Parfois, certains cinéastes français prennent conscience qu’ils nous proposent des films supposés intellectuels, mais qui ne sont juste en fait qu’une litanie d’inepties sans intérêt. Alors, pour montrer qu’ils ne sont pas qu’une bande d’esprits étroits dont le seul passe-temps est la masturbation intellectuelle, ils parlent de cul… Bah oui, c’est cool, le cul… tout le monde aime parler de cul. C’est très certainement ce qu’ont du se dire les frères Larrieu au moment de nous livrer 21 Nuits avec Pattie. Peine perdue, le film est juste un navet.
Il est des quêtes longues et aventureuses qui se retrouvent couronnées de succès, après bien des efforts. C’est ainsi que je me suis mis en recherche du sens et de l’intérêt profonds de 21 Nuits avec Pattie… Malheureusement, celle-ci sera pour moi un échec cuisant… J’ai eu beau cherché, et promis j’ai fait des efforts, je n’ai jamais trouvé. Par contre, je suis tombé sur beaucoup de n’importe quoi, pas mal de ridicule et une bonne pelletée de néant.
Parler de cul ne suffit donc pas à donner un intérêt à un film. Tout comme avoir un beau casting ne suffit pas non plus à faire un bon film. La direction d’acteur des frères Larrieu ressemble à tout sauf à une directeurs d’acteur. Les comédiens cabotinent gentiment sans y croire. Seule Karin Viard arrive à donner un peu d’épaisseur à son personnage. Peut-être parce que c’est celle qui parle le plus de cul… Bref, on préférerait passer qu’une nuit avec n’importe qui que 21 Nuits avec Pattie.
LA NOTE:4/20
Fiche technique : Réalisation : Arnaud et Jean-Marie Larrieu Scénario : Arnaud et Jean-Marie Larrieu, Antoine Jaccoud Photographie : Yannick Ressigeac Montage : Annette Dutertre Production : Aréna Films – Pyramides Productions Durée : 115 minutes
Casting : Karin Viard : Pattie Sergi López : Manuel Montez, le mari de Caroline Isabelle Carré : Caroline Montez Denis Lavant : André André Dussollier : Jean Philippe Rebbot : Jean-Marc Laurent Poitrenaux : Pierre, le capitaine de gendarmerie Mathilde Monnier : Isabelle, dite « Zaza », la mère de Caroline
Quand on est un militant politique dans une démocratie moderne et qui fonctionne bien mieux que ce que l’on veut bien dire, on rêve parfois des grands combats d’autrefois, quand des droits fondamentaux étaient encore à conquérir. Du coup, on apprécie d’autant plus les films qui leur sont consacrés. Les Suffragettes nous relate le combat pour le droit des votes des femmes en Grande-Bretagne au début du siècle dernier. Une œuvre un rien formatée mais qui se laisse regarder avec un certain plaisir et un intérêt certain.
Les Suffragettes est un film historique qui nous en apprend beaucoup sur le mouvent dont il a tiré son nom. Bien sûr, il ne s’agit pas d’un documentaire, mais au moins on en ressort un peu moins ignorant. Le récit est très certainement romancé, peut-être trop manichéen pour être totalement objectif, mais tel est le lot des fictions. L’intrigue est assez bien construite et les personnages attachant pour intéresser même ceux qui n’affectionnent pas les leçons d’histoire. Rien de transcendant, mais assez de tension narrative pour ne jamais s’ennuyer.
La réalisation de Les Suffragettes est elle aussi très efficace. Pas de génie, pas de prise de risque artistique, mais des décors et des costumes parfaitement reconstitués et une mise en scène maîtrisée. Sarah Gavron avait sûrement trop de respect pour son sujet pour oser oser. On lui reconnaîtra tout de même un joli sens de la direction d’acteur avec de belles performances d’actrices dans un casting il est vrai de très haut niveau. Bref, pas le chef d’œuvre du siècle, mais un film réussi. Les femmes qui ont réellement mené ce combat méritait bien ça !
