudera son plaisir devant ce beau moment d’animation.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique : Production : Walt Disney Animation Studios Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures France Réalisation : Byron Howard, Rich Moore, Jared Bush Scénario : Jared Bush, Phil Johnston Montage : Jeremy Milton, Fabienne Rawley Décors : David Goetz, Dan Cooper Musique : Michael Giacchino Directeur artistique : Matthias Lechner Durée : 108 min
Casting : Ginnifer Goodwin : Judy Hopps Jason Bateman : Nick Wilde Idris Elba : Chef Bogo Alan Tudyk : Duke Weaselton J.K. Simmons : le maire Lionheart Jenny Slate : l’adjointe au maire Bellwether Shakira : Gazelle Octavia Spencer : Mrs Otterton
Le huis-clos représente toujours un défi pour un cinéaste. En effet, la caméra et le grand écran appelle plutôt les grands espaces que les espaces confinés. Filmer l’enferment sans enfermer le spectateur dans une vision étroite n’a rien d’évident. Il est cependant possible d’y arriver. La preuve avec Room, qui, dans sa première partie, nous invite à partager le quotidien d’une jeune femme et de son fils séquestrés dans une pièce de quelques mètres carrés. Inspiré d’une histoire vraie qui avait fait la une de l’actualité il y a quelques années, ce film constitue une vraie réussite.
Room nous raconte deux histoire en une. J’ai déjà évoqué la première. Elle reste le moment le plus fort et marquant de ce film. C’est dur sans être plombant, filmé avec beaucoup d’intelligence et même un rien de poésie. Cette poésie que les personnages s’invente pour échapper à ce qui constituerait sans cela un enfer invivable et que Lenny Abrahamson arrive à nous faire partager. Ensuite, dans sa deuxième partie, le film devient plus mélodramatique et surtout moins original. Certes, l’histoire reste globalement forte, mais le tout perd un peu en intensité. Surtout que la transition est assurée par une scène assez extraordinaire, un des plus beaux moments de ce début d’année cinématographique. Mais comme le film part de très haut, on finit tout de même à une altitude où seuls les excellents films peuvent voler.
Room a valu un Oscar à Brie Larson qui tenait pourtant son premier vrai grand rôle. Il est pleinement mérité et très prometteur pour le reste d’une carrière qu’on espère très longue. Cependant, la vraie star du film reste Jacob Tremblay qui joue son jeune fils est qui arrive à faire passer de manière assez phénoménale des émotion aussi extrêmes que différentes. On a tendance à toujours sous-considérer les performances d’acteurs des jeunes enfants et c’est souvent injuste. Ici ça l’est particulièrement. En tout cas le duo porte le film sur les épaules. Et le porte haut !
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : A24, Element Pictures, No Trace Camping, TG4 Distribution : Universal Pictures Intrenational France Réalisation : Lenny Abrahamson Scénario : Emma Donoghue, d’après son propre roman Montage : Nathan Nugent Photo : Danny Cohen Décors : Ethan Tobman Musique : Stephen Rennicks Costumes : Lea Carlson Durée : 118 min
Casting : Brie Larson : Ma Jacob Tremblay : Jack Sean Bridhers : le vieux Nick Joan Allen : Nancy, la mère de Ma William H. Macy : Robert, le père de Ma Amanda Brugel : Officier Parker Wendy Crewson : l’animatrice TV Cas Anvar : Dr Mittal
Il l’attendait depuis longtemps, l’aurait mérité à de nombreuses reprises, mais cette fois c’est fait. Enfin, Leonardo Di Caprio a son Oscar ! The Revenant lui aura permis de connaître cette consécration tant désirée. Du coup, on a largement oublié de souligner à quel point ce film est avant tout un film de metteur en scène. Alejandro Gonzales Inarritu a pourtant remporté une deuxième statuette de meilleur réalisateur de suite, doublé rarissime, qui le place désormais au milieu des plus grands. En tout cas, ce film mérite bien qu’on en parle, quelle qu’en soit la raison.
The Revenant est un film en trois parties. La première constitue un des plus grands moments de cinéma que l’on ait pu voir ces dernières années. Un choc qui constitue le pendant version western de celui qu’avait représenté Il Faut Sauver le Soldat Ryan pour les films de guerre. C’est incroyablement bien réalisé, intense, immersif, beau et dur à la fois. On connaissait la maîtrise artistique de Alejandro Gonzales Inarritu, mais dans un mode beaucoup contemplatif. Il prouve ici qu’elle est réellement absolue quel que soit le sujet, le rythme et le style de son récit.
