UN + UNE : Incroyable, j’ai aimé un Lelouch !

ununeaffiche

ununeafficheClaude Lelouch est pour moi très certainement le cinéaste français qui bénéficie d’un statut totalement immérité. Certes, une Palme d’Or en 1966, mais pour un film passablement médiocre. L’Aventure, c’est l’Aventure, Itinéraire d’Un Enfant Gâté… et puis beaucoup de navets. D’ailleurs plus grand monde ne va voir ses films depuis très longtemps. Pour preuve les bides absolus qu’ont représenté Il y a des Jours et des Lunes ou encore Hommes, Femmes, Mode d’Emploi dans les années 90, qui lui ont retiré toute crédibilité. Alors pourquoi être allé voir Un + Une ? Bah tout simplement parce que c’est bien…

Un + Une est la preuve qu’il ne faut pas rester bloqué sur ses préjugés. Quand j’ai vu pour la première fois la bande-annonce de ce film, j’ai d’abord été tenté avant de voir qu’il s’agissait d’un film de Claude Lelouch. Mais comme les critiques étaient plutôt bonnes, j’ai décidé de privilégier ma première impression. Elle était la bonne car le film est bien l’histoire romantique (pas tout à fait une comédie) sympathique qu’on pouvait imaginer, portée par un Jean Dujardin qui cabotine délicieusement (mais c’est le rôle qui veut ça) et une Elsa Zylberstein, parfaite de sensibilité.

ununeUn + Une se repose sur un scénario absolument pas cousu de fil blanc, alors que c’est la principale crainte que l’on pouvait avoir. C’est assez rare dans un film axé sur une relation homme-femme pour être souligné. Du coup, même si le propos commence parfois à tourner en rond, on continue à se demander où cela va nous mener et garde notre attention pleine et entière. Le tout prend vie au travers d’une réalisation sobre, entièrement au service des spectateurs et des magnifiques décors (bon ok, ce sont mes gènes indiens qui parlent). En tout cas, si ce film ne me fera pas considérer Claude Lelouch comme un géant du 7ème art, au moins marque-t-il un début de réconciliation.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Les Films 13, Davis Films, JD Prod, France 2 Cinéma
Distribution : Metropolitan FilmExport
Réalisation : Claude Lelouch
Scénario : Claude Lelouch, Valérie Perrin
Montage : Stéphane Mazalaigue
Photo : Robert Alazraki
Musique : Francis Lai
Durée : 113 min

Casting :
Jean Dujardin : Antoine Abeilard
Elsa Zylberstein : Anna Hamon
Christopher Lambert : Samuel Hamon
Alice Pol : Alice Hanel
Rahul Vohra : Rahul Abhi
Shriya Pilgaonkar : Ayanna
Abhishek Krishnan : Sanjay

SUBURRA : Voyage à Rome

suburraaffiche

suburraafficheComme je disais récemment à propos de Strictly Criminal, on se dit qu’un film de gangsters permet toujours de passer un bon moment, même si le genre est passablement éculé. Surtout quand il est signé Stefano Sollima, qui nous a offert le magnifique Gomorra. Malheureusement la comparaison avec le film de Scott Cooper ne s’arrête pas là. Car si le constat de départ est le même, celui d’arrivée aussi.

Suburra délaisse le sud napolitain pour nous plonger au cœur des relations incestueuses entre la mafia et le pouvoir politique romain. Pour un Italien, j’imagine que ce film dit beaucoup sur son propre pays. Pour un regard extérieur, cela ressemble plus à une série d’archétypes. Des archétypes dont le portrait est bien dressé mais archétypes quand même. Et surtout, il ne s’agit que d’archétypes négatifs. Du coup impossible de trouver au moins un personnage attachant. On assiste alors au déluge de violence sans ressentir d’émotion, indifférent au sors des protagonistes.