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Pathé, Focus Features Distribution : Pathé distribution Réalisation : Sarah Gavron Scénario : Abi Morgan Montage : Barney Pilling Photo : Eduard Grau Décors : Alice Normington Musique : Alexandre Desplat Costumes : Jane Petrie Directeur artistique : Jonathan Houlding, Choi Hong Man Durée : 106 min
Casting : Carey Mulligan : Maud Watts Helena Bonham Carter : Edith Ellyn Brendan Gleeson : Arthur Steed Anne-Marie Duff : Violet Miller Ben Whishaw : Sonny Watts Romolo Garai : Alice Haughton Meryl Streep : Emmeline Pankhurst
La comédie romantique est certainement le genre cinématographique hollywoodien le plus formaté. Les codes sont archi connus et sans surprise. Et puis, il y a Judd Apatow. Non qu’il brise avec fracas les codes imposés, mais il y ajoute une touche personnelle, celle-là même qui distingue le cinéaste de l’exécuteur des basses œuvres à la solde des studios. Si Crazy Amy ne restera pas son meilleur film, il arrive une nouvelle fois à sortir du lot.
Le style de Judd Apatow se caractérise par une certaine lenteur. On peut y voir un défaut. Il est vrai que la plupart des scènes de Crazy Amy sont un peu trop longues. Mais au final, cela donne une personnalité au film que possède peu de comédies du genre. Car cette lenteur nous laisse aussi apprécier les à-côtés au delà de l’enchaînement des gags et l’histoire d’amour convenu. En particulier les personnages qui ont une nouvelle fois un supplément d’épaisseur qui s’apparente à un supplément d’âme.
Alors on pardonne aisément une fin un peu trop prévisible et pleine de bons sentiments. D’autant plus aisément que le charisme de Amy Schumer illumine l’écran. Si le reste du casting est plus anecdotique, Judd Apatow confirme qu’il sait parfaitement diriger ses comédiens. Au final, Crazy Amy est une comédie romantique qui ne change pas vraiment des comédies romantiques… mais un peu quand même…
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Universal Pictures, Apatow Productions Distribution : Universal Pictures International France Réalisation : Judd Apatow Scénario : Amy Schumer Montage : William Kerr Photo : Jody Lee Lipes Décors : Kevin Thompson Musique : Jon Brion Durée : 125 min
Casting : Amy Schumer : Amy John Cena : Steven Brie Larson : Kim Bill Hader : Aaron Ezra Miller : Donald LeBron James : Lui-même Tilda Swinton : Dianna Daniel Radcliffe : le promeneur de chien Marisa Tomei : la propriétaire de chien
Une saga au long cours a parfois besoin de voir ses aspects les plus routiniers bousculés au plus haut point pour prendre un nouveau départ et retrouver tout son intérêt. C’est exactement ce qui est arrivé à la saga James Bond en deux temps avec Casino Royal puis Skyfall. Deux films apportant un regard nouveau sur le personnage et qui laissaient espérer que le meilleur serait peut-être encore à venir. Malheureusement, 007 Spectre marque un retour aux fondamentaux assez brutal… trop brutal !
007 Spectre est donc un pur James Bond. On y retrouve tous les aspects, répliques, péripéties, scènes d’action que l’on peut s’attendre à trouver ici. Mais du coup, cela tourne quelque peu à la caricature. Comme si Sam Mendes en voulant renouer avec la tradition avait totalement oublié d’y ajouter sa propre vision et sa propre personnalité. Le voir choisi pour réaliser Skyfall avait surpris, mais la surprise avait été excellente. Ici se concrétisent les craintes formulées alors. Le réalisateur ne semble pas vraiment à l’aise, laisse chaque scène s’étirer un peu trop pour un résultat qui manque d’un rien de rythme et de souffle pour être totalement enthousiasmant.
007 Spectre reste tout de même du cinéma à grand spectacle qui se laisse regarder sans ennui et un réel plaisir. Mais il range James Bond dans la catégorie pur divertissement formaté, comme il l’a pu l’être du temps de Roger Moore. Heureusement, Daniel Craig est totalement installé dans son rôle et on serait fort chagriné s’il ne devait pas l’incarner au moins encore une fois. Il a face à lui un Christoph Waltz quelque peu sous-exploité et une Léa Seydoux convaincante. On ne peut donc s’empêcher d’être frustré par un résultat globalement plaisant, mais sans surprise et sans génie.