La second partie constitue le cœur de The Revenant et celle qui fait le plus débat. Elle reste incroyablement bien réalisée, mais tend vers l’exercice de style un peu vain. Ces nombreuses scènes qui font passer Koh Lanta pour une animation de la Reine des Neiges sont incroyablement spectaculaires. Cependant, à côté de ça, le film oublie de vraiment nous faire ressentir l’émotion du personnage, ici le désir de vengeance, qui le pousse à survivre à tout prix et donne du sens à cette volonté hors du commun. Cette partie du film passe trop vite sur les moments pourtant tout aussi intéressants où le personnage central est en interaction avec d’autres. Tout ce qui est un peu original et différent s’évanouit aussi vite qu’il est venu, comme ce début de poursuite à cheval absolument fabuleuse, mais qui ne dure que quelques secondes, au profit d’un nouveau long passage de survie solitaire en mode extrême, qui vient après tant d’autres. C’est d’autant plus étonnant d’un réalisateur comme Alejandro Gonzales Inarritu qui a toujours été un cinéaste explorant les tréfonds des émotions et de l’âme humaine.
Dans sa dernière partie, The Revenant revient à un style plus classique. Le conclusion de ce film de vengeance est relativement sans surprise, pour ne pas dire un rien convenue. Là encore, c’est sublimement filmé, alors on ne fait pas la fine bouche et on apprécie pleinement le dénouement d’une histoire qui nous aura quand même globalement scotché à notre fauteuil pendant plus de deux heures et demi, sans que l’on voit le temps passer. Le film va quel que peu decrescendo, mais il part de si haut qu’il arrive tout de même à des altitudes totalement inaccessibles pour le commun des cinéastes.
Et Leonardo alors ? Son sacre aux Oscars est logique quand on sait que cette compétition donne une grande important à la dimension « physique » des performances qu’elle récompense. De mon point de vue, The Revenant n’est pas le plus grand rôle de l’acteur américain en terme de performance pure, mais le plus spectaculaire, celui qui l’a sans doute demandé le plus d’implication, qui l’a vraiment repoussé dans ses derniers retranchements. Le sacre est donc mérité pour ce rôle en particulier, mais encore plus pour l’ensemble de sa carrière.
The Revenant n’est donc pas le film parfait. Il est inégal, se perd parfois dans sa propre ambition. Certains ont parlé de prétention. Personnellement, je trouve admirable la volonté d’un réalisateur de sortir ainsi de sa zone de confort, de repousser ses propres limites et même celle du cinéma en général. Certes, c’est en prenant des risques que l’on commet parfois des maladresses. Mais on tient là un vrai moment où le cinéma s’invente, se réinvente encore et toujours.
LA NOTE : 15,5/20
Fiche technique : Production : Anonymous Content, Appian Way, Monarchy Enterprises, New Regency Pictures, RatPac Entertainment Distribution : 20th Century Fox France Réalisation : Alejandro González Inarritu Scénario : Alejandro González Inarritu, Mark L. Smith, d’après le roman de Michael Punke Montage : Stephen Mirrione Photo : Emmanuel Lubezki Décors : Jack Fisk Musique : Ryuichi Sakamoto, Alva Noto Costumes : Jacqueline West Durée : 156 min
Casting : Leonardo DiCaprio : Hugh Glass Tom Hardy : John Fitzgerald Domhnall Gleeson : Capitaine Andrew Henry Will Poulter : Bridger Forrest Goodluck : Hawk Paul Anderson : Anderson Kristoffer Joner : Murphy Joshua Burge : Stubby Bill
Un film qui connaît un succès commercial remarquable inspire généralement des producteurs en mal d’imagination, qui vont chercher ainsi à reproduire la recette qui a si bien marché. Cela n’a malheureusement rien de toujours évident et surtout d’aisément reproductible. En 2015, Kingsman avait été un des meilleurs films de l’année. En 2016, Moonwalkers surfe sur la vaguelette de la comédie d’espionnage un rien rétro. Mais avec nettement moins d’impact !
Moonwalkers possède pourtant un pitch réellement prometteur. Une idée loufoque qui aurait pu donner un bien meilleur résultat. Mais elle est assez bonne pour que le film reste plaisant, malgré ses défauts relativement nombreux. Tout d’abord, ce dernier reste particulièrement inégal. On passe de moments très faibles à des passages vraiment jouissifs. On passe constamment d’un humour assez lourdingue… à un humour un peu lourdingue certes, mais qui fait mouche et nous arrache quelques beaux et francs éclats de rire. Enfin, le casting nous propose deux acteurs connus pour leurs rôles cultes… mais dont le talent reste tout de même relativement limité.
Cependant, on reste bien accroché au film tout du long. En effet, on s’est attaché aux personnages eux aussi imparfaits, mais néanmoins… attachants… ce qui explique aisément qu’on s’y attache. On se demande aussi où tout cela va nous mener. On profite donc du spectacle, sans s’enthousiasmer, mais avec un certain plaisir, parfois un rien honteux, cependant bien réel. Moowalkers est un film qui s’oublie vite, certainement pas indispensable… ce qui peut tout à fait correspondre à ce qu’on recherche quand on veut se faire une toile distrayante et d’une légèreté sans prétention.