suburraD’un point de vue formel, on retrouve bien le style de Stefano Sollima. Un style très réaliste qui crée une ambiance assez sombre et particulière. Mais après Gomorra, le film et la série, on ne s’enthousiasme plus pour si peu. Les acteurs sont bien dans leur rôle. L’histoire est rythmée, c’est propre, c’est net. Mais au fond, à part « tous pourris, le film n’a pas grand chose à dire et la violence omniprésente semble un peu gratuite parfois. Elle correspond très certainement à une réalité mais le réalisateur apparaît quelque peu prisonnier de ses propres archétypes.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Production : La chauve souris, Canal +, Indie Sales
Distribution : Haut et Court
Réalisation : Stefano Sollima
Scénario : Stefano Rulli, Sandro Petraglia, d’après le roman de Giancarlo de Cataldo et Carlo Bonini
Montage : Patrizio Marone
Photo : Paolo Carnera
Décors : Paki Meduri
Costumes : Veronica Fragola
Durée : 135 min

Casting :
Pierfrancesco Favino : Filippo Malgradi, député
Elio Germano : Sebastiano
Claudio Amendola : Le samuraï
Alessandro Borghi : Numéro 8
Greta Scarano : Viola
Adamo Dionisi : Manfredi Anacletti
Giacomo Ferrara : Spadino Anacleti
Jean-Hugues Anglade : le carndinal Berchet

LE NOUVEAU : Des ados, des sourires

lenouveauaffiche

lenouveauaffichePendant longtemps j’ai crié ma déception devant l’immense majorité des films consacrés à l’adolescence, qui s’apparentait souvent à un ramassis de clichés grotesques. Il est vrai cependant que les choses ont évolué et que chaque année, le cinéma nous offre plusieurs films sympathiques sur le sujet. Dernier en date, le Nouveau. Un film tendre et parfois très drôle. Même s’il n’évite pas tous les pièges du genre.

Et commençons justement avec ce qui fâche. Le Nouveau se situe dans la mouvance « les gens différents sont souvent des gens formidables ». Le problème, c’est que l’on ressent parfois une sorte de pression du genre « si vous n’aimez pas les personnages, c’est que vous êtes en fait un vieux réactionnaire »… C’est exactement ce qui se passe face à un des personnages du film, un ado, qui en plus est d’origine sociale modeste, mais qui se révèle surtout au final très con et très lourd. Et parfois, on a l’impression que le film ne fait vraiment rien pour le rendre sympathique, comme si c’était gagné d’avance, ne serait-ce que par une sorte d’obligation morale.

lenouveauHeureusement, le reste de la bande est terriblement attachante. Les jeunes acteurs s’en sortent comme des chefs et Max Boubil ne cabotine pas trop. Le Nouveau propose de vrais éclairs, de vrais traits d’esprit vraiment bien sentis et qui nous offrent quelques beaux éclats de rire. Globalement, l’histoire rappellera quelques souvenirs à tous ceux qui n’ont pas toujours été le plus populaire dans leur classe. Alors oui, effectivement, le film grossit un peu les traits, mais sans jamais tomber dans la caricature et toujours pour le besoin de l’histoire. Le propos n’a pas une profondeur abyssale, mais ce n’est pas vraiment ce qu’on lui demande. Au final, le film donne le sourire et c’est déjà pas mal par les temps qui courent.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Rudi Rosenberg
Scénario : Igor Gotesman, Bruno Muschio, Rudi Rosenberg
Photographie : Nicolas Loir
Costumes : Elise Bouquet, Reem Kuzayli
Production : Eric Juhérian, Mathias Rubin
Société(s) de production : Récifilms, Cinéfrance 1888, Mars Films, D8 Films, Canal+, Ciné+, Région Ile-de-France
Durée : 81 minutes

Casting :
Réphaël Ghrenassia : Benoît
Joshua Raccah : Joshua
Géraldine Martineau : Aglaée
Guillaume Cloud-Roussel : Constantin
Johanna Lindstedt : Johanna
Max Boublil : Greg (oncle de Benoît)
Eythan Chiche : Charles

AU-DELA DES MONTAGNES : Le temps et l’espace

audeladesmontagnesaffiche

audeladesmontagnesaffichePeu à peu le cinéma chinois nous livre un regard critique de l’intérieur même du pays. Cela n’est pas encore le signe d’une vraie libération et d’une fin de la censure, mais peut-être peut-on au moins espérer que l’armure se fendille peu à peu. Zhang-ke Jia est un des fers de lance d’un 7ème art qui nous fait découvrir le cœur d’une société qui peut broyer totalement les individus. L’année dernière, A Touch of Sin avait largement séduit la critique et nous avait livré une vision terriblement sombre. Au-delà des Montagnes n’est guère plus réjouissant sur l’état du pays et le sort de sa population. Mais est-il cinématographiquement aussi réussi ?