LA NOTE : 12/20
Fiche technique : Production : B24, Eon Productions, MGM, Columbia Pictures, Danjaq Distribution : Sony Pictures Releasing France Réalisation : Sam Mendes Scénario : John Logan, Neal Purvis, Robert Wade, Jez Butterworth Montage : Lee Smith Photo : Hoyte Van Hoytema Décors : Dennis Gassner Musique : Thomas Newsman Directeur artistique : Chris Lowe Durée : 148 mn
Casting : Daniel Craig : James Bond Christoph Waltz : Blofeld Léa Seydoux : Madeleine Swann Ralph Fiennes : M Monica Bellucci : Lucia Sciarra Ben Whishaw : Q Naomie Harris : Eve Moneypenny Dave Bautista : Mr Hinx Andrew Scott : C
Ce n’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule… et ce n’est pas parce qu’on n’a rien à raconter qu’il faut s’abstenir de faire un film. C’est ce qu’a du se dire Christian Vincent au moment de réaliser l’Hermine. Un film vide qui résume à lui seul tous les travers d’un certain cinéma français complaisant avec lui même et content de lui, malgré une insondable médiocrité. Heureusement, un peu de fraîcheur venue du Danemark empêche le naufrage d’être complet.
L’Hermine est un film où il ne se passe rien, qui ne dit pas grand chose et réalisé en roue libre. Certaines scènes s’étirent en une longueur déraisonnable alors que, si on les coupait purement et simplement au montage, le scénario n’en souffrirait pas d’un iota. Tout est fait pour masquer le grand néant d’une histoire sans épaisseur, sans surprise et surtout sans intérêt. C’est ni drôle, ni touchant, ne pousse pas spécialement à la réflexion et ne fait pas franchement battre le cœur.
Pensé presque exclusivement pour Fabrice Luchini, L’Hermine est un film aussi paresseux que sont principal interprète qui cabotine gentiment sans entrain. Il nous livre le même numéro, les mêmes mimiques, les mêmes intonations qu’à l’habitude, sauf que cela fait longtemps que l’on ne crie plus au génie pour si peu venant de lui. Heureusement, tout cela est contrebalancé, de manière bien trop incomplète malheureusement, par le charme de Sidse Babette Knudsen, dont les amateurs de l’excellente série Borgen connaissent déjà l’immense talent. Une lueur de bonheur dans ce grand rien, mais bien insuffisant pour que le verdict soit clément.
LA NOTE : 7/20
Fiche technique : Réalisation : Christian Vincent Scénario : Christian Vincent
Casting : Fabrice Luchini : Michel Racine, président de cour d’assises Sidse Babett Knudsen : Ditte Lorensen-Côteret, une jurée Eva Lallier : Ann, la fille de Ditte Victor Pontecorvo : Martial Beclin, l’accusé Candy Ming : Jessica Burton, la compagne de Martial Michaël Abiteboul : Jourd’hui, l’avocat de la défense Corinne Masiero : Marie-Jeanne Metzer, une jurée Claire Assali : avocate de la partie civile Marie Rivière : Marie-Laure, la femme de Michel Racine Floriane Potiez : la réceptionniste
J’évoquais dans ma critique précédente le fait que le cinéma français semble totalement ignorer son plus grand auteur de théâtre, à savoir Molière. Mais cela ne signifie en rien que les scénaristes ne puisent pas dans les textes joués sur les planches pour proposer de nouvelles idées pour de nouveaux films. La preuve avec Ange et Gabrielle, adaptation d’une pièce de Murielle Magellan. Et accessoirement une comédie romantique qui se laisse regarder.
Ange et Gabrielle arrive presque à échapper à l’impression de théâtre filmé… mais pas totalement. Certes les personnages se déplacent constamment d’un lieu à l’autre, mais on se demande parfois si ce n’est pas justement pour casser l’uniformité du décor qu’impose une scène de théâtre. Ceci-dit, cela reste assez anecdotique même si cela enferme quelque peu le film dans ses limites artistiques. La réalisation de Anne Giafferi est sobre, euphémisme pour dire qu’elle tire parfois sur le téléfilm de France 3.
Le scénario est quant à lui assez sympathique et les personnages plutôt attachants. A la fois, c’est à peu près tout ce que l’on demande à une comédie romantique, alors ne boudons pas notre plaisir. Par contre, Ange et Gabrielle a confirmé que, pour moi, Patrick Bruel est un acteur très moyen. Son jeu sonne faux, en tout cas très loin de celui tellement plus convaincant d’Isabelle Carré ou même de celui des jeunes Alice de Lencquesaing et Thomas Soliveres. Heureusement qu’ils sont là pour porter le film et lui donner un supplément de charme à cette comédie qui ne casse pas trois pattes à un canard par ailleurs.