LA NOTE : 11/20
Fiche technique : Production : Partizan films, Nexus Factory, Potemko Distribution : Mars Distribution Réalisation : Antoine Bardou-Jacquet Scénario : Dean Craig Montage : Chris Gill, Amélie Massoutier, Bill Smedley Photo : Glynn Speeckaert Format : Couleurs – 35 mm Musique : Schmooze Durée : 107 min
Casting : Rupert Grint : Jonny Ron Perlman : Tom Kidman Robert Sheehan : Leon Tom Audenaert : Renatus Eric Lampaert : Glen Stephen Campbell Moore : Derek Kaye Erika Sainte : Ella
La filmographie des frères Coen est aussi variée que les raisons de détester Nicolas Sarkozy, ce qui n’est pas peu dire ! Cependant, un genre revient invariablement quasiment un film sur deux. Ave, César ! est une nouvelle comédie légère et loufoque proposée par les réalisateurs de Fargo ou The Big Lebowski. Dans le passé, dans cette catégorie du 7ème art, ils nous ont proposé le meilleur, Intolérable Cruauté, comme le franchement moyen, Burn After Reading. Mais toujours avec George Clooney !
Ave, César ! est un hommage à l’âge d’or d’Hollywood. Il porte un regard décalé sur le cinéma des années 50 et surtout sur ceux qui lui donnaient naissance. On y retrouve les acteurs, les actrices, les réalisateurs, les producteurs, les cow-boys, les péplums, les comédies musicales, les communistes… Bref, on y trouve énormément de choses. C’est peut-être là que réside le problème de ce film qui finit par ressembler à un fourre-tout parcouru par un fil rouge narratif au final assez mince. Les tableaux sont tous savoureux en eux-mêmes, mais on ne les voit pas s’assembler pour former une œuvre d’une dimension supérieure.
Reste le plaisir de profiter du casting assez incroyable. Mais là encore, l’abondance de bien nuit un peu. Certaines stars sont carrément sous-exploitée, Scarlett Johansson en tête, et au final leur présence semble quasiment superflue, tant cela dilue tout le reste. Tout ce très beau monde fait preuve de talent et d’application, mais les rôles qui leur sont proposés ne les poussent jamais au génie. George Clooney et Josh Brolin cabotinent gentiment, mais sans enflammer l’écran. Au final, Ave, César ! est amusant, distrayant, sympathique… que des qualités, mais un peu décevantes quand on pouvait s’attendre à mieux vue la somme de génie au générique.
LA NOTE:11,5/20
Fiche technique : Production : Mike Zoss Productions, Working Title Films Distribution : Universal Pictures Intrenational France Réalisation : Ethan & Joel Coen Scénario : Ethan & Joel Coen Montage : Ethan & Joel Coen Photo : Roger Deakins Décors : Jess Gonchor Musique : Carter Burwell Directeur artistique : Dawn Swiderski Durée : 106 min
Casting : Josh Brolin : Eddie Mannix George Clooney : Baird Whitlock Alden Ehrenreich : Hobie Doyle Ralph Fiennes : Laurence Laurentz Scarlett Johansson : DeeAnna Moran Tilda Swinton : Thora Thacker, Thessaly Thacker Channing Tatum : Burt Gurney Jonah Hill : Joseph Silverman Frances McDormand : C. C. Calhoun
Au moment où le monde de l’élevage est associé à la colère et à la manifestation parfois un tantinet violente, La Vache vient déverser, non du fumier, mais de la bonne humeur et de l’énergie positive sur nos salles obscures. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cela fait du bien par les temps qui courent. Mohamed Hamidi nous livre la comédie la plus rafraîchissante et enthousiasmante de ce début d’année, avec pas grand chose, si ce n’est une idée originale, de bons acteurs et beaucoup d’énergie.
La bande-annonce de la Vache était déjà prometteuse. Mais on pouvait craindre que les moments les plus drôles étaient présentés là et que le reste serait beaucoup moins convaincant. Au final, le film ne mollit que le temps de quelques minutes au milieu du film. Le reste reste toujours de grande qualité et surtout d’une richesse bien supérieure à ce que l’on pouvait imaginer. L’humour reste tout de même l’élément le plus fort de cette histoire, mais les personnages sont eux aussi assez réussis pour nous faire aimer profondément ce film.