Au-delà des Montagnes ne nous livre pas simplement une vision du présent, mais aussi un retour sur le passé et une anticipation du futur, puisqu’il s’achève en 2025. Cette réflexion sur la durée aurait pu ouvrir des horizons nouveaux à la réflexion. Mais au-lieu d’enrichir réellement le propos, il constitue surtout un artifice narratif pour donner du corps à l’histoire des personnages. Du coup, le film est plus complet, peut-être moins intéressant dans l’absolu que A Touch of Sin, mais basée sur une intrigue plus solide. On a tout autant envie de connaître le fruit des réflexions que le sort final réservé aux personnages. Les deux aspects sont assez réussis, mais pas totalement passionnant.

audeladesmontagnesAu-delà Des Montagnes bénéficie d’une réalisation très classique, pour ne pas dire académique. Tout est plus lisse et lumineux que dans A Touch of Sin. C’est le propos qui veut ça, mais du coup cela accroche moins le regard du spectateur. Rien qui vienne le plonger dans une ambiance particulière et dépaysante. Les acteurs sont parfaits, mais là aussi avec une perfection qui rend les sentiments un peu mécaniques. Le film est beau et il est loin d’être dénué d’émotion. Mais il n’est jamais bouleversant. Reste un grand intérêt, sans l’étincelle qui provoque l’enthousiasme.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : MK2, Diaphana, Arte France Cinéma, Shanghai Film Group
Réalisation : Jia Zhangke
Scénario : Jia Zhangke
Montage : Matthieu Laclau
Photo : Lik-Wai Yu
Décors : Qiang Liu
Distribution : Ad Vitam
Son : Yang Zhang
Musique : Yoshihiro Hanno
Durée : 120 min

Casting :
Yi Zhang : Jinsheng
Zhao Tao : Tao
Jingdong Liang : Liand
Sylvia Chang : Mia
Zijang Dong : Daole

MIA MADRE : Le coeur et la raison

miamadreaffiche

miamadreafficheL’émotion transmise par un film est souvent liée à l’attachement que l’on ressent pour les personnages. En effet, on est toujours plus touché par ce qui arrive aux gens que l’on aime bien que par ce qui arrive aux gens qui nous horripilent. C’est humain et cela ne fait pas de nous des êtres sans cœur et indifférents. Mia Madre, le dernier film de Nani Moretti, est riches en personnages objectivement intéressants. Mais sont-il assez sympathiques pour que leur sort nous émeuve réellement ?

J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans Mia Madre. Pendant plus de la moitié du film, j’ai surtout été agacé par des personnages pas forcément hyper sympathiques à première vue. Certains, notamment celui interprété magnifiquement par John Turturo, sont même clairement insupportables. Puis peu à peu, une fois que l’on découvre vraiment qui ils sont, les sentiments qui les habitent, leurs doutes profonds, leurs blessures parfois, on finit par les apprécier jusqu’à un dénouement particulièrement touchant et émouvant.

miamadreMais voilà, après avoir passé une bonne heure en dehors du film, il est assez difficile d’y rentrer à nouveau totalement. Il y a beaucoup de choses admirables dans Mia Madre, notamment par les performances d’acteurs, quelques scènes vraiment mémorables. Mais j’avoue que personnellement, je n’ai jamais pu vraiment basculer de l’intérêt purement intellectuel à un ressenti profond. J’ai toujours vu ce film avec mon cerveau, assez peu avec le cœur. C’est assez pour l’apprécier, trop peu pour l’aimer follement.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Sacher Film, Fandango, Le Pacte, Rai cinema, Arte France cinema
Réalisation : Nanni Moretti
Scénario : Nanni Moretti, Francesco Piccolo, Valia Santella
Montage : Clelio Benevento
Photo : Arnaldo Catinari
Décors : Paola Bizzarri
Distribution : Le Pacte
Son : Alessandro Zanon
Musique : Nina Rota, Arvo Pärt, Olafur Arnalds, Philip Glass, Mario Cantini, Cinzia Donti, Isabella Colliva
Durée : 107 min