LA NOTE : 11/20
Fiche technique : Réalisation : Anne Giafferi Scénario : Anne Giafferi et Anne Le Ny, d’après la pièce de théâtre de Murielle Magellan Musique : Jean-Michel Bernard Montage : Christine Lucas Navarro Photographie : Stéphane Cami Décors : Michèle Abbé-Vannier Costumes : Nathalie Chesnais Producteur : Benoît Jaubert ; Marc Olla Production : Benji Films et Palazzo Films Distribution : UGC Distribution Durée : 91 minutes
Casting : Patrick Bruel : Ange Isabelle Carré : Gabrielle Laurent Stocker : Guillaume Alice de Lencquesaing : Claire Thomas Solivéres : Simon Carole Franck : Caroline
A part l’Avare avec Louis de Funès, le cinéma français n’a jamais osé piocher chez Molière des scénarios de films. Par contre, chez nos cousins anglo-saxons, William Shakespeare continue de constituer une source d’inspiration inépuisable. Pour preuve, l’adaptation de Macbeth par Justin Kurzel, un réalisateur australien qui signera bientôt l’adaptation du jeux vidéo Assassin Creed. Deux adaptations très différentes donc. Mais espérons que la seconde sera plus réussie que la première.
Macbeth part plutôt bien. Le spectateur est très vite plongé dans un délire de violence et de sang, dans une esthétique qui rappelle celle de la série Vikings. On se dit alors que l’on ne va pas du tout subir l’impression de théâtre filmé, caractéristique qui constitue souvent la limite de ce genre d’adaptation. Puis, peu à peu les dialogues remplacent les combats et on déchante alors très vite. Non pas du fait de la piètre qualité des répliques, il s’agit de Shakespeare tout de même, mais de la façon uniforme dont les acteurs les déclament. Ces derniers ne jouent pas, ils murmurent. Quelque soit le contexte, le sujet du dialogue, ils ne varient jamais l’intensité, la force avec lesquelles ils prononcent leurs paroles.
Pourtant, Macbeth a bénéficié d’un casting de premier plan avec en vedette Michael Fassbender et Marion Cotillard. On retrouvera les deux acteurs à l’affiche d’Assassin Creed d’ailleurs, pour un résultat espérons-le plus convaincant. Ils font très bien ce qui leur est demandé, mais comme on leur demande toujours la même chose pendant près de deux heures, c’est vite particulièrement lassant. Il y a un vrai problème de direction d’acteurs. Un problème qui fait inexorablement plonger le spectateur dans un ennui de plus en plus profond.
LA NOTE : 8,5/20
Fiche technique : Production : See-Saw Films, DMC Films, The Weinstein Company Réalisation : Justin Kurzel Scénario : Todd Louiso, Jacob Koskoff, Michael Lesslie, d’après la pièce de William Shakespeare Montage : Chris Dickens Photo : Adam Arkapaw Décors : Fiona Crombie Distribution : StudioCanal Musique : Jed Kurzel Durée : 113 mn
Casting : Marion Cotillard : Lady Macbeth Michael Fassbender : Macbeth Paddy Considine : Banquo David Hayman : Lennox David Thewlis : Duncan Sean Harris : Macduff Elizabeth Debicki : Lady Macduff Jack Reynor : Malcom
Très souvent les acteurs classés dans la catégorie comique connaissent une consécration critique, et accessoirement souvent un César, le jour où un réalisateur a l’idée saugrenue de leur proposer un rôle beaucoup plus tragique. Depuis Coluche dans Tchao Pantin, cela s’est répété assez souvent pour que cela tienne désormais quelque peu du cliché. En fait, on constate tout simplement que les bons acteurs sont bons un point c’est tout… Et qui doute encore de l’immense talent de François Damiens ? Certainement pas ceux qui ont vu toutes les comédies qu’il a illuminé de sa présence. Et certainement pas ceux qui ont vu les Cowboys, film qui n’a lui rien d’une comédie.
Tout d’abord , je voudrais chaudement félicité les auteurs de la bande-annonce de les Cowboys. En effet, tout en donnant une bonne idée du ton et du sujet abordé par le film, il n’en dévoile que le point de départ et cache totalement les chemins inattendus qu’il va finalement emprunter et la plupart des rebondissements. C’est tellement rare qu’il était nécessaire d’être souligné. Tous ceux qui avaient déjà envie de le voir à la base auront donc été particulièrement surpris par la richesse du propos. Ce dernier surprend agréablement également par son intelligence quand le sujet appelait tellement de clichés.