Mohamed Hamidi a produit un travail de direction d’acteurs remarquable avec La Vache. Bien sûr cela est plus facile quand on s’appuie sur des comédiens de la trempe de Lambert Wilson, mais on sait bien aussi qu’un Djamel Debouzze peut partir rapidement dans un cabotinage insupportable quand il n’est pas dans les mains d’un réalisateur consciencieux. Cependant, la vraie star du film reste Fatsah Bouyamed dont la carrière s’était pour l’instant limité à beaucoup de seconds rôles dans des navets. Il y est pour beaucoup dans la réussite de ce film, lui et Jacqueline bien sûr, la fameuse vache en question qui mérite bien une petite mention.
LA NOTE : 13,5/20
Fiche technique : Réalisation : Mohamed Hamidi Scénario : Mohamed Hamidi, Alain-Michel Blanc et Fatsah Bouyahmed Musique : Ibrahim Maalouf Montage : Marion Monnier Photographie : Elin Kirschfink Costumes : Hadjira Ben-Rahou Décors : Arnaud Roth Durée : 91 minutes
Casting : Fatsah Bouyahmed : Fatah Ballabes, le paysan algérien Lambert Wilson : Philippe, le comte ruiné Jamel Debbouze : Hassan, le beau-frère de Fatah Julia Piaton : la jeune reporter Hajar Masdouki: Naïma, la femme de Fatah Ait-Souna Ahmed : l’ami de Hassan Amal El Atrache : l’institutrice Miloud Khetib : Hamed, le père de Naïma et Hassan Christian Ameri : Lucien, l’employé du compte Philippe Karina Marimon : Cathy, la femme du baiser Patrice Thibaud : Patrice Catherine Davenier : Jacqueline, la paysanne française François Bureloup : un fonctionnaire de police Pierre Diot : le leader du syndical agricole Ophélia Kolb : Stéphanie, la femme de Hassan Malik Bentalha : le jeune banlieusard au salon Norbert Haberlick : le policier d’accueil Alain Chapuis : l’animateur du salon Frédéric Épaud : l’organisateur du salon
Dans le monde des supers-héros Marvel, il y a les super-héros qui sont, comme leur nom l’indique, des héros et il y a les super-vilains qui sont, comme leur nom l’indique par un horrible anglicisme, des méchants. Et puis il y a Deadpool. Personnage inclassable, aussi sanguinaire que sympathique, aussi attachant que psychopathe. Un tueur schizophrène dont l’humour et les bons mots lui valent un pardon sans condition. Il s’agit très certainement du protagoniste le moins consensuel de cet univers et le voir débarquer sur grand écran n’avait rien d’évident. C’est pourtant fait… et avec brio !
Deadpool confirme en tout cas une chose. Disney est un merveilleux producteur qui rachète des maisons à succès non pas pour les édulcorer et leur insuffler sa propre culture, mais bien pour profiter pleinement de ce qui a fait leur succès à l’origine. L’esprit de ce film est vraiment proche de celui du comics. Violence et humour ultra décalé sont au programme pour un résultat vraiment jouissif. Il s’agit là d’une vraie friandise cinématographique aux antipodes du politiquement correct. Dès le générique, on commence à rire et cela se poursuit jusqu’à la scène de fin de générique traditionnelle chez Marvel.
On peut simplement regretter que Deadpool ne bénéficie pas d’un scénario quand même plus intéressant que celui proposé ici. On est là dans le strict minimum. Même si le plaisir est ailleurs, un petit effort à ce niveau là n’aurait pas été du luxe. Mais Ryan Reynolds est assez irrésistible pour que l’on n’y prenne pas attention outre mesure. Les fans seront ravis et feront la chasse aux dizaines des références qui se cachent un peu partout. Les autres en auront cependant aussi pour leur argent et pourront apprécier le premier, le second et le troisième degré de cet humour déjanté et décapant.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Simon Kinberg, Ryan Reynolds, Lauren Shuler Donner, Stan Lee, Jonathon Komack Martin, Rhett Reese, Aditya Sood, Paul W Distribution : 20th Century Fox Réalisation : Tim Miller Scénario : Rhett Reese, Paul Wernick, d’après les comics de Rob Liefeld, Fabian Nicieza Montage : Julian Clarke Photo : Ken Seng Format : Couleur Décors : Shannon Gottlieb Musique : Junkie XL Costumes : Christine Bieselin Clark Directeur artistique : Sean Haworth Durée : 106 mn
Casting : Ryan Reynolds : Wade Wilson / Deadpool Morena Baccarin : Vanessa Carlysle / Copycat Ed Skrein : Ajax Gina Carano : Angel Dust T. J. Miller : Weasel Andre Tricoteux : Colossus (capture de mouvement) Stefan Kapičić : Colossus (voix) Brianna Hildebrand : Ellie Phimister / Negasonic Teenage Warhead Jed Rees : Le Recruteur Stan Lee : caméo
Commentaires récents