Casting :
Nanni Moretti : Giovanni
Margherita Buy : Margherita
John Turturo : Barry Huggins
Giulia Lazzarini : Ada
Beatrice Mancini : Livia
Enrico Ianniello : Vittorio
Stefano Abbati : Federico

KILL YOUR FRIENDS : Plaisir coupable

killyourfriendsaffiche

killyourfriendsafficheQuand on pense univers impitoyable, on pense évidemment immédiatement à Dallas. Mais visiblement, il n’est pas le seul. Le monde de la musique à la fin des années 90 en Angleterre était pas mal aussi dans son genre. Enfin si on en croit Kill Your Friends. Un portrait particulièrement féroce de ce milieu où tous les coups sont permis. Nos instincts les plus bas y trouveront leur compte. Mais est-ce que cela donne un sens suffisant pour rendre un film intéressant ?

Kill Your Friends est un film parfaitement maîtrisé. Owen Harris a un certain sens de l’image, de la direction d’acteurs et du rythme de narration, même si le film a quelques temps morts à ce niveau là. Il arrive parfaitement à retranscrire la cruauté d’un monde où chacun rêve de prendre la place de l’autre. Il sait rendre l’ensemble de ses personnages attachants malgré leur caractère monstrueux. Du coup, on rentre dans le film et on ressent une réelle envie de savoir où tout cela va nous conduire.

killyourfriendsMais voilà, une fois que tout se termine, qu’est ce qui nous reste ? Pas grand chose. Le satisfaction d’avoir appris beaucoup sur l’envers du décor d’une musique qui a bercé notre adolescence (enfin pour les gens de mon âge) ? Pas vraiment, car pour les besoins de l’histoire, les traits sont forcés et on est incapable de distinguer vraiment la caricature des éléments plus réalistes. Les personnages sont quand même trop immoraux pour qu’on leur conserve une réelle tendresse. Le plaisir coupable d’avoir vu d’avoir assisté à ce concours de coups bas ? Comme tout plaisir coupable, il est assez éphémère. Bref, un film bien foutu par certains côtés, mais qui ne restera pas dans les mémoires.

LA NOTE : 11,5/20

Fiche technique :
Production : Unigram, AI Film, Altitude Film Entertainment
Distribution : Chrysalis Films
Réalisation : Owen Harris
Scénario : John Niven, d’après son propre roman
Montage : Bill Smedley
Photo : Gustav Danielsson
Décors : Charlotte Pearson
Musique : Junkie XL
Costumes : Susie Coulthard, Hannah Glossop
Durée : 103 min

Casting :
Nicholas Hoult : Stelfox
Ed Skrein : Rent
Georgia King : Rebecca
Rosanna Arquette : Barbara
James Corden : Waters
Tom Riley : Parker-Hall
Craig Roberts : Darren
Joseph Mawle : Trellick
Moritz Bleibtreu : Rudi

LE PONT DES ESPIONS : Si le pont m’était conté

lepontdesespionsaffiche

lepontdesespionsafficheSavoir raconter une histoire est un don rare et précieux. Avoir à sa disposition des rebondissements spectaculaires, des aventures fantastiques et des péripéties à foison représente bien sûr une aide appréciable. Mais ceux qui savent vraiment raconter une histoire n’ont même pas besoin de cela. Il ont juste besoin de leur talent. Steven Spielberg est peut-être le plus extraordinaire conteur que le cinéma n’ait jamais compté. Un des plus grands en tout cas, c’est certain. Un nouvelle preuve avec le Pont des Espions.

Le Pont des Espions est un film d’espionnage, mais radicalement différent d’un James Bond. Pas de courses poursuites, de fusillades ou de sauts dans le vide. Pourtant, Steven Spielberg arrive à nous passionner du début à la fin, simplement en déroulant son intrigue et ses dialogues. Il manque à cette histoire plus ou moins vraie une incitation au rêve, comme le réalisateur a su nous en proposer souvent, mais cela n’enlève rien à son intérêt et la maestria avec laquelle elle nous est racontée. Du grand art !