Les Cowboys ne représente donc pas une révélation pour François Damiens. Le talent était là, on le savait. Par contre, on découvre avec bonheur l’étendue du talent de Finnegan Olfield qui tient là pour la première fois une rôle aussi consistant. Il y est pour beaucoup dans la réussite représentée par un film émouvant, à l’intrigue solide et avec de vrais rebondissements, traitant avec un minimum de subtilité d’un sujet casse-gueule, surtout en ce moment… et à l’interprétation impecable donc.
LA NOTE : 13,5/20
Fiche technique : Production : Les productions du Trésor, Pathé, Les films du fleuve, France 2 Cinéma, Lunanime Réalisation : Thomas Bidegain Scénario : Thomas Bidegain, Noé Debré Montage : Géraldine Mangenot Photo : Arnaud Potier Décors : François Emmanuelli Distribution : Pathé distribution Musique : Raphaël Durée : 114 min
Casting : François Damiens : Alain Finnegan Oldfield : Kid Iliana Zabeth : Kelly Mounir Margoum : Ahmed Agathe Dronne : Nicole Ellora Torchia : Shahazana Antoine Chappey : Charles Maxi Driesen : Kid à 13 ans John C. Reilly : L américain
Je n’ai pour l’instant pas une vie qui justifierait que mon fils en fasse un film. Bon, déjà parce que je n’ai pas de fils, mais surtout parce que mon destin n’a rien de particulièrement mémorable. Cela constituerait pourtant un cadeau assez extraordinaire. C’est celui que Kheiron a décidé de faire à son père avec Nous Trois ou Rien. Le cadeau est déjà magnifique. Il est encore plus vu les qualités extraordinaires que ce film possède. Un vrai bijou cinématographique.
De l’Iran à la banlieue parisienne, Nous Trois ou Rien nous livre une vision formidablement réjouissante d’événements géopolitiques tragiques ou de situations sociales difficiles. Le parallèle avec Persepolis est relativement inévitable, confirmant la vitalité intellectuelle du peuple iranien. C’est drôle, tendre, positif, tout en nous présentant des réalités qui auraient pu facilement conduire au misérabilisme ou au à la noirceur. Une preuve éclatante que l’ironie et le second degré sont des armes incroyablement puissantes quand elles sont entre de bonnes mains. Celles de Kheiron ont quelque chose de magique.
On peut imaginer l’émotion de Kheiron au moment d’écrire ce scénario et encore plus le jour où, pour la première fois, il a du interpréter le rôle de son propre père. Ce témoignage d’amour pour un homme certes remarquable ajoute une émotion profonde à ce qui est du coup plus qu’un film, mais un véritable témoignage. Certains épisodes sont sûrement romancés, mais qu’importe. On est emporter par ce film qui transmet une énergie folle à tous ceux qui ont la chance de le voir. Nous Trois ou Rien est un des films les plus intelligents de cette année, aussi bien de part le fond du propos que de la manière originale et drôle dont il nous est rapporté. Un vrai bijou !