lepontdesespionsLe Pont des Espions est aussi parfaitement réalisé. Parce que si Steven Spielberg n’était qu’un formidable conteur, ça se saurait. C’est aussi une merveilleux cinéaste. Son sens de l’image, de la photographie et du montage est une nouvelle fois frappant dans un style très sobre, mais impressionnant de maîtrise. Tout ceci est au service des comédiens, au premier rang desquels un Tom Hanks juste parfait. Et c’est un non-fan qui le dit ! Au final, pas le film le plus bouleversant, ni le plus enthousiasmant de l’année, mais un modèle de cinéma.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : DreamWorks Pictures, Fox 2000 Pictures
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Steven Spielberg
Scénario : Matt Charman, Ethan & Joel Coen
Montage : Michael Kahn
Photo : Janusz Kaminski
Décors : Adam Stockhausen
Musique : Thomas Newman
Durée : 141 min

Casting :
Tom Hanks : James Donovan
Mark Rylance : Rudolf Abel
Austin Stowell : Francis Gary Powers
Will Rogers : Frederic Pryor
Amy Ryan : Mary Donovan
Alan Alda : Thomas Watters Jr.
Sebastian Koch : Wolfgang Voge

IXCANUL : Un mariage et un enterrement

ixcanulaffiche

ixcanulafficheNe regardant pas trop la télévision et encore moins les chaînes documentaire et n’ayant par le budget pour visiter un nouveau pays par an, il ne me reste que le cinéma pour voyager partout autour du monde. Heureusement, ce loisir propose de nombreuses occasions de découvrir des contrées lointaines (et pas simplement des galaxies lointaines, très lointaines…). Ixcanul nous donne l’occasion de partir au Guatemala pour un voyage plus dramatique que d’agrément, mais un très beau voyage tout de même.

Ixcanul nous plonge au cœur de la conditions des populations indigènes rurales du Guatemala. Autant dire qu’on est assez loin des Ch’tis à Las Vegas, ce qui me rappelle pourquoi justement je ne regarde pas trop la télévision. La découverte se fait au travers d’une histoire solidement construite avec de vrais rebondissements. On se passionne donc autant pour l’intrigue que pour le dépaysement et la découverte. Une double dose de plaisir qui rend en plus moins bête et ignorant.

ixcanulIxcanul bénéficie de plus d’une réalisation soignée. Jayro Bustamante ne dispose pas de moyens illimités, cela se sent, mais il en tire le meilleur grâce à un vrai sens de l’image. Il met merveilleusement bien en valeur ses acteurs pourtant tous amateurs qui n’ont rien à envier à personne. Une mention spéciale à l’actrice principale, Maria Mercedes Coroy, qui porte une bonne partie du film sur ses frêles épaules. C’est incroyable comme le talent est équitablement réparti sur cette planète. Ce film en est la preuve…

Réalisation : Jayro Bustamante
Scénario : Jayro Bustamante
Musique : Pascual Reyes
Photographie : Luis Armando Arteaga
Montage : César Díaz
Décors : Pilar Peredo
Costumes : Sofia Lantan
Son : Eduardo Cáceres
Mixage : Julien Cloquet
Maquillage : Aiko Satô
Production : Jayro Bustamante, Inés Nofuentes (productrice exécutive), Marina Peralta, Pilar Peredo, Edgard Tenembaum
Pays d’origine : Guatemala
Durée : 100 minutes

Casting :
María Mercedes Coroy : María, la fille
María Telón : Juana, la mère
Manuel Antún : Manuel, le père
Justo Lorenzo : Ignacio, le contremaître
Marvin Coroy : Pepe, l’amant de María
Leo Antún : le guide spirituel
Fernando Martinez : le policier

 

KNIGHT OF CUPS : Jusqu’au bout de l’ennui

knightofcupsaffiche

knightofcupsafficheCertaines personnes ont une seule idée dans toute leur vie. Cela les rend infiniment supérieurs à ceux qui n’en n’ont jamais aucune, et dieu sait s’ils sont nombreux. Un jour Terrence Malick a eu l’idée de faire des films avec de belles images et des gens qui parlent en voix-off dessus pour déclamer, le plus souvent en murmurant, un texte hyper poétique, même s’il ne veut pas dire grand chose. Il en a tiré un chef d’œuvre absolu qui lui a valu une Palme d’Or. Mais aussi pas mal de films vraiment ennuyeux et sans grand intérêt. Knight of Cups est le dernier d’entre eux.