LA NOTE : 15,5/20
Fiche technique :
Réalisation : Kheiron Tabib
Scénario : Kheiron Tabib
Décors : Stanislas Reydellet
Costumes : Karen Muller Serreau
Photographie : Jean-François Hensgens
Son : Frédéric de Ravignan
Montage : Anny Danché
Production : Simon Istolainen et Benjamin Drouin
Production exécutive : Frantz Richard et Nabil Ayouch
Durée : 102 minutes
Casting :
Kheiron Tabib : Hibat Tabib
Leïla Bekhti : Fereshteh Tabib
Gérard Darmon : le père
Zabou Breitman : la mère
Khereddine Ennasri : Aziz, le « voleur de vêtements »
Alexandre Astier : le shah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi
Arsène Mosca : le gardien en chef
Kyan Khojandi : Barbe
Michel Vuillermoz : Daniel Bioton, le maire de Pierrefitte
Il y a trois ans, George Lucas vendait les droits de Star Wars à Disney. La stupéfaction et la peur frappèrent alors les fans. La perspective de voir de nouveaux films, assortis de multiples spin-offs, sous l’égide de cette multinationale du divertissement formaté, constituait une source de crainte, mais faisait naître aussi, malgré tout, une pointe d’excitation . Puis un nom a surgi, remplaçant d’un coup l’appréhension par l’espoir : JJ Abrams. S’il existait un réalisateur capable de combler cette attente forcément démesurée, c’était bien lui. Puis virent les premiers teasers, puis les bande-annonces. L’attente se transforma alors en une impatience sans commune mesure. Hier, le verdict est tombé. Star Wars VII : le Réveil de la Force est bien le grand film que l’on espérait. Même si…
Star Wars VII : le Réveil de la Force est tout simplement mieux réalisé, mieux écrit, mieux interprété que n’importe quel autre épisode de la série. Et souvent de très loin. Sans parler des effets spéciaux, des décors, des costumes qui frôlent la perfection et font passer l’Episode IV pour un film préhistorique. L’humour est plus fin, les personnages beaucoup plus intéressants et épais, même ceux que l’on connaît déjà. Bref, c’est Star Wars mieux que Star Wars. Certains plans sont tout simplement magnifiques, JJ Abrams faisant preuve d’une maîtrise artistique dont est totalement incapable George Lucas (tout comme Irvin Kershner ou Richard Marquand, même si c’est à un degré moindre). Sans même parler des dialogues… Ici pas de tirades risibles comme dans les Episodes I, II ou III…
Ces derniers font l’objet d’un dénigrement assez systématique et pas toujours immérité. Cependant, ils possèdent une qualité que ne possède pas Star Wars VII : le Réveil de la Force. Ils nous racontent une histoire radicalement différente de la trilogie initiale, une histoire quasiment jamais racontée, celle du triomphe du mal sur le bien. Cela représentait une vraie prise de risque chez George Lucas et on peut juste regretter que ses propres limites aient à ce point marqué ces trois films. JJ Abrams est un réalisateur d’une autre trempe, c’est évident, mais au moment d’écrire le scénario, il a tourné le dos à toute prise de risque. Ce nouvel épisode respecte tellement l’esprit de la trilogie initiale qu’il finit par ressembler à un remake. Il recycle une quantité incroyable d’idées déjà vues dans les Episodes IV, V et VI, à tel point que l’on ne peut plus parler de simples clins d’œil. La peur de décevoir les fans les plus exigeants qui soient l’a sûrement conduit à s’appuyer sur tout ce qui avait fait de cette saga un tel mythe. Ce point est celui qui revient le plus souvent dans les commentaires « négatifs » à propos de ce film et la critique est indéniablement fondée. Mais elle est noyée dans un concert de louanges tout aussi méritées.
Star Wars VII : le Réveil de la Force introduit en effet tout de même bien des nouveautés prometteuses pour la suite. Notamment tous ces nouveaux personnages incroyablement réussis, aussi du côté du bien que du côté du mal. Mention spéciale à l’héroïne, Rey, merveilleusement interprétée par Daisy Ridley. Elle est le nouveau visage de Star Wars et il est magnifique. De bons acteurs parfaitement dirigés font incontestablement la différence. Le film constitue la porte d’entrée vers une nouvelle aventure, une nouvelle vision du monde imaginé il y a 40 ans par George Lucas. Espérons que les prochains réalisateurs et les prochains scénaristes sauront se détacher totalement et définitivement de son ombre tutélaire, sans jamais la trahir. Le point où nous laisse ce premier acte les forcera forcément à nous proposer cette fois un récit réellement nouveau et on est déjà fébrile d’impatience à l’idée de le découvrir.
S’il est aussi beau, épique, passionnant et enthousiasmant que ce Star Wars VII : le Réveil de la Force, le mythe au lieu de se diluer, comme on pouvait le craindre, continuera au contraire à émerveiller bien des générations avec cette puissance si spécifique à cette saga. La Force est avec nous… et pour longtemps !
LA NOTE : 15/20
Fiche technique : Production : Lucasfilm, Bad Robot, Walt Disney Pitctures Distribution : The Walt Disney Company France Réalisation : J. J. Abrams Scénario : J. J. Abrams, Lawrence Kasdan, Michael Arndt Montage : Maryann Brandon, Mary Jo Markey Photo : Daniel Mindel Décors : Rick Carter, Darren Gilford Musique : John Williams Durée : 135 min
Casting : Harrison Ford : Han Solo Carrie Fisher : Gouverneur Leia Adam Driver : Kylo Ren Oscar Isaac : Poe Dameron John Boyega : Finn Daisy Ridley : Rey Mark Hamill : Luke Skywalker
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