Je pense qu’il faut que je me résigne à ne pas retrouver chez Terrence Malick la magie de The Tree of Life. Je me suis déjà fait avoir plusieurs fois. Parce que j’ai longtemps attendu la magie dans Knight of Cups. Alors oui, c’est beau, c’est sublimement réalisé, cela démontre une maîtrise artistique hors du commun. Mais la vache, qu’est-ce que c’est chiant ! Et encore je reste poli… Et encore, je savais à quoi m’attendre, contrairement à une partie du public qui a quitté la salle avant la fin et qui ne devait ne pas être bien renseigné.

knightofcupsL’avantage d’avoir eu une Palme d’Or et d’avoir un talent artistique phénoménal, c’est qu’on est capable d’attirer dans ses castings des méga-stars hollywoodiennes, venues prouvées qu’elles pouvaient jouer dans autre chose que des blockbusters. J’adore Christian Bale et le voir à l’écran est un plaisir. De même pour Antonio Banderas ou Natalie Portman. Mais là autant fixer une photo d’eux pendant près de deux heures. Deux heures qui paraîtront longues certes… mais guère plus qu’en allant voir Knight of Cups.

LA NOTE : 6/20

Fiche technique :
Production : Waypoint Entertainment, Dogwood Films
Distribution : Metropolitan FilmExport
Réalisation : Terrence Malick
Scénario : Terrence Malick
Montage : Geoffrey Richman, Keith Fraase
Décors : Jack Fisk
Musique : Hanan Townshend
Costumes : Jacqueline West
Directeur artistique : Emmanuel Lubezki, Ruth De Jong
Durée : 118 min

Casting :
Christian Bale : Rick
Natalie Portman : Elisabeth
Cate Blanchett : Nancy
Antonio Banderas : Tonio
Imogen Poots : Della
Brian Dennehy : Joseph

STRICTLY CRIMINAL : Strict minimum

strictlycriminalaffiche

strictlycriminalafficheOn se dit qu’un film avec Johnny Depp comme vedette ne peut pas être franchement mauvais. On se dit qu’un film de gangsters, même si les codes du genre sont archi-connus, ça permet toujours de passer un bon moment. On se dit que Scott Cooper nous a déjà offert les très bons Crazy Heart et Les Brasiers de la Colère, alors il n’y a pas de raison qu’il fasse moins bien ce coup-ci. Bref, on se dit que Strictly Criminal devrait être un pas si mauvais film que ça. Mais est-ce suffisant pour en faire un bon film ?

L’ascension puis la chute d’un gangster constitue certainement le sujet le plus porté à l’écran chaque année. C’est exactement ce que raconte Strictly Criminal et rien de plus. Certes, si le sujet ne nous plaît pas, il suffit de ne pas aller voir ce film. Mais on espère toujours un petit plus qui vienne enrichir le propos et donner une épaisseur supplémentaire au scénario. Rien de cela ici. Rien ne vient faire naître un début d’enthousiasme. On ne s’ennuie pas, mais on passe quand même le film à se demander si une surprise finira par survenir. La réponse est malheureusement non.

strictlycriminalStrictly Criminal bénéficie d’une réalisation assez chiadée. Malheureusement, là encore, ça tourne paresseusement dans le vide, comme une habitude, une routine des films du genre. Ca ouvre un œil et demi du spectateur, mais pas les deux. Reste à admirer la nouvelle transformation physique de Johnny Depp. J’aurais eu envie d’écrire la énième, car si l’exercice prouve une nouvelle fois l’incroyable talent de cet acteur, cela ne suffit plus pour nous émouvoir plus que cela. Bref, pas un film raté, mais qui en rien du lot des films de gangster. Et c’est un gros lot !

LA NOTE : 10/20

Fiche technique :
Production : Cross Creek Pictures, Grisbi Productions
Réalisation : Scott Cooper
Scénario : Scott Cooper
Montage : David Rosenbloom
Photo : Masanobu Takayanagi
Musique : Junkie XL
Directeur artistique : Jeremy Woodward
Durée : 123 min

Casting :
Johnny Depp : Whitey Bulger
Peter Sarsgaard : Brian Halloran
Jesse Plemons : Kevin Weeks
Kevin Bacon : Charles McGuire
Dakota Johnson : Lindsey Cyr
Benedict Cumberbatch : Bill Bulger
Joel Edgerton : John Connelly
Corey Stoll : Fred Wyshak